Avant de commencer
Le cours 3 en trois cases
| Chapitre du cours | Polycopié | Ce qu'il apporte à l'IWE |
|---|---|---|
| 1 Préparer le joint | § 12.1 dispositions avant soudage (p. 51), § 12.13 préparation des bords (p. 60), § 12.14 agrafage des joints (p. 61) | choisir une préparation, réussir l'accostage et le pointage |
| 2 Préchauffer | § 14 préchauffage (p. 90) | estimer une température de préchauffage, prévenir la fissuration à froid |
| 3 Le geste | § 12.3 production de l'arc (p. 53), § 12.15 passes de finition (p. 61), § 12.16 le soudeur (p. 61), § 12.19 reprise de cordons (p. 67) | amorcer, reprendre et finir un cordon sans défaut |
| 4 Les positions | § 12.18 positions de soudage (p. 65), § 11.3 symbolisation des positions (p. 50) | nommer une position, choisir électrode, diamètre et intensité |
| 5 Les soudures bout à bout | § 12.20 meulage de la 1re passe (p. 68), § 12.21 à 12.25 soudage bout à bout dans chaque position (p. 68 à 72), § 12.26 lattes de cuivre (p. 74) | organiser les passes, réussir la racine, choisir un support envers |
| 6 Les soudures d'angle | § 12.27 soudure d'angle (p. 74), § 12.28 calibre de soudure (p. 76), § 12.29 et 12.30 gouttière et montant (p. 77) | dimensionner et mesurer une gorge, souder un angle dans chaque position |
- ISO 9692-1 : types de préparation de joint pour le soudage manuel à l'arc avec électrode enrobée (procédé 111 de l'ISO 4063), le soudage sous protection gazeuse, le soudage aux gaz, le soudage TIG et le soudage par faisceau des aciers ; elle donne les formes et les cotes de référence des chanfreins.
- ISO 6947 (édition 2019) : positions de soudage, de PA à PK.
- ISO 9606-1 : qualification des soudeurs pour le soudage par fusion des aciers ; elle utilise les abréviations BW (butt weld, soudure bout à bout) et FW (fillet weld, soudure d'angle).
- EN 1011-2 : recommandations pour le soudage à l'arc des aciers ferritiques (carbone équivalent, échelles d'hydrogène, préchauffage, temps de refroidissement).
- ISO 13916 : mesure de la température de préchauffage, de la température entre passes et de la température de maintien.
- ISO 2553 : représentation symbolique des soudures sur les dessins (gorge a, côté z).
- DMOS : descriptif de mode opératoire de soudage, la « recette » écrite qui fixe préparation, électrodes, préchauffage, position et paramètres ; QMOS : qualification du mode opératoire, qui prouve par des essais que le DMOS donne une soudure conforme.
Sur un chantier, la plupart des défauts naissent avant ou pendant les premières secondes de soudage : un chanfrein trop fermé, un écartement irrégulier, un pointage qui casse, une pièce épaisse soudée à froid, un amorçage sur la tôle, une reprise mal faite. Le coordinateur en soudage écrit le DMOS qui prévient ces erreurs, vérifie l'accostage avant soudage, fait mesurer le préchauffage et choisit des soudeurs qualifiés dans la bonne position.
La série en cinq cours
Le plan du cours
- 1Préparer le joint
Chanfreiner, accoster, pointer : le joint se gagne avant d'amorcer.
- 2Préchauffer
Ralentir le refroidissement et chasser l'hydrogène : combien de degrés, et pourquoi.
- 3Le geste
Amorcer, reprendre, finir : trois moments où naissent les défauts.
- 4Les positions
De PA à PG : la face du cordon regarde le ciel, l'horizon ou le sol.
- 5Les soudures bout à bout
Racine, remplissage, finition, et les supports envers.
- 6Les soudures d'angle
Gorge, côté, convexité, et la mesure au calibre.
Préparer le joint
Chanfreiner, accoster, pointer : le joint se gagne avant d'amorcer
Un couturier ne coud jamais deux pièces de tissu posées au hasard. Il coupe les bords proprement, les épingle à intervalles réguliers pour qu'ils ne glissent pas, puis il coud. Le soudeur fait de même, en trois temps : il prépare les bords, il les accoste (il les présente l'un contre l'autre à la bonne distance), puis il les pointe par de courts cordons qui tiennent l'assemblage pendant le soudage.
Avant même de préparer (polycopié, § 12.1), on vérifie que tout est prêt : le DMOS a été lu ; le matériau, l'épaisseur et les électrodes sont ceux qu'il prévoit, et les électrodes sont sèches (cours 3) ; le poste est réglé et la prise de masse serrée sur du métal propre, près du joint (cours 1) ; le joint est propre et sec sur une bande de part et d'autre, sans rouille, calamine, peinture, graisse ni humidité, car tout cela se décompose dans l'arc en gaz et en hydrogène.
Pourquoi chanfreiner ? L'arc d'une électrode enrobée ne pénètre que de un à quelques millimètres dans l'acier (cours 2). Au-delà de quelques millimètres d'épaisseur, il ne peut plus atteindre le fond du joint : on taille les bords en biseau pour ouvrir un passage jusqu'à la racine, le fond du joint, et souder sur toute l'épaisseur. C'est la préparation des bords (polycopié, § 12.13). Les formes de base portent le nom de la lettre qu'elles dessinent : bords droits I, chanfrein en V, double V en X, et U aux flancs presque droits ; pour un assemblage en T, on chanfreine un seul bord, en demi-V ou en J.
Le pointage, que le polycopié appelle agrafage (§ 12.14), fixe la position des pièces et l'écartement de la racine. Une pointe est une vraie soudure : même électrode, même préchauffage que le reste du joint, et assez longue pour ne pas casser.
Manipulation 1 : préparer, pointer, remplir
Choisis la forme du chanfrein, puis règle l'épaisseur t, l'angle d'ouverture α, l'écartement b, le talon c et la longueur L du joint. En haut, la coupe du joint et ses passes ; en bas, le joint vu de dessus avec ses pointes. Le bouton ▶ pointe le joint, puis le remplit passe par passe. Modèle pédagogique : surépaisseur de 1,5 mm sur chaque face soudée ; racine de 12 mm² (⌀ 3,2) puis passes de 20 mm² (⌀ 4) ; U de rayon 6 mm et de flancs à 10° ; pointes d'au moins 30 mm (t ≤ 6 mm) ou 40 mm, au pas de 400 mm au plus ; électrodes à 95 % d'efficacité (cours 3).
