Résistance des matériaux, série 2 : la théorie des poutres

Faire glisser la coupe : les diagrammes

Cours7 : les diagrammes de sollicitations
Durée conseillée≈ 3 h avec les exercices
Prérequisle cours 6 (torseur de cohésion)
À la fin tu saistracer N(x), T(x), Mf(x) et trouver la section la plus sollicitée

Au cours 6, tu as calculé les efforts intérieurs dans une section. Mais où la poutre est-elle la plus sollicitée ? Pour le savoir, on fait glisser la coupe tout le long de la poutre et on trace les efforts intérieurs en fonction de la position : ce sont les diagrammes de sollicitations. Ils se lisent comme une carte : en un coup d'œil, on voit où couper, où renforcer, où placer une soudure, et où surtout ne pas la placer.

Même code couleur qu'au cours 6. Sur tous les diagrammes, les valeurs positives sont tracées vers le haut. Convention du polycopié : le torseur de cohésion est l'action de la partie droite sur la partie gauche.

Avant de commencer

Le cours 6 en trois cases

{τ}coh = {S2 → S1}
Couper, isoler, équilibrer : le torseur de cohésion est l'action de la droite sur la gauche, = −{ext → gauche} = +{ext → droite}.
Ty = −ΣFy(gauche)
Mfz = −ΣMG,z(gauche) ; N = −ΣFx(gauche). Mfz > 0 : fibres du bas tendues.
N, Mf → σ · T, Mt → τ
Les efforts intérieurs, rouges ou violets selon la contrainte qu'ils créent.
📘 Correspondance avec le polycopié « Notions de base de RDM » (Polytech Nantes, IWE1) : ce cours prolonge la méthode des pages 20 et 21 (torseur de cohésion, sollicitations internes) : un diagramme n'est rien d'autre que la représentation graphique de ces sollicitations le long de la poutre. On garde la convention du polycopié ({S2 → S1}) et ses notations (N, T, Mf, repère x le long de la poutre, y vers le haut).
🔥 Pourquoi ce cours compte en soudage (formation IWE)

(IWE : International Welding Engineer, ingénieur international en soudage.) Le diagramme de moment de flexion dit où une poutre travaille le plus. Une règle de bon sens des constructeurs en découle : on évite de placer un joint soudé (un raboutage de poutre, une attache) dans la zone où le moment est maximal, et en tout cas on le vérifie là en priorité. Et pour une console soudée à un poteau, c'est à l'encastrement, donc dans les cordons eux-mêmes, que le moment est le plus grand.

Le plan du cours

  1. 1Le principe

    La coupe qui glisse laisse une trace : c'est le diagramme.

  2. 2Les charges ponctuelles

    Des marches pour T, des segments pour Mf.

  3. 3Les charges réparties

    Des droites pour T, des paraboles pour Mf.

  4. 4Pente et aire

    Les relations entre charge, T et Mf, pour tracer vite et vérifier.

  5. 5Le diagrammeur et les cas types

    Tous les cas, et le formulaire à connaître.

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Le principe : la coupe qui laisse une trace

Un diagramme, c'est le film de toutes les coupes

🎞️Image à retenirLa pellicule : chaque image est une coupe, le diagramme est le film complet
👁 Niveau 1 : voir de la coupe au diagramme

Au cours 6, la coupe à la position x donnait trois nombres : N, T et Mf. Fais glisser la coupe de l'appui gauche à l'appui droit, et note à chaque position la valeur trouvée : tu obtiens trois courbes, N(x), T(x) et Mf(x). Ce sont les diagrammes. La manipulation te montre la trace qui se dessine pendant que la coupe avance.

La méthode par tronçons. Les formules ne changent qu'aux endroits où « il se passe quelque chose » : un appui, une charge ponctuelle, le début ou la fin d'une charge répartie, un couple. Entre deux de ces points, sur un tronçon, une seule expression suffit. On découpe donc la poutre en tronçons, on écrit N, T, Mf sur chacun, et on trace.

Manipulation 1 : la coupe qui trace le diagramme

Une poutre de 4 m sur deux appuis, une charge F. Lance le film : la coupe avance, et les valeurs de T et de Mf qu'elle trouve se dessinent au fur et à mesure.

🎓 Niveau 2 : maîtriser la méthode rédigée

Poutre sur deux appuis A (x = 0) et B (x = L), charge F vers le bas en x = a. Réactions (cours 6) : YA = F(L − a)/L, YB = F·a/L.

