Fatigue des métaux, série 1 : la vie d'une fissure

La courbe de Wöhler : l'espérance de vie d'une pièce

Cours2 sur 4 : la courbe d'endurance
Durée conseillée≈ 2 h 30 à 3 h avec les exercices
Prérequiscours 1 : σm, σa, Δσ et R ; les puissances de 10
À la fin tu saislire et mettre en équation une courbe de Wöhler, et vérifier un détail soudé avec sa classe FAT

Combien de cycles une pièce peut-elle encaisser avant de casser ? Pour le savoir, on fait vibrer des éprouvettes jusqu'à la rupture, à différents niveaux de contrainte, et on reporte chaque résultat sur un graphique. Le nuage de points dessine une courbe en forme de toboggan : la courbe de Wöhler. Elle répond à deux questions de bureau d'études : « à cette contrainte, combien de cycles ? » et « pour tant de cycles, quelle contrainte au maximum ? ». C'est l'outil de base de tout calcul en fatigue, et les classes FAT des soudures n'en sont qu'un catalogue.

Le code couleur de la série

Orange : les actions extérieures, forces et moments.
Noir : les vecteurs et la géométrie dessinée (axes, contours).
Bronze : les encadrés « métier » 🔥, tournés vers le soudage.

Avant de commencer

Le cours 1 en trois cases

Δσ = 2σa
Un cycle va de σmin à σmax (σ : contrainte normale, en MPa, positive en traction). L'amplitude σa = (σmax − σmin)/2 va de la moyenne σm à la crête ; l'étendue Δσ va du creux à la crête.
R = σmin/σmax
Le rapport de charge range les cycles en familles : R = −1 alterné symétrique (flexion rotative), R = 0 répété, 0 < R < 1 ondulé.
N = f·t
Le nombre de cycles N vaut la fréquence f (en Hz) fois la durée t (en s). Les soudures se calculent en Δσ, et une classe FAT est l'étendue supportée pendant 2 × 10⁶ cycles.
📘 Correspondance avec le polycopié de référence (Partie II : Fatigue). Ce cours couvre la fin du § A, pages 2 et 3, figure 4 :
Chapitre du coursPolycopié
1 L'essai de fatiguep. 2 (essais simplifiés, sollicitations sinusoïdales) et p. 3 (nombre de cycles à rupture Nr)
2 Lire une échelle logarithmiquep. 3, axe des abscisses de la figure 4
3 Les trois domainesp. 3, les trois tirets et la figure 4
4 La limite d'endurancep. 3, cubique centré, cubique à faces centrées, limite conventionnelle
5 Mettre la courbe en équationhors poly loi de Basquin
6 La dispersionhors poly statistique des essais
7 Des éprouvettes aux souduresp. 3, éprouvettes entaillées et pièces réelles ; hors poly Kf et courbes FAT
Les compléments de calcul et de soudage portent l'étiquette hors poly.
🔎 Quatre remarques de lecture

1. σa ou Δσ en ordonnée ? La figure 4 du polycopié porte l'amplitude σa. Les courbes des soudures (EN 1993-1-9, IIW) portent l'étendue Δσ = 2σa. Avant de lire une valeur, regarde toujours l'étiquette de l'axe.

2. « La rupture ne se produit jamais » sous σD (p. 3) : c'est vrai dans le domaine des essais classiques (jusqu'à 10⁷ cycles environ). Des essais gigacycliques, menés au-delà de 10⁸ à 10⁹ cycles, ont montré des ruptures sous σD dans certains aciers, à partir d'inclusions internes (chapitre 4).

3. Cubique centré et limite d'endurance. Le polycopié dit « par exemple » : c'est une règle d'usage, pas une loi. En milieu corrosif, un acier perd sa limite d'endurance ; et certains alliages non cubiques centrés (titane) présentent un palier apparent.

4. Nr ou 2Nr ? Le polycopié compte des cycles Nr. La loi de Basquin, dans sa forme d'origine, compte des alternances 2Nr (deux par cycle). Le chapitre 5 montre comment passer de l'une à l'autre.

🔥 Pourquoi ce cours compte en soudage

(IWE : International Welding Engineer, ingénieur international en soudage.) Chaque type d'assemblage soudé (cordon bout à bout, raidisseur, gousset…) a été testé en laboratoire jusqu'à rupture, des centaines de fois. Les résultats forment des courbes de Wöhler, rangées dans un catalogue : les classes FAT de l'Eurocode 3 partie 1-9 (norme EN 1993-1-9) et des recommandations de l'IIW (International Institute of Welding, l'Institut international de la soudure). Savoir lire, mettre en équation et utiliser une courbe de Wöhler, c'est savoir vérifier un assemblage soudé en fatigue.

La série en quatre cours

1 Le cycleLe décor : décrire ce qui se répète.
2 WöhlerL'espérance de vie d'une pièce, et les classes FAT des soudures.
3 L'amorçageLa naissance d'une fissure, grain par grain.
4 ParisLa croissance de la fissure jusqu'à la rupture.

Le plan du cours

  1. 1L'essai de fatigue

    Une éprouvette, une machine, un compteur : un essai donne un point.

  2. 2Lire une échelle logarithmique

    La règle à décades, indispensable pour lire la courbe.

  3. 3Les trois domaines

    Fatigue oligocyclique, endurance limitée, endurance illimitée.

  4. 4La limite d'endurance

    Les aciers ont une plage, l'aluminium glisse toujours ; et l'effet de σm.

  5. 5Mettre la courbe en équation

    La loi de Basquin : une droite sur papier log-log.

  6. 6La dispersion

    Aucun essai ne tombe deux fois au même endroit : probabilités et valeurs caractéristiques.

  7. 7Des éprouvettes aux soudures

    Entailles, état de surface, et vérification d'un détail soudé par sa classe FAT.

1

L'essai de fatigue

Un essai, un point ; dix essais, une courbe

🔧Image à retenirLe banc d'essai : on secoue jusqu'à la casse, on note un point, on recommence plus bas
👁 Niveau 1 : voir le banc d'essai

On prend une éprouvette : un petit barreau de métal usiné et poli, aminci en son milieu pour que la rupture se produise là. On la monte sur une machine qui lui impose un cycle sinusoïdal bien réglé : une amplitude σa fixe, autour d'une moyenne σm fixe. Un compteur tourne. Quand l'éprouvette casse, on note le nombre de cycles atteint : c'est sa durée de vie Nr (r comme rupture).

Un essai donne un seul point : un couple (σa, Nr). On recommence avec une autre éprouvette, un peu moins chargée : elle dure plus longtemps. Encore moins chargée : encore plus longtemps. En reportant tous les points sur un graphique, σa en ordonnée et Nr en abscisse, on voit apparaître la courbe d'endurance, ou courbe de Wöhler, du nom de l'ingénieur ferroviaire allemand August Wöhler qui l'a établie pour des essieux dans les années 1850-1860.

Quand une éprouvette tient très longtemps (par exemple dix millions de cycles) sans casser, on arrête l'essai : on ne va pas attendre éternellement. On note le point avec une petite flèche → : « non rompue, la durée de vie réelle est plus grande ».

Type de machineFréquence10⁷ cycles durent…
Flexion rotative (la machine de Wöhler, modernisée)≈ 50 Hz≈ 2,3 jours
Servo-hydraulique (un vérin piloté)1 à 100 Hz1 à 116 jours
Machine à résonance (l'éprouvette vibre sur sa fréquence propre)50 à 300 Hz9 h à 2,3 jours
Machine à ultrasons≈ 20 000 Hz≈ 8 min

Manipulation 1 : le banc d'essai virtuel

Choisis l'amplitude σa et lance un essai : le compteur tourne jusqu'à la rupture, puis le point se pose sur le graphique. Les essais sont arrêtés à 10⁷ cycles (flèche →). Chaque éprouvette est un peu différente : deux essais au même niveau ne donnent pas tout à fait le même résultat (chapitre 6).