Les cotes d'une préparation
La norme ISO 9692-1 décrit, pour le procédé 111, les formes de chanfrein et leurs cotes de référence selon l'épaisseur ; le DMOS reprend la préparation choisie. Les repères suivants sont des ordres de grandeur couramment admis pour l'acier, pas les valeurs de la norme :
| Préparation | Domaine indicatif | Ce qu'elle apporte |
|---|---|---|
| I, bords droits | quelques millimètres : d'un seul côté jusque vers 3 à 4 mm, des deux côtés au-delà | aucun usinage ; la pénétration de l'arc suffit |
| V | de quelques millimètres à une vingtaine ; α ≈ 50 à 60° (biseau de 25 à 30°), talon ≈ 1 à 2 mm, écartement ≈ 1 à 4 mm | soudage d'un seul côté, accès facile |
| X (double V) | fortes épaisseurs, au-delà d'une quinzaine de millimètres | deux fois moins de métal qu'un V épais, déformation équilibrée |
| U | fortes épaisseurs, d'un seul côté | flancs presque droits : moins de métal qu'un V quand l'épaisseur croît |
A0 : section du chanfrein à remplir, sans la surépaisseur (mm²) ; t : épaisseur ; c : talon ; b : écartement (mm) ; α : angle d'ouverture ; tan : la tangente, rapport des côtés d'un triangle rectangle (tan 30° ≈ 0,577). Le X symétrique a deux chanfreins de profondeur (t − c)/2 : la partie en biseau est divisée par deux.
Exemple : t = 20 mm, α = 60°, b = 2 mm, c = 2 mm. En V : A0 = 18² × 0,577 + 2 × 20 ≈ 227 mm². En X : A0 = 18²/2 × 0,577 + 40 ≈ 134 mm², soit 41 % de métal en moins. En U (R = 6 mm, flancs à 10°), A0 ≈ 266 mm² : à 20 mm, le U ne gagne rien sur le V ; à 40 mm, il en demande 23 % de moins (701 contre 914 mm²). La manipulation 1 le montre en faisant varier t.
Pointer sans fragiliser
Une pointe courte refroidit très vite : sa zone affectée trempe, et elle peut fissurer, surtout sur un acier à haute résistance ou épais. D'où les règles de pointage données par les recommandations de fabricants et de bonnes pratiques :
- longueur : au moins 30 mm pour une tôle de 6 mm ou moins, 40 mm au-delà (recommandation japonaise JASS 6, reprise par un fabricant d'électrodes) ;
- pas : environ 400 mm au plus entre deux pointes ;
- électrode et préchauffage : ceux du DMOS, avec des basiques pour les pièces épaisses ; sur les aciers à haute résistance, un fabricant conseille même de préchauffer les pointes de 40 à 50 °C de plus que le joint, car elles refroidissent plus vite ;
- soudeur et contrôle : une pointe qui reste dans la soudure est faite par un soudeur qualifié et contrôlée visuellement ; ses extrémités sont meulées en pente pour que la passe de racine les refonde sans défaut.
Avant de souder, le contrôleur ou le soudeur vérifie l'accostage : angle et talon conformes au DMOS, écartement régulier, bords alignés sans dénivellation, pointes saines. Un défaut d'alignement de quelques millimètres sur une racine ne se rattrape pas au soudage : il donne un manque de pénétration d'un côté et un excès de l'autre. Corriger un accostage prend quelques minutes ; réparer une racine, des heures.
Préchauffer
Ralentir le refroidissement, laisser partir l'hydrogène
Verse de l'eau bouillante dans une théière froide : la porcelaine peut se fendre. Rince-la d'abord à l'eau chaude, et tout se passe bien. L'acier soudé connaît un drame voisin. Le cours 3 a posé le triangle de la fissuration à froid : de l'hydrogène diffusible, une zone affectée dure (la martensite, qui naît d'un refroidissement trop rapide) et des contraintes de retrait. Réunis, ils fissurent la zone affectée, parfois des heures après le soudage.
Le préchauffage consiste à chauffer la pièce autour du joint avant de souder, et à la garder chaude pendant le soudage (polycopié, § 14). Il agit sur deux côtés du triangle :
- il ralentit le refroidissement : le temps t8/5 passé entre 800 et 500 °C s'allonge (cours 2), la zone affectée trempe moins et reste moins dure ;
- il laisse partir l'hydrogène : plus longtemps chaud, l'acier laisse l'hydrogène diffuser hors du joint avant qu'il ne se concentre.
Combien faut-il préchauffer ? Cela dépend de cinq facteurs, que la manipulation 2 fait jouer : la composition de l'acier (résumée par un carbone équivalent), son épaisseur (une pièce épaisse pompe la chaleur), l'hydrogène apporté par l'électrode, l'énergie de soudage (un gros bain refroidit plus lentement) et le bridage de l'assemblage.
Manipulation 2 : combien de degrés ?
Choisis un acier (analyse type, à titre d'exemple), ajuste au besoin son carbone C et son manganèse Mn, puis règle l'épaisseur d, l'hydrogène HD de l'électrode, l'énergie de soudage Q et le préchauffage réellement appliqué T0. Le graphique compare la température conseillée par la méthode B de l'EN 1011-2 et par l'abaque de Séférian ; le bouton ▶ refroidit le joint après le passage de l'arc, sans préchauffage et avec. Formules exactes de l'EN 1011-2 (méthode B et t8/5, facteur de forme 0,9 d'une soudure bout à bout), et formule qui reproduit l'abaque de Séférian ; compositions d'exemple.
Le carbone équivalent
Le carbone est le premier responsable de la trempe ; les autres éléments d'alliage y contribuent moins. On résume la composition par un carbone équivalent, une teneur en carbone fictive qui aurait le même effet sur la trempabilité. L'EN 1011-2 en utilise deux :
Teneurs en % en masse : C carbone, Mn manganèse, Cr chrome, Mo molybdène, V vanadium, Ni nickel, Cu cuivre. CE : carbone équivalent de l'IIW, utilisé par la méthode A ; CET : carbone équivalent de la méthode B.
Exemple (analyse type d'un S355, à titre d'exemple : C 0,18 ; Mn 1,50 ; Cr 0,05 ; Mo 0,01 ; V 0,01 ; Ni 0,05 ; Cu 0,10) : CE = 0,18 + 0,25 + 0,014 + 0,010 ≈ 0,45 % et CET = 0,18 + 0,151 + 0,0075 + 0,0013 ≈ 0,34 %.
Les méthodes de l'EN 1011-2
La méthode A lit la température de préchauffage sur des graphiques, à partir du CE, d'une échelle d'hydrogène, de l'épaisseur combinée (la somme des épaisseurs par lesquelles la chaleur s'évacue autour du joint) et de l'énergie de soudage. Les échelles d'hydrogène classent l'électrode selon son hydrogène diffusible, en ml pour 100 g de métal déposé : A au-delà de 15, B de 10 à 15, C de 5 à 10, D de 3 à 5, E au plus 3. Une basique H5 bien conservée relève de l'échelle D.
La méthode B donne une formule :
Tp : température de préchauffage (°C) ; CET en % ; d : épaisseur (mm) ; HD : hydrogène diffusible (ml/100 g) ; Q : énergie de soudage (kJ/mm), Q = k·U·I/v avec k = 0,8 pour le procédé 111 (cours 2) ; tanh : la tangente hyperbolique, qui croît de 0 vers 1 et traduit ici l'effet de l'épaisseur qui sature. Domaine de validité : CET de 0,2 à 0,5 %, d de 10 à 90 mm, HD de 1 à 20 ml/100 g, Q de 0,5 à 4 kJ/mm, et des teneurs limites (C de 0,05 à 0,32 % notamment).
