Avant de commencer
Le cours 1 en trois cases
| Chapitre du cours | Polycopié | Ce qu'il apporte à l'IWE |
|---|---|---|
| 1 Courant continu ou alternatif | § 6.1 courant continu ou redressé, § 6.4 courant alternatif | comprendre l'arc en CA et le rôle ionisant de l'enrobage |
| 2 Polarité et choix du courant | § 6.2 polarité directe, § 6.3 polarité inverse, § 6.14 choix selon les matériaux | choisir courant et polarité pour une électrode et un métal |
| 3 L'intensité et la pénétration | § 6.7, § 6.11, § 12.7 (p. 56), § 12.8 (p. 57) | régler l'intensité, prévoir la pénétration |
| 4 La tension, la hauteur d'arc et le transfert | § 6.6, § 6.13, § 12.4 à 12.6 (p. 55-56), § 12.12 (p. 59) | tenir un arc court, reconnaître les modes de transfert |
| 5 La vitesse, l'orientation et l'énergie | § 6.9, § 6.12, § 12.9 à 12.11 (p. 57-58) | calculer l'énergie de soudage, régler vitesse et angles |
| 6 Le soufflage magnétique | § 12.34 et 12.35 (p. 84) | expliquer et combattre la déviation de l'arc |
- ISO 2560 : la classification des électrodes enrobées pour aciers non alliés ; son tableau 4B associe à chaque type d'enrobage le courant et la polarité admis.
- ISO/TR 17671-1 et EN 1011-1 : les recommandations générales pour le soudage à l'arc, dont la définition de l'énergie de soudage Q et du rendement thermique k ; ISO/TR 18491 : la mesure de l'énergie de l'arc E ; EN 1011-2 : le soudage des aciers ferritiques, avec les formules du temps de refroidissement t8/5.
- CC, CA : courant continu, courant alternatif (en anglais DC et AC). CC+ : électrode au pôle positif, dite polarité inverse (en anglais DCEP, direct current electrode positive) ; CC− : électrode au pôle négatif, dite polarité directe (DCEN, electrode negative).
- DMOS : descriptif de mode opératoire de soudage, le document qui fixe les paramètres d'une soudure.
Un DMOS de soudage à l'électrode enrobée fixe le type de courant, la polarité, la plage d'intensité, la vitesse ou la longueur de cordon par électrode, et souvent une plage d'énergie de soudage. Le coordinateur en soudage doit savoir d'où viennent ces valeurs, les faire respecter, et lire dans un cordon raté le réglage qui a dérapé : arc trop long, intensité trop faible, vitesse trop rapide, mauvaise polarité, soufflage magnétique.
La série en cinq cours
Le plan du cours
- 1Courant continu ou alternatif
Un arc qui s'éteint et se rallume cent fois par seconde.
- 2Polarité et choix du courant
Électrode au + ou au − : ce que dit l'enrobage, ce que demande le métal.
- 3L'intensité et la pénétration
Le bouton principal : il règle la fusion et l'enfoncement du cordon.
- 4La tension, la hauteur d'arc et le transfert
Un arc court et serré, sinon l'air entre et les gouttes s'envolent.
- 5La vitesse, l'orientation et l'énergie
Le geste du soudeur et l'énergie de soudage, jusqu'au refroidissement.
- 6Le soufflage magnétique
Quand le champ magnétique pousse l'arc, et comment le ramener.
Courant continu ou alternatif
Un arc qui s'éteint et se rallume cent fois par seconde
En courant continu (CC), le courant garde toujours le même sens et la même valeur : l'arc brûle sans interruption. Ce courant vient d'un redresseur, d'un onduleur ou d'un groupe (cours 1).
En courant alternatif (CA), le courant change de sens cent fois par seconde, puisque le réseau européen vibre à 50 Hz (50 hertz : 50 périodes par seconde, avec deux passages par zéro à chaque période). À chaque passage par zéro, le courant s'annule un instant : l'arc s'éteint presque, et sa colonne de gaz commence à refroidir. Pour qu'il se rallume dans l'autre sens, il faut que la tension remonte au-dessus d'un seuil, la tension de réamorçage.
C'est une bougie magique qu'on soufflerait cent fois par seconde. Elle se rallume seule à trois conditions :
- une mèche encore chaude : le gaz de l'arc reste chaud et conducteur pendant quelques dixièmes de milliseconde ;
- une mèche facile à rallumer : l'enrobage contient des éléments qui s'ionisent facilement, comme le potassium et le sodium. Un atome ionisé a perdu un électron ; un gaz riche en ions et en électrons libres conduit le courant ;
- une étincelle assez forte : une tension à vide suffisante, et un transformateur dont la tension est « en avance » sur le courant, de sorte qu'au passage par zéro du courant la tension est déjà haute.
Si l'une des conditions manque, l'arc crépite, devient instable, ou s'éteint. Voilà pourquoi toutes les électrodes ne s'emploient pas en alternatif : les basiques et les cellulosiques prévues pour le seul courant continu n'ont pas assez d'éléments ionisants.
Manipulation 1 : l'oscilloscope du courant alternatif
L'oscilloscope montre deux périodes (40 ms) de la tension u entre la pince et la pièce (en haut) et du courant i (en bas). Choisis le type de courant, l'électrode et le transformateur, règle la tension à vide U0 (valeur efficace) et l'intensité I (valeur efficace), puis lance ▶. En pointillés, la tension que le transformateur offre pour réamorcer l'arc. Modèle pédagogique : tensions de réamorçage de 30 V (rutile riche en potassium), 50 V (basique prévue pour le CA) et 130 V (électrodes prévues pour le seul CC) ; l'arc s'éteint quand le courant tombe sous 8 A.
