Avant de commencer
Les bases à avoir en tête, en trois cases
Ce premier cours de la série ne demande aucun autre cours du wiki : ces trois rappels suffisent.
| Chapitre du cours | Polycopié | Ce qu'il apporte à l'IWE |
|---|---|---|
| 1 Le procédé 111 | § 0 désignation, § 1 historique, § 2 principe | nommer le procédé, expliquer le rôle de l'âme et de l'enrobage |
| 2 Usages, atouts et limites | § 3 applications, § 4 avantages et inconvénients | choisir le 111 à bon escient, chiffrer un temps de soudage |
| 3 Le générateur et sa caractéristique | § 5 installations (5.1 choix, 5.2 diagrammes de sélection, 5.3 caractéristiques statiques) | comprendre le point de fonctionnement, choisir un générateur |
| 4 Tension à vide, amorçage et aides | § 6.5 tension à vide, § 6.10 aides à l'amorçage et à la stabilité | amorcer en sécurité, régler les aides à l'arc |
| 5 Facteur de marche et plaque | § 6.8 facteur de marche, § 6.15 plaque signalétique | vérifier qu'un poste tient le régime demandé |
| 6 Accessoires, câbles, masse, maintenance | § 7 gestion et maintenance (p. 24), § 8 accessoires (p. 28 à 30) | dimensionner les câbles, placer la masse, entretenir le parc |
- ISO 4063 : la nomenclature et les numéros des procédés de soudage (111 pour le nôtre).
- IEC 60974 : le matériel de soudage à l'arc, en plusieurs parties. Partie 1 : les sources de courant (caractéristiques, tension à vide, facteur de marche, plaque signalétique) ; partie 4 : l'inspection et les essais périodiques ; partie 11 : les porte-électrodes ; partie 12 : les dispositifs de connexion des câbles ; partie 13 : les pinces de retour du courant (prises de masse) ; partie 14 : l'étalonnage et la validation du matériel.
- HD 22.6 : le document d'harmonisation européen des câbles de soudage souples (type H01N2-D).
- IEC 60529 : les codes IP (International Protection), indices de protection contre les corps solides et l'eau.
- Sigles du procédé : MMA (manual metal arc, soudage manuel à l'arc), SMAW (shielded metal arc welding, le nom américain) ; CC et CA : courant continu et courant alternatif (en anglais DC et AC) ; VRD (voltage reducing device) : réducteur de tension à vide.
Le coordinateur en soudage choisit les postes, vérifie qu'ils conviennent au chantier (courant, facteur de marche, tension à vide, environnement), organise leur entretien et répond de la sécurité électrique. Beaucoup de défauts « mystérieux » naissent au poste avant de naître dans le joint : un câble trop fin qui fait chuter la tension, une prise de masse posée trop loin qui dévie l'arc, un générateur en surchauffe qui coupe en pleine passe, une tension à vide trop faible pour une électrode exigeante. Ce cours donne les outils pour les reconnaître.
La série en cinq cours
Le plan du cours
- 1Le procédé 111
Son nom normalisé, son histoire, son principe : une âme qui fond, un enrobage qui protège.
- 2Usages, atouts et limites
Partout et dans toutes les positions, mais lentement : chiffrer un chantier.
- 3Le générateur et sa caractéristique
Quatre familles de générateurs et une caractéristique tombante qui tient le courant.
- 4Tension à vide, amorçage et aides
Allumer l'arc, éviter le collage, et ne pas s'électrocuter.
- 5Facteur de marche et plaque signalétique
Combien de minutes sur dix le poste peut souder, et ce que dit sa plaque.
- 6Accessoires, câbles, masse et maintenance
Le courant fait l'aller et le retour : sections, chutes de tension, prise de masse, entretien.
Le procédé 111
Une baguette qui fond en fabriquant sa propre protection
L'électrode enrobée est une baguette de 25 à 45 cm de long. Son cœur, l'âme, est une tige métallique de 2 à 6 mm de diamètre ; autour d'elle, l'enrobage est une pâte minérale séchée, épaisse de un à quelques millimètres. Le soudeur la serre dans une pince porte-électrode, reliée au générateur (le poste de soudage) par un câble. Un second câble, fixé à la pièce par une prise de masse, ramène le courant au générateur.
Le soudeur touche la pièce du bout de l'électrode puis la relève de quelques millimètres : un arc électrique jaillit. C'est un pont de gaz devenu conducteur, porté à plusieurs milliers de degrés, que traverse le courant. Sa chaleur fait fondre en même temps le bout de l'électrode et la surface de la pièce, qui se mélangent dans le bain de fusion.
Chaque partie de l'électrode a son rôle, comme dans un crayon qui écrirait en métal :
- L'âme, c'est la mine : elle conduit le courant, puis fond goutte à goutte et nourrit le bain. Le métal qu'elle apporte s'appelle le métal déposé.
- L'enrobage, c'est le bois, mais un bois très utile : il fond un peu moins vite que l'âme et forme au bout une petite collerette, le cratère d'enrobage, qui guide l'arc. Il se décompose en gaz qui chassent l'air de l'arc, et il fond en un laitier, une sorte de verre minéral léger qui flotte sur le bain, le couvre pendant qu'il se solidifie, puis se retire au marteau à piquer.
- Le trait de crayon, c'est le cordon : derrière l'arc, le bain se solidifie en un cordon couvert de laitier. Le crayon raccourcit à mesure qu'il écrit : une électrode de 3,2 mm dure environ une minute.
Pas de bouteille de gaz, pas de dévidoir de fil : l'électrode apporte tout, le métal et sa protection. C'est ce qui rend le procédé si simple et si mobile.
Manipulation 1 : une électrode qui brûle
Choisis le diamètre d de l'électrode (diamètre de l'âme), règle l'intensité I et la vitesse d'avance v du soudeur, puis fais avancer le temps d'arc t, ou appuie sur ▶. À gauche, un zoom sur l'arc (schéma, pas à l'échelle) ; à droite, l'électrode et le cordon à l'échelle. Modèle pédagogique : l'âme fond à raison de cf ≈ 9,5 g par ampère et par heure, 95 % du métal fondu se retrouve dans le cordon, et l'on jette un bout de 40 mm.
La désignation normalisée (polycopié, § 0)
L'ISO 4063 numérote les procédés de soudage par familles emboîtées : le premier chiffre donne la famille, le deuxième le groupe, le troisième le sous-groupe. Dans son édition de 2023 :
| Numéro | Intitulé (ISO 4063:2023) | Ce qu'il dit |
|---|---|---|
| 1 | Soudage à l'arc | la chaleur vient d'un arc électrique |
| 11 | Soudage à l'arc avec électrode fusible sans protection gazeuse | l'électrode fond et devient du métal déposé ; aucune bouteille de gaz : la protection vient de l'électrode elle-même |
| 111 | Soudage manuel à l'arc (en anglais manual metal arc welding, MMA ; aux États-Unis shielded metal arc welding, SMAW) | l'électrode enrobée, tenue et guidée à la main |
On dit couramment « soudage à l'électrode enrobée », ou « à la baguette ». Le numéro 111 figure dans la fourche du symbole de soudure sur les plans, dans le descriptif de mode opératoire de soudage (DMOS) et sur les certificats de qualification des soudeurs. Dans le même groupe 11, le 112 désigne le soudage à l'arc avec électrode enrobée par gravité, où l'électrode descend seule le long d'un support, et le 114 le fil fourré autoprotecteur.
