Avant de commencer
Le cours 4 en trois cases
| Chapitre du cours | Ce qu'il apporte à l'IWE |
|---|---|
| 1 La qualité et les problèmes du procédé | situer la qualité et ses documents, anticiper les défauts du procédé |
| 2 Les défauts visibles | nommer et juger un défaut de surface |
| 3 Les défauts internes | diagnostiquer un défaut interne, choisir le contrôle |
| 4 Aluminium, fontes et soudage sous l'eau | adapter électrode et technique à un matériau difficile |
| 5 Le gougeage arc-air | principe, paramètres, applications et risques du gougeage |
| 6 Hygiène et sécurité du soudeur | prévenir les risques électriques, de rayonnement, d'incendie et de fumées |
- ISO 6520-1 : classification des défauts géométriques des soudures par fusion, en six groupes numérotés (1 fissures, 2 cavités, 3 inclusions solides, 4 manques de fusion et de pénétration, 5 défauts de forme, 6 défauts divers).
- ISO 5817 (édition 2023) : niveaux de qualité B, C et D des défauts dans les soudures par fusion des aciers, du nickel et du titane ; B est le plus exigeant.
- ISO 3834 : exigences de qualité en soudage ; ISO 14731 : coordination en soudage ; ISO 15609-1 et ISO 15614-1 : descriptif et qualification d'un mode opératoire (DMOS, QMOS) ; ISO 9606-1 : qualification des soudeurs.
- ISO 17637 : contrôle visuel des soudures ; ISO 17635 : règles générales des contrôles non destructifs (CND) des soudures.
- ISO 1071 : produits d'apport pour le soudage des fontes ; AWS A5.3 : électrodes enrobées pour l'aluminium.
- ISO 4063 : numéros des procédés ; 111 pour l'électrode enrobée, 871 pour le gougeage arc-air.
- EN ISO 16321-2 : protecteurs des yeux et du visage pour le soudage (les anciens filtres portent encore le marquage de l'EN 169) ; FDS : fiche de données de sécurité ; VLEP : valeur limite d'exposition professionnelle.
Le coordinateur en soudage signe des rapports de contrôle, accepte ou refuse des soudures, décide d'une réparation et en écrit le mode opératoire. Il répond aussi de la santé des soudeurs : poste vérifié, fumées captées, écrans posés, EPI (équipements de protection individuelle) adaptés. Un défaut mal nommé, une limite mal lue ou une fumée non captée coûtent cher, en argent comme en santé.
La série en cinq cours
Le plan du cours
- 1La qualité et les problèmes du procédé
Une chaîne de documents et de gestes : il suffit d'un maillon manquant.
- 2Les défauts visibles
Caniveaux, surépaisseurs, coups d'arc, projections : les nommer et les juger.
- 3Les défauts internes
Soufflures, inclusions, manques de fusion et de pénétration, fissures.
- 4Aluminium, fontes et soudage sous l'eau
Trois cas où l'électrode enrobée change de recette.
- 5Le gougeage arc-air
Un arc de carbone et un jet d'air pour creuser au lieu de remplir.
- 6Hygiène et sécurité du soudeur
Courant, lumière, fumées, feu : la ronde avant d'amorcer.
La qualité et les problèmes du procédé
Une chaîne de documents et de gestes : il suffit d'un maillon manquant
Une soudure ne se contrôle pas entièrement après coup : on ne peut pas scier chaque pièce pour regarder dedans. La qualité se construit donc avant et pendant le soudage, puis se vérifie après. C'est une chaîne :
- 1Les exigences
Le client et la norme d'application fixent le niveau de qualité (B, C ou D de l'ISO 5817) et les contrôles demandés.
- 2Le mode opératoire
Un DMOS (descriptif de mode opératoire de soudage) écrit la recette ; une QMOS (qualification du mode opératoire) prouve, par une éprouvette soudée puis contrôlée et essayée, qu'elle donne une soudure conforme.
- 3Le soudeur
Il est qualifié par une épreuve (ISO 9606-1) pour le procédé, le type de soudure, le matériau, les épaisseurs et les positions.
- 4Les produits et la préparation
Électrodes conformes et étuvées (cours 3), joint préparé, accosté et pointé (cours 4), préchauffage et paramètres respectés.
- 5Le contrôle et la traçabilité
Contrôle visuel, puis contrôles non destructifs ; chaque soudure se rattache à son soudeur, à son lot d'électrodes et à son mode opératoire. Un coordinateur en soudage tient l'ensemble.
À ces maillons généraux s'ajoutent les problèmes propres à l'électrode enrobée : électrode qui colle (intensité trop faible, électrode humide), électrode qui rougit (intensité trop forte, électrode trop longue pour son diamètre), arc instable (masse mal serrée, électrode humide), soufflage magnétique (cours 2), reprises nombreuses (une par électrode), laitier à enlever entre les passes, hydrogène des électrodes mal conservées, fumées abondantes, et une forte dépendance au geste du soudeur.
Manipulation 1 : la chaîne de la qualité
Chaque bouton est un maillon de la chaîne : clique pour l'« oublier » ou le rétablir. Le bouton ▶ fait passer une soudure le long de la chaîne : à chaque maillon manquant, elle prend un défaut, et l'on voit quand on le découvrira. Le coût relatif suit la règle empirique du « 1-10-100 » : une erreur coûte 1 si on l'évite avant de souder, 10 si on la trouve au contrôle, 100 si elle se révèle en service.
