Aller au menu du wiki

Soudage à l'arc sous flux (arc submergé), série 1.10 : de la poudre au joint épais

Le procédé 12 et son installation : l'arc caché sous la poudre

Cours1 sur 4 : le procédé, son générateur et sa machine
Durée conseillée≈ 2 h 30 à 3 h avec les exercices
PrérequisP = U·I, loi d'Ohm, effet Joule, notion d'arc électrique ; la série « Électrode enrobée » aide, sans être obligatoire
À la fin tu saisdésigner le procédé et ses variantes, expliquer ce qui se passe sous le flux, citer ses atouts et ses limites, choisir un générateur, expliquer l'autorégulation de l'arc, décrire une installation et régler une soudure circulaire

Imagine un fil d'acier de 4 mm qui descend sans s'arrêter dans un tas de poudre, avec 600 ampères dedans. Tu ne vois ni flamme ni éclair : l'arc brûle sous la poudre, dans une petite bulle de gaz, et la poudre qui fond devient un laitier protecteur. Derrière la machine, un cordon lisse, large et profond, déposé trois à cinq fois plus vite qu'à la main. C'est le soudage à l'arc sous flux, qu'on appelle aussi arc submergé. Ce premier cours en montre le principe, les atouts et les limites, puis la machine : le générateur, la façon dont l'arc garde tout seul sa longueur, la tête de soudage, les déplacements et les installations types.

Le code couleur de la série

Orange : les actions et les mouvements (avance du fil, déplacement de la tête, rotation de la virole, corrections du dévidoir).
Noir : la géométrie dessinée (fil, tube contact, tôles, chanfreins, viroles).
Bronze : les encadrés « métier » 🔥, tournés vers l'atelier.

Avant de commencer

Les prérequis en trois cases

P = U·I
La puissance électrique (en watts, W) est le produit de la tension U (en volts, V) par l'intensité I (en ampères, A). Un arc de 33 V et 600 A dégage 19,8 kW : de quoi chauffer une petite maison.
U = R·I · P = R·I²
La loi d'Ohm relie tension, résistance R (en ohms, Ω) et intensité. Un conducteur parcouru par un courant chauffe : c'est l'effet Joule, proportionnel au carré de l'intensité. Le fil qui dépasse du tube contact en profite.
générateur ∩ arc
Un arc s'établit au croisement de deux courbes tension-intensité : celle du générateur et celle de l'arc. C'est le point de fonctionnement, que le chapitre 3 fait bouger.
📘 Correspondance avec le planning et le référentiel. Ce cours ouvre le sujet 1.10 « Arc submergé » du planning de la formation :
Chapitre du coursCe qu'il apporte à l'IWE
1 Le procédé sous la poudreprincipe, désignation normalisée, rôle du flux, historique
2 Atouts, limites et applicationsdomaine d'emploi, comparaison avec les procédés manuels et semi-automatiques
3 Le générateurtypes de sources, caractéristiques, réglages, facteur de marche
4 L'arc se régule tout seulautorégulation, régulation par la tension, amorçage
5 La tête, les déplacements et le suivi de jointrôle et principe des composants de l'installation, mécanisation
6 Les installations typessoudures bout à bout et d'angle, viroles et soudures circulaires
Dans le référentiel de l'IIW (International Institute of Welding, l'Institut international de la soudure) pour la formation IWE (International Welding Engineer, ingénieur international en soudage), ce cours couvre le principe du procédé, l'amorçage, les applications, les avantages et les inconvénients, le matériel et le rôle de ses composants, les réglages du générateur et leurs effets. Il touche aussi les sujets voisins du planning 1.5 « Source de courant » (chapitres 3 et 4) et 1.15 « Robotisation » (chapitres 5 et 6), qui les traitent à part.
📖 Les normes et les sigles de ce cours. ISO : Organisation internationale de normalisation ; EN : norme européenne ; IEC : Commission électrotechnique internationale.
  • ISO 4063 (édition 2023) : nomenclature des procédés et leurs numéros ; 12 pour le soudage à l'arc sous flux et ses sous-groupes 121, 122, 124, 125 et 126.
  • SAW : submerged arc welding, le nom anglais ; en allemand, UP-Schweißen (soudage « sous poudre »). En français, on dit soudage à l'arc sous flux, soudage sous flux solide ou arc submergé.
  • IEC 60974-1 : sécurité des sources de courant de soudage à l'arc ; elle définit le facteur de marche sur un cycle de 10 minutes et les grandeurs de la plaque signalétique.
  • EN 1011-1 et ISO/TR 17671-1 : recommandations pour le soudage ; elles donnent le rendement thermique k de chaque procédé (k = 1 pour le 121).
  • ISO 14174 et ISO 14171 : classification des flux et des couples fil-flux, étudiées au cours 2.
  • CC+, CC−, CA : courant continu avec le fil au pôle positif, courant continu avec le fil au pôle négatif, courant alternatif.
Les données chiffrées viennent de fiches de fabricants (taux de dépôt, consommation de flux, plaques de générateurs) et d'un guide de TWI (The Welding Institute) pour les soudures circulaires. Les modèles des manipulations (fusion du fil, caractéristiques de l'arc, régulation, suivi de joint) sont pédagogiques : ils donnent les bons ordres de grandeur et les bonnes tendances, pas des valeurs de mode opératoire.
🔥 Pourquoi ce cours compte en soudage

Dès que les tôles s'épaississent et que les cordons s'allongent (appareils à pression, mâts d'éoliennes, tubes de grand diamètre, panneaux de navires, poutres reconstituées), le soudage sous flux devient le procédé de production. Le coordinateur en soudage choisit l'installation, le générateur, le mode de régulation et les déplacements ; il sait pourquoi un cordon circulaire coule, pourquoi un arc « pompe » et pourquoi une tête dévie du joint. Ces choix se font avant le premier mètre soudé.

La série en quatre cours

1 Le procédé et son installationPrincipe, atouts et limites, générateur, régulation de l'arc, tête, déplacements, installations.
2 Flux, fils et métal déposéRôle et types de flux, basicité, grain, étuvage, recyclage, fils, désignations, dilution.
3 Les paramètres et le cordonIntensité, tension, vitesse, énergie, diamètre, fil sorti, polarité, forme du cordon.
4 Préparer, varier, contrôlerSupports envers, chanfreins, twin, tandem, feuillard, défauts, mode opératoire, sécurité.

Le plan du cours

  1. 1Le procédé sous la poudre

    Un fil, un tube contact, une poudre qui fond : l'arc brûle dans une bulle.

  2. 2Atouts, limites et applications

    Densité de courant, pénétration, taux de dépôt : la course contre les autres procédés.

  3. 3Le générateur

    Courant continu, alternatif ou carré, caractéristique plate ou tombante, facteur de marche.

  4. 4L'arc se régule tout seul

    Le fil fond aussi vite qu'il arrive : autorégulation ou dévidoir asservi.

  5. 5La tête, les déplacements et le suivi de joint

    Dévidoir, tube contact, trémie, tracteur, potence, vireur, palpeur.

  6. 6Les installations types

    Panneaux, poutres, viroles : où placer le fil sur une pièce qui tourne.

1

Le procédé sous la poudre

Un fil, un tube contact, une poudre qui fond : l'arc brûle dans une bulle

🏖️Image à retenirLe feu sous le sable : l'arc brûle dans une bulle, sous une dune de poudre
👁 Niveau 1 : voir le feu sous le sable

Pense à une braise enfouie sous le sable d'une plage : tu ne vois plus la lueur, mais le sable autour fond en verre. Sous la poudre du soudage, c'est pareil, en beaucoup plus chaud. Un fil d'acier nu, déroulé sans fin d'une bobine, descend vers la pièce. Il reçoit le courant dans un tube contact en cuivre, quelques centimètres avant son extrémité. Devant lui, une buse verse une poudre minérale, le flux, en un petit cordon de 3 à 5 cm de haut. L'arc jaillit entre le bout du fil et la pièce, sous cette poudre.

  1. 1Le fil et le tube contact

    Le fil avance à vitesse réglée ; le tube contact lui transmet des centaines d'ampères. La longueur de fil entre le tube et l'arc s'appelle le fil sorti.