Le courant alternatif en équations (polycopié, § 6.1 et 6.4)
La tension d'un transformateur à vide varie comme une sinusoïde :
e(t) : tension disponible à l'instant t (V) ; U0 : tension à vide efficace (V), √2·U0 sa valeur crête ; sin : fonction sinus ; ω (« oméga ») : pulsation, en radians par seconde (rad/s) ; f : fréquence, 50 Hz ; T : période ; φ (« phi ») : avance de la tension sur le courant, due à la réactance du transformateur
Le courant passe par zéro toutes les T/2 = 10 ms. Juste après, l'arc ne se rallume que lorsque la tension disponible dépasse la tension de réamorçage Ur. Le retard de réamorçage vaut :
tr : retard de réamorçage après le passage par zéro du courant (s), nul si le numérateur est négatif ; arcsin : fonction réciproque du sinus (l'angle dont le sinus vaut…) ; si Ur dépasse √2·U0, l'arc ne se rallume jamais
Exemple : U0 = 50 V (70,7 V crête) et une rutile qui se rallume à 30 V. Sans réactance (φ = 0), arcsin(30/70,7) ≈ 25,1°, soit tr ≈ 25,1/360 × 20 ms ≈ 1,4 ms : l'arc reste éteint 14 % de chaque demi-période, il crépite. Avec un transformateur à réactance (φ = 60°), la tension vaut déjà 70,7 × sin 60° ≈ 61 V quand le courant passe par zéro : l'arc repart aussitôt. Une électrode qui demanderait 130 V ne se rallumerait jamais, même à 80 V efficaces (113 V crête), la limite de la norme.
| Courant continu | Courant alternatif | |
|---|---|---|
| Arc | stable, continu | s'éteint et se rallume 100 fois par seconde |
| Électrodes | toutes (dans la polarité prévue) | seulement celles prévues pour le CA (types 11, 12, 13, 16, 18… de l'ISO 2560) |
| Tension à vide | limite 113 V crête | il en faut assez pour réamorcer, mais 80 V eff. au plus (48 V en milieu à risque accru) |
| Soufflage magnétique | fréquent (chapitre 6) | fortement réduit |
| Matériel | redresseur, onduleur, groupe | transformateur simple et robuste |
Un vieux transformateur de soudage ne délivre que du courant alternatif. Avant de lancer un travail, le coordinateur vérifie que les électrodes prévues par le DMOS acceptent le CA ; sinon, il faut un redresseur ou un onduleur. Le CA retrouve son intérêt sur les grosses pièces magnétisées, où le continu ferait souffler l'arc.
Polarité et choix du courant
Électrode au + ou au − : l'enrobage décide, le métal oriente
En courant continu, l'un des deux pôles de l'arc est la cathode (−), l'autre l'anode (+). Les électrons, très légers, partent de la cathode et frappent l'anode ; les ions positifs, lourds et lents, vont en sens inverse et frappent la cathode. Les deux pôles reçoivent donc de la chaleur, mais pas exactement la même part.
- CC+, polarité inverse : électrode au pôle positif, pièce au négatif. C'est la polarité la plus employée en 111 ; elle donne en général une pénétration plus profonde.
- CC−, polarité directe : électrode au pôle négatif. L'électrode fond un peu plus vite, la pénétration et la dilution baissent : utile sur tôle mince ou pour une racine ouverte qui risquerait de percer.
- CA : la polarité change cent fois par seconde ; le résultat se situe entre les deux, et le soufflage magnétique recule.
En 111, contrairement au soudage TIG (électrode de tungstène qui ne fond pas, sous gaz inerte, procédé 141), la balance reste presque équilibrée : le métal de l'électrode passe lui-même dans le bain et y emporte sa chaleur. C'est surtout l'enrobage qui décide : chaque électrode est conçue pour un courant et une polarité, écrits sur sa boîte et dans sa désignation. Le métal à souder oriente ensuite le choix de l'électrode, donc du courant.
Manipulation 2 : électrons, ions et partage de la chaleur
Choisis la polarité et le type d'électrode (symboles de l'ISO 2560, système B), règle l'intensité I, et observe le sens des charges, le partage de la chaleur entre l'électrode et la pièce, la vitesse de fusion et la pénétration relatives. Le bouton ▶ inverse la polarité. Modèle pédagogique : parts de chaleur et coefficients relatifs illustratifs (pénétration plus forte en CC+, fusion de l'électrode environ 10 % plus rapide en CC−) ; la compatibilité affichée est celle du tableau 4B de l'ISO 2560.
Directe ou inverse (polycopié, § 6.2 et 6.3)
Les ordres de grandeur publiés convergent : à réglages égaux, le CC+ pénètre davantage ; le CC− fond l'électrode plus vite, réduit la pénétration et la dilution du métal de base dans le cordon. Mais l'écart reste modéré, et l'enrobage pèse plus que la polarité : une cellulosique en CC+ pénètre bien plus qu'une rutile, quelle que soit la polarité de celle-ci.
Ce que dit l'ISO 2560
Dans le système B de l'ISO 2560 (classification d'après la résistance à la traction), deux chiffres de la désignation donnent le type d'enrobage, qui fixe les positions et le courant. Extrait du tableau 4B :
| Symbole | Type d'enrobage | Courant admis |
|---|---|---|
| 10 | cellulosique | CC (+) |
| 11 | cellulosique | CA et CC (+) |
| 12 | rutile | CA et CC (−) |
| 13 | rutile | CA et CC (±) |
| 15 | basique | CC (+) |
| 16 | basique | CA et CC (+) |
| 18 | basique + poudre de fer | CA et CC (+) |
| 24 | rutile + poudre de fer | CA et CC (±) |
CC (+) : électrode au pôle positif ; CC (−) : au pôle négatif ; CC (±) : l'un ou l'autre. Le cours 3 détaillera la désignation complète et les enrobages.
Le choix selon le métal soudé (polycopié, § 6.14)
| Métal | Électrodes usuelles | Courant et polarité usuels |
|---|---|---|
| Aciers non alliés et faiblement alliés | rutiles, basiques, cellulosiques | selon l'enrobage (tableau ci-dessus) ; basiques le plus souvent en CC+ |
| Aciers inoxydables | rutiles, basiques | CC+ ; certaines rutiles marquées « AC/DC » acceptent aussi le CA |
| Aluminium et alliages | électrodes Al-Si (par exemple 5 % de silicium) | CC+ uniquement |
| Fontes | électrodes au nickel | CC+ de préférence, CA possible selon la fiche ; faible intensité, cordons courts |
La fiche du fabricant fait foi : elle donne le courant, la polarité et la plage d'intensité de chaque diamètre. Le cours 5 reviendra sur l'aluminium et les fontes.
Pour une première passe sur une tôle mince ou une racine ouverte qui perce facilement, une rutile de type 12 ou 13 en CC− fond plus vite et pénètre moins : le bain reste maîtrisable. Sur un acier épais où l'on craint le manque de fusion, une basique en CC+ pénètre mieux. Le choix entre dans le DMOS et ne se change pas en cours de route.
L'intensité et la pénétration
Le bouton principal : il règle la fusion et l'enfoncement du cordon
L'intensité est le premier réglage du soudeur. Elle commande à la fois la fusion de l'électrode, donc la quantité de métal déposé, et la pénétration, c'est-à-dire la profondeur à laquelle l'arc fait fondre la pièce sous le cordon. La pénétration croît plus vite que l'intensité : 20 % d'ampères en plus donnent environ 30 % de profondeur en plus.
