Avant de commencer
Le cours 3 en trois cases
(IWE : International Welding Engineer, ingénieur international en soudage.) Toutes les vérifications de résistance du cours 5 (critères de Tresca et de von Mises, et la formule des cordons d'angle du cours 2 qui en dérive) s'expriment avec les contraintes principales. Et le tricercle de Mohr te montrera, sur un dessin, pourquoi le cœur d'une soudure épaisse tirée dans les trois directions risque de casser sans prévenir.
Le plan du cours
- 1Les directions principales
Les facettes sans cisaillement, et ce que devient la matrice dans leur repère.
- 2Le cercle de Mohr en état plan
La construction pas à pas, les contraintes principales, le cisaillement maximal.
- 3Le cas 3D : valeurs propres et invariants
L'équation qui donne les trois contraintes principales, et les nombres qui ne dépendent pas des axes.
- 4Le tricercle de Mohr
Toutes les facettes d'un point sur un seul dessin, et le vrai cisaillement maximal.
- 5La méthode d'examen
Les six étapes, dans l'ordre, sur le cas le plus fréquent.
Les directions principales
Les facettes sur lesquelles le cisaillement disparaît
Découpe par la pensée un petit carré de matière, bien aligné sur les axes x et y. Ses faces portent des contraintes normales (σxx, σyy) et un cisaillement (τxy). Maintenant, fais tourner le carré d'un angle φ, sans rien changer au chargement : les contraintes sur ses nouvelles faces changent, puisqu'elles dépendent de l'orientation des facettes (cours 2).
Il existe toujours une orientation où le cisaillement disparaît sur les quatre faces : le carré n'est plus que tiré ou comprimé. Ses côtés sont alors alignés sur les directions principales, et les contraintes normales qu'il porte sont les contraintes principales. L'une est la plus grande contrainte normale possible en ce point, l'autre la plus petite.
C'est le drapeau dans le vent : sur une facette principale, le vecteur contrainte T⃗ s'aligne exactement sur la normale n⃗, sans composante qui fasse glisser. Tu l'avais déjà aperçu avec les lignes vertes du « hérisson de facettes » du cours 2.
Manipulation 1 : le carré qui tourne
À gauche, le carré aligné sur x et y, avec l'état de contrainte choisi. À droite, le même carré tourné de φ : les flèches montrent les contraintes sur ses nouvelles faces. Cherche l'angle où les flèches violettes (cisaillement) disparaissent.
Une facette de normale n⃗ est principale si le vecteur contrainte est colinéaire à n⃗ (même direction, au sens près) :
le nombre σ est la contrainte principale associée à la direction n⃗
Comme [σ] est symétrique (le petit carré qui ne tourne pas, cours 1), un théorème de mathématiques (le théorème spectral) garantit qu'il existe toujours trois directions principales, perpendiculaires entre elles, et trois contraintes principales réelles. Dans cette base principale (eI, eII, eIII), la matrice est diagonale (polycopié, p. 12) :
convention de rangement : I la plus grande (traction la plus forte), III la plus petite (compression la plus forte, ou traction la plus faible)
Le cercle de Mohr en état plan
La construction pas à pas, et ce qu'on y lit
En état plan (σxx, σyy, τxy), chaque orientation de facette donne un point (σn ; τ), et tous ces points forment un cercle : tu l'as vu aux cours 2 et 3. La bonne nouvelle, c'est qu'on n'a pas besoin de calculer tous les points : deux suffisent, ceux des faces x et y du petit carré.
La recette de construction (avec la convention du polycopié) :
1. Place X = (σxx ; τxy), le point de la face x.
2. Place Y = (σyy ; −τxy), le point de la face y : il est symétrique de X par rapport au centre.
3. Le segment XY est un diamètre : son milieu, sur l'axe horizontal, est le centre C.
4. Trace le cercle de centre C passant par X.
5. Les deux points où le cercle coupe l'axe horizontal sont les contraintes principales (τ = 0).
6. Les points le plus haut et le plus bas donnent le cisaillement maximal dans le plan.
Manipulation 2 : construire le cercle pas à pas
Règle l'état de contrainte, puis avance étape par étape. À gauche, le petit carré : à l'étape 6, les directions principales apparaissent en vert. À droite, le plan de Mohr (σn ; τ), avec la convention du polycopié.
