Avant de commencer
Le cours 2 en trois cases
| Chapitre du cours | Ce qu'il apporte à l'IWE |
|---|---|
| 1 Macro ou micro | objectifs des examens macroscopique et microscopique, ce que chacun révèle (ISO 17639) |
| 2 Prélever, découper, enrober | préparation des éprouvettes sans altérer la surface examinée |
| 3 Polir | gamme de prépolissage et de polissage, défauts de préparation |
| 4 Attaquer | réactifs, méthodes d'attaque, sécurité |
| 5 Observer | loupe, microscope optique, microscope électronique, analyses ; résolution ; taille de grain |
| 6 Lire une macrographie | zones, passes, défauts, mesures ; désignation et procès-verbal selon l'ISO 17639 |
- ISO 17639 (édition 2022) : examens macroscopique et microscopique des soudures ; ISO/TR 16060 : réactifs d'attaque pour ces examens ; ISO 6520-1 : classification des défauts de soudage (numéros à trois ou quatre chiffres) ; ISO 5817 : niveaux de qualité B, C, D ; ISO/TR 15608 : groupes de matériaux.
- ISO 643 et ASTM E112 : détermination de la taille de grain ; ASTM A262 : essais de sensibilité des aciers inoxydables à la corrosion intergranulaire ; FEPA : fédération européenne des fabricants d'abrasifs, qui définit les grades P des papiers.
- MO : microscope optique ; MEB : microscope électronique à balayage ; SE, BSE : électrons secondaires, rétrodiffusés ; EDS, WDS : spectrométries des rayons X par dispersion d'énergie et de longueur d'onde ; EBSD : diffraction des électrons rétrodiffusés ; ON : ouverture numérique d'un objectif ; ZAT, ZF : zone affectée thermiquement, zone fondue ; QMOS : qualification d'un mode opératoire de soudage.
La macrographie est l'examen le plus démonstratif d'une soudure : une coupe attaquée montre en un coup d'œil la pénétration, les passes, la zone affectée et les défauts que les contrôles non destructifs ont pu laisser passer, comme un collage le long d'un flanc. Elle fait partie des essais de qualification des modes opératoires et des soudeurs, et de toute expertise après une rupture. La micrographie, elle, explique pourquoi une zone est dure, fragile ou corrodée. Le coordinateur en soudage n'a pas à polir lui-même, mais il doit savoir ce qu'une coupe bien faite peut montrer, et reconnaître une coupe mal faite.
La série en trois cours
Le plan du cours
- 1Macro ou micro
Deux échelles, deux questions : la soudure entière ou ses grains.
- 2Prélever, découper, enrober
Couper au bon endroit, sans chauffer ni écraser la face à examiner.
- 3Polir
Du papier abrasif au miroir : chaque étape efface les dégâts de la précédente.
- 4Attaquer
Le réactif qui révèle grains, phases et zones, et les précautions qui vont avec.
- 5Observer
Loupe, microscope optique, microscope électronique : jusqu'où chacun voit.
- 6Lire une macrographie
Zones, passes, défauts, cotes, dilution, et le procès-verbal.
Macro ou micro
Deux échelles, deux questions : la soudure entière ou ses grains
Une carte routière montre les villes, les fleuves, le relief, mais pas les rues ; un plan de quartier montre les rues, mais plus le pays. La métallographie a ses deux échelles.
- La macrographie (examen macroscopique) regarde la pièce à l'œil nu ou à faible grossissement, en pratique moins de 50 fois. Sur une coupe de soudure, elle montre la forme du cordon, la pénétration, les passes, la zone affectée, et les défauts de quelques dixièmes de millimètre et plus : soufflures, fissures, collages, inclusions de laitier.
- La micrographie (examen microscopique) regarde au microscope, de 50 à 500 fois et au-delà. Elle montre l'arrangement des grains et des phases : taille de grain, ferrite, perlite, bainite, martensite, précipités, inclusions fines.
Dans les deux cas, on peut regarder la surface polie telle quelle (sans attaque) ou après l'avoir attaquée par un réactif (avec attaque). Sans attaque, on voit surtout ce qui fait un trou ou change de couleur : cavités, fissures, inclusions. L'attaque révèle ce qui ne se voit pas sur un miroir : les zones, les passes, les grains, les phases.
Le bon réflexe est de toujours passer de la grande échelle à la petite : on repère d'abord sur la macrographie la zone qui pose question, puis on y descend au microscope, en sachant à chaque grossissement quelle taille de détail on peut espérer voir.
Manipulation 1 : les puissances de dix
Une même soudure d'acier, vue de plus en plus près. Le curseur règle le grossissement M sur une échelle logarithmique, de ×1 à ×10 000 ; les boutons sautent aux grossissements typiques de chaque instrument. Le cadre pointillé montre la zone que le grossissement suivant (×10) agrandira. Le champ est la largeur réelle de la vue, pour une image de 100 mm de large. Schémas pédagogiques.
L'ISO 17639 définit l'examen macroscopique comme l'examen d'une éprouvette à l'œil nu ou sous faible grossissement (généralement moins de ×50), avec ou sans attaque, et l'examen microscopique comme l'examen au microscope sous un grossissement généralement compris entre ×50 et ×500, avec ou sans attaque. Elle les note A (macroscopique) et I (microscopique), E pour une surface attaquée et U pour une surface non attaquée. L'éprouvette est en général une coupe transversale, perpendiculaire à l'axe de la soudure, qui comprend le métal fondu et les zones affectées des deux côtés.
Le but est d'évaluer la structure (grains, morphologie, orientation, précipités, inclusions), seule ou en lien avec des fissures et des cavités, et de garder une trace de la forme de la soudure dans le plan de coupe. La norme guide le choix de l'examen :
| Ce qu'on cherche (extrait) | Macro sans attaque | Macro avec attaque | Micro sans attaque | Micro avec attaque |
|---|---|---|---|---|
| Fissures (100), cavités (200), inclusions (300), manques de fusion ou de pénétration (400) | oui | oui | oui | oui |
| Forme géométrique du cordon (500) | oui | oui | — | — |
| Zone affectée thermiquement | — | oui | — | oui |
| Passes et couches | — | oui | — | parfois |
| Structure de solidification, ségrégations, sens de laminage | — | oui | — | oui |
| Joints de grains | — | — | parfois | oui |
| Structure des grains, précipités | — | — | — | oui |
D'après le tableau 1 de l'ISO 17639 (édition 2022) ; les nombres entre parenthèses sont les groupes de défauts de l'ISO 6520-1. La norme précise que certains détails, comme de très fins précipités ou inclusions, peuvent échapper à la résolution d'un microscope optique (chapitre 5).
