Avant de commencer
Le cours 3 en trois cases
| Chapitre du cours | Ce qu'il apporte à l'IWE | Normes et repères |
|---|---|---|
| 1 Concevoir le joint | choisir un type de joint, calculer un recouvrement, le représenter sur un plan | ISO 2553 (symboles), ISO 17779 (essai de cisaillement) |
| 2 Contraintes et fissuration par métal liquide | prévoir les contraintes thermiques, éviter les fissures | dilatation différentielle, détensionnement |
| 3 Aciers, fontes et cuivreux | choisir apport, flux et procédé pour les métaux courants | ISO 17672 (apports), ISO 18496 (flux) |
| 4 Inox, aluminium, nickel, titane, carbures, céramiques | braser les matériaux difficiles | ISO 17672 ; sujets 2.15 et 2.20 |
| 5 Les imperfections | classer une imperfection, remonter à sa cause | ISO 18279 |
| 6 Contrôler | choisir les contrôles et les essais, fixer des critères | EN 12799 (non destructifs), EN 12797 (destructifs) |
(Formation IWE : International Welding Engineer, ingénieur international en soudage.) Le coordinateur en soudage répond aussi des assemblages brasés de son entreprise. Il valide les plans (type de joint, recouvrement, jeu, symbole), choisit l'apport et le procédé selon les matériaux, prévient les fissures dues aux contraintes, et décide des contrôles et des critères d'acceptation. Quand un joint fuit ou casse, c'est lui qui doit nommer l'imperfection et remonter à sa cause.
La série en quatre cours
Le plan du cours
- 1Concevoir le joint
Types de joints, symboles, longueur de recouvrement : les extrémités travaillent.
- 2Contraintes et fissuration par métal liquide
Deux métaux qui se dilatent différemment ; une brasure liquide qui s'infiltre dans un métal tendu.
- 3Aciers, fontes et cuivreux
Les métaux courants : quel apport, quel procédé, quels pièges.
- 4Inox, aluminium, nickel, titane, carbures, céramiques
Les matériaux difficiles, et l'étroite fenêtre de l'aluminium.
- 5Les imperfections
Les six groupes de l'ISO 18279, leurs causes et leurs remèdes.
- 6Contrôler
Voir dans le joint sans l'ouvrir, puis l'ouvrir pour prouver : critères d'acceptation.
Concevoir le joint
Une brasure travaille en cisaillement : tout se joue sur le recouvrement
Une brasure est un alliage souvent moins résistant que les pièces qu'elle assemble, et elle ne forme qu'une couche très mince, de l'épaisseur du jeu. Pour que le joint soit aussi fort que les pièces, on ne lui demande pas de tenir en traction sur une petite section : on le fait travailler en cisaillement (les deux faces glissent l'une sur l'autre) sur une grande surface. C'est le principe du joint à recouvrement : les deux tôles se chevauchent sur une longueur L, et la brasure remplit l'espace entre elles.
- Bout à bout : la brasure n'a que la section de la tôle pour travailler. C'est le joint le plus faible ; on l'évite, sauf pour des pièces larges peu chargées.
- À recouvrement et emboîtement (tube dans un manchon) : les joints de référence du brasage. La surface brasée grandit avec L.
- En écharpe (bords biseautés) et bout à bout à recouvrement : plus de surface sans surépaisseur, au prix d'un usinage.
- En T : la brasure forme un congé de chaque côté ; on l'utilise pour des raidisseurs, des ailettes, des piquages.
Quand on tire sur un joint à recouvrement, il se passe la même chose qu'avec un pansement : la charge passe d'une tôle à l'autre surtout par les deux extrémités du recouvrement. Le milieu travaille peu. Heureusement, la brasure est un métal ductile : avant de casser, elle se déforme aux extrémités et passe la main au milieu. À la rupture, tout le recouvrement participe.
La règle d'atelier la plus connue en découle : un recouvrement d'au moins trois fois l'épaisseur de la tôle la plus mince. Le but est que l'assemblage casse dans le métal de base, jamais dans la brasure. C'est d'ailleurs le critère de l'essai de cisaillement de l'ISO 17779 : si la rupture passe par la brasure, le recouvrement est trop court.
Manipulation 1 : dimensionner un joint à recouvrement
Deux tôles de largeur b = 20 mm brasées à recouvrement, avec un jeu h = 0,08 mm. Choisis un couple de matériaux, puis règle l'épaisseur t, le recouvrement L, la résistance de la tôle Rm et celle de la brasure au cisaillement τr. Le curseur de charge, ou le bouton ▶, tire sur le joint : la courbe montre le cisaillement τ(x) le long du recouvrement. Modèle pédagogique : répartition élastique de Volkersen, brasure parfaitement plastique à τr ; résistances au cisaillement en ordres de grandeur.
La longueur de recouvrement
Pour une tôle d'épaisseur t et de largeur b, la tôle casse sous la charge Fb = Rm·t·b, et la brasure cède en cisaillement sous Fj = τr·L·b. On veut que la brasure tienne plus que la tôle, avec une marge Y :
L : recouvrement (mm) ; Lr : longueur brasée requise (mm) ; Rm : résistance à la traction de la pièce la plus faible (MPa) ; t : épaisseur de la pièce la plus mince (mm) ; τr : résistance de la brasure au cisaillement (MPa) ; Y ≈ 1,25 = 1/C, où C ≈ 0,8 est un « facteur d'intégrité » qui couvre les petits manques de liaison
Exemple d'un fabricant d'apports : tôle de Monel recuit (alliage nickel-cuivre), t = 1,27 mm, Rm = 483 MPa, brasure à l'argent τr ≈ 172 MPa : Lr = 1,25 × 483 × 1,27/172 ≈ 4,5 mm, soit 3,5 t. La règle des 3 t (3,8 mm) serait un peu courte ici, parce que le Monel est résistant. Avec b = 20 mm, la tôle casse sous Fb = 483 × 1,27 × 20 ≈ 12,3 kN.
Pour un tube de diamètre extérieur D emboîté sur la longueur L, la section du tube vaut π·t·(D − t) et la surface brasée π·D·L :
D : diamètre extérieur du tube (mm) ; π : le nombre pi, qui se simplifie
Tube de cuivre recuit 22 × 1 mm (Rm ≈ 220 MPa), brasure à l'argent (τr ≈ 170 MPa) : Lr = 1,25 × 1 × 21 × 220/(22 × 170) ≈ 1,5 mm. Les raccords à braser du commerce ont des emboîtements bien plus profonds : ils doivent aussi guider et aligner le tube, tolérer un remplissage imparfait, et résister à la flexion, aux vibrations et à la pression.
La répartition de Volkersen
En 1938, Volkersen a calculé la répartition du cisaillement dans un recouvrement : les tôles s'allongent sous la charge, la couche de brasure glisse, et le cisaillement se concentre aux extrémités. Pour deux tôles identiques, avec x mesuré depuis le milieu du recouvrement :
τmoy = F/(b·L) : cisaillement moyen (MPa) ; ω (« oméga ») : inverse d'une longueur (mm⁻¹) ; Gb : module de cisaillement de la brasure (≈ 30 GPa pour une brasure à l'argent) ; h : épaisseur de brasure, égale au jeu (mm) ; E : module d'Young des tôles (MPa) ; cosh, sinh : cosinus et sinus hyperboliques, cosh u = (eᵘ + e⁻ᵘ)/2 et sinh u = (eᵘ − e⁻ᵘ)/2
Le rapport entre le pic, atteint aux extrémités, et la moyenne vaut τmax/τmoy = (ωL/2)·coth(ωL/2), où coth = cosh/sinh est la cotangente hyperbolique. Pour un cuivre de 1 mm (E ≈ 120 GPa) et h = 0,08 mm : ω = √(2 × 30 000/(0,08 × 120 000 × 1)) = 2,5 mm⁻¹, soit une longueur caractéristique 1/ω = 0,4 mm. Avec L = 2 mm, le pic vaut 2,5 fois la moyenne ; avec L = 10 mm, 12,5 fois. Tant que tout reste élastique, seuls un ou deux millimètres à chaque bout portent vraiment la charge.
