Avant de commencer
Le cours 1 en trois cases
| Chapitre du cours | Ce qu'il apporte à l'IWE |
|---|---|
| 1 Rôles et basicité du flux | fonctions du flux, constituants, indice de basicité, types normalisés |
| 2 Fondu, aggloméré ou mixte | modes de fabrication et leurs conséquences sur l'emploi |
| 3 Le grain et la couche | granulométrie et choix selon l'intensité et l'état des tôles |
| 4 Humidité, étuvage, stockage, recyclage | hydrogène, conservation, circuit du flux et ses équipements |
| 5 Les fils et les désignations | nuances, diamètres, conditionnements ; ISO 14174 et ISO 14171 |
| 6 Le métal déposé | comportement métallurgique du flux, dilution, composition et propriétés |
- ISO 14174 (édition 2019) : classification des flux pour le soudage à l'arc sous flux et le soudage sous laitier. Elle remplace l'ancienne norme européenne EN 760.
- ISO 14171 : fils pleins, fils fourrés et couples fil-flux pour le soudage sous flux des aciers non alliés et à grains fins (limite d'élasticité jusqu'à 500 MPa). Elle remplace l'ancienne EN 756.
- Normes voisines pour d'autres aciers : ISO 26304 (aciers à haute résistance), ISO 24598 (aciers résistant au fluage), ISO 14343 (aciers inoxydables), ISO 18274 (nickel et alliages de nickel).
- ISO 3690 : mesure de l'hydrogène diffusible dans le métal fondu ; ISO 544 : conditions techniques de livraison des produits d'apport et des flux.
- AWS A5.17 et A5.23 : classifications américaines des couples fil-flux, souvent portées en parallèle sur les fiches.
- BI : indice de basicité (basicity index) ; HR : humidité relative de l'air ; HD : hydrogène diffusible, en ml pour 100 g de métal déposé.
La ténacité d'un cordon sous flux à −40 °C, sa résistance, sa teneur en hydrogène dépendent autant du flux que du fil. Le coordinateur choisit le couple sur sa désignation, vérifie qu'il est qualifié avec le mode opératoire, organise le stockage, l'étuvage et le recyclage de la poudre, et sait prévoir ce qu'une tôle fortement diluée ou un flux trop actif feront à la composition du cordon.
La série en quatre cours
Le plan du cours
- 1Rôles et basicité du flux
Chaque minéral a son rôle ; la balance des bases et des acides donne l'indice de basicité.
- 2Fondu, aggloméré ou mixte
Du verre pilé ou des granulés cuits : deux fabrications, deux comportements.
- 3Le grain et la couche
Fin pour les fortes intensités, plus gros pour les tôles rouillées.
- 4Humidité, étuvage, stockage, recyclage
La poudre boit l'eau de l'air ; le circuit du flux la garde sèche et propre.
- 5Les fils et les désignations
S1 à S4, ISO 14174, ISO 14171 : lire et écrire l'étiquette d'un couple.
- 6Le métal déposé
Le cocktail du cordon : fil, flux et tôle diluée.
Rôles et basicité du flux
Chaque minéral a son rôle ; la balance des bases et des acides donne l'indice de basicité
Le flux est une poudre minérale, un peu comme le sable et la chaux d'un mortier. Une fois fondu, il travaille sur cinq fronts :
- 1Protéger
Le flux fondu et ses vapeurs chassent l'air : ni oxygène ni azote dans le bain.
- 2Ioniser
Des composés faciles à ioniser (de sodium, de potassium, de calcium) rendent l'arc stable et aident le rallumage en courant alternatif.
- 3Façonner
Le laitier liquide recouvre le bain, le lisse et le retient ; il ralentit aussi le refroidissement du cordon.
- 4Épurer
Il capte l'oxygène dissous dans le métal (désoxydation) et une partie du soufre.
- 5Allier
Il peut donner au bain du manganèse et du silicium, ou en retirer : c'est son comportement métallurgique (chapitre 6).
Ses ingrédients se rangent en deux camps. Les bases (chaux CaO, magnésie MgO, fluorure de calcium CaF2) captent l'oxygène et donnent un métal propre et tenace. Les acides (silice SiO2, oxyde de titane TiO2) donnent un laitier fluide, un beau cordon et de grandes vitesses, mais laissent plus d'oxygène dans le métal. L'alumine Al2O3 et l'oxyde de manganèse MnO comptent à moitié. Pèse les deux plateaux : c'est l'indice de basicité.
Manipulation 1 : le laboratoire du flux
Choisis un flux type ou règle sa composition en % de masse. La balance pèse les constituants basiques (gauche) et acides (droite) ; la jauge place l'indice de basicité BI dans les classes d'un catalogue de fabricant ; la lecture donne l'oxygène attendu dans le métal et les types de l'ISO 14174 dont la composition remplit les critères. Le bouton ▶ verse les ingrédients un à un. Flux types pédagogiques, inspirés de fiches de fabricants.
L'indice de basicité de Boniszewski
L'indice le plus employé pour les flux de soudage sous flux rapporte les oxydes basiques aux oxydes acides, en pourcentages de masse ; les oxydes « intermédiaires » comptent pour moitié :
BaO, Na2O, K2O, FeO, ZrO2 : oxydes de baryum, de sodium, de potassium, de fer et de zirconium
| BI | Classe (catalogue de fabricant) | Oxygène dans le métal fondu | Comportement |
|---|---|---|---|
| ≤ 0,9 | acide | ≥ 700 ppm | laitier fluide, très beau cordon, grande vitesse, tolère la rouille ; ténacité modeste |
| 0,9 à 1,2 | neutre | 500 à 700 ppm | bon compromis pour les emplois courants |
| 1,2 à 2,0 | semi-basique, basique | 300 à 500 ppm | bonne ténacité jusqu'à −40 °C et en dessous, multi-fil, faible hydrogène |
| ≥ 2,0 | très basique | ≤ 300 ppm | ténacité à très basse température ; capacité en courant plus faible, décrassage plus délicat |
ppm signifie « partie par million » : 700 ppm d'oxygène, c'est 0,07 % en masse. Exemple, le flux B : BI = (25 + 12 + ½ × 8)/(25 + ½ × (22 + 5)) = 41/38,5 = 1,06, un flux neutre. D'autres fabricants découpent autrement (faible sous 1,5, moyenne de 1,5 à 2,5, forte au-delà) : c'est une autre notation courante, et l'indice ne figure pas dans la désignation normalisée.