Un siècle d'électrodes (polycopié, § 1)
Le principe et le bilan matière (polycopié, § 2)
Le circuit est une boucle : générateur → câble de pince → pince → âme de l'électrode → arc → pièce → prise de masse → câble de retour → générateur. L'arc dégage une puissance P = U·I de 1 à 8 kW environ, concentrée sur quelques millimètres. L'électrode est fusible (elle fond) : elle sert à la fois de conducteur et de métal d'apport. La masse d'âme fondue par seconde est, en première approximation, proportionnelle à l'intensité :
ṁ (« m point ») : masse d'âme fondue par unité de temps (g/s) ; cf : coefficient de fusion, de l'ordre d'une dizaine de grammes par ampère et par heure (9,5 g/(A·h) dans nos modèles) ; I : intensité (A) ; te : durée de vie d'une électrode (s) ; mu : masse d'âme utile, sans le bout jeté (g) ; Lc : longueur de cordon déposée par une électrode (mm) ; v : vitesse d'avance du soudeur (mm/s)
Exemple : électrode de 3,2 × 350 mm à 110 A. L'âme pèse m = ρ·π·d²/4·L = 7,85 × 10⁻³ × π × 3,2²/4 × 350 ≈ 22,1 g (ρ = 7,85 g/cm³ = 7,85 × 10⁻³ g/mm³, masse volumique de l'acier ; π ≈ 3,14). On en brûle 310 mm, soit mu ≈ 19,6 g. Elle fond à 9,5 × 110/3 600 ≈ 0,29 g/s et dure donc te ≈ 19,6/0,29 ≈ 67 s. À 3 mm/s, elle dépose Lc ≈ 3 × 67 ≈ 200 mm de cordon : il faut environ cinq électrodes par mètre.
Le métal déposé ne vient pas que de l'âme fondue : une partie se perd en projections et en fumées, tandis que certains enrobages apportent de la poudre de fer. Le rapport entre la masse déposée et la masse d'âme fondue s'appelle le rendement de l'électrode (95 % dans nos modèles, au-delà de 100 % pour les électrodes à poudre de fer : cours 3).
En 111, le générateur fournit le courant, mais c'est la main du soudeur qui tient la hauteur d'arc, l'angle de l'électrode et la vitesse d'avance, et qui doit approcher l'électrode de la pièce à mesure qu'elle raccourcit. La qualité dépend donc beaucoup du soudeur, d'où l'importance de sa qualification selon l'ISO 9606-1. Le chapitre 3 montre comment le générateur l'aide à rester régulier.
Usages, atouts et limites
Le procédé qui va partout, mais pas le plus rapide
Un générateur portatif, deux câbles et une boîte d'électrodes : on peut souder au sommet d'un pylône, au fond d'une fouille, sur le pont d'un navire ou dans une ferme isolée, avec un groupe électrogène s'il le faut. Voilà pourquoi le 111 reste partout présent (polycopié, § 3) :
- sur les chantiers : charpente métallique, ponts, réservoirs, canalisations (les pipelines se soudent souvent avec des électrodes cellulosiques, en descendant) ;
- en réparation et maintenance : engins de travaux publics, matériel agricole, navires, rechargement des pièces usées ;
- en chaudronnerie et en tuyauterie, pour les racines et les positions difficiles ;
- sur de nombreux matériaux, en changeant d'électrode : aciers non alliés et faiblement alliés, aciers inoxydables, fontes, alliages de nickel, plus rarement cuivreux et aluminium.
Mais le couteau suisse a ses limites (polycopié, § 4). L'électrode est courte : toutes les minutes, le soudeur s'arrête pour la changer, jette un bout, pique le laitier du cratère, puis reprend le cordon. Le métal se dépose lentement, de l'ordre de 1 à 2 kg par heure d'arc. Et l'arc n'est allumé qu'une petite partie du temps de travail : c'est le taux d'arc, souvent 20 à 40 % en 111. Sur un long cordon en atelier, un procédé à fil continu va plusieurs fois plus vite.
Manipulation 2 : le chronomètre du chantier
Choisis un joint (sa section A), la longueur à souder L, le diamètre des électrodes (l'intensité suit la règle d'atelier I ≈ 50·(d − 1)) et le taux d'arc K du soudeur. Le compteur donne la masse à déposer, le nombre d'électrodes, le temps d'arc et le temps total, comparés à un procédé MAG (fil plein sous gaz actif, numéro 135). Modèle pédagogique : section théorique sans surépaisseur ; dépôt de 0,95 × 9,5 g/(A·h) en 111 ; MAG pris à 3,5 kg/h avec un taux d'arc de 40 % (ordres de grandeur).
Du volume du joint au temps de travail
Pour estimer un chantier, on part de la section du joint A (en mm²), c'est-à-dire l'aire du métal à déposer vue en coupe, et l'on enchaîne quatre calculs :
m : masse à déposer (g) ; ρ : masse volumique de l'acier (7,85 × 10⁻³ g/mm³) ; A : section du joint (mm²) ; L : longueur du joint (mm) ; N : nombre d'électrodes ; me : masse déposée par une électrode (g) ; tarc : temps d'arc ; D : taux de dépôt, masse déposée par heure d'arc (kg/h) ; ttot : temps de travail total ; K : taux d'arc, part du temps où l'arc est allumé (sans unité, ou en %)
Sections théoriques usuelles, sans surépaisseur : une soudure d'angle de gorge a (la hauteur du triangle inscrit dans le cordon, mesurée depuis la racine) a une section A = a² ; un chanfrein en V d'angle α (« alpha »), d'épaisseur t et d'écartement g a une section A = t²·tan(α/2) + g·t, où tan est la tangente. Pour t = 10 mm, α = 60° et g = 2 mm : A = 100 × 0,577 + 20 ≈ 78 mm².
Exemple : 6 m de soudure d'angle a = 5 mm (A = 25 mm²) avec des électrodes de 3,2 mm à 110 A, taux d'arc 30 %. m = 7,85 × 10⁻³ × 25 × 6 000 ≈ 1 178 g. Une électrode dépose me ≈ 0,95 × 19,6 ≈ 18,6 g, donc N ≈ 1 178/18,6 ≈ 63,3 : 64 électrodes. Le taux de dépôt vaut D ≈ 0,95 × 9,5 × 110 ≈ 0,99 kg/h, d'où tarc ≈ 1,178/0,99 ≈ 1,19 h ≈ 71 min, et ttot ≈ 71/0,30 ≈ 237 min, près de quatre heures. En MAG, à 3,5 kg/h et 40 % de taux d'arc, le même joint demanderait environ 50 min.
| Atouts du 111 | Limites du 111 |
|---|---|
| matériel simple, léger, robuste et bon marché | taux de dépôt faible (≈ 1 à 2 kg/h) et taux d'arc faible (≈ 20 à 40 %) |
| pas de gaz ni de dévidoir : chantier, extérieur, lieux d'accès difficile | changements d'électrode, bouts perdus, décrassage à chaque passe |
| toutes les positions de soudage | reprises à chaque électrode : autant de risques de défauts |
| câbles longs : on soude loin du poste | qualité très dépendante du savoir-faire du soudeur |
| grand choix d'électrodes, donc de matériaux | hydrogène apporté par l'humidité de l'enrobage : étuvage (cours 3) |
| tolère mieux le vent qu'un procédé sous gaz | fumées abondantes ; peu adapté aux tôles très minces (moins de 1,5 à 2 mm) et aux métaux très réactifs comme le titane |
Le 111 s'impose quand le matériel doit se déplacer, quand les joints sont courts, dispersés ou en position, quand il faut réparer, ou sur un chantier sans gaz ni abri. Pour de longs cordons répétitifs en atelier, le coordinateur choisit plutôt le MAG, le fil fourré ou l'arc submergé. Le chiffrage du chapitre permet d'argumenter ce choix devant un chef de chantier.