Le soudage, procédé spécial
On parle de procédé spécial quand le résultat ne peut pas être entièrement vérifié par un contrôle ultérieur. C'est le cas du soudage : d'où une qualité organisée en amont. L'ISO 3834 en fixe les exigences, à trois niveaux selon l'importance des assemblages : complètes (partie 2), normales (partie 3) et élémentaires (partie 4). Elle demande notamment des modes opératoires qualifiés, des soudeurs qualifiés, une coordination en soudage (ISO 14731), la maîtrise des produits d'apport, des contrôles et une traçabilité.
| Document | Norme | Ce qu'il fixe |
|---|---|---|
| DMOS | ISO 15609-1 | procédé, matériaux, préparation, électrodes, préchauffage, position, paramètres, séquence |
| QMOS | ISO 15614-1 | éprouvette soudée, contrôles et essais (traction, pliage, résilience, dureté, macrographie) et domaine de validité |
| Qualification du soudeur | ISO 9606-1 | épreuve, domaine de validité ; validité confirmée tous les six mois |
| Contrôle visuel | ISO 17637 | avant, pendant et après soudage, jugé selon l'ISO 5817 |
| Contrôles non destructifs | ISO 17635 | choix des méthodes : ressuage (PT), magnétoscopie (MT), radiographie (RT), ultrasons (UT) |
Une soudure refusée ne se « rebouche » pas à la hâte : on localise le défaut, on l'élimine par meulage ou gougeage (chapitre 5), on contrôle que le défaut a disparu, puis on ressoude selon un DMOS de réparation, et l'on recontrôle. Une réparation mal conduite crée souvent plus de défauts qu'elle n'en supprime.
Les défauts visibles
Nommer, mesurer, juger : ISO 6520-1 et ISO 5817
Le contrôleur regarde d'abord la surface. Chaque défaut porte un nom et un numéro de l'ISO 6520-1, qui permettent à tous de parler de la même chose. Les plus fréquents en soudage à l'électrode enrobée :
| N° | Défaut | Ce qu'on voit | Causes fréquentes en 111 |
|---|---|---|---|
| 5011 | caniveau | sillon creusé dans le métal de base le long du cordon | intensité trop forte, arc long, mauvais angle, balayage sans arrêt sur les bords |
| 502, 503 | surépaisseur excessive, convexité excessive | cordon trop bombé | vitesse trop lente, trop de métal par passe |
| 506 | débordement | métal posé sur la tôle sans s'y lier | intensité trop faible, vitesse trop lente, bain qui coule en position |
| 507 | défaut d'alignement | tôles décalées en hauteur | accostage (cours 4) |
| 509, 511 | effondrement, manque d'épaisseur | cordon creux sous la surface de la tôle | remplissage insuffisant, bain trop chaud |
| 2017 | piqûre | soufflure qui débouche en surface | électrode humide, arc long, pièce sale |
| 104 | fissure de cratère | petite fissure en étoile en fin de cordon | arc coupé net (cours 4) |
| 601 | coup d'arc | trace d'amorçage hors du joint | amorçage sur la tôle |
| 602 | projections | gouttelettes collées autour du cordon | arc long, intensité trop forte, soufflage, électrode humide |
Un défaut n'est pas forcément inacceptable : il faut le mesurer et le comparer à la limite du niveau de qualité demandé. C'est le rôle de l'ISO 5817.
Manipulation 2 : la loupe du contrôleur
Choisis un défaut, règle l'épaisseur t de la tôle, la largeur b du cordon et la taille h du défaut (sa profondeur, sa hauteur ou son diamètre selon le cas). Le dessin montre le cordon vu de dessus et sa coupe ; la lecture donne les limites des niveaux D, C et B et le verdict. Le bouton ▶ promène la loupe le long du cordon. Limites : tableau 1 de l'ISO 5817:2023, pour t > 3 mm et des imperfections courtes.
L'ISO 5817 donne, pour chaque défaut, une limite à trois niveaux : D (modéré), C (intermédiaire) et B (élevé, le plus exigeant). Les limites s'écrivent avec quelques lettres : t, épaisseur de la tôle ; s, épaisseur nominale de la soudure bout à bout ; a, gorge d'une soudure d'angle ; b, largeur de la surépaisseur ; h, taille du défaut ; l, sa longueur. Une imperfection courte totalise au plus 25 mm sur les 100 mm de soudure qui en contiennent le plus.
| Défaut (t > 3 mm) | D | C | B |
|---|---|---|---|
| 5011 caniveau | h ≤ 0,2·t, max. 1 mm | h ≤ 0,1·t, max. 0,5 mm | h ≤ 0,05·t, max. 0,5 mm |
| 502 surépaisseur excessive | h ≤ 0,25·b + 1 mm, max. 10 mm | h ≤ 0,15·b + 1 mm, max. 7 mm | h ≤ 0,1·b + 1 mm, max. 5 mm |
| 506 débordement | h ≤ 0,2·b | non admis | non admis |
| 507 défaut d'alignement (tôles) | h ≤ 0,25·t, max. 5 mm | h ≤ 0,15·t, max. 4 mm | h ≤ 0,1·t, max. 3 mm |
| 509, 511 effondrement, manque d'épaisseur | h ≤ 0,25·t, max. 2 mm | h ≤ 0,1·t, max. 1 mm | h ≤ 0,05·t, max. 0,5 mm |
| 2017 piqûre (bout à bout) | d ≤ 0,3·s, max. 3 mm | d ≤ 0,2·s, max. 2 mm | non admise |
| 601 coup d'arc | admis si le métal de base n'est pas affecté | non admis | non admis |
| 602 projections | acceptation selon l'application (matériau, protection contre la corrosion) | ||
| 100, 104 fissures, fissure de cratère | non admises | ||
Exemple : tôle de 12 mm, caniveau de 0,8 mm. Niveau C : h ≤ 0,1 × 12 = 1,2 mm, mais au plus 0,5 mm : refusé. Niveau D : h ≤ 0,2 × 12 = 2,4 mm, mais au plus 1 mm : admis. La manipulation 2 donne le même verdict.
L'ISO 5817:2023 ajoute une annexe pour les soudures sollicitées en fatigue, avec des niveaux comme C63, B90 ou B125 qui renvoient aux classes de fatigue (la série Fatigue du wiki en donne le sens). Les défauts de surface y sont jugés plus sévèrement, car chacun est une entaille.
Le contrôleur note pour chaque défaut son numéro ISO 6520-1, sa position, sa taille et le verdict au niveau demandé. « 5011, 0,8 mm, refusé en C » se comprend partout ; « petit défaut sur le bord » ne se comprend nulle part.