Une brasure ductile se plastifie d'abord aux extrémités ; les zones plastiques gagnent vers le milieu, et à la rupture le cisaillement est presque uniforme. C'est ce qui justifie le calcul simple Fj = τr·L·b pour une charge statique. Mais en fatigue, ou avec une brasure fragile (apports au nickel, intermétalliques épais), ce sont les pics élastiques qui commandent : allonger le recouvrement au-delà de quelques 1/ω n'apporte presque rien. On adoucit alors les extrémités : bords amincis ou chanfreinés, congés de brasure. Le recouvrement simple, enfin, fléchit sous la charge parce que les deux tôles ne sont pas alignées : un effort de pelage s'ajoute aux extrémités.
Représenter un joint brasé sur un plan
Les principes de l'ISO 2553 s'appliquent aussi aux joints brasés : une flèche désigne le joint, une ligne de référence porte le symbole et les cotes, et la fourche, au bout de la ligne, reçoit le numéro du procédé selon l'ISO 4063 (912 pour la flamme, par exemple). Trois symboles désignent les assemblages propres au brasage (et au collage) : l'assemblage de surface (deux traits parallèles), l'assemblage oblique (deux traits obliques) et l'assemblage replié (deux crochets agrafés). Ils figuraient dans l'édition de 1992 de l'ISO 2553 ; l'ISO 15785, consacrée aux assemblages collés, agrafés et sertis, les reprend à l'identique.
Un bon plan de joint brasé prévoit : des pièces qui se positionnent seules (épaulement, emboîtement, sertissage) pour tenir le jeu sans montage ; un logement pour l'apport préplacé (anneau, feuillard) ; une alimentation d'un seul côté, pour que la brasure chasse le flux et l'air devant elle ; des évents pour les volumes clos ; et des surfaces accessibles au contrôle visuel du congé.
Contraintes et fissuration par métal liquide
Deux métaux qui tirent chacun de leur côté, une brasure qui s'infiltre
Premier danger : la dilatation différentielle. Brasons une plaquette de carbure de tungstène sur une tige d'acier. À la température de brasage, l'acier s'est allongé bien plus que le carbure, car son coefficient de dilatation est plus de deux fois plus grand (α ≈ 14 contre 6 × 10⁻⁶ K⁻¹). La brasure se solidifie et colle les deux pièces dans cet état. Au refroidissement, l'acier veut se raccourcir davantage que le carbure, mais il en est empêché : le carbure est comprimé, l'acier tendu, la couche de brasure cisaillée, et l'ensemble se cintre comme un bilame. Si la brasure ou le carbure ne suivent pas, ils se fissurent.
Les remèdes : une brasure ductile, une couche plus épaisse, ou mieux un apport « sandwich », un feuillard dont l'âme en cuivre, très ductile, se déforme pour absorber l'écart ; des plaquettes plus petites ; un refroidissement lent.
Second danger : la fissuration par métal liquide. Certains métaux, s'ils sont tendus au moment où la brasure liquide les touche, se fissurent en quelques secondes : le liquide pénètre entre les grains et les décolle, comme un coin dans une bûche déjà fendue. Les fissures, intergranulaires et ramifiées, se retrouvent remplies de brasure. On parle aussi de fragilisation par métal liquide (en anglais liquid metal embrittlement, LME).
Il faut trois conditions à la fois : un métal sensible (inox austénitiques, alliages de nickel, alliages durcis par précipitation, laitons, maillechorts et bronzes écrouis), une contrainte de traction (écrouissage, formage, emmanchement serré, montage qui bride, chauffe trop rapide) et une brasure liquide. Il suffit d'en supprimer une : détensionner ou recuire la pièce avant le brasage, laisser les pièces libres, chauffer lentement et uniformément, ou choisir un apport plus chaud qui détensionne la pièce avant de fondre.
Manipulation 2 : la carte du risque de fissuration
Choisis le métal de base et l'apport, le bridage du montage (la contrainte σbr qu'il impose à la pièce) et la vitesse de chauffe v. Le graphique suit la contrainte de traction σ de la pièce pendant la chauffe : les contraintes d'écrouissage se relâchent en montant en température, d'autant moins que la chauffe est rapide. La zone rouge combine brasure liquide (au-dessus du solidus de l'apport) et contrainte au-dessus du seuil du métal. Le bouton « Détensionner » ajoute un recuit de détente avant le brasage. Modèle pédagogique : relaxation, seuils et contraintes thermiques sont des ordres de grandeur.
L'écart de dilatation
Entre la température où la brasure se fige (son solidus) et l'ambiante, l'écart de déformation libre entre les deux pièces vaut :
ε : écart de déformation (sans unité) ; Δα : écart des coefficients de dilatation (K⁻¹) ; ΔT : écart entre le solidus de l'apport et l'ambiante (K) ; γ : glissement imposé à la brasure à l'extrémité du joint (sans unité) ; L : longueur brasée (mm) ; h : épaisseur de brasure (mm)
Exemple : plaquette de carbure de 20 mm sur acier, brasée à l'Ag 449 (solidus 680 °C). ε = 8 × 10⁻⁶ × 660 ≈ 5,3 × 10⁻³, soit 0,11 mm d'écart sur 20 mm. Avec une couche de 0,1 mm, le glissement aux extrémités vaudrait γ ≈ 5,3 × 10⁻³ × 10/0,1 ≈ 0,53, bien plus que ce que la brasure ou le carbure supportent sans se fissurer. Une couche déformable de 0,4 mm, comme l'âme de cuivre d'un feuillard sandwich, divise ce glissement par quatre (γ ≈ 0,13), et le cuivre, très ductile, l'encaisse.
| Couple | α (× 10⁻⁶ K⁻¹) | Δα (× 10⁻⁶ K⁻¹) | Conséquence |
|---|---|---|---|
| Carbure sur acier | 6 / 14 | 8 | carbure comprimé, risque de fissure : apport sandwich |
| Cuivre sur acier | 18 / 14 | 4 | jeu qui change à chaud (cours 1) ; contraintes modérées |
| Aluminium sur acier | 25 / 14 | 11 | fortes contraintes, et intermétalliques Fe-Al fragiles |
| Titane sur acier | 10 / 14 | 4 | intermétalliques Fe-Ti fragiles : couche intermédiaire |
Le mécanisme de la fissuration par métal liquide
Le métal liquide abaisse fortement l'énergie des joints de grains qu'il touche. Sous une contrainte de traction, il s'y propage en quelques secondes : la fissure principale part de la surface mouillée, souvent au bord du congé, et se ramifie entre les grains. Elle se distingue de l'érosion (dissolution du métal de base par la brasure, cours 1), qui ronge la surface sans fissurer, et de la corrosion interfaciale (chapitre 4), qui apparaît en service, des mois plus tard.
| Origine de la contrainte | Remède |
|---|---|
| Écrouissage d'un tube étiré, d'une tôle formée, d'un ressort | pièces à l'état recuit, ou recuit de détente avant brasage |
| Emmanchement serré, montage qui bride les pièces | jeu juste suffisant, montage qui laisse les pièces se dilater |
| Gradients thermiques d'une chauffe locale rapide | chauffe plus lente et plus uniforme |
| Apport fondu alors que la pièce est encore tendue | apport plus chaud, qui détend la pièce avant de fondre (four sous vide, BNi), ou métal de base moins sensible |
En soudage, le même phénomène s'observe avec le zinc liquide des tôles galvanisées d'aciers à haute résistance, ou avec le cuivre fondu au contact d'un acier tendu.