Le générateur et sa caractéristique
Une source qui tient le courant quand la main bouge
Le réseau électrique fournit 230 V ou 400 V avec quelques dizaines d'ampères. L'arc demande l'inverse : une tension basse, de 20 à 30 V environ, et un fort courant, de 50 à 300 A. Le générateur de soudage fait cette conversion, isole le circuit de soudage du réseau, et permet de régler le courant. Il en existe quatre familles (polycopié, § 5.1) :
- le transformateur, qui délivre du courant alternatif : simple, robuste, lourd ;
- le transformateur-redresseur, qui transforme puis redresse en courant continu ;
- l'onduleur (en anglais inverter) : il redresse le réseau, découpe le courant à très haute fréquence, le transforme dans un petit transformateur, puis le redresse ; léger et réglé électroniquement, c'est aujourd'hui le plus répandu ;
- le groupe moto-soudeur : un moteur thermique entraîne une machine tournante qui produit le courant ; c'est le poste des chantiers sans réseau.
La question clé est ailleurs. La main du soudeur n'est pas une machine : la hauteur d'arc varie sans cesse d'un millimètre ou deux. Or la tension de l'arc augmente avec sa longueur. Si le courant variait avec elle, la fusion de l'électrode, la chaleur apportée et la pénétration changeraient à chaque tremblement. Le générateur du 111 a donc une caractéristique tombante : sa tension s'effondre dès que le courant voudrait augmenter. Il se comporte comme un robinet à débit constant : que le tuyau (l'arc) soit plus long ou plus court, il débite presque le même courant.
Manipulation 3 : le point de fonctionnement
La courbe verte est la caractéristique du générateur : la tension qu'il délivre selon le courant. Règle l'intensité affichée Ir, la pente s de la caractéristique et la tension à vide U0. La droite rouge est la caractéristique de l'arc, qui monte avec sa hauteur l. Leur croisement est le point de fonctionnement : le courant et la tension réels pendant le soudage. Le bouton ▶ fait trembler la main (l varie de ± 1 mm) et trace le courant obtenu. Modèle pédagogique : arc U = 20 + 0,04·I + 2·(l − 3), avec U en V, I en A et l en mm ; l'arc de 3 mm suit la droite conventionnelle de la norme.
Caractéristique statique et droite de charge conventionnelle (polycopié, § 5.3)
Pour comparer les générateurs, la norme associe à chaque courant de soudage une tension conventionnelle, celle d'un arc « moyen ». Pour l'électrode enrobée :
U2 : tension conventionnelle en charge (V) ; I2 : courant conventionnel de soudage (A). Exemple : à 110 A, U2 = 20 + 4,4 = 24,4 V ; à 200 A, U2 = 28 V. Les autres procédés ont leur propre droite.
Pendant le soudage, l'arc a sa propre caractéristique : sa tension croît avec sa hauteur l et, un peu, avec le courant. Le point de fonctionnement est le croisement des deux courbes : c'est le seul couple (courant, tension) que le générateur et l'arc acceptent à la fois. Si la hauteur d'arc change de Δl (« delta l », un petit écart), la droite de l'arc se décale de b·Δl, et le courant varie de :
ΔI : variation du courant (A) ; b : augmentation de la tension d'arc par millimètre d'arc (de l'ordre de 1 à 2 V/mm ; 2 V/mm dans le modèle) ; Δl : variation de la hauteur d'arc (mm) ; s : pente descendante du générateur (en V/A ; 41,5 V/100 A = 0,415 V/A) ; c : pente de l'arc avec le courant (0,04 V/A dans le modèle)
Exemple : générateur réglé sur 110 A, avec U0 = 70 V. Une caractéristique droite de 70 V à vide jusqu'au point (110 A ; 24,4 V) a une pente s = (70 − 24,4)/110 ≈ 0,415 V/A, soit 41,5 V/100 A : elle est tombante. Si l'arc s'allonge de 1 mm, ΔI ≈ −2/(0,415 + 0,04) ≈ −4,4 A, soit 4 % du courant. Avec une source plate de 2 V/100 A (0,02 V/A), le même millimètre coûte ΔI ≈ −2/(0,02 + 0,04) ≈ −33 A, soit 30 % : l'arc devient ingouvernable. Avec un onduleur à courant constant (pente de l'ordre de 5 V/A), ΔI ≈ −0,4 A.
Le point de fonctionnement est stable quand, au croisement, la caractéristique du générateur descend plus vite que celle de l'arc : si le courant augmente un instant, le générateur fournit alors moins de tension que l'arc n'en demande, et le courant redescend. Une caractéristique tombante croisant un arc dont la tension monte est toujours stable.
Les quatre familles de générateurs
Un transformateur abaisse la tension grâce à deux enroulements sur un circuit magnétique en fer. Pour une tension donnée, la taille de ce circuit diminue quand la fréquence augmente :
U : tension efficace aux bornes d'un enroulement (V) ; f : fréquence (Hz) ; N : nombre de spires ; B : induction magnétique maximale dans le fer (T, tesla) ; Sfer : section du circuit magnétique (m²). Passer de 50 Hz à 50 kHz divise par 1 000 le produit N·Sfer nécessaire : c'est le secret de la légèreté des onduleurs.
| Famille | Courant | Réglage | Points forts | Points faibles |
|---|---|---|---|---|
| Transformateur | CA, 50 Hz | shunt magnétique mobile, noyau plongeur ou prises | simple, robuste, bon marché, peu de soufflage magnétique | lourd, CA seulement (électrodes compatibles), charge mal le réseau |
| Transformateur-redresseur | CC (et parfois CA) | mécanique ou électronique (thyristors) | robuste, toutes les électrodes en CC | lourd, encombrant |
| Onduleur | CC (CA sur certains) | électronique, découpage à 20 à 100 kHz | léger (5 à 20 kg pour 200 A), bon rendement, caractéristique programmable, aides à l'arc | électronique sensible à la poussière conductrice et aux chocs ; réparation spécialisée |
| Groupe moto-soudeur | CC ou CA | électronique ou mécanique | autonome, souvent avec une prise de courant auxiliaire pour l'outillage | bruit, carburant, gaz d'échappement, entretien du moteur |
Choisir un générateur (polycopié, § 5.1 et 5.2, qui présente aussi des diagrammes de sélection) : le courant maximal d'emploi, fixé par le plus gros diamètre d'électrode, et le facteur de marche à ce courant (chapitre 5) ; le type de courant demandé par les électrodes (les basiques et les cellulosiques préfèrent le continu ; beaucoup de rutiles acceptent l'alternatif) ; une tension à vide suffisante (chapitre 4) ; l'alimentation disponible (monophasée 230 V, triphasée 400 V, ou aucune : groupe) ; le poids et l'environnement (symbole S, indice IP) ; les fonctions utiles (aides à l'arc, réducteur de tension à vide, autres procédés).
