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Essais destructifs, série 2.23 : mesurer et observer ce que cache un métal

Les examens métallographiques : voir l'intérieur d'une soudure

Cours3 sur 3, le dernier de la série : couper, polir, attaquer, observer, interpréter
Durée conseillée≈ 2 h 30 à 3 h avec les exercices
Prérequiscours 1 et 2 de la série ; zones d'une soudure, ferrite, perlite, martensite (Métallurgie, cours 1 à 3) ; défauts de soudage et niveaux de qualité (Électrode enrobée, cours 5)
À la fin tu saischoisir entre macrographie et micrographie ; prélever, découper et enrober un échantillon sans l'abîmer ; bâtir une gamme de polissage ; choisir et conduire une attaque en sécurité ; choisir l'instrument d'observation selon la résolution voulue ; lire une macrographie de soudure et rédiger son procès-verbal selon l'ISO 17639

Une soudure terminée cache tout : ses passes, sa zone affectée, ses grains, ses éventuels défauts internes. Pour les voir, on la coupe en travers, on polit la coupe jusqu'au miroir, puis on l'attaque avec un réactif qui fait apparaître sa structure, comme une encre révélatrice. C'est la métallographie. Ce cours suit le trajet d'un échantillon, de la scie au microscope, en expliquant à chaque étape ce qui peut tout gâcher, puis apprend à lire une macrographie comme le demandent les qualifications de modes opératoires.

Le code couleur de la série

Orange : les forces et les actions (lame, disque, polissage, faisceau).
Noir : la géométrie dessinée (coupes, chanfreins, cotes).
Bronze : les encadrés « métier » 🔥, tournés vers le laboratoire et l'atelier.

Avant de commencer

Le cours 2 en trois cases

HV = 0,189 1·F/d²
La dureté Vickers se lit au microscope sur une surface polie : sans bonne préparation métallographique, pas de mesure fiable.
HV10 · ≤ 0,5 mm
Une filiation de dureté vise la zone affectée, avec deux empreintes à 0,5 mm au plus de la ligne de fusion : encore faut-il voir où elle est.
380 / 320 · 248 HV10
Les seuils de dureté des qualifications et des milieux H₂S : un pic de dureté signale de la martensite, que la micrographie confirme.
📘 Correspondance avec le planning et le référentiel. Ce cours termine le sujet 2.23 « Essais des matériaux » du planning de la formation, et prépare le sujet 2.23 « Essais des soudures » (chapitre 6) :
Chapitre du coursCe qu'il apporte à l'IWE
1 Macro ou microobjectifs des examens macroscopique et microscopique, ce que chacun révèle (ISO 17639)
2 Prélever, découper, enroberpréparation des éprouvettes sans altérer la surface examinée
3 Polirgamme de prépolissage et de polissage, défauts de préparation
4 Attaquerréactifs, méthodes d'attaque, sécurité
5 Observerloupe, microscope optique, microscope électronique, analyses ; résolution ; taille de grain
6 Lire une macrographiezones, passes, défauts, mesures ; désignation et procès-verbal selon l'ISO 17639
Dans le référentiel de l'IIW (International Institute of Welding) pour la formation IWE (International Welding Engineer), ce cours répond aux attendus des essais destructifs : décrire les examens, leur but et leurs limites, et interpréter un procès-verbal ; il s'appuie sur l'ISO 17639, que le référentiel cite.
📖 Les normes, sources et sigles de ce cours.
  • ISO 17639 (édition 2022) : examens macroscopique et microscopique des soudures ; ISO/TR 16060 : réactifs d'attaque pour ces examens ; ISO 6520-1 : classification des défauts de soudage (numéros à trois ou quatre chiffres) ; ISO 5817 : niveaux de qualité B, C, D ; ISO/TR 15608 : groupes de matériaux.
  • ISO 643 et ASTM E112 : détermination de la taille de grain ; ASTM A262 : essais de sensibilité des aciers inoxydables à la corrosion intergranulaire ; FEPA : fédération européenne des fabricants d'abrasifs, qui définit les grades P des papiers.
  • MO : microscope optique ; MEB : microscope électronique à balayage ; SE, BSE : électrons secondaires, rétrodiffusés ; EDS, WDS : spectrométries des rayons X par dispersion d'énergie et de longueur d'onde ; EBSD : diffraction des électrons rétrodiffusés ; ON : ouverture numérique d'un objectif ; ZAT, ZF : zone affectée thermiquement, zone fondue ; QMOS : qualification d'un mode opératoire de soudage.
Les valeurs de préparation (abrasifs, durées, réactifs) sont des repères de laboratoire courants ; les modèles des manipulations sont pédagogiques.
🔥 Pourquoi ce cours compte en soudage

La macrographie est l'examen le plus démonstratif d'une soudure : une coupe attaquée montre en un coup d'œil la pénétration, les passes, la zone affectée et les défauts que les contrôles non destructifs ont pu laisser passer, comme un collage le long d'un flanc. Elle fait partie des essais de qualification des modes opératoires et des soudeurs, et de toute expertise après une rupture. La micrographie, elle, explique pourquoi une zone est dure, fragile ou corrodée. Le coordinateur en soudage n'a pas à polir lui-même, mais il doit savoir ce qu'une coupe bien faite peut montrer, et reconnaître une coupe mal faite.

La série en trois cours

1 L'essai de tractionÉlasticité, plasticité, lecture de la courbe, striction, influences, réalisation pratique.
2 Les essais de duretéBrinell, Vickers, Rockwell, conversions, filiations de dureté sur les soudures.
3 Les examens métallographiquesMacro et micro, découpe, polissage, attaque, microscopes, lecture d'une macrographie.
Déjà traités ailleursL'essai Charpy (Rupture, cours 2) et la lecture des cassures (Rupture, cours 1).

Le plan du cours

  1. 1Macro ou micro

    Deux échelles, deux questions : la soudure entière ou ses grains.

  2. 2Prélever, découper, enrober

    Couper au bon endroit, sans chauffer ni écraser la face à examiner.

  3. 3Polir

    Du papier abrasif au miroir : chaque étape efface les dégâts de la précédente.

  4. 4Attaquer

    Le réactif qui révèle grains, phases et zones, et les précautions qui vont avec.

  5. 5Observer

    Loupe, microscope optique, microscope électronique : jusqu'où chacun voit.

  6. 6Lire une macrographie

    Zones, passes, défauts, cotes, dilution, et le procès-verbal.

1

Macro ou micro

Deux échelles, deux questions : la soudure entière ou ses grains

🗺️Image à retenirLa carte et le plan de quartier : la macro montre le territoire, la micro montre les rues
👁 Niveau 1 : voir la carte et le plan de quartier

Une carte routière montre les villes, les fleuves, le relief, mais pas les rues ; un plan de quartier montre les rues, mais plus le pays. La métallographie a ses deux échelles.

  • La macrographie (examen macroscopique) regarde la pièce à l'œil nu ou à faible grossissement, en pratique moins de 50 fois. Sur une coupe de soudure, elle montre la forme du cordon, la pénétration, les passes, la zone affectée, et les défauts de quelques dixièmes de millimètre et plus : soufflures, fissures, collages, inclusions de laitier.
  • La micrographie (examen microscopique) regarde au microscope, de 50 à 500 fois et au-delà. Elle montre l'arrangement des grains et des phases : taille de grain, ferrite, perlite, bainite, martensite, précipités, inclusions fines.

Dans les deux cas, on peut regarder la surface polie telle quelle (sans attaque) ou après l'avoir attaquée par un réactif (avec attaque). Sans attaque, on voit surtout ce qui fait un trou ou change de couleur : cavités, fissures, inclusions. L'attaque révèle ce qui ne se voit pas sur un miroir : les zones, les passes, les grains, les phases.

Le bon réflexe est de toujours passer de la grande échelle à la petite : on repère d'abord sur la macrographie la zone qui pose question, puis on y descend au microscope, en sachant à chaque grossissement quelle taille de détail on peut espérer voir.