Exemple : le S355 ci-dessus, d = 25 mm, électrode basique H5 (HD = 5), Q = 1,2 kJ/mm : Tp = 697 × 0,34 + 160 × tanh(0,714) + 62 × 50,35 + (53 × 0,34 − 32) × 1,2 − 328 ≈ 99 °C. Avec une électrode à 15 ml/100 g, la même formule donne ≈ 150 °C : l'hydrogène coûte 50 °C de préchauffage. Un repère utile : 0,01 % de CET en plus demande environ 7,5 °C de plus.
L'abaque de Séférian
Très répandu dans la formation française, l'abaque de Séférian donne la température de préchauffage en fonction du carbone équivalent et de l'épaisseur e de la tôle la plus épaisse. Il se résume par une formule :
[C] : carbone équivalent corrigé de l'épaisseur ; e : épaisseur (mm) ; √ : racine carrée. Aucun préchauffage n'est demandé si [C] ≤ 0,25. Séférian avait défini son propre carbone équivalent ; l'abaque est souvent employé avec le CE de l'IIW, comme dans ce cours.
Pour le même S355 de 25 mm : [C] = 0,454 × 1,125 ≈ 0,51 et Tp = 350 × √0,26 ≈ 179 °C, contre 99 °C par la méthode B. Les méthodes ne coïncident pas : Séférian ignore l'hydrogène et l'énergie, et donne ici une valeur bien plus prudente. C'est le DMOS, qualifié par des essais, qui fixe la température à appliquer.
Mesurer et tenir la température
On chauffe au chalumeau, par résistances électriques ou par induction, sur une large bande autour du joint et dans toute l'épaisseur. L'ISO 13916 fixe où mesurer : sur la face de la pièce, à une distance du bord du chanfrein de l'ordre de quatre fois l'épaisseur (au plus 50 mm pour les épaisseurs courantes). On mesure avec des crayons thermosensibles, qui fondent à une température donnée, ou un thermomètre de contact. Le DMOS fixe aussi une température entre passes maximale, pour ne pas surchauffer le joint, et parfois un maintien en température après soudage (postchauffage) pour faire sortir l'hydrogène.
Sur un chantier, le soudeur trace un trait de crayon thermosensible près du joint : s'il fond, la température est atteinte. Le DMOS fixe deux crayons, un pour le préchauffage minimal et un pour la température entre passes maximale. Le coordinateur vérifie aussi que le préchauffage s'étend sur toute la longueur soudée de la journée, pas seulement là où l'on commence.
Le geste
Amorcer, reprendre, finir : trois moments où naissent les défauts
Un calligraphe sait que les défauts naissent quand la plume touche le papier, quand il la retrempe dans l'encre, et quand il la lève. Le soudeur à l'électrode enrobée vit les mêmes trois moments, et une électrode ne dure qu'une minute environ (cours 1) : il les répète donc des dizaines de fois par joint.
- 1Amorcer
On allume l'arc en grattant le bout de l'électrode comme une allumette, ou en touchant la pièce puis en relevant aussitôt (polycopié, § 12.3). Toujours dans le joint, jamais sur la tôle à côté : un amorçage hors du joint laisse un coup d'arc, une petite zone fondue et trempée qui peut amorcer une fissure. Avec une basique, on amorce un peu en avant du départ, puis on revient : le métal des premières gouttes, mal protégé, est refondu.
- 2Reprendre
L'électrode est usée : on pique et l'on brosse le laitier du cratère, on amorce un peu en avant du cratère, on revient dans le cratère, on marque un temps pour le refondre, puis on repart (polycopié, § 12.19). Repartir sur place laisse un creux ou un manque de fusion ; repartir sans décrasser emprisonne du laitier.
- 3Finir
En fin de cordon, on remplit le cratère par un temps d'arrêt ou un petit retour en arrière, puis on écarte l'électrode. Couper l'arc net laisse un cratère creux, où une fissure de cratère naît souvent au refroidissement.
Entre ces moments, le soudeur tient un arc court, une avance régulière et les angles du cours 2. Il dépose un cordon tiré, en avançant en ligne droite, ou un cordon balayé, en oscillant d'un bord à l'autre (zigzag, triangle, croissant). Le balayage élargit le cordon, mais ralentit l'avance : il chauffe davantage et use l'électrode sur une longueur plus courte, donc multiplie les reprises. Les passes de finition, en surface, se posent régulières, raccordées en douceur au métal de base et sans caniveau, chacune recouvrant en partie la précédente (polycopié, § 12.15).
Manipulation 3 : le soudeur virtuel
Choisis la façon d'amorcer, de reprendre et de finir, le diamètre de l'électrode, la largeur de balayage (en multiples du diamètre) et la longueur du joint. Le dessin montre le cordon vu de dessus, électrode après électrode, avec ses reprises et ses défauts ; le bouton ▶ soude le joint. Modèle pédagogique : électrodes de 350 mm (⌀ 2,5 et 3,2) ou 450 mm (⌀ 4) à 95 % d'efficacité, bout de 40 mm ; I = 50·(d − 1) ; U = 20 + 0,04·I (cours 1) ; section du cordon tiré de 8, 12 et 20 mm², proportionnelle à la largeur.
Combien de reprises par mètre ?
Chaque électrode dépose un volume VD de métal ; étalé sur un cordon de section A, il couvre une longueur Le. Chaque électrode finie impose une reprise :
Le : longueur de cordon par électrode (mm) ; VD : volume déposé (mm³) ; mD : masse déposée par électrode (g) ; ρ : masse volumique de l'acier, 7,85 × 10⁻³ g/mm³ ; A : section du cordon (mm²) ; L : longueur du joint (mm).
Exemple : une électrode de 3,2 × 350 mm dépose 18,6 g (cours 3), soit VD = 18,6/7,85 × 10⁻³ ≈ 2 370 mm³. En cordon tiré de 12 mm², Le ≈ 197 mm : 6 électrodes et 5 reprises pour un mètre. Balayé deux fois plus large (24 mm²), Le ≈ 99 mm : 11 électrodes et 10 reprises.
Le balayage agit aussi sur l'énergie. L'électrode fond à débit constant pour une intensité donnée ; pour remplir une section deux fois plus grande, il faut avancer deux fois moins vite, et l'énergie E = U·I/v double : de 0,92 à 1,83 kJ/mm pour une 3,2 à 110 A. D'où les limites de balayage que fixent certains DMOS, en particulier sur les aciers sensibles à la ténacité.
| Geste | Défaut | Remède |
|---|---|---|
| amorçage sur la tôle | coup d'arc : petite zone trempée, amorce de fissure | amorcer dans le joint ou sur une tôle d'amorçage |
| amorçage sur place (basique) | soufflures de départ | amorcer en avant, revenir au départ |
| reprise sans décrasser | inclusion de laitier | piquer et brosser le cratère |
| reprise sans retour au cratère | creux, manque de fusion | amorcer devant, revenir dans le cratère, marquer un temps |
| arc coupé net | cratère creux, fissure de cratère | remplir le cratère avant d'écarter l'électrode |
Le soudeur
Le geste ne s'apprend pas dans un livre : il se répète en atelier (polycopié, § 12.16). Le soudeur est qualifié selon l'ISO 9606-1 par une épreuve qui fixe un procédé, un type de soudure (BW ou FW), un groupe de matériaux, une plage d'épaisseurs et de diamètres, et une ou plusieurs positions (chapitre 4). Un bon geste demande aussi une bonne installation : pièce à hauteur, corps stable, câble soulagé, vue dégagée sur le bain à travers un filtre adapté à l'intensité.