Sur un pipeline ou un pylône, le groupe moto-soudeur fournit le courant de soudage et, souvent, une prise 230 V pour la meuleuse et l'éclairage. On le place à l'écart, sous le vent, loin des fouilles où ses gaz d'échappement s'accumuleraient, et on contrôle son plein avant la passe de racine : un arrêt en pleine racine laisse une reprise de plus.
Tension à vide, amorçage et aides à l'arc
Allumer l'arc sans coller et sans danger
Poste allumé, électrode en l'air : aucun courant ne passe, mais une tension est présente entre la pince et la pièce. C'est la tension à vide U0, de 50 à 100 V environ selon les postes. C'est la plus haute tension du circuit de soudage : dès que l'arc brûle, elle retombe vers 20 à 30 V.
Pour amorcer, on fait comme avec une allumette (polycopié, § 6.10, et cours 4 pour le geste) :
- par grattage : on frotte le bout de l'électrode sur la pièce, dans le joint, d'un geste court ;
- par toucher-relever : on pique la pièce et l'on relève aussitôt.
Au contact, l'électrode et la pièce forment un court-circuit : un fort courant traverse la petite surface de contact, la chauffe et la vaporise. En relevant de quelques millimètres, on étire ce pont de vapeur chaude en arc. La tension à vide aide à « percer » l'air au premier instant, et surtout à réallumer l'arc à chaque fois qu'il faiblit.
Les générateurs électroniques ajoutent trois aides à l'arc :
- le démarrage à chaud (hot start) : un supplément de courant pendant une fraction de seconde, le coup de pouce qui chauffe l'électrode et la pièce encore froides ;
- l'arc force (ou « dynamique d'arc ») : quand l'arc devient trop court, le générateur augmente le courant pour faire fondre plus vite le bout de l'électrode et éviter qu'elle se soude à la pièce ;
- l'anti-collage (anti-stick) : si l'électrode reste collée, le courant tombe presque à zéro au bout d'une fraction de seconde ; on la décolle sans qu'elle rougisse.
Reste le danger : 50 à 100 V suffisent pour électrocuter un soudeur en sueur, à genoux dans un réservoir métallique. D'où des limites de tension à vide fixées par la norme, et un quatrième dispositif, le réducteur de tension à vide (VRD), qui abaisse la tension tant que l'électrode ne touche pas la pièce.
Manipulation 4 : l'oscillogramme de l'amorçage
Un oscilloscope enregistre la tension U entre la pince et la pièce (en haut) et le courant I (en bas) pendant trois secondes : électrode en l'air, contact, arc établi, puis le soudeur plonge l'électrode vers la pièce et la retire. Active ou coupe les aides, règle la tension à vide U0 et l'intensité Ir, choisis le lieu de travail et le type de courant pour le contrôle de sécurité, puis appuie sur ▶. Modèle pédagogique d'un onduleur à courant constant : démarrage à chaud de + 50 % pendant 0,3 s, arc force de + 40 % en arc court, anti-collage à 20 A après 0,5 s de court-circuit, réducteur à 15 V ; les réglages réels dépendent du fabricant.
La tension à vide (polycopié, § 6.5)
Une tension à vide élevée facilite l'amorçage et le réamorçage, surtout en courant alternatif et avec les électrodes basiques ou cellulosiques. Mais elle augmente le risque de choc électrique. La norme IEC 60974-1 plafonne donc U0 :
| Lieu de travail | Courant continu | Courant alternatif |
|---|---|---|
| environnement sans risque accru de choc électrique | 113 V crête | 113 V crête et 80 V efficaces |
| environnement à risque accru de choc électrique (générateur marqué S) | 113 V crête | 68 V crête et 48 V efficaces |
La valeur crête est le maximum instantané de la tension ; la valeur efficace est celle qui produirait le même échauffement en continu. Pour une tension sinusoïdale, crête = efficace × √2 (√2 ≈ 1,41) : 48 V efficaces font 68 V crête. Le courant alternatif est plus sévèrement limité parce qu'à 50 Hz il provoque plus facilement que le courant continu une fibrillation ventriculaire : le cœur se contracte de façon désordonnée et cesse de pomper le sang. Pour comparaison, la tension limite conventionnelle de contact retenue par les règles de sécurité électrique en local sec est de 50 V en alternatif et de 120 V en continu : un poste de soudage à vide la dépasse souvent en alternatif.
Le réducteur de tension à vide (VRD) détecte que le circuit est ouvert (forte résistance entre pince et pièce) et ramène la tension à une valeur réduite, de l'ordre de quelques dizaines de volts au plus ; il rétablit la pleine tension dès que l'électrode touche la pièce. On le recommande dans les environnements à risque accru ; certains chantiers l'imposent.
L'amorçage, les aides et le réamorçage (polycopié, § 6.10)
| Aide | Ce que fait le générateur | Pourquoi | Réglage |
|---|---|---|---|
| Démarrage à chaud (hot start) | courant augmenté au début de l'arc, pendant une fraction de seconde | chauffer l'électrode et la pièce froides ; éviter le collage et le manque de fusion au départ du cordon | plus fort pour les électrodes basiques et les pièces épaisses |
| Arc force | courant augmenté quand la tension d'arc baisse (arc court) | fondre plus vite le bout de l'électrode, empêcher qu'elle colle, garder un arc « dur » et pénétrant | plus fort pour les cellulosiques et les positions difficiles ; plus faible pour un arc doux sur tôle mince |
| Anti-collage (anti-stick) | courant coupé ou fortement réduit après un court-circuit prolongé | décoller l'électrode sans qu'elle rougisse ni abîme son enrobage | souvent automatique |
Un transformateur à caractéristique tombante possède une « arc force » naturelle : quand l'arc raccourcit, son courant monte un peu (manipulation 3). L'onduleur la règle à volonté.
En courant alternatif, le courant change de sens et passe par zéro deux fois par période, soit cent fois par seconde à 50 Hz. À chaque passage, l'arc s'éteint presque et doit se réamorcer dans un gaz qui se refroidit. Il y faut une tension à vide suffisante et un enrobage riche en éléments qui s'ionisent facilement (ils perdent aisément un électron et rendent le gaz conducteur), comme le potassium et le sodium. C'est pourquoi toutes les électrodes ne s'emploient pas en alternatif, et pourquoi leur fiche indique le courant et la tension à vide minimale qu'elles demandent. Le cours 2 détaille le courant alternatif et la polarité.
Avant d'envoyer un soudeur dans une capacité métallique : générateur marqué S, de préférence en courant continu et avec réducteur de tension, laissé à l'extérieur ; câbles et pince en parfait état ; gants et vêtements secs, tapis isolant ; un surveillant à l'extérieur, capable de couper le courant. Ces règles s'ajoutent à la ventilation et au contrôle de l'atmosphère, traités au cours 5.