Les types de l'ISO 14174
La norme désigne le type de flux par ses constituants caractéristiques, en % de masse. Quelques types, avec leurs critères :
| Symbole | Nom | Critères (% de masse) |
|---|---|---|
| MS | manganèse-silicate | MnO + SiO2 ≥ 50 ; CaO ≤ 15 |
| CS | calcium-silicate | CaO + MgO + SiO2 ≥ 55 ; CaO + MgO ≥ 15 |
| AR | aluminate-rutile | Al2O3 + TiO2 ≥ 40 |
| AB | aluminate-basique | Al2O3 + CaO + MgO ≥ 40 ; Al2O3 ≥ 20 ; CaF2 ≤ 22 |
| AF | aluminate-fluorure-basique | Al2O3 + CaF2 ≥ 70 |
| FB | fluorure-basique | CaO + MgO + CaF2 + MnO ≥ 50 ; SiO2 ≤ 20 ; CaF2 ≥ 15 |
La norme compte d'autres types (ZS zirconium-silicate, RS rutile-silicate, AS aluminate-silicate, BA, AAS, GS, CG, CB…) et le symbole Z pour une composition non listée.
Les réactions laitier-métal et gaz-métal
Dans la cavité d'arc et sous le laitier, le métal liquide échange des éléments avec le flux fondu. L'échange le plus important oppose le silicium et le manganèse :
entre parenthèses : dans le laitier ; entre crochets : dissous dans le métal. Un laitier riche en SiO2 pousse la réaction vers la droite : le métal gagne du silicium et perd du manganèse ; un laitier riche en MnO fait l'inverse
Côté gaz, l'eau du flux humide se décompose dans l'arc et charge le bain en hydrogène ; le fluorure de calcium en fixe une partie sous forme de fluorure d'hydrogène gazeux (HF), ce qui explique le faible hydrogène des flux fluorés. Une couche de flux trop mince laisse entrer l'azote de l'air (porosités).
Une fiche de flux donne sa désignation ISO 14174, son type, ses constituants caractéristiques, son indice de basicité, son comportement métallurgique (manganèse et silicium apportés), sa consommation en kg de flux par kg de fil selon la tension, les conditions d'étuvage, et la liste des fils avec lesquels il a été classé et agréé.
Fondu, aggloméré ou mixte
Du verre pilé ou des granulés cuits : deux fabrications, deux comportements
Le flux fondu se fabrique comme un sucre d'orge : on fond tous les minéraux ensemble dans un four électrique, au-delà de 1 250 °C, on coule le liquide sur des blocs froids, puis on concasse le verre obtenu et on le tamise. Chaque grain est un petit éclat de verre, dur, homogène, qui ne boit presque pas l'eau.
Le flux aggloméré se fabrique comme un granola : on broie finement les minéraux, on ajoute des poudres métalliques (ferro-alliages, désoxydants), on colle le tout avec un liant au silicate de sodium ou de potassium, on forme des granulés, puis on les cuit et on les tamise. Chaque grain est un petit assemblage de miettes, plus poreux.
Le flux mixte est un mélange, après fabrication, de plusieurs flux ou d'un flux et d'autres composants.
D'où la grande différence : un flux fondu ne peut pas contenir de métal désoxydant ni d'élément d'alliage (ils brûleraient dans le four) ; un flux aggloméré, si. En revanche, l'aggloméré reprend l'humidité de l'air.
Manipulation 2 : l'usine à flux
Choisis une fabrication : le schéma montre ses étapes et la lecture ses conséquences. Choisis ensuite un besoin d'atelier : le message dit si le flux choisi convient. Le bouton ▶ fait passer la matière dans l'usine.
| Fondu (F) | Aggloméré (A) | |
|---|---|---|
| Fabrication | fusion au four électrique au-delà de 1 250 °C, coulée sur blocs froids, concassage, tamisage | broyage fin, ajout de ferro-alliages, liant silicaté, granulation, cuisson, tamisage |
| Grain | éclat vitreux ou cristallin, anguleux, homogène | granulé hétérogène, mais tous les grains semblables entre eux |
| Désoxydants, éléments d'alliage | non : activité métallurgique très constante | oui : désoxydation, apport d'alliage, flux de rechargement |
| Humidité | non hygroscopique : étuvage rarement nécessaire | reprend l'eau de l'air : stockage soigné, étuvage pour le bas hydrogène |
| Conservation (exemple de fabricant, magasin sec) | jusqu'à 5 ans | jusqu'à 1 an |
| Recyclage | grains durs, résistent bien | grains plus fragiles : fines à surveiller |
Le symbole du mode de fabrication est la deuxième lettre de la désignation ISO 14174 : S F pour un flux fondu, S A pour un aggloméré, S M pour un mixte (le S initial désigne le soudage sous flux, ES le soudage sous laitier).
Dans les catalogues actuels de flux pour aciers de construction, les agglomérés dominent, souvent du type aluminate-basique ou fluorure-basique, livrés en sacs étanches. Les flux fondus gardent leurs emplois où l'on veut des transferts d'éléments très constants et une poudre insensible à l'humidité.
