Avant de commencer
Le cours 1 en trois cases
| Chapitre du cours | Ce qu'il apporte à l'IWE | Normes et repères |
|---|---|---|
| 1 L'oxyde et la préparation | la gamme de préparation des surfaces | mode opératoire de brasage (cours 3) |
| 2 Le diagramme d'Ellingham | savoir quels oxydes une atmosphère réduit | données thermodynamiques usuelles |
| 3 Les flux | choisir un flux, sa classe et ses résidus | EN 1045, reprise par l'ISO 18496 ; ISO 9454-1 |
| 4 Atmosphères et vide | régler un four, éviter les pièges | points de rosée, pressions de vapeur |
| 5 Les apports de brasage fort | choisir l'apport selon les matériaux et le service | ISO 17672, ISO 3677, règlement REACH |
| 6 Les alliages de brasage tendre | choisir un alliage d'étain, connaître ses limites | ISO 9453, directive RoHS |
(Formation IWE : International Welding Engineer, ingénieur international en soudage.) La plupart des joints brasés ratés le sont avant même la chauffe : pièce mal dégraissée, flux inadapté, four trop humide, apport choisi par habitude. Le coordinateur fixe ces choix dans le mode opératoire : gamme de nettoyage, désignation du flux, nature et point de rosée de l'atmosphère, désignation normalisée de l'apport. Il doit aussi connaître les interdits réglementaires (cadmium dans les brasures, plomb dans l'électronique et l'eau potable) et les incompatibilités métallurgiques (cuivre-phosphore sur l'acier, zinc sous vide, cuivre à oxygène sous hydrogène).
La série en quatre cours
Le plan du cours
- 1L'oxyde et la préparation
Graisses, oxydes minces, oxydes tenaces : ce que le flux ne fera pas à ta place.
- 2Le diagramme d'Ellingham
Quels oxydes l'hydrogène réduit, et pourquoi tout dépend du point de rosée.
- 3Les flux
Dissoudre, protéger, s'effacer : plages d'activité, classes FH et FL, résidus.
- 4Atmosphères et vide
Gaz réducteurs, gaz inertes, vide : leurs pouvoirs et leurs pièges.
- 5Les apports de brasage fort
Aluminium, argent, cuivre-phosphore, cuivre, nickel : à chaque couple son apport.
- 6Les alliages de brasage tendre
De l'étain-plomb au sans-plomb : fusion, fluage, peste de l'étain, moustaches.
L'oxyde et la préparation
Ce que le flux ne fera pas à ta place
Pour mouiller, la brasure doit toucher le métal lui-même. Or, entre elle et le métal, deux sortes d'écrans s'interposent.
- Les salissures organiques : huile de coupe, graisse, empreintes de doigts, marqueur, peinture. Elles brûlent ou se carbonisent à la chauffe et laissent un dépôt que la brasure ne mouille pas. Aucun flux ne les dissout : il faut les enlever avant, par un dégraissage.
- Les oxydes : à l'air, tout métal se couvre d'une pellicule d'oxyde de quelques nanomètres (nm, millionièmes de millimètre), qui s'épaissit avec le temps, l'humidité et surtout la chaleur. Sur le cuivre, l'acier ou le nickel, cette pellicule est mince et cède facilement. Sur l'aluminium (alumine Al2O3), l'inox (oxyde de chrome Cr2O3) ou le titane (TiO2), elle est tenace : très stable, et reformée en une fraction de seconde dès qu'on la gratte.
D'où la gamme de préparation, à suivre dans l'ordre :
- dégraisser : solvant, lessive alcaline, bain à ultrasons ;
- décaper : brosse, toile abrasive, sablage, ou bain acide, pour enlever les oxydes épais, la calamine, la rouille ;
- rincer et sécher, pour ne laisser ni sels ni acide ;
- assembler sans toucher les surfaces à braser à mains nues ;
- braser vite, dans les heures qui suivent, avant que l'oxyde ne s'épaississe.
Pour les métaux à oxyde tenace, cette gamme ne suffit pas : l'oxyde revient pendant la chauffe. Il faudra une arme active, un flux adapté (chapitre 3), une atmosphère ou le vide (chapitres 2 et 4).
Manipulation 1 : la gamme de préparation
Choisis un métal, coche les étapes que tu réalises, puis règle le délai entre la préparation et le brasage. La coupe montre ce qui reste sur la surface, avec l'épaisseur d'oxyde estimée. Modèle pédagogique : croissance logarithmique de l'oxyde à l'air ambiant, épaisseurs de l'ordre de grandeur des valeurs publiées.
| Ce qu'il faut enlever | Moyens usuels | Points d'attention |
|---|---|---|
| Huiles, graisses, empreintes | solvant, lessive alcaline chaude, bain à ultrasons, dégraissage en phase vapeur | toujours en premier : un décapage sur une pièce grasse étale la graisse |
| Oxyde mince, ternissure | brosse métallique, toile abrasive fine, décapage acide léger | brosse en inox réservée à l'inox et à l'aluminium, pour ne pas y incruster de fer |
| Calamine, rouille, oxyde épais | sablage, grenaillage, décapage acide | un abrasif peut s'incruster ; rincer, souffler, et préférer un abrasif propre |
| Résidus de décapage | rinçage abondant, puis séchage | des sels ou de l'acide piégés corrodent le joint |
| Oxyde tenace (Al, inox, Ti) | décapage, puis flux adapté, atmosphère très sèche ou vide | l'oxyde se reforme en une fraction de seconde : le décapage seul ne suffit pas |
Un dernier recours existe pour les matériaux difficiles : déposer une couche facile à braser. Un nickelage électrolytique ou chimique de quelques micromètres sur un inox, un superalliage chargé en aluminium et en titane, ou une céramique préalablement métallisée, remplace un oxyde tenace par une surface de nickel que les brasures mouillent bien.
Le délai compte : sur le cuivre ou l'acier, une pièce décapée le matin se brase sans difficulté l'après-midi ; après quelques jours à l'air humide, la ternissure ou la rouille naissante impose un nouveau brossage. Les modes opératoires fixent souvent un délai maximal entre préparation et brasage.
La gamme de préparation fait partie du mode opératoire de brasage (cours 3) : produits et concentrations, températures et durées des bains, rinçages, délai maximal avant brasage, port de gants. En série, un dégraissage qui dérive (bain saturé d'huile, rinçage pollué) se voit d'abord par une hausse des fuites au contrôle d'étanchéité, des semaines avant qu'on en trouve la cause.
Le diagramme d'Ellingham
Quels oxydes l'hydrogène sait réduire
Chaque métal retient son oxygène plus ou moins fort. Range les oxydes sur une échelle : en haut, ceux qui lâchent facilement leur oxygène (oxyde de cuivre, oxyde de nickel) ; au milieu, l'oxyde de fer ; en bas, les plus tenaces (oxydes de chrome, de manganèse, de silicium, de titane, d'aluminium, de magnésium). C'est le diagramme d'Ellingham, du nom du chimiste britannique qui l'a tracé en 1944.