Facteur de marche et plaque signalétique
Ce que le poste peut tenir, écrit sur sa carte d'identité
Un générateur n'est pas parfait : une partie de l'énergie qu'il transforme se perd en chaleur dans ses enroulements, ses semi-conducteurs et ses câbles internes. Ces pertes croissent comme le carré du courant. Un ventilateur les évacue, mais seulement à un certain rythme. Si l'on soude trop fort trop longtemps, les composants dépassent leur température admissible : une protection thermique coupe alors le courant, un voyant s'allume, et il faut attendre que le poste refroidisse.
Le facteur de marche X dit combien de temps on peut souder à un courant donné, sur un cycle normalisé de 10 minutes, à une température ambiante de 40 °C. « 200 A à 35 % » signifie : 3,5 minutes de soudage à 200 A, puis 6,5 minutes de repos, et ainsi de suite indéfiniment, sans déclenchement. À courant plus faible, on peut souder plus longtemps : c'est le sprinteur qui ralentit pour devenir marathonien.
Toutes ces informations sont écrites sur la plaque signalétique du poste, sa carte d'identité (polycopié, § 6.15) : la norme, le type de générateur, le procédé, la tension à vide, la plage de réglage, les couples courant, tension et facteur de marche, et ce que le poste demande au réseau.
Manipulation 5 : la plaque et la surchauffe
La plaque d'un poste onduleur de 200 A (exemple fictif). Touche une case de la plaque, ou un bouton de lecture, pour savoir ce qu'elle dit. Règle ensuite le courant I, le facteur de marche prévu X (minutes de soudage sur 10) et la température ambiante θa, puis appuie sur ▶ : le graphique suit la température du point le plus chaud du poste pendant deux heures de cycles. Modèle pédagogique : échauffement du premier ordre de constante de temps 20 min, proportionnel à I², protection à 100 °C qui réarme 10 °C plus bas, calé pour que 200 A à 35 % atteigne juste le seuil à 40 °C.
Le facteur de marche (polycopié, § 6.8)
L'échauffement vient des pertes, proportionnelles à I², et de leur durée, proportionnelle à X. À chaleur évacuée égale, on obtient une règle approchée :
Iref, Xref : un couple lu sur la plaque ; IX : courant admissible au facteur de marche X ; XI : facteur de marche admissible au courant I ; √ : racine carrée
Exemple : plaque « 200 A à 35 % ». À 100 %, la règle donne I = 200 × √(0,35/1) ≈ 118 A ; à 60 %, 200 × √(0,35/0,60) ≈ 153 A. À 180 A, X = 35 × (200/180)² ≈ 43 %, soit 4 min 20 s par cycle de 10 min. La plaque de la manipulation annonce 155 A à 60 % et 125 A à 100 %, un peu plus que la règle : le poste a de l'inertie thermique et refroidit aussi pendant qu'il soude. La règle est une estimation prudente ; la plaque fait foi.
Le facteur de marche concerne tous les éléments parcourus par le courant : générateur, câbles, pince, prise de masse et connecteurs ont chacun le leur (chapitre 6).
La plaque signalétique (polycopié, § 6.15)
| Inscription | Signification | Sur la plaque de la manipulation |
|---|---|---|
| Norme | la norme de construction du générateur | EN IEC 60974-1 |
| Symbole du générateur | type de source (transformateur, redresseur, onduleur…) et type de courant de sortie : ⎓ continu, ~ alternatif | onduleur monophasé, sortie en continu |
| Symbole du procédé | le ou les procédés prévus (ici l'électrode enrobée) | MMA |
| S | utilisable en environnement à risque accru de choc électrique (chapitre 4) | présent |
| U0 | tension à vide assignée | 80 V |
| Plage | courant minimal et maximal, avec leurs tensions conventionnelles U2 = 20 + 0,04·I2 | 10 A / 20,4 V – 200 A / 28,0 V |
| X, I2, U2 | facteurs de marche et courants conventionnels correspondants, avec leurs tensions | 35 % : 200 A, 28,0 V ; 60 % : 155 A, 26,2 V ; 100 % : 125 A, 25,0 V |
| 1~ 50/60 Hz, U1 | alimentation : nombre de phases, fréquence, tension assignée du réseau | monophasé, 230 V |
| I1max | courant maximal absorbé sur le réseau | 40 A |
| I1eff | courant efficace maximal absorbé, compte tenu du facteur de marche ; c'est lui qui dimensionne la ligne et sa protection | 24 A |
| IP23S | indice de protection (IEC 60529) : 2 = protégé contre les corps solides de plus de 12,5 mm (les doigts) ; 3 = protégé contre la pluie jusqu'à 60° de la verticale ; S = essai à l'eau fait ventilateur à l'arrêt | IP23S |
| Classe d'isolation | température maximale des isolants des enroulements : F (155 °C), H (180 °C) | H |
Le courant efficace absorbé se déduit du courant maximal : I1eff ≈ I1max·√X (on néglige le petit courant absorbé à vide). Ici 40 × √0,35 ≈ 23,7 A : une ligne protégée à 16 A ne suffit pas pour souder à 200 A, il faut une ligne de 32 A ou réduire le courant.
Électrodes de 4 mm à 150 A, soudeurs qui enchaînent les passes : on cherche un poste qui tienne au moins 150 A à 60 %, avec une tension à vide suffisante pour les électrodes prévues, le symbole S si l'on soude dans des capacités, et une alimentation compatible avec le réseau de l'atelier (I1eff et calibre des prises). Le prix d'un poste plus puissant est vite rattrapé par les arrêts évités.
Accessoires, câbles, masse et maintenance
Le courant fait l'aller et le retour
Le courant de soudage parcourt une boucle : il part du générateur, traverse le câble de pince, la pince, l'électrode et l'arc, entre dans la pièce, rejoint la prise de masse et revient par le câble de retour. Chaque maillon compte (polycopié, § 8) :
- la pince porte-électrode serre l'électrode, lui amène le courant et protège la main par une poignée isolante. Elle est désignée par le courant qu'elle tient à 60 % de facteur de marche ;
- la prise de masse, ou pince de retour du courant, se fixe sur la pièce, sur un métal propre, et au plus près du joint ;
- les câbles sont faits de très nombreux fils de cuivre fins, pour rester souples, dans une gaine de caoutchouc ; leur section dépend du courant et de leur longueur ;
- les connecteurs (raccords rapides du poste et des rallonges) doivent être enfoncés et verrouillés à fond.
Comme un tuyau d'arrosage trop long ou trop fin, un câble résiste au passage du courant : une partie de la tension se perd en route, et le câble chauffe. Un mauvais contact (prise de masse sur de la peinture ou de la rouille, connecteur mal serré, pince usée) fait pareil en un seul point : il chauffe, parfois jusqu'à brûler, et l'arc devient capricieux.
Et le retour compte autant que l'aller. Si la prise de masse est posée loin du joint, le courant cherche son chemin à travers la structure : roulements, charnières, chaînes, charpente, et même les conducteurs de protection de l'installation électrique, qui peuvent chauffer dangereusement. On parle de courants vagabonds.
