Avant de commencer
Le cours 2 en trois cases
| Chapitre du cours | Polycopié |
|---|---|
| 1 Plastifier sous Re | p. 4, § B.1, premier paragraphe |
| 2 Pourquoi 45° | p. 4, bandes de glissement, figure 5 |
| 3 Intrusions et extrusions | p. 4 et 5, figures 6 et 7 |
| 4 La fissure qui tourne | p. 5, figure 8 ; amorçage sur défauts internes |
| 5 Wöhler à l'amorçage et fissures dormantes | p. 6, § B.2.a, figures 9 et 10 ; hors poly diagramme de Kitagawa |
| 6 Les critères d'amorçage | p. 7, § B.2.b ; hors poly formules de von Mises et de Crossland |
1. « À 45° de la contrainte » (p. 4). Le cisaillement est maximal à 45° de l'effort, mais chaque grain ne peut glisser que sur ses propres plans cristallins. Ce sont donc les grains dont les plans sont proches de 45° qui glissent les premiers (loi de Schmid, chapitre 2) : le 45° est une tendance statistique, pas un angle exact dans chaque grain.
2. Écrouissage, adoucissement, relaxation (p. 4) : ces trois mots sont définis au chapitre 1. Ils décrivent la façon dont les propriétés de surface changent sous les cycles.
3. Les fissures « dormantes » (p. 6, figure 10). Le polycopié en donne les causes physiques. Le diagramme de Kitagawa, hors polycopié, en donne une explication chiffrée (chapitre 5), en s'appuyant sur le seuil de propagation ΔKS du cours 4.
4. Des critères « basés sur la déformation plastique » (p. 7). Tresca, von Mises, Dang Van et Crossland s'écrivent en contraintes (cisaillement, pression hydrostatique) ; c'est leur justification physique qui repose sur le glissement plastique. Le polycopié les expose plus loin ; ce cours n'en donne qu'un aperçu chiffré.
(IWE : International Welding Engineer.) On a vu qu'une soudure brute ne passe presque pas de temps à « naître » : le pied de cordon contient déjà des défauts plus gros que la fissure qu'un métal lisse met des millions de cycles à fabriquer. Ce cours explique pourquoi, et il éclaire toutes les techniques d'amélioration des soudures (meulage, refusion TIG, martelage) : elles cherchent à rendre au pied de cordon une vraie phase d'amorçage, en supprimant les défauts ou en les mettant en compression.
La série en quatre cours
Le plan du cours
- 1Plastifier sous Re
Les microglissements de quelques grains, surtout en surface.
- 2Pourquoi 45°
Le cisaillement maximal, la loi de Schmid et les bandes de glissement.
- 3Intrusions et extrusions
Quand le glissement ne revient pas : la surface se sculpte.
- 4La fissure qui tourne
Du stade I à 45° au stade II perpendiculaire ; l'amorçage sur défauts.
- 5Wöhler à l'amorçage et fissures dormantes
Les domaines 1 à 4, et le diagramme de Kitagawa.
- 6Les critères d'amorçage
Trouver le point critique, puis vérifier avec von Mises ou Crossland.
Plastifier sous Re
Les microglissements de quelques grains
Un métal n'est pas un bloc uniforme : c'est un assemblage de petits cristaux, les grains, de 10 à 100 µm environ (µm : micromètre, un millième de millimètre). Dans chaque grain, les atomes sont rangés en plans réguliers, et chaque grain a sa propre orientation, comme des voyageurs tournés dans tous les sens.
Pour déformer un grain de façon permanente, il faut faire glisser ses plans d'atomes les uns sur les autres, comme les cartes d'un jeu qu'on pousse. Ce glissement se fait grâce à des défauts mobiles du cristal, les dislocations : comme une ride qu'on fait courir dans un tapis pour le déplacer sans le soulever d'un coup.
La limite d'élasticité Re mesurée en traction est une moyenne : c'est la contrainte à laquelle la plupart des grains glissent. Mais dans la foule, certains grains sont tournés exactement comme il faut pour glisser facilement : ils commencent bien avant. Comme dans un métro bondé où, sous la même secousse, seuls quelques voyageurs mal placés trébuchent.
Où sont ces grains ? Surtout près de la surface, pour deux raisons données par le polycopié :
- la surface est souvent le lieu des contraintes maximales (flexion, torsion, entailles : cours 1) ;
- un grain de surface n'a de voisins que d'un côté : il est moins tenu, moins « confiné », et se déforme plus librement. Comme le voyageur près des portes, qui n'a personne pour le retenir.
Ces microglissements se produisent à l'échelle de quelques grains. Vus de loin, ils sont réversibles et invisibles : la pièce ne change pas de forme. Mais ils modifient déjà les propriétés de la surface.
Manipulation 1 : la carte des grains
Une coupe de métal tirée horizontalement, la surface en haut. Les traits fins dans chaque grain montrent l'orientation de ses plans de glissement. Augmente l'amplitude : les grains qui glissent se colorent. Ici Re = 400 MPa et σD = 270 MPa.
