Avant de commencer
Le cours 3 en trois cases
| Chapitre du cours | Polycopié |
|---|---|
| 1 Le mécanisme cycle par cycle | p. 7, § C.1 et figure 11 |
| 2 Lire une cassure de fatigue | p. 7 et 8, figures 12 et 13, lignes d'arrêt |
| 3 Le diagramme da/dN–ΔK | p. 8 et 9, § C.2, figures 14 et 15 |
| 4 La loi de Paris | p. 9 ; hors poly constantes C et m des aciers |
| 5 Intégrer la loi de Paris | hors poly durée de propagation, inspections |
| 6 De Paris aux classes FAT | hors poly lien avec les courbes des soudures |
1. « Effet de courbe-R » (p. 7). Ce R n'a rien à voir avec le rapport de charge R = σmin/σmax. Le mécanisme d'émoussement puis d'affûtage de la pointe décrit page 7 est le plus souvent appelé modèle de Laird (1967) ; l'expression « courbe-R » désigne d'ordinaire, en mécanique de la rupture, la résistance à la déchirure qui croît avec l'avancée de la fissure.
2. La forme de K. Le polycopié écrit KI = σY√a : son facteur Y contient le √π que beaucoup d'abaques écrivent à part (K = Yσ√(πa)). Une petite fissure de surface a Y ≈ 1,12√π ≈ 2 dans la convention du polycopié. Un Y pris dans une autre source doit être converti.
3. KIC ou KC ? La page 7 parle de KIC, la figure 14 et la page 8 de KC. KIC est la ténacité en déformation plane (pièces épaisses) ; KC la ténacité pour une épaisseur donnée, plus élevée pour les tôles minces. Dans les deux cas, c'est Kmax (au sommet du cycle) qui l'atteint à la rupture, pas ΔK.
4. Le seuil « vers 10⁻⁹ m par cycle » (p. 8 et 9). La norme d'essai ASTM E647 (ASTM : American Society for Testing and Materials) le définit conventionnellement à 10⁻¹⁰ m/cycle, ce qui colle mieux à l'argument « moins d'une distance interatomique » (environ 2,5 × 10⁻¹⁰ m). On mesure d'ailleurs des vitesses moyennes inférieures à une distance atomique par cycle : le front n'avance pas partout à la fois.
5. La figure 15 dessine K négatif pendant la compression. Physiquement, la fissure se referme et K négatif n'a pas de sens ; pour R < 0, les conventions diffèrent (l'ASTM E647 prend ΔK = Kmax). Quant à la difficulté expérimentale évoquée p. 9, la pratique normalisée utilise justement des essais à amplitude de charge constante, où ΔK augmente, avec une mesure continue de la longueur de fissure.
(IWE : International Welding Engineer.) Un assemblage soudé passe presque toute sa vie en propagation (cours 1 et 3). La loi de Paris est donc le vrai moteur de sa tenue en fatigue. Elle sert directement dans deux métiers du soudage : l'évaluation d'un défaut trouvé en contrôle (« ce défaut de 2 mm est-il acceptable, et pour combien de temps ? »), selon les recommandations de l'IIW (International Institute of Welding) ou la norme britannique BS 7910, et la planification des inspections des structures soudées.
La série en quatre cours
Le plan du cours
- 1Le mécanisme cycle par cycle
Rappel de K, puis émoussement et affûtage de la pointe : une strie par cycle.
- 2Lire une cassure de fatigue
Origine, zone lisse, lignes d'arrêt, stries et zone de rupture brutale.
- 3Le diagramme da/dN–ΔK
Seuil, régime de Paris, rupture ; et ΔK qui grimpe à Δσ constant.
- 4La loi de Paris
da/dN = C(ΔK)m, ses unités et ses ordres de grandeur.
- 5Intégrer la loi de Paris
La durée de propagation et l'intervalle d'inspection.
- 6De Paris aux classes FAT
La boucle est bouclée : la pente 3 des soudures.
Le mécanisme cycle par cycle
S'émousser, s'affûter, avancer d'une strie
Entre les deux, la fissure avance un peu à chaque cycle, de façon essentiellement transgranulaire (à travers les grains). Le polycopié décrit ce mouvement en quatre temps (figure 11) :
- début : la pointe de la fissure est aiguë ;
- traction : la matière plastifie juste devant la pointe ; la pointe s'ouvre, s'arrondit (elle s'émousse) et avance un peu. Une fissure émoussée est moins dangereuse : elle s'arrête ;
- compression : la déformation se fait en sens inverse ; les lèvres se referment et la pointe s'affûte de nouveau, en laissant un petit repli. Elle redevient « vulnérable » ;
- traction suivante : la fissure repart, s'émousse, avance encore d'un pas.
Comme une chenille arpenteuse : elle s'étire, se replie, et à chaque cycle elle a avancé d'un pas. Chaque pas laisse sur les faces de la cassure un petit repli : une strie de fatigue.