  2. 2La cavité d'arc

    L'arc brûle dans une bulle de gaz et de vapeurs, coiffée de flux fondu : personne ne le voit, d'où le nom d'arc submergé.

  3. 3Le bain et le laitier

    Le fil et les bords fondent dans le bain. Le flux fondu flotte dessus, le protège de l'air, puis se fige en une croûte de verre, le laitier, qui se détache souvent seule.

  4. 4Le flux non fondu

    Seule une partie de la poudre fond. Le reste est aspiré derrière la tête, tamisé et réutilisé.

Le procédé est presque toujours mécanisé : une machine porte la tête et la déplace le long du joint, ou fait tourner la pièce sous la tête. Le soudeur devient opérateur : il règle, surveille les afficheurs et corrige.

Manipulation 1 : la coupe sous la poudre

Coupe longitudinale d'une soudure en cours, la tête avançant vers la droite. Clique sur un élément pour l'éclairer et lire son rôle. Règle l'intensité I (fil de 4 mm, fil sorti 30 mm) et la hauteur de la couche de flux hf : trop mince, l'arc perce la poudre ; trop épaisse, elle écrase le cordon. Le bouton ▶ soude pendant 10 secondes à 550 mm/min.

🎓 Niveau 2 : maîtriser ISO 4063, rôle du flux, historique

La désignation normalisée

L'ISO 4063 numérote les procédés : le premier chiffre donne la famille (1 : soudage à l'arc), le deuxième le groupe (2 : sous flux), le troisième le sous-groupe. Le soudage à l'arc sous flux porte le numéro 12 :

N°Variante (ISO 4063:2023)Ce qui fond dans l'arc
121sous flux avec fil-électrode pleinun ou plusieurs fils pleins, le cas courant
122sous flux avec électrode en feuillardune bande de métal, pour le rechargement (cours 4)
124sous flux avec addition de poudre métalliquele fil, plus une poudre de fer ou d'alliage versée dans le joint
125sous flux avec fil fourréun fil tubulaire rempli de poudre
126sous flux avec feuillard fourréune bande fourrée

L'édition 2023 ne donne pas de numéro au soudage à plusieurs fils : un tandem de deux fils pleins reste un 121, et le nombre de fils se précise dans le descriptif de mode opératoire. La norme prévoit qu'on complète le numéro quand une variante n'est pas listée.

📖 Flux : produit minéral granulaire et fusible, versé sur le joint, qui protège l'arc et le bain, forme le laitier et agit sur la composition du métal fondu (ISO 14174). Il n'est conducteur qu'une fois fondu : froid, c'est un isolant.

Le rôle du flux, en bref (le cours 2 le détaille) : il protège le bain de l'oxygène et de l'azote de l'air ; il stabilise l'arc grâce à des éléments faciles à ioniser ; il façonne le cordon, car le laitier liquide le lisse et le retient ; il épure le bain (désoxydation) et peut lui apporter du manganèse ou du silicium.

Un peu d'histoire

1929
Brevet américain de B. Robinoff : une poudre d'oxyde de fer remplit le joint devant un fil nu. L'idée de protéger l'arc par une poudre est née, sans encore la maîtriser.
1935
Brevet de L. T. Jones, H. E. Kennedy et M. A. Rotermund, cédé à la société Linde, qui lance le procédé sous le nom « Unionmelt ». Le flux y est préfondu pour éviter les porosités.
1937
Premières publications : soudage de longerons de wagons et de coques de pétroliers. Le procédé conquiert ensuite les chantiers navals et la chaudronnerie lourde.
💡 Le numéro se lit tout seul : 1-2-1 = arc, sous flux, fil plein. Le 1 initial est le même que celui du 111 (électrode enrobée) et du 135 (MAG) : tous sont des procédés à l'arc.
⚠️ Piège : « submergé » ne veut pas dire « sous l'eau ». L'arc est submergé sous la poudre. Le soudage sous l'eau est un tout autre domaine, où l'on emploie surtout l'électrode enrobée.
🧠 Mnémotechnique : de haut en bas, « Fil, Tube, Flux, Arc, Bain, Laitier », soit « Faut-il Toujours Fondre Avant de Boire Le café ? » : chaque initiale donne un élément de la coupe, dans l'ordre où la matière les traverse.
🔥 L'opérateur ne voit pas l'arc

Sous la poudre, l'œil ne sert plus à guider le fil. L'opérateur place le fil avant d'amorcer (pointeur laser, repère mécanique), puis il surveille l'ampèremètre, le voltmètre et le bruit de l'arc, et regarde le cordon qui sort sous le laitier. Un éclair visible à travers le flux signale une couche trop mince.

2

Atouts, limites et applications

Densité de courant, pénétration, taux de dépôt : la course contre les autres procédés

🚄Image à retenirLe TGV du soudage : imbattable sur ses rails, à plat, mais il ne va pas partout
👁 Niveau 1 : voir le TGV et ses rails

Un TGV est imbattable entre deux gares, sur une voie droite et bien posée ; il ne passe pas dans les ruelles. Le soudage sous flux est pareil : sur un long joint à plat, rien ne va plus vite ; dans un recoin, au plafond ou sur trois cordons de 10 cm, il perd tout son intérêt. Ses sept particularités :

ParticularitéCe qu'elle apporteCe qu'elle impose
Arc invisiblepas de rayonnement direct ni d'éblouissement, peu de fuméesguider le fil sans le voir
Pas de projectionspresque tout le fil fondu finit dans le cordon, pièces propresgérer la poudre et le laitier
Procédé mécaniséparamètres constants, cordons réguliers sur des dizaines de mètresune machine, une mise en place, des pièces bien préparées
Densité de courant élevéefil qui fond vite, arc stablegros générateurs
Forte pénétrationtalons épais, moins de chanfreins, moins de métal à déposerune préparation précise, sinon percement
Haute fiabilitépeu de reprises, donc peu de défauts de reprisedes consommables secs et bien choisis
Rendement élevéénergie bien transmise à la pièce, pas de bouts d'électrode perdusde fortes énergies, à maîtriser pour la métallurgie

Ses limites : on soude à plat (PA) ou en angle à plat (PB), parfois en corniche (PC) avec un dispositif qui retient la poudre ; il faut une installation, du temps de réglage et des joints accessibles ; la poudre craint l'humidité ; les fortes énergies élargissent la zone affectée thermiquement et peuvent réduire la ténacité. On l'emploie surtout sur les aciers non alliés et faiblement alliés, les aciers inoxydables et les alliages de nickel, en assemblage comme en rechargement.

Ses terrains de jeu : appareils à pression et réservoirs, mâts d'éoliennes et pieux offshore, tubes soudés en continu, panneaux et raidisseurs de navires, poutres reconstituées de ponts et de bâtiments, wagons, rechargement de rouleaux et de cuves.

Manipulation 2 : la course des procédés

Un joint bout à bout en V à 60° (talon 2 mm, écartement 2 mm, surépaisseur comprise) d'épaisseur t et de longueur L. Quatre équipes le soudent : électrode enrobée (111), MAG (135), sous flux à un fil (121) et sous flux en tandem (deux fils). Les barres donnent le temps d'arc (foncé) et le temps total, qui tient compte du taux d'arc de chaque procédé. Le bouton ▶ lance la course. Taux de dépôt et taux d'arc sont des ordres de grandeur de fabricants.

🎓 Niveau 2 : maîtriser densité de courant, taux de dépôt, rendement thermique

La densité de courant

La densité de courant J est l'intensité rapportée à la section du fil (ou de l'âme de l'électrode) :

J = I / S avec S = π·d²/4

J en A/mm², I en A, d en mm ; π ≈ 3,1416 est le rapport de la circonférence d'un cercle à son diamètre

ProcédéFil ou électrodeIntensitéJ (A/mm²)Taux de dépôt (kg/h)
111 électrode enrobéeâme de 4 mm160 A12,7≈ 1,4
135 MAGfil de 1,2 mm280 A248≈ 4,5
121 sous flux, un filfil de 4 mm600 A47,7≈ 6,5 à 8
121 sous flux, un filfil de 2 mm500 A159≈ 6,7 à 7,3
121 tandem CC+ et CA2 fils de 4 mm2 arcs de 600 à 800 A48 à 64≈ 19

Les taux de dépôt du sous flux à un fil viennent de tableaux de fabricants (fil sorti d'environ 32 mm) ; le tandem atteint environ 19 kg/h, et les montages à trois fils dépassent 30 kg/h. Le taux de dépôt est la masse de métal déposée par heure d'arc ; comme il n'y a ni projections ni bouts d'électrode perdus, il est presque égal à la masse de fil fondue.