Le polycopié note que ces microglissements modifient les propriétés macroscopiques de la surface. Trois mots à connaître :
- écrouissage cyclique : la matière durcit au fil des cycles (les dislocations s'enchevêtrent et se gênent) ; c'est le cas des métaux recuits, initialement mous ;
- adoucissement cyclique : la matière s'affaiblit au fil des cycles (les obstacles aux dislocations se réarrangent) ; c'est le cas de métaux déjà durcis, écrouis à froid ou trempés ;
- relaxation des contraintes résiduelles : les contraintes résiduelles (celles qui existent sans charge extérieure) diminuent, parce que la petite plastification locale les « consomme ».
Le martelage ou le grenaillage d'un pied de cordon y créent des contraintes résiduelles de compression, qui retardent l'amorçage. Mais sous de fortes charges, la plastification locale peut les relaxer, et le gain disparaît. C'est pourquoi les recommandations IIW (International Institute of Welding) n'accordent ces bonus que sous conditions, notamment de niveau de contrainte maximale.
Pourquoi 45°
Cisaillement maximal, loi de Schmid, bandes de glissement
Coupe en pensée une barre tendue par un plan perpendiculaire à l'effort : sur ce plan, la contrainte est purement normale, elle tend à écarter les deux morceaux. Incline maintenant le plan : une partie de l'effort tend à faire glisser un morceau sur l'autre. C'est le cisaillement τ (« tau »). Il est nul pour le plan droit, nul pour un plan parallèle à l'effort, et maximal pour le plan à 45°, où il vaut la moitié de la contrainte de traction.
Or un glissement plastique a besoin de cisaillement. En traction-compression, les grains glissent donc préférentiellement sur des plans proches de 45° de l'effort (polycopié, p. 4). Chaque grain a ses propres plans : ceux qui sont bien orientés glissent, les autres attendent.
Après quelques milliers de cycles, ces glissements laissent des traces sur la surface polie : de fines lignes parallèles, les bandes de glissement (figure 5 du polycopié : un acier observé au microscope à force atomique, un superalliage base nickel au microscope électronique à balayage).
Manipulation 2 : le plan qui tourne
Une barre tendue à σ = 240 MPa. Fais tourner le plan de coupe : la contrainte normale σn et le cisaillement τ sur ce plan changent. Le cercle de Mohr montre les mêmes valeurs.
Barre en traction simple σ ; un plan dont la normale fait l'angle θ avec l'axe de l'effort porte :
τ est maximal pour sin 2θ = 1, soit θ = 45° : τmax = σ/2
Ces valeurs se lisent sur le cercle de Mohr (série RDM, cours 4) : centre σ/2, rayon σ/2 ; le point du plan d'angle θ est vu sous l'angle 2θ depuis le centre. Le sommet du cercle donne τmax = σ/2.
La loi de Schmid hors poly
Dans un grain, ce qui compte est le cisaillement résolu sur son système de glissement : la part de τ qui agit sur son plan, dans sa direction.
φ (« phi ») : angle entre l'effort et la normale au plan de glissement ; λ (« lambda ») : angle entre l'effort et la direction de glissement
Le facteur de Schmid mS = cos φ·cos λ vaut au plus 0,5, atteint pour φ = λ = 45°. Le grain glisse dès que τr atteint sa scission critique τc, une propriété du cristal. Les grains de mS proche de 0,5 glissent donc les premiers.
Exemple. σ = 200 MPa ; un grain à φ = λ = 45° (mS = 0,5) voit τr = 100 MPa ; un grain dont le plan est presque parallèle à l'effort (φ = 80°, λ = 10°, mS = 0,171) ne voit que 34 MPa.
Et en torsion ?
En torsion pure, le cisaillement maximal agit sur les plans transversaux et longitudinaux de l'arbre, et la contrainte normale maximale sur les plans à 45°. Les premiers glissements (et les microfissures de stade I) suivent donc l'axe ou la section droite ; la fissure qui grandit ensuite s'oriente à 45°, en hélice (chapitre 4).
Au pied d'un cordon, l'effort nominal se combine à la géométrie et aux contraintes résiduelles : les contraintes y sont multiaxiales, et les plans les plus cisaillés ne sont pas forcément à 45° de la tôle. Les fissures de pied de cordon démarrent pourtant presque toujours le long du pied, puis plongent perpendiculairement à la contrainte principale de traction.
Intrusions et extrusions
Quand le glissement ne revient pas
Pose un jeu de cartes incliné sur la table et pousse-le d'avant en arrière. Si toutes les cartes reviennent exactement à leur place, le jeu redevient parfaitement net : c'est le cas réversible (figure 6a du polycopié). En traction, des lamelles de métal glissent vers l'extérieur ; en compression, les mêmes lamelles reviennent par le même chemin, et la surface redevient plane.
Dans la réalité, le retour ne se fait pas tout à fait par le même chemin : une carte revient un peu moins loin, sa voisine un peu plus. Au fil des cycles, des lamelles sortent de la surface et d'autres s'y enfoncent : ce sont les extrusions et les intrusions (figure 6b, et figure 7 sur une éprouvette de cuivre). C'est le cas irréversible.