Manipulation 1 : les puissances de dix

Une même soudure d'acier, vue de plus en plus près. Le curseur règle le grossissement M sur une échelle logarithmique, de ×1 à ×10 000 ; les boutons sautent aux grossissements typiques de chaque instrument. Le cadre pointillé montre la zone que le grossissement suivant (×10) agrandira. Le champ est la largeur réelle de la vue, pour une image de 100 mm de large. Schémas pédagogiques.

🎓 Niveau 2 : maîtriser ISO 17639 : définitions, objectifs, observables

L'ISO 17639 définit l'examen macroscopique comme l'examen d'une éprouvette à l'œil nu ou sous faible grossissement (généralement moins de ×50), avec ou sans attaque, et l'examen microscopique comme l'examen au microscope sous un grossissement généralement compris entre ×50 et ×500, avec ou sans attaque. Elle les note A (macroscopique) et I (microscopique), E pour une surface attaquée et U pour une surface non attaquée. L'éprouvette est en général une coupe transversale, perpendiculaire à l'axe de la soudure, qui comprend le métal fondu et les zones affectées des deux côtés.

Le but est d'évaluer la structure (grains, morphologie, orientation, précipités, inclusions), seule ou en lien avec des fissures et des cavités, et de garder une trace de la forme de la soudure dans le plan de coupe. La norme guide le choix de l'examen :

Ce qu'on cherche (extrait)Macro sans attaqueMacro avec attaqueMicro sans attaqueMicro avec attaque
Fissures (100), cavités (200), inclusions (300), manques de fusion ou de pénétration (400)ouiouiouioui
Forme géométrique du cordon (500)ouioui——
Zone affectée thermiquement—oui—oui
Passes et couches—oui—parfois
Structure de solidification, ségrégations, sens de laminage—oui—oui
Joints de grains——parfoisoui
Structure des grains, précipités———oui

D'après le tableau 1 de l'ISO 17639 (édition 2022) ; les nombres entre parenthèses sont les groupes de défauts de l'ISO 6520-1. La norme précise que certains détails, comme de très fins précipités ou inclusions, peuvent échapper à la résolution d'un microscope optique (chapitre 5).

Les ordres de grandeur. L'œil distingue environ 0,1 mm à 25 cm. Pour voir un détail de taille x, il faut donc un grossissement d'au moins 0,1 mm/x : ×10 pour un défaut de 10 µm, ×500 pour une lamelle de perlite de 0,2 µm, à condition que l'instrument sépare encore ces détails (chapitre 5).

📖 Macrographie, micrographie : examen et image d'une surface préparée, à l'œil nu ou sous faible grossissement (moins de ×50), ou au microscope (généralement de ×50 à ×500, et au-delà pour le microscope électronique). Coupe transversale : coupe perpendiculaire à l'axe de la soudure.
💡 Toujours une échelle : une macrographie ou une micrographie sans barre d'échelle ni grossissement ne vaut rien. On note le grossissement, ou mieux, on trace une barre d'échelle sur l'image : elle reste juste quand l'image est agrandie ou réduite.
⚠️ Piège : conclure sur une seule coupe. Une coupe est un plan : une soufflure, un collage local ou une fissure courte peuvent se trouver à quelques millimètres de lui. Une macrographie saine ne prouve pas une soudure saine, d'où le rôle complémentaire des contrôles non destructifs et des normes qui fixent le nombre et la position des coupes.
🧠 Mnémotechnique : « A comme Aperçu, I comme Intime » : A pour l'examen macroscopique, I pour l'examen microscopique ; E pour etched (attaqué), U pour unetched (non attaqué).
🔥 La macro dans les qualifications

La qualification d'un mode opératoire de soudage (ISO 15614-1) et la qualification des soudeurs pour les soudures d'angle comprennent des examens macroscopiques : on y vérifie la pénétration, la fusion des flancs, les dimensions et l'absence de défauts, avec les critères de l'ISO 5817. La macrographie sert aussi à placer la filiation de dureté du cours 2, et à documenter les réparations.

2

Prélever, découper, enrober

Couper au bon endroit, sans chauffer ni écraser la face à examiner

🍞Image à retenirLa tranche de pain : un couteau qui écrase gâche la mie, une lame fine et patiente la garde intacte
👁 Niveau 1 : voir la tranche de pain

Prélever au bon endroit. L'emplacement, l'orientation et le nombre de coupes se décident avant de couper, souvent d'après la norme d'application : par exemple loin des amorçages et des arrêts de soudage, ou au droit d'une indication détectée en contrôle non destructif. On repère chaque morceau (sens, position, numéro) avant de le séparer.

Découper sans abîmer. Toute découpe écrase et chauffe un peu la face coupée. Avec une scie à ruban ou une meule qui force, la couche abîmée peut atteindre plusieurs dixièmes de millimètre, et une découpe à sec peut chauffer assez pour revenir une martensite ou bleuir l'acier. On coupe donc de préférence avec une tronçonneuse abrasive sous arrosage, une micro-tronçonneuse pour les petites pièces, ou une scie à fil diamanté pour les échantillons fragiles. Plus la coupe est douce, plus la suite est facile : chaque micromètre abîmé devra être enlevé au polissage.

Enrober. Un petit morceau de forme quelconque est difficile à tenir et ses bords s'arrondissent au polissage. On le noie dans une résine qui forme un cylindre standard : à froid (résine et durcisseur coulés dans un moule) pour les gros échantillons et les métaux qui craignent la chaleur, à chaud (poudre pressée et chauffée vers 180 °C dans une enrobeuse) pour des enrobages plus durs et mieux collés aux bords.

Manipulation 2 : la tranche de pain

Découpe d'un bloc d'acier de 30 × 30 mm. Choisis l'outil et l'arrosage, puis règle l'avance. À gauche, la face coupée vue en coupe, très agrandie : en violet la couche écrouie, en rouge la zone échauffée. À droite, comparaison des outils : profondeur abîmée (que le polissage devra enlever) et durée de coupe. Modèle pédagogique, ordres de grandeur de laboratoire.

🎓 Niveau 2 : maîtriser outils, dommages, enrobage
OutilUsageDommage typique
Scie à ruban, scie alternativedébit de grosses pièces, loin de la zone à examinerfort : on recoupe ensuite plus finement
Tronçonneuse abrasive sous arrosagel'outil courant du laboratoire ; meule choisie selon la dureté du métalmodéré, quelques dizaines de µm à un dixième de mm
Micro-tronçonneusepetites pièces, coupes précises près d'une zone d'intérêtfaible
Scie à fil diamantééchantillons fragiles, revêtements, céramiquestrès faible, mais coupe lente

La découpe laisse deux sortes de dégâts : une couche écrouie, où les grains ont été déformés, et parfois une zone échauffée, où la structure a changé (revenu d'une martensite, recristallisation d'un métal écroui, oxydation). Une meule trop dure pour le métal « glace » et chauffe ; une meule trop tendre s'use vite. L'arrosage refroidit et évacue les débris.

Enrobage à froidEnrobage à chaud
Principerésine (époxy, acrylique) et durcisseur coulés dans un moule ; prise à la température ambiante, avec un léger échauffement de réactionpoudre de résine (phénolique, époxy chargée) pressée et chauffée vers 180 °C dans une enrobeuse
Atoutspas de pression ni de chauffe : métaux sensibles à la chaleur (alliages à durcissement structural), grosses coupes de macrographie ; équipement simpleenrobage dur, peu de retrait, bords bien tenus ; rapide ; idéal pour la micrographie de petites pièces
Limitesretrait : un jour peut se former au bord et retenir abrasifs et réactifs ; produits irritants (gants, ventilation)taille limitée par la presse ; chauffe et pression ; investissement de départ élevé

Pour le microscope électronique, on choisit une résine conductrice ou l'on dépose une fine couche conductrice (carbone, or), sinon les charges électriques s'accumulent et brouillent l'image.