Les défauts internes
Soufflures, inclusions, manques de fusion et de pénétration, fissures
Comme le médecin voit l'os à travers la peau, le contrôleur voit l'intérieur de la soudure par radiographie : les rayons traversent mieux un vide que l'acier, et chaque cavité ou inclusion apparaît en sombre sur le film. Les ultrasons, eux, renvoient un écho sur les défauts plans. Les défauts internes de l'électrode enrobée :
| N° | Défaut | Ce que c'est | Causes fréquentes en 111 |
|---|---|---|---|
| 2011, 2013, 2014 | soufflures (isolée, en nid, alignées) | bulles de gaz piégées | électrode humide, arc long, pièce sale, amorçage sur place d'une basique |
| 301 | inclusion de laitier | laitier emprisonné entre passes ou contre un bord | décrassage insuffisant, racine bombée non meulée, intensité trop faible |
| 401 (4011, 4012, 4013) | manque de fusion, ou collage | le métal déposé ne s'est pas lié au bord, à la passe précédente ou à la racine | intensité trop faible, vitesse trop rapide, angle, chanfrein trop fermé |
| 402 | manque de pénétration | la racine n'est pas soudée sur toute l'épaisseur | talon trop épais, écartement trop faible, diamètre trop gros en racine |
| 402 | manque d'interpénétration | soudure faite des deux côtés dont les passes ne se rejoignent pas | reprise envers insuffisante ou pas assez gougée |
| 100 | fissures | ruptures du métal, longitudinales ou transversales | hydrogène, trempe, bridage (cours 3 et 4) |
On parle aussi de « manque d'interpénétration » : la classification française le range sous le numéro 402, avec le manque de pénétration, pour une soudure faite des deux faces.
Manipulation 3 : le négatoscope
Choisis un défaut interne, l'épaisseur s de la soudure bout à bout, la taille h du défaut (hauteur ou diamètre) et sa longueur l. En haut, le film de radiographie tel qu'on le lit sur le négatoscope ; en bas, la coupe du joint. La lecture donne les limites des niveaux D, C et B et la méthode de contrôle la plus adaptée. Le bouton ▶ développe le film. Limites : tableau 1 de l'ISO 5817:2023 ; images pédagogiques.
| Défaut interne | D | C | B |
|---|---|---|---|
| 2011 soufflure isolée (bout à bout) | d ≤ 0,4·s, max. 5 mm | d ≤ 0,3·s, max. 4 mm | d ≤ 0,2·s, max. 3 mm |
| 2012 soufflures réparties, plusieurs couches (aire projetée) | ≤ 5 % | ≤ 3 % | ≤ 2 % |
| 301 inclusion de laitier (bout à bout) | h ≤ 0,4·s, max. 4 mm ; l ≤ s, max. 75 mm | h ≤ 0,3·s, max. 3 mm ; l ≤ s, max. 50 mm | h ≤ 0,2·s, max. 2 mm ; l ≤ s, max. 25 mm |
| 401 manque de fusion | imperfections courtes : h ≤ 0,4·s, max. 4 mm | non admis | non admis |
| 402 manque de pénétration (bout à bout à pleine pénétration) | imperfections courtes : h ≤ 0,2·t, max. 2 mm | non admis | non admis |
| 100 fissures | non admises | ||
Exemple : soudure bout à bout de 12 mm, soufflure isolée de 3 mm. Niveau C : d ≤ 0,3 × 12 = 3,6 mm, admise. Niveau B : d ≤ 0,2 × 12 = 2,4 mm, refusée. Une inclusion de laitier de 2 mm de haut mais de 20 mm de long est refusée en C comme en D, car sa longueur dépasse s = 12 mm.
Quel contrôle pour quel défaut ?
- radiographie (RT) : excellente pour les défauts en volume (soufflures, inclusions) ; elle voit un défaut plan (manque de fusion, fissure) seulement s'il est à peu près parallèle aux rayons ;
- ultrasons (UT) : excellents pour les défauts plans, qui renvoient bien l'écho, et utilisables sur les fortes épaisseurs ;
- ressuage (PT) et magnétoscopie (MT) : défauts qui débouchent ou affleurent en surface, comme les fissures et les piqûres ; la magnétoscopie demande un acier ferromagnétique.
Une série de radiographies criblées de soufflures, puis quelques jours plus tard des fissures sous cordon : le contrôleur pense aussitôt aux électrodes. Il vérifie le registre d'étuvage et la durée hors étuve (cours 3) avant de mettre en cause le soudeur.
Aluminium, fontes et soudage sous l'eau
Trois cas où l'électrode enrobée change de recette
Les fontes sont des alliages de fer à 2 à 5 % de carbone et 1 à 3 % de silicium. Leur carbone, souvent sous forme de graphite, les rend fragiles comme un biscuit sec : chauffées localement puis refroidies vite, elles forment une zone très dure et se fissurent sous les contraintes de retrait. On les répare donc par petites touches : électrodes au nickel, petit diamètre, faible intensité, cordons courts de 20 à 30 mm, que l'on martèle aussitôt pour détendre le métal, en laissant la pièce redescendre sous 100 °C entre deux cordons. Les fontes grises, à graphite sphéroïdal (dites GS ou nodulaires) et malléables se soudent ainsi ; la fonte blanche, extrêmement fragile, ne se soude pas.
L'aluminium pose d'autres problèmes : une couche d'oxyde réfractaire, l'alumine, qui fond vers 2 050 °C quand le métal fond à 660 °C ; une grande conductivité thermique ; une forte sensibilité aux soufflures. Il existe des électrodes enrobées pour l'aluminium : leur enrobage dissout l'oxyde. Elles se soudent en courant continu, électrode au pôle +, fondent très vite et craignent l'humidité ; leur laitier, corrosif, s'enlève soigneusement. On les réserve surtout aux réparations : le TIG et le MIG font mieux en fabrication.
Le soudage sous l'eau existe en deux versions : mouillé, où le plongeur soude directement dans l'eau avec une électrode enrobée rendue étanche, et sec, dans une chambre étanche remplie de gaz (soudage hyperbare). En soudage mouillé, l'eau refroidit brutalement le joint et apporte beaucoup d'hydrogène : on le réserve aux aciers de faible carbone équivalent et aux réparations.