Une intrusion, c'est une entaille microscopique : un sillon étroit et profond de quelques micromètres. Et une entaille concentre la contrainte (cours 1). Au fond de l'intrusion, la contrainte locale devient assez forte pour ouvrir une microfissure (figure 6b).
Manipulation 3 : les cartes qui glissent
Une coupe près de la surface : les lamelles inclinées à 45° sont des plans de glissement actifs. Lance les cycles en mode réversible, puis irréversible, et regarde le profil de la surface.
Pourquoi le glissement ne revient-il pas ? Plusieurs raisons s'ajoutent : les dislocations s'accrochent les unes aux autres et ne repartent pas toutes par le même plan ; certaines changent de plan (glissement dévié) ; et la marche fraîchement créée en surface s'oxyde aussitôt à l'air, ce qui l'empêche de se refermer exactement. Sous vide, les durées de vie en fatigue sont d'ailleurs souvent plus longues qu'à l'air.
L'intrusion, une entaille
Pour une entaille de profondeur a et de rayon à fond d'entaille ρ, la formule d'Inglis du cours 1 (Kt = 1 + 2a/b, ellipse de demi-axes a et b) se réécrit avec ρ = b²/a :
plus l'entaille est profonde et aiguë, plus la concentration est forte
Exemple. Intrusion de 3 µm de profondeur et de 0,5 µm de rayon : Kt = 1 + 2√(3/0,5) = 1 + 2 × 2,45 ≈ 5,9. Sous σ = 150 MPa, la contrainte locale atteint environ 885 MPa : bien au-delà de Re, une microfissure peut s'ouvrir.
Un pied de cordon brut présente des micro-entailles de laitier, des ondulations et parfois des caniveaux (sillons creusés le long du pied par la fusion), de 0,05 à quelques dixièmes de millimètre : bien plus profonds que les intrusions qu'un métal poli met des millions de cycles à creuser. Le meulage (fraise ou meule le long du pied) et la refusion TIG (Tungsten Inert Gas : on refond le pied avec une électrode de tungstène sous gaz inerte, sans métal d'apport) visent justement à effacer ces entailles et à adoucir le raccordement.
La fissure qui tourne
De la microfissure à 45° à la macrofissure perpendiculaire
La microfissure née au fond d'une intrusion suit d'abord le chemin le plus facile : le plan de glissement, incliné à environ 45° de l'effort (polycopié, p. 5). Elle reste à l'échelle d'un ou deux grains ; chaque joint de grains, où l'orientation change, la freine ou la dévie.
En traction-compression, la fissure finit par tourner et devenir perpendiculaire à la surface, c'est-à-dire perpendiculaire à la contrainte qui l'ouvre (figure 8 du polycopié, sur une éprouvette d'aluminium grossie 300 fois). Elle traverse alors les grains en ligne presque droite. C'est le passage de la microfissure, à l'échelle du grain, à la macrofissure, qui obéira à la mécanique de la rupture (cours 4).
Toutes les fissures ne partent pas de la surface. Elles peuvent aussi naître dans le volume, autour de défauts préexistants : pores (petites bulles de gaz), inclusions (particules étrangères : oxydes, sulfures, laitier), interfaces diverses (entre deux phases, sous un revêtement). Autour de ces défauts, une déformation plastique très localisée joue le même rôle que les bandes de glissement en surface.
Manipulation 4 : le chemin de la fissure
Choisis l'origine de la fissure puis fais-la grandir. L'effort est horizontal. Observe le changement de direction au premier joint de grains.
Pourquoi la fissure tourne-t-elle ? Tant qu'elle est plus petite qu'un grain, sa pointe « voit » la cristallographie : elle avance là où le glissement est facile. Quand elle devient longue, la concentration de contrainte à sa pointe domine : elle avance là où sa pointe est le plus ouverte, c'est-à-dire perpendiculairement à la contrainte principale maximale. Le stade I occupe souvent une grande part de la durée de vie d'une éprouvette lisse, même s'il ne couvre que quelques dizaines de micromètres.
Surface ou volume ? En endurance classique, l'amorçage se fait presque toujours en surface. Il passe dans le volume quand la surface a été renforcée (grenaillage, cémentation, nitruration) ou aux très grands nombres de cycles : c'est l'« œil de poisson » autour d'une inclusion, vu au cours 2.
Porosités, inclusions de laitier, manques de fusion, caniveaux, fissures à froid : chacun de ces défauts est un site d'amorçage interne ou de surface. Les fissures de fatigue des assemblages soudés partent surtout du pied de cordon et, pour les soudures à pénétration partielle, de la racine. La norme de qualité des soudures ISO 5817 contient une annexe pour les assemblages sollicités en fatigue, qui relie les niveaux de qualité exigés aux classes FAT visées.
Wöhler à l'amorçage et fissures dormantes
Quatre domaines, et une fissure qui s'endort
Il est possible, mais difficile, de repérer l'apparition des premières microfissures pendant un essai (microscope, répliques de la surface). On peut alors tracer une seconde courbe de Wöhler, la courbe à l'amorçage, à côté de la courbe à rupture (figure 9 du polycopié). Elle est forcément à gauche : on se fissure toujours avant de casser. Elle partage le diagramme en trois domaines :
- domaine 1, à gauche de la courbe d'amorçage : non fissuré ;
- domaine 2, entre les deux courbes : fissuré, pas encore rompu ;
- domaine 3, à droite de la courbe de rupture : rompu.