Le grain et la couche
Fin pour les fortes intensités, plus gros pour les tôles rouillées
Un tas de gros grains laisse passer l'air et les gaz ; un tas de grains fins forme une couverture serrée. Le grain du flux joue sur :
- la protection : un grain fin couvre mieux l'arc et évite qu'il ne perce la poudre aux fortes intensités et aux grandes vitesses ;
- le dégazage : un grain plus gros laisse s'échapper les gaz d'une tôle rouillée ou calaminée ;
- la forme du cordon et la stabilité de l'arc ;
- le transport et le recyclage : les fines font de la poussière, bouchent les conduits et sont perdues.
Règle générale : plus l'intensité est forte, plus le grain doit être fin. Les grains entre 0,5 et 1,6 mm font l'essentiel du travail ; ils doivent représenter plus de 70 % de la poudre.
Manipulation 3 : le sablier
Choisis une granulométrie : l'histogramme montre la part de chaque classe de grains (tamis en mm). Règle l'intensité I et la hauteur de couche hf, et indique si la tôle est rouillée. Le message applique les règles des fabricants (grains de 0,5 à 1,6 mm au-delà de 70 %, fines sous 0,2 mm limitées à 5 %) et des seuils pédagogiques pour l'intensité et la couche. Le bouton ▶ fait passer la poudre au recyclage plusieurs fois, sans flux neuf.
La granulométrie se marque par deux nombres : les dimensions extrêmes des grains, en dixièmes de millimètre. 2–20 signifie des grains de 0,2 à 2,0 mm ; 2–16, de 0,2 à 1,6 mm. Les fiches américaines donnent l'équivalent en tamis Tyler (mailles par pouce), par exemple 8 × 65 ou 10 × 65 : plus le nombre est grand, plus la maille est fine. Ces deux nombres ne disent pas si la poudre est surtout grosse ou surtout fine : la répartition se mesure en pesant ce qui reste sur chaque tamis.
| Situation | Grain | Pourquoi |
|---|---|---|
| fortes intensités, grande vitesse, tandem | plus fin | couverture dense, l'arc ne perce pas, cordon régulier |
| tôles rouillées, calaminées, peintes | plus gros | les gaz s'échappent à travers la couche : moins de porosités |
| recyclage par aspiration et air comprimé | sans trop de fines | moins de poussière, alimentation régulière |
La couche de flux doit juste couvrir l'arc : une lueur à peine visible là où le fil entre dans la poudre. Trop mince, l'arc éclaire et protège mal (porosités, surface rugueuse) ; trop épaisse, le poids de la poudre gêne la sortie des gaz et marque le cordon de petits cratères (en anglais pock marks), et déforme le cordon. Repère courant : 25 à 50 mm, à ajuster à l'intensité.
Des bords irréguliers et un arc qui crépite à forte intensité signalent souvent un grain trop gros ; de petits cratères en surface, une couche trop épaisse ou une poudre humide ; une surface rugueuse et des éclairs visibles, une couche trop mince. Avant de toucher aux paramètres électriques, l'opérateur regarde la poudre.
Humidité, étuvage, stockage, recyclage
La poudre boit l'eau de l'air ; le circuit du flux la garde sèche et propre
Un flux aggloméré se comporte comme une éponge sèche posée dans une pièce humide : il reprend peu à peu l'eau de l'air. Dans l'arc, cette eau se décompose et charge le bain en hydrogène. Résultat : des porosités si l'hydrogène ne peut pas sortir, et surtout un risque de fissuration à froid différée sur les aciers trempants et les fortes épaisseurs.
Pour garder la poudre sèche et propre, l'atelier organise un véritable circuit du flux :
- 1Le magasin
Sacs fermés, au sec et à température stable ; premier entré, premier sorti.
- 2L'étuve
Pour les exigences de bas hydrogène, la poudre est séchée en couche mince, puis gardée chaude.
- 3La trémie chauffée
Elle alimente la tête en poudre maintenue autour de 150 °C.
- 4L'aspiration
Derrière la tête, la poudre non fondue est aspirée.
- 5Le nettoyage
Tamis contre le laitier et les morceaux, aimant contre les écailles et les bouts de fil, dépoussiéreur contre les fines.
- 6Le retour, avec du flux neuf
La poudre récupérée retourne à la trémie, mélangée à du flux neuf qui compense ce qui a fondu.
Manipulation 4 : le circuit du flux
Active ou retire chaque bonne pratique du circuit, choisis le type de flux, l'humidité relative de l'atelier HR, la durée pendant laquelle la poudre reste à l'air t et la part de flux neuf ajoutée au recyclage. La lecture estime l'humidité de la poudre, l'hydrogène diffusible HD et la part de fines. Modèle pédagogique : il montre les tendances, pas des valeurs garanties. Le bouton ▶ fait circuler la poudre.
L'hydrogène et sa mesure
L'hydrogène diffusible se mesure selon l'ISO 3690, en ml pour 100 g de métal déposé. L'ISO 14174 en fait un symbole de la désignation des flux de classe 1 : H2, H4, H5, H10 (au plus 2, 4, 5 ou 10 ml/100 g). Quand un fabricant annonce ce symbole, il doit indiquer le type de courant et les conditions d'étuvage qui permettent de l'obtenir. Le lien avec la fissuration à froid, le préchauffage et la vitesse de refroidissement est traité dans la série Métallurgie du wiki et dans le sujet 2.6 « Fissuration ».