Avec la convention du polycopié (t⃗ = n⃗ tourné de +90°), les formules des cours 2 et 3 s'écrivent :
τ = −σxx − σyy2 sin 2φ + τxy cos 2φ
ce sont les formules de εn et εnt de la page 11 du polycopié, avec σ à la place de ε
φp : angle d'une direction principale ; les deux contraintes principales du plan sont notées σ1 ≥ σ2 tant qu'on ne les a pas rangées avec la troisième (chapitre 4)
Piège 1 : tan 2φp a deux solutions, à 90° l'une de l'autre sur la pièce. Pour savoir laquelle correspond à σ1 : remplace dans la formule de σn, ou utilise φ1 = ½·atan2(2τxy, σxx − σyy) (atan2 : l'arc tangente à deux arguments des logiciels, qui tient compte des signes ; Excel inverse l'ordre de ses deux arguments). Règle rapide : si σxx > σyy, la solution entre −45° et +45° est σ1.
Piège 2 : sur les facettes du cisaillement maximal, σn n'est pas nul. Le point le plus haut du cercle a pour abscisse C : ces facettes, à 45° des directions principales, portent τ = R et σn = C.
Piège 3 : en contrainte plane, il y a une troisième contrainte principale, σzz = 0 (direction z, perpendiculaire au plan). Elle n'apparaît pas sur le cercle du plan, mais elle compte pour le cisaillement maximal réel : c'est tout le chapitre 4. Rappel du polycopié (p. 12) : tout point d'une surface libre est en contrainte plane.
Le cas 3D : valeurs propres et invariants
L'équation qui donne les trois contraintes principales
En 3D, plus de cercle pour tout trouver d'un coup : on cherche les trois contraintes principales comme les solutions d'une équation du troisième degré, l'équation caractéristique. Ses coefficients sont trois nombres très particuliers, les invariants :
une équation dont les trois solutions (les « racines ») sont σI, σII, σIII
Pourquoi « invariants » ? Parce que si tu tournes les axes, les 6 cases de la matrice changent toutes, mais I1, I2 et I3 restent les mêmes. C'est l'étiquette du colis : quelle que soit la façon dont tu tournes la boîte, ce qui est écrit dessus ne change pas. Normal : ils décrivent l'état de contrainte lui-même, pas le repère.
Le cas le plus fréquent en examen : une direction principale est déjà connue. Si τxz = τyz = 0, la direction z est principale et σzz est une contrainte principale. Il reste un bloc 2 × 2 en (x, y) : on le traite avec le cercle de Mohr du chapitre 2. Pas d'équation du troisième degré à résoudre.
Manipulation 3 : la machine à valeurs propres
Tape une matrice des contraintes (en MPa) ou choisis un exemple : les cases grises se remplissent par symétrie. La machine calcule les invariants, trace le polynôme caractéristique (ses trois passages par zéro sont les contraintes principales) et donne les directions principales. Tu peux t'en servir pour vérifier tes exercices.
D'où vient l'équation. [σ]n⃗ = σn⃗ s'écrit ([σ] − σ𝕀)n⃗ = 0⃗ (𝕀 : la matrice identité). Pour qu'une direction n⃗ non nulle existe, la matrice ([σ] − σ𝕀) doit être « aplatie », ce qui se traduit par un déterminant nul :
En développant, on obtient l'équation caractéristique, avec :
I2 = σxxσyy + σyyσzz + σzzσxx − τxy² − τyz² − τxz² = σIσII + σIIσIII + σIIIσI
I3 = det[σ] = σxxσyyσzz + 2τxyτyzτxz − σxxτyz² − σyyτxz² − σzzτxy² = σIσIIσIII
Résoudre à la main. En examen, les matrices sont choisies pour que ce soit faisable : 1. cherche d'abord une direction principale évidente (une ligne et une colonne nulles hors diagonale) ; 2. sinon, cherche une racine évidente en essayant des valeurs simples (les termes diagonaux, 0, des multiples de 10…) ; 3. une fois une racine σ₀ trouvée, factorise par (σ − σ₀) et résous l'équation du second degré qui reste.