🎓 Niveau 2 : maîtriser le protocole
📖 Durée de vie Nr : nombre de cycles à rupture d'une éprouvette sous un chargement cyclique donné. Courbe d'endurance, ou courbe de Wöhler, ou courbe S-N (de l'anglais Stress-Number of cycles) : courbe donnant σa en fonction de Nr, pour une contrainte moyenne σm donnée (polycopié, p. 3).

Le polycopié (p. 2 et 3) décrit la démarche : on simule les conditions réelles par des essais simplifiés (traction-compression, flexion, torsion), le plus souvent avec des sollicitations sinusoïdales, et on compte le nombre de cycles à rupture pour divers niveaux de contrainte, la contrainte maximale restant inférieure à la résistance Rm du matériau. Un protocole typique :

  • 4 à 6 niveaux de contrainte, du plus fort (rupture en quelques milliers de cycles) au plus faible (éprouvettes non rompues) ;
  • plusieurs éprouvettes par niveau (3 au minimum, souvent davantage), à cause de la dispersion (chapitre 6) ;
  • une limite d'arrêt : souvent 10⁷ cycles pour les aciers, 10⁸ ou plus pour les alliages d'aluminium ;
  • une contrainte moyenne σm (ou un rapport R) fixée pour toute la courbe.
💡 Une courbe par contrainte moyenne. Une courbe de Wöhler n'est valable que pour la σm (ou le R) de ses essais. Une contrainte moyenne de traction abaisse la courbe : à amplitude égale, la pièce dure moins longtemps (chapitre 4). La courbe de référence la plus courante est celle de la flexion rotative : σm = 0, R = −1.
⚠️ Piège : la cause est en ordonnée. D'habitude, on met la cause en abscisse et l'effet en ordonnée. La courbe de Wöhler fait l'inverse : la contrainte (la cause) est verticale, le nombre de cycles (l'effet) horizontal. Pour lire « combien de cycles à telle contrainte », on part de l'axe vertical, on va jusqu'à la courbe, puis on descend sur l'axe horizontal.
⚠️ Piège : quelle contrainte sur l'axe ? σa, σmax ou Δσ selon les ouvrages. Avec R = −1, σmax = σa ; mais Δσ = 2σa toujours. Une erreur d'étiquette, c'est un facteur 2 sur la contrainte, et donc un facteur énorme sur la durée de vie (chapitre 5).
🧠 Mnémotechnique : « un essai, un point ; une flèche, un survivant ». Le point dit quand l'éprouvette est morte, la flèche dit qu'elle vivait encore quand on a arrêté.
🔥 Les essais d'assemblages soudés

Les éprouvettes soudées sont de vraies petites structures : une tôle avec son cordon, son raidisseur ou son gousset, telle qu'elle sort de l'atelier, sans polissage. On les essaie le plus souvent en traction ondulée (R = 0,1 environ) et on trace l'étendue Δσ nominale en fonction de N. Comme la durée de vie d'une soudure est presque entièrement une durée de propagation (cours 1), ces essais mesurent surtout la vitesse à laquelle une fissure traverse la tôle.

2

Lire une échelle logarithmique

De 1 à 100 millions sur une seule règle

📏Image à retenirLa règle à décades : chaque graduation vaut dix fois la précédente
👁 Niveau 1 : voir la règle à décades

Les durées de vie vont de quelques cycles à des centaines de millions. Sur un axe ordinaire (linéaire), où chaque centimètre ajoute la même quantité, impossible de tout montrer : si l'axe va de 0 à 100 millions, tout ce qui se passe avant un million est écrasé dans le premier centième de l'axe.

La solution : une échelle logarithmique, où chaque graduation vaut dix fois la précédente : 1, 10, 100, 1 000, 10 000… L'intervalle entre deux graduations s'appelle une décade, et toutes les décades ont la même longueur. Aller de 10 à 100 prend autant de place qu'aller de 1 million à 10 millions.

Imagine un immeuble magique dont chaque étage est dix fois plus haut que le précédent : sur le dessin d'architecte « logarithmique », tous les étages ont la même taille. Tu connais déjà de telles échelles : l'échelle de Richter des séismes, les décibels du son, le pH.

Lire entre deux graduations. Sur une échelle logarithmique, les nombres ne sont pas régulièrement répartis dans une décade : le 2 est à 30 % de la décade, le 3 à 48 %, le 5 à 70 %. La moitié de la décade ne correspond pas à 5, mais à environ 3,2.

Manipulation 2 : linéaire contre logarithmique

Le curseur place un nombre de cycles N sur deux règles de même longueur : en haut une règle linéaire de 0 à 10⁸, en bas une règle logarithmique de 1 à 10⁸. Les boutons placent quelques durées de vie typiques.

🎓 Niveau 2 : maîtriser le logarithme décimal
📖 Logarithme décimal : le logarithme décimal de N, noté log N (ou log10 N), est l'exposant x tel que 10x = N. Exemples : log 1 000 = 3, car 10³ = 1 000 ; log 1 = 0 ; log 2 ≈ 0,301.
x = log N  ⟺  N = 10x

⟺ : « équivaut à »

Trois règles de calcul suffisent pour tout ce cours :

log(a·b) = log a + log blog(a/b) = log a − log blog(ak) = k·log a

un produit devient une somme, un quotient une différence, une puissance une multiplication

Valeurs à connaître : log 2 ≈ 0,301 ; log 3 ≈ 0,477 ; log 5 ≈ 0,699. Exemple : log(2 × 10⁶) = log 2 + log 10⁶ = 0,301 + 6 = 6,301.

Placer un point sur un axe logarithmique

Sur un axe de longueur L qui va de Nmin à Nmax, la position d'une valeur N, mesurée depuis l'origine de l'axe, vaut :

position = L · log N − log Nminlog Nmax − log Nmin

Exemple. Axe de 16 cm allant de 1 à 10⁸ (8 décades, donc 2 cm par décade) ; où placer 3 × 10⁶ ? log(3 × 10⁶) = 6,477, donc position = 16 × 6,477/8 = 12,95 cm.

Le papier log-log

Quand les deux axes sont logarithmiques (diagramme « log-log »), une loi en puissance du type y = C·xp devient une droite, puisque log y = log C + p·log x. C'est pour cela que la partie centrale de la courbe de Wöhler devient une droite en log-log (chapitre 5).

⚠️ Piège : pas de zéro. Une échelle logarithmique ne contient ni 0 ni nombre négatif : log 0 n'existe pas. L'axe des Nr commence à 1 (ou 10, ou 100), jamais à 0.
⚠️ Piège : « un peu à droite », c'est beaucoup. Un décalage d'une demi-décade vers la droite multiplie la durée de vie par √10 ≈ 3,2. Lire une courbe de Wöhler « à l'œil » demande de la précision.
💡 Le nombre de décades entre deux valeurs vaut log(N2/N1). Entre 10⁴ et 2 × 10⁶ : log 200 = 2,3 décades.
🧠 Mnémotechnique : « 2 à 30, 5 à 70 » : dans une décade, le 2 est à 30 % et le 5 à 70 % du chemin.
3

Les trois domaines

Oligocyclique, endurance limitée, endurance illimitée

🛝Image à retenirLe toboggan : le palier de départ, la grande descente, puis la plage
👁 Niveau 1 : voir le toboggan

Trace la courbe de Wöhler d'un acier en échelle logarithmique : elle a la forme d'un toboggan (figure 4 du polycopié).