Manipulation 4 : réparer une fonte par petits cordons
Une fissure de longueur Lf est préparée dans une pièce en fonte grise. Choisis l'électrode, la longueur Lc de chaque cordon, la température Ti sous laquelle tu attends avant le cordon suivant, et décide de marteler ou non. En haut, la fissure et ses cordons ; en bas, la température de la zone soudée au fil du temps. Le bouton ▶ soude la réparation. Modèle pédagogique : chaque cordon échauffe la zone de 1,2 °C par millimètre déposé, soudé à 2 mm/s ; refroidissement exponentiel de constante 5 min ; indice de risque de fissuration qui reprend les règles d'un manuel de fabricant.
Les fontes
| Électrode | Exemple de classe (AWS A5.15) | Emploi |
|---|---|---|
| nickel pur | ENi-CI | cas général : le nickel absorbe le carbone sans fragiliser le métal déposé, se dilate comme la fonte et reste usinable (≈ 150 HB) |
| nickel-fer | ENiFe-CI | plus résistant ; fonte sur fonte ou fonte sur acier ; plus tolérant au soufre et au phosphore |
| nickel-cuivre | — | quand la couleur du dépôt doit ressembler à celle de la fonte |
| acier non allié | — | travaux sans exigence, sans usinage : le dépôt et sa zone de liaison durcissent |
L'ISO 1071 classe les produits d'apport pour les fontes ; la classification américaine AWS A5.15 est très répandue sur les boîtes. La préparation compte autant que l'électrode : on ouvre la fissure en U aux bords arrondis, on perce un petit trou à chaque extrémité pour l'empêcher de progresser, et l'on élimine l'huile et le graphite qui imprègnent la fonte, par chauffage ou avec une électrode de gougeage. Le beurrage consiste à revêtir d'abord chaque bord d'une couche ductile, sur laquelle on soude ensuite.
À côté de ce soudage à froid, le plus courant en réparation, existe un soudage à chaud : toute la pièce est préchauffée lentement, soudée, puis refroidie très lentement, ce qui suppose un four et une pièce démontable.
Exemple : fissure de 150 mm, cordons de 25 mm, 100 °C entre cordons : 150/25 = 6 cordons. Chaque cordon échauffe la zone d'environ 30 °C dans le modèle : la température culmine à ≈ 130 °C, et il faut ≈ 5 min en tout, dont près de 4 d'attente. Avec un seul cordon de 150 mm, la zone monte à ≈ 200 °C d'un coup : c'est ce qui fissure la fonte.
L'aluminium
Un manuel de fabricant propose quatre électrodes, toutes en courant continu électrode au + : aluminium non allié Al99,5 (AWS E1100), AlMn1, AlSi5 et AlSi12, cette dernière pour réparer les pièces moulées en aluminium-silicium (culasses, carters). Ses règles : électrodes bien sèches, préchauffage de 100 à 150 °C des pièces épaisses ou complexes, cordons tirés, une seule passe si possible, et tout le laitier enlevé entre les passes.
Le soudage sous l'eau
En soudage mouillé, le plongeur utilise un courant continu de l'ordre de 300 à 400 A, avec un interrupteur de sécurité sur le câble, en surface, qui coupe le courant hors soudage. Le refroidissement brutal et l'hydrogène limitent le procédé aux aciers de faible carbone équivalent. Le soudage hyperbare, à sec dans une chambre, donne une bien meilleure qualité, au prix d'un équipement lourd.
Une réparation de fonte typique : on repère la fissure au ressuage, on perce ses extrémités, on l'ouvre en U, on brûle l'huile, puis on soude au nickel par cordons de 20 à 30 mm, martelés, en surveillant au crayon thermosensible que la pièce reste tiède. Un contrôle par ressuage final vérifie qu'aucune fissure n'est repartie.
Le gougeage arc-air
Un arc de carbone et un jet d'air pour creuser au lieu de remplir
Le gougeage arc-air (procédé 871 de l'ISO 4063) creuse une rigole dans le métal. Une électrode de carbone et de graphite, cuivrée, est tenue dans une pince spéciale qui souffle de l'air comprimé le long de l'électrode. L'arc entre l'électrode et la pièce fond le métal ; le jet d'air le chasse aussitôt hors de la rigole. L'électrode ne fond pas : elle s'use lentement.
Il sert à creuser l'envers d'une racine avant la reprise envers (cours 4), à éliminer un défaut avant réparation, à retirer une soudure ou des pointes, à chanfreiner, et même à couper en tenant l'électrode presque droite. Il marche sur les aciers, les inox, les fontes et de nombreux alliages, dans toutes les positions, avec un poste de soudage ordinaire de forte intensité et de l'air comprimé.
Ses risques sont à la mesure de son efficacité : un bruit très fort (protection auditive obligatoire), des fumées et des poussières abondantes, des projections de métal en fusion qui portent loin, le rayonnement de l'arc, et une rigole qui peut garder du métal carburé, enrichi en carbone, dur et fragile, qu'il faut meuler avant de souder.
Manipulation 5 : gouger une rigole
Choisis le diamètre d de l'électrode de carbone et le courant, puis règle l'intensité I, la vitesse d'avance v, l'angle θ de l'électrode sur la pièce et la pression d'air P. Le dessin montre la pièce, l'électrode, le jet d'air et la coupe de la rigole ; la lecture donne sa largeur w, sa profondeur p et le débit de métal enlevé. Le bouton ▶ gouge 200 mm. Modèle pédagogique calé sur les tableaux d'un fabricant : w ≈ d + 3,2 mm ; p = 150·I/(w·v) (mm, A, mm/min) à 35°, un peu plus profond quand l'électrode se redresse ; la moitié en courant alternatif.
| Électrode ⌀ (mm) | 4,0 | 4,8 | 6,4 | 7,9 | 9,5 | 12,7 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| intensité en CC+ (A) | 90 à 150 | 200 à 250 | 300 à 400 | 350 à 450 | 450 à 600 | 800 à 1 000 |
Repères d'un guide de fabricant : courant continu électrode au + pour les aciers (le courant alternatif, avec des électrodes spéciales, est deux fois moins efficace) ; air de 5,5 à 6,9 bar à la pince, une pression plus forte n'enlevant pas plus de métal ; électrode sortie de 50 à 178 mm de la pince ; tension d'arc de 35 à 56 V, donc une tension à vide d'au moins 60 V ; angle d'environ 35° pour gouger, de 70 à 80° pour couper.
w : largeur de la rigole (mm) ; d : diamètre de l'électrode (mm) ; p : profondeur (mm) ; I : intensité (A) ; v : vitesse (mm/min) ; 150 mm³ par ampère et par minute : débit enlevé, calé sur le tableau de gougeage mécanisé d'un fabricant. À la main, on avance plutôt deux fois moins vite pour la même rigole.
