Avant de commencer
Les cours 1 et 2 en trois cases
| Chapitre du cours | Polycopié | Ce qu'il apporte à l'IWE |
|---|---|---|
| 1 Fabriquer une électrode | § 9 (p. 30), § 9.1 fabrication (p. 31), § 9.2 défauts de l'enrobage (p. 32) | connaître la fabrication, reconnaître un défaut d'électrode |
| 2 Les rôles de l'enrobage | § 9.12 (p. 37) | relier les constituants à l'arc, au laitier et au métal |
| 3 Les familles d'enrobage | § 9.6 à 9.10 (p. 34 à 36) | choisir une famille pour une application |
| 4 Hydrogène, conservation et étuvage | § 9.3 (p. 33), § 10 (p. 39 à 42) | maîtriser l'hydrogène, organiser le stockage et l'étuvage |
| 5 Efficacité, métal déposé, consommation | § 9.11 (p. 36), § 9.13 (p. 38), § 12.33 (p. 82) | calculer une efficacité et une consommation d'électrodes |
| 6 Désigner et choisir | § 9.4, 9.5 (p. 33), § 9.14 (p. 38), § 11 (p. 44 à 51) | lire et composer une désignation, choisir électrode et diamètre |
- ISO 2560 : classification des électrodes enrobées pour aciers non alliés et à grains fins, en deux systèmes : A (limite d'élasticité, 47 J) et B (résistance à la traction, 27 J).
- ISO 2401 : détermination de l'efficacité, du rendement du métal et du coefficient de dépôt des électrodes enrobées.
- ISO 3690 : détermination de la teneur en hydrogène du métal fondu.
- ISO 544 : conditions techniques de livraison des produits d'apport (dimensions, tolérances, état des électrodes).
- ISO 3580, 3581, 18275, 14172, 1071, 14700 : électrodes pour aciers résistant au fluage, aciers inoxydables, aciers à haute résistance, nickel, fontes, et produits de rechargement (chapitre 6).
- EN 1011-2 : recommandations pour le soudage des aciers ferritiques (hydrogène, préchauffage) ; EN 13479 : norme générale de produit pour le marquage CE des produits d'apport.
Le coordinateur en soudage choisit les électrodes inscrites au DMOS, vérifie à la réception que la désignation de la boîte correspond, organise le magasin, les étuves et les carquois, et garantit la traçabilité des lots. Une fissure à froid apparue deux jours après le soudage d'une pièce épaisse se termine souvent par la même question : les électrodes basiques avaient-elles été étuvées, et combien de temps étaient-elles restées à l'air ?
La série en cinq cours
Le plan du cours
- 1Fabriquer une électrode
Une âme tréfilée, une pâte filée autour, une cuisson ; et l'excentricité qui fait dévier l'arc.
- 2Les rôles de l'enrobage
Électrique, physique, métallurgique : chaque ingrédient a sa mission.
- 3Les familles d'enrobage
Rutile, basique, cellulosique, acide, et leurs mélanges.
- 4Hydrogène, conservation et étuvage
L'enrobage boit l'humidité ; on l'essore au four et on le garde au sec.
- 5Efficacité, métal déposé, consommation
Quand une électrode dépose plus de métal que son âme n'en contient.
- 6Désigner et choisir
La désignation ISO 2560, l'étiquette de la boîte et le choix de l'électrode.
Fabriquer une électrode
Une âme tréfilée, une pâte filée autour, une cuisson au four
Une électrode se fabrique comme une baguette de boulanger, en quatre temps (polycopié, § 9.1) :
- 1L'âme
Du fil d'acier est tréfilé, c'est-à-dire étiré à travers des filières jusqu'au diamètre voulu, décapé pour ôter le lubrifiant, dressé puis coupé à longueur (de 250 à 450 mm environ).
- 2La pâte
Les poudres minérales, les ferro-alliages et la poudre de fer sont tamisées, pesées selon la recette et mélangées à sec ; on ajoute ensuite un liant, des silicates de sodium et de potassium en solution (le « verre soluble »), puis on pétrit et l'on presse la pâte en briquettes.
- 3Le filage
Une presse pousse la pâte autour des âmes qui défilent à travers une filière : l'enrobage se forme en continu, bien centré. On dégage ensuite le bout de prise, nu sur au moins 15 mm pour le contact avec la pince, et l'on prépare parfois le bout d'amorçage avec un produit qui facilite l'allumage de l'arc.
- 4La cuisson
Les électrodes sèchent à l'air, puis cuisent au four. La température dépend de la famille : les basiques cuisent très chaud, vers 450 °C, pour chasser l'eau et garantir un faible hydrogène ; les cellulosiques, elles, gardent volontairement de l'eau. Elles sont contrôlées puis emballées aussitôt, à l'abri de l'humidité.
Comme pour la baguette, le défaut le plus sournois est une pâte mal centrée : l'enrobage est plus mince d'un côté que de l'autre. C'est l'excentricité. Au bout de l'électrode, le côté mince fond plus vite que le côté épais : le cratère d'enrobage devient dissymétrique, et l'arc part de travers. Les autres défauts (polycopié, § 9.2) : enrobage fissuré, écaillé, cassé par un choc ou une flexion, enrobage humide, âme rouillée au bout de prise.
Manipulation 1 : l'électrode excentrée
Choisis le diamètre de l'âme d et l'épaisseur de l'enrobage, puis décale l'âme avec le curseur d'excentricité ε. À gauche, la coupe de l'électrode ; à droite, son bout vu de côté, le cratère d'enrobage et l'arc. Le bouton ▶ tourne l'électrode sur elle-même d'un tour complet : regarde ce que fait l'arc. Modèle pédagogique : ε = (tmax − tmin)/(tmax + tmin), déviation de l'arc θ = 50° × ε, repères de jugement indicatifs.
Ce que demande la norme de livraison
L'ISO 544 fixe les conditions de livraison des produits d'apport. Pour les électrodes enrobées, elle impose un enrobage concentrique et régulier sur toute la longueur, « afin d'éviter une fusion dissymétrique de l'enrobage » ; un enrobage sans irrégularité, fissure ni défaut de surface ; un enrobage bien adhérent qui ne s'écaille pas en usage normal ; et un bout de prise nu sur au moins 15 mm. Elle donne aussi les tolérances sur le diamètre de l'âme (quelques centièmes de millimètre à un dixième selon le diamètre) et sur la longueur.
c : épaisseur moyenne de l'enrobage (mm) ; D : diamètre extérieur (mm) ; d : diamètre de l'âme (mm) ; tmin, tmax : épaisseurs mince et épaisse (mm) ; ε (« epsilon ») : excentricité relative, notre indice pédagogique ; e : décalage de l'âme (mm). Les spécifications de produits chiffrent l'écart admissible à leur façon ; l'indice ε sert ici à comparer.