Les ordres de grandeur. L'œil distingue environ 0,1 mm à 25 cm. Pour voir un détail de taille x, il faut donc un grossissement d'au moins 0,1 mm/x : ×10 pour un défaut de 10 µm, ×500 pour une lamelle de perlite de 0,2 µm, à condition que l'instrument sépare encore ces détails (chapitre 5).
La qualification d'un mode opératoire de soudage (ISO 15614-1) et la qualification des soudeurs pour les soudures d'angle comprennent des examens macroscopiques : on y vérifie la pénétration, la fusion des flancs, les dimensions et l'absence de défauts, avec les critères de l'ISO 5817. La macrographie sert aussi à placer la filiation de dureté du cours 2, et à documenter les réparations.
Prélever, découper, enrober
Couper au bon endroit, sans chauffer ni écraser la face à examiner
Prélever au bon endroit. L'emplacement, l'orientation et le nombre de coupes se décident avant de couper, souvent d'après la norme d'application : par exemple loin des amorçages et des arrêts de soudage, ou au droit d'une indication détectée en contrôle non destructif. On repère chaque morceau (sens, position, numéro) avant de le séparer.
Découper sans abîmer. Toute découpe écrase et chauffe un peu la face coupée. Avec une scie à ruban ou une meule qui force, la couche abîmée peut atteindre plusieurs dixièmes de millimètre, et une découpe à sec peut chauffer assez pour revenir une martensite ou bleuir l'acier. On coupe donc de préférence avec une tronçonneuse abrasive sous arrosage, une micro-tronçonneuse pour les petites pièces, ou une scie à fil diamanté pour les échantillons fragiles. Plus la coupe est douce, plus la suite est facile : chaque micromètre abîmé devra être enlevé au polissage.
Enrober. Un petit morceau de forme quelconque est difficile à tenir et ses bords s'arrondissent au polissage. On le noie dans une résine qui forme un cylindre standard : à froid (résine et durcisseur coulés dans un moule) pour les gros échantillons et les métaux qui craignent la chaleur, à chaud (poudre pressée et chauffée vers 180 °C dans une enrobeuse) pour des enrobages plus durs et mieux collés aux bords.
Manipulation 2 : la tranche de pain
Découpe d'un bloc d'acier de 30 × 30 mm. Choisis l'outil et l'arrosage, puis règle l'avance. À gauche, la face coupée vue en coupe, très agrandie : en violet la couche écrouie, en rouge la zone échauffée. À droite, comparaison des outils : profondeur abîmée (que le polissage devra enlever) et durée de coupe. Modèle pédagogique, ordres de grandeur de laboratoire.
| Outil | Usage | Dommage typique |
|---|---|---|
| Scie à ruban, scie alternative | débit de grosses pièces, loin de la zone à examiner | fort : on recoupe ensuite plus finement |
| Tronçonneuse abrasive sous arrosage | l'outil courant du laboratoire ; meule choisie selon la dureté du métal | modéré, quelques dizaines de µm à un dixième de mm |
| Micro-tronçonneuse | petites pièces, coupes précises près d'une zone d'intérêt | faible |
| Scie à fil diamanté | échantillons fragiles, revêtements, céramiques | très faible, mais coupe lente |
La découpe laisse deux sortes de dégâts : une couche écrouie, où les grains ont été déformés, et parfois une zone échauffée, où la structure a changé (revenu d'une martensite, recristallisation d'un métal écroui, oxydation). Une meule trop dure pour le métal « glace » et chauffe ; une meule trop tendre s'use vite. L'arrosage refroidit et évacue les débris.
| Enrobage à froid | Enrobage à chaud | |
|---|---|---|
| Principe | résine (époxy, acrylique) et durcisseur coulés dans un moule ; prise à la température ambiante, avec un léger échauffement de réaction | poudre de résine (phénolique, époxy chargée) pressée et chauffée vers 180 °C dans une enrobeuse |
| Atouts | pas de pression ni de chauffe : métaux sensibles à la chaleur (alliages à durcissement structural), grosses coupes de macrographie ; équipement simple | enrobage dur, peu de retrait, bords bien tenus ; rapide ; idéal pour la micrographie de petites pièces |
| Limites | retrait : un jour peut se former au bord et retenir abrasifs et réactifs ; produits irritants (gants, ventilation) | taille limitée par la presse ; chauffe et pression ; investissement de départ élevé |
Pour le microscope électronique, on choisit une résine conductrice ou l'on dépose une fine couche conductrice (carbone, or), sinon les charges électriques s'accumulent et brouillent l'image.
Sur un assemblage de qualification, les éprouvettes de traction, de pliage, de résilience, de dureté et de macrographie sont prises à des emplacements définis. Le coordinateur fait tracer leur position et leur sens avant toute découpe, et vérifie que la macrographie couvre bien la soudure entière et les deux zones affectées. Une coupe mal repérée, c'est un résultat qu'on ne peut plus relier à l'assemblage.
Polir
Du papier abrasif au miroir : chaque étape efface les dégâts de la précédente
Après la découpe, la face est rugueuse et écrouie. Le prépolissage l'aplanit sur une suite de papiers abrasifs au carbure de silicium (SiC), de grains de plus en plus fins, sous un filet d'eau qui lubrifie et évacue les débris. Chaque papier laisse ses propres rayures, plus fines, et une couche écrouie plus mince : l'étape suivante doit enlever au moins cette couche. Sauter des étapes, c'est garder sous la surface des rayures profondes qu'on ne voit qu'au moment de l'attaque.
Le polissage de finition continue sur des draps imprégnés de suspensions de diamant (de 9 à 1 µm environ), parfois terminé par une silice colloïdale très fine qui polit à la fois mécaniquement et chimiquement. Entre deux étapes, un bain à ultrasons décolle les grains d'abrasif incrustés. Le but est une surface « miroir », dont les défauts restent plus petits que la longueur d'onde de la lumière (environ 0,5 µm), pour l'observation au microscope.