Exemple : électrode de 9,5 mm à 500 A, avance de 889 mm/min : w ≈ 12,7 mm et p ≈ 150 × 500/(12,7 × 889) ≈ 6,6 mm, à comparer aux 6,4 mm du tableau du fabricant. Le débit enlevé vaut 150 × 500 = 75 000 mm³/min, soit ≈ 35 kg/h. Au-delà d'une profondeur de 1,5 fois le diamètre de l'électrode, on gouge en plusieurs passes.
La surface obtenue
Une rigole bien faite est lisse et d'un bleu brillant. Une rigole gris-noir mat, avec de petites flaques ou perles sur les bords, garde du métal carburé : intensité trop faible, air insuffisant, avance irrégulière ou mauvais angle. Ce métal, qui peut contenir de l'ordre de 1 % de carbone, ne doit pas rester sous une soudure : on le meule. Et si l'acier demande un préchauffage pour être soudé, on le préchauffe aussi pour être gougé.
Sur un bout à bout soudé des deux côtés, on gouge l'envers de la racine jusqu'au métal sain, on meule la rigole, on la contrôle parfois par ressuage ou magnétoscopie, puis on soude la passe envers. C'est la méthode la plus sûre pour éviter le manque d'interpénétration du chapitre 3.
Hygiène et sécurité du soudeur
Courant, lumière, fumées, feu : la ronde avant d'amorcer
Le soudeur à l'électrode enrobée affronte cinq dangers, et chaque pièce de son équipement en arrête un :
- le courant électrique : la tension à vide du poste (cours 1) devient dangereuse dans un milieu humide, exigu ou conducteur, et quand la pince ou les câbles sont abîmés ;
- le rayonnement de l'arc : ultraviolets, infrarouges et lumière intense brûlent la peau et les yeux ; le « coup d'arc » aux yeux, une inflammation douloureuse de la cornée, frappe aussi les voisins non protégés ;
- les fumées : depuis 2017, le Centre international de recherche sur le cancer classe les fumées de soudage comme cancérogènes pour l'homme (groupe 1). Elles viennent à 95 % du produit d'apport : manganèse, chrome hexavalent des électrodes inox, nickel, fluorures des basiques ;
- le feu : projections, laitier et bouts d'électrodes brûlants enflamment ce qui traîne ; un récipient ayant contenu un produit inflammable peut exploser ;
- le bruit et les brûlures : le gougeage est très bruyant, le laitier saute aux yeux au piquage, les pièces restent brûlantes longtemps.
D'où l'armure : masque à filtre adapté à l'intensité, gants et veste en cuir ou ignifugés, guêtres, chaussures de sécurité, lunettes pour piquer et meuler, protection auditive pour le gougeage, et appareil de protection respiratoire quand le captage ne suffit pas. Mais l'armure vient en dernier : d'abord on supprime ou l'on capte le danger à la source.
Manipulation 6 : la ronde de sécurité
Coche les vérifications faites avant d'amorcer : chaque risque encore ouvert s'allume en violet sur le poste. Choisis le milieu de travail et l'intensité : la lecture rappelle la tension à vide admise (cours 1) et l'échelon de filtre, à titre d'exemple selon la réglementation américaine (OSHA). Le bouton ▶ fait la ronde : chaque vérification se coche à son tour.
Les fumées et leurs valeurs limites
La prévention suit un ordre : choisir un procédé et des produits moins émissifs, capter les fumées à la source (bras ou torche aspirante, table aspirante), ventiler l'atelier, et seulement ensuite protéger le soudeur par un appareil respiratoire (filtres P3). L'INRS rappelle les valeurs limites d'exposition professionnelle (VLEP, sur 8 h) des poussières sans effet spécifique : 4 mg/m³ pour la fraction inhalable et 0,9 mg/m³ pour la fraction alvéolaire depuis le 1er juillet 2023. Certains constituants ont leurs propres limites, bien plus basses : 1 µg/m³ pour le chrome hexavalent en France, valeur contraignante depuis 2014 ; pour le manganèse, l'Union européenne retient 0,2 mg/m³ (fraction inhalable) et 0,05 mg/m³ (fraction alvéolaire).
Le courant et la lumière
Rappel du cours 1 : la tension à vide admise est de 113 V crête en courant continu ; en courant alternatif, 80 V efficaces en milieu normal, mais 48 V efficaces seulement dans un milieu à risque accru de choc électrique (humide, exigu, conducteur), où l'on préfère un poste à courant continu ou un réducteur de tension à vide. Pour les yeux, l'échelon du filtre croît avec l'intensité. À titre d'exemple, la réglementation américaine (OSHA) impose pour l'électrode enrobée au moins l'échelon 8 de 60 à 160 A, 10 de 160 à 250 A et 11 de 250 à 550 A, et en recommande 10, 12 et 14. En Europe, les filtres de soudage relèvent de l'EN ISO 16321-2 ; les anciens filtres portent encore le marquage de l'EN 169.
Hors de l'atelier, sur un chantier ou dans un bâtiment existant, tout travail par point chaud demande un permis de feu : zone inspectée et dégagée, combustibles retirés ou protégés, extincteur à portée, surveillance pendant et après le travail, car un feu couve parfois pendant des heures.
Exercices corrigés
Six exercices et un défi, du DMOS à la ronde de sécurité
Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Écris la limite littérale, puis sa valeur avec son plafond. Les manipulations 1 à 6 permettent de vérifier tes résultats ; le défi se rejoue dans les manipulations 2 et 3.