  • Le palier de départ, en haut à gauche : la fatigue oligocyclique (du grec oligos, « peu »). La contrainte dépasse la limite d'élasticité Re : à chaque cycle, toute la section se déforme plastiquement, comme le trombone qu'on plie. La rupture arrive vite, en moins de 10⁴ cycles environ.
  • La grande descente : l'endurance limitée. La contrainte est sous Re, la pièce reste élastique dans son ensemble ; seuls quelques grains plastifient localement (en surface, près des défauts, des inclusions). La durée de vie s'allonge très vite quand la contrainte baisse. C'est le domaine de la plupart des pièces de machines et des structures.
  • La plage : l'endurance illimitée. Pour certains métaux, comme les aciers, il existe un niveau de contrainte, la limite d'endurance σD, en dessous duquel la rupture ne se produit plus. La courbe devient horizontale.

Le polycopié appelle les deux derniers domaines la fatigue « vibratoire » (élastique), objet principal de la série ; la fatigue plastique oligocyclique fait l'objet d'un chapitre à part, plus loin dans le polycopié.

Manipulation 3 : lire le toboggan

Choisis une amplitude σa : le pointeur part de l'axe vertical, rejoint la courbe, puis descend lire Nr. Le domaine traversé s'allume. Change de matériau pour voir l'aluminium, qui n'a pas de plage.

🎓 Niveau 2 : maîtriser les trois domaines
DomaineContrainteDurée de vieDéformation plastique
Fatigue plastique oligocycliqueσa > Re≲ 10⁴ cyclesmacroscopique : toute la section, à chaque cycle
Endurance limitéeσD < σa < Re10⁴ à 10⁶–10⁷ cycleslocalisée : quelques grains en surface, près des défauts et des inclusions
Endurance illimitéeσa < σDpas de rupturetrop faible pour amorcer une fissure qui se propage

≲ : « inférieur ou de l'ordre de ». Les frontières sont des ordres de grandeur : la transition oligocyclique se situe entre 10³ et 10⁵ cycles selon les matériaux.

Sur la figure 4 du polycopié, l'axe vertical porte deux repères : ≈ Rm à Nr ≈ 1 (une contrainte égale à Rm casse la pièce dès le premier chargement, en un quart de cycle) et ≈ Re vers 10⁴ cycles, à la sortie du domaine oligocyclique.

📖 Résistance à la fatigue à N cycles, notée σD(N) ou σN : l'amplitude qui conduit à la rupture au bout de N cycles. C'est la lecture « à l'envers » de la courbe : on part de N et on remonte jusqu'à la contrainte.
💡 Ordre de grandeur hors poly : pour les aciers, la limite d'endurance en flexion rotative vaut souvent 0,4 à 0,5 fois Rm. Un acier de Rm = 600 MPa a donc σD ≈ 240 à 300 MPa ; le modèle des manipulations prend 270 MPa.
💡 Contrainte ou déformation imposée ? En endurance, on pilote l'essai en contrainte. En oligocyclique, la matière plastifie et la contrainte n'est plus un bon repère : on pilote l'essai en déformation imposée et on trace l'amplitude de déformation en fonction de Nr (loi de Manson-Coffin, vue plus loin dans le polycopié).
⚠️ Piège : « endurance limitée » ne veut pas dire « pièce de mauvaise qualité ». Elle veut dire que la durée de vie est finie et qu'il faut la calculer : c'est le cas normal de la plupart des structures, et de presque toutes les soudures.
🧠 Mnémotechnique : « palier, pente, plage » : les trois P du toboggan, de gauche à droite.
🔥 Et les structures soudées ?

Elles travaillent presque toujours en endurance limitée : contraintes nominales bien inférieures à Re, millions de cycles. Le domaine oligocyclique concerne des cas particuliers : séismes, appareils à pression qui subissent quelques milliers de mises en pression, pièces chauffées et refroidies (fatigue thermique).

4

La limite d'endurance

La plage de l'acier, la pente sans fin de l'aluminium

🏖️Image à retenirL'acier finit sur la plage ; l'aluminium glisse toujours, et on choisit où l'arrêter
👁 Niveau 1 : voir plage ou pente sans fin

Les métaux sont faits de petits cristaux, les grains, dans lesquels les atomes sont rangés selon un motif qui se répète. Deux motifs nous intéressent ici :

  • cubique centré (CC) : un atome à chaque coin d'un cube et un au centre. C'est le cas du fer à température ambiante, donc des aciers de construction ;
  • cubique à faces centrées (CFC) : un atome à chaque coin et un au centre de chaque face. C'est le cas de l'aluminium, du cuivre, du nickel et des aciers inoxydables austénitiques.

Selon le polycopié, les métaux du premier type, comme les aciers, ont souvent une vraie plage : sous σD, plus de rupture. Ceux du second type, comme l'aluminium, n'en ont pas : la courbe continue de descendre, doucement mais sans fin. Pour eux, on définit une limite d'endurance conventionnelle : la contrainte qui conduit à la rupture au bout d'un nombre de cycles choisi, 10⁶, 10⁷, 10⁸ ou 10⁹, au moins égal au nombre de cycles que la pièce verra en service.

Image : un forfait téléphonique. L'acier a un forfait illimité sous σD. L'aluminium n'a que des forfaits à N cycles : il faut choisir le bon forfait pour l'usage prévu.

Manipulation 4 : acier contre aluminium

Les deux courbes médianes sur le même diagramme. Choisis le nombre de cycles de la limite conventionnelle de l'aluminium, puis active le domaine gigacyclique de l'acier.

🎓 Niveau 2 : maîtriser σD et ses nuances
📖 Limite d'endurance σD : plus grande amplitude de contrainte qu'une éprouvette supporte sans rompre, quel que soit le nombre de cycles. Limite d'endurance conventionnelle σD(N) : amplitude qui conduit à la rupture au bout de N cycles, N étant fixé par convention (10⁶ à 10⁹) et au moins égal au nombre de cycles en service.

Pourquoi une plage pour les aciers ? hors poly L'explication la plus citée : dans le fer cubique centré, de petits atomes de carbone et d'azote logés entre les atomes de fer viennent « épingler » les défauts du cristal qui permettent le glissement (les dislocations, cours 3). Sous une contrainte faible, les glissements restent bloqués et aucune fissure ne naît. Dans l'aluminium, rien n'épingle durablement ces défauts : chaque cycle, même petit, fait un peu de dégât.

Trois nuances importantes.

  • Corrosion : en eau de mer ou en atmosphère agressive, l'acier perd sa plage ; sa courbe continue de descendre comme celle de l'aluminium.
  • Domaine gigacyclique (au-delà de 10⁸ cycles) : des essais sur machines à ultrasons (10⁹ cycles en quelques heures) ont montré que certains aciers rompent sous σD, à partir d'une inclusion interne. La cassure montre alors un « œil de poisson » (fish-eye) : une zone claire et ronde autour de l'inclusion.
  • Chargement variable : quelques grands cycles peuvent amorcer une fissure que les petits cycles, même sous σD, font ensuite grandir. C'est pourquoi l'EN 1993-1-9 prolonge ses courbes sous la limite à amplitude constante (chapitre 7).

Et si la contrainte moyenne n'est pas nulle ? hors poly

σD est d'ordinaire mesurée à σm = 0. Une contrainte moyenne de traction réduit l'amplitude admissible. On le représente sur le diagramme de Haigh : σm en abscisse, σa en ordonnée. Deux critères classiques relient le point (0, σD) au point (Rm, 0) :

Goodman : σa = σD(1 − σm/Rm) Gerber : σa = σD(1 − (σm/Rm)²)

la droite de Goodman est prudente ; la parabole de Gerber est plus proche des résultats d'essais sur aciers ductiles

Exemple. Acier de σD = 270 MPa et Rm = 600 MPa, sous σm = 150 MPa. Goodman : σa = 270 × (1 − 150/600) = 270 × 0,75 = 202,5 MPa. Gerber : σa = 270 × (1 − 0,25²) = 253 MPa.