Un échangeur en tubes d'inox écrouis, brasés à l'argent à la flamme et maintenus dans un gabarit rigide, peut se fissurer au premier joint. Commander des tubes recuits, laisser du jeu dans le gabarit et chauffer largement règlent le problème ; en grande série, le four sous vide avec un apport au nickel détend les pièces avant que l'apport fonde.
Aciers, fontes et cuivreux
Les métaux courants : leur apport, leur procédé, leurs pièges
- Les aciers non alliés se brasent facilement. À la flamme ou par induction, on prend un apport à l'argent (Ag 155, vers 680 °C) avec un flux FH10, ou un laiton CuZn40 vers 910 °C avec un flux FH21. En grande série, le cuivre pur au four sous azote hydrogéné, vers 1 110 °C, sans flux, avec un jeu presque nul, brase des milliers de pièces par jour. Une clé est interdite : le cuivre-phosphore, car le phosphore forme avec le fer des phosphures fragiles à l'interface.
- L'acier galvanisé porte du zinc, qui fond à 420 °C et bout à 907 °C. Un brasage à l'argent bref limite les dégâts ; le soudobrasage au fil CuSi3 (cours 3) préserve mieux le revêtement. Les fumées de zinc imposent une aspiration.
- Les fontes exposent en surface des lamelles de graphite, que la brasure ne mouille pas. Il faut les éliminer (grenaillage, oxydation du graphite à la flamme ou bain de sel électrolytique), puis braser à l'argent, à basse température, ou soudobraser au laiton pour une réparation.
- Le cuivre a sa clé à lui : le cuivre-phosphore, autodécapant, qui se passe de flux sur le cuivre pur. C'est l'apport de la plomberie et du froid. Le cuivre électrolytique Cu-ETP, qui contient de l'oxygène, ne supporte pas l'hydrogène à chaud (cours 2) ; le cuivre désoxydé au phosphore Cu-DHP, celui des tubes de plomberie, et le cuivre sans oxygène Cu-OF n'ont pas ce défaut.
- Les laitons contiennent du zinc qui s'évapore si l'on chauffe trop : on prend un apport à bas point de fusion (argent) et un flux FH10. Le cuivre-phosphore y exige un flux, car il n'est autodécapant que sur le cuivre pur. Écroui, un laiton peut se fissurer au contact de la brasure liquide (chapitre 2).
Manipulation 3 : le tableau des couples métal-apport
Chaque case croise un métal de base (ligne) et une famille d'apport (colonne) : ✓ couple recommandé, ! possible avec précautions, ✕ à proscrire. Choisis une case, avec les boutons ou en cliquant sur le tableau : la fiche donne le procédé, le flux ou l'atmosphère, les avantages et les pièges. Le bouton ▶ passe en revue les meilleures clés de chaque métal. Synthèse pédagogique des usages courants.
| Métal de base | Apports conseillés (ISO 17672) | Procédés usuels | Flux ou atmosphère | À éviter |
|---|---|---|---|---|
| Acier non allié | Ag 155 ; Cu 141 (cuivre pur) ; CuZn40 | flamme, induction ; four continu | FH10 ; N₂-H₂ ou gaz endothermique ; FH21 | cuivre-phosphore |
| Acier galvanisé | Ag 155 ; CuSi3 en soudobrasage | flamme brève ; arc (972), laser | FH10 ; gaz de protection | four (le zinc s'évapore), CuP |
| Fonte grise | apports à l'argent ; CuZn40 en soudobrasage | flamme, induction | FH10 ; FH21 | CuP, cuivre pur au four (trop chaud) |
| Cuivre Cu-DHP, Cu-OF | CuP 179, CuP 284 ; Ag 155 ; étain | flamme, induction, four | sans flux (CuP) ; FH10 (argent) | cuivre pur (même fusion) |
| Cuivre Cu-ETP | comme le cuivre, sans hydrogène | flamme neutre, induction | flux, ou atmosphère neutre | four à hydrogène, flamme très réductrice |
| Laiton | Ag 155 ; CuP avec flux ; étain | flamme, induction | FH10 | CuZn et cuivre pur (fusion trop proche) |
Les phosphures. Le phosphore du CuP désoxyde le cuivre : c'est ce qui le rend autodécapant. Mais au contact du fer ou du nickel, il forme des phosphures (Fe₃P, Ni₃P) qui tapissent l'interface d'une couche dure et fragile : le joint casse au premier choc ou à la première vibration. Le CuP est réservé au cuivre et à ses alliages ; les fabricants le déconseillent aussi sur les cupronickels riches en nickel (au-delà d'environ 10 %).
Le cuivre au four. Très fluide à 1 110 °C, le cuivre pur pénètre des jeux de quelques centièmes de millimètre, voire des emmanchements légèrement serrés ; l'atmosphère réductrice remplace le flux. La température élevée grossit le grain de l'acier et peut le déformer : on le réserve aux pièces conçues pour ce cycle, souvent traitées thermiquement ensuite.
Les cuivreux et le zinc. Les laitons perdent du zinc par évaporation au-delà de quelques minutes au rouge : surface poreuse, fumées blanches. On brase vite, juste au-dessus du liquidus d'un apport à l'argent, et l'on aspire les fumées.
Un compresseur hermétique associe une coque en acier et des tubes de cuivre. Les piquages cuivre sur acier sont brasés à l'argent par induction en usine ; les liaisons cuivre sur cuivre, sur le chantier, au CuP sans flux. Deux clés sur la même machine, chacune pour son couple.
Inox, aluminium, nickel, titane, carbures, céramiques
Les matériaux difficiles, et l'étroite fenêtre de l'aluminium
- Les inox sont protégés par un film d'oxyde de chrome, tenace : il faut un flux FH12 à l'air, ou un four sous vide ou sous hydrogène très sec (cours 2). Deux pièges s'y ajoutent. Brasé avec un apport argent-cuivre-zinc sans nickel et plongé dans l'eau, un joint d'inox peut se décoller le long de l'interface au bout de quelques mois : c'est la corrosion interfaciale, que l'on évite avec un apport à l'argent contenant du nickel (Ag 449, par exemple) ou un apport au nickel. Et un inox non stabilisé, maintenu entre environ 450 et 850 °C, précipite des carbures de chrome aux joints de grains et devient sensible à la corrosion (sensibilisation) : on choisit des nuances à bas carbone (304L, 316L) ou stabilisées (321).
- L'aluminium est le cas extrême. Son oxyde, l'alumine, ne se réduit pas : il faut un flux FL ou le vide avec du magnésium. Surtout, ses apports Al-Si fondent à peine plus bas que lui. La température de brasage doit dépasser le liquidus de l'apport sans atteindre le solidus de la pièce : une fenêtre de quelques dizaines de degrés, parfois nulle.
- Les alliages de nickel et les superalliages se brasent au four sous vide avec des apports au nickel (BNi), qui contiennent du bore et du silicium pour abaisser leur point de fusion. Ces éléments diffusent dans la pièce ; s'il en reste trop au milieu du joint, ils y forment des borures durs et fragiles.