Au contrôle visuel, l'œil exercé suit le cordon et s'arrête à chaque reprise : bosse, creux, changement de largeur, laitier incrusté. Sur une racine, une reprise ratée se voit à l'envers sous forme de trou ou de manque de pénétration. Répétés une fois par électrode, ces petits défauts finissent par coûter cher en réparations.
Les positions
De PA à PG : la face du cordon regarde le ciel, l'horizon ou le sol
Le bain de fusion est un liquide, et la pesanteur ne le lâche jamais. À plat, il repose tranquillement dans le chanfrein ; au plafond, il pend au-dessus du soudeur ; à la verticale, il voudrait couler vers le bas. C'est pourquoi une même soudure ne se fait pas de la même façon dans toutes les positions.
L'ISO 6947 (polycopié, § 12.18) repère une position par deux angles : la pente de l'axe du cordon et la rotation de sa face, c'est-à-dire la direction vers laquelle regarde la surface du cordon. Imagine une boussole dressée à la verticale. Quand l'axe du cordon est horizontal, la face tourne du ciel vers le sol, et les lettres suivent l'alphabet :
| Symbole | Nom | Face du cordon | Exemple |
|---|---|---|---|
| PA | à plat | vers le haut (0°) | bout à bout à plat, angle en gouttière |
| PB | en angle à plat (horizontale en angle) | à 45°, vers le haut | angle en T, semelle horizontale |
| PC | en corniche (horizontale) | vers l'horizon (90°) | bout à bout horizontal sur une paroi verticale |
| PD | en angle au plafond | à 135°, vers le bas | angle en T sous une tôle |
| PE | au plafond | vers le bas (180°) | bout à bout au plafond |
| PF | verticale montante | axe vertical, on soude vers le haut | bout à bout ou angle vertical |
| PG | verticale descendante | axe vertical, on soude vers le bas | racine de tube, tôle mince |
Pour les tubes fixes à axe horizontal, l'ISO 6947 ajoute PH (on soude en montant autour du tube), PJ (en descendant) et PK (soudage orbital). Les positions PB et PD ne concernent que les soudures d'angle : un bout à bout se soude en PA, PC, PE, PF ou PG.
Manipulation 4 : la boussole des positions
Choisis une soudure bout à bout (BW) ou d'angle (FW), un axe horizontal ou vertical, puis tourne la face du cordon avec le curseur. À gauche, la boussole et les secteurs de l'ISO 6947 ; à droite, les tôles, le cordon, la pesanteur et le sens de soudage. Choisis aussi un diamètre : la lecture donne la désignation américaine équivalente, les symboles de position de l'ISO 2560 qui conviennent et une intensité de départ. Secteurs : tableaux 1 et 2 de l'ISO 6947 pour une pente nulle. Intensité, modèle pédagogique : I = 50·(d − 1), diminuée de 5 % en PC et de 10 % en PD, PE et PF.
Où s'arrête une position ?
Pour une éprouvette de qualification, la position réelle ne doit pas s'écarter de plus de ± 5° en pente et ± 10° en rotation de la position principale. En production, les tableaux 1 et 2 de l'ISO 6947 donnent des plages bien plus larges. Pour un axe horizontal (pente nulle), elles découpent la boussole en secteurs jointifs :
| Rotation de la face | Bout à bout (tableau 1) | Angle (tableau 2) |
|---|---|---|
| 0 à 30° | PA | PA |
| 30 à 55° | PC | PB |
| 55 à 100° | PC | PC |
| 100 à 145° | PE | PD |
| 145 à 180° | PE | PE |
La norme donne aussi les pentes admises ; une position hors de ces plages se désigne par sa pente et sa rotation en trois chiffres, par exemple PB 015-010. Sa correspondance américaine (annexe B) : 1G, 2G, 3G, 4G pour les bout à bout PA, PC, PF ou PG, PE ; 1F, 2F, 3F, 4F pour les angles PA, PB, PF ou PG, PD.
Choisir l'électrode, le diamètre et l'intensité
Trois réglages suivent la position :
- l'électrode : son symbole de position dans l'ISO 2560-A doit couvrir la position (1 toutes ; 2 toutes sauf PG ; 3 PA et PB ; 4 PA ; 5 PA, PB et PG). Deux fiches de fabricant l'illustrent : une rutile-cellulosique E 42 0 RC 11 se soude dans toutes les positions, la verticale descendante comprise ; une basique E 42 4 B 32 H5, dans toutes sauf la verticale descendante. Les électrodes à haut rendement, symboles 3 et 4, restent à plat ;
- le diamètre : en position, on choisit un diamètre plus petit, le plus souvent 3,2 mm, rarement plus de 4 mm, pour garder un bain petit que le laitier et la tension superficielle retiennent ;
- l'intensité : on se place plus bas dans la plage du fabricant. Un repère de formateur pour la verticale montante : 5 à 10 % de moins qu'en angle à plat.
Exemple : ⌀ 3,2 mm, repère I = 50·(d − 1) = 110 A à plat ; en PF, le modèle de la manipulation retient 10 % de moins, soit ≈ 99 A, avec une basique de symbole 1 ou 2.
Les techniques : en PF, on monte en balayant en triangle ou en zigzag, avec un temps d'arrêt sur chaque bord pour éviter les caniveaux ; en PG, on descend vite, avec une électrode prévue pour (cellulosique ou rutile de symbole 1 ou 5), sur tôle mince ou en racine de tube ; en PC, on empile des cordons tirés de bas en haut, électrode légèrement relevée ; en PE, on garde un arc très court et de petits cordons.
Un soudeur qualifié selon l'ISO 9606-1 l'est pour la position de son épreuve et pour celles que la norme en déduit. Avant de confier un nœud de charpente en PF ou une soudure au plafond, le coordinateur vérifie le certificat du soudeur, et choisit dans le DMOS l'électrode, le diamètre et l'intensité de la position.
Les soudures bout à bout
Racine, remplissage, finition, et les supports envers
Une soudure bout à bout épaisse se monte comme une pile de crêpes. La première, la passe de racine, est la plus délicate : elle doit fondre les deux talons et former un petit bourrelet régulier à l'envers, sans trou ni manque de pénétration. Viennent ensuite les passes de remplissage, puis les passes de finition en surface. Entre deux passes, on décrasse : on pique et l'on brosse le laitier, sinon il reste emprisonné.