Pour une macrographie, on s'arrête souvent bien avant : un papier fin suffit, et parfois la face usinée suffit. Il existe aussi un polissage électrolytique, qui dissout le métal sans le déformer : excellent quand il est bien réglé, mais délicat, et ses électrolytes sont souvent dangereux.
Manipulation 3 : la gamme de polissage
Construis ta gamme, étape par étape, sur une face sortie de la tronçonneuse. Chaque clic fait une passe de durée standard avec l'abrasif choisi. À gauche, la surface vue en coupe, très agrandie, avec la couche abîmée en violet ; à droite, l'historique de la rugosité et de la profondeur abîmée (échelles logarithmiques). Règle du modèle : une passe enlève environ 6 fois la taille de grain sur papier (4 fois sur drap diamanté) et laisse une couche abîmée d'environ 2 fois la taille de grain (1 fois au diamant). Modèle pédagogique.
| Grade FEPA | P120 | P220 | P320 | P500 | P800 | P1200 | P2500 | P4000 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Taille moyenne de grain (µm) | ≈ 127 | ≈ 65 | ≈ 46 | ≈ 30 | ≈ 22 | ≈ 15 | ≈ 8 | ≈ 5 |
Valeurs médianes des grades FEPA P ; au-delà de P2500, les grades ne sont plus normalisés et dépendent du fabricant. Plus le numéro est grand, plus le grain est fin. Une gamme classique pour un acier : P220 (ou P320), P500, P1200, puis diamant 9, 3 et 1 µm, et éventuellement silice colloïdale (environ 0,05 µm).
Les paramètres. En polissage automatique, on règle la force sur l'échantillon, les vitesses de rotation du plateau et du porte-échantillons, le lubrifiant et la durée de chaque étape : c'est la gamme, à établir pour chaque famille de métal, car le comportement au polissage dépend de la composition, de la microstructure et de l'état de déformation. On tourne l'échantillon de 90° entre deux papiers : les nouvelles rayures croisent les anciennes, et l'on voit d'un coup d'œil quand celles-ci ont disparu.
Le polissage électrolytique fait de l'échantillon l'anode d'une cellule d'électrolyse. Sur la courbe densité de courant-tension, on trouve d'abord une zone d'attaque (le métal se creuse), puis un palier où une pellicule visqueuse se forme à la surface : les sommets, plus proches de la cathode à travers cette pellicule, se dissolvent plus vite que les creux, et la surface se lisse. Au-delà, l'oxygène se dégage en bulles et pique la surface. Le palier dépend de l'électrolyte, de sa température, de la surface à polir et du métal : réglage délicat, mais résultat sans aucune couche écrouie.
| Artefact | Aspect | Cause, remède |
|---|---|---|
| Rayures profondes | sillons parallèles qui réapparaissent à l'attaque | étape sautée ou trop courte : reprendre au papier précédent |
| Couche écrouie résiduelle | structure floue, « peau » qui masque les grains après attaque | finition insuffisante : polir plus longtemps, alterner attaque et polissage |
| Arrachements | petits trous, inclusions ou phases dures arrachées | force trop grande, drap trop mou : on les confond avec des porosités |
| Relief, bords arrondis | phases dures en saillie, bords flous | drap trop souple, durée trop longue, enrobage mal collé |
| Queues de comète | traînées derrière une inclusion | sens de polissage constant : faire tourner l'échantillon |
Une filiation de dureté demande une surface polie sans couche écrouie : une couche durcie par le polissage fausserait les petites empreintes. Une macrographie de qualification, elle, se prépare souvent jusqu'à P1200 puis s'attaque, et doit être photographiée avec une échelle. Dans les deux cas, la préparation est écrite (gamme, réactif) pour pouvoir être refaite.
Attaquer pour révéler
Le réactif qui fait apparaître grains, phases et zones, et les précautions qui vont avec
Une coupe d'acier bien polie est un miroir : on n'y voit presque rien, sauf ce qui fait un trou ou change de couleur (soufflures, fissures, inclusions). Les grains, les phases, les zones de la soudure sont pourtant là, comme les traces de doigts sur une vitre propre. Il suffit d'un souffle pour les faire apparaître : en métallographie, ce souffle est l'attaque.
On met la surface au contact d'un réactif (souvent un acide dilué dans de l'alcool ou de l'eau) pendant quelques secondes à quelques minutes. Il ne dissout pas tout pareil :
- les joints de grains, zones de désordre entre deux cristaux, se creusent plus vite et dessinent un réseau de traits sombres ;
- deux phases différentes (ferrite et cémentite de la perlite) se dissolvent à des vitesses différentes, ou se colorent différemment ;
- des grains d'orientations différentes réfléchissent différemment la lumière après attaque.
À l'échelle macro, les mêmes différences font apparaître le métal fondu, les passes, la zone affectée et le métal de base. Chaque métal a ses réactifs : celui qui révèle un acier au carbone ne fait rien sur un acier inoxydable. Et la durée compte : trop courte, l'image reste pâle ; trop longue, tout devient sombre et piqué.
Manipulation 4 : la buée sur la vitre
Une surface polie au miroir, vue au microscope. Choisis le métal, le réactif et la durée d'attaque (échelle logarithmique). Les joints de grains se creusent, les grains et les phases prennent des teintes différentes. Associations réactif-métal et durées optimales : repères pédagogiques de laboratoire.
Le mécanisme. L'attaque est une corrosion contrôlée. Sur une surface hétérogène, certaines zones jouent le rôle d'anodes et se dissolvent, d'autres de cathodes et sont protégées : joints de grains, phases de compositions différentes, grains d'orientations différentes n'ont pas le même comportement électrochimique. Le relief et les dépôts créés diffusent ou colorent la lumière : c'est le contraste observé.