Dans un four rempli d'hydrogène H2, l'hydrogène cherche à capter l'oxygène des oxydes pour former de la vapeur d'eau H2O. Il gagne contre les oxydes situés au-dessus de lui sur l'échelle : l'oxyde se réduit et le métal redevient brillant. Il perd contre les oxydes situés au-dessous.
Mais la position de l'hydrogène sur l'échelle dépend de sa pureté : un hydrogène humide, chargé de vapeur d'eau, descend moins bas, et peut même oxyder au lieu de réduire. On mesure cette humidité par le point de rosée : la température à laquelle la vapeur d'eau du gaz commencerait à se condenser. Plus il est bas, plus le gaz est sec. Un point de rosée de −40 °C correspond à environ 127 ppm (parties par million) de vapeur d'eau.
Trois conclusions pratiques :
- l'oxyde de cuivre, l'oxyde de nickel et l'oxyde de fer se réduisent sans peine, même dans un gaz peu sec : le brasage au cuivre des aciers au four en profite ;
- l'oxyde de chrome de l'inox exige un hydrogène très sec, de plus en plus sec à mesure que la température baisse ;
- l'alumine, l'oxyde de titane et la magnésie ne se réduisent jamais dans un four industriel : il faut un flux, ou le vide aidé d'un « piège » chimique.
Manipulation 2 : l'échelle d'Ellingham et le point de rosée
Chaque droite donne l'enthalpie libre de formation d'un oxyde, ΔG°, en fonction de la température. La droite verte en pointillés est le pouvoir oxydant du gaz choisi, fixé par son point de rosée et sa teneur en hydrogène : les oxydes dont la droite passe au-dessus d'elle sont réduits, les autres restent. Choisis un oxyde, un gaz, une température et un point de rosée. Données thermodynamiques usuelles, arrondies.
L'hydrogène réduit l'oxyde si la réaction MO + H2 → M + H2O est possible, c'est-à-dire si le rapport des pressions partielles de vapeur d'eau et d'hydrogène reste sous sa valeur d'équilibre :
ΔG° en J par mole d'O2 ; R = 8,314 J/(mol·K) ; T en kelvins ; exp : exponentielle. Au-dessus de ce rapport, le gaz oxyde au lieu de réduire.
Le point de rosée Tr fixe la teneur en vapeur d'eau. Repères (pression atmosphérique) :
| Point de rosée | +20 °C | 0 °C | −20 °C | −40 °C | −50 °C | −60 °C | −80 °C |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Vapeur d'eau (ppm en volume) | 23 000 | 6 000 | 1 020 | 127 | 39 | 11 | 0,5 |
Exemple : l'inox à 1 100 °C. Pour Cr2O3, ΔG° ≈ −746,8 + 0,1703·T kJ et, pour la vapeur d'eau, ΔG° ≈ −495,0 + 0,1117·T kJ. À 1 373 K : −513,0 − (−341,6) = −171,4 kJ, d'où (pH₂O/pH₂)max = exp(−171 400/(2 × 8,314 × 1 373)) ≈ 5,5 × 10⁻⁴. Dans de l'hydrogène pur, il faut donc moins de 550 ppm de vapeur d'eau, soit un point de rosée inférieur à −26 °C. Avec un mélange azote + 10 % d'hydrogène, la pression partielle d'hydrogène est dix fois plus faible : il faut 55 ppm, soit −47 °C.
À 800 °C, le même calcul donne 25 ppm (−53 °C) dans l'hydrogène pur. C'est pourquoi, en refroidissant dans un gaz insuffisamment sec, l'inox peut se réoxyder et ressortir terni : on refroidit vite, sous un gaz très sec. Les fours de brasage de l'inox travaillent couramment sous un point de rosée de −40 à −60 °C.
Et le vide ?
Un oxyde se dissocie seul si la pression d'oxygène tombe sous sa pression de dissociation, exp(ΔG°/RT). Pour Cr2O3 à 1 100 °C, elle vaut environ 3 × 10⁻²⁰ atm, alors que l'air résiduel d'un vide poussé de 10⁻⁵ mbar contient encore 2 × 10⁻⁹ atm d'oxygène. Le vide ne réduit donc pas l'oxyde de chrome. Il empêche surtout la réoxydation et évacue les gaz ; le mince film d'oxyde disparaît par d'autres voies : réduction par le carbone de l'acier, qui forme du monoxyde de carbone pompé au fur et à mesure, et action des éléments fondants des apports au nickel (bore, silicium).
Braser au cuivre des pièces en acier non allié : un four continu sous mélange azote-hydrogène, ou même sous un gaz de combustion peu sec, suffit, car les oxydes de fer et de cuivre se réduisent facilement. Braser de l'inox au nickel ou au cuivre : hydrogène très sec ou vide. Braser de l'aluminium : jamais par réduction, toujours avec un flux ou sous vide avec du magnésium.
Les flux
Dissoudre, protéger, s'effacer
À l'air libre, au chalumeau ou par induction, c'est le flux qui débarrasse le joint de ses oxydes. C'est un mélange de sels (borates, fluorures, chlorures), en pâte, en poudre, en liquide, ou en enrobage autour de la baguette. Il a quatre rôles :
- dissoudre les oxydes présents ;
- protéger la surface de la réoxydation pendant la chauffe, en la couvrant ;
- se laisser chasser par la brasure liquide, qui prend sa place dans le joint ;
- indiquer la température : la pâte bouillonne (son eau s'évapore), sèche en blanc, puis fond en un liquide clair et transparent juste avant la température de brasage. C'est le moment de présenter la baguette.
Un flux n'est actif que dans une plage de température. Il doit être fondu et actif avant que l'apport fonde, et le rester jusqu'à ce que la brasure ait rempli le joint. Il a aussi une capacité limitée : chauffé trop longtemps, il se sature d'oxydes, noircit et ne protège plus. Au chalumeau, quelques minutes suffisent à l'épuiser.
Enfin, ses résidus, souvent à base de fluorures et de chlorures, sont corrosifs : on les élimine après brasage, à l'eau chaude et à la brosse, ou par un décapage.
Manipulation 3 : la fenêtre du flux
Choisis le métal de base, un flux et un apport, puis la vitesse de chauffe et la durée du maintien. La courbe rouge montre la chauffe ; la bande orange, la plage active du flux ; la bande verte, l'intervalle de fusion de l'apport. Le flux doit fondre avant l'apport, tenir jusqu'à la fin, et ne pas s'épuiser. Plages des classes de flux d'après l'EN 1045 ; durée de vie du flux : modèle pédagogique, de l'ordre de quelques minutes au-dessus de sa température d'activité.