Exemple : âme de 3,2 mm, enrobage moyen D = 1,6 × 3,2 = 5,12 mm, donc c = 0,96 mm. Une âme décalée de 0,24 mm donne tmin = 0,72 mm et tmax = 1,20 mm, soit ε = 0,24/0,96 = 25 % : le cratère est nettement dissymétrique, et la manipulation montre un arc dévié d'environ 12°.
Excentricité ou soufflage ?
Les deux font dévier l'arc. Le test des fabricants est simple : tourne l'électrode d'un demi-tour dans la pince et soude à nouveau. Si la déviation tourne avec l'électrode, l'enrobage est excentré ; si elle garde la même direction, c'est du soufflage magnétique (cours 2), lié à la pièce et à la prise de masse.
À la livraison, le magasin vérifie la désignation et le numéro de lot sur chaque boîte, l'état des emballages (déchirés, humides ?), et prélève quelques électrodes : enrobage entier, sans fissure, bout de prise propre. Le numéro de lot suit les électrodes jusqu'au soudeur : c'est lui qui permet de remonter au fabricant si un problème apparaît.
Les rôles de l'enrobage
Électrique, physique, métallurgique : chaque ingrédient a sa mission
L'enrobage remplit trois rôles à la fois (polycopié, § 9.12) :
- un rôle électrique : faciliter l'amorçage, stabiliser l'arc, le rallumer en courant alternatif. Des éléments faciles à ioniser, comme le potassium et le sodium, rendent le gaz de l'arc conducteur (cours 2) ;
- un rôle physique : produire les gaz qui chassent l'air, former le laitier qui couvre le bain, lui donne sa forme, ralentit son refroidissement et le soutient en position, et dessiner le cratère qui guide l'arc et les gouttes ;
- un rôle métallurgique : désoxyder le bain, c'est-à-dire capter l'oxygène qui l'a pollué, ajouter des éléments d'alliage, épurer le métal par des échanges avec le laitier, et augmenter le métal déposé grâce à la poudre de fer.
Chaque ingrédient tient un ou plusieurs de ces rôles, comme dans une recette :
| Ingrédients | Rôle principal |
|---|---|
| rutile (oxyde de titane TiO₂), ilménite (minerai d'oxydes de titane et de fer) | stabilisent l'arc, forment un laitier fluide qui se fige vite |
| carbonate de calcium (calcaire, CaCO₃) | se décompose en gaz carbonique et monoxyde de carbone qui protègent l'arc ; forme un laitier basique |
| fluorine (fluorure de calcium, CaF₂) | fluidifie le laitier des électrodes basiques, limite l'effet oxydant du calcaire |
| cellulose | brûle en un abondant gaz protecteur et donne un arc très pénétrant |
| feldspath (silicate riche en potassium), silice | stabilisent l'arc (potassium) et forment le laitier |
| ferro-manganèse, ferro-silicium, ferro-titane | désoxydants : ils captent l'oxygène et passent dans le laitier |
| ferro-chrome, ferro-molybdène, nickel… | éléments d'alliage du métal déposé |
| poudre de fer | augmente la masse de métal déposé par électrode |
| silicates de sodium et de potassium ; argile, mica, gommes | liant de la pâte ; aides au filage, solidité de l'enrobage |
Manipulation 2 : le laboratoire de l'enrobage
Compose ton enrobage en dosant six familles d'ingrédients (les parts sont ramenées à 100 %), ou pars d'une recette type. Le graphique note de 0 à 10 la stabilité de l'arc, le laitier, le faible hydrogène, la pénétration, la ténacité du métal et l'aptitude aux positions ; à droite, la famille obtenue et l'efficacité estimée. Le bouton ▶ passe en revue les recettes types. Barème pédagogique : il traduit les tendances décrites dans ce chapitre, pas la formulation d'une électrode réelle.
Désoxyder le bain
Malgré la protection, le bain capte un peu d'oxygène : celui de l'air qui s'infiltre, celui des oxydes de l'enrobage et de la surface des pièces. Dissous dans l'acier, l'oxygène forme des inclusions et, avec le carbone, du monoxyde de carbone qui crée des soufflures. Les désoxydants de l'enrobage s'en chargent :
Entre crochets [ ] : un élément dissous dans le métal liquide ; entre parenthèses ( ) : un oxyde qui passe dans le laitier. Le silicium et le manganèse des ferro-alliages fixent l'oxygène et quittent le métal sous forme d'oxydes, qui remontent dans le laitier. Une partie reste dans le métal déposé, dont elle augmente la résistance.
Laitier acide, laitier basique
Un laitier riche en silice (SiO₂) ou en oxyde de titane est dit acide ; un laitier riche en chaux (CaO, issue du calcaire) et en fluorine est dit basique. Le laitier basique capte mieux le soufre et l'oxygène : il donne un métal plus propre et plus tenace, au prix d'un laitier moins facile à détacher et d'un arc moins doux. Les réactions gaz-métal concernent surtout l'oxygène, l'azote de l'air (arc long) et l'hydrogène (chapitre 4) ; les réactions laitier-métal, la désoxydation, la désulfuration et le transfert d'éléments d'alliage.
Un soudeur expérimenté lit son laitier : un laitier rutile qui se décolle tout seul en copeau, un laitier basique plus adhérent qu'il faut piquer, un laitier cellulosique mince et peu couvrant. Un laitier qui change d'aspect sur un même lot (poreux, collant, cloqué) signale souvent une électrode humide.
Les familles d'enrobage
Rutile, basique, cellulosique, acide, et leurs mélanges
Selon l'ingrédient dominant, on distingue quatre grandes familles (polycopié, § 9.6 à 9.10) :
- Rutile (symbole R, ou RR pour un enrobage épais) : la plus facile. Arc doux et stable, fines gouttes, beau cordon, laitier qui se détache seul, courant alternatif ou continu. Le métal est correct mais moins tenace, et l'hydrogène reste assez élevé. C'est l'électrode de la charpente courante et de l'entretien.
- Basique (B) : la plus exigeante et la plus sûre. Métal tenace, résistant au froid et à la fissuration, très peu d'hydrogène à condition d'être sèche. Arc plus dur, grosses gouttes, arc court obligatoire, souvent en CC+, étuvage indispensable. C'est l'électrode des aciers épais, bridés ou à haute résistance.