Manipulation 1 : la pointe qui respire
Une fissure vue de profil, l'effort vertical (il ouvre la fissure). Lance les cycles ou avance phase par phase. Le curseur ΔK règle la sévérité : plus ΔK est grand, plus chaque pas est long. La zone plastique est en bleu-vert, les stries en bleu.
La taille de la zone plastique hors poly
Devant la pointe, la matière dépasse Re dans une petite zone. Son rayon s'estime (formule d'Irwin, contraintes planes) par :
Kmax en MPa·√m et Re en MPa : rp sort en mètres. La valeur de K est la même quelle que soit la façon d'écrire Y.
Exemple. Kmax = 20 MPa·√m dans un acier de Re = 400 MPa : rp ≈ (20/400)²/(2π) = 0,0025/6,28 ≈ 4 × 10⁻⁴ m = 0,4 mm. La zone qui plastifie à chaque cycle, en traction puis en compression (zone plastique cyclique), est environ quatre fois plus petite : de l'ordre de 0,1 mm.
Le modèle de Laird explique l'avancée par l'ouverture de la pointe : plus K est grand, plus la pointe s'ouvre, plus le pas est long. Il suggère une vitesse proportionnelle à ΔK², alors que les essais donnent plutôt ΔK² à ΔK⁴ : le mécanisme est un peu plus riche, mais l'image est juste.
Au pied d'un cordon, les contraintes résiduelles de traction (proches de Re) maintiennent la fissure ouverte même pendant la partie « compression » du cycle nominal. Toute l'étendue Δσ sert donc à la faire avancer : c'est la version « mécanique de la rupture » de la règle du cours 1, qui calcule les soudures en Δσ sans tenir compte de σm.
Lire une cassure de fatigue
Origine, zone lisse, lignes d'arrêt, zone rugueuse
Une rupture par fatigue a un visage reconnaissable entre mille (figure 12 du polycopié). Sur la surface cassée, on distingue :
- l'origine, le point d'amorçage, presque toujours en surface ;
- une zone lisse et plane, celle de la propagation lente, où la fissure a avancé cycle après cycle. Elle porte souvent des lignes d'arrêt : des arcs concentriques autour de l'origine, comme les lignes de croissance d'un coquillage ;
- une zone rugueuse, celle de la rupture brutale finale, quand la section restante n'a plus suffi.
Les lignes d'arrêt se forment quand le chargement cyclique s'interrompt (la nuit, le week-end, à l'arrêt d'une machine) : le fond de fissure, exposé à l'air, s'oxyde un peu plus, d'où un contraste de couleur. Elles apparaissent aussi quand le chargement change (amplitude ou contrainte moyenne plus forte ou plus faible).
Au microscope électronique, la zone lisse révèle les stries de fatigue (figure 13, sur un aluminium) : des milliers de petites rides parallèles, une par cycle. Les lignes d'arrêt se voient à l'œil nu ; les stries, seulement au microscope.
Manipulation 2 : fabrique une cassure
La section d'une pièce, vue de face. Fais grandir la fissure depuis son origine ; appuie sur « Arrêt » pour simuler une interruption du chargement et créer une ligne d'arrêt. La contrainte maximale fixe la taille critique : quand le front l'atteint, la pièce casse.
| Stries de fatigue | Lignes d'arrêt | |
|---|---|---|
| Échelle | espacement de 0,01 à quelques µm | espacement du dixième de mm au cm |
| Instrument | microscope électronique à balayage (MEB) | œil nu ou loupe |
| Origine | un cycle de chargement | une interruption ou un changement de chargement |
| Ce qu'on en tire | la vitesse da/dN, donc ΔK et la contrainte | l'histoire du chargement (arrêts, changements) |
Ce que l'expert lit sur la cassure hors poly :
- la taille de la zone de rupture finale : la fissure casse la pièce à aC = (KIC/(Y·σmax))². Une petite zone de fatigue et une grande zone brutale signalent une contrainte maximale élevée ; une grande zone de fatigue, une contrainte faible ou un matériau tenace ;
- le nombre d'origines : une seule origine trahit souvent un défaut local ; plusieurs origines, séparées par de petites marches (les « marches de rochet »), une contrainte élevée ou une concentration de contrainte étendue, comme un pied de cordon ;
- l'orientation : la cassure est perpendiculaire à la contrainte principale de traction (cours 3) ;
- l'espacement des stries : en le mesurant, on remonte à da/dN, puis à ΔK par la loi de Paris (chapitre 4), puis à la contrainte qui a réellement agi.
Une fissure de pied de cordon dessine en général une demi-ellipse aplatie (en « ongle » ou « pouce »), longue le long du pied et peu profonde. Souvent, plusieurs petites fissures nées le long du pied se rejoignent : les marches de rochet en gardent la trace. En expertise, la position de l'origine (pied ou racine), la forme du front et l'espacement des stries permettent de remonter au détail et au niveau de contrainte, puis de choisir la bonne réparation.