- Le titane avale l'oxygène, l'azote et l'hydrogène à chaud et devient cassant : vide ou argon très pur, et apports choisis pour éviter les intermétalliques fragiles avec le cuivre ou le fer.
- Les carbures (outils) se brasent à l'Ag 449, dont le manganèse et le nickel aident le mouillage, avec un flux FH12 ; les grandes plaquettes demandent un feuillard sandwich (chapitre 2).
- Les céramiques ne se laissent pas mouiller par les brasures ordinaires. Deux solutions : les métalliser d'abord (couche de molybdène-manganèse, puis nickel), ou les braser avec un apport actif argent-cuivre-titane sous vide : le titane réagit avec la céramique et forme une couche que la brasure mouille.
Manipulation 4 : la fenêtre de brasage de l'aluminium
Choisis l'alliage de base, l'apport Al-Si et le mode de brasage (flux FL10 ou FL20, four CAB, c'est-à-dire sous azote avec un flux FL20, ou four sous vide), puis règle la température de brasage Tb. Le schéma place l'intervalle de fusion de l'apport, le solidus de la pièce et la fenêtre qui les sépare ; la jauge compare la teneur en magnésium de la pièce à ce que tolère le procédé. Fraction liquide calculée sur le diagramme Al-Si simplifié du cours 1 (règle des segments à 577 °C, puis interpolation jusqu'au liquidus).
L'aluminium : une fenêtre et une teneur en magnésium
| Alliage de base | Solidus | Magnésium | Fenêtre avec 4343 (liquidus 613 °C) | avec 4045 (591 °C) | avec 4047 (582 °C) |
|---|---|---|---|---|---|
| 1050A | 646 °C | ≈ 0 | 33 °C | 55 °C | 64 °C |
| 3003 | 643 °C | ≈ 0 | 30 °C | 52 °C | 61 °C |
| 6063 | 615 °C | 0,45 à 0,9 % | 2 °C | 24 °C | 33 °C |
| 6061 | 582 °C | 0,8 à 1,2 % | − 31 °C | − 9 °C | 0 °C |
La fenêtre se calcule simplement : ΔTf = Tsol(base) − Tliq(apport). Une charge de four n'est jamais homogène à mieux que quelques degrés près : une fenêtre d'une dizaine de degrés est déjà délicate, une fenêtre nulle ou négative interdit le couple. Le 6061 ne se brase pas avec ces trois apports (cours 1) ; on lui préfère le 6063 ou un alliage de la série 3000.
Un apport hypoeutectique comme le 4343 fond progressivement. Juste au-dessus de l'eutectique (577 °C), la règle des segments donne sa fraction liquide : fL = (7,5 − 1,65)/(12,6 − 1,65) ≈ 0,53, soit un peu plus de la moitié. Le reste fond entre 577 et 613 °C. Plus la teneur en silicium est proche de l'eutectique (12,6 %), plus l'apport fond franchement.
Le magnésium durcit les alliages 6000 mais gêne le flux : il forme en surface de l'oxyde de magnésium, que le flux dissout mal, et le flux le capte. Limites usuelles : 3 % environ pour un flux FL10, 0,8 % pour un flux FL20, et de l'ordre de 0,3 % en four CAB (sous azote, avec FL20). Sous vide, c'est l'inverse : le magnésium, ajouté à l'apport, s'évapore et piège l'oxygène résiduel (rôle de « getter », de l'anglais to get, capter). Les résidus du FL10, à base de chlorures, sont corrosifs et doivent être lavés ; ceux du FL20 restent en place.
Inox, nickel, titane, céramiques
Corrosion interfaciale de l'inox. Dans l'eau, la corrosion d'un joint d'inox brasé avec un apport Ag-Cu-Zn sans nickel progresse le long de l'interface, comme dans une fente, jusqu'au décollement de la brasure. Les apports qui contiennent du nickel (Ag-Cu-Zn-Ni, ou Ag-Cu-Zn-Mn-Ni comme l'Ag 449) résistent beaucoup mieux à ce mode de ruine ; les apports au nickel, brasés sous vide, l'évitent.
Borures des apports au nickel. Le bore, petit atome, diffuse vite dans la pièce, où il précipite des borures de chrome près de l'interface. S'il n'a pas eu le temps de partir, le centre du joint se solidifie en une bande eutectique continue de borures et de siliciures, dure et fragile. Remèdes : jeu faible (vers 0,05 mm, le bas de la plage du cours 1), palier plus long, voire brasage-diffusion (procédé 919), où l'on maintient la pièce assez longtemps pour que le joint se solidifie à température constante, sans phase fragile au centre.
Titane. Braser sous vide ou sous argon très pur, avec des apports à l'argent ou des apports titane-zirconium-cuivre-nickel, de préférence sous la température de transformation du titane, et sans contact avec le fer (intermétalliques Fe-Ti).
Brasage actif. Un apport Ag-Cu contenant quelques pour cent de titane, chauffé sous vide (de l'ordre de 850 à 900 °C), mouille l'alumine, la zircone ou le nitrure de silicium : le titane réduit la surface de la céramique et forme une couche de réaction (oxydes ou nitrures de titane) que la brasure mouille. Comme la céramique se dilate peu, on soigne la forme des pièces et le refroidissement (chapitre 2).
Les radiateurs et condenseurs automobiles : tôles plaquées 3003/4343, flux FL20, four CAB sous azote, des millions de pièces. Les aubes et secteurs de turbines : superalliages, apports au nickel, four sous vide et brasage-diffusion. Les traversées isolantes des tubes à vide et des capteurs : alumine métallisée ou brasée par apport actif, sous vide.
Les imperfections
Six groupes selon l'ISO 18279, et une cause derrière chacune
Un joint brasé contient presque toujours des imperfections. Certaines sont nuisibles dans tous les cas, d'autres sont sans conséquence selon le service du joint. L'ISO 18279 les range en six groupes :
- Groupe I, les fissures : dans la brasure, à l'interface, dans le métal de base affecté par le brasage, ou plus loin dans le métal de base.
- Groupe II, les cavités : pores, soufflures, retassures, vides laissés par un remplissage incomplet.
- Groupe III, les inclusions solides : flux piégé, oxydes.
- Groupe IV, les défauts de liaison : la brasure est là, mais elle n'a pas mouillé et ne tient pas à une face.
- Groupe V, les défauts de forme et de dimension : congé incomplet, excès de brasure, coulures, déformation, désalignement.
- Groupe VI, les imperfections diverses : résidus de flux, coloration, projections, fusion localisée.
Le travail du détective tient en quatre temps : nommer l'imperfection et son groupe, la situer (dans la brasure, à l'interface, dans le métal de base), remonter à sa cause (préparation, jeu, chauffe, flux, contraintes), puis corriger le mode opératoire. Un flux piégé au milieu du joint, par exemple, raconte presque toujours une brasure arrivée par les deux bords à la fois.
Manipulation 5 : le diagnostic
Huit pièces sorties de l'atelier, chacune avec son histoire. Observe la coupe ou la radiographie générée, puis choisis le groupe ISO 18279 de l'imperfection et sa cause. Le bouton ▶ promène la loupe sur la pièce et entoure la zone suspecte. Images schématiques ; dans une radiographie, la brasure dense apparaît claire et les vides sombres.