Plus surprenant : on observe parfois que la courbe d'amorçage passe aussi en dessous de la courbe de rupture (figure 10), avec une limite d'endurance à l'amorçage σDi plus basse que σD. Entre les deux apparaît un domaine 4 : la pièce est microfissurée, parfois sur plusieurs centaines de micromètres, mais les fissures deviennent dormantes et ne conduiront jamais à la rupture. Comme une graine tombée sur un rocher : elle germe, pousse un peu, puis s'arrête faute de terre.
Le polycopié cite trois situations où cela arrive : des contraintes résiduelles de surface (une compression qui « serre » la fissure), un matériau aux propriétés différentes en surface et à cœur (surface traitée), et des géométries complexes à fortes concentrations de contraintes (la fissure naît au fond d'une entaille aiguë, puis sort de la zone surchargée).
Manipulation 5 : les quatre domaines
Place un point (σa, N) avec les deux curseurs : le domaine où il tombe s'affiche. Bascule entre la figure 9 et la figure 10 du polycopié.
Pourquoi une fissure s'endort-elle ? Une fissure longue se propage si son étendue du facteur d'intensité de contrainte dépasse un seuil (simple rappel ; le cours 4 détaille tout) :
ΔK en MPa·√m ; a, longueur de fissure, en m ; Y, facteur géométrique sans unité (≈ 2 pour une petite fissure de surface, dans la convention du polycopié qui y inclut √π) ; ΔKS : seuil de fissuration
Une fissure très courte, elle, n'est arrêtée que si l'étendue de contrainte reste sous la limite d'endurance ΔσD = 2σD. En 1976, Kitagawa et Takahashi ont réuni les deux conditions sur un même diagramme (log Δσ en fonction de log a) : la frontière est une horizontale à ΔσD pour les fissures courtes, puis la droite Δσ = ΔKS/(Y√a) pour les fissures longues. Les deux se croisent pour la longueur caractéristique :
souvent de l'ordre de la taille de grain, quelques dizaines à quelques centaines de µm
Exemple. Acier avec ΔKS = 7 MPa·√m et ΔσD = 380 MPa (à R = 0), Y = 2 : a0 = (7/(2 × 380))² = (0,00921)² = 8,5 × 10⁻⁵ m ≈ 85 µm. Une fissure de 0,5 mm ne se propage que si Δσ ≥ 7/(2 × √0,0005) ≈ 157 MPa.
Lecture des fissures dormantes. Au fond d'une entaille aiguë, la contrainte locale Kt·Δσ dépasse ΔσD : une fissure s'amorce (on a quitté le domaine 1). Mais en grandissant, elle sort de la petite zone surchargée ; son ΔK, calculé avec la contrainte nominale, reste sous ΔKS : elle s'arrête. Le point de fonctionnement est sous la frontière de Kitagawa : c'est le domaine 4.
Manipulation 5 bis : le diagramme de Kitagawa
Règle la longueur de la fissure et l'étendue de contrainte : sous la frontière, la fissure dort ; au-dessus, elle se propage. La courbe en tirets est la version lissée d'El Haddad, plus proche des essais près de a0.
Un caniveau ou une inclusion de laitier de 0,1 à 0,3 mm au pied d'un cordon dépasse largement a0. Le défaut se comporte d'emblée comme une fissure longue, régie par ΔK : pas de phase d'amorçage, et une durée de vie qui ne dépend presque pas de la limite d'endurance de l'acier. Pour qu'un défaut s'endorme, il faut réduire Δσ, réduire sa taille (meulage) ou le mettre en compression (martelage).
Les critères d'amorçage
Trouver le point critique, puis le vérifier
Quand on connaît les sollicitations subies par une pièce, on peut chercher où et quand elle va s'amorcer (polycopié, p. 7). La démarche est toujours la même :
- calculer les contraintes en tout point de la pièce : par la RDM (résistance des matériaux), la MMC (mécanique des milieux continus) ou les éléments finis (calcul numérique qui découpe la pièce en milliers de petits morceaux) ;
- en chaque point, calculer la valeur d'un critère d'amorçage : un nombre qui résume l'état de contrainte cyclique ;
- chercher les points critiques, là où ce critère est le plus grand ;
- comparer à un seuil mesuré par l'expérience : en dessous, l'amorçage est impossible (c'est la limite d'endurance à l'amorçage) ; au-dessus, il se produira au bout d'un certain nombre de cycles (10⁴, 10⁵, 10⁶…).
Puisque l'amorçage naît de glissements plastiques, les critères s'inspirent de la plasticité : Tresca et von Mises (que tu connais pour la limite d'élasticité), et deux critères conçus pour la fatigue, Crossland et Dang Van. Ces deux derniers ajoutent un ingrédient : la pression hydrostatique, la partie de la contrainte qui « gonfle » ou « comprime » la matière sans la cisailler. Une traction qui ouvre les microfissures aggrave la fatigue ; une compression la soulage.