📖 Couche écrouie : couche superficielle déformée plastiquement par la découpe ou le polissage, dont la structure ne représente plus le métal. Enrobage : mise en résine d'un échantillon pour le tenir, protéger ses bords et lui donner une forme standard.
💡 Couper large, puis affiner : on dégrossit avec l'outil rapide loin de la zone d'intérêt, puis on fait la dernière coupe, la plus douce, à quelques millimètres de la face à examiner. Le polissage n'enlèvera alors que quelques dixièmes de millimètre.
⚠️ Piège : la découpe au chalumeau ou à la meuleuse à main près de la zone à examiner. Elle crée sa propre zone affectée, qui peut ressembler à celle du soudage. On coupe thermiquement seulement loin de la soudure (au moins quelques centimètres), puis on termine à froid.
🧠 Mnémotechnique : « doux, mouillé, loin » : la dernière coupe est douce, arrosée, et le gros débit se fait loin de la zone à examiner.
🔥 Repérer avant de couper

Sur un assemblage de qualification, les éprouvettes de traction, de pliage, de résilience, de dureté et de macrographie sont prises à des emplacements définis. Le coordinateur fait tracer leur position et leur sens avant toute découpe, et vérifie que la macrographie couvre bien la soudure entière et les deux zones affectées. Une coupe mal repérée, c'est un résultat qu'on ne peut plus relier à l'assemblage.

3

Polir

Du papier abrasif au miroir : chaque étape efface les dégâts de la précédente

🪞Image à retenirLe miroir qu'on construit marche par marche : chaque abrasif plus fin efface les rayures du précédent
👁 Niveau 1 : voir le miroir marche par marche

Après la découpe, la face est rugueuse et écrouie. Le prépolissage l'aplanit sur une suite de papiers abrasifs au carbure de silicium (SiC), de grains de plus en plus fins, sous un filet d'eau qui lubrifie et évacue les débris. Chaque papier laisse ses propres rayures, plus fines, et une couche écrouie plus mince : l'étape suivante doit enlever au moins cette couche. Sauter des étapes, c'est garder sous la surface des rayures profondes qu'on ne voit qu'au moment de l'attaque.

Le polissage de finition continue sur des draps imprégnés de suspensions de diamant (de 9 à 1 µm environ), parfois terminé par une silice colloïdale très fine qui polit à la fois mécaniquement et chimiquement. Entre deux étapes, un bain à ultrasons décolle les grains d'abrasif incrustés. Le but est une surface « miroir », dont les défauts restent plus petits que la longueur d'onde de la lumière (environ 0,5 µm), pour l'observation au microscope.

Pour une macrographie, on s'arrête souvent bien avant : un papier fin suffit, et parfois la face usinée suffit. Il existe aussi un polissage électrolytique, qui dissout le métal sans le déformer : excellent quand il est bien réglé, mais délicat, et ses électrolytes sont souvent dangereux.

Manipulation 3 : la gamme de polissage

Construis ta gamme, étape par étape, sur une face sortie de la tronçonneuse. Chaque clic fait une passe de durée standard avec l'abrasif choisi. À gauche, la surface vue en coupe, très agrandie, avec la couche abîmée en violet ; à droite, l'historique de la rugosité et de la profondeur abîmée (échelles logarithmiques). Règle du modèle : une passe enlève environ 6 fois la taille de grain sur papier (4 fois sur drap diamanté) et laisse une couche abîmée d'environ 2 fois la taille de grain (1 fois au diamant). Modèle pédagogique.

🎓 Niveau 2 : maîtriser grades P, paramètres, électrolytique, artefacts
Grade FEPAP120P220P320P500P800P1200P2500P4000
Taille moyenne de grain (µm)≈ 127≈ 65≈ 46≈ 30≈ 22≈ 15≈ 8≈ 5

Valeurs médianes des grades FEPA P ; au-delà de P2500, les grades ne sont plus normalisés et dépendent du fabricant. Plus le numéro est grand, plus le grain est fin. Une gamme classique pour un acier : P220 (ou P320), P500, P1200, puis diamant 9, 3 et 1 µm, et éventuellement silice colloïdale (environ 0,05 µm).

Les paramètres. En polissage automatique, on règle la force sur l'échantillon, les vitesses de rotation du plateau et du porte-échantillons, le lubrifiant et la durée de chaque étape : c'est la gamme, à établir pour chaque famille de métal, car le comportement au polissage dépend de la composition, de la microstructure et de l'état de déformation. On tourne l'échantillon de 90° entre deux papiers : les nouvelles rayures croisent les anciennes, et l'on voit d'un coup d'œil quand celles-ci ont disparu.

Le polissage électrolytique fait de l'échantillon l'anode d'une cellule d'électrolyse. Sur la courbe densité de courant-tension, on trouve d'abord une zone d'attaque (le métal se creuse), puis un palier où une pellicule visqueuse se forme à la surface : les sommets, plus proches de la cathode à travers cette pellicule, se dissolvent plus vite que les creux, et la surface se lisse. Au-delà, l'oxygène se dégage en bulles et pique la surface. Le palier dépend de l'électrolyte, de sa température, de la surface à polir et du métal : réglage délicat, mais résultat sans aucune couche écrouie.

ArtefactAspectCause, remède
Rayures profondessillons parallèles qui réapparaissent à l'attaqueétape sautée ou trop courte : reprendre au papier précédent
Couche écrouie résiduellestructure floue, « peau » qui masque les grains après attaquefinition insuffisante : polir plus longtemps, alterner attaque et polissage
Arrachementspetits trous, inclusions ou phases dures arrachéesforce trop grande, drap trop mou : on les confond avec des porosités
Relief, bords arrondisphases dures en saillie, bords flousdrap trop souple, durée trop longue, enrobage mal collé
Queues de comètetraînées derrière une inclusionsens de polissage constant : faire tourner l'échantillon
📖 Gamme de polissage : suite ordonnée d'étapes (abrasif, support, force, vitesses, lubrifiant, durée) qui mène d'une face coupée à une surface prête pour l'examen. Grade P : désignation FEPA de la finesse d'un papier abrasif.
💡 La règle du tiers : dans le modèle, une étape efface la précédente si son grain vaut au moins le tiers du grain précédent. Passer de P220 (65 µm) à P500 (30 µm) va ; de P220 à P1200 (15 µm), il faut plusieurs passes.
⚠️ Piège : prendre un arrachement pour une porosité. Une inclusion ou un carbure arraché laisse un trou net au polissage. Avant de conclure à un défaut de soudage, on regarde la forme du trou, on repolit doucement et on compare : une vraie soufflure est ronde et lisse, un arrachement a des bords anguleux.
🧠 Mnémotechnique : « tourner, rincer, affiner » : tourner l'échantillon d'un quart de tour, rincer (ultrasons), passer au grain plus fin.
🔥 Préparer pour la dureté et pour la photo

Une filiation de dureté demande une surface polie sans couche écrouie : une couche durcie par le polissage fausserait les petites empreintes. Une macrographie de qualification, elle, se prépare souvent jusqu'à P1200 puis s'attaque, et doit être photographiée avec une échelle. Dans les deux cas, la préparation est écrite (gamme, réactif) pour pouvoir être refaite.

4

Attaquer pour révéler

Le réactif qui fait apparaître grains, phases et zones, et les précautions qui vont avec

🌫️Image à retenirLa buée sur la vitre : un souffle, et les traces de doigts invisibles apparaissent
👁 Niveau 1 : voir la buée sur la vitre

Une coupe d'acier bien polie est un miroir : on n'y voit presque rien, sauf ce qui fait un trou ou change de couleur (soufflures, fissures, inclusions). Les grains, les phases, les zones de la soudure sont pourtant là, comme les traces de doigts sur une vitre propre. Il suffit d'un souffle pour les faire apparaître : en métallographie, ce souffle est l'attaque.