Tronçon 1 : 0 < x < a. À gauche de la coupe, seulement YA. Ty = −YA (constant) et Mfz = YA·x (droite qui monte).
Tronçon 2 : a < x < L. YA et F. Ty = F − YA = YB (constant) et Mfz = YA·x − F(x − a) = YB(L − x) (droite qui redescend à 0).

Lecture : T saute de −YA à +YB sous la charge, soit un saut de F. Mf forme un triangle dont le sommet, sous la charge, vaut Mfmax = F·a(L − a)/L ; au milieu, FL/4.

⚠️ Selon la convention, le diagramme de T peut être inversé. Avec la convention du polycopié, T est négatif à gauche de la charge. Des ouvrages qui prennent l'action de la gauche sur la droite trouvent l'inverse. Les valeurs absolues, la position des sauts et la section la plus sollicitée ne changent jamais. Et certains métiers (le génie civil notamment) tracent le moment du côté des fibres tendues, donc vers le bas : regarde toujours la légende.
2

Les charges ponctuelles : marches et segments

Ce que fait une force concentrée sur les diagrammes

🪜Image à retenirL'escalier : T fait des marches, Mf fait des rampes
👁 Niveau 1 : voir trois règles

Quand la poutre ne porte que des forces ponctuelles :

1. Entre deux charges, T est constant (une marche horizontale) : en déplaçant la coupe, on n'ajoute aucune force à gauche.
2. Sous chaque charge, T fait un saut égal à la charge : la force entre d'un coup dans la partie gauche.
3. Entre deux charges, Mf est une droite, qui change de pente sous chaque charge : on dit que le diagramme a un point anguleux.

Et aux extrémités sur appuis simples ou articulations (sans couple appliqué), Mf vaut toujours 0 : il n'y a rien pour faire tourner.

Manipulation 2 : deux charges ponctuelles

Poutre de 5 m sur deux appuis, deux charges réglables. Les sauts de T sont annotés ; le point le plus haut de Mf est repéré.

🎓 Niveau 2 : maîtriser les sauts, en toute rigueur

Pour une force ponctuelle de composantes (Fx ; Fy) en x0, quand la coupe passe de x0⁻ (juste avant) à x0⁺ (juste après), la force rejoint la partie gauche, d'où, avec la convention du polycopié :

ΔN = −Fx    ΔTy = −Fy    ΔMfz = 0

une charge de F vers le bas (Fy = −F) fait monter T de F ; le moment ne saute pas, il change seulement de pente

Les réactions d'appui sont des forces ponctuelles comme les autres : T saute aussi au droit de chaque appui. Vérification très efficace : aux deux extrémités d'une poutre sur deux appuis, T part de 0 et revient à 0 après le dernier saut.

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Les charges réparties : droites et paraboles

Quand la charge est étalée sur une longueur

❄️Image à retenirLa neige sur le toit : répartie partout, elle arrondit tout
👁 Niveau 1 : voir la charge qui s'accumule

Une charge répartie est étalée sur une longueur : le poids propre d'une poutre, la neige sur un toit, un plancher. On la décrit par son intensité p, en kN/m (kilonewtons par mètre de poutre). Sur une longueur ℓ, elle pèse p·ℓ.

Quand la coupe avance sous une charge répartie, la partie gauche en contient un peu plus à chaque pas. Résultat :

1. T varie en ligne droite (en pente) : il gagne p à chaque mètre.
2. Mf varie en parabole : une courbe arrondie.
3. Le sommet de la parabole est là où T s'annule. C'est là que Mf est maximal.

❄️ Le piège classique : pour calculer les réactions, on remplace toute la charge répartie par sa résultante p·ℓ, placée au milieu de la zone chargée. Mais pour le torseur de cohésion, on ne remplace que la partie de la charge qui est sur le morceau isolé : p·x, placée à x/2 de l'appui si la coupe est en x.

Manipulation 3 : une charge répartie

Poutre de 6 m sur deux appuis, charge répartie p sur une zone réglable. Observe la droite de T, la parabole de Mf et la position de son sommet.

🎓 Niveau 2 : maîtriser le cas de référence

Poutre sur deux appuis, charge p sur toute la longueur L. Réactions : YA = YB = pL/2. Coupe en x, partie gauche : YA et la charge p·x, appliquée à x/2 de A.