La norme européenne EN 1045, reprise et complétée par l'ISO 18496, range les flux de brasage fort en deux classes : FH pour les métaux « lourds » (aciers, inox, cuivre et alliages, nickel, métaux précieux) et FL pour l'aluminium et ses alliages.
| Type | Plage active | Constituants | Emploi | Résidus |
|---|---|---|---|---|
| FH10 | 550 à 800 °C | composés du bore, fluorures | usage général, apports à l'argent | corrosifs |
| FH11 | 550 à 800 °C | idem, plus chlorures | cupro-aluminiums (bronzes d'aluminium) | corrosifs |
| FH12 | 550 à 850 °C | composés du bore, bore élémentaire, fluorures | inox, aciers fortement alliés, carbures | corrosifs |
| FH20 | 750 à 1 000 °C | composés du bore, fluorures | usage général, températures plus hautes | corrosifs |
| FH21 | 750 à 1 100 °C | composés du bore | laitons, soudobrasage | non corrosifs, mais durs à enlever |
| FH30 | au-dessus de 1 000 °C | composés du bore, phosphates, silicates | apports au cuivre et au nickel | non corrosifs |
| FH40 | 600 à 1 000 °C | chlorures et fluorures, sans bore | quand le bore est interdit | non corrosifs |
| FL10 | au-dessus de 550 °C | chlorures et fluorures hygroscopiques (lithium) | aluminium, jusqu'à 3 % de magnésium | corrosifs |
| FL20 | au-dessus de 550 °C | fluorures non hygroscopiques | aluminium, jusqu'à 0,8 % de magnésium | non corrosifs |
D'après la classification EN 1045 ; « hygroscopique » : qui absorbe l'humidité de l'air. Les plages et les limites exactes d'un produit sont celles de sa fiche technique.
Le flux FL20 le plus répandu est un mélange de fluoroaluminates de potassium (connu sous le nom commercial Nocolok), qui fond vers 565 à 572 °C, juste sous l'apport Al-Si (577 °C). Ses résidus, presque insolubles, restent en place sans danger : c'est la base du brasage au four des radiateurs automobiles sous azote, appelé CAB (controlled atmosphere brazing). Le magnésium des alliages d'aluminium l'empoisonne en formant des fluorures de magnésium : au four, on se limite en pratique à quelques dixièmes de pour cent de magnésium.
Les flux de brasage tendre
L'ISO 9454-1 code les flux de brasage tendre par leur type, leur base et leur activation : type 1, les résines (colophone, extraite de la sève de pin, ou résines synthétiques) ; type 2, les organiques (acides organiques, solubles ou non dans l'eau) ; type 3, les inorganiques (sels, comme le chlorure de zinc et le chlorure d'ammonium, ou acides). Chaque type peut être « activé », en particulier par des halogénures (chlorures, bromures), plus efficaces mais plus corrosifs ; par exemple, le code 1.1.2 désigne une colophane activée par des halogénures. En électronique, on emploie des flux à base de résine, souvent « sans nettoyage » (no-clean) aux résidus peu abondants et inertes. En plomberie et en zinguerie, les flux inorganiques au chlorure de zinc sont efficaces mais très corrosifs : rinçage obligatoire.
Pour les flux corrosifs des apports à l'argent (FH10, FH11, FH12) : tremper la pièce encore chaude dans l'eau (une partie des résidus éclate), puis une trentaine de minutes dans l'eau chaude, et brosser sous l'eau courante. Les résidus tenaces se traitent par un bain acide ou alcalin dilué, avec gants et lunettes. Ceux des flux FH21, vitreux, ne partent souvent que par sablage ou microbillage. Un résidu oublié dans un échangeur ou sous un raccord finit en piqûre de corrosion.
Atmosphères et vide
Remplacer le flux par le gaz, ou par rien
Dans un four, on peut se passer de flux : c'est le gaz qui entoure les pièces, ou son absence, qui fait le travail. Trois familles :
- les gaz inertes (azote N2, argon Ar) : ils protègent de l'oxydation, mais ne retirent aucun oxyde ;
- les gaz réducteurs (hydrogène, mélanges azote-hydrogène, gaz issus de la combustion contrôlée du gaz naturel) : ils retirent les oxydes situés au-dessus d'eux sur l'échelle d'Ellingham, à condition d'être assez secs ;
- le vide : plus d'oxygène pour réoxyder, et les gaz qui sortent des pièces sont pompés. Mais un métal dont la vapeur se forme facilement s'évapore : le zinc, le cadmium, le magnésium, le manganèse, et même le cuivre ou l'argent à haute température.
Chaque solution a son piège. Le cuivre à oxygène (cuivre électrolytique ordinaire) se fissure sous hydrogène. Les apports au zinc sont interdits sous vide. L'aluminium ne se réduit dans aucun gaz : sous vide, on ajoute du magnésium à l'apport, qui s'évapore, capte les dernières traces d'oxygène et fait éclater la pellicule d'alumine.
Manipulation 4 : ce qui s'évapore dans le four
Chaque courbe donne la pression de vapeur d'un élément pur en fonction de la température (échelle logarithmique). La ligne verte est la pression du four. Un élément dont la courbe passe au-dessus de cette ligne à la température de brasage s'évapore. Choisis un cas, ou règle la température et la pression. Données des tables usuelles des éléments, prolongées aux faibles pressions.
| Atmosphère | Composition | Ce qu'elle réduit | Emplois typiques |
|---|---|---|---|
| Gaz exothermique | combustion presque complète du gaz naturel : azote, CO2, un peu de CO, de H2 et de vapeur d'eau | oxydes de cuivre, faiblement ceux du fer | brasage au cuivre ou au laiton des aciers doux, bon marché |
| Gaz endothermique | ≈ 40 % H2, 20 % CO, 40 % N2 | oxydes de fer et de cuivre | aciers ; attention à la carburation ou à la décarburation |
| Ammoniac dissocié | 75 % H2, 25 % N2 | jusqu'à Cr2O3 s'il est très sec | inox, aciers alliés, nickel |
| Hydrogène sec | H2, point de rosée −40 à −60 °C | jusqu'à Cr2O3, pas Al2O3 ni TiO2 | inox, superalliages, brasage au cuivre de l'inox |
| Azote sec | N2, peu d'oxygène, point de rosée ≤ −40 °C | rien : protection seulement | aluminium au four avec flux FL20 (CAB) |
| Argon | Ar | rien | titane, métaux réactifs, remplissage partiel des fours sous vide |
| Vide | 10⁻² à 10⁻⁶ mbar (1 à 10⁻⁴ Pa) | rien en propre ; évite la réoxydation | inox et superalliages au nickel, titane, aluminium avec magnésium |
Évaporation sous vide
Un élément s'évapore dès que sa pression de vapeur pv à la température de brasage dépasse la pression du four. Sa vitesse d'évaporation maximale, dans un vide parfait, suit la loi de Hertz-Knudsen :
J : masse évaporée par unité de surface et de temps (kg/(m²·s)) ; pv en Pa (pascal) ; M : masse molaire (kg/mol) ; R = 8,314 J/(mol·K) ; T en kelvins ; √ : racine carrée
Exemple : le cuivre à 1 100 °C. Sa pression de vapeur vaut environ 0,08 Pa, au-dessus d'un vide de 10⁻² Pa. J ≈ 0,083 × √(0,0635/(2π × 8,314 × 1 373)) ≈ 7,8 × 10⁻⁵ kg/(m²·s), soit environ 0,28 kg/(m²·h) : une surface de cuivre libre perdrait de l'ordre de 30 µm par heure, et le métal évaporé se redépose sur les parois froides du four. On brase donc le cuivre sous une pression partielle d'argon ou d'azote, de l'ordre du millibar, qui freine fortement l'évaporation. Le même raisonnement interdit le zinc et le cadmium sous vide (des kilopascals de pression de vapeur à 700 °C) et impose une pression partielle pour les apports et les aciers riches en manganèse.