Les directions principales. Pour chaque σ trouvée, résous ([σ] − σ𝕀)n⃗ = 0⃗ : deux équations indépendantes suffisent, puis normalise n⃗. Astuce : n⃗ est perpendiculaire à deux lignes de ([σ] − σ𝕀), donc proportionnel à leur produit vectoriel.
Le tricercle de Mohr
Toutes les facettes d'un point sur un seul dessin
Une fois σI ≥ σII ≥ σIII connues, on trace trois cercles sur l'axe horizontal, chacun ayant pour diamètre l'écart entre deux contraintes principales : [σIII ; σII], [σII ; σI] et le grand [σIII ; σI]. C'est le tricercle de Mohr de la page 13 du polycopié : trois bulles de savon, la grande contenant les deux petites.
Le résultat remarquable : le point (σn ; τ) de n'importe quelle facette, dans n'importe quelle direction de l'espace, tombe dans la zone située à l'intérieur du grand cercle et à l'extérieur des deux petits. La manipulation le montre en tirant des centaines de facettes au hasard.
Et donc, le cisaillement maximal en ce point est le rayon du grand cercle :
atteint sur les facettes inclinées à 45° entre les directions principales I et III
Manipulation 4 : le tricercle et ses facettes
Règle les trois contraintes principales (dans n'importe quel ordre : elles sont rangées automatiquement). Le tricercle se dessine ; la zone colorée contient tous les points possibles. Tire des facettes au hasard pour vérifier.
Pour une facette quelconque, de normale n⃗ = (n1 ; n2 ; n3) dans la base principale : σn = σIn1² + σIIn2² + σIIIn3² et τ² = σI²n1² + σII²n2² + σIII²n3² − σn² (c'est la méthode M-P-P du cours 2, dans la base principale). Les facettes qui contiennent une direction principale (ni = 0 pour un i) sont sur les cercles eux-mêmes ; toutes les autres sont dans la zone.
Le cisaillement maximal vaut (σI − σIII)/2, sur les facettes de normale n⃗ = (1/√2 ; 0 ; ±1/√2) dans la base principale, qui portent aussi σn = (σI + σIII)/2.
Au cœur d'une soudure épaisse bridée, les contraintes résiduelles peuvent tirer dans les trois directions, par exemple 180, 150 et 120 MPa. Les trois cercles sont alors tout petits : τmax = (180 − 120)/2 = 30 MPa seulement, contre 90 MPa si l'on avait 180 MPa en traction simple. Or la plasticité des métaux est pilotée par le cisaillement (cours 1) : avec si peu de cisaillement, le métal ne peut presque pas se déformer plastiquement, même sous une forte traction. Il perd sa capacité à « prévenir » en se déformant, et le risque de rupture fragile augmente. C'est l'une des raisons des traitements de détensionnement et des exigences de ténacité sur les assemblages épais.
La méthode d'examen
Six étapes, dans l'ordre, sur le cas le plus fréquent
La plupart des sujets donnent une matrice où une direction est déjà principale (souvent z). Voici la check-list du pilote, à suivre sans sauter de ligne :
1. Repérer la direction principale évidente (ligne et colonne nulles hors diagonale) : sa valeur diagonale est une contrainte principale.
2. Cercle du bloc 2 × 2 restant : C, R, puis σ1 et σ2 = C ± R.
3. Ranger les trois valeurs : σI ≥ σII ≥ σIII, sans oublier la troisième.
4. Orienter : angle φp dans le plan, et la direction évidente.
5. Tracer le tricercle.
6. Conclure : τmax = (σI − σIII)/2, et la facette où il agit.
Manipulation 5 : la méthode d'examen pas à pas
Une matrice avec la direction z principale : règle σxx, σyy, τxy et σzz, puis avance étape par étape. Le tricercle se construit au fur et à mesure.