Ty(x) = −(pL/2 − p·x) = p·x − pL/2     Mfz(x) = pL2x − p x²2

T s'annule au milieu (x = L/2), où Mf atteint son maximum

Mfmax = p L²8   (au milieu)    |T|max = pL2   (aux appuis)

Comparaison utile : la même charge totale pL, mais concentrée au milieu, donnerait FL/4 = pL²/4, soit deux fois plus de moment. Répartir une charge soulage la poutre.

4

Pente et aire : les relations entre p, T et Mf

Tracer vite, et vérifier à coup sûr

🏔️Image à retenirLa randonnée : Mf est l'altitude, T donne la pente, et au sommet la pente est nulle
👁 Niveau 1 : voir l'altitude et la pente

Imagine que le diagramme de Mf est le profil d'une randonnée. Alors T est lié à la pente du chemin : avec la convention du polycopié, la pente de Mf vaut −T. Quand T est négatif, Mf monte ; quand T est positif, Mf descend ; quand T s'annule (ou change de signe), Mf passe par un sommet : c'est là que se trouve la section la plus sollicitée en flexion. Exception à connaître : pour une console, T ne s'annule pas ; le maximum de |Mf| est en bout de diagramme, à l'encastrement.

Et de même, la charge répartie donne la pente de T : sous une charge répartie p vers le bas, T monte de p par mètre ; sans charge répartie, T est plat.

Le lien par les aires : la variation de Mf entre deux points est égale à moins l'aire du diagramme de T entre ces deux points. Pour une poutre sur deux appuis, Mf(x) = −(aire de T entre 0 et x). La manipulation te montre la tangente et l'aire en direct.

Manipulation 4 : la pente et l'aire

Poutre de 6 m, charge répartie de 2 kN/m et charge ponctuelle F. Déplace le point x : sur T, l'aire hachurée de 0 à x ; sur Mf, la tangente en x. Compare les nombres.

🎓 Niveau 2 : maîtriser la démonstration sur une tranche

Isole une tranche de poutre entre x et x + dx, qui porte la charge répartie py·dx (py : composante selon y de la charge par mètre ; py = −p pour une charge p vers le bas). Elle reçoit, à droite, l'action de la matière de droite, {τ}coh(x + dx), et, à gauche, l'action de la matière de gauche, −{τ}coh(x). Son équilibre donne :

dTydx = −py     dMfzdx = −Ty     dNdx = −px

d/dx : la dérivée, c'est-à-dire la pente de la courbe ; convention du polycopié

Conséquences pratiques : 1. Pas de charge répartie : T constant, Mf linéaire. 2. Charge répartie uniforme : T linéaire, Mf parabolique. 3. Mf est extrémal là où T s'annule ou change de signe. 4. En intégrant : Mf(x2) − Mf(x1) = −∫ T dx, moins l'aire de T entre x1 et x2 (∫ : le symbole d'intégrale, qui calcule une aire).

Les couples concentrés. Un couple C (sens trigonométrique) appliqué en x0 ne change pas T, mais fait sauter le moment : ΔMfz = −C. C'est le seul cas où Mf a une marche (voir le défi).

💡 Et avec d'autres conventions ? Si l'on prend l'action de la gauche sur la droite, N, T et Mf changent tous de signe : la relation dMf/dx = −T garde alors la même forme. En revanche, certaines combinaisons de conventions (en génie civil, par exemple, on compte positif le moment qui tend les fibres du bas et l'effort tranchant qui fait tourner la tranche dans le sens horaire) conduisent à dM/dx = +V, où V désigne l'effort tranchant. Ce qui ne change jamais : les extremums de Mf sont là où T s'annule ou change de signe, ou aux extrémités de la poutre.
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Le diagrammeur et les cas types

Tous les chargements, et le formulaire à connaître

🧰Image à retenirLa boîte à outils : quatre cas types et le principe de superposition suffisent presque toujours
👁 Niveau 1 : voir quatre cas à connaître par cœur
Cas|T|max|Mf|maxOù
Deux appuis, charge F au milieuF/2FL/4sous la charge
Deux appuis, charge p sur toute la portéepL/2pL²/8au milieu
Console, charge F en boutFFLà l'encastrement
Console, charge p sur toute la longueurpLpL²/2à l'encastrement

Le principe de superposition : en élasticité linéaire, les diagrammes de plusieurs charges s'additionnent. Une poutre avec une charge répartie et une charge ponctuelle a pour diagrammes la somme des deux cas types. Attention : on additionne les diagrammes point par point ; les maxima ne s'additionnent que s'ils sont au même endroit.