- Cellulosique (C) : la plus pénétrante. Arc violent, peu de laitier, soudage en verticale descendante : c'est l'électrode des pipelines. Elle contient volontairement de l'eau et produit beaucoup d'hydrogène.
- Acide (A) : à base d'oxydes de fer, de manganèse et de silice ; laitier abondant et fluide, cordons lisses, surtout à plat. Le polycopié parle aussi d'enrobage oxydant, très riche en oxyde de fer, que l'on retrouve aujourd'hui dans les types « oxyde de fer » du système B de l'ISO 2560, limités aux positions PA et PB (à plat).
Entre ces couleurs de base existent des mélanges : rutile-basique (RB), rutile-cellulosique (RC), rutile-acide (RA). Et une poudre de fer ajoutée à l'enrobage augmente le métal déposé et la vitesse, au prix des positions difficiles.
Manipulation 3 : le comparateur des familles
Sélectionne une ou plusieurs familles pour superposer leurs profils, puis choisis un cas d'atelier : la famille conseillée s'affiche avec sa justification. Le bouton ▶ passe en revue les familles. Notes de 0 à 10 : barème pédagogique qui résume les tendances du chapitre ; les ordres de grandeur d'hydrogène sont ceux cités au chapitre 4.
| Famille (ISO 2560-A) | Constituants dominants | Courant (cours 2) | Positions | Hydrogène diffusible | Points forts | Équivalents AWS A5.1 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Rutile R, RR | rutile, silicates | CA, CC± | toutes ou presque | moyen à élevé, jusqu'à 25 ml/100 g environ | facilité, aspect, laitier autodétachant | E6012, E6013 |
| Basique B | calcaire, fluorine | CC+, parfois CA | toutes, souvent sauf verticale descendante | faible : ≤ 5 ml/100 g si étuvée | ténacité, résistance à la fissuration | E7015, E7016, E7018 |
| Cellulosique C | cellulose | CC+, parfois CA | toutes, dont verticale descendante | très élevé, de l'ordre de 30 à 45 ml/100 g | pénétration, soudage en descendant | E6010, E6011 |
| Acide A | oxydes de fer et de manganèse, silice | CA, CC | surtout à plat | moyen | cordons lisses, vitesse à plat | — |
| Rutile-basique RB | rutile et calcaire | CA, CC | toutes | intermédiaire | compromis facilité-ténacité | — |
Les équivalences AWS suivent le dernier chiffre de la désignation américaine : les types se terminant par 10 ou 11 sont cellulosiques ; par 12, 13, 14, 19 ou 24, rutiles ; par 15, 16, 18, 28 ou 48, basiques à bas hydrogène. Les valeurs d'hydrogène sont des ordres de grandeur publiés ; elles dépendent du fabricant, de l'emballage et de la conservation.
Sur un pipeline, on combine souvent une cellulosique pour la racine et les premières passes en descendant, rapides et pénétrantes, puis des passes de remplissage et de finition avec une autre électrode, selon le DMOS. Le coordinateur veille à ce que les deux soient qualifiées ensemble et à ce que les soudeurs ne les confondent pas : boîtes séparées, carquois marqués.
Hydrogène, conservation et étuvage
L'enrobage boit l'humidité ; on l'essore au four et on le garde au sec
Dans l'arc, l'eau se décompose : son hydrogène se dissout massivement dans le métal liquide. En se solidifiant puis en refroidissant, l'acier ne peut plus le garder. Une partie s'échappe, une autre migre dans la zone voisine du cordon et s'y accumule : c'est l'hydrogène diffusible, mesuré en millilitres de gaz pour 100 g de métal déposé (ml/100 g) selon l'ISO 3690 (polycopié, § 9.3).
D'où vient cet hydrogène ? De l'humidité de l'enrobage avant tout, mais aussi de la cellulose des électrodes cellulosiques, de la rouille, de la graisse, de la peinture ou de la condensation sur les bords à souder. Avec deux complices, il provoque la fissuration à froid :
- de l'hydrogène dans le métal ;
- une structure dure et fragile dans la zone affectée thermiquement, comme la martensite d'un acier trempé par un refroidissement rapide ;
- des contraintes de traction : bridage, retrait, pièce épaisse.
Ces fissures sont sournoises : fines, souvent sous la surface, elles peuvent n'apparaître que des heures, voire des jours après le soudage.
Or l'enrobage est une éponge : son liant et ses minéraux reprennent l'humidité de l'air. Une électrode basique, conçue pour déposer très peu d'hydrogène, n'en dépose peu que si elle est sèche. D'où les règles de conservation et d'étuvage (polycopié, § 10) :
- stocker les boîtes fermées dans un local sec et tempéré (humidité relative inférieure à 50 %, plus de 20 °C, sur palettes) ;
- étuver les basiques avant usage, typiquement 2 heures entre 300 et 350 °C, dans une étuve de séchage ;
- maintenir ensuite les électrodes vers 150 °C dans une étuve de maintien ou un carquois chauffant, et n'en sortir que ce que l'on va souder.
Manipulation 4 : une semaine d'atelier
Choisis l'électrode, l'humidité relative HR de l'atelier et le temps que les électrodes passent chaque jour hors de l'étuve ou du carquois, puis décide de l'étuvage du lundi matin et du maintien en étuve la nuit et le week-end. Le graphique suit, heure par heure, l'humidité de l'enrobage et l'hydrogène diffusible qu'on obtiendrait en soudant à cet instant, avec les seuils H5, H10 et H15. Le bouton ▶ fait défiler la semaine. Modèle pédagogique : reprise d'humidité exponentielle vers un équilibre qui croît avec HR, HD proportionnel à l'humidité de l'enrobage ; ordres de grandeur seulement.
Mesurer et classer l'hydrogène
L'ISO 3690 décrit la mesure : on soude une éprouvette normalisée, on la refroidit très vite, puis on recueille l'hydrogène qui s'en échappe. L'ISO 2560 traduit le résultat en symbole facultatif de la désignation :
| Symbole | Hydrogène diffusible maximal | Niveau courant | Électrodes typiques |
|---|---|---|---|
| H5 | 5 ml/100 g | très faible (moins de 5) | basiques étuvées, emballages étanches |
| H10 | 10 ml/100 g | faible (5 à 10) | basiques mal conservées |
| H15 | 15 ml/100 g | moyen (10 à 15) | — |
| sans symbole | plus de 15 ml/100 g | élevé | rutiles (jusqu'à 25 environ), cellulosiques (30 à 45 environ) |
Les recommandations de l'EN 1011-2 pour le préchauffage des aciers ferritiques font intervenir cette teneur : 5 ml/100 g au plus correspond à son « échelle D » d'hydrogène, le plafond que recommande l'industrie de la construction métallique. Moins d'hydrogène, c'est moins de préchauffage pour un même acier (cours 4).