Enfin, selon le matériau, les concentrations de contrainte, le chargement et l'état de surface, l'amorçage représente une part plus ou moins grande de la vie totale : négligeable ou au contraire prépondérante.
Manipulation 6 : von Mises et Crossland sur un arbre
Un point de la surface d'un arbre subit une flexion alternée σa (avec une moyenne σm) et une torsion alternée τa, en phase. Acier : limite en flexion alternée f−1 = 270 MPa, en torsion alternée t−1 = 170 MPa. À gauche, le plan de Crossland ; à droite, les amplitudes admissibles.
L'amplitude équivalente de von Mises
Pour une contrainte normale σa et un cisaillement τa alternés et en phase (moyennes nulles), on se ramène à une contrainte uniaxiale équivalente, comparée à la limite d'endurance en flexion f−1 (l'indice −1 rappelle R = −1) :
Tresca donne √(σa² + 4τa²), plus prudent
Le critère de Crossland
Il combine l'amplitude de cisaillement « moyen » de l'état de contrainte, √J2,a, et la pression hydrostatique maximale du cycle, Pmax :
α = 3t−1/f−1 − √3 ; β = t−1 (deux essais suffisent pour régler le critère)
- √J2,a
- amplitude du second invariant du déviateur (J2 mesure la part « cisaillante » de l'état de contrainte, celle qu'utilise von Mises). Pour σ et τ en phase : √J2,a = √(σa²/3 + τa²)
- Pmax
- pression hydrostatique maximale : moyenne des trois contraintes normales, P = (σ1 + σ2 + σ3)/3 ; pour une flexion : Pmax = (σm + σa)/3
D'où viennent α et β ? En torsion alternée pure à la limite (τa = t−1, P = 0) : √J2,a = t−1, donc β = t−1. En flexion alternée pure à la limite (σa = f−1) : √J2,a = f−1/√3 et Pmax = f−1/3 ; en écrivant f−1/√3 + α·f−1/3 = t−1, on trouve α.
Exemple (réglage initial de la manipulation, proche de l'exercice 5) : f−1 = 270, t−1 = 170 MPa, donc α = 3 × 170/270 − 1,732 = 0,157 et β = 170 MPa. Avec σa = 150 et τa = 55 MPa : √J2,a = √(7 500 + 3 025) = 102,6 MPa, Pmax = 50 MPa, critère 102,6 + 0,157 × 50 = 110,4 ≤ 170 ✅ : coefficient de sécurité 170/110,4 ≈ 1,54. Von Mises : √(150² + 3 × 55²) = 177,7 MPa ≤ 270 ✅ (1,52).
Pour les soudures, on peut aussi calculer la contrainte locale au pied ou à la racine du cordon par éléments finis, en arrondissant fictivement le raccordement avec un rayon de 1 mm, puis la comparer à une courbe unique (FAT 225 pour l'acier, en contrainte principale). Cette méthode, décrite dans les recommandations IIW, transpose l'idée du « point critique » aux assemblages soudés de géométrie complexe.
Exercices corrigés
Six exercices et un défi, du grain au pied de cordon
Cherche chaque question avant d'ouvrir la correction. Écris la formule littérale, puis les valeurs avec leurs unités. Les manipulations 2, 5 bis et 6 permettent de vérifier tes résultats.
Exercice 1 : quels grains glissent ? N1 · chapitres 1 et 2
Une éprouvette est tendue à σ = 200 MPa. Quatre grains ont leur plan de glissement orienté de sorte que l'angle φ entre l'effort et la normale au plan vaut 30°, 45°, 60° et 80° ; la direction de glissement est dans le plan de la figure, donc λ = 90° − φ. La scission critique vaut τc = 90 MPa.
a) Calcule le facteur de Schmid mS de chaque grain.
b) Calcule le cisaillement résolu τr dans chaque grain.
c) Quels grains glissent ?
d) Quelle contrainte faudrait-il pour faire glisser le grain à 80° ? Conclus.
Voir la correction
a) Avec λ = 90° − φ, cos λ = sin φ, donc mS = cos φ·sin φ = sin 2φ/2. φ = 30° : 0,433 ; 45° : 0,500 ; 60° : 0,433 ; 80° : 0,171.
b) τr = mS·σ : 86,6 ; 100 ; 86,6 ; 34,2 MPa.
c) Seul le grain à 45° atteint τc = 90 MPa (100 ≥ 90). Les grains à 30° et 60° sont proches (86,6 MPa) : ils glisseraient à peine plus haut, à σ = 90/0,433 ≈ 208 MPa.
d) σ = τc/mS = 90/0,171 ≈ 526 MPa, bien au-delà de Re = 400 MPa : en endurance, ce grain ne glissera jamais. La fatigue est l'affaire des grains bien orientés.
Exercice 2 : la barre coupée en biais N1 · chapitre 2
Une barre est tendue à σ = 240 MPa.
a) Calcule σn et τ sur les plans dont la normale fait θ = 0°, 30°, 45°, 60° et 90° avec l'effort.
b) Où le cisaillement est-il maximal, et combien vaut-il ?
c) Donne le centre et le rayon du cercle de Mohr.
d) En torsion pure, où agissent le cisaillement maximal et la contrainte normale maximale ? Quelle orientation attendre pour une macrofissure ?