La racine sort souvent bombée, avec deux petits sillons le long des bords, où le laitier de la passe suivante se coince. On meule le profil de la première passe pour l'aplanir (polycopié, § 12.20), et l'on en profite pour supprimer les défauts de départ et de reprise.
Souder d'un seul côté pose un problème : la racine se forme à l'aveugle. Trois solutions :
- la reprise envers : après les premières passes, on retourne la pièce, on creuse l'envers de la racine par meulage ou gougeage (cours 5) jusqu'au métal sain, puis on soude une passe envers ;
- un support envers provisoire : une latte de cuivre serrée sous la racine (polycopié, § 12.26) ou un support céramique collé ; le cuivre, très conducteur, refroidit le bain sans fondre et moule le bourrelet envers ; on retire le support ensuite ;
- une latte d'acier conservée : soudée avec la racine, elle reste dans l'assemblage.
La position change l'empilement (polycopié, § 12.21 à 12.25) : à plat, de larges passes au gros diamètre ; en verticale montante, une passe balayée par couche ; en corniche et au plafond, de nombreux cordons tirés, empilés côte à côte.
Manipulation 5 : souder le joint passe par passe
Choisis la position, la solution pour l'envers et l'épaisseur t d'un joint en V à 60°, écartement 2 mm et talon 1,5 mm, long de 1 m ; décide de meuler ou non le profil de la première passe. Le bouton ▶ empile les passes, numérotées dans l'ordre. Modèle pédagogique : surépaisseur de 1,5 mm ; racine ouverte au ⌀ 2,5 (8 mm²), sur support au ⌀ 3,2 (12 mm²) ; passes de remplissage de 20 mm² à plat (⌀ 4), 18 mm² en PF et 10 mm² en PC et en PE (⌀ 3,2) ; passe envers de 12 mm² ; intensités de la manipulation 4 ; électrodes à 95 % d'efficacité.
Le nombre de passes découle de la section A et de la section déposée par passe, qui dépend de la position :
N : nombre de passes ; A : section à remplir, surépaisseur comprise (mm²) ; Ar : section de la passe de racine ; Ap : section d'une passe de remplissage dans la position (mm²) ; ⌈ ⌉ : arrondi à l'entier supérieur, car une passe entamée compte.
Exemple : V à 60° de 12 mm, b = 2 mm, c = 1,5 mm, soit A ≈ 104,8 mm² (cours 3). À plat sur latte de cuivre : N = 1 + ⌈92,8/20⌉ = 6 passes et ≈ 38 min d'arc par mètre. En PF, racine ouverte au ⌀ 2,5 puis reprise envers : N = 1 + ⌈96,8/18⌉ + 1 = 8 passes et ≈ 64 min d'arc. En corniche sur latte : N = 1 + ⌈92,8/10⌉ = 11 passes. La position coûte du temps : sur latte de cuivre, ≈ 38 min d'arc à plat et ≈ 55 min en PF, près de moitié plus.
| Solution envers | Atout | Limite |
|---|---|---|
| racine ouverte + reprise envers | aucun accessoire ; racine saine après reprise | accès aux deux faces, temps de gougeage ou de meulage |
| latte de cuivre | bourrelet envers moulé, réutilisable | ne doit jamais fondre : du cuivre dans le métal le fragilise |
| support céramique | épouse les formes, se retire facilement | à usage unique ; garder le support sec |
| latte d'acier conservée | racine facile et sûre | reste dans la structure : entaille à la racine (fatigue), interstice (corrosion) ; à prévoir dès la conception |
Sur une soudure d'un seul côté, le contrôleur regarde d'abord l'envers : un bourrelet régulier, sans manque ni excès de pénétration, signe une racine réussie. Quand l'envers est inaccessible, comme dans un tube de petit diamètre ou un caisson fermé, la racine se soude sur support ou par un soudeur entraîné à la racine ouverte, et le contrôle par radiographie ou ultrasons prend le relais.
Les soudures d'angle
Gorge, côté, convexité, et la mesure au calibre
Une soudure d'angle (FW) assemble deux pièces qui se rencontrent en angle, le plus souvent à angle droit : un T, un angle extérieur, un recouvrement (polycopié, § 12.27). Sa coupe ressemble à un triangle. On la décrit par deux grandeurs :
- le côté z, la longueur sur laquelle le cordon s'appuie sur chaque pièce ;
- la gorge a, la hauteur du plus grand triangle isocèle qu'on peut dessiner dans la coupe, mesurée de la racine jusqu'à la face. C'est elle qui porte les efforts : le bureau d'études la calcule et la note sur le plan.
Pour un triangle isocèle rectangle, a = z/√2 ≈ 0,7·z : un cordon de côté 7 mm a une gorge de 5 mm. Une face bombée (convexe) ajoute du métal sans augmenter la gorge ; une face creuse (concave) la diminue. On contrôle la gorge et les côtés au calibre de soudure (polycopié, § 12.28), une petite jauge qu'on pose sur les deux pièces.
La position compte aussi : en gouttière (PA, § 12.29), les pièces inclinées à 45° forment une gouttière où le bain repose, et les côtés sortent égaux ; en angle à plat (PB), le bain glisse vers la tôle horizontale et le côté vertical a tendance à rester court ; en verticale montante (PF, § 12.30), on dépose une gorge plus forte en une passe, en balayant.
Manipulation 6 : mesurer une soudure d'angle
Règle le côté vertical z1, le côté horizontal z2 et la convexité h de la face (négative si elle est creuse), puis la gorge anom demandée par le plan. Le dessin trace le cordon, le plus grand triangle isocèle inscrit et sa hauteur, la gorge réelle ; le bouton ▶ pose le calibre et lit la mesure. Modèle géométrique : face parabolique, gorge réelle calculée sur le triangle isocèle inscrit ; masse pour 1 m de cordon.
a : gorge ; z : côté (mm) ; A : section d'une soudure d'angle à face plate et côtés égaux (mm²), sans la convexité ; m : masse de métal (g) ; ρ = 7,85 × 10⁻³ g/mm³ ; L : longueur (mm). Avec des côtés inégaux, le triangle isocèle inscrit s'appuie sur le plus petit côté : a = zmin/√2.
Exemple : une soudure a5 demande z = 5 × √2 ≈ 7,1 mm, une section A = 5² = 25 mm² et m = 7,85 × 10⁻³ × 25 × 1 000 ≈ 196 g par mètre, soit environ 6 électrodes de 4 × 450 mm (38,4 g chacune, cours 3). Avec 1 mm de convexité, la section monte à ≈ 31,7 mm², 27 % de métal en plus pour la même gorge ; avec 1 mm de concavité, la gorge tombe à 4,0 mm : la soudure n'est plus conforme. Avec des côtés de 6 et 9 mm, la gorge vaut 6/√2 ≈ 4,2 mm seulement.