Chaque diamètre d'électrode a sa plage d'intensité, donnée par le fabricant (cours 1 : de l'ordre de 80 à 150 A pour une rutile de 3,2 mm). Comme pour une poêle :
- feu trop doux (intensité trop faible) : l'arc est mou et instable, l'électrode colle, le cordon reste étroit et bombé, posé sur la tôle sans s'y lier : c'est le manque de fusion, et le laitier peut rester piégé ;
- feu trop fort (intensité trop forte) : l'électrode rougit avant la fin, son enrobage se fissure, les projections se multiplient, le bain se creuse en caniveaux le long du cordon, et une tôle mince peut percer.
En position verticale ou au plafond, le bain risque de couler : on baisse l'intensité de 10 à 20 % environ, ou l'on prend un diamètre plus petit.
Manipulation 3 : la coupe du cordon et la fenêtre d'intensité
Choisis le diamètre et la position, puis règle l'intensité I. La coupe montre le cordon sur la tôle : métal déposé en gris, métal de base fondu en bleu-vert, avec la largeur w, la surépaisseur h et la pénétration p. La barre du bas place ton réglage dans la plage indicative du diamètre. Le bouton ▶ monte l'intensité d'un bout à l'autre. Modèle pédagogique d'un cordon sur tôle, rutile en CC+, arc de 3 mm, 3 mm/s.
Ce que fixe l'intensité (polycopié, § 6.7, 6.11 et 12.8)
Le métal déposé par millimètre de cordon (sa section) découle directement du cours 1 : l'âme fond à cf·I grammes par heure, dont une part r se retrouve dans le cordon.
Ad : section du métal déposé (mm²) ; r : rendement, 0,95 dans nos modèles ; cf : coefficient de fusion, 9,5 g/(A·h) = 2,64 × 10⁻³ g/(A·s) ; ρ : masse volumique de l'acier, 7,85 × 10⁻³ g/mm³ ; v : vitesse d'avance (mm/s) ; δ (« delta ») : dilution, part de métal de base fondu dans le cordon ; Ab : section de métal de base fondu (mm²) ; J : densité de courant dans l'âme (A/mm²) ; d : diamètre de l'âme (mm)
Exemple : 3,2 mm, 3 mm/s. À 110 A, Ad = 0,95 × 2,64 × 10⁻³ × 110/(7,85 × 10⁻³ × 3) ≈ 11,7 mm². Le modèle de la manipulation donne alors une pénétration d'environ 1,7 mm et une dilution d'environ 36 %. À 80 A : 8,5 mm² déposés et 1,0 mm de pénétration ; à 140 A : 14,9 mm² et 2,4 mm. Le métal déposé suit l'intensité (proportionnel à I), la pénétration la devance (proportionnelle à I1,5 dans le modèle, exposant illustratif).
À 140 A, la densité de courant vaut 140/(π × 3,2²/4) ≈ 17,4 A/mm² dans une âme de 3,2 mm, mais seulement 11,1 A/mm² dans une âme de 4 mm : à intensité égale, le plus petit diamètre donne un arc plus concentré et pénètre un peu plus, mais il chauffe plus vite.
Les facteurs de la pénétration (polycopié, § 12.7)
| Facteur | Pour pénétrer plus | Chapitre |
|---|---|---|
| Intensité | l'augmenter (facteur principal) | 3 |
| Type d'enrobage | cellulosique > basique > rutile | 3 ; cours 3 |
| Polarité | CC+ plutôt que CC− | 2 |
| Densité de courant | diamètre plus petit à intensité égale | 3 |
| Hauteur d'arc | arc court | 4 |
| Vitesse d'avance | ni trop rapide, ni trop lente (le bain qui coule devant l'arc l'amortit) | 5 |
| Inclinaison | électrode tirée (pointe vers le cordon déjà fait) | 5 |
| Préparation | chanfrein, écartement, talon adaptés | cours 4 |
Une électrode qui rougit dans sa seconde moitié est trop chargée : l'âme chauffe par effet Joule, l'enrobage se dégrade et ne protège plus le bain. Le soudeur baisse l'intensité ou passe au diamètre supérieur. C'est aussi un signe que l'électrode est peut-être d'un diamètre plus petit que prévu dans le DMOS.
La tension, la hauteur d'arc et le transfert
Un arc court et serré, sinon l'air entre et les gouttes s'envolent
La hauteur d'arc (ou longueur d'arc) l est la distance entre le bout de l'électrode et le bain. Avec un générateur à caractéristique tombante ou à courant constant (cours 1), c'est elle qui fixe la tension : plus l'arc est long, plus sa tension monte, alors que le courant ne bouge presque pas. Sur le poste, on règle l'intensité ; la tension, c'est la main du soudeur qui la tient (polycopié, § 6.6, 6.13, 12.4 à 12.6).
La règle de l'arc court : une hauteur d'arc de l'ordre du diamètre de l'âme, voire moins pour les basiques. Comme une lampe de poche approchée d'un mur :
- arc court : énergie concentrée, bonne pénétration, cordon bien formé, gaz et laitier qui protègent bien le bain, peu de projections ;
- arc long : arc qui s'étale et vagabonde, cordon plus large et plus plat, pénétration plus faible, projections, caniveaux ; surtout, l'air s'infiltre dans l'arc : l'azote et l'oxygène attaquent le métal fondu et forment des soufflures (porosités), en particulier avec les électrodes basiques ;
- arc trop court : l'électrode touche le bain, colle, et le cordon devient irrégulier.
La hauteur d'arc change aussi la façon dont le métal passe de l'électrode au bain : c'est le mode de transfert (polycopié, § 12.12). Selon l'enrobage, le métal part en fines gouttes, en grosses gouttes qui touchent le bain, ou projeté par un arc très violent.
Manipulation 4 : allonger l'arc
Choisis l'enrobage, règle l'intensité I et la hauteur d'arc l d'une électrode de 3,2 mm. À gauche, l'arc agrandi : les gouttes, la cloche de gaz protecteur et l'air qui entre quand l'arc s'allonge. À droite, la coupe du cordon à 3 mm/s. Le bouton ▶ allonge l'arc de 1 à 8 mm. Modèle pédagogique : U = 14 + 0,04·I + 2·l (U en V, I en A, l en mm), cohérent avec le cours 1 ; risques indicatifs.