📖 Taux d'arc : part du temps de travail pendant laquelle l'arc brûle. Il est faible à la main (changer d'électrode, décrasser, se repositionner : 20 à 30 %) et plus élevé en mécanisé. Ne le confonds pas avec le facteur de marche du générateur (chapitre 3).

L'énergie de soudage et le rendement thermique

L'énergie électrique fournie par millimètre de cordon vaut E = U·I/v. La part réellement reçue par la pièce, l'apport de chaleur Q, s'écrit Q = k·E, où k est le rendement thermique relatif du procédé (EN 1011-1 et ISO/TR 17671-1) : k = 1 pour le soudage sous flux à un fil (121), contre 0,8 pour l'électrode enrobée (111) et le MAG (135). L'arc, enfermé sous la poudre, perd très peu de chaleur.

Q = k·U·I / v

exemple : 580 A, 30 V, 550 mm/min → E = 30 × 580 / (550/60) = 1 898 J/mm ≈ 1,9 kJ/mm, et Q ≈ 1,9 kJ/mm avec k = 1

Ces 1,9 kJ/mm sont typiques d'une passe sous flux : environ deux à quatre fois l'apport d'une passe courante à l'électrode enrobée, souvent compris entre 0,5 et 1 kJ/mm. C'est ce qui fait la productivité du procédé, et ce qui oblige à surveiller la métallurgie de la zone affectée thermiquement (cours 3).

💡 Compare des kilogrammes par heure, pas des ampères : un procédé ne se juge pas à son intensité mais au métal qu'il dépose par heure de travail, donc au taux de dépôt multiplié par le taux d'arc.
⚠️ Piège : « densité de courant élevée » est une comparaison. Elle est élevée par rapport à l'électrode enrobée (environ 48 A/mm² contre 13). Un fil MAG de 1,2 mm fait bien plus (près de 250 A/mm²). Ce qui distingue le sous flux, c'est l'intensité totale : des centaines d'ampères dans un gros fil.
🧠 Mnémotechnique : les sept atouts dans l'ordre, « Il Paraît Au Départ Plutôt Facile à Réussir » : Invisible, sans Projections, Automatique, Densité de courant, Pénétration, Fiabilité, Rendement.
🔥 Quand basculer vers le sous flux ?

Les questions du coordinateur : les joints sont-ils longs (plusieurs mètres) et nombreux ? Accessibles à plat, ou rendus accessibles par un vireur ou un positionneur ? Les épaisseurs justifient-elles un fort dépôt ? Les matériaux supportent-ils l'énergie ? Si oui, le temps de mise en place est vite rattrapé ; sinon, le MAG ou l'électrode enrobée restent plus souples.

3

Le générateur

Courant continu, alternatif ou carré, caractéristique plate ou tombante, facteur de marche

🏃Image à retenirLe marathonien : 1 000 A pendant des heures, sans s'essouffler
👁 Niveau 1 : voir le marathonien

Un poste d'électrode enrobée est un sprinteur : il soude une minute, puis se repose pendant que le soudeur change d'électrode. Un générateur de soudage sous flux est un marathonien : il débite 600 à 1 000 A pendant tout un cordon de plusieurs mètres, parfois pendant des heures sur une virole qui tourne. Une plaque typique annonce par exemple 1 000 A sous 44 V à 100 % de facteur de marche, avec une tension à vide de 71 V.

Quatre familles de sources se rencontrent :

  • le transformateur, qui donne un courant alternatif sinusoïdal (CA) à 50 Hz ;
  • le transformateur-redresseur à thyristors, qui donne du courant continu (CC) ;
  • l'onduleur (source électronique), qui donne du CC ou un CA « carré » dont on règle la forme ;
  • plus rarement, un groupe moteur-générateur sur chantier.

Chaque source a une caractéristique, c'est-à-dire une courbe tension-intensité. Une caractéristique plate garde la tension presque constante (on dit aussi « à tension constante », CV en anglais) ; une caractéristique tombante garde l'intensité presque constante (« à courant constant », CC en anglais, à ne pas confondre avec le courant continu). Beaucoup de sources modernes offrent les deux.

Manipulation 3 : caractéristique plate ou tombante

Choisis le type de source et son réglage, puis la longueur d'arc l. Le graphique montre la caractéristique de la source (noir épais) et celles de l'arc (orange) pour l − 2 mm, l et l + 2 mm ; leurs croisements sont les points de fonctionnement. La lecture donne l'intensité, la tension, la variation d'intensité pour 2 mm d'arc en plus et le facteur de marche admis par une source de 1 000 A à 100 %. Modèle d'arc pédagogique : U = 18 + 0,01·I + 1,5·l.

🎓 Niveau 2 : maîtriser point de fonctionnement, réglages, facteur de marche

Le point de fonctionnement

L'arc a sa propre courbe tension-intensité. Pour les fortes intensités du soudage sous flux, on la représente ici par une droite qui monte avec l'intensité et surtout avec la longueur d'arc (modèle pédagogique) :

Uarc = 18 + 0,01·I + 1,5·l

U en V, I en A, l en mm : 600 A et 6 mm donnent 33 V

Une source plate s'écrit U = U0 − p·I, où U0 est la tension à vide réglée et p la pente (en V par 100 A). Au croisement, I = (U0 − 18 − 1,5·l)/(p + 0,01). D'où la sensibilité à la longueur d'arc :

ΔI / Δl = − 1,5 / (p + 0,01)

source plate, p = 1 V/100 A = 0,01 V/A : −75 A par mm d'arc ; source tombante, p = 50 V/100 A : environ −3 A par mm

Avec la source plate réglée à 39 V, un arc de 6 mm donne 600 A et 33 V ; à 8 mm, l'intensité tombe à 450 A. Avec une source tombante réglée à 600 A, le même allongement ne fait perdre qu'environ 6 A. Cette différence est le moteur de la régulation du chapitre 4.

Les réglages et les commutateurs

RéglageCe qu'il change sur le joint
mode plat ou tombantla façon dont l'arc garde sa longueur (chapitre 4)
consigne de tension (source plate) ou d'intensité (source tombante)la largeur du cordon (tension) ; la pénétration et le dépôt (intensité), détaillés au cours 3
vitesse de filen source plate, c'est elle qui fixe l'intensité
polarité : CC+, CC− ou CACC+ pénètre le plus ; CC− dépose plus vite et pénètre moins ; le CA est un compromis
forme du CA carré : fréquence, équilibre (part du temps au pôle positif), décalage des amplitudesle partage entre pénétration et dépôt, la stabilité de l'arc
rampes de départ et de fin, remplissage du cratèrela qualité de l'amorçage et de la fin de cordon

Le CA sinusoïdal passe par zéro 100 fois par seconde à 50 Hz : l'arc s'éteint et doit se rallumer à chaque passage, ce qu'aident les éléments ionisants du flux. Le CA carré des onduleurs traverse le zéro presque instantanément : l'arc reste stable, et l'on choisit l'équilibre entre l'alternance positive (pénétration) et l'alternance négative (dépôt). En multi-fil, chaque fil a sa propre source ; un tandem classique associe un fil de tête en CC+ et un fil de queue en CA, pour limiter l'interaction magnétique entre les deux arcs (cours 4).

Le facteur de marche

📖 Facteur de marche X (IEC 60974-1) : rapport, en %, entre la durée de soudage et un cycle de 10 minutes, à une intensité donnée, sans que la source dépasse ses températures admises. Une source à 100 % peut souder sans interruption à l'intensité indiquée.