Manipulation 4 bis : le diagramme de Haigh

Place un cycle (σm, σa) sur le diagramme. Sous la courbe choisie, il est en endurance illimitée ; au-dessus, il casse un jour. L'acier a σD = 270 MPa, Re = 400 MPa et Rm = 600 MPa.

🎓 Niveau 2, suite pièges et métier
⚠️ Piège : une limite conventionnelle sans son N ne veut rien dire. « σD = 150 MPa » pour un aluminium n'a de sens qu'avec « à 10⁸ cycles ». Dans la manipulation 4, la valeur passe de 221 à 125 MPa entre 10⁶ et 10⁹ cycles.
⚠️ Piège : à quelles conditions a-t-on mesuré σD ? Flexion rotative (R = −1) sur éprouvette polie, le plus souvent. Pour une pièce réelle, il faut la corriger : contrainte moyenne (Goodman), entailles, état de surface, taille (chapitre 7).
⚠️ Piège : Goodman en compression. Les deux critères ne s'appliquent qu'aux contraintes moyennes de traction. Une σm de compression n'aggrave pas la fatigue (la fissure se referme, cours 1) : par prudence, on garde σD sans la majorer.
🧠 Mnémotechnique : « Cubique Centré, Chemin Certain vers la plage ; Faces Centrées, Forfait à Fixer ».
🔥 Pas de Goodman pour les soudures brutes

Dans un assemblage soudé brut, les contraintes résiduelles proches de Re calent le cycle local juste sous Re, quelle que soit la σm nominale (cours 1). La correction de Goodman n'a donc pas de sens : on raisonne directement en Δσ. Le diagramme de Haigh sert pour les pièces usinées, forgées ou les soudures détensionnées.

5

Mettre la courbe en équation

La loi de Basquin hors poly

📐Image à retenirLa règle posée sur le papier log-log : la descente du toboggan devient une droite
👁 Niveau 1 : voir une droite et un levier

Retrace la courbe de Wöhler avec les deux axes en échelle logarithmique : la grande descente, celle de l'endurance limitée, devient presque une droite. Deux points suffisent alors pour la tracer, et une équation simple la décrit : c'est la loi de Basquin (du nom de l'ingénieur américain O. H. Basquin, 1910).

Cette droite cache un levier puissant. Pour une éprouvette d'acier lisse, la pente correspond à un exposant k ≈ 10 : si tu baisses la contrainte de 10 %, la durée de vie est multipliée par (1/0,9)¹⁰ ≈ 2,9 ; si tu la divises par 2, la durée de vie est multipliée par 2¹⁰ ≈ 1 000. Petite cause, énorme effet.

Pour une soudure, l'exposant vaut 3 : diviser Δσ par 2 multiplie la durée de vie par 2³ = 8. Le levier est plus faible, mais il reste le premier outil du concepteur : baisser la contrainte (épaissir, mieux placer la soudure) paie toujours.

Manipulation 5 : la droite de Basquin

Deux essais définissent la droite : règle leurs contraintes et leurs durées de vie. L'exposant k et la constante C se calculent en direct. Le troisième curseur demande une prévision.

🎓 Niveau 2 : maîtriser deux écritures de la même loi

Dans le domaine d'endurance limitée, la loi de Basquin s'écrit, dans sa forme « ingénieur » :

σak · Nr = C

valable entre la sortie du domaine oligocyclique et la limite d'endurance

k
exposant de la courbe, sans unité : environ 8 à 15 pour une éprouvette lisse en acier, 3 pour une soudure
C
constante du matériau (et des conditions d'essai), en MPak : une unité bizarre, on l'utilise surtout via des rapports

En prenant le logarithme : log Nr = log C − k·log σa. Sur le papier log-log, c'est une droite. Sur le diagramme de Wöhler (log Nr en abscisse, log σa en ordonnée), sa pente vaut −1/k.

La forme d'origine, avec les alternances

σa = σ′f · (2Nr)b

2Nr : nombre d'alternances (deux par cycle)

σ′f
coefficient de résistance à la fatigue, en MPa (de l'ordre de Rm à 2Rm pour les aciers)
b
exposant de Basquin, négatif et sans unité : environ −0,05 à −0,12

Les deux formes sont équivalentes avec k = −1/b : en élevant la seconde à la puissance −1/b, on trouve σak·2Nr = σ′fk, soit σak·Nr = σ′fk/2 = C.

Ce qu'on fait avec en pratique

Trouver k à partir de deux essais (σa1, N1) et (σa2, N2) : en écrivant σa1kN1 = σa2kN2 puis en prenant le logarithme :

k = log(N2/N1)log(σa1/σa2)

Prévoir une durée de vie à partir d'un point connu, sans même calculer C :

N = N1 · (σa1σa)k

Exemple (réglage initial de la manipulation). Essais : 400 MPa → 10⁴ cycles et 250 MPa → 10⁶ cycles.

  • k = log(10⁶/10⁴)/log(400/250) = 2/0,2041 = 9,80, soit b = −1/9,80 = −0,102.
  • À 300 MPa : N = 10⁴ × (400/300)9,80 = 10⁴ × 16,8 ≈ 1,7 × 10⁵ cycles.
  • σ′f = σa1/(2N1)b = 400 × (2 × 10⁴)0,102 ≈ 1 100 MPa.
⚠️ Piège : l'extrapolation. La droite ne vaut que dans le domaine d'endurance limitée. Prolongée vers la gauche, elle surestime la contrainte supportée en oligocyclique ; prolongée sous σD, elle prédit une rupture qui n'aura pas lieu pour un acier, ou une durée de vie trop optimiste en chargement variable.
⚠️ Piège : Nr ou 2Nr. Avec la forme σ′f(2Nr)b, oublier le 2 décale toute la courbe d'un facteur 2 en durée de vie.
💡 Le réflexe des rapports. Avec la forme σakN = C, multiplier la contrainte par λ divise la durée de vie par λk. Pas besoin de connaître C pour comparer deux situations.
🧠 Mnémotechnique : « la contrainte à la puissance k, fois N, c'est constant » : σk·N = C, comme un produit qu'on ne peut pas augmenter.
🔥 Les soudures : k = 3 partout

Les courbes de l'EN 1993-1-9 et de l'IIW s'écrivent Δσm·N = constante avec m = 3 (la lettre m est celle des normes ; c'est notre k). Cette valeur vient directement de la loi de propagation de Paris, dont l'exposant vaut environ 3 pour les aciers (cours 4) : une soudure, c'est surtout de la propagation. Conséquence : réduire Δσ de 20 % multiplie la durée de vie par (1/0,8)³ ≈ 1,95.

6

La dispersion

Une courbe de Wöhler est une probabilité hors poly

🎯Image à retenirLa pluie de fléchettes : le même lanceur ne touche jamais deux fois le même point
👁 Niveau 1 : voir la pluie de fléchettes

Lance dix fléchettes en visant le même point : elles se groupent, mais aucune ne tombe exactement au même endroit. Les essais de fatigue font pareil. Dix éprouvettes « identiques », au même niveau de contrainte, donnent dix durées de vie différentes, parfois dans un rapport de 1 à 10. Chaque éprouvette a ses propres petits défauts : rayures, inclusions, grains plus ou moins bien orientés. Et la fatigue démarre toujours au point le plus faible.