La tension d'arc
La tension d'un arc se décompose en deux chutes de tension concentrées près de l'électrode et de la pièce, de l'ordre d'une dizaine de volts au total, et une chute dans la colonne de l'arc, proportionnelle à sa longueur :
U : tension d'arc (V) ; a : somme des chutes de tension aux deux pôles et d'un terme qui croît un peu avec le courant (V) ; b : champ électrique dans la colonne, de l'ordre de 1 à 2 V par millimètre ; l : hauteur d'arc (mm). Dans nos modèles : a = 14 + 0,04·I et b = 2 V/mm, ce qui redonne la droite conventionnelle U2 = 20 + 0,04·I2 pour un arc de 3 mm.
Exemple : à 120 A, un arc de 3 mm donne U = 14 + 4,8 + 6 = 24,8 V ; un arc de 6 mm, 30,8 V. Le courant restant le même, la puissance de l'arc et l'énergie par millimètre de cordon augmentent de 24 % : le cordon s'élargit et s'aplatit, mais la pénétration baisse, car l'énergie s'étale et se perd davantage par rayonnement.
Les modes de transfert (polycopié, § 12.12)
| Enrobage | Transfert typique | Conséquences |
|---|---|---|
| Rutile, acide | fines gouttes, nombreuses | arc doux et stable, peu de projections, bel aspect |
| Basique | grosses gouttes, souvent avec de brefs courts-circuits quand elles touchent le bain | arc plus « dur » ; exige un arc très court, sinon soufflures |
| Cellulosique | gouttes moyennes projetées par un arc très énergique, riche en gaz | forte pénétration, projections, adapté à la descente (pipelines) |
Dans tous les cas, le cratère d'enrobage canalise les gouttes, et le laitier fondu enrobe chaque goutte pendant son vol. Le cours 3 relie ces comportements à la composition de l'enrobage.
Certaines électrodes à enrobage très épais, chargé de poudre de fer (type 24 de l'ISO 2560, en position à plat et en corniche), se soudent en appuyant la collerette d'enrobage sur la pièce : la hauteur d'arc est alors fixée par l'épaisseur de la collerette, et même un soudeur débutant tient un arc régulier.
La vitesse, l'orientation et l'énergie
Le geste du soudeur et l'énergie apportée à chaque millimètre
La vitesse d'avance v est la vitesse à laquelle l'arc se déplace le long du joint (polycopié, § 6.12 et 12.9). Comme un pinceau :
- trop lent : le cordon devient épais et large, le bain coule devant l'arc et amortit sa pénétration, le laitier peut passer devant et rester piégé ; trop de chaleur grossit le grain du métal ;
- trop rapide : le cordon est mince et étroit, mal raccordé, avec des caniveaux et du manque de fusion, et le laitier n'a pas le temps de remonter.
Deux angles décrivent la position de l'électrode (polycopié, § 12.10 et 12.11) :
- l'orientation, vue dans le plan perpendiculaire au joint : l'électrode vise la bissectrice du joint, à 90° des tôles pour un bout à bout à plat, vers 45° pour une soudure d'angle ;
- l'inclinaison, vue dans le plan du joint : l'électrode penche de 10 à 30° par rapport à la perpendiculaire. En 111, on la tient le plus souvent tirée : la poignée devance la pointe, qui vise le cordon déjà fait. L'arc repousse alors le laitier vers l'arrière et creuse davantage. Poussée, la pointe vise l'avant : le cordon s'aplatit, pénètre moins, et le laitier risque de passer devant.
Intensité, tension et vitesse se combinent enfin en une seule grandeur : l'énergie apportée à chaque millimètre de joint. Elle décide de la forme du cordon, mais aussi de la vitesse à laquelle la zone soudée refroidit, donc de sa dureté et de sa ténacité.
Manipulation 5 : souder un cordon et calculer son énergie
Règle l'intensité I, la hauteur d'arc l (qui donne la tension U), la vitesse v et l'inclinaison α (positive : électrode tirée ; négative : poussée), puis l'épaisseur e de la tôle et le type de joint pour le t8/5. Le bouton ▶ soude un cordon en accéléré. Énergie de l'arc E = U·I/v et énergie de soudage Q = k·E avec k = 0,8 (EN 1011-1) ; t8/5 selon l'EN 1011-2, préchauffage nul (T0 = 20 °C) ; forme du cordon : modèle pédagogique ; longueur de cordon pour une électrode de 3,2 × 350 mm (modèle du cours 1).
Deux énergies à ne pas confondre (polycopié, § 6.9)
E : énergie de l'arc (kJ/mm), selon l'ISO/TR 18491 ; Q : énergie de soudage, ou apport de chaleur (kJ/mm), selon l'ISO/TR 17671-1 et l'EN 1011-1 ; U : tension d'arc (V) ; I : intensité (A) ; v : vitesse d'avance (mm/s) ; le facteur 10⁻³ convertit les J/mm en kJ/mm ; k : rendement thermique du procédé, rapport entre la chaleur qui entre dans la pièce et l'énergie électrique de l'arc, 0,8 pour le 111 (1,0 pour l'arc submergé, 0,6 pour le TIG)
Exemple : U = 24,4 V, I = 110 A, v = 3 mm/s : E = 24,4 × 110/3 × 10⁻³ ≈ 0,89 kJ/mm et Q = 0,8 × 0,89 ≈ 0,72 kJ/mm.
En 111, la vitesse est difficile à mesurer en cours de passe. On mesure plutôt la longueur de cordon déposée par une électrode, Lc, et sa durée de fusion te (cours 1) : la vitesse vaut v = Lc/te, et E = U·I·te/Lc. Une électrode de 3,2 × 350 mm qui brûle en 67 s en déposant 202 mm donne bien 24,4 × 110 × 67/202 ≈ 0,89 kJ/mm. Pour tenir une énergie, on fixe donc une longueur de cordon par électrode.
Du réglage au refroidissement (EN 1011-2)
L'énergie de soudage commande le refroidissement de la zone soudée, mesuré par le t8/5 : le temps que met le métal pour passer de 800 °C à 500 °C, l'intervalle où se décide la structure des aciers. Le cours 3 de la série Métallurgie en détaille les conséquences ; voici les formules de l'EN 1011-2 :
t8/5 : temps de refroidissement de 800 à 500 °C (s) ; T0 : température initiale de la pièce, 20 °C sans préchauffage (°C) ; Q : énergie de soudage (kJ/mm) ; e : épaisseur (mm) ; F3, F2 : facteurs de forme (1 pour un cordon sur tôle, 0,9 pour les passes d'un bout à bout, 0,67 pour un angle en T en écoulement 3D). La formule 3D vaut pour les tôles épaisses, la 2D pour les tôles minces ; on passe de l'une à l'autre à l'épaisseur de transition et.