On met la surface au contact d'un réactif (souvent un acide dilué dans de l'alcool ou de l'eau) pendant quelques secondes à quelques minutes. Il ne dissout pas tout pareil :

  • les joints de grains, zones de désordre entre deux cristaux, se creusent plus vite et dessinent un réseau de traits sombres ;
  • deux phases différentes (ferrite et cémentite de la perlite) se dissolvent à des vitesses différentes, ou se colorent différemment ;
  • des grains d'orientations différentes réfléchissent différemment la lumière après attaque.

À l'échelle macro, les mêmes différences font apparaître le métal fondu, les passes, la zone affectée et le métal de base. Chaque métal a ses réactifs : celui qui révèle un acier au carbone ne fait rien sur un acier inoxydable. Et la durée compte : trop courte, l'image reste pâle ; trop longue, tout devient sombre et piqué.

Manipulation 4 : la buée sur la vitre

Une surface polie au miroir, vue au microscope. Choisis le métal, le réactif et la durée d'attaque (échelle logarithmique). Les joints de grains se creusent, les grains et les phases prennent des teintes différentes. Associations réactif-métal et durées optimales : repères pédagogiques de laboratoire.

🎓 Niveau 2 : maîtriser réactifs, méthodes, sécurité

Le mécanisme. L'attaque est une corrosion contrôlée. Sur une surface hétérogène, certaines zones jouent le rôle d'anodes et se dissolvent, d'autres de cathodes et sont protégées : joints de grains, phases de compositions différentes, grains d'orientations différentes n'ont pas le même comportement électrochimique. Le relief et les dépôts créés diffusent ou colorent la lumière : c'est le contraste observé.

Les méthodes (ISO 17639) : par immersion de l'échantillon dans le réactif ; par badigeonnage de la surface avec un coton imbibé ; par attaque électrolytique, l'échantillon servant d'anode sous une tension de quelques volts. La méthode est fixée avant l'attaque ; ensuite on lave et on sèche aussitôt. Les macrographies peuvent être protégées par un vernis, les échantillons conservés à l'abri de l'humidité.

MétalMacrographie (exemples)Micrographie (exemples)Ce qui apparaît
Aciers non et faiblement alliésNital à 5–10 %, persulfate d'ammonium à 10 %Nital à 2 % (1 à 5 mL d'acide nitrique dans 100 mL d'éthanol) ; Picral à 4 % (4 g d'acide picrique dans 100 mL d'éthanol)zones et passes ; joints de ferrite, perlite, bainite, martensite ; le Picral révèle mieux les carbures et la perlite fine
Aciers inoxydables austénitiqueschlorure ferrique acidifié par l'acide chlorhydriqueacide oxalique à 10 %, en attaque électrolytique sous quelques voltszones ; joints de grains, carbures, phase sigma, ferrite du métal fondu
Aluminium et alliagessoude diluéeréactif de Keller (acides fluorhydrique, chlorhydrique et nitrique dilués) ; anodisation de Barker observée en lumière polariséezones ; grains, intermétalliques
Titane et alliages—réactif de Kroll (acides fluorhydrique et nitrique dilués)phases α et β

L'ISO/TR 16060 rassemble les réactifs pour les soudures des différents matériaux, sous forme de tableaux numérotés auxquels se réfère la désignation de l'examen (chapitre 6). Les concentrations et durées varient d'un laboratoire à l'autre : on note toujours le réactif, sa concentration, la méthode et la durée.

La sécurité

  • Selon l'ISO 17639 : protection des yeux ou du visage, gants adaptés ou pinces, préparation des mélanges sous une sorbonne (hotte ventilée), toujours verser l'acide dans l'eau et jamais l'inverse, toujours verser le soluté (la plus petite quantité) dans le solvant.
  • L'acide fluorhydrique (réactifs de Keller, de Kroll) traverse la peau sans douleur immédiate et attaque les tissus en profondeur : gants spécifiques, gel de gluconate de calcium à portée de main.
  • L'acide picrique devient explosif à l'état sec : on le conserve humide, et l'on ne laisse pas sécher le Picral au bord des flacons.
  • Les électrolytes à base d'acide perchlorique (polissage électrolytique) peuvent exploser au contact de matières organiques ou s'ils chauffent ; le Nital ne se prépare pas à forte concentration et ne se stocke pas en flacon fermé.
  • La fiche de données de sécurité de chaque produit fait foi.
📖 Attaque métallographique : traitement d'une surface polie par un réactif chimique ou électrolytique qui dissout ou colore sélectivement grains, joints et phases pour les rendre visibles. Sorbonne : enceinte de laboratoire ventilée qui aspire les vapeurs.
💡 Mieux vaut trop court que trop long : une attaque trop légère se reprend en quelques secondes ; une attaque trop forte oblige à repolir. On attaque par petites étapes, en regardant entre deux.
⚠️ Piège : conclure « pas de zone affectée » sur une macro mal attaquée. Si le réactif ne convient pas au métal (Nital sur un inox) ou si l'attaque est trop courte, les zones n'apparaissent pas. L'absence de contraste n'est pas une absence de structure.
🧠 Mnémotechnique : « l'acide dans l'eau, jamais l'eau dans l'acide », et « Nital pour les joints, Picral pour les carbures ».
🔥 L'attaque oxalique, un test de sensibilisation

Chauffé entre environ 500 et 800 °C, par exemple dans la zone affectée d'une soudure, un acier inoxydable austénitique peut précipiter des carbures de chrome aux joints de grains et devenir sensible à la corrosion intergranulaire. L'attaque électrolytique à l'acide oxalique sert de test de tri (ASTM A262, pratique A) : des joints de grains entièrement creusés en fossés signalent un acier sensibilisé, qui demande un essai de corrosion complet.

5

Observer

Loupe, microscope optique, microscope électronique : jusqu'où chacun voit

🔦Image à retenirLes phares dans le brouillard : au loin, deux phares ne font qu'une tache ; plus près, ils se séparent
👁 Niveau 1 : voir les phares dans le brouillard

La nuit, une voiture lointaine ne montre qu'une tache de lumière ; en s'approchant, ses deux phares se séparent. Un microscope a la même limite : sous une certaine distance, deux détails voisins se confondent en une seule tache floue. C'est la résolution, et agrandir davantage une image floue n'y change rien.

  • La loupe binoculaire grossit de 5 à 50 fois environ, avec une grande profondeur de champ et une vision en relief : c'est l'outil des macrographies et des cassures.
  • Le microscope optique métallographique éclaire l'échantillon par-dessus, à travers l'objectif (lumière réfléchie), et grossit de 50 à 1 000 fois environ. Sa résolution est limitée par la longueur d'onde de la lumière : on ne sépare pas deux détails plus proches qu'environ 0,2 à 0,3 µm. Il offre plusieurs éclairages : fond clair, fond noir, lumière polarisée, contraste interférentiel qui fait ressortir le relief. Des mosaïques d'images assemblées reconstituent une macrographie entière à fort grossissement.
  • Le microscope électronique à balayage (MEB) remplace la lumière par un fin faisceau d'électrons qui balaie la surface : sa résolution atteint quelques nanomètres, sa profondeur de champ est grande, ce qui en fait l'outil roi des cassures. En recueillant les rayons X émis, il analyse aussi la composition chimique locale.

Manipulation 5 : les phares dans le brouillard

Deux petites particules (par exemple deux lamelles de cémentite de la perlite) sont séparées de la distance s. L'instrument en donne deux taches floues, dont la largeur fixe la résolution r = 0,61·λ/ON pour la lumière (λ = 0,55 µm, ON : ouverture numérique de l'objectif), quelques nanomètres pour le MEB. À gauche, l'image ; à droite, le profil de lumière le long de la ligne qui joint les deux particules. Choisis l'instrument et la distance (échelle logarithmique).