Trois cas à connaître
- Le cuivre à oxygène sous hydrogène. Le cuivre électrolytique ordinaire (Cu-ETP) contient quelques centièmes de pour cent d'oxygène, sous forme de petites inclusions d'oxyde Cu2O. Chauffé sous hydrogène au-delà de 400 °C environ, il absorbe de l'hydrogène qui réduit ces inclusions en vapeur d'eau, emprisonnée aux joints de grains : le métal se fissure ou se boursoufle. On brase sous hydrogène des cuivres désoxydés au phosphore (Cu-DHP, celui des tubes) ou sans oxygène (Cu-OF).
- L'aluminium sous vide. L'apport Al-Si contient environ 1 à 1,5 % de magnésium. Vers 550 à 600 °C, le magnésium s'évapore (pression de vapeur de l'ordre de 100 Pa), capte l'oxygène et la vapeur d'eau résiduels, et désorganise la pellicule d'alumine : la brasure mouille sans flux. Le four doit être très étanche (vide de l'ordre de 10⁻⁵ mbar).
- L'inox sous vide. Le film de Cr2O3 ne se dissocie pas (chapitre 2), mais le vide empêche qu'il s'épaississe, et le carbone de l'acier, le bore et le silicium des apports au nickel en viennent à bout : c'est le procédé de référence des échangeurs en inox et des pièces de turbines.
Le four continu à bande, sous mélange azote-hydrogène, brase au cuivre des milliers de pièces d'acier par heure. Le four sous vide, en charges, sert l'aéronautique, l'inox et les superalliages, avec des cycles de plusieurs heures. Le four CAB, sous azote très pur avec flux FL20, produit les radiateurs et les condenseurs en aluminium des voitures. Le cours 3 détaille ces procédés.
Les apports de brasage fort
À chaque couple de matériaux, son apport
L'ISO 17672 classe les apports de brasage fort en familles, désignées par leur élément principal et un numéro :
- Al, aluminium-silicium, vers 580 à 615 °C : l'aluminium et ses alliages ;
- Ag, alliages d'argent avec du cuivre, du zinc, de l'étain, parfois du manganèse et du nickel, vers 620 à 900 °C : la famille universelle (cuivre, laiton, aciers, inox, carbures), au chalumeau ou par induction avec un flux ;
- CuP, cuivre-phosphore, avec ou sans argent, vers 645 à 890 °C : le cuivre, sans flux, et ses alliages avec flux. Jamais sur l'acier ni sur le nickel ;
- Cu, cuivre pur et laitons, vers 870 à 1 085 °C : le cuivre pur au four pour les aciers, les laitons au chalumeau ;
- Ni (et Co), nickel avec du chrome, du bore, du silicium ou du phosphore, vers 900 à 1 150 °C : inox et superalliages, sous vide, pour le service à chaud ;
- Au, Pd, métaux précieux : aéronautique, vide, électronique, quand la corrosion ou la pureté l'exigent.
Les apports se présentent en baguettes nues ou enrobées de flux, en fils, en préformes (anneaux, rondelles découpées à la forme du joint), en feuillards, en poudres, en pâtes (poudre, liant et parfois flux), et pour l'aluminium en tôles plaquées : une tôle d'alliage d'aluminium revêtue, par laminage, d'une fine couche d'apport Al-Si.
Les apports au cadmium, autrefois appréciés pour leur bas point de fusion, sont interdits dans l'Union européenne : leurs fumées sont très toxiques.
Manipulation 5 : choisir l'apport
Choisis le couple de matériaux, le mode de chauffage et la température de service. Les barres placent l'intervalle de fusion de chaque famille ; le petit trait marque sa température de service maximale indicative. Les familles adaptées s'allument, la mieux placée porte une étoile. Règles simplifiées, à confronter aux fiches techniques.
| Famille (ISO 17672) | Exemples | Fusion | Matériaux, procédé | À savoir |
|---|---|---|---|---|
| Al | Al 112 (Al-Si12), tôles plaquées 4343, 4045 | 577 → 582 à 613 °C | aluminium ; flux FL ou four CAB, vide avec Al-Si-Mg | fenêtre étroite sous le solidus des alliages de base |
| Ag | Ag 134, Ag 145, Ag 155 (Ag-Cu-Zn-Sn) | 630 → 730 °C | cuivre, laiton, aciers ; flux FH10 | contient du zinc : pas sous vide ; service ≲ 200 °C |
| Ag (au Mn, Ni) | Ag 449 (Ag49CuZnMnNi) | 680 → 705 °C | carbures, inox, outils ; flux FH12 | le manganèse et le nickel améliorent le mouillage des carbures |
| Ag (sans zinc) | Ag 272 (Ag72Cu28) | 779 °C | four sous atmosphère ou vide, électronique de puissance | eutectique, sans élément volatil |
| CuP | CuP 179 (Cu-P6), CuP 284 (Cu80Ag15P5) | 645 à 710 → 800 à 890 °C | cuivre sans flux ; laiton avec flux FH10 | phosphures fragiles sur Fe et Ni ; ni milieux soufrés ; service ≈ −50 à +150 °C |
| Cu | Cu 141 (Cu pur), laitons CuZn40 | ≈ 870 → 1 085 °C | aciers au four (cuivre pur) ; chalumeau et soudobrasage (laiton, flux FH21) | Cu pur : jeu quasi nul ; laiton : zinc volatil |
| Ni | Ni 620 (BNi-2 : Ni-Cr-Si-B-Fe), Ni-Cr-P | ≈ 890 → 1 135 °C | inox, superalliages ; vide ou hydrogène sec | service à chaud, bonne tenue à la corrosion ; borures si maintien trop court |
| Au, Pd | Au82Ni18, Ag-Cu-Pd | ≈ 800 → 1 000 °C | aéronautique, tubes électroniques, vide | chers, très ductiles, sans éléments volatils |
Intervalles et températures de service indicatifs ; ceux d'un produit sont sur sa fiche technique.
Trois systèmes de désignation coexistent. L'ISO 17672 donne la famille et un numéro (CuP 284). L'ISO 3677 décrit la composition et l'intervalle de fusion : B-Cu80AgP-645/800 (B pour brazing, brasage fort). La spécification américaine AWS A5.8 (American Welding Society) emploie un préfixe B et un numéro d'ordre : BCuP-5 pour ce même alliage, BAg-22 pour l'Ag 449, BNi-2 pour le Ni 620.
Le cadmium, un interdit réglementaire
Le règlement européen REACH (enregistrement, évaluation et autorisation des substances chimiques), à l'entrée 23 de son annexe XVII, interdit depuis le 10 décembre 2011 de mettre sur le marché ou d'utiliser des apports de brasage fort contenant 0,01 % de cadmium ou plus. Les seules dérogations concernent la défense, l'aérospatiale et des usages justifiés par la sécurité. Un vieux stock d'apports au cadmium ne doit plus servir.