Les règles de conservation
| Famille | Étuvage avant usage | Ensuite |
|---|---|---|
| Basique (aciers non alliés et à grains fins) | 2 h entre 300 et 350 °C (350 °C pour les aciers de limite d'élasticité supérieure à 355 MPa) | étuve de maintien ou carquois chauffant vers 150 °C |
| Rutile, rutile-cellulosique, rutile-basique | pas nécessaire si le stockage est correct ; 1 h vers 100 à 110 °C si elles ont pris l'humidité (porosités, projections) | local sec |
| Cellulosique | jamais : elle a besoin de son eau | local tempéré, à l'abri |
| Électrodes fortement alliées (inox, nickel) | souvent 2 h vers 300 °C contre les porosités | étuve de maintien |
Ordres de grandeur issus d'une notice de fabricant ; la fiche de chaque électrode fait foi. La même notice limite la durée cumulée des étuvages à 10 heures, car un étuvage trop long ou trop répété abîme l'enrobage. Les emballages étanches ou sous vide dispensent d'étuvage tant qu'ils sont intacts ; une fois ouverts, le fabricant fixe le délai d'utilisation. Pour éviter la condensation, on garde le magasin quelques degrés au-dessus de la température la plus haute de la journée.
Modèle de la manipulation 4 : m, teneur en eau de l'enrobage (% de sa masse), tend vers une teneur d'équilibre méq qui croît avec l'humidité relative HR de l'air ; l'étuvage la ramène vers 0,05 %, l'étuve de maintien la garde basse. HD : hydrogène diffusible (ml/100 g) ; h0, k : constantes de l'électrode (pour une basique du modèle, 1,5 ml/100 g et 20 ml/100 g par % d'eau). Pédagogique : les fabricants publient des courbes mesurées.
Un atelier qui soude des aciers sensibles dispose d'une étuve de séchage (300 à 350 °C), d'une étuve de maintien (vers 150 °C) et de carquois chauffants au poste. Un registre suit chaque lot : date d'ouverture, étuvages, sorties. Quand le préchauffage est difficile, on peut aussi recourir à des électrodes austénitiques ou à forte teneur en nickel, qui retiennent l'hydrogène dans leur structure : solution coûteuse, réservée aux cas délicats. Le polycopié clôt son chapitre sur la conservation par un retour d'expérience industriel (§ 10.4, p. 42).
Efficacité, métal déposé, consommation
Quand une électrode dépose plus de métal que son âme n'en contient
Que devient le métal d'une électrode ? L'âme fond, mais une partie se perd en projections et en fumées, et l'on jette le bout. Inversement, si l'enrobage contient de la poudre de fer, celle-ci fond aussi et rejoint le cordon : l'électrode peut alors déposer plus de métal que son âme n'en contenait, comme un gâteau qui sort du four plus gros que son moule (polycopié, § 9.11).
L'efficacité de l'électrode (appelée rendement dans le cours 1, et naguère « efficacité nominale ») compare la masse de métal déposé à la masse d'âme réellement fondue :
- autour de 100 % pour une rutile ou une basique ordinaire ;
- de 105 à 160 % pour les électrodes enrichies en poudre de fer ;
- plus de 160 % pour les électrodes à très haut rendement, réservées au soudage à plat et en angle à plat.
Ce métal déposé a ses propres caractéristiques, mesurées sur une éprouvette de métal fondu hors dilution, c'est-à-dire sans mélange avec le métal de base : limite d'élasticité, résistance, allongement, énergie de rupture à basse température (polycopié, § 9.13). C'est ce que garantit la désignation (chapitre 6). Enfin, connaître le métal déposé par électrode permet de prévoir la consommation d'un chantier (polycopié, § 12.33).
Manipulation 5 : remplir le chanfrein
Règle l'épaisseur t, l'angle α du chanfrein en V, l'écartement g, le talon p et la longueur L ; choisis le diamètre de la passe de racine, celui des passes de remplissage, et l'efficacité R des électrodes. Le bouton ▶ remplit le chanfrein passe par passe. Modèle pédagogique : section en V avec surépaisseur de 1,5 mm ; section déposée par passe de 8, 12, 20 et 28 mm² pour 2,5, 3,2, 4 et 5 mm ; intensité I ≈ 50·(d − 1) ; âme de 350 mm (2,5 et 3,2) ou 450 mm (4 et 5) avec un bout de 40 mm ; taux d'arc K (cours 1).
Quatre grandeurs, quatre définitions
L'ISO 2401 fait souder au moins trois électrodes à plat, sans interruption, jusqu'à un bout d'environ 50 mm, et pèse tout :
RN : efficacité nominale de l'électrode (%), avec mCN la masse nominale d'âme consommée, calculée à partir du diamètre et de la longueur fondue, et une masse volumique de 7,85 g/cm³ ; mD : masse de métal déposé (g) ; RG : rendement global du métal (%), avec mE la masse totale des électrodes ; RD : efficacité de dépôt hors bouts (%), avec ms la masse des bouts ; D : coefficient de dépôt (g par ampère et par minute), avec I l'intensité (A) et t le temps d'arc (min)
Exemple : trois électrodes de 4,0 × 450 mm, bouts totalisant 150 mm, déposent 140 g. L'âme consommée mesure 3 × 450 − 150 = 1 200 mm, soit mCN = 7,85 × 10⁻³ × π × 4²/4 × 1 200 ≈ 118,4 g et RN = 140/118,4 ≈ 118 % : la classe « plus de 105 et au plus 125 % » de l'ISO 2560. Si les trois électrodes pesaient 186 g en tout, RG = 140/186 ≈ 75 % : un quart de la masse achetée part en enrobage, en bouts et en projections. Avec 4,25 min d'arc à 170 A, D = 140/(170 × 4,25) ≈ 0,19 g/(A·min).
Prévoir la consommation (polycopié, § 12.33)
N : nombre d'électrodes ; ρ : masse volumique de l'acier (7,85 × 10⁻³ g/mm³) ; A : section à remplir (mm²) ; L : longueur (mm) ; mCN,e : masse d'âme consommée par électrode (g) ; R : efficacité (%)
Exemple : 1 m de V à 60° en 10 mm, écartement 2 mm, sans talon : A ≈ 77,7 + 16,5 ≈ 94 mm² avec la surépaisseur. Racine en 3,2 mm (12 mm²), puis remplissage en 4 mm : 6 passes. À R = 95 %, une âme de 4 × 450 (40,4 g consommés) dépose 38,4 g : il faut 6 électrodes de 3,2 et 17 de 4, et 34 min d'arc. À R = 160 %, 4 et 10 électrodes, et 20 min d'arc.