| Étape | Recommandations de fabricants |
|---|---|
| Stockage des sacs fermés | local couvert et sec, 25 ± 10 °C, humidité relative la plus basse possible et au plus 70 % ; aggloméré : jusqu'à 1 an ; fondu : jusqu'à 5 ans ; sacs étanches en aluminium pour les longues durées |
| Étuvage d'un aggloméré peu à semi-basique | 200 ± 50 °C (température réelle de la poudre), au plus 10 h |
| Étuvage d'un aggloméré très basique (BI ≈ 3), bas hydrogène | 300 à 350 °C pendant 2 à 4 h, couche de poudre de moins de 50 mm dans l'étuve |
| Flux fondu humide | non hygroscopique ; s'il a été mouillé, environ 100 °C pendant 1 h |
| Maintien | trémie ou étuve de maintien à 150 ± 25 °C pour la poudre étuvée ou les sacs entamés |
| Recyclage | au moins une part de flux neuf pour trois parts récupérées ; fines de moins de 0,2 mm limitées à 5 % ; air comprimé propre et sec ; tamis et séparation magnétique ; pour les exigences sévères, vidange complète du circuit toutes les deux semaines |
Pourquoi « une part neuve pour trois récupérées » ? Si la tête dépose environ 4 kg de poudre par kg de fil et qu'1 kg de flux fond, il faut remettre 1 kg de flux neuf pour 3 kg récupérés : le circuit garde ainsi la granulométrie et la composition d'origine.
Chaque sac porte un numéro de lot. Pour les ouvrages exigeants, l'atelier note le lot, les dates d'ouverture et d'étuvage, et ne mélange pas dans une même trémie deux flux différents ni deux granulométries. Une poudre restée à l'air sans traçabilité se ré-étuve ou se met au rebut.
Les fils et les désignations
S1 à S4, ISO 14174, ISO 14171 : lire et écrire l'étiquette d'un couple
Les fils pour aciers non alliés et à grains fins se distinguent surtout par leur teneur en manganèse, puis par leurs ajouts de silicium, de molybdène ou de nickel :
| Symbole | Teneur typique (analyse d'un fabricant) | Emplois |
|---|---|---|
| S1 | Mn ≈ 0,44 % | avec des flux actifs qui apportent du manganèse ; exigences modestes |
| S2 | Mn ≈ 1,07 % | le fil le plus courant, avec des flux neutres |
| S3, S4 | Mn ≈ 1,61 % ; 1,9 % | plus de résistance et de ténacité, avec des flux basiques |
| S2Si, S3Si | Si ≈ 0,26 % ; 0,33 % | meilleure désoxydation, mouillage, ténacité |
| S2Mo, S2Ni1… | Mo ≈ 0,5 % ; Ni ≈ 1 % | aciers à grains fins plus résistants, basses températures |
Le fil est généralement cuivré : la fine couche de cuivre le protège de la rouille et améliore le contact électrique dans le tube contact. Il se vend en diamètres de 2,0 à 6,0 mm pour l'essentiel (2,0 ; 2,4 ; 3,0 ; 3,2 ; 4,0 ; 5,0 ; 6,0 mm, parfois 1,6 mm), en bobines de 25 à 100 kg, en fûts de plusieurs centaines de kilogrammes ou en couronnes de plus de 700 kg pour les grandes séries.
Une désignation est une phrase codée : chaque case répond à une question. « S » : soudage sous flux ; puis la résistance, la température de la résilience, le type de flux, le fil, l'hydrogène.
Manipulation 5 : le constructeur de désignations
Compose la désignation d'un flux (ISO 14174) et d'un couple fil-flux (ISO 14171, système A), case par case. Indique ensuite l'exigence du cahier des charges : limite d'élasticité minimale Re et température à laquelle 47 J sont exigés. Le schéma explique chaque case et le message dit si le couple répond à l'exigence. Le bouton ▶ lit la désignation case par case.
La désignation d'un flux (ISO 14174)
S : soudage sous flux (ES : soudage sous laitier) · A : aggloméré · AB : aluminate-basique · 1 : classe d'emploi · 67 : comportement métallurgique, Si puis Mn · AC : convient au courant alternatif (et donc au continu) · H5 : au plus 5 ml d'hydrogène pour 100 g
Les quatre premières cases sont obligatoires (procédé, fabrication, type, classe) ; les trois dernières sont facultatives. Les classes d'emploi : 1 pour les aciers non alliés, à grains fins, à haute résistance, résistant au fluage ou patinables ; 2 pour l'assemblage des aciers inoxydables et du nickel, 2B pour le rechargement par feuillard ; 3 pour le rechargement dur avec apport d'éléments par le flux ; 4 pour les autres (alliages de cuivre par exemple).
| Chiffre | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Apport du flux (% de masse) | perte > 0,7 | perte 0,5–0,7 | perte 0,3–0,5 | perte 0,1–0,3 | neutre 0–0,1 | gain 0,1–0,3 | gain 0,3–0,5 | gain 0,5–0,7 | gain > 0,7 |
Le comportement se mesure avec un fil S2 de 4 mm, sur un dépôt de 8 couches soudé à 580 A, 29 V et 550 mm/min en courant continu, fil au pôle positif. Pour le silicium, les chiffres 1 à 4 ne sont pas utilisés. « 67 » se lit donc : le flux ajoute 0,1 à 0,3 % de silicium et 0,3 à 0,5 % de manganèse.