Choisir, en cinq questions
- Quels matériaux ? Les incompatibilités tranchent d'abord : cuivre-phosphore exclu sur l'acier et le nickel, Al-Si réservé à l'aluminium.
- Quel procédé ? Sous vide, pas d'élément volatil (zinc, cadmium) ; au four sous atmosphère, des apports sans flux.
- Quelle température de brasage les pièces supportent-elles ? Solidus du métal de base, revenu ou recuit d'un acier traité, d'un cuivre écroui.
- Quelle température et quel milieu de service ? Fluage, oxydation, corrosion (eau, soufre, milieu marin).
- Quel coût ? Parmi les apports à l'argent, prendre la teneur en argent juste nécessaire au point de fusion et à la fluidité visés.
En série, l'apport arrive sous forme dosée : anneaux posés à l'entrée du joint avant la chauffe, pâtes déposées à la seringue par un robot, feuillards découpés, tôles plaquées pour les échangeurs en aluminium. La quantité juste suffisante limite l'érosion (cours 1), le coût et les coulures ; elle rend aussi le résultat reproductible, ce que recherche le mode opératoire.
Les alliages de brasage tendre
De l'étain-plomb au sans-plomb
Les alliages de brasage tendre sont presque tous à base d'étain (Sn). L'étain-plomb eutectique (63 % Sn, 37 % Pb, 183 °C) a régné pendant un siècle : bas point de fusion, excellent mouillage, peu cher. Deux réglementations l'ont écarté :
- en électronique, la directive européenne RoHS (restriction des substances dangereuses) limite le plomb à 0,1 % depuis 2006 ;
- pour l'eau potable, le plomb est proscrit : les raccords en cuivre se brasent à l'étain-cuivre ou à l'étain-argent.
Les alliages sans plomb les plus courants sont l'étain-argent-cuivre SAC305 (217 à 220 °C), l'étain-cuivre Sn99,3Cu0,7 (227 °C) et, en plomberie, le Sn97Cu3. Ils fondent 30 à 40 °C plus haut que l'étain-plomb.
Leur grande faiblesse : ils fondent si bas qu'à température ambiante, ils sont déjà à plus de la moitié de leur température de fusion, comptée en kelvins. Comme la cire d'une bougie tiède, ils fluent : sous une charge permanente, ils se déforment lentement, et sous des variations de température répétées, ils se fatiguent. Un joint brasé tendre ne doit pas porter de charge mécanique permanente : on assure la tenue mécanique autrement (emboîtement, sertissage, fixation du composant) et la brasure assure l'étanchéité et la conduction.
Manipulation 6 : la température homologue
La température homologue T/Tf compare la température de service à la température de fusion, toutes deux en kelvins. Au-delà de 0,4 à 0,5, le fluage devient sensible. Règle la température de service et la durée de vie, ou choisis un cas d'usage : les barres comparent les alliages tendres à l'aluminium, au cuivre et à l'acier, et la manipulation estime la croissance de l'intermétallique d'un joint SAC305 sur cuivre. Croissance de l'intermétallique : modèle pédagogique, calé sur des ordres de grandeur publiés.
| Alliage (ISO 9453) | Fusion | Emplois |
|---|---|---|
| Sn63Pb37 (n° 101) | 183 °C (eutectique) | électronique historique, dérogations (aéronautique, défense) |
| Sn96,5Ag3Cu0,5, dit SAC305 (n° 711) | 217 → 220 °C | électronique sans plomb, refusion |
| Sn99,3Cu0,7 (n° 401) | 227 °C (eutectique) | brasage à la vague, câblage, bon marché |
| Sn97Cu3 (n° 402) | 227 °C → pâteux au-delà ; brasé vers 230 à 250 °C | plomberie : eau potable, chauffage jusqu'à 110 °C environ |
| Sn96,5Ag3,5 | 221 °C (eutectique) | plomberie, électronique, meilleure tenue au fluage |
| Sn42Bi58 | 138 °C (eutectique) | composants sensibles à la chaleur, brasage en deux étapes |
| Pb95Sn5 | ≈ 300 → 314 °C | haute température (électronique de puissance), dérogation RoHS des alliages à plus de 85 % de plomb |
| Au80Sn20 | 280 °C (eutectique) | scellements hermétiques, optoélectronique, sans flux |
Les numéros sont ceux de l'ISO 9453 ; les intervalles sont indicatifs.
La température homologue et le fluage
T : température de service ; Tf : température de fusion (le solidus pour un alliage) ; T(K) = T(°C) + 273,15
Le fluage (déformation lente sous charge constante) devient sensible au-delà de Th ≈ 0,4 à 0,5. À 20 °C : étain-plomb 293/456 ≈ 0,64, SAC305 293/490 ≈ 0,60, cuivre 293/1 358 ≈ 0,22, acier ≈ 0,17. Une brasure tendre à la température ambiante est donc dans la même situation qu'un acier à plus de 800 °C. À 100 °C, l'étain-plomb atteint 0,82.
Les intermétalliques vieillissent
La couche Cu6Sn5 et Cu3Sn née au brasage (cours 1) continue de croître en service, à l'état solide, comme la racine du temps : e² = e0² + k·t, où e est l'épaisseur, e0 sa valeur initiale, t le temps et k une constante de croissance qui suit une loi d'Arrhenius, k = k0·exp(−Q/RT). L'énergie d'activation Q publiée est de l'ordre de 80 à 85 kJ/mol. Avec une couche initiale de 2 µm et une croissance calée sur 5 µm après 1 000 h à 150 °C, on trouve environ 2 µm (inchangé) après 10 ans à 25 °C, 9 µm après 10 ans à 100 °C, et plus de 20 µm à 125 °C. La chaleur de service vieillit les joints.
Deux curiosités de l'étain, sérieuses
- La peste de l'étain : sous 13,2 °C, l'étain blanc (β) peut se transformer en étain gris (α), une poudre friable dont le volume est supérieur d'environ 26 %. La transformation est très lente, plus rapide vers −30 à −40 °C, et freinée par de petites additions de bismuth, d'antimoine ou de plomb. Les alliages très riches en étain y sont exposés au grand froid.
- Les moustaches (whiskers) : de fins filaments d'étain, de quelques micromètres de diamètre mais parfois longs de plusieurs millimètres, poussent spontanément sur les revêtements d'étain pur soumis à des contraintes de compression. Ils provoquent des courts-circuits en électronique. Le plomb les freinait ; on les combat par des sous-couches de nickel, des recuits et des étains mats.
Faible résistance (quelques dizaines de MPa en cisaillement), fluage à l'ambiante, tenue limitée en température : dès que la pression, la température ou la sécurité l'exigent (gaz, fluides frigorigènes, chauffage à haute température), on passe au brasage fort. Les règles de l'art des installations précisent, pour chaque fluide, le type de brasage admis.
Exercices corrigés
Six exercices et un défi, de la gamme de préparation au four à hydrogène
Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Écris la formule littérale, puis les valeurs avec leurs unités. Les manipulations 1 à 6 permettent de vérifier tes résultats ; le défi se rejoue entièrement dans la manipulation 2.