Conséquence : la « courbe de Wöhler » tracée dans un catalogue est en général la courbe médiane (la moitié des éprouvettes casse avant, la moitié après). Pour concevoir une pièce, on ne peut pas accepter qu'une pièce sur deux casse avant la date prévue : on utilise une courbe décalée vers la gauche, qui correspond à une forte probabilité de survie, par exemple 97,7 %.

Manipulation 6 : le nuage d'essais

Huit éprouvettes par niveau, quatre niveaux. Le curseur choisit la probabilité de survie de la courbe de calcul ; l'histogramme montre la répartition des durées de vie au niveau sélectionné, en échelle logarithmique.

🎓 Niveau 2 : maîtriser la loi log-normale

À contrainte fixée, on observe que ce n'est pas Nr mais log Nr qui se répartit selon une loi normale (la courbe en cloche de Gauss) : on dit que Nr suit une loi log-normale. Deux nombres la résument :

μ
« mu » : la moyenne des log Nr ; 10μ est la durée de vie médiane N50
s
l'écart-type des log Nr : la largeur typique du nuage, en décades. s = √[Σ(xi − μ)²/(n − 1)], où Σ (« sigma » majuscule) désigne la somme sur les n essais et xi = log Ni

La durée de vie atteinte avec une probabilité de survie Ps s'écrit :

NPs = 10μ − z·s

z dépend de la probabilité de survie choisie (tableau ci-dessous)

Probabilité de survie Ps50 %90 %95 %97,7 %99,9 %
z01,281,64523,09

Exemple. μ = 5,2 et s = 0,2 : la durée de vie médiane est 105,2 ≈ 1,6 × 10⁵ cycles ; à 97,7 % de survie, N = 105,2 − 2 × 0,2 = 104,8 ≈ 6,3 × 10⁴ cycles, soit 2,5 fois moins que la médiane.

La méthode de l'escalier, pour mesurer σD

La limite d'endurance aussi est dispersée. Pour la mesurer, on utilise souvent la méthode de l'escalier : on essaie une éprouvette à un niveau σ ; si elle casse avant 10⁷ cycles, la suivante est essayée un cran d'amplitude d plus bas ; si elle survit, un cran plus haut. Après 15 à 30 éprouvettes, les niveaux oscillent autour de la limite d'endurance médiane, dont on calcule la moyenne et l'écart-type.

⚠️ Piège : moyenner les logarithmes, pas les N. La moyenne arithmétique de 10⁴ et 10⁶ vaut 505 000 ; la moyenne de leurs logarithmes (4 et 6) vaut 5, soit 10⁵ cycles. C'est la seconde qui représente la médiane d'une loi log-normale.
⚠️ Piège : ne jamais concevoir sur la médiane. Une courbe médiane, c'est une pièce sur deux qui casse avant la date prévue.
💡 Ordres de grandeur de s : environ 0,1 à 0,3 décade pour des éprouvettes lisses, de l'ordre de 0,2 pour les assemblages soudés. La dispersion augmente quand on s'approche de σD.
🧠 Mnémotechnique : « deux écarts-types à gauche, 97,7 % de survivants ».
🔥 Valeurs caractéristiques des normes

Les courbes FAT de l'EN 1993-1-9 ne sont pas des courbes médianes : ce sont des valeurs caractéristiques, qui correspondent à une probabilité de survie de 95 % avec un niveau de confiance de 75 %, compte tenu de l'écart-type et du nombre d'essais disponibles. Les recommandations IIW reposent elles aussi sur des valeurs caractéristiques à forte probabilité de survie. Un coefficient partiel de sécurité γMf s'ajoute encore par-dessus (chapitre 7).

7

Des éprouvettes aux soudures

Entailles, état de surface et classes FAT

🏷️Image à retenirL'étiquette FAT : chaque détail soudé porte son prix en MPa, à deux millions de cycles
👁 Niveau 1 : voir du laboratoire à l'atelier

L'éprouvette de laboratoire est une star de concours : petite, polie, sans entaille, dans un air sec. La pièce réelle est plus rugueuse, plus grosse, percée, filetée, soudée, parfois mouillée. Chaque différence abaisse la courbe. Le polycopié le rappelle (p. 3) : on réalise donc aussi des essais sur éprouvettes à forte concentration de contrainte, entaillées, préfissurées, ou directement sur des pièces réelles.

Pour les assemblages soudés, on est allé jusqu'au bout de cette logique : on a testé chaque type de détail (cordon bout à bout arasé ou non, raidisseur transversal, gousset, attache longitudinale…) tel qu'il sort de l'atelier, puis on a rangé les résultats dans un catalogue de courbes. Chaque détail reçoit une étiquette, sa classe FAT : l'étendue de contrainte, en MPa, qu'il supporte pendant 2 millions de cycles. FAT 160 pour une tôle laminée sans soudure, FAT 36 pour les détails les plus sévères : un rapport de plus de 4 en contrainte, donc de plus de 80 en durée de vie (4,4³ ≈ 88).

Fait remarquable : la classe FAT ne dépend pas de la nuance d'acier. Un S690 soudé n'a pas une meilleure tenue en fatigue qu'un S235 soudé, parce que la vie d'une soudure est une durée de propagation, et que les fissures se propagent à peu près à la même vitesse dans tous les aciers.

🎓 Niveau 2 : maîtriser entailles et état de surface
📖 Coefficient effectif d'entaille Kf : rapport entre la limite d'endurance d'une éprouvette lisse et celle d'une éprouvette entaillée. Il est toujours compris entre 1 et le coefficient théorique Kt (rapport entre la contrainte au fond de l'entaille et la contrainte nominale, cours 1).
Kf = 1 + q(Kt − 1)σD,entaillée = σDKf

q : sensibilité à l'entaille, entre 0 (insensible) et 1 (pleinement sensible)

La sensibilité q est proche de 1 pour les aciers à haute résistance et les grandes entailles, plus faible pour les métaux doux et les entailles très aiguës. Exemple : Kt = 2,5 et q = 0,8 donnent Kf = 1 + 0,8 × 1,5 = 2,2 ; un acier de σD = 270 MPa n'a plus que 270/2,2 ≈ 123 MPa au fond de cette entaille, exprimés en contrainte nominale.

État de surface et taille hors poly : on multiplie encore σD par des coefficients inférieurs à 1. Ordres de grandeur du coefficient de surface pour un acier de Rm ≈ 600 MPa : poli 1 ; rectifié ≈ 0,9 ; usiné ≈ 0,8 ; laminé à chaud ≈ 0,6 ; brut de forge ≈ 0,5. Plus la pièce est grosse, plus elle a de chances de contenir un défaut critique : le coefficient de taille descend de 1 à environ 0,8 pour un diamètre de 50 mm.

⚠️ Piège : on ne corrige pas une classe FAT par Kt. La classe FAT d'un détail soudé contient déjà l'effet de sa géométrie, de son pied de cordon et de ses défauts usuels. On l'applique à la contrainte nominale, sans multiplier par un Kt de soudure (sauf méthodes particulières, comme la contrainte au point chaud, qui utilisent d'autres courbes).
🎓 Niveau 2 : maîtriser les courbes de l'EN 1993-1-9 hors poly

Chaque catégorie de détail est repérée par ΔσC (C comme catégorie), le nombre de la classe FAT : 160, 140, 125, 112, 100, 90, 80, 71, 63, 56, 50, 45, 40 ou 36 MPa. La courbe de résistance ΔσR(N) a trois morceaux :

Nombre de cycles et loiRepère
N ≤ 5 × 10⁶
ΔσR³·N = ΔσC³ × 2 × 10⁶
pente m = 3, passe par ΔσC à 2 × 10⁶ cycles
5 × 10⁶ < N ≤ 10⁸
ΔσR⁵·N = ΔσD⁵ × 5 × 10⁶
pente m = 5 ; ΔσD = 0,737 ΔσC est la limite d'endurance à amplitude constante
N > 10⁸
ΔσR = ΔσL
ΔσL = 0,405 ΔσC : limite de troncature, en dessous de laquelle les cycles ne comptent plus

D'où viennent 0,737 et 0,405 ? ΔσD = ΔσC·(2/5)1/3 = 0,737 ΔσC ; ΔσL = ΔσD·(5/100)1/5 = 0,549 ΔσD = 0,405 ΔσC.