La désignation d'un couple fil-flux (ISO 14171, système A)
S : soudage sous flux · 46 : résistance du métal fondu · 3 : 47 J à −30 °C · AB : type de flux · S2 : fil · H5 : hydrogène
| Symbole (multipasse) | 35 | 38 | 42 | 46 | 50 |
|---|---|---|---|---|---|
| Re mini (MPa) | 355 | 380 | 420 | 460 | 500 |
| Rm (MPa) | 440–570 | 470–600 | 500–640 | 530–680 | 560–720 |
| A mini (%) | 22 | 20 | 20 | 20 | 18 |
| Symbole (deux passes) | 2T | 3T | 4T | 5T |
|---|---|---|---|---|
| Re mini de la tôle (MPa) | 275 | 355 | 420 | 500 |
| Rm mini du joint (MPa) | 370 | 470 | 520 | 600 |
| Symbole de résilience | Z | A | 0 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 … 10 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 47 J à (°C) | aucune exigence | +20 | 0 | −20 | −30 | −40 | −50 | −60 | −70 … −100 |
Re est la limite d'élasticité, Rm la résistance à la traction, A l'allongement à la rupture ; la résilience est l'énergie absorbée par une éprouvette Charpy entaillée. En deux passes (une de chaque côté, pénétrations croisées), la classification porte sur le joint soudé et la tôle d'essai : « 3T » veut dire que le couple convient à une tôle d'au moins 355 MPa de limite d'élasticité et donne un joint d'au moins 470 MPa de résistance.
Autres notations courantes : l'ancienne EN 760 écrivait le flux « SA AB 1 67 AC H5 » ; le système B de l'ISO 14171 et l'AWS A5.17 désignent un couple par sa résistance à la traction et une résilience de 27 J, par exemple F7A4-EM12K : flux (F) donnant au moins 70 ksi (environ 480 MPa) de résistance, à l'état brut de soudage (A), 27 J à −40 °F (4), avec un fil (E) moyennement allié au manganèse (M), à environ 0,12 % de carbone (12), calmé au silicium (K).
La classification se fait sur un métal fondu sans dilution (multipasse) ou sur une tôle d'essai définie (deux passes). Dans un joint réel, la dilution, l'énergie et l'épaisseur changent les propriétés : c'est la qualification du mode opératoire qui les prouve, pas l'étiquette.
Le métal déposé
Le cocktail du cordon : fil, flux et tôle diluée
Le cordon est un cocktail. Le fil y verse son métal ; le flux y ajoute (ou y retire) un peu de manganèse et de silicium ; et la tôle, qui fond sous l'arc puissant, y verse sa propre composition. La part de tôle fondue dans le cordon s'appelle la dilution. En soudage sous flux, elle est forte : sur une passe unique ou en deux passes croisées, la tôle fournit souvent plus de la moitié du métal fondu.
Deux familles de flux :
- les flux actifs apportent beaucoup de manganèse et de silicium : précieux pour une ou deux passes très diluées, sur des tôles rouillées, à grande vitesse ; dangereux en multipasse, où les apports s'accumulent ;
- les flux neutres changent peu la composition : ils conviennent au multipasse épais, sans limite d'épaisseur.
Et la tension d'arc s'en mêle : plus elle est haute, plus l'arc fond de flux, plus le flux agit.
Manipulation 6 : le cocktail du cordon
Tôle type S355 (C 0,18 %, Mn 1,50 %, Si 0,30 %). Choisis le fil (analyses typiques d'un fabricant) et le comportement du flux (chiffres Si et Mn de l'ISO 14174, pris au milieu de leur plage), la tension U, la dilution D et le nombre de passes. La coupe montre la part de tôle fondue ; le graphique suit le manganèse (bleu-vert) et le silicium (pointillé) passe après passe. Modèle pédagogique : l'apport du flux est supposé proportionnel au flux fondu (0,7 à 1,6 kg par kg de fil de 26 à 38 V, d'après une fiche de fabricant). Le bouton ▶ empile les passes.
La dilution
Sur une coupe macrographique, on mesure l'aire Ab du métal de base fondu (sous la surface d'origine des tôles) et l'aire Ad du métal déposé :
D sans unité ou en % ; exemple : Ab = 60 mm², Ad = 40 mm² → D = 60/100 = 0,6, soit 60 %
Le bilan d'un élément
Pour chaque élément X (manganèse, silicium, carbone…), un catalogue de fabricant propose le bilan suivant, en % de masse :
ΔXflux : apport (+) ou perte (−) due au flux, lue dans les chiffres de comportement de l'ISO 14174 ou sur les diagrammes du fabricant
Exemple : tôle S355 (Mn 1,50 ; Si 0,30), fil S2 (Mn 1,07 ; Si 0,12), flux « 67 » à 30 V (Si +0,2 ; Mn +0,4), D = 0,6 : Mn = 0,4 × (1,07 + 0,4) + 0,6 × 1,50 = 1,49 % ; Si = 0,4 × (0,12 + 0,2) + 0,6 × 0,30 = 0,31 %.
Le piège du multipasse avec un flux actif
En multipasse, chaque passe se dilue surtout dans la passe précédente. Passe après passe, la composition tend vers celle du métal fondu sans dilution : Xfil + ΔXflux. Avec un flux actif « 89 » et un fil S2, le manganèse tend vers 1,87 % et le silicium vers 0,72 % : un métal fondu dur, peu tenace, sensible à la fissuration. D'où la règle : flux actifs pour une ou deux passes, flux neutres pour le multipasse. Et comme l'apport grandit avec la tension, un flux actif rend aussi le cordon sensible au moindre écart de réglage.
| Élément | Effet principal sur le métal fondu |
|---|---|
| Mn | désoxyde, désulfure ; augmente la résistance ; en excès, durcit |
| Si | désoxyde, améliore le mouillage ; en excès, fragilise |
| O (oxygène dissous, inclusions) | baisse avec la basicité du flux ; trop d'oxygène réduit la ténacité ; un peu d'inclusions fines aide la formation d'une structure fine et tenace (ferrite aciculaire) |
| C (tôle diluée) | augmente la trempabilité ; en forte dilution, la tôle impose son carbone |
Lors de la qualification d'un mode opératoire, la coupe macrographique montre la pénétration et la dilution ; l'analyse chimique et les essais mécaniques disent si le métal fondu tient ses promesses. Si la tension ou l'énergie changent en production, la dilution et l'apport du flux changent aussi : c'est pourquoi le mode opératoire fixe leurs plages.