Exercice 1 : trois gammes de préparation N1 · chapitre 1
a) Des tubes de cuivre sortent du stock, ternis, encore gras de l'huile de coupe. Quelle gamme avant un brasage à l'argent sous flux ?
b) Des pièces en inox ont été décapées à l'acide il y a deux jours. Faut-il recommencer le décapage avant un brasage au chalumeau ? Qu'est-ce qui compte vraiment ?
c) Un opérateur brosse soigneusement une tôle d'aluminium, puis la brase trois heures plus tard au chalumeau avec un flux FH10. La brasure perle. Pourquoi ?
Voir la correction
a) Dégraisser d'abord (solvant ou lessive alcaline), car un brossage sur une pièce grasse étale l'huile ; puis brosser ou poncer la ternissure ; rincer et sécher ; assembler avec des gants propres ; braser dans les heures qui suivent, avec un flux FH10.
b) Le film passif de l'inox se reforme en une fraction de seconde : décaper de nouveau ne changerait presque rien à l'oxyde. En revanche, il faut vérifier que les pièces sont propres (dégraissage, pas de résidus d'acide). Ce qui compte, c'est le flux adapté à l'oxyde de chrome (FH12, au bore), ou un four sous hydrogène sec ou sous vide.
c) Deux raisons. L'alumine se reforme aussitôt après le brossage : trois heures plus tard, comme trois secondes plus tard, la surface est couverte de son film natif. Surtout, un flux FH10 est fait pour les métaux « lourds » et ne dissout pas l'alumine : il faut un flux de classe FL (FL10 ou FL20) et un apport Al-Si.
Exercice 2 : ce que l'hydrogène réduit N2 · chapitre 2
Données (kJ par mole d'O2, T en K) : Cr2O3 : ΔG° = −746,8 + 0,1703·T ; FeO : −529,8 + 0,1302·T ; Al2O3 : −1 117,1 + 0,2088·T ; H2O : −495,0 + 0,1117·T. R = 8,314 J/(mol·K). Points de rosée : 551 ppm ↔ −26 °C ; 55 ppm ↔ −47 °C ; 25 ppm ↔ −53 °C.
a) À 1 100 °C, quel rapport pH₂O/pH₂ maximal permet de réduire Cr2O3 ? Quel point de rosée faut-il dans l'hydrogène pur, puis dans N2 + 10 % H2 ?
b) Même question à 800 °C, dans l'hydrogène pur. Que faut-il en conclure pour le refroidissement ?
c) À 1 100 °C, jusqu'à quelle proportion de vapeur d'eau l'hydrogène réduit-il encore l'oxyde de fer FeO ?
d) L'alumine peut-elle être réduite par l'hydrogène à 600 °C ?
Voir la correction
a) À 1 373 K : ΔG°(Cr2O3) = −746,8 + 0,1703 × 1 373 ≈ −513,0 kJ ; ΔG°(H2O) = −495,0 + 0,1117 × 1 373 ≈ −341,6 kJ. (pH₂O/pH₂)max = exp(−171 400/(2 × 8,314 × 1 373)) ≈ 5,5 × 10⁻⁴. Dans H2 pur : 551 ppm, soit un point de rosée inférieur à −26 °C. Dans N2 + 10 % H2 : pH₂ = 0,1 atm, donc 55 ppm, soit −47 °C.
b) À 1 073 K : ΔG° ≈ −564,1 − (−375,1) = −189,0 kJ ; (pH₂O/pH₂)max = exp(−189 000/(2 × 8,314 × 1 073)) ≈ 2,5 × 10⁻⁵, soit 25 ppm et −53 °C. Plus la température baisse, plus il faut un gaz sec : un inox brasé à 1 100 °C dans un gaz à −40 °C se réoxyde en refroidissant, d'où un refroidissement rapide sous un gaz très sec.
c) ΔG°(FeO) ≈ −351,0 kJ ; (pH₂O/pH₂)max = exp(−9 400/(2 × 8,314 × 1 373)) ≈ 0,66. La vapeur d'eau peut atteindre 0,66/1,66 ≈ 40 % du mélange : l'oxyde de fer se réduit même dans un gaz très humide.
d) À 873 K : ΔG°(Al2O3) ≈ −934,8 kJ, ΔG°(H2O) ≈ −397,5 kJ ; (pH₂O/pH₂)max ≈ exp(−537 300/14 516) ≈ 8 × 10⁻¹⁷. Aucun gaz industriel n'est aussi sec : non. D'où le flux, ou le vide avec du magnésium.
Exercice 3 : choisir le flux N1 · chapitre 3
Modèle de la manipulation 3 : un flux FH10 reste efficace environ 4 minutes au-dessus de 550 °C.
a) Ag 155 sur cuivre, température de travail 680 °C, flux FH10, maintien de 15 s. Au chalumeau, la pièce chauffe à 5 °C/s ; dans un four à l'air, à 0,2 °C/s. Le flux tient-il dans les deux cas ?
b) Un soudobrasage au laiton CuZn40 se travaille vers 910 °C. Peut-on garder le FH10 ? Lequel prendre ?
c) Quel flux pour braser une plaquette de carbure avec l'Ag 449 ?
d) Quel flux pour braser de l'aluminium avec un Al-Si12 ?
Voir la correction
a) Temps au-dessus de 550 °C : au chalumeau, (680 − 550)/5 + 15 = 41 s, bien moins que 4 min : le flux tient. Au four à l'air, (680 − 550)/0,2 + 15 = 665 s, soit 11 min : le flux s'épuise avant la fin. Pour une chauffe lente, on passe à un four sous atmosphère protectrice (sans flux), ou à une chauffe rapide (induction).
b) Non : le FH10 n'est actif que jusqu'à 800 °C, il serait brûlé avant que le laiton coule. On prend un FH21 (750 à 1 100 °C), dont les résidus ne sont pas corrosifs mais s'enlèvent mécaniquement.
c) Un FH12 (550 à 850 °C), qui contient du bore élémentaire pour attaquer les oxydes des carbures et des aciers alliés.
d) Un flux de classe FL : FL10 (chlorures et fluorures, résidus corrosifs, jusqu'à 3 % de magnésium) ou FL20 (fluorures non hygroscopiques, résidus non corrosifs, magnésium limité), qui fond juste sous l'apport.
Exercice 4 : évaporation sous vide N2 · chapitre 4
Pressions de vapeur : zinc à 700 °C ≈ 7,8 kPa ; cuivre à 1 100 °C ≈ 0,083 Pa ; magnésium à 600 °C ≈ 130 Pa. Masse molaire du cuivre : 0,0635 kg/mol ; masse volumique : 8 960 kg/m³.
a) Un apport Ag-Cu-Zn peut-il être brasé à 700 °C dans un four sous un vide de 10⁻² Pa (10⁻⁴ mbar) ?
b) Calcule la vitesse maximale d'évaporation du cuivre à 1 100 °C dans un vide parfait, en kg/(m²·h) puis en µm/h. Quelle parade ?
c) Pourquoi, au contraire, se félicite-t-on que le magnésium s'évapore lors du brasage sous vide de l'aluminium ?