Groupe de l'imperfection
Cause la plus probable
L'ISO 18279 (deuxième édition, 2023) distingue quatre zones dans un assemblage brasé : le métal de base, le métal de base affecté par le brasage (sa zone affectée thermiquement, ZAT), la zone de diffusion-transition à l'interface, et le métal d'apport solidifié. Chaque imperfection reçoit une désignation alphanumérique qui commence par le numéro de son groupe : par exemple 1AAAA pour une fissure, avec une dernière lettre qui précise sa position (B dans la brasure, C à l'interface et dans la zone de diffusion, D dans la ZAT, E dans le métal de base non affecté).
| Groupe | Exemples | Causes typiques | Remèdes |
|---|---|---|---|
| I Fissures | dans la brasure, à l'interface, dans le métal de base | dilatation différentielle, refroidissement brutal, bridage, fissuration par métal liquide, phosphures ou intermétalliques fragiles | apport ductile ou sandwich, détensionnement, montage libre, apport adapté au métal |
| II Cavités | pores, soufflures, retassures, vides de remplissage | gaz du flux ou de l'humidité, zinc vaporisé par surchauffe, jeu trop grand ou irrégulier | jeu correct, température juste, flux sec, évents |
| III Inclusions solides | flux piégé, oxydes | brasure arrivant par deux bords, flux en excès ou épuisé | alimentation d'un seul côté, flux dosé et adapté |
| IV Défauts de liaison | manque de liaison sur une face | oxyde, graisse, calamine ; face trop froide ; flux épuisé | préparation des surfaces, chauffe équilibrée |
| V Forme et dimension | congé incomplet, excès, coulures, déformation, désalignement | chauffe déséquilibrée, apport mal placé ou mal dosé, montage | chauffer tout le joint, doser l'apport, tenir les pièces |
| VI Divers | résidus de flux, coloration, projections, fusion localisée | nettoyage absent, surchauffe locale | lavage, température maîtrisée |
La norme liste aussi l'érosion du métal de base, à la surface comme à l'intérieur du joint (alliage excessif de l'apport et du métal de base, cours 1). Elle définit des symboles communs avec le chapitre 1 : l, longueur du recouvrement brasé ; lr, longueur brasée requise ; lu, recouvrement avant brasage ; tj, épaisseur du joint. Elle ne fixe pas de niveau d'acceptation, car il dépend trop de l'application, mais son annexe B suggère des niveaux de qualité pour les applications générales ; l'édition de 2023 en ajoute un plus exigeant pour les applications critiques.
À l'atelier, chaque rebut est décrit par son groupe ISO 18279, sa position, sa cause probable et l'action corrective (modification du DMOB, de la préparation, du montage). Au bout de quelques semaines, le tri des fiches montre où agir en premier.
Contrôler
Voir dedans sans ouvrir, puis ouvrir pour prouver
Les contrôles non destructifs examinent le joint sans l'abîmer. L'EN 12799 en décrit sept :
- l'examen visuel, toujours en premier : congés continus des deux côtés, absence de fissure, de coulure et de résidus de flux ;
- l'essai d'étanchéité (bulles, chute de pression, hélium), indispensable pour tout ce qui contient un fluide ;
- le ressuage, qui révèle les fissures débouchantes grâce à un liquide coloré ou fluorescent ;
- la radiographie, qui voit les vides et les inclusions, comme une radio voit une fracture ;
- les ultrasons, qui voient la liaison : une onde traverse une interface brasée, mais rebondit sur une lame d'air. En balayant le recouvrement, on obtient une carte, le C-scan, comme une échographie ;
- l'essai d'épreuve, une charge ou une pression supérieure à celle du service ;
- la thermographie, qui suit la diffusion d'un flash de chaleur : un manque de liaison la freine.
Les essais destructifs, décrits par l'EN 12797, ouvrent ou cassent des éprouvettes : cisaillement, traction, examen métallographique (coupes), dureté, pelage (on arrache une tôle pour voir la surface réellement brasée) et pliage. Ils servent à qualifier un mode opératoire (cours 3) et à surveiller la production sur prélèvements.
Ces deux normes décrivent les méthodes, pas les critères. L'acceptation vient de la norme du produit, du client, des niveaux suggérés par l'ISO 18279 et, pour la qualification, de l'ISO 17779 : à l'essai de cisaillement, par exemple, la rupture doit passer dans le métal de base.
Manipulation 6 : le C-scan d'un recouvrement
Une sonde à ultrasons balaie un recouvrement de longueur L sur une largeur de 20 mm. Choisis le type de défaut et la part non liée : la carte montre les zones liées (bleu) et non liées (violet). La manipulation calcule le pourcentage lié et la longueur liée efficace Leff, et la compare à la longueur requise Lr calculée dans la manipulation 1. Cartes générées, modèle pédagogique.
| Méthode | Ce qu'elle voit | Ce qu'elle ne voit pas | Emploi typique |
|---|---|---|---|
| Visuel | congés, fissures et porosités débouchantes, coulures, résidus | tout l'intérieur du recouvrement | 100 % des joints |
| Étanchéité | une fuite, même minuscule (hélium : de l'ordre de 10⁻⁹ mbar·L/s et moins) | un joint étanche mais à peine rempli | échangeurs, circuits frigorifiques, réservoirs |
| Ressuage | fissures et pores débouchants | les défauts internes | congés, pièces critiques |
| Radiographie | vides, inclusions de flux, manques de remplissage | un manque de liaison quand la brasure est en place ; les fissures fines mal orientées par rapport au faisceau | joints épais, pièces de grande valeur |
| Ultrasons (C-scan) | zones liées et non liées, sur toute la surface | les petits défauts sous la taille du faisceau ; les formes complexes | plaquettes de carbure, recouvrements plans, pièces aéronautiques |
| Thermographie | manques de liaison près de la surface | les défauts profonds | grandes surfaces brasées |
| Épreuve | la tenue à une charge ou une pression de preuve | la marge restante | appareils sous pression |
Le débit de fuite s'exprime en mbar·L/s : la quantité de gaz, comptée comme une pression fois un volume, qui traverse la paroi chaque seconde.
Du C-scan à la longueur efficace
La sonde, focalisée et immergée dans l'eau, envoie des impulsions de haute fréquence. À chaque point, l'écho de l'interface est faible si la brasure transmet l'onde à l'autre tôle, fort si une lame d'air la renvoie. La carte des échos donne l'aire liée Aliée sur l'aire du recouvrement L·b :
plié : part liée (sans unité, ou en %) ; Aliée : aire liée (mm²) ; Leff : longueur liée efficace (mm) ; Lr : longueur brasée requise du chapitre 1 (mm)
Exemple : recouvrement de 6 mm sur 20 mm de large (120 mm²), avec 36 mm² non liés : plié = 84/120 = 0,70, Leff = 0,70 × 6 = 4,2 mm. Pour la tôle de Monel du chapitre 1 (Lr ≈ 4,5 mm), le joint est refusé, alors qu'il aurait été accepté avec 30 mm² non liés (Leff = 4,5 mm). La position compte aussi : un manque situé à une extrémité retire au joint la zone qui porte le plus (chapitre 1), et la pire ligne de la carte renseigne mieux qu'une moyenne.
Les essais destructifs
Au cisaillement, on note la charge et le lieu de rupture ; une rupture dans la brasure signale un recouvrement trop court ou un joint mal lié. Au pelage, on enroule une tôle avec une pince ou un rouleau : la surface arrachée montre directement la part liée et les inclusions. Les coupes métallographiques mesurent le remplissage, les congés, l'érosion, l'épaisseur des intermétalliques et les fissures ; la dureté repère une zone fragile ou un métal de base adouci. Pour un joint à recouvrement, l'ISO 17779 demande au minimum l'examen visuel, deux coupes, puis deux cisaillements ou deux pelages (cours 3).