Exercices corrigés
Six exercices et un défi, de la basicité au cocktail du cordon
Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Écris la formule littérale, puis les valeurs. Les manipulations 1 à 6 permettent de vérifier tes résultats ; le défi se rejoue dans les manipulations 5 et 6.
Exercice 1 : peser la basicité N1 · chapitre 1
Flux D : SiO2 13 ; TiO2 2 ; Al2O3 18 ; MnO 2 ; CaO + MgO 40 ; CaF2 25. Flux A : SiO2 20 ; TiO2 6 ; Al2O3 34 ; MnO 20 ; CaO + MgO 4 ; CaF2 10.
a) Calcule l'indice de basicité de Boniszewski des deux flux et donne leur classe.
b) Quel oxygène peut-on attendre dans le métal fondu avec chacun ?
c) Vérifie que D remplit les critères du type FB et pas ceux du type AB ; quel type remplit A ?
d) Lequel choisir pour un multipasse tenace à −50 °C ? Pour une soudure d'angle rapide sur tôle calaminée ?
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a) D : BI = (40 + 25 + ½ × 2)/(13 + ½ × (18 + 2)) = 66/23 = 2,87 : très basique. A : BI = (4 + 10 + ½ × 20)/(20 + ½ × (34 + 6)) = 24/40 = 0,60 : acide.
b) D : au plus environ 300 ppm ; A : 700 ppm ou plus.
c) FB : CaO + MgO + CaF2 + MnO = 67 ≥ 50 ; SiO2 = 13 ≤ 20 ; CaF2 = 25 ≥ 15 : oui. AB : Al2O3 = 18 < 20 : non. A remplit AR : Al2O3 + TiO2 = 40 ≥ 40 (et pas AB, car Al2O3 + CaO + MgO = 38 < 40). Manipulation 1 : flux D et flux A.
d) Multipasse à −50 °C : D, très basique, peu d'oxygène. Angle rapide sur calamine : A, acide, beau cordon, grande vitesse, tolérant.
Exercice 2 : fabrication et grain N1 · chapitres 2 et 3
a) Que signifient les lettres F, A et M dans « S F », « S A », « S M » ?
b) Pourquoi un flux de rechargement qui apporte du chrome est-il forcément aggloméré ?
c) Que signifie la granulométrie « 2–16 » ? Et la règle des 70 % ?
d) Un tandem soude à 1 200 A sur des tôles propres. Grain plutôt fin ou plutôt gros ? Et pour des tôles rouillées à 500 A ?
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a) F : fondu ; A : aggloméré ; M : mixte (ISO 14174). S : soudage sous flux.
b) Le chrome ajouté en poudre métallique brûlerait dans le four d'un flux fondu ; seul un aggloméré peut contenir des ferro-alliages.
c) Grains de 0,2 à 1,6 mm (dixièmes de millimètre). Les grains de 0,5 à 1,6 mm doivent représenter plus de 70 % de la poudre.
d) 1 200 A : grain fin, pour une couverture dense qui empêche l'arc de percer. Tôles rouillées à 500 A : grain plus gros, qui laisse s'échapper les gaz. Manipulation 3.
Exercice 3 : sec et propre N2 · chapitre 4
a) Donne les conditions d'étuvage d'un aggloméré semi-basique et d'un aggloméré très basique destiné à un cordon H5.
b) Où et à quelle température garde-t-on la poudre étuvée en attendant ?
c) La tête dépose 4 kg de poudre par kg de fil, dont 1 kg fond. Le fil fond à 6,9 kg/h. Quelle part de flux neuf faut-il ajouter au recyclage, et combien de kilogrammes par heure ?
d) Pourquoi un circuit sans dépoussiéreur pose-t-il problème ?
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a) Semi-basique : 200 ± 50 °C, au plus 10 h. Très basique pour H5 : 300 à 350 °C pendant 2 à 4 h, en couche de moins de 50 mm, température mesurée dans la poudre.
b) En étuve de maintien ou en trémie chauffée, à 150 ± 25 °C.
c) Pour 4 kg déposés, 1 kg fond et 3 kg sont récupérés : il faut 1 kg de flux neuf pour 3 kg récupérés (une part sur quatre). À 6,9 kg/h de fil et 1 kg de flux fondu par kg de fil : 6,9 kg/h de flux neuf, pour 4 × 6,9 = 27,6 kg/h de poudre déposée.
d) Les grains s'usent à chaque tour : les fines s'accumulent, l'alimentation devient irrégulière, la couverture se dégrade et la poussière envahit l'atelier. Un fabricant recommande de garder moins de 5 % de grains de moins de 0,2 mm. Manipulation 4 : retire « Dépoussiéreur ».
Exercice 4 : lire et écrire les désignations N2 · chapitre 5
a) Décode « ISO 14174 – S A AB 1 67 AC H5 ».
b) Décode « ISO 14171-A – S 46 3 AB S2 H5 ».
c) Écris la désignation d'un couple multipasse donnant au moins 420 MPa de limite d'élasticité et 47 J à −40 °C, avec un flux fluorure-basique et un fil S3Si.
d) Que signifie « S 3T 2 AB S2Si » ?
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a) Flux pour soudage sous flux (S), aggloméré (A), aluminate-basique (AB), classe 1 (aciers non alliés, à grains fins…), apport de 0,1 à 0,3 % de Si et de 0,3 à 0,5 % de Mn (67), utilisable en alternatif et en continu (AC), au plus 5 ml/100 g d'hydrogène (H5).
b) Couple pour soudage sous flux ; métal fondu de Re ≥ 460 MPa, Rm 530 à 680 MPa, A ≥ 20 % ; 47 J à −30 °C ; flux AB ; fil S2 ; H5.
c) ISO 14171-A – S 42 4 FB S3Si (avec H5 si l'hydrogène est exigé). Manipulation 5 : résistance 42, résilience 4, FB, fil S3Si.
d) Couple pour la technique en deux passes, adapté à une tôle de Re ≥ 355 MPa, joint de Rm ≥ 470 MPa, 47 J à −20 °C, flux AB, fil S2Si.