Exemple : Q = 0,72 kJ/mm, T0 = 20 °C, cordon sur tôle. En 3D : t8/5 = 6 600 × 0,716 × (1/480 − 1/780) ≈ 3,8 s. L'épaisseur de transition vaut environ 12,4 mm : une tôle de 20 mm refroidit en 3,8 s, une tôle de 10 mm, plus lentement, en 5,8 s (formule 2D).
| Réglage qui augmente | Largeur w | Surépaisseur h | Pénétration p | Énergie Q |
|---|---|---|---|---|
| Intensité I | ↑ | ↑ | ↑↑ | ↑ |
| Hauteur d'arc l (tension U) | ↑ | ↓ | ↓ | ↑ |
| Vitesse v | ↓ | ↓ | ↓ (et ↓ aussi si trop lente) | ↓ |
| Inclinaison tirée α | ↓ | ↑ | ↑ | = |
Pour les aciers à haute limite d'élasticité, le DMOS impose souvent une plage d'énergie : assez pour éviter une zone trop dure et fragile, pas trop pour garder un grain fin et tenace. Le soudeur la respecte en tenant intensité, hauteur d'arc et longueur de cordon par électrode ; le coordinateur la vérifie en mesurant.
Le soufflage magnétique
Quand le champ magnétique pousse l'arc, et comment le ramener
Tout courant crée autour de lui un champ magnétique. Le courant de soudage traverse l'électrode, l'arc et la pièce, et crée donc un champ autour de l'arc. Or l'arc est un conducteur souple, fait de gaz : si le champ est plus fort d'un côté que de l'autre, une force le pousse vers le côté où il est le plus faible. L'arc dévie : c'est le soufflage magnétique (polycopié, § 12.34).
Le champ devient dissymétrique dans quatre situations :
- près des bouts de la tôle : le champ, qui se referme dans l'acier, se tasse vers le bord. L'arc est repoussé des extrémités, vers la masse de métal ;
- selon la place de la prise de masse : le courant qui file vers elle crée son propre champ. L'arc s'écarte du côté de la prise de masse ;
- dans un angle, un chanfrein étroit, une passe de racine épaisse, où l'acier entoure l'arc de façon inégale ;
- quand la pièce est aimantée (magnétisme rémanent), après un levage par électro-aimant ou un contrôle magnétique.
On parle de soufflage arrière quand l'arc est repoussé vers le cordon déjà fait, ce qui arrive en soudant vers la prise de masse ou en arrivant au bout du joint, et de soufflage avant quand il est poussé vers l'avant, au départ du joint ou en s'éloignant de la prise de masse. Le soufflage est surtout gênant en courant continu : en alternatif, le champ change de sens cent fois par seconde et s'affaiblit beaucoup.
Un arc qui souffle s'allonge, projette, protège mal le bain, et ne fond plus le bon endroit : soufflures, manque de fusion, caniveaux, inclusions de laitier.
Manipulation 6 : avancer vers le bord
Une tôle de 400 mm soudée de gauche à droite. Choisis la place de la prise de masse, le type de courant, des appendices en bout de joint, règle l'intensité I, l'aimantation rémanente Br de la pièce et la position x de l'arc. En haut, la tôle vue de dessus ; en bas, l'arc vu de côté, avec sa déviation. Le bouton ▶ soude le joint d'un bout à l'autre. Modèle pédagogique : déviation proportionnelle à I², effet des bords et de la prise de masse, effet de l'aimantation, réduction de 85 % en courant alternatif ; angles indicatifs.
Un champ qui n'est pas négligeable
Autour d'un conducteur rectiligne parcouru par un courant I, le champ magnétique vaut, à la distance r :
B : champ magnétique (T, tesla ; 1 mT = 10 gauss) ; μ0 = 4π × 10⁻⁷ T·m/A, perméabilité du vide ; I : courant (A) ; r : distance au conducteur (m) ; F : force de Laplace sur une longueur L de conducteur placée dans un champ B perpendiculaire (N)
Exemple : à 5 mm d'un courant de 200 A, B = 4π × 10⁻⁷ × 200/(2π × 0,005) = 8 × 10⁻³ T = 8 mT, soit 80 gauss. Une pièce dont l'aimantation rémanente dépasse environ 50 gauss (5 mT), valeur souvent citée comme seuil de gêne, crée donc un champ du même ordre que celui de l'arc lui-même. Le champ propre de l'arc croît avec I, et la force aussi : la déviation croît comme I². Monter l'intensité aggrave le soufflage.
Les remèdes (polycopié, § 12.35)
| Remède | Pourquoi il agit |
|---|---|
| passer en courant alternatif (au moins pour la racine) | le champ s'inverse cent fois par seconde et s'affaiblit |
| déplacer la prise de masse : au départ si l'arc souffle vers l'arrière, à l'arrivée s'il souffle vers l'avant ; ou souder vers une grosse pointe | le champ du courant de retour compense celui des bords |
| plusieurs prises de masse | les courants de retour se partagent et leurs effets se compensent |
| arc court, intensité la plus faible possible | l'arc court est plus raide ; la force décroît comme I² |
| incliner l'électrode pour que sa pointe vise le côté opposé à la déviation | la poussée de l'arc compense la force magnétique |
| appendices (plaquettes) en début et en fin de joint, pointages lourds aux extrémités | les bords magnétiques s'éloignent de la zone soudée |
| démagnétiser la pièce, contrôler au gaussmètre (appareil de mesure du champ magnétique) ; enrouler le câble autour de la pièce pour créer un champ opposé | on supprime ou on compense le magnétisme rémanent |
Des tubes levés par électro-aimant ou contrôlés par magnétoscopie arrivent parfois aimantés : la racine devient impossible en courant continu. On mesure au gaussmètre aux extrémités, on démagnétise ou l'on compense avec un câble enroulé, et l'on soude la racine en courant alternatif si l'électrode le permet.
Exercices corrigés
Six exercices et un défi, du passage par zéro au soufflage
Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Écris la formule littérale, puis les valeurs avec leurs unités. Les manipulations 1 à 6 permettent de vérifier tes résultats ; le défi se rejoue dans la manipulation 5.