Les méthodes (ISO 17639) : par immersion de l'échantillon dans le réactif ; par badigeonnage de la surface avec un coton imbibé ; par attaque électrolytique, l'échantillon servant d'anode sous une tension de quelques volts. La méthode est fixée avant l'attaque ; ensuite on lave et on sèche aussitôt. Les macrographies peuvent être protégées par un vernis, les échantillons conservés à l'abri de l'humidité.
| Métal | Macrographie (exemples) | Micrographie (exemples) | Ce qui apparaît |
|---|---|---|---|
| Aciers non et faiblement alliés | Nital à 5–10 %, persulfate d'ammonium à 10 % | Nital à 2 % (1 à 5 mL d'acide nitrique dans 100 mL d'éthanol) ; Picral à 4 % (4 g d'acide picrique dans 100 mL d'éthanol) | zones et passes ; joints de ferrite, perlite, bainite, martensite ; le Picral révèle mieux les carbures et la perlite fine |
| Aciers inoxydables austénitiques | chlorure ferrique acidifié par l'acide chlorhydrique | acide oxalique à 10 %, en attaque électrolytique sous quelques volts | zones ; joints de grains, carbures, phase sigma, ferrite du métal fondu |
| Aluminium et alliages | soude diluée | réactif de Keller (acides fluorhydrique, chlorhydrique et nitrique dilués) ; anodisation de Barker observée en lumière polarisée | zones ; grains, intermétalliques |
| Titane et alliages | — | réactif de Kroll (acides fluorhydrique et nitrique dilués) | phases α et β |
L'ISO/TR 16060 rassemble les réactifs pour les soudures des différents matériaux, sous forme de tableaux numérotés auxquels se réfère la désignation de l'examen (chapitre 6). Les concentrations et durées varient d'un laboratoire à l'autre : on note toujours le réactif, sa concentration, la méthode et la durée.
La sécurité
- Selon l'ISO 17639 : protection des yeux ou du visage, gants adaptés ou pinces, préparation des mélanges sous une sorbonne (hotte ventilée), toujours verser l'acide dans l'eau et jamais l'inverse, toujours verser le soluté (la plus petite quantité) dans le solvant.
- L'acide fluorhydrique (réactifs de Keller, de Kroll) traverse la peau sans douleur immédiate et attaque les tissus en profondeur : gants spécifiques, gel de gluconate de calcium à portée de main.
- L'acide picrique devient explosif à l'état sec : on le conserve humide, et l'on ne laisse pas sécher le Picral au bord des flacons.
- Les électrolytes à base d'acide perchlorique (polissage électrolytique) peuvent exploser au contact de matières organiques ou s'ils chauffent ; le Nital ne se prépare pas à forte concentration et ne se stocke pas en flacon fermé.
- La fiche de données de sécurité de chaque produit fait foi.
Chauffé entre environ 500 et 800 °C, par exemple dans la zone affectée d'une soudure, un acier inoxydable austénitique peut précipiter des carbures de chrome aux joints de grains et devenir sensible à la corrosion intergranulaire. L'attaque électrolytique à l'acide oxalique sert de test de tri (ASTM A262, pratique A) : des joints de grains entièrement creusés en fossés signalent un acier sensibilisé, qui demande un essai de corrosion complet.
Observer
Loupe, microscope optique, microscope électronique : jusqu'où chacun voit
La nuit, une voiture lointaine ne montre qu'une tache de lumière ; en s'approchant, ses deux phares se séparent. Un microscope a la même limite : sous une certaine distance, deux détails voisins se confondent en une seule tache floue. C'est la résolution, et agrandir davantage une image floue n'y change rien.
- La loupe binoculaire grossit de 5 à 50 fois environ, avec une grande profondeur de champ et une vision en relief : c'est l'outil des macrographies et des cassures.
- Le microscope optique métallographique éclaire l'échantillon par-dessus, à travers l'objectif (lumière réfléchie), et grossit de 50 à 1 000 fois environ. Sa résolution est limitée par la longueur d'onde de la lumière : on ne sépare pas deux détails plus proches qu'environ 0,2 à 0,3 µm. Il offre plusieurs éclairages : fond clair, fond noir, lumière polarisée, contraste interférentiel qui fait ressortir le relief. Des mosaïques d'images assemblées reconstituent une macrographie entière à fort grossissement.
- Le microscope électronique à balayage (MEB) remplace la lumière par un fin faisceau d'électrons qui balaie la surface : sa résolution atteint quelques nanomètres, sa profondeur de champ est grande, ce qui en fait l'outil roi des cassures. En recueillant les rayons X émis, il analyse aussi la composition chimique locale.
Manipulation 5 : les phares dans le brouillard
Deux petites particules (par exemple deux lamelles de cémentite de la perlite) sont séparées de la distance s. L'instrument en donne deux taches floues, dont la largeur fixe la résolution r = 0,61·λ/ON pour la lumière (λ = 0,55 µm, ON : ouverture numérique de l'objectif), quelques nanomètres pour le MEB. À gauche, l'image ; à droite, le profil de lumière le long de la ligne qui joint les deux particules. Choisis l'instrument et la distance (échelle logarithmique).
r : résolution, plus petite distance séparable (critère de Rayleigh) ; λ : longueur d'onde (≈ 0,55 µm, lumière verte) ; ON : ouverture numérique ; n : indice du milieu entre l'objectif et l'échantillon (1 dans l'air, ≈ 1,5 dans l'huile d'immersion) ; α : demi-angle du cône de lumière que l'objectif recueille ; Mutile : grossissement au-delà duquel on agrandit sans rien voir de plus
Exemples. Objectif ×50 d'ouverture 0,80 : r ≈ 0,61 × 0,55/0,80 ≈ 0,42 µm. Objectif ×100 à immersion d'ouverture 1,40 : r ≈ 0,24 µm, la limite pratique du microscope optique. Pour que l'œil (qui sépare 0,1 mm) voie ces 0,24 µm, il faut au moins 0,1 mm/0,24 µm ≈ ×420 ; au-delà de ×1 400 environ, on n'agrandit plus que du flou. La perlite, dont les lamelles sont espacées de quelques dixièmes de micromètre, est à la limite du microscope optique ; une bainite fine ou des précipités demandent le MEB.
| Instrument | Grossissement | Résolution | Atouts |
|---|---|---|---|
| Loupe binoculaire | ×5 à ×50 | ≈ 5 à 10 µm | relief, grande profondeur de champ, macrographies, cassures |
| Microscope optique | ×50 à ×1 000 | ≈ 0,25 à 1 µm | micrographies, mesures, plusieurs éclairages, coût modéré |
| MEB | ×20 à plus de ×100 000 | quelques nm | cassures, fines structures, analyses chimiques et cristallines |
Les éclairages du microscope optique : le fond clair, l'éclairage courant, où les surfaces planes paraissent claires ; le fond noir, où seuls les reliefs (rayures, joints, inclusions) diffusent de la lumière ; la lumière polarisée, qui fait apparaître les grains des métaux non cubiques (titane, zinc) ou d'un aluminium anodisé ; le contraste interférentiel, qui transforme de très faibles reliefs en nuances.