Manipulation 5 : le diagrammeur

Choisis les appuis et combine les charges (mets 0 pour en retirer une). Les trois diagrammes, les réactions et la section la plus sollicitée se calculent en direct. Les boutons chargent les cas types et les exercices.

🎓 Niveau 2 : maîtriser la méthode d'examen et les vérifications

La méthode en cinq étapes : 1. Réactions d'appui (cours 6). 2. Découpage en tronçons (appuis, charges, débuts et fins de charges réparties, couples). 3. Sur chaque tronçon, N(x), T(x), Mf(x), en gardant le côté le plus simple. 4. Valeurs aux bornes des tronçons, et extremum de Mf là où T s'annule. 5. Tracé, avec les valeurs remarquables écrites sur le dessin.

Les cinq vérifications qui attrapent presque toutes les erreurs : T revient à 0 après le dernier appui ; chaque saut de T est égal à la charge ponctuelle correspondante ; Mf est nul aux extrémités libres et aux appuis d'extrémité (sauf couple appliqué) ; les extremums de Mf sont là où T change de signe, ou à un encastrement ; la pente de T sous une charge répartie vaut p.

🔥 Où placer (ou ne pas placer) une soudure

Sur une poutre sur deux appuis chargée uniformément, le moment est maximal au milieu et nul aux appuis, tandis que l'effort tranchant fait l'inverse. Un raboutage soudé au milieu doit donc passer toute la flexion ; une attache soudée près d'un appui travaille surtout au cisaillement. Pour une console, tout se concentre à l'encastrement : la soudure d'attache y reçoit à la fois le moment maximal et l'effort tranchant maximal.

✎

Exercices corrigés

Du cas type au diagramme à reconstruire

🏋️Image à retenirLa salle de muscu : on ne progresse qu'en soulevant soi-même
👁 Mode d'emploi de tête, puis la fiche, puis le cours

Pour chaque exercice : réactions, tronçons, expressions, valeurs remarquables, tracé. Convention du polycopié : Ty = −ΣFy(gauche), Mfz = −ΣMG(gauche). Le diagrammeur (manipulation 5) te permet de vérifier chaque tracé.

Exercice 1 : la charge au milieu N1 · chapitres 1 et 2

Poutre de 6 m sur deux appuis, charge de 12 kN vers le bas au milieu.

a) Calcule les réactions.
b) Donne Ty et Mfz sur chaque tronçon.
c) Trace les diagrammes et donne le moment maximal.

Voir la correction

a) Symétrie : YA = YB = 6 kN.

b) Pour 0 < x < 3 : Ty = −6 kN, Mfz = 6x. Pour 3 < x < 6 : Ty = −6 + 12 = +6 kN, Mfz = 6x − 12(x − 3) = 36 − 6x.

c) T : une marche à −6, un saut de +12 sous la charge, une marche à +6. Mf : un triangle, de 0 à Mfmax = 6 × 3 = 18 kN·m au milieu, puis retour à 0. On retrouve FL/4 = 12 × 6/4 = 18 kN·m ✅.

Exercice 2 : la console N1 · chapitres 1 et 5

Console de 3 m encastrée à gauche, charge de 4 kN vers le bas à son extrémité.

a) Calcule les réactions.
b) Écris Ty(x) et Mfz(x) en gardant la partie droite.
c) Où est la section la plus sollicitée ?

Voir la correction

a) YA = 4 kN, MA = 4 × 3 = 12 kN·m.

b) Partie droite : seulement la charge, à la distance 3 − x. Ty = +ΣFy(droite) = −4 kN (constant) ; Mfz = +ΣMG(droite) = (3 − x) × (−4) = −4(3 − x).

c) À l'encastrement : |Mf|max = 12 kN·m = FL. Mf est négatif : ce sont les fibres du haut qui sont tendues, comme toujours pour une console chargée vers le bas.

Exercice 3 : deux charges ponctuelles N2 · chapitre 2

Poutre de 5 m sur deux appuis ; F1 = 10 kN à 1 m de A et F2 = 20 kN à 3 m de A, vers le bas.

a) Calcule les réactions.
b) Donne Ty sur les trois tronçons.
c) Calcule Mfz sous chaque charge et trouve le maximum.