Exercice 5 : la recette d'une passe N2 · chapitre 6
Tôle S355 : C 0,18 ; Mn 1,50 ; Si 0,30. Fil S2 : C 0,11 ; Mn 1,07 ; Si 0,12. Flux « 67 » à 30 V : on prend Si +0,2 et Mn +0,4.
a) Sur la macrographie, Ab = 60 mm² et Ad = 40 mm². Calcule la dilution.
b) Calcule Mn, Si et C du cordon.
c) Calcule le carbone équivalent CE = C + Mn/6 (les autres éléments sont négligés).
d) Quel élément du cordon vient surtout de la tôle ?
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a) D = 60/(60 + 40) = 0,6.
b) Mn = 0,4 × (1,07 + 0,4) + 0,6 × 1,50 = 0,588 + 0,900 = 1,49 % ; Si = 0,4 × (0,12 + 0,2) + 0,6 × 0,30 = 0,128 + 0,180 = 0,31 % ; C = 0,4 × 0,11 + 0,6 × 0,18 = 0,15 %.
c) CE = 0,152 + 1,488/6 = 0,40.
d) Le carbone et, ici, la majorité du manganèse : à 60 % de dilution, la tôle domine. Manipulation 6 : fil S2, flux 67, 30 V, D = 60 %, 1 passe.
Exercice 6 : le flux actif en multipasse N2 · chapitre 6
Même tôle et même fil, flux actif « 89 » (à 30 V : Si +0,6 ; Mn +0,8).
a) En une passe très diluée (D = 0,6), calcule Mn et Si.
b) En multipasse (D = 0,3 par passe dans la passe précédente), vers quelles valeurs tendent Mn et Si ?
c) À 34 V, le flux fondu passe de 1,0 à 1,3 kg par kg de fil. Que deviennent ces valeurs limites ?
d) Conclus sur l'emploi des flux actifs.
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a) Mn = 0,4 × (1,07 + 0,8) + 0,6 × 1,50 = 1,65 % ; Si = 0,4 × (0,12 + 0,6) + 0,6 × 0,30 = 0,47 % : acceptable.
b) Vers la composition sans dilution : Mn → 1,07 + 0,8 = 1,87 % ; Si → 0,12 + 0,6 = 0,72 % (atteints dès la 4e passe environ).
c) Apports multipliés par 1,3 : Mn → 1,07 + 1,04 = 2,11 % ; Si → 0,12 + 0,78 = 0,90 %.
d) Les flux actifs conviennent à une ou deux passes fortement diluées ; en multipasse, le manganèse et le silicium s'accumulent et dépendent de la tension : métal dur et fragile. On prend un flux neutre. Manipulation 6 : flux 89, D = 30 %, 8 passes, 30 puis 34 V.
🏆 Défi : le couple d'une virole tenace N2 · chapitres 1, 5 et 6, à rejouer dans les manipulations 5 et 6
Une virole en S355 de 40 mm est soudée en multipasse. Le cahier des charges exige un métal fondu de Re ≥ 355 MPa, 47 J à −40 °C, et au plus 5 ml/100 g d'hydrogène.
a) Quel type de flux et quelle classe de basicité choisir ? Quelle condition d'étuvage ?
b) Écris la désignation ISO 14171-A minimale d'un couple avec un flux fluorure-basique et un fil S3Si.
c) Avec un flux neutre « 55 » à 30 V, calcule Mn et Si de la passe de racine (fil S2, D = 0,6) puis du remplissage (8 passes, D = 0,25), avec un fil S2 puis S3Si.
d) Que deviendrait le remplissage avec un flux « 89 » et le fil S2 ?
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a) Un flux basique à très basique (BI ≥ 1,5 environ, par exemple fluorure-basique), neutre en manganèse et silicium, classé H5 ; aggloméré, il s'étuve (300 à 350 °C pendant 2 à 4 h s'il est très basique) et se garde à 150 ± 25 °C.
b) ISO 14171-A – S 38 4 FB S3Si H5 : 38 donne Re ≥ 380 MPa ≥ 355 ; 4 donne 47 J à −40 °C. Un couple classé 42 ou 46 conviendrait aussi. Manipulation 5 : exigence 355 MPa et −40 °C.
c) Racine (S2, D = 0,6) : Mn = 0,4 × (1,07 + 0,05) + 0,6 × 1,50 = 1,35 % ; Si = 0,4 × (0,12 + 0,05) + 0,6 × 0,30 = 0,25 %. Remplissage avec S2 : Mn tend vers 1,12 %, Si vers 0,17 % (un peu maigre pour −40 °C) ; avec S3Si : Mn vers 1,62 %, Si vers 0,38 %, mieux adapté à la ténacité exigée.
d) Avec « 89 » et S2 : Mn vers 1,87 %, Si vers 0,72 %, et des valeurs qui varient avec la tension : à proscrire pour ce multipasse. Manipulation 6.
Quiz : 12 questions éclair
Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste
Fiche mémoire du cours 2
Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête
Les cinq rôles
Le flux fondu chasse l'air, stabilise l'arc, forme le laitier, désoxyde et apporte Mn et Si.
La balance
≤ 0,9 acide ; 0,9–1,2 neutre ; 1,2–2,0 semi-basique ; ≥ 2,0 très basique. Plus basique : moins d'oxygène, plus tenace.
Les types
Constituants caractéristiques de l'ISO 14174 ; AB et FB dominent pour les aciers tenaces.