L'échauffement des enroulements et des semi-conducteurs suit l'effet Joule, en R·I². D'où la relation approchée entre deux points de la plaque :

I²·X ≈ constante ⇒ IX = I100·√(100/X)

une source de 1 250 A à 60 % tient environ 1 250 × √0,6 = 968 A à 100 %

💡 Lis d'abord la ligne « 100 % » de la plaque : c'est l'intensité que le générateur tient sans fin, celle qui compte pour un long cordon ou une virole qui tourne pendant une heure.
⚠️ Piège : la formule I²·X ne permet pas de dépasser le maximum de la source. Pour une source de 1 000 A à 100 %, la formule donnerait 1 291 A à 60 % ; mais si sa plage de réglage s'arrête à 1 000 A, elle ne les fournira jamais.
🧠 Mnémotechnique : « Plate comme la Tension, Tombante comme l'Intensité » : la source plate tient la tension, la source tombante tient l'intensité. Et pour le cycle : « dix minutes, une plaque ».
🔥 Dimensionner l'énergie de l'atelier

Un tandem de deux arcs de 700 A sous 35 V consomme près de 50 kW en sortie, sans pause. Le coordinateur vérifie l'alimentation électrique de l'atelier, la section des câbles de soudage (aller et retour), le serrage des prises de masse et la ventilation des sources : une connexion mal serrée à 1 000 A chauffe jusqu'à la brûlure.

4

L'arc se régule tout seul

Le fil fond aussi vite qu'il arrive : autorégulation ou dévidoir asservi

⚖️Image à retenirLa balance : le fil fond exactement aussi vite qu'il arrive
👁 Niveau 1 : voir la balance du fil

Imagine une baignoire dont le robinet coule toujours au même débit : c'est le fil qui arrive. La bonde, elle, s'ouvre d'autant plus que l'eau monte : c'est le fil qui fond. Le niveau se stabilise tout seul. Sous la poudre, la longueur d'arc joue le rôle du niveau d'eau : elle reste constante si le fil fond exactement aussi vite qu'il avance.

Que se passe-t-il si la tôle présente une bosse de 3 mm, ou si une virole n'est pas parfaitement ronde ? L'arc se raccourcit d'un coup. Deux mécanismes peuvent le ramener :

  1. AL'autorégulation (source plate, fil à vitesse constante)

    Arc plus court → tension d'arc plus basse → avec une source plate, l'intensité bondit (environ 75 A par mm) → le fil fond plus vite qu'il n'arrive → l'arc se rallonge. En quelques dixièmes de seconde, tout est rentré dans l'ordre, sans aucun capteur.

  2. BLa régulation par la tension d'arc (source tombante, dévidoir asservi)

    Avec une source tombante, l'intensité bouge à peine : l'autorégulation est trop lente. Un circuit mesure alors la tension d'arc et commande le dévidoir : arc trop court → tension trop basse → le dévidoir ralentit → l'arc se rallonge.

L'amorçage se fait aussi sous la poudre, car le flux froid est isolant : on approche le fil lentement jusqu'au contact puis on le relève (amorçage par contact et retrait), on coupe le bout du fil en pointe, ou l'on glisse une petite pelote de laine d'acier entre le fil et la pièce. Certaines installations utilisent une haute fréquence. Dès que l'arc a fondu un peu de flux, le courant passe par ce flux liquide conducteur.

Manipulation 4 : la bosse sur la tôle

La tête avance à hauteur constante ; entre 1 s et 3 s, elle passe sur une bosse de hauteur Δh, qui raccourcit d'autant la distance entre le tube contact et la pièce. Choisis le système de régulation, le diamètre du fil d et l'intensité I ; les courbes montrent la longueur d'arc l (bleu) et l'intensité (rouge) pendant 5 s. Le bouton ▶ joue la scène. Modèle pédagogique : fusion du fil calée sur des données de fabricants, fil sorti initial 30 mm, arc initial 6 mm.

🎓 Niveau 2 : maîtriser bilan du fil, constante de temps, choix du système

Le bilan du fil

Notons H la distance entre le tube contact et la pièce (en anglais contact tip to work distance, CTWD), L le fil sorti et l la longueur d'arc : H = L + l. Le fil avance à la vitesse vf et fond à la vitesse vm, qui dépend de l'intensité et du fil sorti. Le symbole d/dt désigne une dérivée par rapport au temps, c'est-à-dire une vitesse de variation :

dl/dt = vm(I, L) − vf + dH/dt

l, L, H en mm ; v en mm/s. À l'équilibre, le fil fond aussi vite qu'il arrive : vm = vf

La vitesse de fusion suit un modèle classique à deux termes : un terme proportionnel à l'intensité (la chaleur de l'arc au bout du fil) et un terme en L·I²/d² (l'effet Joule dans le fil sorti). Calé sur des tableaux de fabricants (à ± 15 % près), il donne en kilogrammes par heure :

MR ≈ 0,0104·I + 9,5·10−7·L·I²/d²

MR en kg/h, I en A, L et d en mm ; fil de 4 mm, 600 A, L = 30 mm : 6,9 kg/h, soit 1,16 m/min de fil

Si l'arc s'écarte de sa longueur d'équilibre, il y revient de façon exponentielle, avec une constante de temps τ (le temps pour rattraper environ 63 % de l'écart) :

1/τ ≈ (∂vm/∂I)·|ΔI/Δl| + ∂vm/∂L (+ gain du dévidoir asservi)

∂ se lit « dérivée partielle » : la variation de vm quand une seule grandeur bouge, les autres restant fixes

Fil et intensitéA : source plate, fil constantSource tombante, fil constantB : source tombante, dévidoir asservi
2,0 mm, 400 Aτ ≈ 0,07 s≈ 1,0 s≈ 0,26 s
3,2 mm, 550 A≈ 0,22 s≈ 3,4 s≈ 0,31 s
4,0 mm, 600 A≈ 0,37 s≈ 6,1 s≈ 0,32 s
5,0 mm, 750 A≈ 0,60 s≈ 9,7 s≈ 0,33 s

Lecture : plus le fil est fin, plus sa densité de courant est forte et plus l'autorégulation est rapide. Un gros fil sur source plate se régule encore, plus lentement. Sur source tombante sans asservissement, l'arc met plusieurs secondes à se rattraper : il « pompe », colle ou s'éteint. Le dévidoir asservi, lui, donne un temps de réponse presque indépendant du diamètre.

📖 Autorégulation : propriété d'un arc alimenté par une source plate avec un fil à vitesse constante : toute variation de longueur d'arc change fortement l'intensité, donc la vitesse de fusion du fil, ce qui ramène l'arc à sa longueur d'équilibre sans aucun capteur.

Le choix en pratique : la source plate avec fil à vitesse constante est la plus répandue, surtout pour les fils fins (environ 1,6 à 3,2 mm) et le soudage à grande vitesse ; la source tombante avec dévidoir asservi reste traditionnelle pour les gros fils (4 à 6 mm), les fortes intensités et le CA sinusoïdal. Les onduleurs récents proposent les deux modes.

💡 Sur une source plate, l'intensité se règle avec la vitesse de fil : pour monter de 600 à 700 A, on accélère le dévidoir ; la consigne de la source, elle, fixe la tension. Sur une source tombante asservie, c'est l'inverse : l'intensité sur la source, la tension sur le coffret du dévidoir.
⚠️ Piège : croire que l'autorégulation garde l'intensité constante. Elle garde la longueur d'arc ; l'intensité, elle, varie pour y parvenir. Au passage d'une bosse de 3 mm, un fil de 4 mm sur source plate voit son intensité bondir d'environ 225 A pendant quelques dixièmes de seconde (dans la réalité, l'inductance du circuit adoucit ce pic).
🧠 Mnémotechnique : « Fil fin, source plate ; gros fil, fil guidé » : le fil fin se régule seul sur une source plate, le gros fil a besoin d'un dévidoir qui écoute la tension d'arc.
🔥 Le fil sorti, réglage oublié

En source plate, changer la hauteur de la tête change le fil sorti, donc l'effet Joule dans le fil, donc l'intensité à vitesse de fil égale : relever la tête de 10 mm fait baisser l'intensité. Le mode opératoire fixe donc aussi la distance entre le tube contact et la pièce, et l'opérateur la contrôle au réglet avant d'amorcer.