🎓 Niveau 2 : maîtriser résolution, éclairages, MEB et analyses, taille de grain
r ≈ 0,61·λON ON = n·sin α Mutile ≈ 500 à 1 000 × ON

r : résolution, plus petite distance séparable (critère de Rayleigh) ; λ : longueur d'onde (≈ 0,55 µm, lumière verte) ; ON : ouverture numérique ; n : indice du milieu entre l'objectif et l'échantillon (1 dans l'air, ≈ 1,5 dans l'huile d'immersion) ; α : demi-angle du cône de lumière que l'objectif recueille ; Mutile : grossissement au-delà duquel on agrandit sans rien voir de plus

Exemples. Objectif ×50 d'ouverture 0,80 : r ≈ 0,61 × 0,55/0,80 ≈ 0,42 µm. Objectif ×100 à immersion d'ouverture 1,40 : r ≈ 0,24 µm, la limite pratique du microscope optique. Pour que l'œil (qui sépare 0,1 mm) voie ces 0,24 µm, il faut au moins 0,1 mm/0,24 µm ≈ ×420 ; au-delà de ×1 400 environ, on n'agrandit plus que du flou. La perlite, dont les lamelles sont espacées de quelques dixièmes de micromètre, est à la limite du microscope optique ; une bainite fine ou des précipités demandent le MEB.

InstrumentGrossissementRésolutionAtouts
Loupe binoculaire×5 à ×50≈ 5 à 10 µmrelief, grande profondeur de champ, macrographies, cassures
Microscope optique×50 à ×1 000≈ 0,25 à 1 µmmicrographies, mesures, plusieurs éclairages, coût modéré
MEB×20 à plus de ×100 000quelques nmcassures, fines structures, analyses chimiques et cristallines

Les éclairages du microscope optique : le fond clair, l'éclairage courant, où les surfaces planes paraissent claires ; le fond noir, où seuls les reliefs (rayures, joints, inclusions) diffusent de la lumière ; la lumière polarisée, qui fait apparaître les grains des métaux non cubiques (titane, zinc) ou d'un aluminium anodisé ; le contraste interférentiel, qui transforme de très faibles reliefs en nuances.

Les signaux du MEB. Le faisceau fait sortir de la surface des électrons secondaires (SE), sensibles au relief : ils donnent les belles images de cassures ; des électrons rétrodiffusés (BSE), plus nombreux sur les éléments lourds : ils donnent un contraste de composition ; et des rayons X caractéristiques de chaque élément, analysés par EDS (dispersion d'énergie, rapide, tous les éléments sauf les plus légers, dans un volume d'environ un micromètre cube) ou WDS (dispersion de longueur d'onde, plus précise et plus sensible, plus lente). L'EBSD analyse la diffraction des électrons rétrodiffusés pour cartographier l'orientation de chaque grain. Il faut un échantillon conducteur, sous vide ; l'équipement coûte de l'ordre de cent mille à un million d'euros.

Mesurer la taille de grain

On trace sur la micrographie des lignes de longueur totale connue et l'on compte les joints de grains qu'elles coupent : la longueur moyenne d'interception ℓ̄ est la longueur des lignes divisée par le nombre d'intersections. L'ISO 643 (et l'ASTM E112) en tire un indice de grosseur de grain G, d'autant plus grand que le grain est fin :

G ≈ −6,64·log₁₀(ℓ̄) − 3,29 m = 8 × 2G

ℓ̄ : longueur moyenne d'interception (mm) ; log₁₀ : logarithme décimal ; m : nombre de grains par mm² (définition de l'ISO 643). ℓ̄ = 20 µm : G ≈ 8 ; ℓ̄ = 50 µm : G ≈ 5,4. Les constantes diffèrent de quelques centièmes entre l'ISO 643 et l'ASTM E112

📖 Résolution : plus petite distance entre deux détails que l'instrument montre séparés. Ouverture numérique ON : n·sin α, mesure de l'angle sous lequel l'objectif recueille la lumière ; elle est gravée sur l'objectif à côté du grossissement.
💡 Lis l'objectif : « 50/0,80 » signifie grossissement ×50, ouverture 0,80. C'est l'ouverture, pas le grossissement, qui fixe ce que tu verras.
⚠️ Piège : le grossissement vide. Agrandir une photo prise à l'objectif ×10 jusqu'à « ×2 000 » ne montre rien de plus qu'à ×250 : la résolution est celle de l'objectif (1,3 µm). Un grossissement annoncé sans l'objectif utilisé ne garantit rien.
🧠 Mnémotechnique : « SE pour le Site (le relief), BSE pour la Balance (le poids des atomes) », et « EDS pour la chimie, EBSD pour les orientations ».
🔥 Du microscope à l'expertise

Une fissure dans une zone affectée : au microscope optique, on voit si elle suit les joints de grains (fissuration intergranulaire) ou les traverse, dans quelle structure elle court (martensite ?) ; au MEB, on lit sa surface (clivage, cupules) et l'EDS analyse ce qu'elle contient (sulfures, oxydes, produits de corrosion). C'est la suite logique d'une macrographie qui a montré un défaut.

6

Lire une macrographie de soudure

Zones, passes, défauts, cotes, dilution, et le procès-verbal

🕵️Image à retenirL'enquêteur sur la coupe : chaque trace a un sens, et rien ne s'interprète sans échelle
👁 Niveau 1 : voir l'enquêteur sur la coupe

Devant une macrographie attaquée de soudure, on lit dans l'ordre :

  1. le métal de base, de part et d'autre, avec son éventuel fibrage de laminage ;
  2. la zone affectée, une bande plus sombre ou plus claire qui longe le cordon, large de un à quelques millimètres ;
  3. la ligne de fusion, frontière entre le métal de base resté solide et le métal qui a fondu ;
  4. le métal fondu, avec ses passes en lentilles superposées et, parfois, les grains en colonnes de la solidification ;
  5. la géométrie : pénétration, gorge et côtés d'une soudure d'angle, surépaisseur, alignement des tôles ;
  6. les défauts : soufflures rondes, inclusions de laitier anguleuses entre les passes, collages le long d'un flanc, manque de pénétration à la racine, fissures, caniveaux au bord du cordon.

Sans attaque, on ne voit que le contour de la soudure et ses défauts ; la zone affectée, la ligne de fusion et les passes n'apparaissent qu'après attaque. On mesure ensuite les cotes avec l'échelle, et l'on juge selon les critères de la spécification, en général les niveaux de qualité de l'ISO 5817.

Manipulation 6 : l'enquêteur sur la coupe

Une macrographie schématique de soudure en acier. Choisis le joint, l'état de la surface (sans ou avec attaque), un défaut à chercher, et l'énergie de soudage, qui fait varier la taille du cordon, la pénétration et la largeur de la zone affectée. Les cotes s'affichent sur la coupe ; la dilution ne se mesure qu'avec la ligne de fusion, donc après attaque. Modèle pédagogique.

🎓 Niveau 2 : maîtriser mesures, dilution, désignation, procès-verbal

Les mesures

  • Soudure d'angle : côtés z₁ et z₂ (longueurs d'appui sur chaque pièce), gorge a (hauteur du plus grand triangle isocèle inscrit, mesurée depuis la racine) : pour des côtés égaux, a = z/√2 ≈ 0,707·z ; pénétration au-delà de la racine ; convexité.
  • Soudure bout à bout : surépaisseur, largeur du cordon, pénétration à la racine, défaut d'alignement, profondeur d'un caniveau.
  • Zone affectée : largeur de la bande, mesurée perpendiculairement à la ligne de fusion.

La dilution se mesure sur la macrographie attaquée, par les aires : la part du métal fondu qui vient du métal de base.