Exercice 1 : cent rallumages par seconde N1 · chapitre 1
Un transformateur de soudage a une tension à vide U0 = 50 V efficaces, à 50 Hz. Une rutile de type 13 se rallume dès que la tension disponible dépasse Ur = 30 V (modèle).
a) Combien de fois par seconde le courant passe-t-il par zéro ? Combien dure une demi-période ?
b) Sans réactance (φ = 0), calcule le retard de réamorçage et la part de la demi-période où l'arc reste éteint.
c) Avec un transformateur à réactance (φ = 60°), quelle tension est disponible au passage par zéro du courant ? Conclus.
d) Une basique de type 15 demanderait ici 130 V. Que se passe-t-il, même à 80 V efficaces ? Que dit l'ISO 2560 ?
Voir la correction
a) Deux passages par période, 50 périodes par seconde : 100 passages par zéro par seconde. Une demi-période dure T/2 = 1/(2 × 50) = 10 ms.
b) Tension crête √2 × 50 ≈ 70,7 V ; arcsin(30/70,7) ≈ 25,1° ; tr = 25,1/360 × 20 ms ≈ 1,4 ms, soit 14 % des 10 ms : l'arc crépite. Manipulation 1 : rutile, « cas d'école », 50 V.
c) 70,7 × sin 60° ≈ 61 V > 30 V : l'arc se rallume aussitôt. La réactance du transformateur met la tension en avance sur le courant, juste quand l'arc en a besoin.
d) À 80 V efficaces, la crête n'atteint que √2 × 80 ≈ 113 V < 130 V : l'arc ne se rallume jamais après le premier passage par zéro. L'ISO 2560 réserve le type 15 au CC+.
Exercice 2 : la bonne polarité N1 · chapitre 2
a) Le câble de la pince est branché sur la borne − du poste. Comment s'appelle cette polarité ?
b) Pour les électrodes de types 10, 12, 13, 15 et 16 (ISO 2560, système B), dis si elles conviennent sur ce branchement, puis sur un transformateur.
c) Racine ouverte sur une tôle de 3 mm qui perce facilement : quelle électrode et quelle polarité proposer ?
d) Quelle polarité pour une électrode d'aluminium ?
Voir la correction
a) Électrode au pôle négatif : CC−, dite polarité directe.
b) En CC− : 12 (CA et CC−) et 13 (CA et CC±) conviennent ; 10, 15 et 16 non (ils demandent CC+ en continu). Sur un transformateur (CA) : 12, 13 et 16 conviennent ; 10 et 15 non (CC+ seulement). Manipulation 2 : la compatibilité s'affiche pour chaque couple.
c) Une rutile de type 12 ou 13 en CC− : l'électrode fond plus vite, la pénétration et la dilution baissent, le risque de percer aussi.
d) CC+ uniquement.
Exercice 3 : l'intensité fait le trou N2 · chapitre 3
Cordon sur tôle avec une électrode de 3,2 mm à 3 mm/s ; r = 0,95, cf = 9,5 g/(A·h), ρ = 7,85 g/cm³.
a) Calcule la section de métal déposé Ad à 110 A.
b) Le cordon mesure w = 7,3 mm de large ; avec un profil parabolique (Ad = 2/3·w·h), calcule sa surépaisseur h.
c) On monte à 132 A (+20 %). De combien augmentent Ad et la pénétration du modèle (proportionnelle à I1,5) ?
d) Calcule la densité de courant à 140 A dans une âme de 3,2 mm et de 4 mm.
e) On soudait à 120 A à plat. Quelle plage viser en vertical montant ?
Voir la correction
a) cf = 9,5/3 600 = 2,64 × 10⁻³ g/(A·s) ; Ad = r·cf·I/(ρ·v) = 0,95 × 2,64 × 10⁻³ × 110/(7,85 × 10⁻³ × 3) ≈ 11,7 mm².
b) h = 3·Ad/(2·w) = 3 × 11,7/(2 × 7,3) ≈ 2,4 mm.
c) Ad suit I : × 1,20 (14,1 mm²). La pénétration : 1,21,5 ≈ 1,31, soit +31 % (de 1,7 à 2,2 mm dans la manipulation 3).
d) J = I/(π·d²/4) : 140/8,04 ≈ 17,4 A/mm² pour 3,2 mm, 140/12,6 ≈ 11,1 A/mm² pour 4 mm. L'âme fine concentre davantage l'arc mais chauffe plus vite.
e) 10 à 20 % de moins : environ 96 à 108 A.
Exercice 4 : la hauteur d'arc N1 · chapitre 4
Modèle : U = 14 + 0,04·I + 2·l (U en V, I en A, l en mm). Électrode de 3,2 mm à 120 A.
a) Calcule la tension pour un arc de 2, 3 et 6 mm.
b) À vitesse égale, de combien augmente l'énergie de l'arc quand l'arc passe de 3 à 6 mm ? Comment change le cordon ?
c) Pourquoi les électrodes basiques exigent-elles un arc très court ?
d) Diagnostic : cordon large et plat, nombreuses projections, soufflures. Puis : électrode qui colle, cordon bosselé. Quelle hauteur d'arc dans chaque cas ?
Voir la correction
a) 2 mm : 14 + 4,8 + 4 = 22,8 V ; 3 mm : 24,8 V ; 6 mm : 30,8 V.
b) 30,8/24,8 ≈ 1,24 : +24 %. Le cordon s'élargit et s'aplatit, la pénétration baisse, les projections augmentent (manipulation 4).
c) Leur gaz de protection est moins abondant et leurs grosses gouttes traversent l'arc lentement : un arc long laisse entrer l'air, dont l'azote forme des soufflures. Un arc court garde le bain sous la cloche de gaz et de laitier.
d) Premier cas : arc trop long. Second cas : arc trop court. La bonne hauteur est de l'ordre du diamètre de l'âme.
Exercice 5 : énergie et refroidissement N2 · chapitre 5
Cordon sur tôle : U = 24,4 V, I = 110 A, v = 3 mm/s ; k = 0,8 ; pas de préchauffage (T0 = 20 °C).
a) Calcule l'énergie de l'arc E et l'énergie de soudage Q.
b) L'électrode de 3,2 × 350 mm a brûlé en 67 s en déposant 202 mm de cordon. Retrouve v et E à partir de ces mesures.
c) Calcule le t8/5 en écoulement 3D, l'épaisseur de transition, puis le t8/5 d'une tôle de 10 mm.
d) Le soudeur passe d'une électrode tirée à 15° à une électrode poussée. Qu'attends-tu ?