Le diagramme da/dN–ΔK
Un péage, une autoroute, une falaise
On mesure, au laboratoire, la vitesse d'avancée de la fissure, da/dN (en mètres par cycle), et on la reporte en fonction de l'étendue du facteur d'intensité de contrainte pendant le cycle :
polycopié, p. 8 ; ΔK en MPa·√m
En échelles logarithmiques sur les deux axes, la courbe a toujours la même allure (figure 14 du polycopié), comme une autoroute :
- domaine 1, le péage : en dessous d'une valeur seuil ΔKS, la fissure ne se propage pas. Près du seuil, elle avance de moins d'une distance entre atomes par cycle : en réalité, elle n'avance plus ;
- domaine 2, l'autoroute : pour les sollicitations intermédiaires, une longue ligne droite. C'est la loi de Paris (chapitre 4) ;
- domaine 3, la falaise : quand Kmax s'approche de la ténacité KC, la vitesse explose ; si Kmax atteint KC, la rupture se fait en un quart de cycle (le temps de monter jusqu'au maximum).
Attention (figure 15) : même si on impose une étendue de contrainte Δσ constante, ΔK augmente au fur et à mesure que la fissure grandit, puisqu'il contient √a. La fissure « monte » donc toute seule le long de la courbe : plus elle est longue, plus elle va vite, plus elle s'allonge vite… C'est un emballement.
Manipulation 3 : la courbe da/dN–ΔK
Acier de construction (modèle illustratif). Déplace ΔK pour parcourir les trois domaines. Le rapport de charge R décale le seuil et la falaise : plus R est grand, plus la fissure est ouverte longtemps.
Avec R = Kmin/Kmax = σmin/σmax (R ≥ 0), on a :
Effet de R hors poly. À ΔK égal, une fissure soumise à un R plus élevé va plus vite et a un seuil plus bas. Explication principale (Elber, 1970) : à R faible, les lèvres de la fissure se touchent avant la fin de la décharge (fermeture de fissure), et une partie de ΔK ne sert à rien ; à R élevé, la fissure reste ouverte pendant tout le cycle.
Ordres de grandeur de la figure 14. Domaine 1 vers 10⁻⁹ m/cycle et en dessous (polycopié ; la norme ASTM E647 fixe conventionnellement le seuil à 10⁻¹⁰ m/cycle) ; domaine 2 entre environ 10⁻⁸ et 10⁻⁶ m/cycle, soit 0,01 à 1 µm par cycle ; domaine 3 au-delà.
Exemple. Δσ = 100 MPa, Y = 2, a = 2 mm : ΔK = 100 × 2 × √0,002 = 8,9 MPa·√m, au-dessus d'un seuil de 6 MPa·√m : la fissure se propage. À a = 8 mm (quatre fois plus longue), ΔK double : 17,9 MPa·√m.
À cause des contraintes résiduelles, une fissure de soudure travaille comme si R était élevé, quel que soit le R nominal. Les évaluations de défauts des soudures (IIW, BS 7910) utilisent donc des lois de propagation et des seuils correspondant à un R élevé, avec un seuil prudent de l'ordre de 2 MPa·√m pour l'acier (cours 3, défi).
La loi de Paris
da/dN = C(ΔK)m
Dans le domaine 2, les logarithmes de la vitesse et de ΔK sont liés par une droite. En 1963, Paul Paris et Fazil Erdogan ont écrit cette observation sous la forme qui porte le nom du premier :
C et m : coefficients caractéristiques du matériau (polycopié, p. 9)
Pour les aciers, m vaut environ 3. Cela donne deux leviers à retenir :
- doubler ΔK multiplie la vitesse par 2³ = 8 ;
- comme ΔK contient √a, une fissure deux fois plus longue va (√2)³ ≈ 2,8 fois plus vite, à contrainte égale.
Et chaque cycle laissant une strie, l'espacement des stries mesuré au microscope est la vitesse da/dN : la cassure garde la mémoire de la loi de Paris.
Manipulation 4 : la calculatrice de Paris
Choisis une famille d'aciers et un ΔK : la vitesse, l'espacement des stries et le nombre de cycles pour avancer d'un millimètre se calculent en direct.
Constantes des aciers hors poly (valeurs moyennes publiées par J. M. Barsom, avec da/dN en m/cycle et ΔK en MPa·√m) :
| Famille d'aciers | C | m |
|---|---|---|
| ferrito-perlitiques (aciers de construction) | 6,9 × 10⁻¹² | 3,0 |
| martensitiques (trempés-revenus) | 1,35 × 10⁻¹⁰ | 2,25 |
| austénitiques (inoxydables) | 5,6 × 10⁻¹² | 3,25 |
| valeur prudente pour l'acier à l'air (évaluation de défauts de soudure, IIW et BS 7910) | ≈ 1,65 × 10⁻¹¹ | 3 |
Exemple (ferrito-perlitique) : à ΔK = 10 MPa·√m, da/dN = 6,9 × 10⁻¹² × 10³ = 6,9 × 10⁻⁹ m/cycle, soit 6,9 nm par cycle (nm : nanomètre, un millionième de millimètre). Il faut alors 10⁻³/6,9 × 10⁻⁹ ≈ 145 000 cycles pour avancer d'un millimètre. À ΔK = 20 : 8 fois plus vite.