Exercice 1 : la chaîne de la qualité N1 · chapitre 1
a) Remets dans l'ordre : soudage de la pièce, rédaction du DMOS, contrôle de la pièce, soudage et essais de l'éprouvette de QMOS, qualification du soudeur, réception des électrodes.
b) Pourquoi dit-on que le soudage est un « procédé spécial » ?
c) Une électrode rougit avant la fin ; une autre colle sans cesse. Donne une cause probable pour chacune.
d) Quel maillon oublié se révèle le plus tard, et pourquoi coûte-t-il le plus cher ?
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a) Rédaction du DMOS → soudage et essais de l'éprouvette de QMOS → qualification du soudeur → réception des électrodes → soudage de la pièce → contrôle de la pièce. La qualification du soudeur et la réception des électrodes peuvent se faire en parallèle, mais toujours avant le soudage de la pièce.
b) Parce que la qualité d'une soudure ne peut pas être entièrement vérifiée après coup sans la détruire : on la garantit en qualifiant d'avance le mode opératoire et le soudeur, puis en maîtrisant la fabrication.
c) Électrode qui rougit : intensité trop forte pour son diamètre, ou électrode trop longue. Électrode qui colle : intensité trop faible, ou électrode humide (cours 3).
d) L'oubli de l'étuvage des électrodes basiques (ou du préchauffage) : l'hydrogène peut provoquer une fissuration à froid différée, découverte après le contrôle, voire en service. Selon la règle empirique du 1-10-100, l'erreur coûte cent fois plus qu'à la préparation. Manipulation 1 : maillon « Électrodes étuvées ».
Exercice 2 : juger des défauts visibles N2 · chapitre 2
Soudure bout à bout, tôles de 10 mm, cordon de 12 mm de large.
a) Un caniveau de 0,6 mm est-il admis aux niveaux B, C et D ?
b) La surépaisseur mesure 3 mm. Verdict aux trois niveaux ?
c) Le défaut d'alignement des tôles mesure 1,2 mm. Verdict ?
d) Pour chacun, donne une cause probable en soudage à l'électrode enrobée.
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a) D : h ≤ 0,2 × 10 = 2 mm, max. 1 mm : admis. C : h ≤ 0,1 × 10 = 1 mm, max. 0,5 mm : refusé. B : h ≤ 0,05 × 10 = 0,5 mm : refusé.
b) D : h ≤ 0,25 × 12 + 1 = 4 mm : admis. C : h ≤ 0,15 × 12 + 1 = 2,8 mm : refusé. B : h ≤ 0,1 × 12 + 1 = 2,2 mm : refusé.
c) D : h ≤ 0,25 × 10 = 2,5 mm : admis. C : h ≤ 0,15 × 10 = 1,5 mm : admis. B : h ≤ 0,1 × 10 = 1 mm : refusé.
d) Caniveau : intensité trop forte, arc long ou balayage sans arrêt sur les bords. Surépaisseur : vitesse trop lente ou trop de métal par passe. Défaut d'alignement : accostage mal contrôlé (cours 4). Manipulation 2 : t = 10, b = 12, défaut et taille.
Exercice 3 : lire une radiographie N2 · chapitre 3
Soudure bout à bout de 20 mm, niveau C demandé.
a) Une soufflure isolée de 3,5 mm est-elle admise ? Et au niveau B ?
b) Une inclusion de laitier de 2,5 mm de haut et 15 mm de long ?
c) Un manque de fusion court de 1 mm ? Un manque de pénétration ?
d) Quel contrôle choisir pour chercher des manques de fusion ? Pourquoi ?
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a) C : d ≤ 0,3 × 20 = 6 mm, max. 4 mm : admise. B : d ≤ 0,2 × 20 = 4 mm, max. 3 mm : refusée.
b) C : h ≤ 0,3 × 20 = 6 mm, max. 3 mm et l ≤ s = 20 mm : 2,5 ≤ 3 et 15 ≤ 20, admise.
c) Manque de fusion : non admis en C (il ne l'est, en imperfection courte, qu'au niveau D). Manque de pénétration d'un bout à bout à pleine pénétration : non admis en C.
d) Les ultrasons : un manque de fusion est un défaut plan, qui renvoie bien l'écho ; la radiographie ne le voit que s'il est à peu près parallèle aux rayons. Manipulation 3 : s = 20 mm.
Exercice 4 : fonte, aluminium, sous l'eau N1 et N2 · chapitre 4
a) Une fissure de 150 mm dans un carter en fonte grise : quelle électrode, quelle longueur de cordon, quelle règle de température ? Combien de cordons ?
b) Pourquoi perce-t-on un trou à chaque extrémité de la fissure ? Pourquoi martèle-t-on ?
c) Quel courant et quelles précautions pour une électrode enrobée pour aluminium ?
d) Quelles sont les deux façons de souder sous l'eau, et le principal problème du soudage mouillé ?
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a) Électrode au nickel pur (type ENi-CI), petit diamètre, faible intensité ; cordons de 20 à 30 mm ; pièce gardée sous 100 °C entre deux cordons. Avec des cordons de 25 mm : 150/25 = 6 cordons. Manipulation 4 : réglages par défaut.
b) Le trou arrondit la pointe de la fissure et l'empêche de progresser. Le martelage, juste après chaque cordon, détend le métal déposé qui se rétracte en refroidissant, et soulage la fonte fragile.
c) Courant continu, électrode au + ; électrodes bien sèches ; préchauffage de 100 à 150 °C des pièces épaisses ; cordons tirés ; laitier, corrosif, enlevé entre les passes et après soudage.
d) Le soudage mouillé, électrode étanche dans l'eau, et le soudage sec hyperbare, dans une chambre remplie de gaz. Le soudage mouillé refroidit brutalement le joint et apporte beaucoup d'hydrogène : risque de fissuration, d'où sa limitation aux aciers de faible carbone équivalent.
Exercice 5 : régler un gougeage N2 · chapitre 5
a) Électrode de 9,5 mm, 500 A, avance de 889 mm/min : estime la largeur et la profondeur de la rigole.
b) Quelle vitesse donnerait une rigole de 12 mm de profondeur ? Peut-on la faire en une passe ?
c) Quels courant et pression d'air choisir pour un acier ?
d) La rigole est gris-noir avec des perles sur les bords. Que faut-il faire avant de souder ?