Voir la correction
a) E = U·I/v × 10⁻³ = 24,4 × 110/3 × 10⁻³ ≈ 0,89 kJ/mm ; Q = 0,8 × 0,895 ≈ 0,72 kJ/mm.
b) v = 202/67 ≈ 3,0 mm/s ; E = U·I·te/Lc = 24,4 × 110 × 67,4/202 × 10⁻³ ≈ 0,89 kJ/mm : même résultat, sans chronométrer la vitesse.
c) 3D : t8/5 = (6 700 − 100) × 0,716 × (1/480 − 1/780) ≈ 3,8 s. Transition : et = √[(4 300 − 86)/(6 600) × 10⁵ × 0,716 × (1/480 + 1/780)] ≈ 12,4 mm. À 10 mm < et, formule 2D : t8/5 = 4 214 × 10⁵ × (0,716/10)² × (1/480² − 1/780²) ≈ 5,8 s. La tôle mince refroidit plus lentement (manipulation 5).
d) Cordon plus large et plus plat, pénétration plus faible, et risque que le laitier passe devant l'arc et reste piégé. L'énergie, elle, ne change pas.
Exercice 6 : l'arc qui souffle N1 et N2 · chapitre 6
a) Calcule le champ magnétique à 5 mm d'un courant de 200 A, en mT et en gauss. Compare à une aimantation rémanente de 50 gauss.
b) Une tôle est soudée en courant continu en s'éloignant de la prise de masse, placée au départ. Comment l'arc dévie-t-il au départ et en arrivant au bout ?
c) Racine d'un tube aimanté, électrode basique de type 16 en CC+. Classe trois remèdes, du plus simple au plus lourd.
d) L'arc dévie toujours du même côté de l'électrode, où qu'on soit sur la pièce. Diagnostic ?
Voir la correction
a) B = μ0·I/(2π·r) = 4π × 10⁻⁷ × 200/(2π × 0,005) = 8 × 10⁻³ T = 8 mT = 80 gauss : une aimantation de 50 gauss est du même ordre, d'où un soufflage marqué.
b) Au départ, l'arc fuit le bord et la prise de masse, tous deux derrière lui : soufflage avant, fort. Au bout, le bord de tôle le repousse vers l'arrière : soufflage arrière (manipulation 6, « Masse au départ », x de 10 à 390 mm).
c) 1) Déplacer la prise de masse et raccourcir l'arc ; 2) passer la racine en courant alternatif, que le type 16 accepte ; 3) démagnétiser le tube ou compenser avec un câble enroulé, en contrôlant au gaussmètre.
d) Ce n'est pas du soufflage magnétique, qui dépend de l'endroit : c'est un enrobage excentré, défaut de l'électrode (cours 3).
🏆 Défi : tenir une fenêtre d'énergie N2 · chapitres 4 et 5, à rejouer dans la manipulation 5
Le DMOS des passes de remplissage d'un bout à bout en acier S355 (acier de construction de limite d'élasticité 355 MPa) de 20 mm prescrit : électrode basique de 3,2 × 350 mm en CC+, 120 A, arc court donnant 24 V, et une énergie de soudage comprise entre 0,8 et 1,2 kJ/mm (k = 0,8). Sans préchauffage, T0 = 20 °C.
a) Calcule la plage de vitesses d'avance qui respecte le DMOS, en mm/s puis en mm/min.
b) L'électrode dure 61,8 s à 120 A (modèle du cours 1). Traduis la plage en longueur de cordon par électrode.
c) Calcule le t8/5 aux deux bornes (passes de bout à bout, F3 = 0,9) après avoir vérifié le type d'écoulement.
d) Le soudeur allonge l'arc à 28 V. Que devient Q à 2,4 mm/s ? Et à 2,0 mm/s ? Quel autre risque court-il ?
Voir la correction
a) v = k·U·I/Q : vmin = 0,8 × 24 × 120/1 200 = 1,92 mm/s et vmax = 0,8 × 24 × 120/800 = 2,88 mm/s, soit 115 à 173 mm/min. Manipulation 5, bouton « Défi », puis v = 2,0 et 2,8 mm/s : dans la fenêtre ; 1,9 et 2,9 mm/s : hors fenêtre.
b) Lc = v·te : de 1,92 × 61,8 ≈ 119 mm à 2,88 × 61,8 ≈ 178 mm par électrode. C'est cette consigne que le soudeur peut vérifier avec un réglet.
c) L'épaisseur de transition vaut 16,1 mm à Q = 1,2 kJ/mm (13,1 mm à 0,8) : à 20 mm, l'écoulement est 3D. t8/5 = 6 600 × Q × (1/480 − 1/780) × 0,9 : 3,8 s à 0,8 kJ/mm et 5,7 s à 1,2 kJ/mm.
d) À 2,4 mm/s : Q = 0,8 × 28 × 120/2,4 × 10⁻³ = 1,12 kJ/mm, +17 %, encore dans la fenêtre. À 2,0 mm/s : 1,34 kJ/mm, hors fenêtre. Et surtout, un arc long avec une basique, c'est le risque de soufflures (chapitre 4) : la règle est de tenir l'arc court, pas de compenser par la vitesse.
Quiz : 12 questions éclair
Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste
Fiche mémoire du cours 2
Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête
La bougie magique
CA à 50 Hz : 100 passages par zéro par seconde. Gaz chaud, potassium et réactance rallument l'arc.
La balance
CC+ pénètre plus ; CC− fond plus vite, dilue moins. En 111 la chaleur reste presque équilibrée : l'enrobage décide.
L'étiquette
Tableau 4B de l'ISO 2560. Aluminium : CC+. Fonte au nickel : CC+ (CA possible).
La poêle
L'intensité creuse : +20 % d'ampères, ≈ +30 % de pénétration. Trop faible : collage ; trop forte : caniveaux. Position : −10 à −20 %.
La lampe de poche
La main tient la tension. Arc long : cordon large et plat, projections, soufflures (surtout en basique).
La pluie de gouttes
Rutile : fines gouttes ; basique : grosses gouttes et courts-circuits ; cellulosique : arc violent et pénétrant.
Le pinceau
Vitesse trop lente : bain devant l'arc ; trop rapide : caniveaux. Orientation sur la bissectrice ; pointe vers le cordon fait.
Le chronomètre
E sans k (ISO/TR 18491), Q avec k (EN 1011-1). Q commande le t8/5 (EN 1011-2). Longueur de cordon par électrode.
La boussole affolée
L'arc fuit la masse et les bouts. CA, prise de masse, arc court, angle, appendices, démagnétisation (≲ 50 gauss).
Glossaire
Les mots, symboles et sigles de ce cours
- Ad, Ab
- Section du métal déposé ; section du métal de base fondu, vues en coupe (mm²).