Voir la correction
a) 7 800 Pa / 10⁻² Pa ≈ 8 × 10⁵ : la pression de vapeur du zinc dépasse de près d'un million de fois celle du four. Le zinc s'évapore massivement, l'apport change de composition, et le four est pollué. Non : sous vide, on prend un apport sans zinc (Ag72Cu28, par exemple).
b) J = pv√(M/(2πRT)) = 0,083 × √(0,0635/(2π × 8,314 × 1 373)) ≈ 7,8 × 10⁻⁵ kg/(m²·s), soit ≈ 0,28 kg/(m²·h), et 0,28/8 960 ≈ 3,1 × 10⁻⁵ m/h ≈ 31 µm/h. Parade : brasage sous une pression partielle d'argon ou d'azote, de l'ordre du millibar, qui freine l'évaporation.
c) Le magnésium (pression de vapeur ≈ 130 Pa à 600 °C) s'évapore de l'apport, capte l'oxygène et la vapeur d'eau résiduels (sa droite est tout en bas de l'échelle d'Ellingham) et désorganise la pellicule d'alumine : la brasure mouille l'aluminium sans flux.
Exercice 5 : six joints, six apports N1 · chapitre 5
Propose un apport (famille et exemple de désignation) et, le cas échéant, un flux ou une atmosphère.
a) Tubes de cuivre d'un circuit frigorifique, brasés au chalumeau.
b) Raccord en laiton sur un tube de cuivre.
c) Tube d'acier dans une bride en cuivre.
d) Plaquette de carbure sur un corps d'outil en acier.
e) Échangeur à plaques en inox, au four sous vide, pour de l'eau à 200 °C.
f) Radiateur automobile en aluminium, en grande série.
Voir la correction
a) Cuivre-phosphore, par exemple CuP 179 ou CuP 284 (à 15 % d'argent, plus fluide et plus ductile), sans flux : le phosphore réduit l'oxyde de cuivre et le circuit reste propre.
b) CuP 284 avec un flux FH10 (le laiton forme de l'oxyde de zinc), ou un apport à l'argent Ag 145 ou Ag 155 avec FH10.
c) Apport à l'argent, Ag 145 ou Ag 155, avec un flux FH10. Pas de cuivre-phosphore, qui formerait des phosphures de fer fragiles.
d) Ag 449 (Ag-Cu-Zn-Mn-Ni) avec un flux FH12 ; pour les grandes plaquettes, un apport en « sandwich » avec une âme en cuivre (cours 4).
e) Apport au nickel Ni 620 (BNi-2) sous vide, sans flux ; ou cuivre pur sous pression partielle. Pas d'apport au zinc sous vide.
f) Tôles plaquées 4343 ou 4045 (apport Al-Si laminé sur l'alliage de base), brasées au four CAB sous azote avec un flux FL20, ou sous vide avec un apport au magnésium.
Exercice 6 : la brasure tendre en service N2 · chapitre 6
Fusion : Sn63Pb37 à 183 °C ; SAC305, solidus 217 °C. Croissance de l'intermétallique d'un joint SAC305 sur cuivre (modèle de la manipulation 6) : e² = e0² + k·t, avec e0 = 2 µm, k = 5,83 × 10⁻⁶ µm²/s à 150 °C et Q = 84 kJ/mol ; une année vaut 3,156 × 10⁷ s.
a) Calcule la température homologue de l'étain-plomb à 20 °C et à 100 °C, puis celle du SAC305 à 20 °C et à 125 °C.
b) Que vaut k à 125 °C ? Quelle épaisseur d'intermétallique après 15 ans de service à 125 °C ?
c) Même question pour 5 ans à 40 °C. Conclus.
d) Pourquoi un joint brasé tendre ne doit-il pas porter de charge mécanique permanente ?
Voir la correction
a) Étain-plomb : 293/456 ≈ 0,64 à 20 °C, 373/456 ≈ 0,82 à 100 °C. SAC305 : 293/490 ≈ 0,60 à 20 °C, 398/490 ≈ 0,81 à 125 °C.
b) k(125 °C) = 5,83 × 10⁻⁶ × exp(−(84 000/8,314)(1/398,15 − 1/423,15)) ≈ 1,3 × 10⁻⁶ µm²/s. Après 15 ans (4,73 × 10⁸ s) : e = √(4 + 1,3 × 10⁻⁶ × 4,73 × 10⁸) ≈ √619 ≈ 25 µm.
c) k(40 °C) ≈ 1,3 × 10⁻⁹ µm²/s ; après 5 ans, e ≈ √(4 + 0,21) ≈ 2,05 µm : pratiquement inchangée. Mille fois moins de croissance pour 85 °C de moins : c'est la chaleur de service qui vieillit les joints, pas le temps seul.
d) À température ambiante, la brasure est déjà à 0,6 de sa température de fusion : elle flue sous charge permanente et se fatigue sous les variations de température. La tenue mécanique doit être assurée par la forme du joint (emboîtement, sertissage, fixation du composant).
🏆 Défi : le four à hydrogène de l'échangeur inox N2 · chapitres 2 et 4, à rejouer dans la manipulation 2
Un échangeur en inox est brasé au BNi-2 à 1 050 °C, dans un four sous hydrogène pur dont le point de rosée est de −40 °C (127 ppm).
a) L'oxyde de chrome est-il réduit à 1 050 °C ? Quel point de rosée maximal faut-il à cette température ?
b) Pendant le refroidissement, sous quelle température Cr2O3 redevient-il stable dans ce gaz ?
c) Pour des raisons de sécurité, on propose de remplacer l'hydrogène pur par N2 + 10 % H2, au même point de rosée. Qu'en penses-tu ? Quel point de rosée faudrait-il ?
d) Quel point de rosée faudrait-il, dans l'hydrogène pur, pour que Cr2O3 reste instable jusqu'à 700 °C ?
Voir la correction
a) À 1 323 K : ΔG°(Cr2O3) − ΔG°(H2O) ≈ −521,5 − (−347,2) = −174,3 kJ, d'où (pH₂O/pH₂)max = exp(−174 300/(2 × 8,314 × 1 323)) ≈ 3,6 × 10⁻⁴, soit 363 ppm et un point de rosée maximal d'environ −30 °C. Le gaz à −40 °C (127 ppm) est plus sec : l'oxyde est réduit.
b) Le rapport réel vaut 1,27 × 10⁻⁴. Il égale le rapport d'équilibre vers 940 °C : en dessous, Cr2O3 est de nouveau stable et l'inox peut se ternir si le refroidissement est lent.
c) Avec pH₂ = 0,1 atm, le rapport réel est dix fois plus grand (1,27 × 10⁻³) : Cr2O3 reste stable sous 1 210 °C environ, donc pendant tout le cycle : la brasure ne mouillerait pas. Il faudrait 36 ppm à 1 050 °C, soit un point de rosée d'environ −51 °C, et plus sec encore pour le refroidissement.
d) À 973 K, le rapport d'équilibre vaut ≈ 5,9 × 10⁻⁶, soit 5,9 ppm : un point de rosée d'environ −64 °C. En pratique, on combine un gaz très sec et un refroidissement rapide.