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a) w ≈ 9,5 + 3,2 = 12,7 mm ; p ≈ 150 × 500/(12,7 × 889) ≈ 6,6 mm.
b) v = 150 × 500/(12,7 × 12) ≈ 492 mm/min. La limite d'une passe est 1,5 × 9,5 ≈ 14,3 mm : 12 mm se gougent en une passe. Manipulation 5 : ⌀ 9,5, 500 A, v ≈ 490 mm/min.
c) Courant continu, électrode au + ; air de 5,5 à 6,9 bar à la pince.
d) La rigole garde du métal carburé (intensité trop faible, air insuffisant ou avance irrégulière) : on la meule jusqu'au métal sain, et l'on corrige les réglages.
Exercice 6 : la ronde de sécurité N1 · chapitre 6
a) Quel échelon de filtre au minimum et conseillé pour une électrode de 3,2 mm à 110 A, selon l'exemple américain du cours ? Et pour un gougeage à 500 A ?
b) Quelle tension à vide est admise en courant alternatif au fond d'une cuve métallique ?
c) Pourquoi les fumées des électrodes inox demandent-elles une attention particulière ?
d) Dans quel ordre organise-t-on la protection contre les fumées ?
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a) 110 A : échelon 8 au minimum, 10 conseillé. 500 A : 11 au minimum, 14 conseillé. Manipulation 6 : intensité 110 puis 500 A.
b) Un milieu exigu et conducteur est à risque accru : 48 V efficaces au plus en courant alternatif (68 V crête) ; on préfère un poste à courant continu ou un réducteur de tension à vide.
c) Elles contiennent du chrome hexavalent, cancérogène, dont la VLEP française est de 1 µg/m³ ; les fumées de soudage sont d'ailleurs toutes classées cancérogènes (groupe 1) depuis 2017.
d) Procédé et produits moins émissifs, captage à la source, ventilation générale, puis appareil de protection respiratoire si cela ne suffit pas ; la FDS des électrodes guide l'évaluation.
🏆 Défi : un lot de soudures refusées N2 · chapitres 2 et 3, à rejouer dans les manipulations 2 et 3
Une soudure bout à bout de 12 mm d'épaisseur, cordon de 14 mm de large, doit satisfaire au niveau C de l'ISO 5817. Le contrôle relève quatre défauts : un caniveau de 0,8 mm ; des projections autour du cordon ; une inclusion de laitier de 2 mm de haut et 20 mm de long ; une soufflure isolée de 3 mm.
a) Donne le numéro ISO 6520-1 de chaque défaut.
b) Juge chacun au niveau C. Lesquels seraient admis au niveau D ?
c) Pour chaque défaut refusé, donne une cause probable et la correction du mode opératoire.
d) Comment répare-t-on la soudure ?
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a) Caniveau 5011 ; projections 602 ; inclusion de laitier 301 ; soufflure isolée 2011.
b) Caniveau : C h ≤ 0,1 × 12 = 1,2 mm, max. 0,5 mm : refusé ; D max. 1 mm : admis. Projections : acceptation selon l'application ; on les élimine si la pièce est peinte ou exposée à la corrosion. Inclusion : C h ≤ 3 mm mais l ≤ s = 12 mm : 20 mm, refusée, et refusée aussi en D. Soufflure : C d ≤ 0,3 × 12 = 3,6 mm : admise (elle serait refusée en B, limite 2,4 mm). Manipulations 2 et 3 : t = s = 12 mm, b = 14 mm.
c) Caniveau : intensité trop forte, arc long ou balayage sans arrêt sur les bords → baisser l'intensité, garder l'arc court, marquer un temps sur les bords. Inclusion : décrassage insuffisant ou racine non meulée → décrasser chaque passe, meuler la racine (cours 4). Projections : arc long, intensité trop forte, électrode humide ou soufflage → corriger l'arc, étuver les électrodes.
d) On repère l'inclusion, on l'élimine par meulage ou gougeage arc-air jusqu'au métal sain (rigole meulée, sans métal carburé), on ressoude selon un DMOS de réparation, on reprend le caniveau par une passe de finition, puis l'on recontrôle (visuel et radiographie).
Quiz : 12 questions éclair
Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste
Fiche mémoire du cours 5
Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête
La chaîne
Exigences, DMOS et QMOS, soudeurs qualifiés, électrodes, préparation, paramètres, contrôles, traçabilité (ISO 3834).
La loupe
ISO 6520-1 : un nom, un numéro. Défaut = écart ; défaut inacceptable = hors limite.
Le bijou
ISO 5817 : B le plus exigeant. Caniveau : 0,05·t, 0,1·t, 0,2·t, avec leurs plafonds.
La radiographie
Soufflures et inclusions en volume ; manques de fusion et fissures plans. Fissures jamais admises.
Le biscuit sec
Fonte : électrode nickel, cordons de 20 à 30 mm, sous 100 °C, martelés ; trou en bout de fissure.
La canette d'aluminium
Électrodes Al99,5, AlMn1, AlSi5, AlSi12 ; surtout pour réparer. Sous l'eau : mouillé ou hyperbare.
La bougie soufflée
Gougeage arc-air (871) : CC+, 5,5 à 6,9 bar, 35° pour creuser ; meuler le métal carburé.
L'armure
Tension à vide, filtre adapté, captage des fumées (cancérogènes), permis de feu, EPI en dernier recours.
Le drapeau à damier
Poste, arc, électrode, préparation et geste, qualité et sécurité : la série est bouclée.
Glossaire
Les mots, symboles et sigles de ce cours
- a, b, h, l, s, t
- Symboles de l'ISO 5817 : gorge d'une soudure d'angle ; largeur de la surépaisseur ; taille (hauteur, profondeur ou diamètre) d'un défaut ; sa longueur ; épaisseur nominale d'une soudure bout à bout ; épaisseur de la tôle (mm).
- AWS A5.3, AWS A5.15
- Classifications américaines des électrodes pour l'aluminium et pour les fontes (ENi-CI, ENiFe-CI).
- Beurrage
- Couche déposée d'abord sur un bord, pour souder ensuite sur un métal plus favorable.