Rédaction type pour [σ] = 6040040000020 MPa :
« τxz = τyz = 0 : z est direction principale, de contrainte 20 MPa. Bloc (x, y) : C = 30 MPa, R = √(30² + 40²) = 50 MPa, d'où 80 et −20 MPa. Rangement : σI = 80, σII = 20, σIII = −20 MPa. Direction I : tan 2φ = 80/60, φI = 26,6° par rapport à x. τmax = (80 − (−20))/2 = 50 MPa, sur les facettes à 45° entre I et III. »
Vérification par les invariants : I1 = 60 + 0 + 20 = 80 = 80 + 20 − 20 ✅ ; I3 = 20 × (60 × 0 − 40²) = −32 000 = 80 × 20 × (−20) ✅.
Exercices corrigés
Du cercle du plan jusqu'au tricercle
Essaie chaque question de tête 2 à 3 minutes, puis regarde la fiche mémoire, puis le chapitre. Les manipulations 2, 3 et 5 permettent de vérifier tes résultats.
Exercice 1 : contrainte plane complète N1 · chapitres 2 et 4
En un point de la surface libre d'une tôle : σxx = 80 MPa, σyy = −40 MPa, τxy = 30 MPa.
a) Calcule C, R, et les deux contraintes principales du plan.
b) Calcule l'angle de la direction principale 1.
c) Range les trois contraintes principales et calcule τmax.
Voir la correction
a) C = (80 − 40)/2 = 20 MPa ; R = √(60² + 30²) = 67,1 MPa. Donc σ1 = 20 + 67,1 = 87,1 MPa et σ2 = 20 − 67,1 = −47,1 MPa.
b) tan 2φ = 2 × 30/(80 + 40) = 0,5, donc 2φ = 26,6° et φ1 = 13,3° (c'est bien σ1, car σxx > σyy et l'angle est entre −45° et +45°).
c) Surface libre, donc contrainte plane : la troisième vaut σzz = 0. Rangement : σI = 87,1 ; σII = 0 ; σIII = −47,1 MPa. τmax = (87,1 + 47,1)/2 = 67,1 MPa : ici égal à R, car les deux valeurs du plan sont de signes opposés.
Exercice 2 : le piège du réservoir N1 · chapitre 4
Paroi de réservoir, côté extérieur : σθθ = 100 MPa, σzz = 50 MPa, σrr = 0, aucun cisaillement dans ce repère.
a) Quelles sont les contraintes principales ?
b) Que donne le cercle du plan (θ, z) pour le cisaillement ?
c) Quel est le vrai τmax, et sur quelles facettes ?
Voir la correction
a) La matrice est déjà diagonale : σI = 100 (θ), σII = 50 (z), σIII = 0 (r) MPa.
b) Cercle de diamètre [50 ; 100] : rayon 25 MPa.
c) τmax = (100 − 0)/2 = 50 MPa, deux fois plus, sur les facettes inclinées à 45° entre les directions θ et r, c'est-à-dire dans l'épaisseur de la paroi. Oublier σIII = 0 sous-estimerait le cisaillement de moitié.
Exercice 3 : invariants et racine double N2 · chapitre 3
[σ] = 402020204020202040 MPa.
a) Calcule I1, I2 et I3.
b) Vérifie que 20 est racine de l'équation caractéristique, puis trouve les deux autres.
c) Donne la direction principale I.
Voir la correction
a) I1 = 120. I2 = 3 × (40 × 40 − 20²) = 3 × 1 200 = 3 600. I3 = 40³ + 2 × 20³ − 3 × 40 × 20² = 64 000 + 16 000 − 48 000 = 32 000. Donc l'équation : σ³ − 120σ² + 3 600σ − 32 000 = 0.
b) Pour σ = 20 : 8 000 − 48 000 + 72 000 − 32 000 = 0 ✅. En factorisant : (σ − 20)(σ² − 100σ + 1 600) = 0, dont les racines sont 20 et 80. Donc σI = 80 MPa et σII = σIII = 20 MPa (racine double). Vérification : 80 + 20 + 20 = 120 = I1 ✅ et 80 × 20 × 20 = 32 000 = I3 ✅.
c) Pour σ = 80 : [σ] − 80𝕀 a trois lignes du type (−40 ; 20 ; 20), vérifiées par n = (1 ; 1 ; 1)/√3. Avec une racine double, toute direction perpendiculaire à n⃗I est principale : l'état est à symétrie de révolution autour de n⃗I, et deux des trois cercles se réduisent à un point.