Vérification d'un détail sous un chargement d'amplitude constante Δσ répété N fois :

γFf·Δσ ≤ ΔσR(N)γMf

γFf (« gamma ») : coefficient partiel sur les actions de fatigue, 1,0 recommandé ; γMf : coefficient partiel sur la résistance en fatigue

γMf recommandé (EN 1993-1-9)Conséquences faiblesConséquences élevées
Tolérance aux dommages (structure inspectée, redondante)1,001,15
Durée de vie sûre (pas d'inspection prévue)1,151,35

Exemple. Détail FAT 71 sous Δσ = 50 MPa, 3 × 10⁶ cycles (on reste sous 5 × 10⁶ : pente 3). ΔσR = 71 × (2 × 10⁶/3 × 10⁶)1/3 = 71 × 0,874 = 62,0 MPa. Avec γMf = 1,15 : 62,0/1,15 = 53,9 MPa ≥ 50 ✅. Avec γMf = 1,35 : 45,9 MPa < 50 ❌.

💡 Les recommandations IIW utilisent les mêmes classes FAT et la même pente m = 3, mais placent le coude à 10⁷ cycles (au lieu de 5 × 10⁶), avec une suite de courbe différente selon que l'amplitude est constante ou variable. Toujours vérifier quel référentiel le projet impose.

Manipulation 7 : vérifier un détail soudé

Choisis la classe FAT du détail, l'étendue appliquée Δσ, le nombre de cycles N et le coefficient γMf. Le point bleu doit rester sous la courbe de calcul (en tirets). En gris : une éprouvette d'acier lisse et polie, pour comparaison.

🎓 Niveau 2, fin pièges et métier
⚠️ Piège : choisir le bon morceau de courbe. La formule ΔσR = ΔσC(2 × 10⁶/N)1/3 n'est valable que jusqu'à 5 × 10⁶ cycles. Au-delà, il faut passer à la pente 5, puis à la troncature. Et en amplitude constante, si Δσ·γMf reste sous ΔσD, la durée de vie est illimitée.
⚠️ Piège : comparer une soudure à l'acier de base. La courbe grise de la manipulation est tracée en Δσ = 2σa pour pouvoir la comparer : à 2 × 10⁶ cycles, l'acier poli supporte Δσ = 540 MPa, un détail FAT 80 seulement 80 MPa. Près de sept fois moins.
🧠 Mnémotechnique : « 3, 5, 8 » : pente 3 jusqu'à 5 millions de cycles, pente 5 jusqu'à 108, puis plus rien.
🔥 Les leviers du concepteur

Pour faire passer un détail qui ne passe pas : baisser Δσ (augmenter la section, déplacer la soudure vers une zone moins sollicitée) ; choisir un détail de meilleure classe (cordon bout à bout arasé plutôt que raidisseur, attache plus courte, raccordements progressifs) ; améliorer le pied de cordon (meulage, refusion TIG, martelage : les recommandations IIW accordent alors un bonus sous conditions) ; ou passer en tolérance aux dommages avec un plan d'inspection, pour bénéficier d'un γMf plus faible.

✎

Exercices corrigés

Six exercices et un défi, du tableau d'essais à la poutre soudée

🏋️Image à retenirLa salle de musculation : on ne progresse qu'en soulevant soi-même
👁 Mode d'emploi calculatrice avec touche « log »

Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Écris la formule littérale, puis les valeurs avec leurs unités. Les manipulations 3, 5 et 7 permettent de vérifier tes résultats.

Exercice 1 : lire une campagne d'essais N1 · chapitres 1 et 3

Un acier (Re = 400 MPa, Rm = 600 MPa) a été essayé en flexion rotative (R = −1). Les essais sont arrêtés à 10⁷ cycles.

σa (MPa)500420350300280270260
Nr (cycles)1203 6006,4 × 10⁴4,6 × 10⁵1,3 × 10⁶> 10⁷ →> 10⁷ →

a) Dans quel domaine se trouve chaque essai ?

b) Que signifie « > 10⁷ → » ? Estime la limite d'endurance σD.

c) Calcule le rapport σD/Rm et commente-le.

d) Combien de temps dure un essai arrêté à 10⁷ cycles sur une machine à 50 Hz ?

Voir la correction

a) 500 et 420 MPa sont au-dessus de Re = 400 MPa, avec des durées de vie inférieures à 10⁴ cycles : fatigue oligocyclique. 350, 300 et 280 MPa sont sous Re avec une rupture : endurance limitée. 270 et 260 MPa : pas de rupture en 10⁷ cycles, endurance illimitée (probable).

b) La flèche indique une éprouvette non rompue : l'essai a été arrêté, la durée de vie réelle est supérieure à 10⁷. La limite se situe entre 270 (non rompue) et 280 MPa (rompue) : σD ≈ 270 MPa. Avec si peu d'éprouvettes, c'est une estimation ; la méthode de l'escalier (chapitre 6) la préciserait.

c) σD/Rm = 270/600 = 0,45 : dans la fourchette habituelle de 0,4 à 0,5 pour les aciers.

d) t = N/f = 10⁷/50 = 2 × 10⁵ s ≈ 55,6 h ≈ 2,3 jours par éprouvette non rompue.

Exercice 2 : apprivoiser les logarithmes N1 · chapitre 2

a) Donne log 1, log 10, log 1 000 et log 10⁷.

b) Sachant que log 2 = 0,301 et log 5 = 0,699, où se placent 2 × 10⁵ et 5 × 10⁵ dans la décade qui va de 10⁵ à 10⁶ ?

c) Un axe de 16 cm va de 1 à 10⁸ cycles. À quelle distance de l'origine placer 3 × 10⁶ (log 3 = 0,477) ?

d) Combien de décades séparent 10⁴ et 2 × 10⁶ ?

Voir la correction

a) log 1 = 0 ; log 10 = 1 ; log 1 000 = 3 ; log 10⁷ = 7.

b) log(2 × 10⁵) = 5,301 : à 30 % de la décade. log(5 × 10⁵) = 5,699 : à 70 %.

c) log(3 × 10⁶) = 6,477. L'axe compte 8 décades sur 16 cm, soit 2 cm par décade : position = 6,477 × 2 = 12,95 cm.

d) log(2 × 10⁶/10⁴) = log 200 = log 2 + log 100 = 0,301 + 2 = 2,3 décades.

Exercice 3 : la droite de Basquin N2 · chapitre 5

Deux essais en endurance limitée : σa1 = 400 MPa donne N1 = 10⁴ cycles ; σa2 = 250 MPa donne N2 = 10⁶ cycles.

a) Calcule l'exposant k de la loi σak·N = C, puis l'exposant de Basquin b.

b) Prévois la durée de vie à σa = 300 MPa.

c) Calcule le coefficient σ′f de la forme σa = σ′f(2N)b, et vérifie qu'on retrouve 250 MPa à 10⁶ cycles.

d) De combien la durée de vie est-elle multipliée si la contrainte baisse de 10 % ?