Les signaux du MEB. Le faisceau fait sortir de la surface des électrons secondaires (SE), sensibles au relief : ils donnent les belles images de cassures ; des électrons rétrodiffusés (BSE), plus nombreux sur les éléments lourds : ils donnent un contraste de composition ; et des rayons X caractéristiques de chaque élément, analysés par EDS (dispersion d'énergie, rapide, tous les éléments sauf les plus légers, dans un volume d'environ un micromètre cube) ou WDS (dispersion de longueur d'onde, plus précise et plus sensible, plus lente). L'EBSD analyse la diffraction des électrons rétrodiffusés pour cartographier l'orientation de chaque grain. Il faut un échantillon conducteur, sous vide ; l'équipement coûte de l'ordre de cent mille à un million d'euros.
Mesurer la taille de grain
On trace sur la micrographie des lignes de longueur totale connue et l'on compte les joints de grains qu'elles coupent : la longueur moyenne d'interception ℓ̄ est la longueur des lignes divisée par le nombre d'intersections. L'ISO 643 (et l'ASTM E112) en tire un indice de grosseur de grain G, d'autant plus grand que le grain est fin :
ℓ̄ : longueur moyenne d'interception (mm) ; log₁₀ : logarithme décimal ; m : nombre de grains par mm² (définition de l'ISO 643). ℓ̄ = 20 µm : G ≈ 8 ; ℓ̄ = 50 µm : G ≈ 5,4. Les constantes diffèrent de quelques centièmes entre l'ISO 643 et l'ASTM E112
Une fissure dans une zone affectée : au microscope optique, on voit si elle suit les joints de grains (fissuration intergranulaire) ou les traverse, dans quelle structure elle court (martensite ?) ; au MEB, on lit sa surface (clivage, cupules) et l'EDS analyse ce qu'elle contient (sulfures, oxydes, produits de corrosion). C'est la suite logique d'une macrographie qui a montré un défaut.
Lire une macrographie de soudure
Zones, passes, défauts, cotes, dilution, et le procès-verbal
Devant une macrographie attaquée de soudure, on lit dans l'ordre :
- le métal de base, de part et d'autre, avec son éventuel fibrage de laminage ;
- la zone affectée, une bande plus sombre ou plus claire qui longe le cordon, large de un à quelques millimètres ;
- la ligne de fusion, frontière entre le métal de base resté solide et le métal qui a fondu ;
- le métal fondu, avec ses passes en lentilles superposées et, parfois, les grains en colonnes de la solidification ;
- la géométrie : pénétration, gorge et côtés d'une soudure d'angle, surépaisseur, alignement des tôles ;
- les défauts : soufflures rondes, inclusions de laitier anguleuses entre les passes, collages le long d'un flanc, manque de pénétration à la racine, fissures, caniveaux au bord du cordon.
Sans attaque, on ne voit que le contour de la soudure et ses défauts ; la zone affectée, la ligne de fusion et les passes n'apparaissent qu'après attaque. On mesure ensuite les cotes avec l'échelle, et l'on juge selon les critères de la spécification, en général les niveaux de qualité de l'ISO 5817.
Manipulation 6 : l'enquêteur sur la coupe
Une macrographie schématique de soudure en acier. Choisis le joint, l'état de la surface (sans ou avec attaque), un défaut à chercher, et l'énergie de soudage, qui fait varier la taille du cordon, la pénétration et la largeur de la zone affectée. Les cotes s'affichent sur la coupe ; la dilution ne se mesure qu'avec la ligne de fusion, donc après attaque. Modèle pédagogique.
Les mesures
- Soudure d'angle : côtés z₁ et z₂ (longueurs d'appui sur chaque pièce), gorge a (hauteur du plus grand triangle isocèle inscrit, mesurée depuis la racine) : pour des côtés égaux, a = z/√2 ≈ 0,707·z ; pénétration au-delà de la racine ; convexité.
- Soudure bout à bout : surépaisseur, largeur du cordon, pénétration à la racine, défaut d'alignement, profondeur d'un caniveau.
- Zone affectée : largeur de la bande, mesurée perpendiculairement à la ligne de fusion.
La dilution se mesure sur la macrographie attaquée, par les aires : la part du métal fondu qui vient du métal de base.
AMB : aire du métal de base fondu (sous la surface initiale des pièces, jusqu'à la ligne de fusion) ; AMA : aire du métal d'apport déposé. Exemple : AMB = 30 mm², AMA = 45 mm², D = 30/75 = 40 %
La désignation et le procès-verbal (ISO 17639)
La désignation réunit, séparés par des tirets : la norme, le type d'examen (A ou I), l'état (E attaqué ou U non attaqué), l'objet de l'examen (groupes de matériaux de l'ISO/TR 15608), les matériaux (métal de base gauche, droit, métal fondu) et le réactif (numéro de tableau de l'ISO/TR 16060). Exemple abrégé pour une macrographie attaquée d'un joint en acier du groupe 1.2 (limite d'élasticité de 275 à 360 MPa, comme le S355) : Examen - ISO 17639 - A - E - 1.2 - 1.2 / xy, où xy est le numéro du réactif.
Le procès-verbal contient au moins : la référence à l'ISO 17639 ; la désignation ; l'emplacement et l'orientation de l'éprouvette et de la face examinée ; le procès-verbal de qualification du mode opératoire (ou, à défaut, les métaux de base, les produits d'apport et l'éventuel traitement thermique) ; le réactif et la méthode d'attaque ; si nécessaire, une description de la surface ; si demandé, photographies ou croquis avec leur grossissement ; la date de l'essai.
Pour une qualification de mode opératoire ou de soudeur, la macrographie vérifie la fusion de la racine et des flancs, l'absence de fissures et de collages, la pénétration et, pour les soudures d'angle, la gorge et la symétrie des côtés. Ses critères viennent de l'ISO 5817 (souvent niveau B pour les qualifications de modes opératoires, avec des exceptions fixées par la norme). Le coordinateur relit la photo, l'échelle, la position de la coupe et la désignation avant de signer.