D = AMBAMB + AMA

AMB : aire du métal de base fondu (sous la surface initiale des pièces, jusqu'à la ligne de fusion) ; AMA : aire du métal d'apport déposé. Exemple : AMB = 30 mm², AMA = 45 mm², D = 30/75 = 40 %

La désignation et le procès-verbal (ISO 17639)

La désignation réunit, séparés par des tirets : la norme, le type d'examen (A ou I), l'état (E attaqué ou U non attaqué), l'objet de l'examen (groupes de matériaux de l'ISO/TR 15608), les matériaux (métal de base gauche, droit, métal fondu) et le réactif (numéro de tableau de l'ISO/TR 16060). Exemple abrégé pour une macrographie attaquée d'un joint en acier du groupe 1.2 (limite d'élasticité de 275 à 360 MPa, comme le S355) : Examen - ISO 17639 - A - E - 1.2 - 1.2 / xy, où xy est le numéro du réactif.

Le procès-verbal contient au moins : la référence à l'ISO 17639 ; la désignation ; l'emplacement et l'orientation de l'éprouvette et de la face examinée ; le procès-verbal de qualification du mode opératoire (ou, à défaut, les métaux de base, les produits d'apport et l'éventuel traitement thermique) ; le réactif et la méthode d'attaque ; si nécessaire, une description de la surface ; si demandé, photographies ou croquis avec leur grossissement ; la date de l'essai.

📖 Gorge a : hauteur du plus grand triangle isocèle inscrit dans la section d'une soudure d'angle, mesurée depuis la racine théorique. Ligne de fusion : limite entre le métal fondu et le métal de base resté solide.
💡 Mesurer sur l'image, pas à l'œil : on photographie la coupe avec une règle ou une barre d'échelle, puis on mesure sur l'image (logiciel ou réticule). Une gorge de 5 mm mesurée « à vue » sur une pièce de 12 mm peut être fausse d'un millimètre, soit 20 %.
⚠️ Piège : confondre collage et caniveau. Le collage (manque de fusion, groupe 401) est à l'intérieur, le long d'un flanc ou entre deux passes : on le voit sur la coupe, pas en surface. Le caniveau (5011) est un sillon en surface, au bord du cordon : il se voit de l'extérieur et se mesure en profondeur sur la coupe.
🧠 Mnémotechnique : « Base, Bande, Bord, Bain, Bosse, Bobos » : métal de base, bande affectée, bord de fusion, bain solidifié et ses passes, bosse de la géométrie, bobos (défauts).
🔥 La macrographie de qualification

Pour une qualification de mode opératoire ou de soudeur, la macrographie vérifie la fusion de la racine et des flancs, l'absence de fissures et de collages, la pénétration et, pour les soudures d'angle, la gorge et la symétrie des côtés. Ses critères viennent de l'ISO 5817 (souvent niveau B pour les qualifications de modes opératoires, avec des exceptions fixées par la norme). Le coordinateur relit la photo, l'échelle, la position de la coupe et la désignation avant de signer.

✎

Exercices corrigés

Six exercices et un défi, de la scie au procès-verbal

🏋️Image à retenirLa salle de musculation : on ne progresse qu'en soulevant soi-même
👁 Mode d'emploi formule littérale, puis valeurs, puis unités

Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Les valeurs de polissage, de résolution et de macrographie viennent des modèles des manipulations 3, 5 et 6 ; le défi se rejoue dans la manipulation 6.

Exercice 1 : quel examen ? N1 · chapitre 1

Pour chaque question, choisis macro ou micro, avec ou sans attaque, en t'aidant du tableau de l'ISO 17639.

a) Vérifier la pénétration et la fusion des flancs d'une soudure d'angle.

b) Chercher des soufflures dans un cordon.

c) Mesurer la taille de grain de la zone affectée à gros grains.

d) Vérifier la présence de fins précipités dans un métal fondu.

e) Quel grossissement minimal faut-il pour qu'un œil, qui distingue 0,1 mm, voie un défaut de 20 µm ?

Voir la correction

a) Macro avec attaque : la ligne de fusion n'apparaît qu'après attaque, et c'est elle qui montre la pénétration et la fusion des flancs.

b) Macro, avec ou sans attaque : les cavités se voient dans les deux cas (groupe 200 de l'ISO 6520-1).

c) Micro avec attaque : les joints de grains ne se voient qu'après attaque.

d) Micro avec attaque ; les plus fins peuvent dépasser la résolution du microscope optique et demander le MEB.

e) M ≥ 0,1 mm/0,020 mm = ×5 : une loupe suffit.

Exercice 2 : couper et enrober N1 · chapitre 2

a) Une soudure d'alliage d'aluminium 6061-T6 (durci par précipitation) doit être examinée au microscope. Quel outil de coupe et quel enrobage choisis-tu ?

b) Pourquoi ne pas enrober une coupe de macrographie de 200 mm de large ?

c) Dans la manipulation 2, compare la tronçonneuse abrasive avec et sans arrosage, à l'avance ×1. Conclus.

d) Un petit échantillon doit passer au MEB. Quelle précaution d'enrobage ?

Voir la correction

a) Une micro-tronçonneuse (ou une tronçonneuse abrasive douce) sous arrosage, puis un enrobage à froid : la chauffe d'un enrobage à chaud vers 180 °C pourrait faire évoluer les précipités et changer la structure qu'on veut observer.

b) Elle ne tient dans aucun moule ni dans aucune presse ; on la prépare directement (dressage, papiers), et l'enrobage n'apporte rien à une observation à l'œil.

c) Avec arrosage : 60 µm de couche écrouie, surface vers 120 °C, pas de zone échauffée. À sec : surface vers 600 °C et 50 µm de zone échauffée en plus, soit 110 µm à enlever, avec une structure modifiée (revenu, oxydation). On arrose toujours.

d) Une résine conductrice, ou un dépôt conducteur (carbone, or) : sinon les charges brouillent l'image.

Exercice 3 : la marche manquante N2 · chapitre 3

Modèle de la manipulation 3 : une passe sur papier enlève 6 fois la taille de grain et laisse une couche abîmée de 2 fois la taille de grain. P220 : 65 µm ; P500 : 30 µm ; P1200 : 15 µm.

a) Après une passe au P220, quelle couche abîmée reste-t-il ?

b) On passe directement au P1200 : qu'enlève une passe ? Que reste-t-il de la couche du P220 ?

c) Combien de passes au P1200 faut-il ? Que propose la gamme conseillée ?

d) À quelle étape peut-on s'arrêter pour une macrographie ? Pour une micrographie ?

Voir la correction

a) 2 × 65 = 130 µm de couche abîmée.

b) Une passe au P1200 enlève 6 × 15 = 90 µm : il reste 130 − 90 = 40 µm de la couche du P220, plus profonde que celle du P1200 (30 µm). Les rayures du P220 réapparaîtront à l'attaque.

c) Deux passes (180 µm enlevés) effacent tout. La gamme conseillée intercale le P500 : il enlève 180 µm et laisse 60 µm, que le P1200 efface en une passe. C'est la règle du tiers : chaque grain vaut au moins le tiers du précédent.

d) Pour la macrographie, après le P1200 (rugosité d'environ 1,8 µm dans le modèle) ; pour la micrographie, il faut continuer au diamant jusqu'à 1 µm, voire à la silice colloïdale, pour une surface miroir sans couche écrouie.

Exercice 4 : le bon réactif N1 et N2 · chapitre 4

a) Quel réactif pour la macrographie d'une soudure en S355 ? Pour la micrographie de sa zone affectée ?

b) Même questions pour une soudure en inox austénitique 316L.

c) Après une attaque au Nital, la micrographie est uniformément sombre et piquée. Diagnostic et remède ?

d) Cite trois règles de sécurité de l'ISO 17639, et deux dangers propres à certains réactifs.