Dans la manipulation 2 : oxyde Cr2O3, gaz « H₂ pur » ou « N₂ + 10 % H₂ », température 1 050 °C, point de rosée −40 °C ; la ligne de lecture donne le point de rosée maximal et la température sous laquelle l'oxyde redevient stable.
Quiz : 12 questions éclair
Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste
Fiche mémoire du cours 2
Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête
La gamme
Le flux ne dissout pas les graisses. Gants propres, délai court.
La vitre givrée
Oxydes tenaces, reformés en un instant : flux adapté, atmosphère sèche ou vide.
L'échelle d'Ellingham
Plus bas, plus tenace. L'hydrogène réduit les oxydes au-dessus de sa droite : Cu₂O, NiO, FeO, Cr₂O₃ s'il est très sec.
Le point de rosée
Inox : −26 °C à 1 100 °C, −53 °C à 800 °C dans H₂ pur ; diluer l'hydrogène exige plus sec.
Le balai
Fondre avant, tenir après. FH12 : inox et carbures ; FH21 : laitons ; FL : aluminium. Résidus à éliminer.
Le bocal sous vide
Ni zinc ni cadmium sous vide ; cuivre et argent sous pression partielle ; le magnésium aide l'aluminium.
Le pop-corn
Le cuivre à oxygène éclate sous hydrogène : prendre du Cu-DHP ou du Cu-OF.
Le trousseau
Al pour l'alu, P pour le cuivre (jamais sur fer), Ag partout, Ni pour le chaud. Cadmium interdit.
La bougie tiède
Étain : fluage à l'ambiante, plomb proscrit (RoHS, eau potable), peste sous 13 °C, moustaches.
Glossaire
Les mots, symboles et sigles de ce cours
- Ammoniac dissocié
- Gaz obtenu en décomposant l'ammoniac : 75 % d'hydrogène, 25 % d'azote.
- AWS A5.8
- Spécification américaine des apports de brasage fort (BAg-, BCuP-, BNi-…).
- CAB
- Controlled atmosphere brazing : brasage de l'aluminium au four, sous azote sec, avec un flux FL20 non corrosif.
- Cadmium (interdiction)
- Apports de brasage fort à 0,01 % de Cd ou plus interdits dans l'Union européenne depuis le 10 décembre 2011 (REACH, annexe XVII, entrée 23), sauf défense, aérospatiale et sécurité.
- Colophane
- Résine naturelle extraite de la sève de pin, base des flux de brasage tendre de type 1.
- Cu-ETP, Cu-DHP, Cu-OF
- Cuivre électrolytique contenant de l'oxygène ; cuivre désoxydé au phosphore ; cuivre sans oxygène. Seuls les deux derniers supportent l'hydrogène à chaud.
- Dégraissage
- Élimination des huiles et graisses (solvant, lessive alcaline, ultrasons), toujours en première étape.
- Décapage
- Élimination des oxydes, mécanique (brosse, abrasif, sablage) ou chimique (bain acide).
- e, e0
- Épaisseur d'une couche (oxyde, intermétallique) ; sa valeur initiale.
- Ellingham (diagramme d')
- Graphique de l'enthalpie libre de formation des oxydes, par mole d'O2, en fonction de la température : plus une droite est basse, plus l'oxyde est stable.
- EN 1045, ISO 18496
- Classification des flux de brasage fort (classes FH et FL et leurs types).
- FH10, FH12, FH21, FH30, FL10, FL20…
- Types de flux : FH pour les métaux lourds (aciers, inox, cuivre, nickel), FL pour l'aluminium ; le chiffre code la plage de température et la composition.
- Flux
- Mélange de sels qui dissout les oxydes, protège la surface, puis est chassé par la brasure.
- Gaz exothermique, endothermique
- Atmosphères produites par la combustion contrôlée du gaz naturel ; la seconde, riche en H2 et CO, est plus réductrice.
- γ
- Tension superficielle (N/m) ; γSV, γSL, γLV : solide-vapeur, solide-liquide, liquide-vapeur.
- ΔG°
- Enthalpie libre standard de formation d'un oxyde, en kJ par mole d'O2 : ΔG° = A + B·T.
- Hertz-Knudsen (loi de)
- Vitesse maximale d'évaporation sous vide : J = pv√(M/(2πRT)).
- Hygroscopique
- Qui absorbe l'humidité de l'air.
- Intermétallique
- Composé de deux métaux, de composition fixe, dur et fragile (Cu6Sn5, Cu3Sn entre étain et cuivre).
- ISO 17672, ISO 3677
- Apports de brasage fort : familles et numéros (Ag 155, CuP 284…) ; désignation par composition et intervalle de fusion (B-Cu80AgP-645/800).
- ISO 9453, ISO 9454-1
- Alliages de brasage tendre (avec leurs numéros) ; classification des flux de brasage tendre.
- J, M
- Masse évaporée par unité de surface et de temps (kg/(m²·s)) ; masse molaire (kg/mol).
- k, k0, Q
- Constante de croissance d'une couche (µm²/s), facteur préexponentiel, énergie d'activation (J/mol).
- Moustaches (whiskers)
- Filaments d'étain qui poussent spontanément sur l'étain pur sous contrainte et provoquent des courts-circuits.
- Nickelage
- Dépôt de nickel (électrolytique ou chimique) qui rend brasable une surface à oxyde tenace.
- no-clean
- Flux de brasage tendre « sans nettoyage », aux résidus peu abondants et inertes.
- Oxyde natif
- Pellicule d'oxyde formée spontanément à l'air ; quelques nanomètres.
- pH₂O, pH₂, pv, P
- Pressions partielles de vapeur d'eau et d'hydrogène ; pression de vapeur d'un élément ; pression totale du four.
- Pa, mbar, ppm
- Pascal (1 N/m²), millibar (100 Pa) ; parties par million (10⁻⁴ %).
- Peste de l'étain
- Transformation lente, sous 13,2 °C, de l'étain blanc en étain gris pulvérulent, avec un gonflement d'environ 26 %.
- Point de rosée Tr
- Température à laquelle la vapeur d'eau d'un gaz commencerait à se condenser ; mesure de son humidité (−40 °C ≈ 127 ppm).
- Pression de dissociation
- Pression d'oxygène sous laquelle un oxyde se décompose spontanément : exp(ΔG°/RT).
- Pression partielle (brasage sous)
- Remplissage d'un four sous vide avec un peu d'argon ou d'azote pour freiner l'évaporation.
- Préforme, tôle plaquée
- Apport découpé à la forme du joint (anneau, rondelle) ; tôle d'aluminium revêtue d'une couche d'apport Al-Si.
- R
- Constante des gaz parfaits, 8,314 J/(mol·K).
- REACH
- Règlement européen sur l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation des substances chimiques.
- RoHS
- Directive européenne de restriction des substances dangereuses dans les équipements électriques et électroniques : plomb ≤ 0,1 %.
- SAC305
- Alliage sans plomb Sn96,5Ag3Cu0,5 (n° 711 de l'ISO 9453), 217 à 220 °C.
- Th, Tf
- Température homologue T/Tf (en kelvins) ; température de fusion (solidus).
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