La fiche technique d'une électrode (polycopié, § 9.14) donne pour chaque diamètre la plage d'intensité, la durée de fusion d'une électrode et le taux de dépôt, et pour le métal fondu hors dilution sa composition et ses caractéristiques. Par exemple, une basique du commerce désignée E 42 4 B 42 H5 annonce environ 475 MPa de limite d'élasticité, 565 MPa de résistance, 29 % d'allongement et 115 J à −40 °C, et une durée de fusion de 68 s pour une électrode de 3,2 × 350 mm près de son intensité maximale.
Désigner et choisir
La désignation ISO 2560, l'étiquette de la boîte et le choix de l'électrode
La désignation d'une électrode est sa carte d'identité (polycopié, § 11.1). Dans le système A de l'ISO 2560, elle se lit de gauche à droite, par exemple E 42 4 B 42 H5 :
- E : électrode enrobée pour soudage manuel à l'arc ;
- 42 : limite d'élasticité minimale du métal fondu, 420 MPa ;
- 4 : 47 J de résilience garantis à −40 °C ;
- (pas de symbole) : métal non allié, au plus 2 % de manganèse ;
- B : enrobage basique ;
- 4 : efficacité de plus de 105 % et au plus 125 %, courant continu ;
- 2 : toutes positions sauf la verticale descendante ;
- H5 : au plus 5 ml d'hydrogène diffusible pour 100 g de métal déposé.
Les cinq premiers éléments (E, limite, résilience, composition, enrobage) sont obligatoires ; l'efficacité et le courant, la position et l'hydrogène sont facultatifs, mais figurent presque toujours. La boîte reprend cette désignation avec bien d'autres informations (polycopié, § 11.2) : diamètre et longueur, numéro de lot, nombre ou masse d'électrodes, courant et polarité, plages d'intensité, conditions d'étuvage, positions, agréments, marquage CE.
D'autres normes couvrent les autres métaux (polycopié, § 11.4) : l'ISO 3580 pour les aciers résistant au fluage, l'ISO 3581 pour les aciers inoxydables et réfractaires, l'ISO 18275 pour les aciers à haute résistance, l'ISO 14172 pour le nickel et ses alliages, l'ISO 1071 pour les fontes, l'ISO 14700 pour le rechargement. Aux États-Unis, l'AWS publie ses propres classifications (A5.1 pour les aciers au carbone, A5.5 pour les aciers faiblement alliés, A5.4 pour les inox).
Manipulation 6 : composer une désignation
Choisis un symbole dans chaque case du système A de l'ISO 2560 : la désignation se compose et chaque case s'explique. Le bouton « Défi » affiche un cahier des charges et note chaque case ; le bouton ▶ lit pas à pas l'étiquette d'une boîte d'électrodes (exemple fictif).
Les tableaux du système A (ISO 2560:2020)
| Symbole | 35 | 38 | 42 | 46 | 50 |
|---|---|---|---|---|---|
| Limite d'élasticité minimale (MPa) | 355 | 380 | 420 | 460 | 500 |
| Résistance à la traction (MPa) | 440–570 | 470–600 | 500–640 | 530–680 | 560–720 |
| Allongement minimal (%) | 22 | 20 | 20 | 20 | 18 |
| Résilience | Z | A | 0 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température pour 47 J (°C) | aucune exigence | +20 | 0 | −20 | −30 | −40 | −50 | −60 |
| Efficacité et courant | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Efficacité (%) | ≤ 105 | > 105 et ≤ 125 | > 125 et ≤ 160 | > 160 | ||||
| Courant | CA et CC | CC | CA et CC | CC | CA et CC | CC | CA et CC | CC |
| Position | Positions admises (ISO 6947) |
|---|---|
| 1 | toutes : PA, PB, PC, PD, PE, PF, PG |
| 2 | toutes sauf la verticale descendante : PA à PF |
| 3 | à plat en bout à bout et en angle, angle à plat : PA, PB |
| 4 | à plat, en bout à bout et en angle : PA |
| 5 | verticale descendante et positions du symbole 3 : PA, PB, PG |
Positions de l'ISO 6947, détaillées au cours 4 : PA à plat, PB en angle à plat, PC en corniche, PD en angle au plafond, PE au plafond, PF en verticale montante, PG en verticale descendante. Les traductions françaises varient d'un document à l'autre (la version française de l'ISO 2560 traduit PB par « en corniche » et PC par « horizontale ») : le code lettre fait foi.
La composition chimique (tableau 3A) n'a pas de symbole pour un métal non allié (au plus 2,0 % de manganèse) ; Mo signale 0,3 à 0,6 % de molybdène, MnMo du manganèse et du molybdène, 1Ni, 2Ni, 3Ni environ 1, 2 et 3 % de nickel pour la ténacité à froid. L'enrobage (tableau 4A) prend les symboles A, C, R, RR, RC, RA, RB et B. L'hydrogène (tableau 7) prend H5, H10 ou H15.
Le système B s'appuie sur la résistance à la traction et une résilience de 27 J. Sa désignation enchaîne E, la résistance minimale (43, 49, 55 ou 57 pour 430 à 570 MPa), deux chiffres pour l'enrobage, le courant et les positions (le tableau 4B du cours 2), la composition, l'état de traitement thermique après soudage, un « U » facultatif si 47 J sont aussi atteints, et l'hydrogène. Une basique de 490 MPa pour CA et CC+ commence ainsi par E 4916 ou E 4918 ; ses équivalentes américaines s'appellent E7016 et E7018 (70 ksi, soit environ 480 MPa, que le système B arrondit à 49).
| Désignation | Lecture |
|---|---|
| E 38 0 RC 11 | 380 MPa minimum, 47 J à 0 °C, rutile-cellulosique, efficacité ≤ 105 % en CA et CC, toutes positions |
| E 42 4 B 42 H5 | 420 MPa minimum, 47 J à −40 °C, basique, efficacité de 105 à 125 % en CC, toutes positions sauf PG, H5 |
| E 46 5 1Ni B 32 H5 | 460 MPa, 47 J à −50 °C, environ 1 % de nickel, basique, efficacité de 105 à 125 % en CA et CC, toutes positions sauf PG, H5 |
Choisir l'électrode et son diamètre (polycopié, § 9.4 et 9.5)
- le métal de base : une limite d'élasticité et une ténacité du métal fondu au moins égales à celles exigées pour la pièce, à la température de service ; l'alliage adapté (nickel pour le froid, molybdène pour le chaud, inox, nickel, fonte) ;
- le risque de fissuration : épaisseur, bridage, carbone équivalent : basique H5 dès que le risque monte ;
- la position et le lieu : symbole de position, verticale descendante ou non, courant disponible ;
- le diamètre : petit pour la racine et en position, plus gros pour le remplissage à plat ; il est limité par l'épaisseur, par l'accès au fond du chanfrein, et parfois par l'énergie de soudage maximale du DMOS (cours 2) ;
- la productivité et le coût : efficacité, aspect, temps de décrassage.