La gorge croît comme z, mais la section comme z² : une gorge de 8 mm demande 64 mm², plus de deux fois et demie la section d'une a5. Au-delà de quelques millimètres de gorge, on soude en plusieurs passes. Une pénétration profonde à la racine n'est comptée dans la gorge que si le plan le prévoit et que le mode opératoire l'a démontrée.
Lors du contrôle de fabrication, le contrôleur pose son calibre sur chaque soudure d'angle et compare la gorge et les côtés aux cotes du plan. Une soudure trop petite se reprend par une passe supplémentaire ; une soudure systématiquement trop grosse coûte cher en métal, en temps et en déformations, et se corrige au DMOS (diamètre, intensité, vitesse).
Exercices corrigés
Six exercices et un défi, du chanfrein au calibre
Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Écris la formule littérale, puis les valeurs avec leurs unités. Les manipulations 1 à 6 permettent de vérifier tes résultats ; le défi se rejoue dans les manipulations 1, 2, 4 et 5.
Exercice 1 : choisir et pointer N1 · chapitre 1
a) Propose une préparation pour des tôles d'acier de 3 mm, de 10 mm et de 30 mm, accessibles des deux côtés.
b) Pour t = 20 mm, α = 60°, b = 2 mm et c = 2 mm, calcule la section A0 d'un V et d'un X symétrique. Quel gain de métal apporte le X ?
c) Un joint de 2 m en tôle de 10 mm doit être pointé : combien de pointes, de quelle longueur au moins, avec quel pas ?
d) Pourquoi ne pointe-t-on pas de proche en proche à partir d'une extrémité ?
Voir la correction
a) 3 mm : bords droits (I), soudés d'un côté. 10 mm : chanfrein en V (α ≈ 60°, talon ≈ 1 à 2 mm, écartement ≈ 2 mm). 30 mm : X (double V), qui demande moins de métal et équilibre la déformation ; un U conviendrait si l'on ne soude que d'un côté.
b) V : A0 = (t − c)²·tan(α/2) + b·t = 18² × 0,577 + 2 × 20 ≈ 227 mm². X : A0 = 18²/2 × 0,577 + 40 ≈ 134 mm². Gain : 1 − 134/227 ≈ 41 % de métal en moins, et des passes réparties sur les deux faces.
c) Tôle de plus de 6 mm : pointes d'au moins 40 mm ; pas d'au plus 400 mm : 2 000/400 = 5 intervalles, soit 6 pointes, au pas de 400 mm. Manipulation 1 : V, t = 10 mm, L = 2 m.
d) Chaque pointe se rétracte en refroidissant et referme l'écartement devant elle : à l'autre extrémité, il ne reste plus de jeu. On répartit et l'on alterne les pointes.
Exercice 2 : préchauffer un S355 N2 · chapitre 2
Analyse type d'un S355, à titre d'exemple : C 0,18 ; Mn 1,50 ; Cr 0,05 ; Mo 0,01 ; V 0,01 ; Ni 0,05 ; Cu 0,10 (en %).
a) Calcule le carbone équivalent CE de l'IIW et le CET de la méthode B.
b) Par la méthode B de l'EN 1011-2, calcule la température de préchauffage d'une tôle de 40 mm soudée avec une basique H5 (HD = 5 ml/100 g) et une énergie Q = 1,5 kJ/mm.
c) Même calcul avec une électrode qui dépose 15 ml/100 g. Conclus.
d) Que donne l'abaque de Séférian pour e = 40 mm ? Pourquoi les deux méthodes diffèrent-elles ?
e) Où et comment mesure-t-on la température de préchauffage ?
Voir la correction
a) CE = 0,18 + 1,50/6 + (0,05 + 0,01 + 0,01)/5 + (0,05 + 0,10)/15 ≈ 0,454 % ; CET = 0,18 + (1,50 + 0,01)/10 + (0,05 + 0,10)/20 + 0,05/40 ≈ 0,340 %.
b) Tp = 697 × 0,340 + 160 × tanh(40/35) + 62 × 50,35 + (53 × 0,340 − 32) × 1,5 − 328 ≈ 236,8 + 130,5 + 108,9 − 21,0 − 328 ≈ 127 °C.
c) Le terme d'hydrogène passe à 62 × 150,35 ≈ 160,0 : Tp ≈ 178 °C. Une électrode trois fois plus hydrogénée coûte environ 50 °C de préchauffage : sur un S355 épais, on choisit une basique H5 bien étuvée.
d) [C] = 0,454 × (1 + 0,005 × 40) ≈ 0,545 et Tp = 350 × √(0,545 − 0,25) ≈ 190 °C. Séférian ne tient compte ni de l'hydrogène ni de l'énergie, et il emploie un autre carbone équivalent : il donne ici une valeur plus prudente. Le DMOS qualifié fixe la température à appliquer. Manipulation 2 : S355, d = 40 mm, Q = 1,5 kJ/mm, hydrogène 5 puis 15.
e) Selon l'ISO 13916, sur la face de la pièce, à une distance du bord du chanfrein de l'ordre de quatre fois l'épaisseur, au plus 50 mm pour les épaisseurs courantes, après égalisation de la température ; avec un crayon thermosensible ou un thermomètre de contact.
Exercice 3 : les reprises N1 · chapitre 3
a) Remets dans l'ordre les gestes d'une reprise : repartir, amorcer en avant du cratère, piquer le laitier, revenir dans le cratère, brosser, marquer un temps.
b) Une électrode de 3,2 × 350 mm dépose 18,6 g. En cordon tiré de 12 mm², quelle longueur de cordon donne-t-elle ? Combien de reprises sur un joint de 1,5 m ?
c) Même joint en cordon balayé de 24 mm² : combien de reprises ? Que devient l'énergie de soudage ?
d) Quels défauts risque-t-on en amorçant sur la tôle à côté du joint ? En coupant l'arc net en fin de cordon ?
Voir la correction
a) Piquer le laitier → brosser → amorcer en avant du cratère → revenir dans le cratère → marquer un temps → repartir.
b) VD = 18,6/7,85 × 10⁻³ ≈ 2 370 mm³ ; Le = 2 370/12 ≈ 197 mm. Pour 1 500 mm : 1 500/197 ≈ 7,6, soit 8 électrodes et 7 reprises.
c) Le ≈ 99 mm : 1 500/99 ≈ 15,2, soit 16 électrodes et 15 reprises. Pour remplir une section double, on avance deux fois moins vite : l'énergie double, de 0,92 à 1,83 kJ/mm à 110 A. Manipulation 3 : ⌀ 3,2, L = 1,5 m, largeur 1,5 puis 3 d.
d) Amorçage sur la tôle : coup d'arc, petite zone fondue et trempée, amorce de fissure. Arc coupé net : cratère creux et fissure de cratère.
Exercice 4 : nommer les positions N1 · chapitre 4
a) Donne le symbole ISO 6947 : (1) soudure d'angle en T, semelle horizontale, cordon au-dessus ; (2) bout à bout horizontal entre deux viroles verticales ; (3) bout à bout vertical soudé vers le haut ; (4) soudure d'angle sous un plancher.
b) Axe horizontal, face tournée de 40° : quelle position de production pour une soudure bout à bout ? Et pour une soudure d'angle ?
c) Une électrode E 42 4 B 32 H5 peut-elle souder en verticale descendante ?
d) Donne les désignations américaines de PF pour une soudure bout à bout et de PD pour une soudure d'angle.