Voir la correction

a) Moments en A : 5YB = 10 × 1 + 20 × 3 = 70, donc YB = 14 kN et YA = 30 − 14 = 16 kN.

b) 0 < x < 1 : −16 kN ; 1 < x < 3 : −16 + 10 = −6 kN ; 3 < x < 5 : −6 + 20 = +14 kN (= YB ✅).

c) Mf(1) = 16 × 1 = 16 kN·m ; Mf(3) = 16 × 3 − 10 × 2 = 28 kN·m (par la droite : 14 × 2 = 28 ✅). Le maximum est en x = 3 m, là où T change de signe (de −6 à +14) : Mfmax = 28 kN·m.

Exercice 4 : charge répartie, puis superposition N2 · chapitres 3 et 5

Poutre de 6 m sur deux appuis, charge répartie p = 2 kN/m sur toute la longueur.

a) Écris Ty(x) et Mfz(x) ; donne le moment maximal.
b) On ajoute une charge de 6 kN au milieu : nouveau moment maximal et nouvel effort tranchant aux appuis, par superposition.

Voir la correction

a) YA = YB = 6 kN. Ty(x) = 2x − 6 ; Mfz(x) = 6x − x². T s'annule en x = 3 m : Mfmax = 18 − 9 = 9 kN·m = pL²/8 ✅.

b) La charge ponctuelle seule donne FL/4 = 6 × 6/4 = 9 kN·m au milieu, et ±3 kN d'effort tranchant. Les deux maxima sont au même endroit : Mfmax = 9 + 9 = 18 kN·m. Aux appuis : |T| = 6 + 3 = 9 kN.

Exercice 5 : la console sous charge répartie N1 · chapitres 3 et 5

Console de 2 m encastrée à gauche, charge répartie p = 3 kN/m sur toute sa longueur.

a) Calcule les réactions.
b) Écris Ty(x) et Mfz(x) par la droite.
c) Donne les valeurs à l'encastrement et au milieu.

Voir la correction

a) Charge totale 6 kN à 1 m : YA = 6 kN, MA = 6 × 1 = 6 kN·m.

b) Partie droite : charge 3(2 − x) vers le bas, appliquée à (2 − x)/2 de la coupe. Ty = −3(2 − x) ; Mfz = −3(2 − x)²/2.

c) Encastrement (x = 0) : T = −6 kN, Mf = −6 kN·m = pL²/2 ✅. Milieu (x = 1) : T = −3 kN, Mf = −1,5 kN·m : quatre fois moins qu'à l'encastrement, car Mf varie comme le carré de la distance au bout.

Exercice 6 : retrouver le chargement N2 · chapitre 4

Poutre de 6 m sur deux appuis. Son diagramme de Ty vaut −8 kN de 0 à 2 m, puis +4 kN de 2 à 6 m.

a) Quel est le chargement ? Quelles sont les réactions ?
b) Calcule Mfz en x = 2 m par l'aire de T, puis vérifie par la droite.

Voir la correction

a) T est constant par morceaux : pas de charge répartie. Il saute de −8 à +4 en x = 2 m : une charge ponctuelle de 12 kN vers le bas à 2 m. T = −YA au départ, donc YA = 8 kN ; T = +YB à la fin, donc YB = 4 kN (et 8 + 4 = 12 ✅).

b) Mf(2) = −(aire de T entre 0 et 2) = −(−8 × 2) = 16 kN·m. Par la droite : YB à 4 m de la coupe, Mf = 4 × 4 = 16 kN·m ✅.

Défi : le couple concentré N2 · chapitre 4

Poutre de 4 m sur deux appuis, sans aucune force : seulement un couple C = 8 kN·m (sens trigonométrique) appliqué au milieu. Trace T et Mf.

Voir la correction

Moments en A : 4YB + 8 = 0, donc YB = −2 kN (vers le bas) et YA = +2 kN. Ty = −YA = −2 kN partout : aucune force entre les appuis. Mf : pour x < 2, Mf = 2x, qui monte à +4 kN·m ; au passage du couple, saut de −C = −8 : −4 kN·m ; puis Mf = 2x − 8, qui revient à 0 en B. Un diagramme en « dents de scie » : un couple fait sauter Mf, jamais T.

?

Quiz : 12 questions éclair

Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste

🎯Image à retenirLa cible : vise 10/12 avant le cours 8
Score : 0 / 12
★

Fiche mémoire du cours 7

Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête

📸Image à retenirLe musée, aile des poutres, salle 2
🎞️

Le principe

coupe qui glisse → N(x), T(x), Mf(x)

Un tronçon entre deux « événements » : appui, charge, début ou fin de charge répartie, couple.