Pour un échangeur à plaques en inox brasé sous vide : examen visuel et essai d'étanchéité à l'hélium sur 100 % des pièces, essai d'épreuve en pression, et, à chaque charge du four, une éprouvette témoin brasée avec les pièces, coupée et examinée. Les résultats s'archivent avec les courbes du four, pour la traçabilité.
Exercices corrigés
Six exercices et un défi, du recouvrement au C-scan
Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Écris la formule littérale, puis les valeurs avec leurs unités (1 MPa = 1 N/mm², donc MPa × mm × mm donne des newtons). Les manipulations 1 à 6 permettent de vérifier tes résultats ; le défi se rejoue dans les manipulations 1 et 6.
Exercice 1 : dimensionner un recouvrement N1 · chapitre 1
Deux tôles de Monel recuit, t = 1,27 mm, Rm = 483 MPa, brasées à l'argent (τr ≈ 172 MPa) ; largeur b = 20 mm ; Y = 1,25.
a) Calcule la longueur brasée requise Lr.
b) Compare-la à la règle des 3 t.
c) On brase avec L = 3 mm. Calcule Fb et Fj. Où casse l'éprouvette de cisaillement, et que conclut l'ISO 17779 ?
d) Quelle part de Fb porterait un joint bout à bout brasé ?
Voir la correction
a) Lr = Y·Rm·t/τr = 1,25 × 483 × 1,27/172 ≈ 4,46 mm, soit environ 4,5 mm (3,5 t).
b) 3 t = 3,81 mm : la règle d'atelier serait un peu courte, parce que le Monel est résistant (Rm élevé devant τr). Elle ne remplace pas le calcul.
c) Fb = 483 × 1,27 × 20 ≈ 12 270 N ≈ 12,3 kN ; Fj = 172 × 3 × 20 = 10 320 N ≈ 10,3 kN. Fj < Fb : la brasure cède avant la tôle. Pour l'ISO 17779, une rupture dans la brasure signale un recouvrement trop court : l'essai n'est pas satisfaisant (manipulation 1, préréglage « Monel + argent », L = 3 mm).
d) Surface brasée t·b : F = 172 × 1,27 × 20 ≈ 4 370 N, soit 172/483 ≈ 36 % de Fb. D'où le recouvrement.
Exercice 2 : le tube et la répartition de Volkersen N2 · chapitre 1
Tube de cuivre recuit 22 × 1 mm (Rm ≈ 220 MPa, E ≈ 120 GPa), brasé à l'argent (τr ≈ 170 MPa, Gb ≈ 30 GPa) avec un jeu h = 0,08 mm ; Y = 1,25.
a) Calcule la longueur d'emboîtement requise.
b) En traitant la paroi comme une tôle de 1 mm, calcule ω, puis le rapport τmax/τmoy pour L = 2 mm et L = 10 mm.
c) Pourquoi les raccords du commerce ont-ils des emboîtements bien plus profonds ? Et pourquoi, en fatigue, un emboîtement très long n'aide-t-il plus ?
Voir la correction
a) Lr = Y·t·(D − t)·Rm/(D·τr) = 1,25 × 1 × 21 × 220/(22 × 170) ≈ 1,54 mm.
b) ω = √(2Gb/(h·E·t)) = √(2 × 30 000/(0,08 × 120 000 × 1)) = √6,25 = 2,5 mm⁻¹. Pour L = 2 mm : ωL/2 = 2,5 et τmax/τmoy = 2,5 × coth 2,5 ≈ 2,53. Pour L = 10 mm : ωL/2 = 12,5, coth ≈ 1, rapport ≈ 12,5.
c) L'emboîtement profond guide et aligne le tube, tolère un remplissage imparfait et résiste à la flexion, aux vibrations et à la pression. En fatigue, ce sont les pics élastiques aux extrémités qui commandent : au-delà de quelques 1/ω (ici 0,4 mm), la longueur supplémentaire ne porte presque rien et le pic ne baisse plus.
Exercice 3 : carbure, sandwich et fissuration N2 · chapitre 2
Une plaquette de carbure (α ≈ 6 × 10⁻⁶ K⁻¹) de 20 mm est brasée sur une tige d'acier (α ≈ 14 × 10⁻⁶ K⁻¹) à l'Ag 449 (solidus 680 °C).
a) Calcule l'écart de déformation ε entre le solidus et 20 °C, et l'écart de longueur sur 20 mm.
b) Calcule le glissement γ aux extrémités pour une couche de 0,1 mm, puis de 0,4 mm.
c) Un tube d'inox écroui est brasé à l'Ag 155 à la flamme (environ 10 °C/s), serré dans un gabarit rigide. Quel risque ? Propose trois remèdes.
d) Pourquoi un apport au nickel brasé lentement au four sous vide réduit-il ce risque ?
Voir la correction
a) ε = Δα·ΔT = 8 × 10⁻⁶ × 660 ≈ 5,3 × 10⁻³ ; sur 20 mm : ΔL = 5,28 × 10⁻³ × 20 ≈ 0,11 mm.
b) γ ≈ ε·(L/2)/h = 5,28 × 10⁻³ × 10/0,1 ≈ 0,53 : bien trop pour une couche mince, la brasure ou le carbure se fissurent. Avec 0,4 mm : γ ≈ 0,13, quatre fois moins, encaissé par l'âme de cuivre d'un feuillard sandwich.
c) Fissuration par métal liquide : métal sensible, contraintes d'écrouissage et de bridage, brasure liquide. Remèdes : tube à l'état recuit ou recuit de détente avant brasage ; gabarit qui laisse les pièces libres ; chauffe plus lente et plus large. La manipulation 2 (inox écroui, Ag 155, 10 °C/s) montre la fissure, puis sa disparition après détensionnement ; avec un bridage de 100 MPa, elle revient.
d) L'apport ne fond que vers 970 °C. Pendant la montée lente, les contraintes d'écrouissage ont le temps de se relâcher : quand la brasure devient liquide, la pièce n'est presque plus tendue (manipulation 2 : inox, BNi-2, 0,2 °C/s).
Exercice 4 : le bon couple N1 · chapitre 3
Propose un apport, un procédé et un flux ou une atmosphère, en une phrase de justification.
a) Raccords cuivre-cuivre d'une installation de chauffage, sur chantier.
b) Piquage de cuivre sur une coque d'acier de compresseur, en série.
c) 50 000 pièces d'acier par an, avec plusieurs joints chacune.
d) Réparation d'un carter en fonte grise fissuré.
e) Un robinet en laiton brasé au CuP sans flux : que se passe-t-il ?
f) Des barres de cuivre Cu-ETP dans un four à hydrogène : bonne idée ?
Voir la correction
a) CuP (CuP 179 ou 284), flamme (912), sans flux : autodécapant sur le cuivre, simple et transportable.
b) Ag 155 + flux FH10, induction (916) : l'acier interdit le CuP ; l'induction donne cadence et répétabilité.
c) Cuivre pur (Cu 141) au four continu (921) sous N₂-H₂, vers 1 110 °C, jeu presque nul : tous les joints en un passage, sans flux.
d) Éliminer le graphite de surface, puis soudobrasage au CuZn40 avec flux FH21, flamme légèrement oxydante (ou apport à l'argent à basse température) : la fonte ne fond pas, pas de fonte blanche fragile.
e) Le CuP n'est autodécapant que sur le cuivre pur : sur le laiton, les oxydes de zinc l'empêchent de mouiller. Il faut un flux FH10, ou un apport à l'argent avec FH10.
f) Non : l'hydrogène réduit les inclusions de Cu₂O en vapeur d'eau aux joints de grains, et le cuivre se fissure. Prendre du Cu-OF ou du Cu-DHP, ou une atmosphère sans hydrogène.