Manipulation 6 : la chute de tension dans les câbles
Choisis la section S des câbles, la longueur totale du circuit L (câble de pince + câble de masse), le courant I et le facteur de marche X. Le schéma colore les câbles selon leur échauffement ; la barre du bas montre ce que le générateur doit fournir : la tension de l'arc plus la chute de tension dans les câbles. Données : résistivité ρ = 0,025 Ω·mm²/m (câble souple chaud, valeur des tableaux de chute de tension) ; intensités admissibles des câbles harmonisés H01N2-D à 25 °C, sur un cycle de 10 min ; repère de chute de tension de 4 V environ, utilisé par des fabricants de postes.
Résistance, chute de tension et échauffement (polycopié, § 8.4)
R : résistance de l'ensemble des câbles (Ω) ; ρ : résistivité du cuivre (Ω·mm²/m) ; L : longueur totale, aller et retour (m) ; S : section d'un câble (mm²) ; ΔU : chute de tension (V) ; P : puissance perdue en chaleur dans les câbles (W)
La résistivité du cuivre pur vaut 0,0172 Ω·mm²/m à 20 °C. Un câble souple, fait de fils très fins, résiste un peu plus, et sa résistance augmente d'environ 0,4 % par degré : les tableaux de chute de tension des câbles de soudage, établis pour un câble chaud, correspondent à ρ ≈ 0,025 Ω·mm²/m (par exemple 0,709 V pour 100 A et 10 m en 35 mm²).
Exemple : pièce à 15 m du poste, soit L = 30 m ; 160 A. En 25 mm² : R = 0,025 × 30/25 = 0,030 Ω, ΔU = 0,030 × 160 = 4,8 V, P = 0,030 × 160² ≈ 770 W. En 35 mm² : R ≈ 0,0214 Ω, ΔU ≈ 3,4 V, P ≈ 550 W. Le générateur doit fournir la tension de l'arc plus ΔU : 20 + 0,04 × 160 + 3,4 ≈ 29,8 V.
On choisit la section avec deux critères : l'échauffement (le courant ne doit pas dépasser l'intensité admissible du câble au facteur de marche d'emploi) et la chute de tension (de l'ordre de 4 V au plus, repère de fabricants). Sur les câbles courts, c'est l'échauffement qui décide ; sur les câbles longs, c'est la chute de tension.
| Section | Admissible à 100 % | à 60 % | à 35 % | Chute pour 100 A et 10 m |
|---|---|---|---|---|
| 16 mm² | 135 A | 139 A | 150 A | 1,56 V |
| 25 mm² | 180 A | 190 A | 213 A | 1,00 V |
| 35 mm² | 225 A | 243 A | 279 A | 0,71 V |
| 50 mm² | 285 A | 316 A | 371 A | 0,49 V |
| 70 mm² | 355 A | 403 A | 482 A | 0,35 V |
Câbles de soudage harmonisés H01N2-D (HD 22.6), ambiante 25 °C, cycle de 10 min. À 40 °C, on multiplie les intensités admissibles par 0,87 environ.
Pince, prise de masse et connecteurs (polycopié, § 8.1 à 8.3)
L'IEC 60974-11 désigne une pince porte-électrode par le courant qu'elle tient à 60 % de facteur de marche, et lui associe une plage de diamètres d'électrodes et de sections de câble :
| Pince (A à 60 %) | 125 | 150 | 200 | 250 | 300 | 400 | 500 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Électrodes (mm) | 1,6–2,5 | 2–3,2 | 2,5–4 | 3,2–5 | 4–6,3 | 5–8 | 6,3–10 |
| Câble (mm²) | 10–16 | 16–25 | 25–35 | 35–50 | 50–70 | 70–95 | 95–120 |
La pince de retour du courant (IEC 60974-13) est elle aussi désignée par son courant à 60 % et par les sections de câble qu'elle accepte. On la fixe sur un métal propre (meulé si besoin), serrée, sur la pièce elle-même ou sur le support qui la porte, et au plus près du joint : le courant ne doit traverser ni roulement, ni charnière, ni chaîne, ni câble de levage, ni charpente du bâtiment. Les connecteurs de câbles de soudage (IEC 60974-12) sont dimensionnés pour la section ; un connecteur desserré chauffe et se détruit.
Gestion et maintenance du parc (polycopié, § 7)
- Identifier chaque poste, pince et câble, et tenir son historique (contrôles, réparations).
- Avant chaque poste de travail, le soudeur vérifie ses câbles (gaine intacte, pas de fils apparents), sa pince (isolants complets, mâchoires propres), sa prise de masse et ses connecteurs (serrés).
- Périodiquement et après chaque réparation, un contrôle selon l'IEC 60974-4 : examen visuel, continuité du conducteur de protection, résistance d'isolement, tension à vide, essai de fonctionnement. On dépoussière l'intérieur des onduleurs, car la poussière métallique conduit le courant.
- Valider les appareils de mesure (ampèremètre et voltmètre du poste) selon l'IEC 60974-14, surtout quand les paramètres d'un mode opératoire qualifié doivent être respectés ; les ateliers certifiés selon l'ISO 3834 (exigences de qualité en soudage) s'appuient pour cela sur l'ISO 17662, consacrée à l'étalonnage, à la vérification et à la validation du matériel de soudage.
Le polycopié illustre ce paragraphe par un retour d'expérience industriel (§ 7.1, p. 24).
Dans un atelier, la pièce posée sur un vireur et la prise de masse fixée sur le marbre : le courant traverse les galets et les roulements du vireur, où de petits arcs piquent les pistes, et peut emprunter la charpente et les conducteurs de protection du bâtiment. Une prise de masse sur la pièce, éventuellement tournante, règle le problème.
Exercices corrigés
Six exercices et un défi, de la baguette à la prise de masse
Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Écris la formule littérale, puis les valeurs avec leurs unités. Les manipulations 1 à 6 permettent de vérifier tes résultats ; le défi se rejoue dans les manipulations 5 et 6.
Exercice 1 : une électrode, une minute N1 · chapitre 1
Une électrode rutile de 3,2 × 350 mm (diamètre de l'âme × longueur) brûle à 110 A. On prend ρ = 7,85 g/cm³ pour l'acier, un coefficient de fusion de l'âme cf ≈ 9,5 g/(A·h) et un bout jeté de 40 mm.
a) Que signifient les chiffres 1, 11 et 111 de l'ISO 4063 ?
b) Calcule la masse de l'âme.
c) Combien de temps dure l'électrode ?
d) À 3 mm/s, quelle longueur de cordon dépose-t-elle ? Combien d'électrodes faut-il par mètre ?
Voir la correction
a) 1 : soudage à l'arc ; 11 : soudage à l'arc avec électrode fusible sans protection gazeuse ; 111 : soudage manuel à l'arc, c'est-à-dire à l'électrode enrobée (MMA, ou SMAW aux États-Unis).
b) m = ρ·π·d²/4·L = 7,85 × 10⁻³ × π × 3,2²/4 × 350 ≈ 22,1 g.
c) On brûle 310 mm : mu = 22,1 × 310/350 ≈ 19,6 g. Vitesse de fusion : cf·I = 9,5 × 110/3 600 ≈ 0,290 g/s. Durée : te = 19,6/0,290 ≈ 67 s, un peu plus d'une minute.
d) Lc = v·te = 3 × 67,4 ≈ 202 mm ; 1 000/202 ≈ 4,9 : 5 électrodes par mètre. Manipulation 1 : ⌀ 3,2, 110 A, 3 mm/s, temps poussé jusqu'à la fin de l'électrode.