5

La tête, les déplacements et le suivi de joint

Dévidoir, tube contact, trémie, tracteur, potence, vireur, palpeur

🚜Image à retenirLe petit tracteur et son chien qui flaire le joint en avant
👁 Niveau 1 : voir le tracteur et son chien

Une tête de soudage rassemble, de haut en bas :

  1. 1La réserve de fil

    Bobine de 25 à 100 kg, fût ou couronne de plusieurs centaines de kilogrammes pour les grandes séries.

  2. 2Le dévidoir et le redresseur de fil

    Un moteur et des galets entraînent le fil ; des galets en quinconce le redressent, sinon il sortirait courbé et l'arc se décalerait.

  3. 3Le tube contact

    Pièce en alliage de cuivre qui transmet le courant au fil. Il s'use : un tube usé donne une prise de courant irrégulière.

  4. 4La trémie et la buse de flux

    La poudre descend par gravité (ou sous pression d'air) et se dépose devant l'arc ; un aspirateur récupère derrière l'excédent non fondu.

  5. 5Les glissières et le pupitre

    Des glissières croisées placent le fil en hauteur et en travers ; le pupitre affiche I, U et v, lance et arrête le cycle (rampes de départ et de fin).

Pour déplacer l'arc le long du joint, trois familles :

  • la tête bouge : tracteur (chariot automoteur) roulant sur la tôle ou sur un rail ; potence, aussi appelée colonne-flèche, qui porte la tête au bout d'un bras ; portique au-dessus d'un banc ;
  • la pièce bouge : vireur à galets qui fait tourner une virole, positionneur (tourne-pièce) qui incline et fait tourner une pièce ;
  • les deux bougent : potence et vireur ensemble, par exemple pour souder une soudure longitudinale puis circulaire sans démonter.

Comme on ne voit pas l'arc, la tête doit suivre le joint : un palpeur mécanique (roulette ou doigt qui frotte dans le chanfrein), un capteur laser qui mesure le profil du joint, ou le suivi par l'arc lui-même (le fil oscille et l'on mesure la variation d'intensité). Le palpeur est placé en avant du fil, comme un chien qui flaire la piste devant son maître.

Manipulation 5 : le suivi de joint

Vu de dessus, le joint (noir) ondule d'une amplitude A sur une longueur d'onde λ : c'est un défaut d'accostage. Le fil (orange) doit rester à ± 1 mm de l'axe du joint (tolérance de ce modèle). Choisis le mode de suivi et l'avance a du palpeur devant le fil. Le bouton ▶ fait rouler le tracteur ; la courbe violette trace l'écart entre le fil et le joint.

🎓 Niveau 2 : maîtriser composants, déplacements, géométrie du suivi

Pourquoi le palpeur doit avoir de la mémoire

Le palpeur mesure le joint à une distance a devant le fil. Si la tête corrige immédiatement d'après cette mesure, le fil suit la position que le joint aura un peu plus loin, pas celle qu'il a sous l'arc. Pour un joint qui ondule en y = A·sin(2π·x/λ) (sin désigne la fonction sinus), l'écart maximal vaut :

écartmax = 2·A·|sin(π·a/λ)|

A = 4 mm, λ = 1 000 mm, a = 80 mm : 2 × 4 × sin(0,251) ≈ 2,0 mm, hors de la tolérance de ± 1 mm

Deux remèdes : rapprocher le palpeur du fil (ici, a ≤ 40 mm pour rester sous 1 mm), ou mémoriser les mesures et n'appliquer chaque correction qu'au moment où le fil arrive à l'endroit mesuré. C'est ce que font les capteurs laser modernes ; il ne reste alors que le retard du chariot de correction, qui doit pouvoir se déplacer en travers à la vitesse v·2π·A/λ (15 mm/min dans l'exemple, à 600 mm/min de soudage).

SystèmeCe qu'il déplaceEmplois typiques
Tracteur (chariot automoteur)la tête, sur la tôle ou sur un railsoudures d'angle de raidisseurs, longs joints droits, chantier
Potence (colonne-flèche)la tête, au bout d'un bras réglable en hauteur et en portéeviroles, soudures longitudinales extérieures et intérieures
Portiqueune ou plusieurs têtes au-dessus d'un bancpanneaux plats, poutres, soudures parallèles simultanées
Vireur à galetsla pièce cylindrique, en rotationsoudures circulaires de viroles et de tubes
Positionneur (tourne-pièce)la pièce, inclinée et tournéebrides, pièces compactes, soudures circulaires
Banc de clamagerien : il serre les tôles sur un support enversraboutage de tôles à plat, en une seule face
📖 Potence (colonne-flèche) : manipulateur formé d'une colonne verticale, souvent pivotante et parfois montée sur rails, le long de laquelle coulisse une flèche horizontale qui porte la tête de soudage. Elle place la tête au-dessus ou à l'intérieur d'une virole.
💡 Place le fil avant d'amorcer : un pointeur laser ou une pointe de centrage montre où tombera l'arc. Une fois le flux versé, plus rien ne se voit ; un fil décalé de 2 mm à l'amorçage le restera sur tout le cordon si rien ne le suit.
⚠️ Piège : le palpeur mesure le joint là où il est, pas là où est l'arc. Sans mémoire, une grande avance du palpeur crée elle-même l'écart qu'elle devait corriger, surtout si le joint ondule sur une courte longueur.
🧠 Mnémotechnique : « Tête qui roule, pièce qui tourne » : tracteur, potence et portique font rouler la tête ; vireur et positionneur font tourner la pièce.
🔥 Les pièces d'usure de la tête

Tube contact, galets du dévidoir, gaine et buse de flux s'usent. Un tube contact usé ou encrassé fait varier la prise de courant, donc l'intensité ; des galets mal serrés font patiner le fil. Le contrôle de la tête fait partie de la vérification avant soudage, comme la propreté du joint et l'état du flux.

6

Les installations types

Panneaux, poutres, viroles : où placer le fil sur une pièce qui tourne

🎡Image à retenirLa grande roue : on soude un peu avant le sommet, le bain se fige tout en haut
👁 Niveau 1 : voir la grande roue

Les soudures bout à bout (BW, de l'anglais butt weld) se font sur trois grandes installations :

  • le banc de clamage avec portique : deux tôles serrées à plat sur une latte de cuivre ou un lit de flux, soudées d'un seul côté, par exemple pour les panneaux de navires ;
  • la potence et le vireur : la virole roulée est soudée en long (la tête se déplace), puis les viroles sont assemblées par des soudures circulaires (la pièce tourne sous la tête) ;
  • les machines à tubes : tubes soudés en long ou en hélice, souvent avec plusieurs fils, à l'intérieur puis à l'extérieur.

Les soudures d'angle (FW, de l'anglais fillet weld) se font surtout au tracteur, qui roule le long d'un raidisseur en angle à plat (PB), ou sur des poutres reconstituées qu'un positionneur incline pour souder en gouttière (PA), c'est-à-dire avec le cordon au fond d'un V ouvert vers le haut.

Sur une virole qui tourne, le bain et le laitier liquides sont emportés par la rotation. Si l'arc est au sommet, ils redescendent de l'autre côté encore liquides : le cordon coule. On place donc le fil un peu avant le sommet, du côté qui monte, comme une nacelle de grande roue qu'on chargerait juste avant le point haut : le bain se fige quand il passe en haut, à plat.

Manipulation 6 : la virole qui tourne

Soudure circulaire extérieure d'une virole de diamètre D, à la vitesse de soudage v. Règle le décalage e du fil avant le sommet (négatif : après le sommet). La lecture donne la vitesse de rotation à régler sur le vireur, l'angle et la flèche du décalage, la valeur repère d'un guide de TWI et la forme du cordon obtenue. Le bouton ▶ fait tourner la virole.