Voir la correction

a) Macro : Nital à 5–10 % ou persulfate d'ammonium à 10 %. Micro : Nital à 2 % (ou Picral à 4 % pour mieux voir la perlite et les carbures).

b) Macro : chlorure ferrique acidifié par l'acide chlorhydrique. Micro : acide oxalique à 10 % en attaque électrolytique. Le Nital ne révèle presque rien sur un inox.

c) Sur-attaque : durée trop longue ou réactif trop concentré. On repolit légèrement (diamant fin) et l'on recommence par petites étapes plus courtes.

d) ISO 17639 : protection des yeux ou du visage ; gants ou pinces ; mélanges sous sorbonne ; l'acide dans l'eau, jamais l'inverse ; le soluté dans le solvant. Dangers propres : l'acide fluorhydrique traverse la peau et attaque en profondeur (gluconate de calcium à portée) ; l'acide picrique devient explosif à sec ; les électrolytes perchloriques peuvent exploser.

Exercice 5 : voir ou ne pas voir N2 · chapitre 5

λ = 0,55 µm. La manipulation 5 permet de rejouer a) et b).

a) Calcule la résolution des objectifs d'ouverture 0,25, 0,80 et 1,40.

b) Les lamelles d'une perlite sont espacées de 0,3 µm. Quel objectif les sépare ?

c) Avec l'objectif d'ouverture 1,40, quel grossissement minimal faut-il pour que l'œil voie les détails séparés ? Au-delà de quel grossissement n'apprend-on plus rien ?

d) Sur une micrographie, 5 mm de lignes d'essai (à l'échelle réelle de l'échantillon) coupent 250 joints de grains. Calcule ℓ̄ et l'indice G.

Voir la correction

a) r = 0,61 × 0,55/ON : 1,34 µm (ON 0,25) ; 0,42 µm (ON 0,80) ; 0,24 µm (ON 1,40).

b) Seul l'objectif à immersion d'ouverture 1,40 (0,24 µm < 0,3 µm), de justesse. L'objectif ×50 (0,42 µm) les confond : la perlite y paraît grise et uniforme. Pour la voir nettement : MEB.

c) 0,1 mm/0,24 µm ≈ ×420 au minimum ; au-delà d'environ 1 000 × 1,40 = ×1 400, on agrandit le flou.

d) ℓ̄ = 5/250 = 0,020 mm ; G ≈ −6,64 × log₁₀(0,020) − 3,29 = 11,28 − 3,29 ≈ 8.

Exercice 6 : la macro et son procès-verbal N2 · chapitre 6

Macrographie attaquée d'une soudure d'angle en T entre deux tôles de S355 (groupe 1.2 de l'ISO/TR 15608) ; côtés mesurés z₁ = z₂ = 7,1 mm. Sur la coupe, l'aire du métal de base fondu vaut 30 mm², celle du métal d'apport déposé 45 mm².

a) Calcule la gorge. Le plan demande a = 5 mm : conforme ?

b) Calcule la dilution.

c) Écris la désignation abrégée de l'examen (réactif noté xy).

d) Cite cinq éléments que le procès-verbal doit contenir.

e) Un trait sombre suit le flanc côté âme, sur 4 mm. De quoi s'agit-il ? Aurait-on pu le voir sans attaque ? Par un contrôle visuel ?

Voir la correction

a) a = z/√2 = 7,1/1,414 ≈ 5,0 mm : conforme (de justesse).

b) D = 30/(30 + 45) = 40 %.

c) Examen - ISO 17639 - A - E - 1.2 - 1.2 / xy (A : macroscopique ; E : attaqué ; 1.2 : objet de l'examen et matériaux du même groupe).

d) La référence à l'ISO 17639 ; la désignation ; l'emplacement et l'orientation de l'éprouvette et de la face examinée ; le PV de QMOS (ou métaux, produits d'apport, traitement thermique) ; le réactif et la méthode d'attaque ; la description de la surface si nécessaire ; les photographies avec leur grossissement si demandées ; la date.

e) Un collage, manque de fusion le long du flanc (groupe 401 de l'ISO 6520-1). Les manques de fusion se voient aussi sans attaque (tableau de l'ISO 17639), mais pas par un contrôle visuel : ils sont internes. Pour une qualification au niveau B de l'ISO 5817, ce défaut n'est pas admis.

🏆 Défi : l'énergie juste N2 · chapitre 6, à rejouer dans la manipulation 6

Une soudure d'angle en T doit avoir une gorge d'au moins 4 mm, sans manque de fusion. Dans la manipulation 6, choisis « Angle en T », « Avec attaque », « Aucun défaut ».

a) À 0,8 kJ/mm, relève z, a, la pénétration, la zone affectée et la dilution. La gorge est-elle suffisante ?

b) Par pas de 0,05 kJ/mm, quelle est l'énergie minimale qui donne a ≥ 4,0 mm ? Relève alors la pénétration et la dilution.

c) Passe « Sans attaque » : quelles cotes restent mesurables ?

d) À 2,4 kJ/mm, que deviennent la gorge, la zone affectée et la dilution ? Quel inconvénient pour un acier sensible à la dureté de zone affectée, ou pour un inox ?

Voir la correction

a) z ≈ 5,4 mm, a ≈ 3,8 mm, pénétration ≈ 0,9 mm, zone affectée ≈ 1,8 mm, dilution ≈ 34 % : gorge insuffisante.

b) À 0,90 kJ/mm : z ≈ 5,7 mm, a ≈ 4,0 mm, pénétration ≈ 1,0 mm, dilution ≈ 35 % (à 0,85 kJ/mm, a ≈ 3,9 mm). Une marge serait prudente : on vise plutôt 1 kJ/mm (a ≈ 4,2 mm).

c) Les côtés z et la gorge a (le contour se voit), et la présence de défauts. Pas la pénétration, ni la zone affectée, ni la dilution : il faut la ligne de fusion, révélée par l'attaque.

d) a ≈ 6,6 mm, zone affectée ≈ 3,7 mm, dilution ≈ 43 %. Le cordon est surdimensionné (plus de métal, plus de déformation), la zone affectée s'élargit ; pour un inox ou une soudure hétérogène, une forte dilution change la composition du métal fondu. L'énergie se règle au plus juste du besoin, comme pour la dureté au cours 2.

?

Quiz : 12 questions éclair

Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste

🎯Image à retenirLa cible : vise 10 sur 12 pour boucler la série
Score : 0 / 12
★

Fiche mémoire du cours 3

Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête

🔬Image à retenirLa perlite qui a attendu vingt ans : il lui manquait la lumière et la résolution
🗺️

La carte et le plan

A : < ×50 · I : ×50 à ×500

Macro pour la soudure entière, micro pour les grains et les phases ; E attaqué, U non attaqué (ISO 17639).

🍞

La tranche de pain

doux · mouillé · loin

Dernière coupe douce et arrosée ; le gros débit loin de la face à examiner ; enrobage à froid ou à chaud.

🪞

Le miroir

P220 → P500 → P1200 → diamant

Chaque étape enlève la couche abîmée de la précédente ; un grain au moins le tiers du précédent.

🌫️

La buée

Nital · Picral · oxalique · Keller

Un réactif par métal, une durée par réactif ; trop court pâle, trop long sombre et piqué.

🧪

La sorbonne

l'acide dans l'eau

Lunettes, gants ou pinces, hotte ; HF, acide picrique sec et électrolytes perchloriques : dangers majeurs.

🔦

Les phares

r ≈ 0,61·λ/ON

0,24 µm au mieux en optique ; quelques nm au MEB ; grossissement utile ≈ 1 000·ON.

🔬

Le MEB

SE · BSE · EDS · EBSD

Relief, numéro atomique, composition, orientations ; échantillon conducteur, sous vide.

🔢

Le grain

G ≈ −6,64·log₁₀(ℓ̄) − 3,29

ℓ̄ en mm ; 20 µm donnent G ≈ 8 ; plus G est grand, plus le grain est fin.

🕵️

L'enquêteur

a = z/√2 · D = AMB/(AMB + AMA)

Base, bande, bord, bain, bosse, bobos ; mesurer sur l'image avec une échelle ; juger selon l'ISO 5817.