Exercice 2 : chiffrer un chantier N1 · chapitre 2
On doit souder 6 m d'angle de gorge a = 5 mm avec des électrodes de 3,2 mm à 110 A. Une électrode dépose 18,6 g ; le taux de dépôt vaut 0,99 kg/h ; le soudeur a un taux d'arc de 30 %.
a) Calcule la section du joint et la masse à déposer.
b) Combien d'électrodes faut-il ?
c) Calcule le temps d'arc, puis le temps total.
d) En MAG, à 3,5 kg/h et 40 % de taux d'arc, combien de temps faudrait-il ? Conclus.
Voir la correction
a) A = a² = 25 mm² ; m = ρ·A·L = 7,85 × 10⁻³ × 25 × 6 000 ≈ 1 178 g.
b) N = 1 178/18,6 ≈ 63,3 : il faut 64 électrodes (on arrondit au-dessus, et l'on en prévoit quelques-unes de plus).
c) tarc = m/D = 1,178/0,99 ≈ 1,19 h ≈ 71 min ; ttot = tarc/K = 71/0,30 ≈ 237 min, soit près de 4 h.
d) tarc = 1,178/3,5 ≈ 0,34 h ≈ 20 min ; ttot ≈ 20/0,40 ≈ 50 min : le MAG irait environ 4,7 fois plus vite. Le 111 se justifie s'il faut se déplacer, souder en position ou sans gaz ; pour 6 m d'angle en atelier, le MAG l'emporte (manipulation 2, préréglages « Angle a = 5 mm » et « ⌀ 3,2 »).
Exercice 3 : la main qui tremble N2 · chapitre 3
Un transformateur a une tension à vide U0 = 70 V ; on le règle sur 110 A. On assimile sa caractéristique à une droite qui part de U0 et passe par le point conventionnel (110 A ; U2). L'arc suit U = 20 + 0,04·I + 2·(l − 3), avec l en mm.
a) Calcule U2 et la pente s du générateur en V/100 A. Est-il tombant au sens de l'IEC 60974-1 ?
b) L'arc passe de 3 à 4 mm. Calcule le nouveau point de fonctionnement et la variation de courant.
c) Même question avec une source plate de pente 2 V/100 A passant par le même point (110 A ; U2).
d) Pourquoi le 111 exige-t-il une caractéristique tombante, et pourquoi un onduleur à courant constant fait-il encore mieux ?
Voir la correction
a) U2 = 20 + 0,04 × 110 = 24,4 V ; s = (70 − 24,4)/110 ≈ 0,415 V/A = 41,5 V/100 A ≥ 7 V/100 A : tombante.
b) Générateur : U = 70 − 0,415·I ; arc à 4 mm : U = 22 + 0,04·I. Égalité : I = 48/0,455 ≈ 105,6 A, U ≈ 26,2 V. ΔI ≈ −4,4 A, soit −4 %, conforme à ΔI ≈ −b·Δl/(s + c) = −2/0,455.
c) Source plate : U = 24,4 − 0,02·(I − 110) = 26,6 − 0,02·I. Égalité avec 22 + 0,04·I : I = 4,6/0,06 ≈ 76,7 A. ΔI ≈ −33 A, soit −30 % pour un seul millimètre. Et à 2 mm, le courant monterait à 143 A (manipulation 3, préréglage « Source plate »).
d) La main fait varier sans cesse la hauteur d'arc. Avec une caractéristique tombante, le courant, donc la fusion de l'électrode et la chaleur, reste presque constant. L'onduleur à courant constant (pente de l'ordre de 5 V/A) réduit l'écart à environ 0,4 A par millimètre, et ajoute des aides programmées (chapitre 4).
Exercice 4 : tension à vide et aides à l'arc N1 · chapitre 4
a) Un onduleur marqué S affiche U0 = 85 V en courant continu. Peut-on l'utiliser pour souder dans un réservoir ?
b) Un ancien transformateur affiche U0 = 75 V efficaces en courant alternatif. Peut-il servir dans le réservoir ? Dans un atelier sec ?
c) Que fait un réducteur de tension à vide, et pourquoi le recommander ici ?
d) Une électrode basique colle à chaque amorçage et en arc court. Quelles aides régler, et dans quel sens ?
e) Pourquoi faut-il amorcer dans le joint ?
Voir la correction
a) En continu, la limite est de 113 V crête, quel que soit l'environnement : 85 V convient, et le symbole S confirme que le poste est prévu pour un environnement à risque accru. On le laisse hors du réservoir et l'on applique les autres précautions (gants secs, tapis isolant, surveillant).
b) En alternatif et en environnement à risque accru, la limite est de 48 V efficaces (68 V crête) : 75 V est interdit dans le réservoir. En atelier sec, la limite est de 80 V efficaces et 113 V crête ; or 75 × √2 ≈ 106 V crête : il est admis.
c) Il abaisse la tension présente entre la pince et la pièce tant que l'électrode ne touche pas la pièce, et rétablit la pleine tension au contact. Il réduit le risque de choc pendant les changements d'électrode et les déplacements, quand le soudeur est le plus exposé.
d) Augmenter le démarrage à chaud (l'électrode basique, peu ionisante, s'amorce mal à froid), augmenter l'arc force (le courant monte quand l'arc raccourcit) et garder l'anti-collage actif. Vérifier aussi que les électrodes sont bien étuvées et que la tension à vide convient (manipulation 4 : coupe les aides, puis remets-les).
e) Un amorçage hors du joint laisse un coup d'arc : une petite zone fondue et trempée, dure et parfois fissurée. Dans le joint, cette zone est refondue par le cordon.
Exercice 5 : lire une plaque signalétique N2 · chapitre 5
La plaque d'un onduleur indique : U0 = 80 V ; 10 A / 20,4 V – 200 A / 28,0 V ; X = 35 %, 60 %, 100 % pour I2 = 200 A, 155 A, 125 A ; 1~ 50/60 Hz, U1 = 230 V, I1max = 40 A, I1eff = 24 A ; IP23S.
a) Vérifie les tensions U2 correspondant aux trois courants.
b) À partir du couple 200 A à 35 %, applique la règle I²·X à 60 % et à 100 %. Compare à la plaque.
c) Quel facteur de marche peut-on espérer à 180 A ? Combien de minutes de soudage par cycle ?
d) Le poste est branché sur une prise protégée à 16 A. Qu'en dis-tu ?
e) Que signifie IP23S ?
Voir la correction
a) U2 = 20 + 0,04·I2 : 28,0 V à 200 A, 26,2 V à 155 A, 25,0 V à 125 A ; et 20,4 V à 10 A, comme la plage.
b) I60 = 200 × √(0,35/0,60) ≈ 153 A ; I100 = 200 × √0,35 ≈ 118 A. La plaque annonce 155 A et 125 A : un peu plus, car le poste a de l'inertie thermique. La règle est prudente ; la plaque fait foi.
c) X = 35 × (200/180)² ≈ 43 %, soit environ 4 min 20 s de soudage par cycle de 10 min.
d) I1eff ≈ I1max·√X = 40 × √0,35 ≈ 24 A > 16 A : à pleine puissance, la protection de la ligne risque de déclencher. Il faut une ligne de 32 A, ou se limiter à un courant de soudage plus faible.
e) Protégé contre les corps solides de plus de 12,5 mm (2) et contre la pluie tombant jusqu'à 60° de la verticale (3), essai à l'eau fait ventilateur à l'arrêt (S). On l'abrite tout de même des fortes intempéries.