Le coordinateur compare la boîte livrée au DMOS : même classification, même diamètre, certificat de lot si le cahier des charges l'exige (certificat de contrôle du fabricant), agrément d'une société de classification pour la construction navale ou offshore. Une boîte « équivalente » d'une autre marque n'est pas forcément couverte par la qualification du mode opératoire. Le polycopié clôt son chapitre sur l'électrode par un retour d'expérience industriel (§ 9.15, p. 38).
Exercices corrigés
Six exercices et un défi, de l'âme tréfilée à la boîte d'électrodes
Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Écris la formule littérale, puis les valeurs avec leurs unités. Les manipulations 1 à 6 permettent de vérifier tes résultats ; le défi se rejoue dans les manipulations 6 et 5.
Exercice 1 : une électrode de travers N1 · chapitre 1
a) Remets dans l'ordre : filage, tréfilage de l'âme, cuisson, mélange avec le liant silicaté, dressage et coupe, mélange à sec des poudres.
b) Sur une électrode de 3,2 mm et 5,12 mm de diamètre extérieur, on mesure 0,72 mm d'enrobage d'un côté et 1,20 mm de l'autre. Calcule l'épaisseur moyenne c, le décalage e et l'excentricité ε.
c) L'arc dévie. Comment savoir si l'électrode est en cause ou la pièce ?
d) Que demande l'ISO 544 sur l'enrobage et le bout de prise ?
Voir la correction
a) Tréfilage de l'âme → dressage et coupe → mélange à sec des poudres → mélange avec le liant silicaté → filage → cuisson.
b) c = (D − d)/2 = (5,12 − 3,2)/2 = 0,96 mm ; e = (1,20 − 0,72)/2 = 0,24 mm ; ε = e/c = 0,24/0,96 = 25 %. Le modèle de la manipulation 1 donne une déviation θ = 50° × 0,25 = 12,5°.
c) On tourne l'électrode d'un demi-tour et l'on soude à nouveau : si la déviation tourne avec l'électrode, l'enrobage est excentré ; sinon, c'est du soufflage magnétique (cours 2).
d) Un enrobage concentrique et régulier sur toute la longueur, sans fissure ni irrégularité, bien adhérent, et un bout de prise nu sur au moins 15 mm.
Exercice 2 : la recette de l'enrobage N1 · chapitre 2
a) Associe chaque ingrédient à son rôle principal : rutile, calcaire, fluorine, cellulose, ferro-silicium, silicate de potassium, poudre de fer.
b) Écris la réaction de désoxydation par le silicium. Où part la silice formée ?
c) Pourquoi une basique de type 16 s'emploie-t-elle en courant alternatif, et pas une basique de type 15 ?
Voir la correction
a) Rutile : stabilité de l'arc et laitier ; calcaire : gaz protecteur (CO₂, CO) et laitier basique ; fluorine : fluidité du laitier basique ; cellulose : gaz abondant, pénétration ; ferro-silicium : désoxydation ; silicate de potassium : liant et stabilisation de l'arc ; poudre de fer : métal déposé supplémentaire.
b) [Si] + 2 [O] → (SiO₂) : la silice remonte dans le laitier.
c) L'enrobage du type 16 contient davantage d'éléments facilement ionisables (potassium), qui permettent le réamorçage à chaque passage par zéro du courant alternatif (cours 2). Le type 15 n'en a pas assez : l'ISO 2560 le réserve au CC+.
Exercice 3 : la bonne famille N1 · chapitre 3
Propose une famille d'enrobage et justifie en une phrase.
a) Garde-corps en acier S235 soudé en atelier, aspect soigné, soudeurs peu expérimentés.
b) Nœud de charpente en S355 de 40 mm d'épaisseur, fortement bridé.
c) Racine d'un pipeline soudée en verticale descendante.
d) Structure offshore exigeant 47 J à −40 °C dans le métal fondu.
e) Longs cordons d'angle à plat, sur des pièces simples, avec un objectif de cadence.
Voir la correction
a) Rutile : facile, bel aspect, laitier autodétachant ; le métal suffit pour un S235 peu épais.
b) Basique H5, étuvée : faible hydrogène et métal tenace contre la fissuration à froid d'une pièce épaisse et bridée.
c) Cellulosique : forte pénétration et soudage en descendant.
d) Basique, de symbole de résilience 4 au moins (47 J à −40 °C), éventuellement au nickel.
e) Rutile ou acide à poudre de fer, d'efficacité élevée, en position PA et PB (manipulation 3, cas « Longs cordons d'angle à plat »).
Exercice 4 : l'éponge et l'hydrogène N2 · chapitre 4
Modèle de la manipulation 4 pour une basique en boîte carton : teneur en eau d'équilibre de l'enrobage méq = 0,06 + 0,75·(HR/100)² (en %), hydrogène HD = 1,5 + 20·m (ml/100 g).
a) Une mesure selon l'ISO 3690 donne 7 ml/100 g. Quel symbole d'hydrogène l'électrode peut-elle revendiquer ?
b) Des basiques restent assez longtemps à l'air d'un atelier à 70 % d'humidité pour atteindre l'équilibre. Calcule m et HD. Même question après un étuvage qui ramène m à 0,05 %.
c) Quelles sont les trois conditions de la fissuration à froid ? Pourquoi peut-elle apparaître des heures après le soudage ?
d) Propose un circuit des électrodes basiques, du magasin au poste.
Voir la correction
a) 7 ml/100 g dépasse 5 mais pas 10 : H10.
b) méq = 0,06 + 0,75 × 0,7² ≈ 0,43 % ; HD = 1,5 + 20 × 0,43 ≈ 10,1 ml/100 g : au-delà de H10. Après étuvage : HD = 1,5 + 20 × 0,05 = 2,5 ml/100 g : bien en dessous de H5 (manipulation 4 : basique en boîte carton, 70 %, 8 h hors étuve, avec et sans étuvage).
c) Hydrogène diffusible, structure dure dans la zone affectée, contraintes de traction. L'hydrogène met du temps à migrer et à s'accumuler aux points sensibles : la fissure peut s'ouvrir longtemps après le refroidissement.
d) Magasin sec (HR < 50 %, plus de 20 °C) → étuve de séchage, 2 h entre 300 et 350 °C → étuve de maintien vers 150 °C → carquois chauffant au poste, avec seulement les électrodes de la prochaine heure ; registre des lots et des étuvages ; durée cumulée d'étuvage limitée selon le fabricant.