- Caniveau (5011)
- Sillon creusé dans le métal de base le long du bord du cordon.
- CIRC
- Centre international de recherche sur le cancer, qui classe les fumées de soudage comme cancérogènes pour l'homme (groupe 1) depuis 2017.
- CND : PT, MT, RT, UT
- Contrôles non destructifs : ressuage, magnétoscopie, radiographie, ultrasons (ISO 17635).
- Coordinateur en soudage
- Responsable des activités de soudage et de leur qualité (ISO 14731).
- Coup d'arc (601)
- Trace d'un amorçage hors du joint ; aussi, inflammation de l'œil due au rayonnement de l'arc.
- Défaut, défaut inacceptable
- Tout écart par rapport à la soudure idéale (imperfection) ; défaut jugé inadmissible (defect), selon l'ISO 6520-1.
- DMOS, QMOS
- Descriptif de mode opératoire de soudage (ISO 15609-1) ; qualification du mode opératoire par des essais (ISO 15614-1).
- Débordement (506)
- Métal déposé posé sur la tôle sans s'y lier.
- Défaut d'alignement (507)
- Décalage en hauteur entre les pièces soudées bout à bout.
- EN ISO 16321-2, EN 169
- Protecteurs des yeux et du visage pour le soudage ; ancienne norme des filtres de soudage.
- EPI
- Équipement de protection individuelle (masque, gants, veste, guêtres, protection auditive ou respiratoire).
- Échelon de teinte
- Numéro d'un filtre de soudage : plus il est élevé, plus le filtre est sombre.
- FDS
- Fiche de données de sécurité, en 16 rubriques (règlement REACH).
- Fissure (100), fissure de cratère (104)
- Rupture du métal ; petite fissure en étoile en fin de cordon. Jamais admises par l'ISO 5817.
- Fonte grise, GS, malléable, blanche
- Fontes à graphite lamellaire, sphéroïdal (dite nodulaire), malléabilisée ; fonte blanche, sans graphite, non soudable.
- Gougeage arc-air (871)
- Procédé qui fond le métal par un arc de carbone et le chasse par un jet d'air comprimé.
- Imperfection courte
- Défaut dont la longueur totale ne dépasse pas 25 mm sur les 100 mm de soudure qui en contiennent le plus (ISO 5817).
- Inclusion de laitier (301)
- Laitier emprisonné dans la soudure.
- ISO 3834, ISO 14731
- Exigences de qualité en soudage (parties 2 complète, 3 normale, 4 élémentaire) ; coordination en soudage.
- ISO 5817, niveaux B, C, D
- Niveaux de qualité des défauts des soudures par fusion ; B le plus exigeant, D le moins.
- ISO 6520-1
- Classification des défauts géométriques des soudures par fusion, en six groupes numérotés.
- ISO 9606-1, ISO 17637, ISO 17635, ISO 1071
- Qualification des soudeurs ; contrôle visuel ; règles générales des CND ; produits d'apport pour les fontes.
- Manque de fusion, collage (401)
- Absence de liaison entre le métal déposé et le bord, la passe précédente ou la racine.
- Manque de pénétration, manque d'interpénétration (402)
- Racine non soudée sur toute l'épaisseur ; dans une soudure faite des deux côtés, passes qui ne se rejoignent pas.
- Martelage
- Coups de marteau à tête ronde sur un cordon encore chaud, pour le détendre.
- Métal carburé
- Métal enrichi en carbone laissé par un gougeage mal réglé ; dur et fragile, il se meule.
- p, w, d, I, v, θ, P
- Gougeage : profondeur et largeur de la rigole (mm) ; diamètre de l'électrode (mm) ; intensité (A) ; vitesse (mm/min) ; angle de l'électrode (°) ; pression d'air (bar).
- Permis de feu
- Autorisation écrite et mesures de prévention pour un travail par point chaud hors atelier.
- Piqûre (2017)
- Soufflure qui débouche en surface.
- Procédé spécial
- Procédé dont le résultat ne peut pas être entièrement vérifié après coup ; il se qualifie d'avance.
- Projections (602)
- Gouttelettes de métal collées autour du cordon.
- Soudage mouillé, soudage hyperbare
- Soudage sous l'eau directement dans l'eau ; ou à sec, dans une chambre étanche remplie de gaz.
- Soufflure (2011), nid de soufflures (2013)
- Bulle de gaz piégée dans le métal ; groupe de soufflures.
- Surépaisseur excessive (502), convexité excessive (503)
- Cordon bout à bout trop bombé ; soudure d'angle trop bombée.
- Ti, Lc, Lf
- Fonte : température sous laquelle on attend avant un nouveau cordon ; longueur d'un cordon ; longueur de la fissure.
- VLEP
- Valeur limite d'exposition professionnelle, sur 8 h (poussières 4 mg/m³ inhalables et 0,9 mg/m³ alvéolaires ; chrome hexavalent 1 µg/m³ en France).
Ai-je bouclé la série ?
Dix points à cocher de tête
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| Question | L'outil | Cours | Le réflexe du soudeur |
|---|---|---|---|
| Avec quoi soude-t-on ? | procédé 111, générateur tombant, tension à vide, facteur de marche, câbles | 1 | lire la plaque, serrer la masse près du joint, dimensionner les câbles |
| Comment régler l'arc ? | courant et polarité, intensité, hauteur d'arc, vitesse, énergie, soufflage | 2 | un arc court, l'intensité de la plage du diamètre, la masse contre le soufflage |
| Quelle électrode, et dans quel état ? | enrobages, hydrogène, étuvage, efficacité, désignation ISO 2560 | 3 | lire la boîte, étuver les basiques, compter les électrodes |
| Comment préparer et souder ? | chanfreins ISO 9692-1, pointage, préchauffage EN 1011-2, geste, positions ISO 6947, passes, gorge | 4 | propre, ouvert, pointé ; préchauffer si besoin ; reprendre en revenant au cratère |
| Le cordon est-il bon, et le soudeur protégé ? | ISO 3834, ISO 6520-1, ISO 5817, CND, fontes et aluminium, gougeage, sécurité | 5 | nommer, mesurer, juger, remonter à la cause ; faire la ronde avant d'amorcer |