- Anode, cathode
- Pôle positif de l'arc, frappé par les électrons ; pôle négatif, frappé par les ions positifs.
- Appendices
- Plaquettes soudées en début et en fin de joint pour y amorcer et y finir les cordons, et éloigner les bords magnétiques de la zone utile.
- Arc court, arc long
- Hauteur d'arc de l'ordre du diamètre de l'âme ou moins ; hauteur nettement supérieure, source de projections et de soufflures.
- arcsin
- Fonction réciproque du sinus : arcsin(x) est l'angle dont le sinus vaut x.
- B, μ0, gauss
- Champ magnétique (T, tesla) ; perméabilité du vide, 4π × 10⁻⁷ T·m/A ; ancienne unité de champ, 1 mT = 10 gauss.
- CA, CC
- Courant alternatif, qui change de sens ; courant continu, de sens constant.
- CC+, CC− (DCEP, DCEN)
- Courant continu, électrode au pôle positif (polarité inverse) ; électrode au pôle négatif (polarité directe).
- Caniveau
- Sillon creusé dans la tôle le long du bord du cordon et non rempli ; signe d'une intensité, d'un arc ou d'une vitesse trop élevés.
- Collage
- Électrode qui se soude au bain ou à la pièce, par intensité trop faible ou arc trop court.
- cf, r
- Coefficient de fusion de l'âme (≈ 10 g par ampère et par heure) ; rendement, part du métal fondu qui se retrouve dans le cordon.
- DMOS
- Descriptif de mode opératoire de soudage.
- Densité de courant J
- Intensité divisée par la section de l'âme (A/mm²).
- Dilution δ
- Part de métal de base fondu dans le cordon : Ab/(Ab + Ad).
- e, et
- Épaisseur de la tôle ; épaisseur de transition entre écoulement de chaleur 2D et 3D (mm).
- E (énergie de l'arc)
- U·I/v, sans rendement (kJ/mm), selon l'ISO/TR 18491.
- Électron, ion
- Particule négative très légère ; atome qui a perdu (ou gagné) des électrons et porte une charge, ici positive.
- EN 1011-1, EN 1011-2
- Recommandations pour le soudage à l'arc : générales (énergie de soudage, rendement k) ; aciers ferritiques (t8/5, préchauffage).
- F2, F3
- Facteurs de forme du joint dans les formules du t8/5 (1 cordon sur tôle, 0,9 bout à bout, 0,67 angle en T en 3D).
- f, T, ω
- Fréquence (50 Hz) ; période (20 ms) ; pulsation 2π·f (rad/s).
- Force de Laplace
- Force exercée par un champ magnétique sur un conducteur parcouru par un courant : F = I·L·B.
- Gaussmètre, magnétoscopie
- Appareil de mesure du champ magnétique ; contrôle qui révèle les fissures à l'aide d'un champ magnétique et d'une poudre, et peut laisser la pièce aimantée.
- Hertz (Hz), radian par seconde (rad/s)
- Unité de fréquence, nombre de périodes par seconde ; unité de pulsation.
- Hauteur d'arc l
- Distance entre le bout de l'électrode et le bain (mm).
- Inclinaison α
- Angle de l'électrode dans le plan du joint, compté depuis la perpendiculaire : tirée (pointe vers le cordon fait) ou poussée (pointe vers l'avant).
- Ionisation
- Arrachement d'électrons aux atomes d'un gaz, qui le rend conducteur ; facilitée par le potassium et le sodium de l'enrobage.
- ISO 2560 (tableau 4B)
- Classification des électrodes pour aciers non alliés ; le tableau 4B donne, pour chaque type d'enrobage (10, 11, 12, 13, 15, 16…), les positions et le courant admis.
- ISO/TR 17671-1, ISO/TR 18491
- Rapports techniques de l'ISO : recommandations générales de soudage à l'arc (énergie de soudage Q) ; mesure des énergies de soudage (énergie de l'arc E).
- k
- Rendement thermique : part de l'énergie de l'arc qui entre dans la pièce ; 0,8 pour le 111.
- Lc, te
- Longueur de cordon déposée par une électrode (mm) ; durée de fusion d'une électrode (s).
- Magnétisme rémanent
- Aimantation qui reste dans un acier après exposition à un champ ; gênante au-delà d'environ 50 gauss.
- Manque de fusion
- Absence de liaison entre le cordon et la tôle ou entre deux passes.
- Martensite
- Structure très dure et fragile qui se forme dans un acier refroidi rapidement (série Métallurgie, cours 3).
- Mode de transfert
- Manière dont le métal passe de l'électrode au bain : fines gouttes, grosses gouttes avec courts-circuits, gouttes projetées.
- Orientation
- Angle de l'électrode dans le plan perpendiculaire au joint (90° en bout à bout à plat, ≈ 45° en angle).
- p, w, h
- Pénétration, largeur et surépaisseur du cordon (mm).
- Plage d'intensité
- Intervalle d'intensité donné par le fabricant pour un diamètre d'électrode.
- Polarité directe, inverse
- Électrode au pôle négatif (CC−) ; électrode au pôle positif (CC+).
- Q (énergie de soudage)
- k·U·I/v (kJ/mm), aussi appelée apport de chaleur.
- Réactance, déphasage φ
- Opposition des bobinages au courant alternatif ; décalage entre la tension et le courant qu'elle produit.
- S355
- Acier de construction de limite d'élasticité minimale 355 MPa.
- Soudage au contact
- Soudage avec une électrode à enrobage épais dont la collerette s'appuie sur la pièce et fixe la hauteur d'arc.
- Soufflage magnétique (avant, arrière)
- Déviation de l'arc par un champ magnétique dissymétrique, vers l'avant ou vers le cordon déjà fait.
- Soufflure
- Cavité remplie de gaz piégée dans le métal solidifié.
- T0
- Température initiale de la pièce (°C) : 20 °C sans préchauffage.
- t8/5
- Temps de refroidissement de 800 à 500 °C dans la zone soudée (s).
- tr, Ur
- Retard de réamorçage après le passage par zéro (ms) ; tension de réamorçage de l'arc (V).
- Tension crête, efficace
- Valeur maximale instantanée ; valeur qui chaufferait autant en continu. En sinusoïdal, crête = efficace × √2.
- TIG
- Soudage à l'arc avec électrode de tungstène non fusible, sous gaz inerte (procédé 141).
- U, I, U0
- Tension d'arc (V) ; intensité (A) ; tension à vide (V).
- v
- Vitesse d'avance (mm/s).
- ZAT
- Zone affectée thermiquement : métal de base chauffé par le soudage sans avoir fondu.
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