Sucre d'orge ou granola
Fondu : vitreux, stable, ne boit pas l'eau. Aggloméré : accepte ferro-alliages et désoxydants, boit l'humidité.
Le sablier
Fort courant, grain fin ; rouille, grain plus gros ; 0,5–1,6 mm > 70 % ; couche juste couvrante.
L'éponge
Étuvage d'un très basique pour H5 ; 200 ± 50 °C pour un semi-basique ; maintien à 150 ± 25 °C.
Le circuit
Sec, chaud, propre, neuf : sacs fermés, trémie chaude, tamis, aimant, dépoussiéreur, air sec.
L'étiquette
Procédé, Re ≥ 460, 47 J à −30 °C, flux AB, fil S2, H5. Flux : S A AB 1 67 AC H5.
Le cocktail
Flux actif pour une ou deux passes, neutre pour le multipasse ; l'apport monte avec la tension.
Glossaire
Les mots, symboles et sigles de ce cours
- Ab, Ad, D
- Aire du métal de base fondu ; aire du métal déposé (mm²) ; dilution D = Ab/(Ab + Ad).
- AB, AF, AR, CS, FB, MS
- Types de flux de l'ISO 14174 : aluminate-basique, aluminate-fluorure-basique, aluminate-rutile, calcium-silicate, fluorure-basique, manganèse-silicate.
- AC, DC (désignation de flux)
- Flux utilisable en courant alternatif (et donc en continu) ; en courant continu seulement.
- Aggloméré, fondu, mixte (A, F, M)
- Flux fait de poudres fines liées par un silicate puis cuites ; flux fondu au four puis concassé ; mélange de flux ou de composants après fabrication.
- AWS A5.17, F7A4-EM12K
- Classification américaine des couples fil-flux pour aciers au carbone ; exemple : 70 ksi de résistance, brut de soudage, 27 J à −40 °F, fil EM12K.
- BI
- Indice de basicité de Boniszewski : bases sur acides, en % de masse, avec MnO, FeO, Al2O3, TiO2 et ZrO2 comptés pour moitié.
- CE
- Carbone équivalent de l'IIW : C + Mn/6 + (Cr + Mo + V)/5 + (Ni + Cu)/15 (% de masse) ; il mesure la trempabilité.
- Classe de flux 1, 2, 2B, 3, 4
- Emplois selon l'ISO 14174 : aciers non alliés, à grains fins, à haute résistance, résistant au fluage ou patinables (1) ; assemblage des inox et du nickel (2) ; rechargement par feuillard (2B) ; rechargement dur (3) ; autres (4).
- Comportement métallurgique
- Apport (gain) ou perte de silicium puis de manganèse dus au flux, codés de 1 à 9 (5 : neutre).
- Désoxydation
- Captage de l'oxygène dissous dans le métal liquide par des éléments plus avides d'oxygène (Mn, Si).
- Dilution
- Part du métal de base fondu dans le métal du cordon.
- EN 756, EN 760
- Anciennes normes européennes des couples fil-flux et des flux, remplacées par l'ISO 14171 et l'ISO 14174.
- Étuvage, maintien
- Séchage du flux à température et durée prescrites ; conservation de la poudre chaude (150 ± 25 °C) jusqu'à l'emploi.
- Ferrite aciculaire
- Structure fine en aiguilles enchevêtrées, qui donne au métal fondu sa ténacité.
- Fines
- Grains plus petits que le plus petit tamis de la granulométrie (0,2 mm), produits par l'usure au recyclage.
- Flux actif, flux neutre
- Flux qui change beaucoup la composition du métal fondu (Mn, Si) ; flux qui la change peu.
- Granulométrie 2–16, 2–20
- Plage de dimensions des grains en dixièmes de millimètre : 0,2 à 1,6 mm ; 0,2 à 2,0 mm.
- H2, H4, H5, H10 ; HD
- Symboles d'hydrogène diffusible maximal (ml/100 g de métal déposé) ; hydrogène diffusible mesuré selon l'ISO 3690.
- HR
- Humidité relative de l'air (%).
- ISO 14171, système A et B
- Classification des fils et des couples fil-flux pour aciers non alliés et à grains fins : par limite d'élasticité et 47 J (A), ou par résistance à la traction et 27 J (B).
- ISO 14174
- Classification des flux pour le soudage à l'arc sous flux et le soudage sous laitier.
- ISO 26304, 24598, 14343, 18274
- Produits d'apport pour aciers à haute résistance, aciers résistant au fluage, aciers inoxydables, nickel et alliages de nickel.
- ISO 3690, ISO 544
- Mesure de l'hydrogène dans le métal fondu ; conditions techniques de livraison des produits d'apport et des flux.
- Liant silicaté
- Silicate de sodium ou de potassium qui colle les poudres d'un flux aggloméré.
- ppm
- Partie par million : 1 ppm = 0,0001 % en masse.
- Re, Rm, A
- Limite d'élasticité ; résistance à la traction (MPa) ; allongement à la rupture (%).
- Résilience, 47 J
- Énergie absorbée par une éprouvette Charpy entaillée ; 47 J est le seuil du système A de l'ISO 14171.
- S, ES
- Premier symbole d'une désignation de flux : soudage à l'arc sous flux ; soudage sous laitier.
- S1, S2, S3, S4, S2Si, S3Si, S2Mo, S2Ni1
- Symboles de fils pleins de l'ISO 14171-A : le chiffre croît avec le manganèse ; Si, Mo, Ni signalent les ajouts.
- Technique en deux passes (2T à 5T)
- Une passe de chaque côté, aux pénétrations croisées ; symboles de résistance liés à la tôle d'essai.
- Xcordon, Xfil, Xtôle, ΔXflux
- Teneurs d'un élément dans le cordon, le fil, la tôle ; apport ou perte dus au flux (% de masse).
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