Le piège des unités de C
C a une unité « bizarre » : m/cycle/(MPa·√m)m. Sa valeur change complètement avec les unités. Beaucoup de documents de soudage travaillent en mm/cycle et en N·mm−3/2 (1 MPa·√m = 31,62 N·mm−3/2, car √1 000 = 31,62). La conversion :
Exemple : 6,9 × 10⁻¹² × 1 000/31,62³ ≈ 2,2 × 10⁻¹³. Et la valeur prudente 1,65 × 10⁻¹¹ devient 5,2 × 10⁻¹³, le nombre qu'on lit dans les recommandations de soudage.
Dans le régime de Paris, les vitesses de propagation dans le métal fondu, la zone affectée thermiquement (ZAT, la zone du métal de base modifiée par la chaleur du soudage) et le métal de base sont proches, à R égal. Ce qui distingue une soudure, ce sont surtout ses défauts initiaux, sa géométrie (qui fixe Y) et ses contraintes résiduelles (qui fixent le R effectif).
Intégrer la loi de Paris
Combien de cycles avant la rupture ? hors poly
La loi de Paris donne la vitesse de la fissure ; on veut le temps qu'elle met pour passer d'une longueur initiale a0 (le défaut détecté ou supposé) à la longueur critique aC (la rupture). Il suffit d'additionner les petits temps nécessaires pour franchir chaque petit morceau de chemin : c'est une intégrale.
Le résultat surprend toujours : presque toute la durée de propagation se passe quand la fissure est petite. Comme un sablier qui coule à peine au début : la fissure met autant de cycles pour passer de 1 à 2 mm que pour passer de 2 mm à la rupture, ou presque. Une fois longue, elle s'emballe.
Deux conséquences pratiques :
- la durée de vie dépend énormément de la taille du défaut initial, beaucoup moins de la longueur critique ;
- pour une structure inspectée, ce qui compte est le temps entre le moment où la fissure devient détectable (par un contrôle non destructif, CND) et le moment où elle devient critique. On inspecte plus souvent que cette durée, avec une marge : c'est le principe de la tolérance aux dommages.
Manipulation 5 : le simulateur de fissure
Une fissure de surface dans une plaque large (Y = 2), acier ferrito-perlitique. Règle le chargement, le défaut initial et la ténacité : la courbe a(N) et l'évolution de K au cours du temps se calculent. Lance la lecture pour voir l'emballement.
On sépare les variables dans la loi de Paris, avec ΔK = ΔσY√a et Y supposé constant :
∫ : symbole de l'intégrale, la somme de tous les petits morceaux entre a0 et aC ; ⟹ : « donc »
Une primitive de a−m/2 est a1−m/2/(1 − m/2), d'où, pour m ≠ 2 :
Et pour m = 3, le cas des aciers, la formule devient très simple :
a en mètres ; σmax = Δσ/(1 − R)
Exemple (réglage initial de la manipulation). Δσ = 100 MPa, R = 0,1, Y = 2, KIC = 50 MPa·√m, a0 = 1 mm, C = 6,9 × 10⁻¹², m = 3.
- σmax = 100/0,9 = 111,1 MPa ; aC = (50/(2 × 111,1))² = 0,0506 m ≈ 51 mm.
- 1/√a0 = 31,62 ; 1/√aC = 4,44 ; C(ΔσY)³ = 6,9 × 10⁻¹² × 200³ = 5,52 × 10⁻⁵.
- Np = 2 × (31,62 − 4,44)/5,52 × 10⁻⁵ ≈ 9,8 × 10⁵ cycles.
- Depuis 2 mm : 2 × (22,36 − 4,44)/5,52 × 10⁻⁵ ≈ 6,5 × 10⁵ cycles. Le passage de 1 à 2 mm a donc pris à lui seul 34 % de la durée de propagation.
L'intervalle d'inspection
Si un contrôle détecte à coup sûr les fissures de longueur ad, la fissure met N(ad → aC) cycles pour devenir critique après être devenue détectable. On inspecte au moins deux fois pendant cette durée (coefficient de sécurité 2, parfois 3) :
Dans l'exemple, avec ad = 2 mm : 6,5 × 10⁵/2 ≈ 3,2 × 10⁵ cycles entre deux inspections.
C'est exactement ce calcul (avec Y variable, un facteur d'amplification du pied de cordon et des lois prudentes) que mènent les évaluations de défauts selon l'IIW ou la BS 7910 : un défaut trouvé en contrôle est-il acceptable jusqu'à la prochaine inspection ? Et c'est lui qui fixe la périodicité des contrôles des structures soudées tolérantes aux dommages : ponts, grues, plateformes, avions.
De Paris aux classes FAT
La boucle est bouclée hors poly
Reprends la formule du chapitre 5 pour un pied de cordon : un petit défaut initial ai, une fissure finale af (la moitié de l'épaisseur, par exemple), m = 3. Tout ce qui ne dépend pas de la contrainte se regroupe en une constante :
C'est exactement la forme des courbes de fatigue des soudures du cours 2 : Δσ³·N = constante. La pente 3 des classes FAT n'est pas un choix arbitraire : c'est l'exposant de Paris, parce qu'une soudure passe sa vie à propager.