Exercices corrigés
Six exercices et un défi, de la scie au procès-verbal
Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Les valeurs de polissage, de résolution et de macrographie viennent des modèles des manipulations 3, 5 et 6 ; le défi se rejoue dans la manipulation 6.
Exercice 1 : quel examen ? N1 · chapitre 1
Pour chaque question, choisis macro ou micro, avec ou sans attaque, en t'aidant du tableau de l'ISO 17639.
a) Vérifier la pénétration et la fusion des flancs d'une soudure d'angle.
b) Chercher des soufflures dans un cordon.
c) Mesurer la taille de grain de la zone affectée à gros grains.
d) Vérifier la présence de fins précipités dans un métal fondu.
e) Quel grossissement minimal faut-il pour qu'un œil, qui distingue 0,1 mm, voie un défaut de 20 µm ?
Voir la correction
a) Macro avec attaque : la ligne de fusion n'apparaît qu'après attaque, et c'est elle qui montre la pénétration et la fusion des flancs.
b) Macro, avec ou sans attaque : les cavités se voient dans les deux cas (groupe 200 de l'ISO 6520-1).
c) Micro avec attaque : les joints de grains ne se voient qu'après attaque.
d) Micro avec attaque ; les plus fins peuvent dépasser la résolution du microscope optique et demander le MEB.
e) M ≥ 0,1 mm/0,020 mm = ×5 : une loupe suffit.
Exercice 2 : couper et enrober N1 · chapitre 2
a) Une soudure d'alliage d'aluminium 6061-T6 (durci par précipitation) doit être examinée au microscope. Quel outil de coupe et quel enrobage choisis-tu ?
b) Pourquoi ne pas enrober une coupe de macrographie de 200 mm de large ?
c) Dans la manipulation 2, compare la tronçonneuse abrasive avec et sans arrosage, à l'avance ×1. Conclus.
d) Un petit échantillon doit passer au MEB. Quelle précaution d'enrobage ?
Voir la correction
a) Une micro-tronçonneuse (ou une tronçonneuse abrasive douce) sous arrosage, puis un enrobage à froid : la chauffe d'un enrobage à chaud vers 180 °C pourrait faire évoluer les précipités et changer la structure qu'on veut observer.
b) Elle ne tient dans aucun moule ni dans aucune presse ; on la prépare directement (dressage, papiers), et l'enrobage n'apporte rien à une observation à l'œil.
c) Avec arrosage : 60 µm de couche écrouie, surface vers 120 °C, pas de zone échauffée. À sec : surface vers 600 °C et 50 µm de zone échauffée en plus, soit 110 µm à enlever, avec une structure modifiée (revenu, oxydation). On arrose toujours.
d) Une résine conductrice, ou un dépôt conducteur (carbone, or) : sinon les charges brouillent l'image.
Exercice 3 : la marche manquante N2 · chapitre 3
Modèle de la manipulation 3 : une passe sur papier enlève 6 fois la taille de grain et laisse une couche abîmée de 2 fois la taille de grain. P220 : 65 µm ; P500 : 30 µm ; P1200 : 15 µm.
a) Après une passe au P220, quelle couche abîmée reste-t-il ?
b) On passe directement au P1200 : qu'enlève une passe ? Que reste-t-il de la couche du P220 ?
c) Combien de passes au P1200 faut-il ? Que propose la gamme conseillée ?
d) À quelle étape peut-on s'arrêter pour une macrographie ? Pour une micrographie ?
Voir la correction
a) 2 × 65 = 130 µm de couche abîmée.
b) Une passe au P1200 enlève 6 × 15 = 90 µm : il reste 130 − 90 = 40 µm de la couche du P220, plus profonde que celle du P1200 (30 µm). Les rayures du P220 réapparaîtront à l'attaque.
c) Deux passes (180 µm enlevés) effacent tout. La gamme conseillée intercale le P500 : il enlève 180 µm et laisse 60 µm, que le P1200 efface en une passe. C'est la règle du tiers : chaque grain vaut au moins le tiers du précédent.
d) Pour la macrographie, après le P1200 (rugosité d'environ 1,8 µm dans le modèle) ; pour la micrographie, il faut continuer au diamant jusqu'à 1 µm, voire à la silice colloïdale, pour une surface miroir sans couche écrouie.
Exercice 4 : le bon réactif N1 et N2 · chapitre 4
a) Quel réactif pour la macrographie d'une soudure en S355 ? Pour la micrographie de sa zone affectée ?
b) Même questions pour une soudure en inox austénitique 316L.
c) Après une attaque au Nital, la micrographie est uniformément sombre et piquée. Diagnostic et remède ?
d) Cite trois règles de sécurité de l'ISO 17639, et deux dangers propres à certains réactifs.
Voir la correction
a) Macro : Nital à 5–10 % ou persulfate d'ammonium à 10 %. Micro : Nital à 2 % (ou Picral à 4 % pour mieux voir la perlite et les carbures).
b) Macro : chlorure ferrique acidifié par l'acide chlorhydrique. Micro : acide oxalique à 10 % en attaque électrolytique. Le Nital ne révèle presque rien sur un inox.
c) Sur-attaque : durée trop longue ou réactif trop concentré. On repolit légèrement (diamant fin) et l'on recommence par petites étapes plus courtes.
d) ISO 17639 : protection des yeux ou du visage ; gants ou pinces ; mélanges sous sorbonne ; l'acide dans l'eau, jamais l'inverse ; le soluté dans le solvant. Dangers propres : l'acide fluorhydrique traverse la peau et attaque en profondeur (gluconate de calcium à portée) ; l'acide picrique devient explosif à sec ; les électrolytes perchloriques peuvent exploser.
Exercice 5 : voir ou ne pas voir N2 · chapitre 5
λ = 0,55 µm. La manipulation 5 permet de rejouer a) et b).
a) Calcule la résolution des objectifs d'ouverture 0,25, 0,80 et 1,40.
b) Les lamelles d'une perlite sont espacées de 0,3 µm. Quel objectif les sépare ?
c) Avec l'objectif d'ouverture 1,40, quel grossissement minimal faut-il pour que l'œil voie les détails séparés ? Au-delà de quel grossissement n'apprend-on plus rien ?
d) Sur une micrographie, 5 mm de lignes d'essai (à l'échelle réelle de l'échantillon) coupent 250 joints de grains. Calcule ℓ̄ et l'indice G.