Voir la correction
a) σn = σ cos²θ, τ = σ sin θ cos θ :
| θ | 0° | 30° | 45° | 60° | 90° |
|---|---|---|---|---|---|
| σn (MPa) | 240 | 180 | 120 | 60 | 0 |
| τ (MPa) | 0 | 103,9 | 120 | 103,9 | 0 |
b) À θ = 45° : τmax = σ/2 = 120 MPa.
c) Centre σ/2 = 120 MPa, rayon σ/2 = 120 MPa : le cercle passe par 0 et par 240 MPa.
d) En torsion, le cisaillement maximal agit sur les plans transversaux et longitudinaux ; la contrainte normale maximale (égale à τ) sur les plans à 45°. Les premiers glissements suivent l'axe ou la section ; la macrofissure, perpendiculaire à la contrainte principale de traction, prend une forme d'hélice à 45°.
Exercice 3 : l'intrusion et la rayure N1 · chapitre 3
a) Une intrusion a 3 µm de profondeur et un rayon de fond de 0,5 µm. Calcule son Kt.
b) Quelle contrainte locale atteint-on pour σ = 150 MPa ? Compare à Re = 400 MPa.
c) Après polissage, il ne reste que des rayures de 0,5 µm de profondeur et de 1 µm de rayon. Reprends a) et b).
d) Pourquoi le polissage n'empêche-t-il pas la fatigue, mais la retarde-t-il ?
Voir la correction
a) Kt = 1 + 2√(a/ρ) = 1 + 2√(3/0,5) = 1 + 2 × 2,449 ≈ 5,9.
b) σloc ≈ 5,9 × 150 ≈ 885 MPa, plus de deux fois Re : la matière plastifie au fond de l'intrusion à chaque cycle, une microfissure peut s'y ouvrir.
c) Kt = 1 + 2√(0,5/1) = 1 + 1,414 ≈ 2,4 ; σloc ≈ 2,4 × 150 ≈ 362 MPa, sous Re.
d) Le polissage supprime les entailles toutes faites, mais les cycles en recréent : les bandes de glissement creusent leurs propres intrusions. Il faut alors des milliers de cycles supplémentaires pour fabriquer ces entailles : la phase d'amorçage s'allonge.
Exercice 4 : dormir ou grandir N2 · chapitre 5
Un acier a un seuil de fissuration ΔKS = 7 MPa·√m et une limite d'endurance en étendue ΔσD = 380 MPa (à R = 0). On prend Y = 2 (petite fissure de surface, convention du polycopié).
a) Calcule la longueur caractéristique a0 de Kitagawa.
b) Une fissure de 30 µm subit Δσ = 350 MPa. Se propage-t-elle ?
c) Une fissure de 0,5 mm subit Δσ = 200 MPa. Se propage-t-elle ?
d) Sous Δσ = 200 MPa, quelle est la plus grande fissure qui reste dormante ?
Voir la correction
a) a0 = (ΔKS/(Y·ΔσD))² = (7/(2 × 380))² = (0,00921)² ≈ 8,5 × 10⁻⁵ m ≈ 85 µm.
b) a = 30 µm < a0 : c'est une fissure courte, la frontière est ΔσD = 380 MPa. Comme 350 < 380, elle ne se propage pas : elle dort.
c) a = 0,5 mm > a0 : fissure longue, la frontière vaut ΔKS/(Y√a) = 7/(2 × √0,0005) = 7/(2 × 0,02236) ≈ 157 MPa. Comme 200 > 157, elle se propage. Contrôle : ΔK = 200 × 2 × 0,02236 ≈ 8,9 MPa·√m > 7 ✅.
d) a = (ΔKS/(Y·Δσ))² = (7/(2 × 200))² = (0,0175)² ≈ 3,1 × 10⁻⁴ m ≈ 0,31 mm.
Exercice 5 : flexion et torsion combinées N2 · chapitre 6
Sur un banc d'essai, un arbre rond plein de diamètre d = 30 mm, qui ne tourne pas, subit un moment de flexion alterné d'amplitude Mfa = 400 N·m et un couple de torsion alterné d'amplitude Mta = 300 N·m, en phase. L'acier a f−1 = 270 MPa et t−1 = 170 MPa.
a) Calcule σa et τa en surface (W = πd³/32, Wp = πd³/16).
b) Calcule l'amplitude équivalente de von Mises et le coefficient de sécurité.
c) Applique le critère de Crossland et calcule le coefficient de sécurité.
d) Que donne Tresca ? Classe les trois critères du plus prudent au moins prudent.