🎓 Niveau 2 : maîtriser vitesse de rotation, décalage, soudures intérieures

La vitesse de rotation

Sur un vireur, la vitesse de soudage est la vitesse de la surface de la virole sous le fil. Un tour fait π·D :

n = v / (π·D)

n en tours par minute (tr/min), v en mm/min, D en mm (diamètre là où l'on soude) : D = 1 500 mm et v = 600 mm/min donnent n = 0,127 tr/min, soit un tour en 7,9 min

Le décalage avant le sommet

Un guide de TWI donne le décalage du fil par rapport au sommet (en anglais top dead centre) selon le diamètre extérieur, pour une soudure circulaire extérieure. Il précise que la bonne valeur dépend aussi de l'épaisseur, de l'intensité et de la vitesse :

Diamètre extérieur (mm)25–7575–450450–900900–1 0501 050–1 2001 200–1 800> 1 800
Décalage avant le sommet (mm)12223440505575

Une lecture géométrique aide à le retenir : à une distance e du sommet, la surface d'un cylindre est descendue d'une flèche h ≈ e²/D. Pour toutes les lignes du tableau, cette flèche vaut environ 2 mm (de 1,6 à 2,9 mm). Le fil se place donc là où la virole est environ 2 mm plus bas que son sommet.

Position du filCe que voit le bainCordon
au sommet ou après (décalage nul ou négatif)il descend le long de la pente : soudage « en montant » par rapport à la piècepénétration la plus forte, cordon étroit et bombé, risque de coulure
un peu avant le sommet (valeur du tableau)il se fige au sommet, à platmeilleur aspect, laitier facile à enlever
trop avant le sommetsoudage « en descendant » : le laitier liquide court devant l'arcpénétration la plus faible, cordon plat, risque d'inclusions

Soudure intérieure : le même principe s'applique au point bas. On place le fil en amont du point bas, du côté d'où arrive la surface, pour que le bain se fige au point bas, à plat ; la tête est portée par la flèche de la potence qui entre dans la virole.

📖 Vireur : banc de deux paires de galets, dont une au moins est motorisée, sur lequel repose une virole ou un tube ; il la fait tourner à vitesse réglée sous une tête fixe. Sa vitesse de rotation fixe la vitesse de soudage.
💡 Retiens « 2 mm sous le sommet » : sans tableau sous la main, place le fil là où la virole est descendue d'environ 2 mm, soit e ≈ √(2·D) ; pour D = 1 500 mm, cela donne environ 55 mm, la valeur du tableau.
⚠️ Piège : régler la vitesse sur la tête alors que c'est la virole qui tourne. En soudure circulaire, la tête est immobile et la vitesse de soudage se règle sur le vireur ; elle se calcule au diamètre où l'on soude. Une erreur de diamètre (intérieur au lieu d'extérieur) fausse d'autant la vitesse.
🧠 Mnémotechnique : « Juste avant le toit » : sur une virole, le fil se pose juste avant le sommet, et le bain se fige sur le toit, à plat.
🔥 Petites viroles et fortes énergies

Plus le diamètre est petit, plus la pente change vite sous le bain : les fortes énergies y font couler le bain et le laitier, et le flux glisse de part et d'autre. On réduit alors l'énergie par passe, on retient la poudre par des guides, et l'on vérifie le faux-rond de la virole, qui fait varier la distance entre le tube contact et la pièce à chaque tour.

✎

Exercices corrigés

Six exercices et un défi, de la désignation à la virole qui tourne

🏋️Image à retenirLa salle de musculation : on ne progresse qu'en soulevant soi-même
👁 Mode d'emploi acier : ρ = 7,85 g/cm³ = 7,85 × 10⁻³ g/mm³

Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Écris la formule littérale, puis les valeurs avec leurs unités. Les manipulations 1 à 6 permettent de vérifier tes résultats ; le défi se rejoue dans les manipulations 4 et 6.

Exercice 1 : sous la poudre N1 · chapitre 1

a) Donne le numéro ISO 4063 du soudage sous flux avec un fil plein, avec un feuillard, avec un fil fourré, avec addition de poudre métallique.

b) Dans quel ordre le fil rencontre-t-il le bain, le tube contact, l'arc et le dévidoir ?

c) Pourquoi parle-t-on d'arc « submergé » ?

d) Que deviennent le flux non fondu et le flux fondu ?

Voir la correction

a) Fil plein : 121 ; feuillard : 122 ; fil fourré : 125 ; addition de poudre métallique : 124 (le feuillard fourré est le 126).

b) Dévidoir (qui le pousse), tube contact (qui lui donne le courant), arc (qui le fond), bain (où sa goutte tombe).

c) Parce que l'arc brûle sous la couche de poudre, dans une cavité de gaz coiffée de flux fondu : il est invisible, comme submergé. Rien à voir avec l'eau.

d) Le flux non fondu est aspiré, tamisé et réutilisé ; le flux fondu se fige en laitier, qui protège le cordon pendant son refroidissement puis s'enlève. Manipulation 1 : boutons « Flux en poudre » et « Laitier ».

Exercice 2 : densité de courant et énergie N1 · chapitre 2

a) Calcule la densité de courant d'une électrode enrobée dont l'âme mesure 4 mm, à 160 A.

b) Même calcul pour un fil de soudage sous flux de 4 mm à 600 A, puis pour un fil MAG de 1,2 mm à 280 A.

c) Une passe sous flux se fait à 580 A, 30 V et 550 mm/min. Calcule l'énergie de soudage E et l'apport de chaleur Q.

d) Quelle aurait été Q avec les mêmes U, I et v pour un procédé de rendement k = 0,8 ?

Voir la correction

a) S = π·d²/4 = π × 4²/4 = 12,57 mm² ; J = I/S = 160/12,57 = 12,7 A/mm².

b) Sous flux : J = 600/12,57 = 47,7 A/mm². MAG : S = π × 1,2²/4 = 1,131 mm², J = 280/1,131 = 248 A/mm². La densité du sous flux est forte devant celle de l'électrode enrobée, faible devant celle du MAG.

c) v = 550 mm/min = 9,17 mm/s ; E = U·I/v = 30 × 580/9,17 = 1 898 J/mm ≈ 1,9 kJ/mm ; avec k = 1 (121) : Q ≈ 1,9 kJ/mm.

d) Q = 0,8 × 1,9 = 1,52 kJ/mm : à réglage égal, la pièce reçoit 20 % de chaleur en moins qu'en sous flux.

Exercice 3 : la course des procédés N2 · chapitre 2

Joint bout à bout en V à 60°, tôles de 20 mm, talon 2 mm, écartement 2 mm, longueur 10 m. On majore la section de 10 % pour la surépaisseur.

a) Calcule la section à remplir A = 1,1 × [(t − c)²·tan 30° + b·t].

b) Calcule la masse de métal à déposer.

c) Calcule le temps d'arc et le temps total en électrode enrobée (1,44 kg/h, taux d'arc 30 %), en sous flux à un fil (6,9 kg/h, 50 %) et en tandem (18,7 kg/h, 50 %).

d) À 30 V, le flux se consomme à raison d'environ 1 kg par kg de fil. Quelle masse de flux faut-il prévoir pour le sous flux ?

Voir la correction

a) A = 1,1 × [(20 − 2)² × 0,5774 + 2 × 20] = 1,1 × (187,1 + 40) = 249,8 mm².

b) m = A·L·ρ = 249,8 mm² × 10 000 mm × 7,85 × 10⁻³ g/mm³ = 19 609 g ≈ 19,6 kg.

c) Électrode enrobée : 19,6/1,44 = 13,6 h d'arc, soit 13,6/0,30 = 45,3 h de travail. Sous flux à un fil : 19,6/6,88 = 2,85 h d'arc, 5,7 h au total. Tandem : 1,05 h d'arc, 2,1 h au total. Le sous flux divise le temps de travail par 8 avec un fil, par plus de 20 en tandem. Manipulation 2 : t = 20 mm, L = 10 m.

d) Environ 19,6 kg de flux fondu, auxquels s'ajoute la poudre recyclée qui circule sans fondre.