Et la formule dit encore deux choses. La nuance d'acier n'y apparaît pas (C et m varient peu d'un acier de construction à l'autre) : c'est pourquoi un acier plus résistant n'améliore pas une soudure brute. En revanche, la taille du défaut initial y est en bonne place : c'est pourquoi meuler un pied de cordon, et effacer ses défauts, relève sa classe.
Manipulation 6 : fabriquer une classe FAT
Modèle simplifié d'un pied de cordon : Y = 2 constant, fissure finale af, loi de Paris prudente (C = 1,65 × 10⁻¹¹, m = 3). La droite donne Δσ en fonction de N ; sa valeur à 2 × 10⁶ cycles est la « classe FAT » de ce détail. Les lignes grises sont les classes FAT normalisées 71, 80, 90 et 100.
En écrivant N = 2 × 10⁶ dans la relation précédente, on obtient l'étendue supportée à 2 millions de cycles :
Exemples (af = 10 mm, Y = 2, C = 1,65 × 10⁻¹¹) :
| Défaut initial ai | 1/√ai (m−1/2) | FATéq (MPa) |
|---|---|---|
| 0,3 mm (caniveau) | 57,7 | ≈ 71 |
| 0,1 mm (micro-inclusions de laitier) | 100 | ≈ 88 |
| 0,05 mm (pied meulé) | 141 | ≈ 100 |
Calcul détaillé pour 0,3 mm : 2 × (57,7 − 10) = 95,5 ; C·Y³ × 2 × 10⁶ = 1,65 × 10⁻¹¹ × 8 × 2 × 10⁶ = 2,64 × 10⁻⁴ ; (95,5/2,64 × 10⁻⁴)1/3 = (3,61 × 10⁵)1/3 ≈ 71 MPa.
On retrouve l'ordre de grandeur des classes FAT des détails courants (71 à 100). Ce modèle est volontairement simplifié : les calculs réels intègrent un Y qui dépend de a, un facteur d'amplification dû à la géométrie du pied de cordon, la forme demi-elliptique du front et l'épaisseur. Il montre les mécanismes, il ne remplace pas les tableaux de l'EN 1993-1-9.
| Étape | Ce qui la gouverne | Cours | Le levier du soudeur |
|---|---|---|---|
| Le chargement | Δσ, σm, R, nombre de cycles (rainflow) | 1 | calculer en Δσ ; compter les cycles |
| L'espérance de vie | courbe de Wöhler, classe FAT, γMf | 2 | choisir un meilleur détail |
| La naissance | glissements, intrusions, défauts, Kt | 3 | soigner le pied de cordon (meulage, TIG, martelage) |
| La croissance | ΔK, loi de Paris, a0, aC | 4 | réduire les défauts, inspecter à temps |
Exercices corrigés
Six exercices et un défi, de la strie au plan d'inspection
Cherche chaque question avant d'ouvrir la correction. Écris la formule littérale, puis les valeurs avec leurs unités ; dans les formules de mécanique de la rupture, les longueurs de fissure sont en mètres. Les manipulations 4, 5 et 6 permettent de vérifier tes résultats.
Exercice 1 : compter les stries N1 · chapitres 1 et 2
a) Décris en quatre temps ce qui se passe à la pointe d'une fissure pendant un cycle de traction-compression.
b) Au microscope, des stries sont espacées de 0,2 µm. Que vaut da/dN ?
c) Combien de cycles faut-il pour que la fissure avance d'un millimètre à cette vitesse ?
d) Sur la même cassure, on compte 6 lignes d'arrêt. Peut-on en déduire le nombre de cycles ?
Voir la correction
a) Début : pointe aiguë. Traction : la matière plastifie devant la pointe, qui s'ouvre, s'émousse et avance un peu. Compression : la déformation s'inverse, les lèvres se referment et la pointe s'affûte en laissant un repli. Traction suivante : nouvelle avancée. Chaque cycle laisse une strie.
b) Une strie par cycle : da/dN ≈ 0,2 µm/cycle = 2 × 10⁻⁷ m/cycle, dans le domaine 2 (entre 10⁻⁸ et 10⁻⁶).
c) N = 1 mm/0,2 µm = 1 000 µm/0,2 µm = 5 000 cycles.
d) Non. Une ligne d'arrêt marque un événement (arrêt ou changement de chargement), pas un cycle. On sait seulement que le chargement s'est interrompu ou a changé au moins 6 fois pendant la propagation.
Exercice 2 : l'expertise d'un arbre cassé N1 · chapitre 2
La cassure d'un arbre montre une origine unique en surface, une zone lisse avec des lignes d'arrêt qui couvre 80 % de la section, et une petite zone rugueuse excentrée.
a) Quel est le mode de rupture ? Justifie avec trois indices.
b) La contrainte maximale était-elle plutôt forte ou plutôt faible ? Pourquoi ?
c) Une autre pièce présente cinq origines le long d'un congé, avec de petites marches entre elles. Qu'en conclure ?