Exercice 5 : efficacité et consommation N2 · chapitre 5
Un essai selon l'ISO 2401 soude trois électrodes de 4,0 × 450 mm (masse totale 186 g) ; les bouts totalisent 150 mm ; le métal déposé pèse 140 g, en 4,25 min d'arc à 170 A.
a) Calcule la masse nominale d'âme consommée, puis l'efficacité RN. Quel symbole d'efficacité de l'ISO 2560 lui correspond ?
b) Calcule le rendement global RG et le coefficient de dépôt D.
c) On doit souder 1 m de V à 60° en 10 mm, écartement 2 mm, sans talon, racine en 3,2 mm, remplissage en 4 mm (modèle de la manipulation 5). Combien d'électrodes et de minutes d'arc avec R = 95 %, puis avec R = 160 % ?
Voir la correction
a) Âme consommée : 3 × 450 − 150 = 1 200 mm ; mCN = 7,85 × 10⁻³ × π × 4²/4 × 1 200 ≈ 118,4 g ; RN = 140/118,4 × 100 ≈ 118 % : symbole 3 (CA et CC) ou 4 (CC seul), selon le courant.
b) RG = 140/186 × 100 ≈ 75 % ; D = 140/(170 × 4,25) ≈ 0,19 g/(A·min).
c) Section ≈ 94 mm² (77,7 mm² de V et 16,5 mm² de surépaisseur), 6 passes. À R = 95 % : 6 électrodes de 3,2 et 17 de 4, environ 34 min d'arc. À R = 160 % : 4 et 10 électrodes, environ 20 min. Manipulation 5 : t = 10 mm, α = 60°, g = 2, p = 0, L = 1 m.
Exercice 6 : lire des désignations N1 · chapitre 6
a) Lis E 38 0 RC 11 et E 46 5 1Ni B 32 H5.
b) Que signifie le symbole de position 5 ? Et l'absence de symbole de composition ?
c) Une boîte porte « ISO 2560-B : E 4918 ». Que signifient 49 et 18 ? Quel est son équivalent américain ?
Voir la correction
a) E 38 0 RC 11 : limite d'élasticité minimale 380 MPa, 47 J à 0 °C, non allié, rutile-cellulosique, efficacité ≤ 105 % en CA et CC, toutes positions. E 46 5 1Ni B 32 H5 : 460 MPa, 47 J à −50 °C, environ 1 % de nickel, basique, efficacité de 105 à 125 % en CA et CC, toutes positions sauf PG, au plus 5 ml/100 g d'hydrogène.
b) Position 5 : verticale descendante et positions PA, PB. Pas de symbole de composition : métal non allié, au plus 2,0 % de manganèse.
c) Système B : 49 = résistance à la traction d'au moins 490 MPa ; 18 = basique à poudre de fer, CA et CC+, toutes positions (tableau 4B). Équivalent AWS A5.1 : E7018.
🏆 Défi : de la désignation à la commande N2 · chapitres 5 et 6, à rejouer dans les manipulations 6 et 5
Une structure offshore en acier S355 de 12 mm doit être soudée avec un métal fondu de limite d'élasticité d'au moins 420 MPa et 47 J à −40 °C, sans élément d'alliage. L'atelier n'a que des générateurs à courant continu. Le DMOS impose une électrode basique d'efficacité 105 à 125 %, utilisable dans toutes les positions sauf la verticale descendante, avec au plus 5 ml/100 g d'hydrogène.
a) Compose la désignation ISO 2560-A minimale qui répond au cahier des charges.
b) Le joint fait 2 m : V à 60°, écartement 2 mm, talon 1,5 mm ; racine en 3,2 mm, remplissage en 4 mm, efficacité retenue 115 %. Calcule la section à remplir et le nombre de passes (modèle de la manipulation 5).
c) Combien d'électrodes de chaque diamètre faut-il ? Combien de temps d'arc, et de temps de travail avec un taux d'arc de 30 % ?
d) Quelles précautions de conservation prévoir pour ces électrodes ?
Voir la correction
a) E 42 4 B 42 H5 : 42 (420 MPa), 4 (47 J à −40 °C), pas de symbole de composition, B (basique), 4 (105 à 125 %, CC ; le symbole 3, CA et CC, conviendrait aussi sur un poste continu), 2 (toutes positions sauf PG), H5. Manipulation 6, bouton « Défi » : chaque case passe au vert.
b) A = (t − p)²·tan(α/2) + g·t = 10,5² × 0,577 + 2 × 12 ≈ 87,7 mm², plus la surépaisseur ≈ 17,1 mm² : A ≈ 104,8 mm². Racine de 12 mm², puis passes de 20 mm² : 1 + 5 = 6 passes.
c) Racine : 7,85 × 10⁻³ × 12 × 2 000 ≈ 188 g ; une 3,2 × 350 dépose 19,6 × 1,15 ≈ 22,5 g : 9 électrodes. Remplissage : ≈ 1 457 g ; une 4 × 450 dépose 40,4 × 1,15 ≈ 46,5 g : 32 électrodes. Temps d'arc ≈ 9,4 min (racine à 110 A) + 53,3 min (remplissage à 150 A) ≈ 63 min, soit environ 3 h 30 de travail à 30 % de taux d'arc. Manipulation 5, bouton « Défi ».
d) Basiques H5 : étuvage 2 h à 350 °C (acier de plus de 355 MPa), maintien vers 150 °C, carquois chauffant, sorties limitées, traçabilité des lots (chapitre 4).
Quiz : 12 questions éclair
Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste
Fiche mémoire du cours 3
Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête
La baguette du boulanger
Âme tréfilée, pâte au liant silicaté filée autour, cuisson (vers 450 °C pour les basiques). Bout de prise nu ≥ 15 mm.
La toupie décentrée
Enrobage excentré : cratère dissymétrique, arc dévié. Tourne l'électrode : si la déviation tourne, c'est l'électrode.
La recette
Rôles électrique (arc), physique (gaz, laitier, cratère), métallurgique (désoxydation, alliages, poudre de fer).
La palette
Rutile facile, basique tenace et sèche, cellulosique pénétrante et humide, acide lisse à plat ; mélanges RB, RC, RA.
L'éponge
Basiques étuvées puis maintenues au chaud ; rutiles seulement si humides ; cellulosiques jamais. Magasin sec, HR < 50 %.