Voir la correction
a) r = 0,61 × 0,55/ON : 1,34 µm (ON 0,25) ; 0,42 µm (ON 0,80) ; 0,24 µm (ON 1,40).
b) Seul l'objectif à immersion d'ouverture 1,40 (0,24 µm < 0,3 µm), de justesse. L'objectif ×50 (0,42 µm) les confond : la perlite y paraît grise et uniforme. Pour la voir nettement : MEB.
c) 0,1 mm/0,24 µm ≈ ×420 au minimum ; au-delà d'environ 1 000 × 1,40 = ×1 400, on agrandit le flou.
d) ℓ̄ = 5/250 = 0,020 mm ; G ≈ −6,64 × log₁₀(0,020) − 3,29 = 11,28 − 3,29 ≈ 8.
Exercice 6 : la macro et son procès-verbal N2 · chapitre 6
Macrographie attaquée d'une soudure d'angle en T entre deux tôles de S355 (groupe 1.2 de l'ISO/TR 15608) ; côtés mesurés z₁ = z₂ = 7,1 mm. Sur la coupe, l'aire du métal de base fondu vaut 30 mm², celle du métal d'apport déposé 45 mm².
a) Calcule la gorge. Le plan demande a = 5 mm : conforme ?
b) Calcule la dilution.
c) Écris la désignation abrégée de l'examen (réactif noté xy).
d) Cite cinq éléments que le procès-verbal doit contenir.
e) Un trait sombre suit le flanc côté âme, sur 4 mm. De quoi s'agit-il ? Aurait-on pu le voir sans attaque ? Par un contrôle visuel ?
Voir la correction
a) a = z/√2 = 7,1/1,414 ≈ 5,0 mm : conforme (de justesse).
b) D = 30/(30 + 45) = 40 %.
c) Examen - ISO 17639 - A - E - 1.2 - 1.2 / xy (A : macroscopique ; E : attaqué ; 1.2 : objet de l'examen et matériaux du même groupe).
d) La référence à l'ISO 17639 ; la désignation ; l'emplacement et l'orientation de l'éprouvette et de la face examinée ; le PV de QMOS (ou métaux, produits d'apport, traitement thermique) ; le réactif et la méthode d'attaque ; la description de la surface si nécessaire ; les photographies avec leur grossissement si demandées ; la date.
e) Un collage, manque de fusion le long du flanc (groupe 401 de l'ISO 6520-1). Les manques de fusion se voient aussi sans attaque (tableau de l'ISO 17639), mais pas par un contrôle visuel : ils sont internes. Pour une qualification au niveau B de l'ISO 5817, ce défaut n'est pas admis.
🏆 Défi : l'énergie juste N2 · chapitre 6, à rejouer dans la manipulation 6
Une soudure d'angle en T doit avoir une gorge d'au moins 4 mm, sans manque de fusion. Dans la manipulation 6, choisis « Angle en T », « Avec attaque », « Aucun défaut ».
a) À 0,8 kJ/mm, relève z, a, la pénétration, la zone affectée et la dilution. La gorge est-elle suffisante ?
b) Par pas de 0,05 kJ/mm, quelle est l'énergie minimale qui donne a ≥ 4,0 mm ? Relève alors la pénétration et la dilution.
c) Passe « Sans attaque » : quelles cotes restent mesurables ?
d) À 2,4 kJ/mm, que deviennent la gorge, la zone affectée et la dilution ? Quel inconvénient pour un acier sensible à la dureté de zone affectée, ou pour un inox ?
Voir la correction
a) z ≈ 5,4 mm, a ≈ 3,8 mm, pénétration ≈ 0,9 mm, zone affectée ≈ 1,8 mm, dilution ≈ 34 % : gorge insuffisante.
b) À 0,90 kJ/mm : z ≈ 5,7 mm, a ≈ 4,0 mm, pénétration ≈ 1,0 mm, dilution ≈ 35 % (à 0,85 kJ/mm, a ≈ 3,9 mm). Une marge serait prudente : on vise plutôt 1 kJ/mm (a ≈ 4,2 mm).
c) Les côtés z et la gorge a (le contour se voit), et la présence de défauts. Pas la pénétration, ni la zone affectée, ni la dilution : il faut la ligne de fusion, révélée par l'attaque.
d) a ≈ 6,6 mm, zone affectée ≈ 3,7 mm, dilution ≈ 43 %. Le cordon est surdimensionné (plus de métal, plus de déformation), la zone affectée s'élargit ; pour un inox ou une soudure hétérogène, une forte dilution change la composition du métal fondu. L'énergie se règle au plus juste du besoin, comme pour la dureté au cours 2.
Quiz : 12 questions éclair
Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste
Fiche mémoire du cours 3
Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête
La carte et le plan
Macro pour la soudure entière, micro pour les grains et les phases ; E attaqué, U non attaqué (ISO 17639).
La tranche de pain
Dernière coupe douce et arrosée ; le gros débit loin de la face à examiner ; enrobage à froid ou à chaud.
Le miroir
Chaque étape enlève la couche abîmée de la précédente ; un grain au moins le tiers du précédent.
La buée
Un réactif par métal, une durée par réactif ; trop court pâle, trop long sombre et piqué.
La sorbonne
Lunettes, gants ou pinces, hotte ; HF, acide picrique sec et électrolytes perchloriques : dangers majeurs.
Les phares
0,24 µm au mieux en optique ; quelques nm au MEB ; grossissement utile ≈ 1 000·ON.
Le MEB
Relief, numéro atomique, composition, orientations ; échantillon conducteur, sous vide.
Le grain
ℓ̄ en mm ; 20 µm donnent G ≈ 8 ; plus G est grand, plus le grain est fin.
L'enquêteur
Base, bande, bord, bain, bosse, bobos ; mesurer sur l'image avec une échelle ; juger selon l'ISO 5817.
Glossaire
Les mots, symboles et sigles de ce cours
- A, I, E, U
- Dans la désignation de l'ISO 17639 : examen macroscopique, examen microscopique, surface attaquée (etched), non attaquée (unetched).