Voir la correction

a) k = log(N2/N1)/log(σa1/σa2) = log(100)/log(1,6) = 2/0,2041 = 9,80. b = −1/k = −0,102.

b) N = N1(σa1/σa)k = 10⁴ × (400/300)9,80. Avec les logarithmes : 9,80 × log(1,333) = 9,80 × 0,1249 = 1,224, et 101,224 = 16,8. Donc N ≈ 1,7 × 10⁵ cycles.

c) σ′f = σa1/(2N1)b = 400 × (2 × 10⁴)0,102 ; log(2 × 10⁴) × 0,102 = 4,301 × 0,102 = 0,439, et 100,439 = 2,75 : σ′f ≈ 1 100 MPa. Vérification : 1 100 × (2 × 10⁶)−0,102 ; 6,301 × 0,102 = 0,643, 10−0,643 = 0,228 ; 1 100 × 0,228 ≈ 250 MPa ✅.

d) N'/N = (1/0,9)9,80 = 109,80 × 0,0458 = 100,448 ≈ 2,8 : 10 % de contrainte en moins, presque trois fois plus de vie.

Exercice 4 : limite conventionnelle et contrainte moyenne N2 · chapitre 4

a) Un alliage d'aluminium suit, au-delà de 10⁴ cycles, la loi σa = 325 × (N/10⁴)−1/12 (en MPa). Calcule sa limite d'endurance conventionnelle à 10⁶, 10⁷ et 10⁸ cycles.

b) Un acier a σD = 270 MPa (à σm = 0) et Rm = 600 MPa. Avec le critère de Goodman, quelle amplitude peut-il supporter indéfiniment sous σm = 150 MPa ?

c) Quel est le rapport R de ce cycle limite ?

d) Compare avec le critère de Gerber.

Voir la correction

a) À 10⁶ : (10²)−1/12 = 10−0,167 = 0,681, d'où σ = 221 MPa. À 10⁷ : 10−0,25 = 0,562, σ = 183 MPa. À 10⁸ : 10−0,333 = 0,464, σ = 151 MPa. Chaque décade supplémentaire coûte environ 17 % de contrainte : sans le nombre de cycles associé, la valeur ne veut rien dire.

b) σa = σD(1 − σm/Rm) = 270 × (1 − 150/600) = 270 × 0,75 = 202,5 MPa.

c) σmax = 150 + 202,5 = 352,5 MPa ; σmin = 150 − 202,5 = −52,5 MPa ; R = −52,5/352,5 = −0,15 (alternée asymétrique). σmax reste sous Re = 400 MPa : pas de plastification d'ensemble.

d) Gerber : σa = 270 × (1 − 0,25²) = 270 × 0,9375 = 253 MPa. Goodman est plus prudent de 50 MPa environ.

Exercice 5 : huit éprouvettes, une probabilité N2 · chapitre 6

Huit éprouvettes essayées au même niveau ont donné (en cycles) : 132 000 ; 204 000 ; 112 000 ; 263 000 ; 158 000 ; 89 000 ; 229 000 ; 186 000.

a) Calcule les log Ni, leur moyenne μ et la durée de vie médiane.

b) Calcule l'écart-type s des log Ni.

c) Quelle durée de vie retenir avec 97,7 % de probabilité de survie ?

d) Pourquoi ne pas utiliser la moyenne arithmétique des Ni ?

Voir la correction

a) log Ni : 5,121 ; 5,310 ; 5,049 ; 5,420 ; 5,199 ; 4,949 ; 5,360 ; 5,270. Somme : 41,678 ; μ = 41,678/8 = 5,210. Médiane : N50 = 105,210 ≈ 1,62 × 10⁵ cycles.

b) Écarts à la moyenne : −0,089 ; 0,100 ; −0,161 ; 0,210 ; −0,011 ; −0,261 ; 0,150 ; 0,060. Somme des carrés ≈ 0,182 ; divisée par n − 1 = 7 : 0,0260 ; racine : s ≈ 0,161 décade.

c) N97,7 = 10μ − 2s = 105,210 − 0,322 = 104,888 ≈ 7,7 × 10⁴ cycles, environ deux fois moins que la médiane.

d) La moyenne arithmétique (≈ 1,72 × 10⁵) est tirée vers le haut par les plus longues durées de vie : la loi est log-normale, c'est donc sur les logarithmes qu'il faut faire la moyenne.

Exercice 6 : l'entaille et le détail soudé N2 · chapitre 7

a) Un arbre en acier (σD = 270 MPa sur éprouvette polie) présente une gorge de Kt = 2,5, avec une sensibilité q = 0,8. Calcule Kf et la limite d'endurance nominale au droit de la gorge.

b) Un détail soudé FAT 71 subit Δσ = 50 MPa pendant 3 × 10⁶ cycles. Calcule ΔσR(N).

c) Vérifie le détail avec γMf = 1,15, puis avec γMf = 1,35.

d) Combien de cycles ce détail supporte-t-il sous Δσ = 80 MPa (sans coefficient partiel) ?

Voir la correction

a) Kf = 1 + q(Kt − 1) = 1 + 0,8 × 1,5 = 2,2 ; σD,gorge = 270/2,2 ≈ 123 MPa.

b) N = 3 × 10⁶ ≤ 5 × 10⁶ : pente 3. ΔσR = 71 × (2 × 10⁶/3 × 10⁶)1/3 = 71 × 0,874 = 62,0 MPa.

c) γMf = 1,15 : 62,0/1,15 = 53,9 MPa ≥ 50 MPa ✅. γMf = 1,35 : 62,0/1,35 = 45,9 MPa < 50 MPa ❌. Le même détail passe ou ne passe pas selon la stratégie d'inspection et les conséquences d'une rupture.

d) N = 2 × 10⁶ × (71/80)³ = 2 × 10⁶ × 0,699 ≈ 1,4 × 10⁶ cycles (on reste bien sous 5 × 10⁶, la pente 3 s'applique).

🏆 Défi : la poutre de roulement, suite N2 · chapitres 5 à 7

On reprend la poutre du défi du cours 1 : un raidisseur soudé de classe FAT 80 subit Δσ = 60 MPa, 4 × 10⁶ fois en 25 ans. La structure n'est pas inspectée régulièrement mais elle est redondante : on retient γMf = 1,15 et γFf = 1,0.

a) Calcule ΔσR à 4 × 10⁶ cycles et vérifie le détail.

b) De combien faut-il augmenter le module de flexion W de la poutre pour que le détail passe ?

c) Quelle classe FAT minimale faudrait-il, à section inchangée ? Quelle classe normalisée choisir ?

d) Sans rien changer, au bout de combien d'années la durée de vie de calcul est-elle atteinte ?

Voir la correction

a) ΔσR = 80 × (2 × 10⁶/4 × 10⁶)1/3 = 80 × 0,794 = 63,5 MPa ; résistance de calcul : 63,5/1,15 = 55,2 MPa < 60 MPa ❌. Le détail ne passe pas, alors qu'il passait sans coefficient au cours 1.

b) Δσ est proportionnelle à 1/W : il faut 60/55,2 = 1,087, soit W augmenté d'environ 9 %.

c) Il faut ΔσC × 0,794/1,15 ≥ 60, soit ΔσC ≥ 60 × 1,15/0,794 = 86,9 MPa. La classe normalisée immédiatement supérieure est FAT 90 : 90 × 0,794/1,15 = 62,1 MPa ≥ 60 ✅.

d) On cherche N tel que 1,15 × 60 = 69 MPa = 80 × (2 × 10⁶/N)1/3 : N = 2 × 10⁶ × (80/69)³ = 2 × 10⁶ × 1,559 ≈ 3,1 × 10⁶ cycles. Au rythme de 4 × 10⁶ cycles en 25 ans : 25 × 3,1/4 ≈ 19,5 ans. Il faudrait prévoir des inspections, ou une réparation, avant cette date.