Voir la correction
a) W = π × 30³/32 = 2 651 mm³ ; σa = 400 000/2 651 = 150,9 MPa. Wp = π × 30³/16 = 5 301 mm³ ; τa = 300 000/5 301 = 56,6 MPa.
b) σeq,a = √(150,9² + 3 × 56,6²) = √(22 771 + 9 611) = 179,9 MPa ; coefficient 270/179,9 = 1,50.
c) α = 3 × 170/270 − √3 = 1,889 − 1,732 = 0,157 ; β = 170 MPa. √J2,a = √(150,9²/3 + 56,6²) = √(7 590 + 3 204) = 103,9 MPa ; Pmax = 150,9/3 = 50,3 MPa. Critère : 103,9 + 0,157 × 50,3 = 111,8 MPa ≤ 170 ✅ ; coefficient 170/111,8 = 1,52.
d) Tresca : √(150,9² + 4 × 56,6²) = 188,6 MPa, coefficient 270/188,6 = 1,43. Du plus prudent au moins prudent : Tresca (1,43), von Mises (1,50), Crossland (1,52). Ici, avec une moyenne nulle, les trois sont proches ; Crossland se distingue quand il y a une contrainte moyenne.
Exercice 6 : le point critique d'une plaque percée N2 · chapitre 6 et cours 2
Une plaque usinée, percée d'un trou rond (Kt = 3, sensibilité q = 0,9), est tirée en traction alternée. L'acier a σD = 270 MPa sur éprouvette polie ; le coefficient d'état de surface usiné vaut 0,8.
a) Où se trouve le point critique, et quelle sera l'orientation de la fissure ?
b) Calcule Kf, puis l'amplitude nominale maximale sans amorçage.
c) La plaque subit σa,nom = 90 MPa. Que prévoir ?
d) Peut-on espérer que la fissure s'endorme ? Compare avec une entaille très aiguë.
Voir la correction
a) Aux deux points du bord du trou situés sur le diamètre perpendiculaire à l'effort, là où les lignes de force se resserrent (cours 1). La fissure partira de là, perpendiculairement à l'effort.
b) Kf = 1 + 0,9 × (3 − 1) = 2,8 ; σa,nom,max = σD × 0,8/Kf = 270 × 0,8/2,8 ≈ 77 MPa.
c) 90 > 77 MPa : un amorçage est attendu au bord du trou, au bout d'un nombre de cycles fini.
d) Peu probable : un trou rond a un grand rayon, la zone surchargée est étendue, et la fissure garde un ΔK élevé en grandissant. Les fissures dormantes s'observent plutôt au fond d'entailles très aiguës : la contrainte y est énorme mais sur une toute petite zone, que la fissure quitte vite.
🏆 Défi : le caniveau qui ne dort pas N2 · chapitres 3 à 6
Un pied de cordon présente un caniveau assimilé à une fissure de surface de profondeur a = 0,3 mm (Y = 2). Les contraintes résiduelles y imposent un rapport R local élevé ; on retient le seuil prudent des recommandations IIW pour l'acier, ΔKS = 2 MPa·√m. L'étendue de contrainte au pied vaut Δσ = 120 MPa.
a) Quelle étendue de contrainte ce caniveau peut-il supporter sans se propager ?
b) Sous Δσ = 120 MPa, se propage-t-il ? Y a-t-il une phase d'amorçage ?
c) Jusqu'à quelle profondeur faudrait-il réduire le défaut pour qu'il s'endorme sous 120 MPa ?
d) Explique, avec ce résultat, pourquoi un acier à haute limite d'élasticité n'améliore pas la tenue en fatigue d'une soudure brute, et ce que changent le meulage et le martelage.
Voir la correction
a) Δσseuil = ΔKS/(Y√a) = 2/(2 × √0,0003) = 2/(2 × 0,01732) ≈ 58 MPa.
b) 120 > 58 MPa : le défaut se propage dès les premiers cycles. Il n'y a pas de phase d'amorçage : le caniveau est déjà une fissure longue (0,3 mm, bien plus que a0).
c) a = (ΔKS/(Y·Δσ))² = (2/(2 × 120))² = (0,00833)² ≈ 6,9 × 10⁻⁵ m ≈ 0,07 mm : il faudrait des défauts de moins de 70 µm.
d) La durée de vie se joue entre ΔKS et la vitesse de propagation, deux grandeurs qui varient peu d'un acier à l'autre : augmenter Re ou σD ne change ni le défaut ni ΔK. Le meulage enlève le caniveau et adoucit le raccordement (a et Kt diminuent) ; le martelage met le pied en compression, ce qui referme les petits défauts et abaisse l'étendue efficace qui les ouvre. Les deux recréent une vraie phase d'amorçage.
Quiz : 12 questions éclair
Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste
Fiche mémoire du cours 3
Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête
Le métro bondé
Quelques grains bien orientés glissent, surtout en surface (contrainte maximale, grains moins confinés).
L'équerre à 45°
Cisaillement maximal σ/2 sur le plan à 45° de l'effort : le cercle de Mohr en donne le sommet.
La boussole des grains
Loi de Schmid : un grain glisse quand τr atteint sa scission critique τc.
Le jeu de cartes
EXtrusion vers l'EXtérieur, INtrusion vers l'INtérieur. Bandes de glissement persistantes.
L'entaille microscopique
Une intrusion de 3 µm et de rayon 0,5 µm concentre la contrainte d'un facteur 6.
Le randonneur
D'abord le long des plans de glissement, puis perpendiculaire à la contrainte qui ouvre la fissure.
La bulle
Amorçage interne autour des défauts ; en soudage : laitier, porosités, caniveaux, manques de fusion.