Exercice 4 : le cas d'examen type N2 · chapitres 3, 4 et 5
[σ] = 6040040000020 MPa.
a) Trouve les trois contraintes principales et range-les.
b) Donne les directions principales.
c) Calcule τmax et vérifie avec les invariants.
Voir la correction
a) z est principale (20 MPa). Bloc (x, y) : C = 30, R = √(30² + 40²) = 50, d'où 80 et −20. σI = 80, σII = 20, σIII = −20 MPa.
b) tan 2φ = 2 × 40/60 = 1,333, 2φ = 53,1°, φI = 26,6° : n⃗I = (cos 26,6° ; sin 26,6° ; 0) = (0,894 ; 0,447 ; 0). n⃗II = z⃗. n⃗III = (−0,447 ; 0,894 ; 0), perpendiculaire aux deux autres.
c) τmax = (80 + 20)/2 = 50 MPa. Invariants : I1 = 80 = 80 + 20 − 20 ✅ ; I2 = 0 + 0 + 1 200 − 1 600 = −400 = 1 600 − 400 − 1 600 ✅ ; I3 = −32 000 = 80 × 20 × (−20) ✅.
Exercice 5 : reconnaître un tricercle N1 · chapitre 4
Pour chaque état, donne les contraintes principales rangées et τmax : a) traction simple de 100 MPa ; b) pression hydrostatique de 50 MPa ; c) cisaillement pur τ = 60 MPa dans le plan (x, y).
Voir la correction
a) 100, 0, 0 : deux cercles confondus de diamètre [0 ; 100] et un point. τmax = 50 MPa, à 45° de l'axe (le résultat du cours 1).
b) −50, −50, −50 : les trois cercles se réduisent à un point. τmax = 0 : aucune facette n'est cisaillée.
c) Cercle du plan : C = 0, R = 60, donc 60 et −60, et 0 selon z. Rangement 60, 0, −60 : τmax = 60 MPa, sur les facettes x et y elles-mêmes.
Exercice 6 : la soudure qui ne peut pas plastifier N2 · chapitre 4
Au cœur d'une soudure épaisse en acier S355 (Rₑ = 355 MPa), les contraintes principales résiduelles valent 180, 150 et 120 MPa.
a) Calcule τmax et compare avec une traction simple de 180 MPa.
b) On admet (critère de Tresca, cours 5) que la plasticité démarre quand τmax atteint Rₑ/2. Si toutes les contraintes augmentent dans les mêmes proportions, quelle valeur de σI faudrait-il atteindre ?
Voir la correction
a) τmax = (180 − 120)/2 = 30 MPa, contre 180/2 = 90 MPa en traction simple : trois fois moins.
b) Les proportions sont σI, (5/6)σI, (2/3)σI, donc τmax = (σI − (2/3)σI)/2 = σI/6. Il faudrait σI/6 = 177,5 MPa, soit σI ≈ 1 065 MPa, bien au-delà de la résistance à la rupture d'un S355 (quelques centaines de MPa). Le métal risque donc de casser avant de pouvoir se déformer plastiquement : c'est le danger de la triaxialité.
Défi : la facette octaédrique dans le tricercle N2 · chapitre 4
Avec σI = 180, σII = 150, σIII = 120 MPa, place la facette de normale n⃗ = (1 ; 1 ; 1)/√3 (base principale) sur le tricercle, et vérifie qu'elle est bien dans la zone.
Voir la correction
ni² = 1/3 pour chaque i : σn = (180 + 150 + 120)/3 = 150 MPa et τ = ⅓√(30² + 30² + 60²) = 24,5 MPa (la formule du défi du cours 2). Grand cercle : centre 150, rayon 30 ; distance du point au centre = 24,5 ≤ 30 ✅ (dedans). Petits cercles : centres 165 et 135, rayon 15 ; distance = √(15² + 24,5²) = 28,7 ≥ 15 ✅ (dehors). Le point est bien dans la zone.