Voir la correction
a) Rupture par fatigue : une origine en surface, une zone lisse de propagation lente, des lignes d'arrêt en arcs autour de l'origine, puis une zone rugueuse de rupture brutale.
b) Plutôt faible : la fissure a pu traverser 80 % de la section avant que Kmax n'atteigne KIC. Comme aC = (KIC/(Y·σmax))², une grande longueur critique signale un σmax faible (ou un matériau très tenace).
c) Plusieurs origines séparées par des marches de rochet : une contrainte élevée et une concentration de contrainte étendue le long du congé (rayon trop petit, mauvais état de surface). La correction porte sur la géométrie, pas seulement sur le matériau.
Exercice 3 : ΔK, domaine et taille critique N1 et N2 · chapitre 3
Une plaque large présente une fissure de surface (Y = 2) de longueur a = 2 mm. Elle subit Δσ = 100 MPa avec R = 0,1. Acier : ΔKS = 6 MPa·√m, KIC = 60 MPa·√m.
a) Calcule ΔK. La fissure se propage-t-elle ?
b) Calcule σmax et Kmax.
c) Calcule la longueur critique aC.
d) Que vaut ΔK quand la fissure atteint 8 mm ? Commente avec la figure 15 du polycopié.
Voir la correction
a) ΔK = Δσ·Y·√a = 100 × 2 × √0,002 = 100 × 2 × 0,0447 = 8,9 MPa·√m > ΔKS = 6 : elle se propage.
b) σmax = Δσ/(1 − R) = 100/0,9 = 111,1 MPa ; Kmax = 111,1 × 2 × 0,0447 = 9,9 MPa·√m, loin de KIC.
c) aC = (KIC/(Y·σmax))² = (60/222,2)² = 0,0729 m ≈ 73 mm.
d) ΔK = 100 × 2 × √0,008 = 17,9 MPa·√m : quatre fois plus de longueur, deux fois plus de ΔK. À Δσ constant, ΔK grandit avec la fissure (figure 15), et la vitesse avec lui : 2³ = 8 fois plus vite avec m = 3.
Exercice 4 : manier la loi de Paris N2 · chapitre 4
Acier ferrito-perlitique : C = 6,9 × 10⁻¹² (m/cycle, MPa·√m), m = 3.
a) Calcule da/dN pour ΔK = 10 et ΔK = 20 MPa·√m. Quel est le rapport ?
b) Quel espacement de stries attend-on à ΔK = 20 MPa·√m ?
c) Exprime C en mm/cycle et N·mm−3/2.
d) Vérifie la conversion avec ΔK = 10 MPa·√m.
Voir la correction
a) da/dN(10) = 6,9 × 10⁻¹² × 10³ = 6,9 × 10⁻⁹ m/cycle ; da/dN(20) = 6,9 × 10⁻¹² × 8 000 = 5,5 × 10⁻⁸ m/cycle. Rapport : 2³ = 8.
b) Une strie par cycle : 5,5 × 10⁻⁸ m ≈ 55 nm (0,055 µm), visible au MEB.
c) C' = C × 1 000/31,62³ = 6,9 × 10⁻¹² × 1 000/31 623 ≈ 2,2 × 10⁻¹³ (mm/cycle, N·mm−3/2).
d) ΔK = 10 MPa·√m = 316,2 N·mm−3/2 ; 2,2 × 10⁻¹³ × 316,2³ = 2,2 × 10⁻¹³ × 3,16 × 10⁷ ≈ 6,9 × 10⁻⁶ mm/cycle = 6,9 × 10⁻⁹ m/cycle ✅.
Exercice 5 : la durée de propagation N2 · chapitre 5
Même plaque qu'à l'exercice 3, mais KIC = 50 MPa·√m ; Δσ = 100 MPa, R = 0,1, Y = 2 ; C = 6,9 × 10⁻¹², m = 3. Un défaut de 1 mm est présent.
a) Calcule aC.
b) Calcule la durée de propagation Np depuis 1 mm.
c) Les contrôles détectent les fissures de 2 mm. Calcule N(2 mm → aC) et l'intervalle d'inspection avec un coefficient 2.
d) Quelle part de Np la fissure passe-t-elle entre 1 et 2 mm ?
e) Que devient Np (depuis 1 mm) si Δσ double ?