La graine sur le rocher
Domaine 4 : fissuré mais dormant. Courte, σ décide ; longue, K décide.
La carte au trésor
Calculer partout, trouver le point critique, comparer au seuil. Crossland = von Mises + pression.
Glossaire
Les mots, symboles et sigles de ce cours
- a, a0
- Longueur (profondeur) d'une fissure ou d'une entaille ; a0 : longueur caractéristique de Kitagawa, frontière entre fissures courtes et longues.
- Adoucissement cyclique
- Diminution de la résistance de la matière au fil des cycles (métaux préalablement durcis).
- AFM, MEB
- Microscope à force atomique (relief 3D au nanomètre près) ; microscope électronique à balayage (image très grossie par faisceau d'électrons).
- α, β
- « Alpha », « bêta » : constantes du critère de Crossland, α = 3t−1/f−1 − √3 et β = t−1.
- Amorçage
- Naissance d'une fissure de fatigue, jusqu'à une taille détectable.
- Bande de glissement (persistante, PSB)
- Zone d'un grain où le glissement se concentre ; persistante quand elle réapparaît au même endroit après polissage. PSB : persistent slip band.
- Caniveau
- Sillon creusé dans la tôle le long du pied de cordon par la fusion, non comblé.
- Critère d'amorçage
- Grandeur calculée à partir de l'état de contrainte cyclique, comparée à un seuil pour prédire l'amorçage.
- Crossland, Dang Van
- Critères de fatigue multiaxiale qui combinent un cisaillement et la pression hydrostatique.
- ΔK, ΔKS
- Étendue du facteur d'intensité de contrainte, ΔK = ΔσY√a (MPa·√m) ; seuil de fissuration en dessous duquel une fissure longue ne se propage pas (cours 4).
- ΔσD
- Limite d'endurance exprimée en étendue (2σD à R = −1).
- Dislocation
- Défaut linéaire du cristal dont le mouvement produit le glissement plastique.
- Écrouissage cyclique
- Durcissement de la matière au fil des cycles (métaux recuits).
- Éléments finis (EF)
- Méthode de calcul numérique qui découpe la pièce en petits éléments pour calculer les contraintes partout.
- Extrusion, intrusion
- Lamelle qui sort de la surface ; sillon qui s'y enfonce. Créées par les glissements irréversibles.
- f−1, t−1
- Limites d'endurance en flexion alternée et en torsion alternée (R = −1).
- Facteur de Schmid mS
- mS = cos φ·cos λ ≤ 0,5 : fraction de la contrainte appliquée qui cisaille un système de glissement.
- φ, λ, θ
- « Phi », « lambda », « thêta » : angles entre l'effort et la normale au plan de glissement, la direction de glissement, la normale à un plan de coupe.
- Fissure dormante
- Fissure amorcée qui cesse de se propager (domaine 4 de la figure 10).
- Grain, joint de grains, polycristal
- Cristal élémentaire d'un métal ; frontière entre deux grains ; assemblage de grains.
- J2, √J2,a
- Second invariant du déviateur des contraintes, mesure de la part cisaillante ; amplitude de sa racine au cours du cycle.
- Kt
- Coefficient de concentration de contrainte : 1 + 2√(a/ρ) pour une entaille de profondeur a et de rayon ρ.
- Kitagawa (diagramme de)
- Diagramme log Δσ en fonction de log a séparant fissures qui se propagent et fissures dormantes.
- Microglissements
- Petites déformations plastiques localisées dans certains grains sous une contrainte macroscopique inférieure à Re.
- MMC, RdM
- Mécanique des milieux continus ; résistance des matériaux.
- Modes I, II, III
- Ouverture ; glissement plan ; glissement anti-plan des lèvres d'une fissure.
- P, Pmax
- Pression hydrostatique, moyenne des trois contraintes principales ; sa valeur maximale au cours du cycle.
- Pore, inclusion, interface
- Cavité de gaz ; particule étrangère (oxyde, sulfure, laitier) ; frontière entre deux phases ou sous un revêtement.
- ρ
- « Rhô » : rayon à fond d'entaille.
- Relaxation
- Diminution des contraintes résiduelles sous l'effet de la plastification locale.
- σDi
- Limite d'endurance à l'amorçage (sous laquelle aucune fissure ne naît).
- σn, τ, τr, τc
- Contrainte normale sur un plan ; cisaillement ; cisaillement résolu sur un système de glissement ; scission critique.
- Stade I, stade II
- Propagation le long des plans de glissement (≈ 45°, à l'échelle du grain) ; propagation perpendiculaire à la contrainte principale (mode I).
- Système de glissement
- Couple plan de glissement et direction de glissement d'un cristal.
- TIG
- Tungsten Inert Gas : soudage à électrode de tungstène sous gaz inerte ; la refusion TIG améliore un pied de cordon.
- Transgranulaire
- Qui traverse les grains (contraire : intergranulaire, le long des joints).
- Y
- Facteur géométrique de la fissure, sans unité (≈ 2 pour une petite fissure de surface dans la convention du polycopié).
Suis-je prêt pour la suite ?
Dix points à cocher de tête
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