Exercice 4 : le générateur N2 · chapitre 3

Modèle d'arc : U = 18 + 0,01·I + 1,5·l (U en V, I en A, l en mm).

a) Source plate réglée à U0 = 39 V, pente 1 V/100 A. Calcule I et U pour un arc de 6 mm.

b) L'arc passe à 8 mm. Nouvelle intensité ? Variation ?

c) Source tombante réglée à 600 A (pente 50 V/100 A, passant par 32 V à 600 A). Calcule I pour 6 mm puis 8 mm.

d) Une autre plaque annonce 1 250 A à 60 %. Quelle intensité tient-elle à 100 % ? Peut-elle souder une virole en continu à 1 100 A ?

Voir la correction

a) 39 − 0,01·I = 18 + 0,01·I + 9, d'où I = (39 − 27)/0,02 = 600 A et U = 33 V.

b) I = (39 − 18 − 12)/0,02 = 450 A : −150 A pour 2 mm, soit −75 A/mm.

c) 32 − 0,5·(I − 600) = 18 + 0,01·I + 1,5·l, d'où I = (32 + 300 − 18 − 1,5·l)/0,51. Pour 6 mm : I = 305/0,51 = 598 A ; pour 8 mm : I = 302/0,51 = 592 A, soit −6 A seulement. Manipulation 3.

d) I100 = 1 250 × √0,6 = 968 A. À 1 100 A, le facteur de marche admis vaut 60 × (1 250/1 100)² = 77,5 % : moins de 100 %, donc pas de soudage continu à 1 100 A ; la source déclencherait sa protection thermique au cours d'une longue soudure.

Exercice 5 : la balance du fil N2 · chapitre 4

Modèle : MR = 0,0104·I + 9,5 × 10⁻⁷·L·I²/d² (kg/h ; I en A ; L et d en mm).

a) Fil de 4 mm, 600 A, fil sorti 30 mm : calcule le taux de fusion et la vitesse du fil.

b) En source plate (−75 A/mm), une bosse de 3 mm raccourcit l'arc d'autant. Quelle intensité juste après ?

c) Le modèle donne τ ≈ 0,37 s en source plate, 6,1 s en source tombante avec fil constant, 0,32 s avec dévidoir asservi. Que choisir pour ce fil, et pourquoi ?

d) Un fil de 2 mm à 400 A a τ ≈ 0,07 s en source plate. Pourquoi est-il plus rapide ?

Voir la correction

a) MR = 0,0104 × 600 + 9,5 × 10⁻⁷ × 30 × 600²/16 = 6,24 + 0,64 = 6,88 kg/h. Masse linéique du fil : 12,57 mm² × 7,85 g/cm³ = 0,0987 kg/m ; vf = 6,88/(0,0987 × 60) = 1,16 m/min.

b) I ≈ 600 + 75 × 3 = 825 A pendant un instant, avant que l'arc ne se rallonge.

c) La source plate avec fil constant (autorégulation) ou la source tombante avec dévidoir asservi : toutes deux ramènent l'arc en quelques dixièmes de seconde. Jamais une source tombante avec un fil à vitesse constante : 6 s pour se rattraper, l'arc pompe, colle ou s'éteint.

d) Sa densité de courant est plus forte (127 A/mm² contre 48) : l'effet Joule dans le fil sorti pèse davantage, et une même variation d'intensité change beaucoup plus sa vitesse de fusion (3,6 m/min de fil à l'équilibre). Manipulation 4 : comparer « fil 2,0 mm » et « fil 4,0 mm ».

Exercice 6 : suivre le joint et souder une virole N1 et N2 · chapitres 5 et 6

a) Un joint ondule de ± 4 mm sur 1 000 mm. Le palpeur est 80 mm devant le fil et la tête corrige immédiatement. Quel écart maximal ? Quelle avance maximale pour rester sous 1 mm ?

b) Virole de 1 000 mm de diamètre extérieur, soudée à 500 mm/min : vitesse de rotation du vireur et durée d'un tour ?

c) Décalage du fil selon le tableau de TWI ; flèche correspondante ?

d) L'opérateur place le fil au sommet. Que craindre ?

Voir la correction

a) écart = 2·A·|sin(π·a/λ)| = 8 × sin(0,251) = 2,0 mm. Pour 1 mm : sin(π·a/λ) ≤ 1/8, d'où a ≤ (1 000/π) × arcsin(0,125) = 40 mm (arcsin est la fonction réciproque du sinus). Manipulation 5.

b) n = v/(π·D) = 500/(π × 1 000) = 0,159 tr/min ; un tour dure π × 1 000/500 = 6,3 min.

c) Ligne 900–1 050 mm : e = 40 mm avant le sommet ; h = e²/D = 1 600/1 000 = 1,6 mm ; angle 40/500 = 0,08 rad ≈ 4,6°. Manipulation 6.

d) Le bain se fige sur la pente descendante : soudage « en montant » par rapport à la pièce, cordon étroit et bombé, pénétration forte, risque de coulure du bain et du laitier.

🏆 Défi : la grande virole et son faux-rond N2 · chapitres 4 et 6, à rejouer dans les manipulations 4 et 6

Une virole de 2 400 mm de diamètre extérieur reçoit une soudure circulaire extérieure, avec un fil de 4 mm à 650 A sur source plate (fil à vitesse constante), à 650 mm/min. Elle n'est pas parfaitement ronde : à chaque tour, la distance entre le tube contact et la pièce diminue de 3 mm pendant 2 secondes.

a) Calcule la vitesse de rotation du vireur et la durée d'un tour.

b) Où placer le fil ? Donne la flèche et l'angle correspondants.

c) Au passage du faux-rond, quelle intensité maximale l'arc atteint-il, et en combien de temps revient-il à ± 0,5 mm de sa longueur ?

d) Que se passerait-il avec une source tombante et un fil à vitesse constante ? Quelle autre solution conviendrait ?

Voir la correction

a) n = 650/(π × 2 400) = 0,0862 tr/min ; un tour dure π × 2 400/650 = 11,6 min.

b) Diamètre supérieur à 1 800 mm : e = 75 mm avant le sommet, côté qui monte ; h = 75²/2 400 = 2,3 mm ; angle 75/1 200 = 0,0625 rad ≈ 3,6°. Manipulation 6 : D = 2 400 mm, v = 650 mm/min, e = 75 mm.

c) L'arc tombe de 6 à 3 mm : I ≈ 650 + 75 × 3 = 875 A ; il revient à ± 0,5 mm en 0,7 s environ (constante de temps τ ≈ 0,36 s). Manipulation 4 : source plate, fil 4,0 mm, I = 650 A, Δh = 3 mm.

d) Avec une source tombante et un fil constant, τ ≈ 5,7 s : l'arc reste raccourci (environ 3,5 mm au bout de 2 s) pendant tout le faux-rond, risque de collage et de cordon irrégulier. Le dévidoir asservi à la tension d'arc convient aussi (retour en 0,6 s environ).

?

Quiz : 12 questions éclair

Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste

🎯Image à retenirLa cible : vise 10 sur 12 avant de passer au cours 2
Score : 0 / 12
★

Fiche mémoire du cours 1

Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête

👻Image à retenirL'arc fantôme : ses inventeurs juraient qu'il n'existait pas
🏖️

Le feu sous le sable

121 · 122 · 124 · 125 · 126

Fil, tube contact, flux, cavité d'arc, bain, laitier. Le flux froid est isolant, fondu il conduit.

🚄

Le TGV

I · P · A · D · P · F · R

Invisible, sans projections, automatique, dense, profond, fiable, rentable ; à plat (PA, PB), avec une installation.

⚡

La densité

J = I/(π·d²/4)

4 mm à 600 A : 48 A/mm², contre 13 pour l'électrode enrobée ; 6 à 8 kg/h par fil.

🔥

L'énergie

Q = k·U·I/v, k = 1

580 A, 30 V, 550 mm/min : 1,9 kJ/mm, typique d'une passe sous flux.

🏃

Le marathonien

IX = I100·√(100/X)

Facteur de marche sur 10 min (IEC 60974-1) ; lire d'abord la ligne 100 %.

📐

Plate ou tombante

ΔI/Δl = −1,5/(p + 0,01)

Plate : −75 A par mm d'arc ; tombante : −3 A par mm.