Quiz : 12 questions éclair
Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste
Fiche mémoire du cours 4
Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête
Facette principale
Le drapeau dans le vent : T⃗ ∥ n⃗, τ = 0. Trois directions perpendiculaires, matrice diagonale.
Rangement
Valeurs algébriques, signes compris. Une forte compression, c'est σIII.
Construire le cercle
XY est un diamètre. Le miroir : facette +φ, point −2φ.
Contraintes du plan
C = (σxx + σyy)/2 ; R = ½√((σxx − σyy)² + 4τxy²).
Direction
Deux solutions à 90° : φ1 = ½·atan2(2τxy, σxx − σyy). Au sommet du cercle : τ = R et σn = C.
Invariants
I1 = trace = somme ; I3 = det = produit. L'étiquette qui ne bouge pas.
Le bloc
Le cas d'examen : une valeur donnée, un cercle pour les deux autres.
Tricercle
Trois bulles : toutes les facettes sont dans la grande, hors des petites. À 45° entre I et III.
Deux pièges
Réservoir : τmax = 50, pas 25. Triaxial : petits cercles, peu de cisaillement, rupture fragile.
Glossaire
Les mots, symboles et sigles nouveaux de ce cours
Les termes des cours précédents sont dans leurs propres glossaires.
- atan2
- Arc tangente à deux arguments des logiciels de calcul, qui tient compte des signes (Excel inverse l'ordre de ses arguments).
- Base principale
- Le repère formé par les trois directions principales ; la matrice des contraintes y est diagonale.
- Bloc (matrice par blocs)
- Matrice dont une ligne et une colonne sont nulles hors diagonale : la direction correspondante est principale, le reste forme un bloc 2 × 2.
- C, R
- Centre (sur l'axe horizontal) et rayon d'un cercle de Mohr.
- Contrainte octaédrique
- Contraintes sur la facette également inclinée sur les trois directions principales : σn = moyenne, τ = ⅓√(Σ(σi − σj)²).
- Contraintes principales
- σI ≥ σII ≥ σIII : les contraintes normales sur les facettes principales ; ce sont les valeurs propres de [σ].
- det (déterminant)
- Nombre associé à une matrice carrée ; nul quand la matrice écrase l'espace. I3 = det[σ].
- Diagonaliser
- Trouver la base dans laquelle une matrice devient diagonale : ici, chercher les directions principales.
- Direction principale
- Direction n⃗ telle que [σ]n⃗ soit colinéaire à n⃗ : la facette correspondante ne subit aucun cisaillement.
- Équation caractéristique
- det([σ] − σ𝕀) = 0, soit σ³ − I1σ² + I2σ − I3 = 0 ; ses racines sont les contraintes principales.
- φ, φp
- « Phi » : angle de rotation de la facette (notation du polycopié) ; φp : angle d'une direction principale.
- 𝕀
- Matrice identité : des 1 sur la diagonale, des 0 ailleurs.
- Invariants I1, I2, I3
- Trois nombres calculés à partir de [σ] qui ne dépendent pas du repère choisi.
- Racine
- Solution d'une équation polynomiale. Racine double : solution qui compte deux fois (deux contraintes principales égales).
- Règle de Sarrus
- Méthode de calcul du déterminant d'une matrice 3 × 3 : produits descendants moins produits montants.
- Théorème spectral
- Résultat mathématique : une matrice symétrique réelle a trois valeurs propres réelles et trois vecteurs propres perpendiculaires.
- Trace
- Somme des termes diagonaux ; pour [σ], c'est I1, égale à σI + σII + σIII.
- Triaxialité
- État où les trois contraintes principales sont du même signe et proches : les cercles sont petits, le cisaillement faible, la plasticité difficile.
- Tricercle de Mohr
- Les trois cercles construits sur [σIII ; σII], [σII ; σI] et [σIII ; σI] ; tous les points de facettes sont dans la zone entre eux.
- τmax
- Cisaillement maximal en un point : (σI − σIII)/2, rayon du grand cercle.
- Valeur propre, vecteur propre
- Pour une matrice M : un vecteur v⃗ non nul et un nombre λ tels que M·v⃗ = λ·v⃗.
Check-list : suis-je prêt pour le cours 5 ?
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