🔬 Fun fact : la perlite qui a attendu vingt ansEn 1863, à Sheffield, Henry Clifton Sorby, un savant amateur qui observait les roches au microscope, applique ses méthodes à l'acier : il polit des échantillons, les attaque à l'acide et les regarde en lumière réfléchie. Il prépare des dizaines d'échantillons entre l'été 1863 et le début de 1865, les montre dans des réunions savantes… puis abandonne le sujet, sans vraiment publier. À l'automne 1885 seulement, il réexamine ses anciens échantillons avec un nouvel illuminateur, qui éclaire la surface à travers l'objectif, et des grossissements allant jusqu'à 650 fois. Le constituant au reflet de nacre de l'acier se résout enfin en fines lamelles parallèles de deux matières, l'une douce, l'autre dure. Il le publie en 1886 ; on l'appellera perlite. Il aura fallu vingt ans, et un meilleur éclairage, pour que la structure apparaisse : la résolution est au chapitre 5.
A–Z

Glossaire

Les mots, symboles et sigles de ce cours

📖Image à retenirLe dictionnaire : un mot flou, un clic
A, I, E, U
Dans la désignation de l'ISO 17639 : examen macroscopique, examen microscopique, surface attaquée (etched), non attaquée (unetched).
a, z
Gorge d'une soudure d'angle, hauteur du plus grand triangle isocèle inscrit ; côté (longueur d'appui sur chaque pièce). Pour des côtés égaux, a = z/√2.
AMB, AMA, D
Aire du métal de base fondu ; aire du métal d'apport déposé ; dilution, AMB/(AMB + AMA).
Arrachement
Trou laissé par une inclusion ou une phase dure arrachée au polissage, à ne pas confondre avec une porosité.
Attaque (métallographique)
Traitement d'une surface polie par un réactif qui dissout ou colore sélectivement grains, joints et phases ; par immersion, badigeonnage ou voie électrolytique.
Badigeonnage
Attaque en frottant la surface avec un coton imbibé de réactif.
Collage, caniveau
Manque de fusion interne (groupe 401 de l'ISO 6520-1) ; sillon de surface au bord du cordon (5011).
Couche écrouie
Couche superficielle déformée par la découpe ou le polissage, qui ne représente plus le métal.
Coupe transversale
Coupe perpendiculaire à l'axe de la soudure, qui montre le métal fondu et les deux zones affectées.
EBSD
Diffraction des électrons rétrodiffusés : cartographie de l'orientation cristalline des grains au MEB.
EDS, WDS
Spectrométries des rayons X par dispersion d'énergie (rapide) et de longueur d'onde (plus précise) : analyse chimique locale au MEB.
Enrobage à froid, à chaud
Mise en résine d'un échantillon par coulée et durcissement à l'ambiante, ou par pressage à chaud vers 180 °C.
FEPA, grade P
Fédération européenne des fabricants d'abrasifs ; désignation de la finesse des papiers (P220, P1200…) : plus le nombre est grand, plus le grain est fin.
Fond clair, fond noir, lumière polarisée, contraste interférentiel
Modes d'éclairage du microscope optique : surfaces planes claires ; reliefs seuls éclairés ; contraste d'orientation des grains non cubiques ; faibles reliefs rendus en nuances.
G, ℓ̄, m
Indice de grosseur de grain (ISO 643, ASTM E112) ; longueur moyenne d'interception (mm) ; nombre de grains par mm², m = 8 × 2G.
Gamme de polissage
Suite ordonnée d'étapes (abrasif, support, force, vitesses, lubrifiant, durée) qui mène à une surface prête pour l'examen.
ISO 17639, ISO/TR 16060
Examens macroscopique et microscopique des soudures ; réactifs pour ces examens.
ISO 6520-1, ISO 5817
Classification et numéros des défauts de soudage ; niveaux de qualité B, C, D.
ISO 643, ASTM E112, ASTM A262
Taille de grain des aciers ; taille de grain ; essais de sensibilité des inox à la corrosion intergranulaire (pratique A : attaque oxalique).
ISO/TR 15608, groupe 1.2
Groupes de matériaux pour le soudage ; aciers de limite d'élasticité minimale spécifiée de 275 à 360 MPa.
λ, ON, n, α
Longueur d'onde de la lumière (≈ 0,55 µm) ; ouverture numérique n·sin α d'un objectif ; indice du milieu (1 dans l'air, ≈ 1,5 dans l'huile) ; demi-angle du cône de lumière recueilli.
Ligne de fusion
Limite entre le métal fondu et le métal de base resté solide.
log₁₀
Logarithme décimal : log₁₀(100) = 2, log₁₀(0,01) = −2.
Loupe binoculaire
Microscope stéréoscopique à faible grossissement (×5 à ×50), à grande profondeur de champ.
M, Mutile
Grossissement ; grossissement au-delà duquel on agrandit sans voir de nouveaux détails (≈ 500 à 1 000 × ON).
Macrographie, micrographie
Examen et image à l'œil nu ou sous faible grossissement (moins de ×50) ; au microscope (généralement ×50 à ×500, davantage au MEB).
MEB, SE, BSE
Microscope électronique à balayage ; électrons secondaires (contraste de relief) ; électrons rétrodiffusés (contraste de composition).
MO
Microscope optique (métallographique, en lumière réfléchie).
Nital, Picral, réactif de Keller, réactif de Kroll
Acide nitrique dans l'éthanol ; acide picrique dans l'éthanol ; mélange dilué d'acides fluorhydrique, chlorhydrique et nitrique (aluminium) ; acides fluorhydrique et nitrique dilués (titane).
Perlite
Constituant des aciers formé de lamelles alternées de ferrite et de cémentite, au reflet nacré.
Polissage électrolytique
Dissolution anodique contrôlée qui lisse la surface sans la déformer, sur un palier de la courbe densité de courant-tension.
r, s
Résolution, plus petite distance séparable (critère de Rayleigh) ; distance entre deux détails.
Ra
Rugosité arithmétique moyenne d'une surface (µm).
Silice colloïdale
Suspension de particules de silice d'environ 0,05 µm, pour un polissage final mécanique et chimique.
Sorbonne
Enceinte ventilée qui aspire les vapeurs de réactifs.
ZAT, ZF
Zone affectée thermiquement ; zone fondue (métal fondu).
✓

Ai-je bouclé la série ?

Dix points à cocher de tête

🏁Image à retenirLe drapeau à damier : la série est terminée quand tout est coché

Coche seulement ce que tu sais faire sans regarder. Tes coches restent enregistrées dans ce navigateur.

🔥 Le bilan de la série : mesurer et observer ce que cache un métal
QuestionL'outilCoursLe réflexe
Que supporte le métal ?essai de traction, ISO 6892-1 ; traction des soudures (ISO 4136, ISO 5178)1vérifier sections, éprouvette, sens, extensomètre ; Rm n'est pas la rupture
Est-il trop dur, bien traité ?Brinell, Vickers, Rockwell, conversions ; filiation (ISO 9015-1)2la bonne échelle, la bonne charge ; deux empreintes à 0,5 mm de la ligne de fusion
Qu'y a-t-il à l'intérieur ?macrographie et micrographie (ISO 17639) ; préparation, attaque, microscopes3une coupe propre, le bon réactif, une échelle, un instrument assez résolvant
Résiste-t-il au choc, à la fissure ?essai Charpy, cassures, ténacitéRupture 1, 2 et 4la température d'essai et la zone visée comptent autant que la valeur
🏁 Fin de la série « Essais destructifs ». Tu sais maintenant tirer sur une éprouvette et lire tout ce que dit sa courbe, enfoncer une bille, une pyramide ou un cône et traduire une dureté, suivre une filiation à travers une soudure, et préparer, attaquer, observer et lire une coupe métallographique jusqu'à son procès-verbal. Ces essais se retrouvent ensemble dans les qualifications de modes opératoires et de soudeurs : le sujet voisin du planning, 2.23 « Essais des soudures », les assemble autour d'un même joint, avec les essais de pliage et de cassure qui leur sont propres.