Voir la correction
a) σmax = 111,1 MPa ; aC = (50/(2 × 111,1))² = (0,225)² = 0,0506 m ≈ 51 mm.
b) C(ΔσY)³ = 6,9 × 10⁻¹² × 200³ = 5,52 × 10⁻⁵ ; 1/√0,001 = 31,62 ; 1/√0,0506 = 4,44. Np = 2 × (31,62 − 4,44)/5,52 × 10⁻⁵ = 54,4/5,52 × 10⁻⁵ ≈ 9,8 × 10⁵ cycles.
c) 1/√0,002 = 22,36 ; N = 2 × (22,36 − 4,44)/5,52 × 10⁻⁵ ≈ 6,5 × 10⁵ cycles. Intervalle : 6,5 × 10⁵/2 ≈ 3,2 × 10⁵ cycles.
d) 9,85 × 10⁵ − 6,49 × 10⁵ = 3,36 × 10⁵ cycles, soit 34 % de Np pour faire passer la fissure de 1 à 2 mm, alors qu'elle doit encore aller jusqu'à 51 mm.
e) σmax = 222,2 MPa, donc aC = (50/444,4)² ≈ 0,0127 m (12,7 mm, divisé par 4) ; 1/√aC = 8,89 ; C(ΔσY)³ = 6,9 × 10⁻¹² × 400³ = 4,42 × 10⁻⁴ ; Np = 2 × (31,62 − 8,89)/4,42 × 10⁻⁴ ≈ 1,0 × 10⁵ cycles. Divisé par 9,6 : le facteur 8 de Paris, aggravé un peu par la baisse de aC.
Exercice 6 : de Paris à la classe FAT N2 · chapitre 6
Pied de cordon modélisé avec Y = 2, af = 10 mm, C = 1,65 × 10⁻¹¹, m = 3.
a) Avec un caniveau ai = 0,3 mm, calcule la durée de vie sous Δσ = 80 MPa.
b) Calcule la classe FAT équivalente.
c) Après meulage, ai = 0,05 mm. Par combien la durée de vie est-elle multipliée à Δσ égal ? Quelle classe FAT équivalente obtient-on ?
d) Pourquoi Re n'apparaît-il nulle part ?
Voir la correction
a) 1/√0,0003 = 57,7 ; 1/√0,01 = 10. C(ΔσY)³ = 1,65 × 10⁻¹¹ × 160³ = 6,76 × 10⁻⁵. N = 2 × (57,7 − 10)/6,76 × 10⁻⁵ = 95,5/6,76 × 10⁻⁵ ≈ 1,4 × 10⁶ cycles.
b) FATéq = (95,5/(1,65 × 10⁻¹¹ × 8 × 2 × 10⁶))1/3 = (95,5/2,64 × 10⁻⁴)1/3 = (3,61 × 10⁵)1/3 ≈ 71 MPa.
c) 1/√0,00005 = 141,4 ; rapport (141,4 − 10)/(57,7 − 10) = 131,4/47,7 ≈ 2,75. FATéq = 71 × 2,751/3 = 71 × 1,40 ≈ 100 MPa.
d) La durée de vie d'une fissure qui se propage dépend de C, m, Y et des tailles de défauts, pas de la limite d'élasticité : c'est pourquoi la résistance en fatigue des soudures brutes ne dépend pratiquement pas de la nuance d'acier.
🏆 Défi : le plan d'inspection de la poutre de roulement N2 · chapitres 1 à 6
On retrouve la poutre de roulement des cours 1 et 2 : au pied d'un raidisseur soudé, Δσ = 60 MPa, 160 000 cycles par an (40 passages par heure, 16 h par jour, 250 jours par an), durée de service prévue 25 ans. Le pied présente un caniveau ai = 0,3 mm ; on considère la ruine à af = 10 mm (demi-épaisseur de la semelle). Modèle : Y = 2, C = 1,65 × 10⁻¹¹, m = 3. Les contrôles par magnétoscopie détectent les fissures de 2 mm.
a) Calcule la durée de propagation totale, en cycles et en années. La poutre tient-elle 25 ans ?
b) Calcule le temps entre la détection (2 mm) et la ruine (10 mm), en années.
c) Propose un plan d'inspection : date de la première inspection et intervalle (coefficient 2).
d) Quelle autre solution, vue dans la série, éviterait ces inspections ?
Voir la correction
a) C(ΔσY)³ = 1,65 × 10⁻¹¹ × 120³ = 1,65 × 10⁻¹¹ × 1,728 × 10⁶ = 2,85 × 10⁻⁵ ; N = 2 × (57,7 − 10)/2,85 × 10⁻⁵ = 95,5/2,85 × 10⁻⁵ ≈ 3,35 × 10⁶ cycles, soit 3,35 × 10⁶/1,6 × 10⁵ ≈ 20,9 ans < 25 ans ❌. On retrouve la conclusion du cours 2 (19,5 ans avec la classe FAT 80 et γMf).
b) 1/√0,002 = 22,36 ; N = 2 × (22,36 − 10)/2,85 × 10⁻⁵ = 24,7/2,85 × 10⁻⁵ ≈ 8,7 × 10⁵ cycles, soit ≈ 5,4 ans entre la détection et la ruine.
c) La fissure devient détectable au bout de (3,35 − 0,87) × 10⁶ = 2,48 × 10⁶ cycles ≈ 15,5 ans. Intervalle : 5,4/2 ≈ 2,7 ans. Plan possible : première inspection vers 13 ans (avec une marge), puis tous les 2,5 ans ; toute fissure détectée est réparée.
d) Meuler le pied de cordon (ai ≈ 0,05 mm) multiplie la durée de propagation par 2,75 (exercice 6), soit environ 57 ans ; ou passer à un détail de meilleure classe (FAT 90, cours 2), ou réduire Δσ en augmentant la section.