Exercice 5 : aluminium, inox, nickel N2 · chapitre 4
Solidus : 3003 643 °C, 6063 615 °C, 6061 582 °C. Liquidus : 4343 613 °C, 4047 582 °C. Diagramme Al-Si simplifié : eutectique à 577 °C et 12,6 % Si, solubilité maximale 1,65 % Si.
a) Calcule la fenêtre de brasage pour 3003 + 4343, 6063 + 4047, 6063 + 4343 et 6061 + 4047. Commente.
b) Quelle fraction du 4343 (7,5 % Si) est liquide juste au-dessus de 577 °C ?
c) Un échangeur en 6063 (0,45 à 0,9 % Mg) peut-il passer au four CAB ? Quelles autres voies ?
d) Quel apport pour un ballon d'eau chaude en inox, et quelle nuance d'inox ?
Voir la correction
a) ΔTf = Tsol(base) − Tliq(apport) : 3003 + 4343 : 30 °C ; 6063 + 4047 : 33 °C ; 6063 + 4343 : 2 °C, intenable ; 6061 + 4047 : 0 °C, impossible. Le 6063 se brase avec un apport proche de l'eutectique (4047, 4045), pas avec le 4343.
b) Règle des segments : fL = (7,5 − 1,65)/(12,6 − 1,65) ≈ 0,53, un peu plus de la moitié.
c) Le CAB tolère de l'ordre de 0,3 % de magnésium : non. Le flux FL20 (≤ 0,8 %) est à la limite ; le FL10 (≤ 3 %) convient mais ses résidus chlorurés doivent être lavés ; le four sous vide convient, le magnésium y aide même (getter).
d) Un apport à l'argent contenant du nickel (Ag 449) ou un apport au nickel sous vide, contre la corrosion interfaciale dans l'eau ; une nuance à bas carbone (304L, 316L) ou stabilisée (321), contre la sensibilisation entre 450 et 850 °C environ.
Exercice 6 : diagnostic et contrôle N1 · chapitres 5 et 6
a) Coupe d'un recouvrement de 8 mm alimenté par les deux bords : poches sombres irrégulières au milieu du joint. Groupe ISO 18279, cause, remède ?
b) Radiographie parfaite, mais le pelage montre 40 % de surface non liée sur une face restée calaminée. Groupe ? Pourquoi la radio n'a-t-elle rien vu ?
c) C-scan d'un recouvrement de 6 mm sur 20 mm : 36 mm² non liés. Calcule plié et Leff, puis conclus pour la tôle de Monel de l'exercice 1.
d) Pour qualifier un joint à recouvrement selon l'ISO 17779, quels examens et essais faut-il au minimum, et quelles normes en décrivent les méthodes ?
Voir la correction
a) Groupe III, inclusions de flux : la brasure, arrivée par les deux bords, a enfermé le flux au milieu. Remède : alimenter d'un seul côté, doser le flux, prévoir une sortie (manipulation 5, pièce 1).
b) Groupe IV, manque de liaison : la brasure est présente mais n'a pas mouillé la calamine. La radiographie mesure l'absorption des rayons : une brasure présente, liée ou non, absorbe pareil. Le pelage ou les ultrasons le révèlent ; remède : décaper.
c) plié = (120 − 36)/120 = 0,70 ; Leff = 0,70 × 6 = 4,2 mm < Lr ≈ 4,46 mm : refusé (manipulation 6, L = 6 mm, 30 % non lié).
d) Examen visuel complet, deux coupes métallographiques, puis deux essais de cisaillement ou deux essais de pelage. Le visuel relève de l'EN 12799 (contrôles non destructifs) ; coupes, cisaillement et pelage de l'EN 12797 (essais destructifs).
🏆 Défi : du calcul au C-scan N2 · chapitres 1 et 6, à rejouer dans les manipulations 1 et 6
Deux tôles d'inox, t = 1,5 mm, Rm = 600 MPa, brasées à l'Ag 449 (τr ≈ 170 MPa) ; b = 20 mm ; Y = 1,25.
a) Calcule Lr, puis choisis le recouvrement L par pas de 0,5 mm.
b) Calcule Fb et Fj. Où casse l'éprouvette de cisaillement ?
c) En production, le C-scan d'un joint montre un manque à une extrémité, sur 18 % de la surface. Calcule Leff. Le joint est-il accepté ? Casserait-il quand même dans la tôle ?
d) Quel recouvrement (par pas de 0,5 mm) aurait toléré 20 % de surface non liée ?
Voir la correction
a) Lr = 1,25 × 600 × 1,5/170 ≈ 6,62 mm (4,4 t) : on retient L = 7 mm. Manipulation 1 : préréglage « Inox + Ag 449 », puis L = 7 mm.
b) Fb = 600 × 1,5 × 20 = 18 000 N = 18,0 kN ; Fj = 170 × 7 × 20 = 23 800 N = 23,8 kN. Fj > Fb : rupture dans la tôle, l'essai est satisfaisant. ▶ dans la manipulation 1 le montre.
c) Leff = 0,82 × 7 = 5,74 mm < 6,62 mm : refusé. Pourtant 170 × 5,74 × 20 ≈ 19,5 kN > 18,0 kN : à l'essai, la tôle casserait encore la première. Mais la marge n'est plus que 19,5/18,0 ≈ 1,08 au lieu de 1,25 : le facteur d'intégrité est consommé, et le manque se trouve à l'extrémité qui porte le plus. Manipulation 6 : « Manque à une extrémité », L = 7 mm, 18 %.
d) Il faut 0,8·L ≥ 6,62 mm, soit L ≥ 8,27 mm : L = 8,5 mm, qui donne Leff = 0,8 × 8,5 = 6,8 mm ≥ 6,62 mm (manipulation 6, L = 8,5 mm, 20 %).
Quiz : 12 questions éclair
Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste
Fiche mémoire du cours 4
Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête
Le pansement
Les extrémités portent la charge ; la brasure ductile se plastifie et partage avant de rompre. En fatigue, les pics commandent.
Les trois t
Y ≈ 1,25. Monel 1,27 mm : 4,5 mm. À l'essai de cisaillement, la rupture doit passer dans la tôle (ISO 17779).
Le plan
Assemblages de surface, oblique et replié ; numéro de procédé dans la fourche (ISO 2553). Alimenter d'un seul côté.
Le sandwich
Carbure sur acier : ε ≈ 5,3 × 10⁻³. Une âme de cuivre épaissit la couche et absorbe l'écart.
Le coin du bûcheron
Fissuration par métal liquide : détendre avant, montage libre, chauffe lente, apport qui fond après la détente.
Le trousseau
Acier : argent + FH10, cuivre au four, CuZn. Fonte : ôter le graphite. Laiton : flux. Cu-ETP : pas d'hydrogène.
La fenêtre
3003/4343 : 30 °C ; 6061/4047 : 0. Mg ≈ 0,3 % en CAB. Inox : argent au nickel. BNi : gare aux borures.
La loupe
Fissure, cavité, inclusion, liaison, forme, divers (ISO 18279) : nommer, situer, remonter à la cause, corriger le DMOB.
L'échographie
EN 12799 : sept contrôles non destructifs ; EN 12797 : six essais destructifs. La radio ne voit pas un manque de liaison.
Glossaire
Les mots, symboles et sigles de ce cours
- Aliée, plié
- Aire liée mesurée sur un recouvrement (mm²) ; part liée, Aliée/(L·b), sans unité ou en %.