- a, z
- Gorge d'une soudure d'angle, hauteur du plus grand triangle isocèle inscrit ; côté (longueur d'appui sur chaque pièce). Pour des côtés égaux, a = z/√2.
- AMB, AMA, D
- Aire du métal de base fondu ; aire du métal d'apport déposé ; dilution, AMB/(AMB + AMA).
- Arrachement
- Trou laissé par une inclusion ou une phase dure arrachée au polissage, à ne pas confondre avec une porosité.
- Attaque (métallographique)
- Traitement d'une surface polie par un réactif qui dissout ou colore sélectivement grains, joints et phases ; par immersion, badigeonnage ou voie électrolytique.
- Badigeonnage
- Attaque en frottant la surface avec un coton imbibé de réactif.
- Collage, caniveau
- Manque de fusion interne (groupe 401 de l'ISO 6520-1) ; sillon de surface au bord du cordon (5011).
- Couche écrouie
- Couche superficielle déformée par la découpe ou le polissage, qui ne représente plus le métal.
- Coupe transversale
- Coupe perpendiculaire à l'axe de la soudure, qui montre le métal fondu et les deux zones affectées.
- EBSD
- Diffraction des électrons rétrodiffusés : cartographie de l'orientation cristalline des grains au MEB.
- EDS, WDS
- Spectrométries des rayons X par dispersion d'énergie (rapide) et de longueur d'onde (plus précise) : analyse chimique locale au MEB.
- Enrobage à froid, à chaud
- Mise en résine d'un échantillon par coulée et durcissement à l'ambiante, ou par pressage à chaud vers 180 °C.
- FEPA, grade P
- Fédération européenne des fabricants d'abrasifs ; désignation de la finesse des papiers (P220, P1200…) : plus le nombre est grand, plus le grain est fin.
- Fond clair, fond noir, lumière polarisée, contraste interférentiel
- Modes d'éclairage du microscope optique : surfaces planes claires ; reliefs seuls éclairés ; contraste d'orientation des grains non cubiques ; faibles reliefs rendus en nuances.
- G, ℓ̄, m
- Indice de grosseur de grain (ISO 643, ASTM E112) ; longueur moyenne d'interception (mm) ; nombre de grains par mm², m = 8 × 2G.
- Gamme de polissage
- Suite ordonnée d'étapes (abrasif, support, force, vitesses, lubrifiant, durée) qui mène à une surface prête pour l'examen.
- ISO 17639, ISO/TR 16060
- Examens macroscopique et microscopique des soudures ; réactifs pour ces examens.
- ISO 6520-1, ISO 5817
- Classification et numéros des défauts de soudage ; niveaux de qualité B, C, D.
- ISO 643, ASTM E112, ASTM A262
- Taille de grain des aciers ; taille de grain ; essais de sensibilité des inox à la corrosion intergranulaire (pratique A : attaque oxalique).
- ISO/TR 15608, groupe 1.2
- Groupes de matériaux pour le soudage ; aciers de limite d'élasticité minimale spécifiée de 275 à 360 MPa.
- λ, ON, n, α
- Longueur d'onde de la lumière (≈ 0,55 µm) ; ouverture numérique n·sin α d'un objectif ; indice du milieu (1 dans l'air, ≈ 1,5 dans l'huile) ; demi-angle du cône de lumière recueilli.
- Ligne de fusion
- Limite entre le métal fondu et le métal de base resté solide.
- log₁₀
- Logarithme décimal : log₁₀(100) = 2, log₁₀(0,01) = −2.
- Loupe binoculaire
- Microscope stéréoscopique à faible grossissement (×5 à ×50), à grande profondeur de champ.
- M, Mutile
- Grossissement ; grossissement au-delà duquel on agrandit sans voir de nouveaux détails (≈ 500 à 1 000 × ON).
- Macrographie, micrographie
- Examen et image à l'œil nu ou sous faible grossissement (moins de ×50) ; au microscope (généralement ×50 à ×500, davantage au MEB).
- MEB, SE, BSE
- Microscope électronique à balayage ; électrons secondaires (contraste de relief) ; électrons rétrodiffusés (contraste de composition).
- MO
- Microscope optique (métallographique, en lumière réfléchie).
- Nital, Picral, réactif de Keller, réactif de Kroll
- Acide nitrique dans l'éthanol ; acide picrique dans l'éthanol ; mélange dilué d'acides fluorhydrique, chlorhydrique et nitrique (aluminium) ; acides fluorhydrique et nitrique dilués (titane).
- Perlite
- Constituant des aciers formé de lamelles alternées de ferrite et de cémentite, au reflet nacré.
- Polissage électrolytique
- Dissolution anodique contrôlée qui lisse la surface sans la déformer, sur un palier de la courbe densité de courant-tension.
- r, s
- Résolution, plus petite distance séparable (critère de Rayleigh) ; distance entre deux détails.
- Ra
- Rugosité arithmétique moyenne d'une surface (µm).
- Silice colloïdale
- Suspension de particules de silice d'environ 0,05 µm, pour un polissage final mécanique et chimique.
- Sorbonne
- Enceinte ventilée qui aspire les vapeurs de réactifs.
- ZAT, ZF
- Zone affectée thermiquement ; zone fondue (métal fondu).
Ai-je bouclé la série ?
Dix points à cocher de tête
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| Question | L'outil | Cours | Le réflexe |
|---|---|---|---|
| Que supporte le métal ? | essai de traction, ISO 6892-1 ; traction des soudures (ISO 4136, ISO 5178) | 1 | vérifier sections, éprouvette, sens, extensomètre ; Rm n'est pas la rupture |
| Est-il trop dur, bien traité ? | Brinell, Vickers, Rockwell, conversions ; filiation (ISO 9015-1) | 2 | la bonne échelle, la bonne charge ; deux empreintes à 0,5 mm de la ligne de fusion |
| Qu'y a-t-il à l'intérieur ? | macrographie et micrographie (ISO 17639) ; préparation, attaque, microscopes | 3 | une coupe propre, le bon réactif, une échelle, un instrument assez résolvant |
| Résiste-t-il au choc, à la fissure ? | essai Charpy, cassures, ténacité | Rupture 1, 2 et 4 | la température d'essai et la zone visée comptent autant que la valeur |