Voir la correction
a) (1) PB ; (2) PC ; (3) PF ; (4) PD.
b) Bout à bout : PC (tableau 1 de l'ISO 6947 : de 30 à 100° pour une pente nulle). Angle : PB (tableau 2 : de 30 à 55°). Manipulation 4 : R = 40°, BW puis FW.
c) Non : le « 32 » final contient le symbole de position 2, toutes positions sauf la verticale descendante (PG).
d) PF bout à bout : 3G en montant ; PD angle : 4F.
Exercice 5 : un bout à bout en corniche N2 · chapitre 5
Joint en V à 60°, t = 12 mm, b = 2 mm, c = 1,5 mm, long de 1 m, sur latte de cuivre ; modèle de la manipulation 5.
a) Rappelle la section A à remplir, surépaisseur comprise.
b) Combien de passes en PC ? Et à plat (PA) ?
c) Combien d'électrodes de 3,2 × 350 mm (18,6 g déposés chacune) faut-il en PC ?
d) Pourquoi meule-t-on le profil de la première passe ? Quel risque présente une latte de cuivre ? Une latte d'acier conservée ?
Voir la correction
a) A = 10,5² × 0,577 + 2 × 12 + 17,1 ≈ 104,8 mm² (V de 87,7 mm² et surépaisseur de 17,1 mm², cours 3).
b) PC : N = 1 + ⌈(104,8 − 12)/10⌉ = 1 + 10 = 11 passes. PA (passes de 20 mm²) : N = 1 + ⌈92,8/20⌉ = 6 passes.
c) Racine : 7,85 × 10⁻³ × 12 × 1 000 ≈ 94 g, soit 6 électrodes ; remplissage : 7,85 × 10⁻³ × 92,8 × 1 000 ≈ 728 g, soit 40 électrodes ; 46 électrodes en tout, pour ≈ 52 min d'arc. Manipulation 5 : PC, latte de cuivre, t = 12 mm.
d) La racine est bombée, avec des sillons le long des bords où le laitier se coince : on l'aplanit à la meule. La latte de cuivre ne doit jamais fondre, car le cuivre dans le métal le fragilise. La latte d'acier reste dans la structure : entaille à la racine, néfaste en fatigue, et interstice propice à la corrosion.
Exercice 6 : gorge et côté N1 et N2 · chapitre 6
a) Le plan demande une soudure d'angle a6. Calcule le côté z, la section et la masse de métal par mètre.
b) On mesure des côtés de 6 et 9 mm, face plate. Quelle est la gorge ? La soudure convient-elle pour un a5 ?
c) Un cordon a5 présente 1 mm de convexité. Que deviennent sa gorge et sa section ? Est-ce mieux ?
d) Quelles gorges donnent « a5 » et « z5 » ?
Voir la correction
a) z = a·√2 = 6 × 1,414 ≈ 8,5 mm ; A = a² = 36 mm² ; m = 7,85 × 10⁻³ × 36 × 1 000 ≈ 283 g/m.
b) Le triangle isocèle inscrit s'appuie sur le plus petit côté : a = 6/√2 ≈ 4,2 mm < 5 mm : non conforme, malgré le côté de 9 mm. Manipulation 6 : bouton « Côtés inégaux ».
c) La gorge reste 5,0 mm ; la section passe de 25 à ≈ 31,7 mm², 27 % de métal en plus. Ce n'est pas mieux : plus de métal et de temps, et une entaille au raccordement, néfaste en fatigue.
d) a5 : gorge de 5 mm (côté ≈ 7,1 mm). z5 : côté de 5 mm, gorge 5/√2 ≈ 3,5 mm.
🏆 Défi : un bout à bout de 12 mm en verticale montante N2 · chapitres 1, 2, 4 et 5, à rejouer dans les manipulations 1, 2, 4 et 5
Deux tôles de S355 de 12 mm (analyse type de l'exercice 2) doivent être soudées bout à bout sur 1 m, en position PF, d'un seul côté avec reprise envers. Le DMOS prévoit un V à 60°, un écartement de 2 mm, un talon de 1,5 mm, des électrodes basiques H5 et une énergie d'environ 1,0 kJ/mm.
a) Calcule la section à remplir. Combien de pointes faut-il, et de quelle longueur ?
b) Quelle température de préchauffage donne la méthode B ? Et l'abaque de Séférian ? Que gagne-t-on sur t8/5 en préchauffant à 60 °C ?
c) Quelle désignation américaine porte cette position ? Quels symboles de position doit porter l'électrode ? Quel diamètre et quelle intensité de départ ?
d) Combien de passes, d'électrodes et de minutes d'arc, avec une racine au ⌀ 2,5 et une passe envers ?
Voir la correction
a) A = 10,5² × 0,577 + 2 × 12 + 17,1 ≈ 104,8 mm². Tôle de 12 mm : pointes d'au moins 40 mm ; 1 000/400 = 2,5, soit 3 intervalles et 4 pointes au pas d'environ 333 mm. Manipulation 1, bouton « Défi ».
b) CET ≈ 0,340 : Tp = 697 × 0,340 + 160 × tanh(12/35) + 62 × 50,35 + (53 × 0,340 − 32) × 1,0 − 328 ≈ 57 °C, soit un préchauffage d'environ 60 °C. Séférian : [C] = 0,454 × 1,06 ≈ 0,481, Tp ≈ 168 °C, bien plus prudent ; le DMOS tranche. À 60 °C, t8/5 passe de 7,1 à 8,4 s (refroidissement en deux dimensions, facteur 0,9). Manipulation 2, bouton « Défi ».
c) 3G en montant. Symbole de position 1 ou 2 (ISO 2560-A), par exemple une E 42 4 B 32 H5 ou une E 42 4 B 42 H5. Diamètre 3,2 mm pour le remplissage, 2,5 mm pour la racine ouverte ; intensités de départ ≈ 99 A et ≈ 68 A (10 % sous le repère I = 50·(d − 1)). Manipulation 4 : BW, axe vertical en montant.
d) Racine au ⌀ 2,5 (8 mm²), puis ⌈(104,8 − 8)/18⌉ = 6 passes de remplissage et une passe envers : 8 passes. Électrodes : 6 de 2,5 et 47 de 3,2 ; temps d'arc ≈ 64 min. Manipulation 5, bouton « Défi ».
Quiz : 12 questions éclair
Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste
Fiche mémoire du cours 4
Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête
Le couturier
Joint propre et sec, chanfreiné jusqu'à la racine, pointé : pointes ≥ 30 ou 40 mm, pas ≤ 400 mm, même électrode et préchauffage.
Les ciseaux du chanfrein
I, V, X, U (ISO 9692-1). Le X divise le biseau par deux et équilibre la déformation.