🪜

Charges ponctuelles

ΔT = F   Mf linéaire

T en marches, Mf en segments avec un point anguleux sous chaque charge.

❄️

Charge répartie

T droite, Mf parabole

Pour les réactions : p·ℓ au milieu de la zone. Pour la coupe : seulement la charge du morceau isolé.

🏔️

La pente

dMf/dx = −T

Mf extrémal là où T s'annule ou change de signe (ou à l'encastrement d'une console). Et dT/dx = p sous une charge p vers le bas.

🧮

L'aire

ΔMf = −aire(T)

La variation de Mf entre deux points est moins l'aire de T entre ces points.

🌉

Deux appuis

FL/4  ·  pL²/8

Au milieu. Effort tranchant maximal aux appuis : F/2 ou pL/2.

🪝

Console

FL  ·  pL²/2

À l'encastrement, fibres du haut tendues (Mf < 0). |T|max = F ou pL.

🔄

Le couple

ΔMf = −C

Un couple concentré fait sauter Mf, pas T. Aux appuis d'extrémité sans couple, Mf = 0.

➕

Superposition

diagrammes qui s'additionnent

Point par point. Les maxima ne s'additionnent que s'ils sont au même endroit.

🏛 Le musée, aile des poutres, salle 2 (2 minutes, les yeux fermés) : on projette un film 🎞️ sur le mur ; devant l'écran, un escabeau 🪜 couvert de neige ❄️ ; au-dessus, une montagne 🏔️ dessinée au boulier 🧮 ; par la fenêtre, un pont 🌉 sur deux piles, auquel pend un crochet 🪝 accroché en console ; le crochet tourne sur lui-même 🔄 et s'ajoute à un grand signe plus ➕ gravé sur le sol.
A–Z

Glossaire

Les mots et symboles de ce cours

📖Image à retenirLe dictionnaire : un mot flou, un clic

Les termes du cours 6 (torseur, liaisons, sollicitations) sont dans son glossaire.

Aire (sous un diagramme)
Surface comprise entre la courbe et l'axe, comptée négativement sous l'axe ; l'aire de T donne la variation de Mf (au signe près).
Charge ponctuelle F
Force appliquée en un point, en kN.
Charge répartie p
Charge étalée sur une longueur, en kN/m ; sur une longueur ℓ, sa résultante vaut p·ℓ, appliquée au milieu de la zone.
Couple concentré C
Moment appliqué en un point, en kN·m ; il fait sauter Mf de −C (convention du polycopié).
d/dx (dérivée)
Pente d'une courbe : de combien elle monte par mètre parcouru.
Diagramme de sollicitations
Graphe de N(x), T(x) ou Mf(x) le long de la poutre.
∫ (intégrale)
Symbole qui calcule l'aire sous une courbe entre deux bornes.
kN, kN/m, kN·m
Kilonewton (1 000 N), kilonewton par mètre (charge répartie), kilonewton-mètre (moment).
px, py
Composantes de la charge répartie selon x et y ; py = −p pour une charge p vers le bas.
Point anguleux
Point où une courbe change brusquement de pente ; Mf en a un sous chaque charge ponctuelle.
Saut (discontinuité)
Changement brusque de valeur d'un diagramme : T saute sous une force ponctuelle, Mf sous un couple.
Section la plus sollicitée (section dangereuse)
Section où la sollicitation (souvent |Mf|) est maximale ; c'est là qu'on vérifie la poutre.
Superposition
Principe de l'élasticité linéaire : les effets (et les diagrammes) de plusieurs charges s'additionnent.
Tronçon
Portion de poutre entre deux « événements » (appui, charge, début ou fin de charge répartie, couple), sur laquelle une seule expression décrit N, T et Mf.

Check-list : suis-je prêt pour le cours 8 ?

Coche seulement ce que tu sais faire de tête. Tes coches restent enregistrées dans ce navigateur.

🔭 Au prochain épisode, cours 8 : les caractéristiques des sections. Les diagrammes donnent Mf ; pour en déduire la contrainte, il faut connaître la forme de la section. Moment statique, centre de gravité, moment quadratique IGz (et la différence avec le moment polaire IG), théorème de Huygens, sections composées, axes principaux : pourquoi une planche posée sur chant est tellement plus rigide qu'à plat.