Quiz : 12 questions éclair
Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste
Fiche mémoire du cours 4
Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête
La clé K
Rupture brutale quand Kmax = KIC, à aC = (KIC/(Yσmax))².
La chenille
Un cycle, un pas, une strie (modèle de Laird). La compression prépare, la traction exécute.
Le coquillage
La strie compte les cycles (MEB), la ligne d'arrêt compte les pauses (œil nu).
L'autoroute
Péage ΔKS, ligne droite de Paris, falaise KC. À Δσ constant, ΔK grimpe.
La droite de Paris
m ≈ 3 pour les aciers : deux fois ΔK, huit fois plus vite. C et m voyagent ensemble.
Le changement d'unités
De m et MPa·√m vers mm et N·mm−3/2 : 1,65 × 10⁻¹¹ devient 5,2 × 10⁻¹³.
Le sablier
La vie est dans le petit : le défaut initial décide, aC pèse peu.
La lampe de l'inspecteur
Tolérance aux dommages : trouver la fissure entre le moment où elle se voit et celui où elle casse.
La boucle bouclée
La pente 3 des classes FAT, c'est l'exposant 3 de Paris. Meuler le pied relève la classe.
Glossaire
Les mots, symboles et sigles de ce cours
- a, a0, ai, ad, aC, af
- Longueur (profondeur) de fissure, en m ; initiale ; défaut initial de soudure ; détectable ; critique ; finale retenue pour le calcul.
- ASTM E647
- Norme américaine d'essai de propagation de fissures de fatigue (ASTM : American Society for Testing and Materials).
- BS 7910
- Norme britannique d'évaluation de l'acceptabilité des défauts dans les structures métalliques, notamment soudées.
- C, m
- Coefficient et exposant de la loi de Paris ; C en m/cycle/(MPa·√m)m, m sans unité (≈ 3 pour les aciers).
- CND
- Contrôles non destructifs : ressuage, magnétoscopie, ultrasons, radiographie, courants de Foucault.
- da/dN
- Vitesse de fissuration : avancée de la fissure par cycle, en m/cycle.
- ΔK, ΔKS
- Étendue du facteur d'intensité de contrainte, Kmax − Kmin = ΔσY√a ; seuil de fissuration (ΔKth en anglais).
- Domaines 1, 2, 3
- Seuil (pas de propagation) ; régime de Paris (droite en log-log) ; accélération finale vers KC.
- Émoussement, affûtage
- Arrondi de la pointe de fissure en traction ; retour à une pointe aiguë en compression (modèle de Laird).
- Éprouvette CT
- Éprouvette compacte de traction : bloc entaillé et préfissuré, tiré par deux goupilles, utilisé pour mesurer da/dN.
- FATéq
- Classe FAT équivalente : étendue Δσ supportée à 2 × 10⁶ cycles, calculée ici par la loi de Paris.
- Fermeture de fissure
- Contact des lèvres avant la fin de la décharge : une partie de ΔK ne fait pas avancer la fissure (Elber, 1970).
- ∫, ⟹
- Intégrale (somme continue de petits termes) ; « donc ».
- KI, Kmax, Kmin
- Facteur d'intensité de contrainte en mode I (ouverture), KI = σY√a ; ses valeurs maximale et minimale au cours du cycle, en MPa·√m.
- KIC, KC
- Ténacité en déformation plane ; ténacité pour une épaisseur donnée. Rupture brutale quand Kmax les atteint.
- Ligne d'arrêt
- Arc visible à l'œil nu sur une cassure de fatigue, marquant une interruption ou un changement du chargement.
- Loi de Paris
- da/dN = C(ΔK)m, dans le domaine 2 (Paris et Erdogan, 1963).
- Marches de rochet
- Petites marches entre plusieurs origines voisines de fissures de fatigue.
- MEB
- Microscope électronique à balayage.
- MPa·√m, N·mm−3/2
- Unités de K ; 1 MPa·√m = 31,62 N·mm−3/2.
- Np
- Durée de propagation : nombre de cycles pour passer de a0 à aC.
- nm, µm
- Nanomètre (10⁻⁹ m) ; micromètre (10⁻⁶ m).
- R
- Rapport de charge σmin/σmax = Kmin/Kmax. Sans lien avec la « courbe-R ».
- rp
- Rayon de la zone plastique en pointe de fissure, ≈ (Kmax/Re)²/(2π).
- Strie de fatigue
- Ride microscopique de la cassure laissée par un cycle ; son espacement vaut da/dN.
- Tolérance aux dommages
- Conception qui admet des fissures, à condition de les détecter par inspection avant qu'elles ne deviennent critiques.
- Transgranulaire
- Qui traverse les grains.
- Y
- Facteur géométrique, sans unité (≈ 2 pour une petite fissure de surface, convention du polycopié qui y inclut √π).
- ZAT
- Zone affectée thermiquement : partie du métal de base modifiée par la chaleur du soudage.
Ai-je bouclé la série ?
Dix points à cocher de tête
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