La théière tiédie
Préchauffer allonge t8/5 (moins de trempe) et laisse partir l'hydrogène.
Le thermomètre
Méthode B de l'EN 1011-2 ; Séférian : 350·√([C] − 0,25). Mesure selon l'ISO 13916.
La plume du calligraphe
Amorcer dans le joint, reprendre en revenant au cratère, finir cratère rempli. Le = VD/A.
La boussole
ISO 6947. Bout à bout : PA, PC, PE, PF, PG ; PB et PD pour les angles.
Le bouton baissé
En position : petit diamètre, intensité plus basse, électrode de symbole 1 ou 2 (1 ou 5 en PG).
La pile de crêpes
Racine, remplissage, finition ; meuler la racine ; reprise envers, latte de cuivre, céramique ou latte d'acier.
Le triangle caché
Gorge : hauteur du triangle isocèle inscrit. Convexité inutile, concavité dangereuse ; mesure au calibre.
Glossaire
Les mots, symboles et sigles de ce cours
- 1G à 4G, 1F à 4F
- Désignations américaines des positions (AWS, ASME) pour les soudures bout à bout (G) et d'angle (F) ; par exemple 3G pour PF ou PG, 4F pour PD.
- a, z, h
- Gorge d'une soudure d'angle ; côté (longueur d'appui sur une pièce) ; convexité de la face, négative si elle est creuse (mm).
- A, A0, Ar, Ap
- Section à remplir avec la surépaisseur ; section du chanfrein seul ; section de la passe de racine ; section d'une passe de remplissage (mm²).
- Accostage
- Mise en place des pièces l'une contre l'autre, à l'écartement et à l'alignement prévus, avant le pointage.
- Agrafage, pointage, pointe
- Courts cordons qui fixent les pièces avant le soudage ; le polycopié parle d'agrafage.
- α, β, b, c, h, R, t
- Lettres de l'ISO 9692-1 : angle d'ouverture, angle du biseau, écartement, talon, profondeur du chanfrein, rayon du U, épaisseur.
- BW, FW
- Butt weld, soudure bout à bout ; fillet weld, soudure d'angle (ISO 9606-1).
- Calibre de soudure
- Jauge que l'on pose sur les pièces pour mesurer la gorge et les côtés d'une soudure d'angle.
- CE, CET
- Carbones équivalents : de l'IIW, C + Mn/6 + (Cr + Mo + V)/5 + (Ni + Cu)/15 ; de la méthode B, C + (Mn + Mo)/10 + (Cr + Cu)/20 + Ni/40 (en %).
- Chanfrein I, V, X, U, demi-V, J
- Formes de préparation des bords : bords droits, V, double V, U ; un seul bord biseauté (demi-V) ou creusé (J) pour un T.
- Convexité, concavité
- Face d'un cordon bombée vers l'extérieur ou creusée vers la racine.
- Cordon tiré, cordon balayé
- Cordon déposé en ligne droite ; cordon déposé en oscillant d'un bord à l'autre (zigzag, triangle, croissant).
- Coup d'arc
- Petite zone fondue et trempée laissée par un amorçage hors du joint ; amorce possible de fissure.
- Cratère, fissure de cratère
- Creux laissé en fin de cordon quand on coupe l'arc net ; fissure qui s'y forme au refroidissement.
- Décrasser
- Enlever le laitier d'un cordon à la piquette et à la brosse.
- DMOS, QMOS
- Descriptif de mode opératoire de soudage ; qualification du mode opératoire par des essais.
- Échelles d'hydrogène A à E
- EN 1011-2 : A au-delà de 15, B de 10 à 15, C de 5 à 10, D de 3 à 5, E au plus 3 ml/100 g de métal déposé.
- EN 1011-2, méthodes A et B
- Recommandations pour le soudage des aciers ferritiques ; méthode A par graphiques (CE, échelle d'hydrogène, épaisseur combinée, énergie) ; méthode B par formule (CET, épaisseur, HD, Q).
- Énergie de soudage Q, E, k
- Q = k·E, avec E = U·I/v l'énergie de l'arc par unité de longueur (kJ/mm) et k = 0,8 pour le procédé 111.
- Épaisseur combinée
- Somme des épaisseurs par lesquelles la chaleur s'évacue autour du joint (méthode A).
- Gorge a
- Hauteur du plus grand triangle isocèle inscrit dans la section d'une soudure d'angle ; a = z/√2 pour des côtés égaux.
- HD
- Hydrogène diffusible apporté par l'électrode, en ml pour 100 g de métal déposé.
- ISO 13916
- Mesure des températures de préchauffage, entre passes et de maintien.
- ISO 2553
- Représentation symbolique des soudures sur les dessins (a5, z7, symbole triangulaire de la soudure d'angle).
- ISO 6947, PA à PG, PH, PJ, PK
- Positions de soudage : à plat, en angle à plat, en corniche, en angle au plafond, au plafond, verticale montante, verticale descendante ; tube fixe en montant, en descendant ; soudage orbital.
- ISO 9606-1, ISO 9692-1
- Qualification des soudeurs (aciers) ; types de préparation de joint pour le soudage manuel à l'arc et les procédés voisins (aciers).
- Latte de cuivre, support céramique, latte d'acier
- Supports envers : provisoires (cuivre, céramique) ou conservés dans l'assemblage (acier).
- Le, VD, mD
- Longueur de cordon déposée par une électrode (mm) ; volume (mm³) et masse (g) de métal déposé par électrode.
- Martensite
- Structure très dure et fragile d'un acier refroidi rapidement depuis l'état austénitique.
- N, ⌈ ⌉
- Nombre de passes ; arrondi à l'entier supérieur.
- Passe de racine, de remplissage, de finition
- Première passe au fond du joint ; passes qui remplissent le chanfrein ; passes de surface.
- Pente S, rotation R
- Angle de l'axe du cordon et angle de sa face, qui définissent une position (ISO 6947).
- Postchauffage
- Maintien en température après soudage, pour laisser sortir l'hydrogène.
- Préchauffage Tp, T0, température entre passes
- Température conseillée avant soudage ; température réellement appliquée ; température maximale du joint avant une nouvelle passe.
- Reprise, reprise envers
- Redémarrage d'un cordon après changement d'électrode ; passe déposée côté envers après avoir creusé la racine.
- Séférian (abaque)
- Température de préchauffage fonction du carbone équivalent et de l'épaisseur : Tp = 350·√([C] − 0,25), avec [C] = CE·(1 + 0,005·e).
- t8/5
- Temps de refroidissement du joint entre 800 et 500 °C (s).
- tan, tanh, √
- Tangente d'un angle ; tangente hyperbolique, qui croît de 0 vers 1 ; racine carrée.
- Tôle d'amorçage
- Petite tôle pointée dans le prolongement du joint, pour y amorcer ou y finir le cordon hors de la pièce.
- Vireur, positionneur
- Machines qui tournent ou inclinent la pièce pour souder dans une position favorable.
- Zone affectée thermiquement (ZAT)
- Métal de base chauffé par le soudage sans avoir fondu, où peut se former la martensite.
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