- Ag 155, Ag 449, CuP, Cu 141, Ni 620
- Désignations ISO 17672 d'apports de brasage fort : argent-cuivre-zinc-étain ; argent-cuivre-zinc-manganèse-nickel ; cuivre-phosphore ; cuivre pur ; nickel-chrome-silicium-bore (BNi-2).
- Apport actif
- Apport Ag-Cu contenant quelques pour cent de titane, qui réagit avec une céramique pour la rendre mouillable ; brasé sous vide.
- Assemblage de surface, oblique, replié
- Assemblages propres au brasage et au collage, symbolisés par deux traits parallèles, deux traits obliques et deux crochets (ISO 2553 de 1992, ISO 15785).
- b
- Largeur du joint ou de l'éprouvette (mm).
- BNi, borures
- Apports de brasage au nickel (désignation de l'AWS, American Welding Society), contenant du bore et du silicium ; composés durs et fragiles que le bore forme avec le chrome ou le nickel.
- Brasage-diffusion
- Brasage suivi d'un long maintien qui fait diffuser les éléments abaisseurs de fusion et solidifie le joint à température constante (procédé 919).
- C, Y
- Facteur d'intégrité du joint (≈ 0,8), qui couvre les petits manques de liaison ; coefficient Y = 1/C ≈ 1,25 du calcul de recouvrement.
- C-scan
- Cartographie par ultrasons d'une surface : chaque point est coloré selon l'écho de l'interface (lié ou non lié).
- CAB
- Controlled atmosphere brazing : brasage de l'aluminium au four sous azote, avec un flux FL20.
- cosh, sinh, coth
- Cosinus hyperbolique (eᵘ + e⁻ᵘ)/2, sinus hyperbolique (eᵘ − e⁻ᵘ)/2, cotangente hyperbolique cosh/sinh.
- Corrosion interfaciale
- Corrosion d'un joint d'inox brasé à l'argent sans nickel, qui progresse le long de l'interface dans l'eau jusqu'au décollement.
- CuZn40, CuSi3
- Laiton à 40 % de zinc ; bronze à 3 % de silicium, fil de soudobrasage des tôles galvanisées.
- Cu-DHP, Cu-ETP, Cu-OF
- Cuivre désoxydé au phosphore ; cuivre électrolytique contenant de l'oxygène, fragilisé par l'hydrogène à chaud ; cuivre sans oxygène.
- D
- Diamètre extérieur d'un tube (mm).
- Δα, ε, γ
- Écart des coefficients de dilatation (K⁻¹) ; écart de déformation libre Δα·ΔT (sans unité) ; glissement imposé à la couche de brasure (sans unité).
- ΔTf
- Fenêtre de brasage : solidus du métal de base moins liquidus de l'apport (°C).
- E, Gb
- Module d'Young des tôles ; module de cisaillement de la brasure (MPa ou GPa).
- EN 12797, EN 12799
- Essais destructifs des joints brasés (cisaillement, traction, métallographie, dureté, pelage, pliage) ; contrôles non destructifs (visuel, ultrasons, radiographie, ressuage, étanchéité, épreuve, thermographie).
- Érosion
- Dissolution excessive du métal de base par la brasure liquide, qui amincit la paroi.
- F, Fb, Fj
- Charge appliquée ; charge de rupture de la tôle Rm·t·b ; capacité de la brasure τr·L·b (N).
- Fissuration par métal liquide (LME)
- Fissuration intergranulaire rapide d'un métal sensible, tendu, au contact d'un métal liquide ; en anglais liquid metal embrittlement.
- FH10, FH12, FH21, FL10, FL20
- Classes de flux (ISO 18496) : brasage fort des métaux lourds, des inox et carbures, des laitons ; flux de l'aluminium, à résidus corrosifs (FL10) ou non (FL20).
- Getter
- Élément qui capte l'oxygène résiduel d'un four (le magnésium dans le brasage sous vide de l'aluminium).
- h
- Jeu entre les pièces, égal à l'épaisseur de la brasure (mm).
- IMC
- Composés intermétalliques (intermetallic compounds), phases dures et souvent fragiles formées à l'interface.
- ISO 17779, ISO 18279, ISO 2553
- Qualification des modes opératoires de brasage fort ; imperfections des joints brasés (six groupes) ; représentation symbolique des joints sur les plans.
- L, Lr, Leff
- Longueur du recouvrement ; longueur brasée requise par le calcul ; longueur liée efficace plié·L (mm). L'ISO 18279 les note l, lr.
- mbar·L/s
- Unité de débit de fuite : pression fois volume de gaz qui traverse la paroi par seconde.
- Métallisation
- Dépôt d'une couche métallique (molybdène-manganèse puis nickel) qui rend une céramique brasable par un apport ordinaire.
- ω
- Paramètre de Volkersen (mm⁻¹) : ω² = 2Gb/(h·E·t) ; 1/ω est la longueur sur laquelle les extrémités concentrent le cisaillement.
- pDMOB, PV, DMOB
- Descriptif préliminaire de mode opératoire de brasage ; procès-verbal de qualification ; descriptif de mode opératoire qualifié (ISO 17779).
- Pelage
- Essai destructif qui arrache une tôle d'un recouvrement pour voir la surface réellement brasée.
- Phosphures
- Composés fragiles (Fe₃P, Ni₃P) formés par le phosphore du CuP avec le fer ou le nickel.
- Rm
- Résistance à la traction du métal de base (MPa).
- Ressuage
- Contrôle des défauts débouchants par un liquide pénétrant coloré ou fluorescent, puis un révélateur.
- Sandwich (feuillard)
- Feuillard d'apport à âme de cuivre, dont la couche ductile absorbe la dilatation différentielle (carbures).
- Sensibilisation
- Précipitation de carbures de chrome aux joints de grains d'un inox maintenu vers 450 à 850 °C, qui le rend sensible à la corrosion.
- σ, σres, σbr
- Contrainte de traction dans la pièce ; part due à l'écrouissage (résiduelle) ; part due au montage (bridage), en MPa.
- t
- Épaisseur de la tôle la plus mince, ou de la paroi du tube (mm).
- τ(x), τmoy, τmax, τr
- Cisaillement dans la brasure à l'abscisse x ; sa moyenne F/(b·L) ; son pic aux extrémités ; résistance de la brasure au cisaillement (MPa).
- Tôle plaquée
- Tôle d'aluminium revêtue d'une couche d'apport Al-Si laminée (âme 3003, placage 4343 ou 4045).
- Volkersen
- Auteur du calcul (1938) de la répartition élastique du cisaillement dans un joint à recouvrement.
- v
- Vitesse de chauffe (°C/s).
- ZAT
- Zone affectée thermiquement : métal de base modifié par la chaleur du brasage sans avoir fondu.
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| Question | L'outil | Cours | Le réflexe du braseur |
|---|---|---|---|
| Pourquoi la brasure entre-t-elle dans le joint ? | mouillage, capillarité, jeu, diagrammes de fusion, liaison | 1 | soigner le jeu et la propreté, régler la température sur l'apport |
| Comment vaincre l'oxyde ? | préparation, flux FH et FL, atmosphères, vide, apports ISO 17672 | 2 | un flux actif avant la fusion de l'apport, ou une atmosphère assez sèche |
| Comment chauffer et figer la recette ? | procédés ISO 4063, cycles thermiques, DMOB, ISO 17779, ISO 13585 | 3 | mesurer les températures, qualifier le mode opératoire et les braseurs |
| Le joint tiendra-t-il ? | recouvrement, Volkersen, fissuration par métal liquide, couples métal-apport, ISO 18279, EN 12797 et 12799 | 4 | dimensionner, détendre, choisir la bonne clé, contrôler |