⚖️

La balance

vm = vf

Fil fin et source plate : autorégulation (τ de 0,07 à 0,6 s) ; gros fil : dévidoir asservi à la tension.

🚜

Le tracteur et son chien

écart = 2A·|sin(π·a/λ)|

Tête qui roule (tracteur, potence, portique), pièce qui tourne (vireur, positionneur) ; palpeur avec mémoire.

🎡

La grande roue

n = v/(π·D) · h ≈ e²/D ≈ 2 mm

Fil juste avant le sommet, côté qui monte : le bain se fige à plat.

👻 Fun fact : l'arc fantômeLe brevet américain déposé en 1935 par Jones, Kennedy et Rotermund affirmait que leur procédé ne reposait pas sur un arc ordinaire : selon eux, la chaleur naissait dans le flux fondu traversé par le courant, comme dans une résistance. La preuve du contraire est venue d'URSS, pendant la Seconde Guerre mondiale. L'Institut de soudage électrique d'Evgueni Paton, évacué de Kiev à Nijni Taguil, dans l'Oural, y mettait le soudage sous flux au service des coques de chars. Boris Paton et A. M. Makara y démontrèrent par l'expérience qu'un véritable arc brûle sous le flux, et V. I. Diatlov y mit en évidence l'autorégulation de la fusion du fil, qui permit de construire des têtes simplifiées à vitesse de fil constante. Fin 1943, le procédé était maîtrisé dans 52 usines. L'autorégulation est au cœur du chapitre 4.
A–Z

Glossaire

Les mots, symboles et sigles de ce cours

📖Image à retenirLe dictionnaire : un mot flou, un clic
A, λ, a
Suivi de joint : amplitude de l'ondulation du joint (mm) ; sa longueur d'onde (mm) ; avance du palpeur devant le fil (mm).
Amorçage par contact et retrait
Le fil approche lentement jusqu'à toucher la pièce, puis se relève pour tirer l'arc. Autres moyens : fil coupé en pointe, pelote de laine d'acier, haute fréquence.
Autorégulation
Retour spontané de la longueur d'arc à l'équilibre, avec une source plate et un fil à vitesse constante : l'intensité varie fortement avec la longueur d'arc, donc la vitesse de fusion aussi.
Banc de clamage
Banc qui serre deux tôles à plat sur un support envers (latte de cuivre, lit de flux) pour les souder d'un seul côté.
BW, FW
Soudure bout à bout (butt weld) ; soudure d'angle (fillet weld).
CA, CA carré, équilibre
Courant alternatif ; courant alternatif à fronts raides produit par un onduleur ; part du temps passée au pôle positif, réglable.
Caractéristique plate, tombante
Courbe tension-intensité d'une source : presque horizontale (tension constante, CV en anglais) ou presque verticale (intensité constante, CC en anglais).
Cavité d'arc
Bulle de gaz et de vapeurs, coiffée de flux fondu, dans laquelle brûle l'arc.
CC+, CC−
Courant continu, fil au pôle positif ; courant continu, fil au pôle négatif.
Constante de temps τ
Temps pour rattraper environ 63 % d'un écart de longueur d'arc (s).
CTWD, H
Distance entre le tube contact et la pièce (contact tip to work distance) : H = L + l.
Δh
Hauteur d'une bosse ou d'un faux-rond qui raccourcit la distance entre le tube contact et la pièce (mm).
D, e, h, n
Virole : diamètre extérieur (mm) ; décalage du fil avant le sommet (mm) ; flèche h ≈ e²/D (mm) ; vitesse de rotation (tr/min).
Densité de courant J
Intensité divisée par la section du fil ou de l'âme de l'électrode (A/mm²).
Dévidoir, dévidoir asservi
Moteur et galets qui poussent le fil ; dévidoir dont la vitesse suit la tension d'arc (régulation par la tension d'arc).
E, Q, k
Énergie de soudage U·I/v ; apport de chaleur Q = k·E ; rendement thermique relatif du procédé (k = 1 pour le 121, 0,8 pour le 111 et le 135 selon l'EN 1011-1) (kJ/mm).
EN 1011-1, ISO/TR 17671-1
Recommandations pour le soudage des matériaux métalliques, partie générale ; elles donnent notamment le rendement thermique k.
Facteur de marche X
Part (%) d'un cycle de 10 minutes pendant laquelle une source peut souder à une intensité donnée sans surchauffer (IEC 60974-1).
Fil sorti L
Longueur de fil entre le tube contact et le début de l'arc (en anglais stick-out) ; elle chauffe par effet Joule (mm).
Flux
Produit minéral granulaire et fusible qui protège l'arc et le bain, forme le laitier et agit sur la composition du métal fondu (ISO 14174).
hf
Hauteur de la couche de flux en poudre sur le joint (mm).
I, U, v, d
Intensité (A) ; tension (V) ; vitesse de soudage (mm/min) ; diamètre du fil (mm).
IEC 60974-1
Norme de sécurité des sources de courant de soudage à l'arc (facteur de marche, plaque signalétique).
IIW, IWE, TWI
Institut international de la soudure ; ingénieur international en soudage ; The Welding Institute, centre britannique de recherche sur le soudage.
ISO 4063 : 12, 121, 122, 124, 125, 126
Numéros du soudage à l'arc sous flux : groupe ; fil plein ; feuillard ; addition de poudre métallique ; fil fourré ; feuillard fourré.
Laitier
Flux fondu puis figé en croûte vitreuse sur le cordon.
l
Longueur d'arc, entre le bout du fil et le bain (mm).
MR, taux de dépôt
Masse de fil fondue par heure d'arc (kg/h) ; masse déposée par heure d'arc, presque égale en sous flux.
Onduleur
Source électronique qui découpe le courant à haute fréquence ; elle fournit du CC ou un CA carré réglable.
p, U0, Ir
Pente d'une source plate (V/100 A) ; tension à vide réglée (V) ; intensité réglée d'une source tombante (A).
PA, PB, PC
Positions de soudage (ISO 6947) : à plat ; en angle à plat ; en corniche.
Palpeur
Capteur, mécanique ou laser, placé devant le fil pour mesurer la position du joint.
Point de fonctionnement
Croisement de la caractéristique de la source et de celle de l'arc.
Portique, potence (colonne-flèche)
Manipulateurs portant la tête : pont au-dessus d'un banc ; colonne et bras horizontal réglables.
Positionneur, vireur
Machines qui déplacent la pièce : tourne-pièce inclinable ; banc à galets qui fait tourner une virole.
Redresseur de fil
Jeu de galets qui supprime la courbure du fil sorti de la bobine.
SAW, UP
Sigles anglais et allemand du soudage à l'arc sous flux.
Sommet
Point haut d'une virole (en anglais top dead centre) ; le fil se place un peu avant lui.
Taux d'arc
Part du temps de travail pendant laquelle l'arc brûle (%).
Tracteur (chariot automoteur)
Petit chariot motorisé qui porte la tête et roule sur la tôle ou sur un rail.
Trémie
Réservoir de flux au-dessus de la tête, qui alimente la buse par gravité ou sous pression d'air.
Tube contact
Pièce en alliage de cuivre qui transmet le courant au fil ; pièce d'usure.
vf, vm
Vitesse d'avance du fil ; vitesse de fusion du fil (mm/s ou m/min).
ZAT
Zone affectée thermiquement : métal de base chauffé sans fondre, dont la structure change.
✓

Suis-je prêt pour la suite ?

Dix points à cocher de tête

🚦Image à retenirLe feu passe au vert quand tout est coché

Coche seulement ce que tu sais faire sans regarder. Tes coches restent enregistrées dans ce navigateur.

🔭 Au prochain épisode, cours 2 : flux, fils et métal déposé. On ouvrira le sac de poudre : à quoi sert chaque constituant du flux, ce qui distingue un flux fondu d'un flux aggloméré, ce que mesure l'indice de basicité, pourquoi le grain et la couche de flux comptent, comment stocker, étuver et recycler la poudre. Puis viendront les fils, les désignations de l'ISO 14174 et de l'ISO 14171, et le calcul de la composition du métal déposé quand le flux ajoute du manganèse et que la tôle se dilue dans le cordon.