?

Quiz : 12 questions éclair

Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste

🎯Image à retenirLa cible : vise 10 sur 12
Score : 0 / 12
★

Fiche mémoire du cours 2

Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête

📸Image à retenirLe musée de la fatigue, salle 2
🔧

Le banc d'essai

(σa, Nr) : un point

Un essai, un point ; une flèche → pour une éprouvette non rompue. Une courbe par σm.

📏

La règle à décades

log(a·b) = log a + log b

Chaque graduation vaut dix fois la précédente. Le 2 à 30 %, le 5 à 70 % de la décade.

🛝

Le toboggan

palier · pente · plage

Oligocyclique (σa > Re, ≲ 10⁴ cycles), endurance limitée, endurance illimitée.

🏖️

La plage

σD ≈ 0,4 à 0,5 Rm

Les aciers ont une plage ; l'aluminium non : limite conventionnelle à N cycles (10⁶ à 10⁹).

⚖️

La balance de Goodman

σa = σD(1 − σm/Rm)

Une moyenne de traction réduit l'amplitude admissible. Pas pour les soudures brutes.

📐

La règle de Basquin

σak·N = C

Une droite en log-log. Contrainte × λ ⇒ vie ÷ λk. k ≈ 10 lisse, 3 soudé.

🎯

Les fléchettes

NPs = 10μ − z·s

Log-normale : deux écarts-types à gauche, 97,7 % de survivants. Jamais la médiane.

🔪

L'entaille

Kf = 1 + q(Kt − 1)

σD divisée par Kf, puis par la surface et la taille. Pas de Kt sur une classe FAT.

🏷️

L'étiquette FAT

Δσ³·N = ΔσC³ × 2 × 10⁶

« 3, 5, 8 » ; vérifier γFf·Δσ ≤ ΔσR/γMf.

🏛 La visite du musée, salle 2 (2 minutes, les yeux fermés) : dans un atelier, un banc d'essai 🔧 secoue une éprouvette ; le technicien mesure chaque résultat avec une règle à décades 📏 dont les graduations grandissent ×10. Il la pose sur un toboggan 🛝 et la regarde glisser, du palier à la pente, jusqu'à la plage 🏖️. Sur le sable, une balance ⚖️ penche dès qu'on ajoute un poids moyen ; à côté, un enfant trace une droite avec une équerre 📐 sur du papier log-log. Plus loin, un stand de fléchettes 🎯 : aucune ne touche le même point. Un lanceur maladroit entaille le panneau d'un coup de couteau 🔪, et le patron du stand, furieux, y colle une étiquette 🏷️ : « FAT 80 ».
A–Z

Glossaire

Les mots, symboles et sigles de ce cours

📖Image à retenirLe dictionnaire : un mot flou, un clic
Alternance
Demi-cycle (une montée ou une descente). 2Nr est le nombre d'alternances à rupture.
b
Exposant de Basquin, négatif et sans unité (≈ −0,05 à −0,12) ; b = −1/k.
C
Constante de la loi σak·N = C, en MPak.
CC, CFC
Cubique centré (fer à l'ambiante, aciers ferritiques) ; cubique à faces centrées (aluminium, cuivre, nickel, inox austénitiques).
Courbe de Wöhler (S-N)
Courbe d'endurance : σa (ou Δσ) en fonction de Nr, à σm ou R fixé. S-N : Stress-Number of cycles.
Courbe médiane
Courbe à 50 % de probabilité de survie.
Décade
Intervalle entre deux puissances de 10 successives sur un axe logarithmique.
Δσ, ΔσC, ΔσD, ΔσL, ΔσR
Étendue de contrainte (= 2σa) ; catégorie de détail (classe FAT, à 2 × 10⁶ cycles) ; limite d'endurance à amplitude constante (0,737 ΔσC, à 5 × 10⁶) ; limite de troncature (0,405 ΔσC, à 10⁸) ; résistance à N cycles.
Diagramme de Haigh
Diagramme σa en fonction de σm qui délimite les cycles supportés indéfiniment.
Dislocation
Défaut linéaire du cristal dont le déplacement permet le glissement plastique (cours 3).
Durée de vie Nr
Nombre de cycles à rupture.
Écart-type s
Mesure de la largeur d'une distribution ; ici, celle des log Nr, en décades.
EN 1993-1-9
Eurocode 3, partie 1-9 : calcul en fatigue des structures en acier.
Endurance limitée, illimitée
Domaines où la durée de vie est finie (σD < σa < Re), ou infinie (σa < σD).
Éprouvette
Petit échantillon de matériau à la forme normalisée, préparé pour un essai.
FAT (classe)
Catégorie de détail soudé : étendue Δσ supportée pendant 2 × 10⁶ cycles, en MPa (valeur caractéristique).
Fatigue oligocyclique
Fatigue à σa > Re, avec déformation plastique de toute la section, rupture en moins de 10⁴ cycles environ.
Gigacyclique
Domaine au-delà de 10⁸ à 10⁹ cycles, exploré avec des machines à ultrasons.
γFf, γMf
« Gamma » : coefficients partiels de sécurité sur les actions de fatigue et sur la résistance en fatigue.
Hz
Hertz : un cycle par seconde.
IIW, IWE
International Institute of Welding ; International Welding Engineer.
k (ou m dans les normes)
Exposant de la courbe σk·N = C : ≈ 8 à 15 pour l'acier lisse, 3 pour les soudures.
Kt, Kf, q
Coefficient théorique de concentration de contrainte ; coefficient effectif d'entaille en fatigue ; sensibilité à l'entaille (0 à 1).
Limite d'endurance σD
Amplitude sous laquelle il n'y a pas de rupture, quel que soit le nombre de cycles ; conventionnelle σD(N) : à N cycles fixés.
log
Logarithme décimal : log N = x ⟺ N = 10x.
Loi de Basquin
σa = σ′f(2Nr)b, ou σak·Nr = C : droite en log-log dans le domaine d'endurance limitée.
Loi log-normale
Loi d'une grandeur dont le logarithme suit une loi normale (en cloche).
Méthode de l'escalier
Procédure d'essai qui monte ou descend d'un cran selon que l'éprouvette précédente a survécu ou cassé, pour mesurer σD.
MPa
Mégapascal : 1 MPa = 1 N/mm².
μ
« Mu » : moyenne des log Nr ; 10μ est la durée de vie médiane.
Ps, z
Probabilité de survie ; nombre d'écarts-types correspondant (z = 2 pour 97,7 %).
R
Rapport de charge σmin/σmax.
Re, Rm
Limite d'élasticité et résistance à la traction, en MPa.
Σ
« Sigma » majuscule : somme d'une série de termes.
σa, σm, σmax, σmin
Amplitude, moyenne, maximum et minimum du cycle, en MPa.
σ′f
Coefficient de résistance à la fatigue de la loi de Basquin, en MPa.
Valeur caractéristique
Valeur statistique prudente (forte probabilité de survie) utilisée par les normes à la place de la médiane.
≲, ⟺
« Inférieur ou de l'ordre de » ; « équivaut à ».
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Dix points à cocher de tête

🧳Image à retenirLa valise bouclée avant le départ pour le cours 3

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🔭 Au prochain épisode, cours 3 : l'amorçage. On entre dans la matière, grain par grain, pour comprendre ce qui se passe sur la première moitié du toboggan : les microglissements à 45°, les bandes de glissement, les intrusions et les extrusions, la microfissure qui naît puis tourne pour devenir perpendiculaire à l'effort (polycopié, p. 4 à 7). On verra aussi la courbe de Wöhler à l'amorçage, les mystérieuses fissures « dormantes » et les critères d'amorçage.