Le triangle
Fissuration à froid, parfois différée. H5 ≤ 5, H10 ≤ 10, H15 ≤ 15 ml/100 g (ISO 3690, ISO 2560).
Le gâteau qui gonfle
Efficacité (ISO 2401) : ≈ 100 % ordinaire, > 105 % avec poudre de fer. RG = mD/mE ≈ 60 à 80 %.
Le mur de briques
Section du chanfrein, passes, nombre d'électrodes et temps d'arc d'un chantier.
La carte d'identité
Limite, résilience, composition, enrobage, efficacité et courant, position, hydrogène (ISO 2560-A).
Glossaire
Les mots, symboles et sigles de ce cours
- A, α, g, p, t
- Section d'un chanfrein (mm²) ; angle du chanfrein en V ; écartement ; talon ; épaisseur (mm).
- Âme
- Fil d'acier tréfilé au cœur de l'électrode ; son diamètre est celui de l'électrode.
- AWS A5.1, A5.4, A5.5
- Classifications américaines des électrodes pour aciers au carbone, aciers inoxydables, aciers faiblement alliés.
- Bout de prise, bout d'amorçage
- Extrémité nue serrée dans la pince (au moins 15 mm, ISO 544) ; extrémité opposée, parfois traitée pour faciliter l'allumage.
- c, D, d
- Épaisseur moyenne de l'enrobage (D − d)/2 ; diamètre extérieur de l'électrode ; diamètre de l'âme (mm).
- Calcaire, fluorine
- Carbonate de calcium CaCO₃, qui donne gaz et laitier basique ; fluorure de calcium CaF₂, qui fluidifie le laitier.
- Carquois chauffant
- Étui chauffé, branché au poste, qui garde au chaud les électrodes en cours d'emploi.
- Cellulose
- Matière végétale qui brûle dans l'arc en un gaz abondant ; ingrédient des électrodes cellulosiques.
- Coefficient de dépôt D
- Masse déposée par ampère et par minute, g/(A·min) (ISO 2401).
- Désoxydation
- Capture de l'oxygène dissous dans le bain par le silicium, le manganèse ou le titane, qui passent dans le laitier sous forme d'oxydes.
- DMOS
- Descriptif de mode opératoire de soudage.
- e, ε, θ
- Décalage de l'âme (mm) ; excentricité relative e/c ; déviation de l'arc (°).
- Efficacité de l'électrode RN
- Masse de métal déposé rapportée à la masse d'âme consommée, en % (ISO 2401) ; dépasse 100 % avec de la poudre de fer.
- EN 1011-2, EN 13479
- Recommandations de soudage des aciers ferritiques (hydrogène, préchauffage) ; norme générale de produit pour le marquage CE des produits d'apport.
- Enrobage A, B, C, R, RR, RA, RB, RC
- Acide, basique, cellulosique, rutile, rutile épais, rutile-acide, rutile-basique, rutile-cellulosique (ISO 2560, tableau 4A).
- Étuvage, étuve de maintien
- Séchage des électrodes à haute température (basiques : 2 h entre 300 et 350 °C) ; étuve qui les garde ensuite vers 150 °C.
- Excentricité
- Décalage de l'âme dans l'enrobage, qui rend l'enrobage plus mince d'un côté et fait dévier l'arc.
- Feldspath, silice
- Minéraux silicatés ; le feldspath potassique stabilise l'arc, la silice forme le laitier.
- Ferro-alliages
- Alliages de fer et d'un élément (manganèse, silicium, titane, chrome, molybdène) ajoutés à l'enrobage pour désoxyder ou allier.
- Filage
- Extrusion de la pâte d'enrobage autour de l'âme à travers une filière.
- Fissuration à froid
- Fissuration due à l'hydrogène, à une structure dure et à des contraintes, qui apparaît après refroidissement, parfois en différé.
- H5, H10, H15
- Symboles d'hydrogène diffusible maximal : 5, 10, 15 ml pour 100 g de métal déposé.
- HD, m, méq, HR
- Hydrogène diffusible (ml/100 g) ; teneur en eau de l'enrobage et sa valeur d'équilibre (%) ; humidité relative de l'air (%).
- Hydrogène diffusible
- Hydrogène qui sort du métal soudé après solidification et peut migrer vers la zone affectée.
- Hygroscopique
- Qui absorbe l'humidité de l'air.
- Ilménite, rutile
- Minerai d'oxydes de titane et de fer ; oxyde de titane TiO₂, stabilisant d'arc et formeur de laitier.
- ISO 1071, 3580, 3581, 14172, 14700, 18275
- Normes d'électrodes pour fontes, aciers résistant au fluage, aciers inoxydables, nickel, rechargement, aciers à haute résistance.
- ISO 2401, ISO 3690, ISO 544
- Mesure de l'efficacité et du dépôt ; mesure de l'hydrogène ; conditions techniques de livraison des produits d'apport.
- ISO 2560 (systèmes A et B)
- Classification des électrodes pour aciers non alliés et à grains fins : A d'après la limite d'élasticité et 47 J, B d'après la résistance à la traction et 27 J.
- ISO 6947, PA à PG
- Positions de soudage : à plat, angle à plat, corniche, angle au plafond, plafond, verticale montante, verticale descendante.
- K, N, L
- Taux d'arc ; nombre d'électrodes ; longueur du joint.
- Laitier acide, basique
- Laitier riche en silice ou en oxyde de titane ; laitier riche en chaux et en fluorine, qui épure mieux le métal.
- Liant silicaté
- Solution de silicates de sodium et de potassium qui colle la pâte d'enrobage.
- mD, mCN, mE, ms
- Masse de métal déposé ; masse nominale d'âme consommée ; masse totale des électrodes ; masse des bouts (g).
- Martensite
- Structure très dure et fragile d'un acier refroidi rapidement.
- Métal fondu hors dilution
- Métal déposé sans mélange avec le métal de base, sur lequel on mesure les caractéristiques garanties par la désignation.
- Poudre de fer
- Fer en poudre ajouté à l'enrobage pour déposer plus de métal par électrode.
- RG, RD
- Rendement global du métal (déposé/masse totale des électrodes) ; efficacité de dépôt hors bouts (ISO 2401).
- Résilience
- Énergie absorbée par une éprouvette entaillée rompue d'un coup de mouton (J) : mesure de la ténacité à une température donnée.
- Tréfilage
- Étirage d'un fil à travers des filières de plus en plus fines, jusqu'au diamètre voulu.
- Zone affectée thermiquement (ZAT)
- Métal de base chauffé par le soudage sans avoir fondu.
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