Exercice 6 : câbles et prise de masse N2 · chapitre 6
On soude à 200 A, avec un facteur de marche de 35 %, une pièce située à 20 m du poste : L = 40 m de câble au total. On prend ρ = 0,025 Ω·mm²/m.
a) Calcule R, ΔU et la puissance perdue pour 25, 35 et 50 mm².
b) Les trois sections tiennent-elles l'échauffement (tableau du chapitre 6) ? Laquelle choisir ?
c) Quelle pince porte-électrode convient à 200 A et 35 % avec ce câble ?
d) La pièce tourne sur un vireur ; le soudeur fixe la masse sur le bâti du vireur. Quel risque ? Que faire ?
Voir la correction
a) 25 mm² : R = 0,025 × 40/25 = 0,040 Ω, ΔU = 8,0 V, P = 1 600 W. 35 mm² : R ≈ 0,0286 Ω, ΔU ≈ 5,7 V, P ≈ 1 140 W. 50 mm² : R = 0,020 Ω, ΔU = 4,0 V, P = 800 W.
b) À 35 %, les intensités admissibles sont 213 A, 279 A et 371 A : les trois tiennent l'échauffement. C'est la chute de tension qui décide : 50 mm² (4 V, à la limite du repère), ou rapprocher le poste. Manipulation 6 : 50 mm², 40 m, 200 A, 35 %.
c) Une pince est désignée par son courant à 60 %. Équivalent à 60 % : 200 × √(0,35/0,60) ≈ 153 A ; la pince de 150 A est trop juste et n'accepte que 16 à 25 mm². La pince de 250 A accepte les câbles de 35 à 50 mm² et les électrodes de 3,2 à 5 mm : elle convient.
d) Le courant traverse les galets et les roulements du vireur : de petits arcs piquent les pistes et les roulements s'usent vite ; une partie du courant peut aussi s'égarer dans la structure. Il faut une prise de masse sur la pièce elle-même, tournante si nécessaire, près du joint.
🏆 Défi : le poste et les câbles du chantier N2 · chapitres 5 et 6, à rejouer dans les manipulations 5 et 6
Un chantier de tuyauterie demande 160 A (électrodes de 4 mm) avec un facteur de marche de 60 %. La pièce est à 15 m du poste : 15 m de câble de pince et 15 m de câble de masse. Le poste disponible est celui de la manipulation 5 : 200 A à 35 %, 155 A à 60 %, 125 A à 100 %.
a) Le générateur convient-il ? Réponds avec la règle I²·X, puis avec la plaque.
b) Quel facteur de marche la règle autorise-t-elle à 160 A ?
c) Câbles de 25 mm² ou de 35 mm² ? Justifie par l'échauffement et par la chute de tension.
d) Quelle pince porte-électrode faut-il ?
e) Quelle tension le générateur doit-il fournir à ses bornes ?
Voir la correction
a) Règle : I60 = 200 × √(0,35/0,60) ≈ 153 A < 160 A ; plaque : 155 A < 160 A. Non, le poste est trop juste. Manipulation 5, bouton « Défi : 160 A à 60 % » : à 40 °C, la protection finit par déclencher au bout d'une heure environ, puis à chaque cycle ou presque. Il faut un poste plus puissant, par exemple 250 A à 35 % (≈ 191 A à 60 %).
b) X = 35 × (200/160)² ≈ 55 %, soit 5 min 30 s de soudage par cycle de 10 min, au lieu des 6 min demandées.
c) L = 30 m. 25 mm² : admissible 190 A à 60 % (échauffement correct), mais ΔU = 0,025 × 30/25 × 160 = 4,8 V > 4 V. 35 mm² : 243 A admissibles et ΔU = 0,025 × 30/35 × 160 ≈ 3,4 V : on choisit 35 mm². Manipulation 6, bouton « Défi », puis 25 et 35 mm².
d) 160 A à 60 % : il faut une pince d'au moins 160 A à 60 %, donc la classe 200 A, qui accepte les électrodes de 2,5 à 4 mm et les câbles de 25 à 35 mm².
e) U = U2 + ΔU = 20 + 0,04 × 160 + 3,4 ≈ 29,8 V.
Quiz : 12 questions éclair
Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste
Fiche mémoire du cours 1
Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête
Le crayon
Soudage manuel à l'arc (ISO 4063). L'âme se dépose ; l'enrobage donne gaz, laitier et cratère qui guide l'arc.
Le parchemin
L'arc, l'électrode de carbone, l'électrode métallique nue, puis l'électrode enrobée de Kjellberg.
Le couteau suisse
Partout, toutes positions, sans gaz ; mais 1 à 2 kg/h et un taux d'arc de 20 à 40 %. Une électrode de 3,2 mm : une minute.
Le robinet
Caractéristique tombante (≥ 7 V/100 A) : le courant tient quand l'arc bouge. U2 = 20 + 0,04·I2.
La plume
Transformateur, redresseur, onduleur, moto-soudeur. À 20 à 100 kHz, le transformateur de l'onduleur maigrit.
L'allumette
Grattage ou toucher-relever, dans le joint. Démarrage à chaud, arc force, anti-collage.
Le panneau danger
Limites de l'IEC 60974-1 ; symbole S en milieu à risque accru ; réducteur de tension à vide (VRD).
Le sprinteur
Cycle de 10 min, ambiante 40 °C. 200 A à 35 % ≈ 153 A à 60 %. La plaque fait foi ; I1eff dimensionne la ligne.
Le tuyau d'arrosage
ρ ≈ 0,025 Ω·mm²/m ; chute ≲ 4 V ; pince désignée à 60 % ; masse près, propre, serrée.
Glossaire
Les mots, symboles et sigles de ce cours
- A
- Section d'un joint, aire du métal à déposer vue en coupe (mm²).
- a (gorge)
- Hauteur du triangle inscrit dans une soudure d'angle, mesurée depuis la racine (mm). Section théorique d'un angle : a².
- Âme
- Tige métallique au cœur de l'électrode, qui conduit le courant et fond pour former le métal déposé. Son diamètre est le diamètre de l'électrode.
- Amorçage
- Allumage de l'arc, par grattage ou par toucher-relever.
- Anti-collage (anti-stick)
- Fonction qui coupe ou réduit fortement le courant quand l'électrode reste collée à la pièce.
- Arc électrique
- Passage du courant dans un gaz rendu conducteur, porté à plusieurs milliers de degrés.
- Arc force
- Fonction qui augmente le courant quand l'arc devient trop court, pour éviter le collage.
- b, c
- Dans le modèle d'arc : augmentation de la tension d'arc par millimètre d'arc (V/mm) ; augmentation avec le courant (V/A).
- Bain de fusion
- Métal liquide formé par la fusion de l'électrode et de la pièce, qui se solidifie en cordon.
- cf
- Coefficient de fusion de l'âme : masse fondue par ampère et par heure (de l'ordre de 10 g/(A·h)).
- CC, CA (DC, AC)
- Courant continu, de sens constant ; courant alternatif, qui change de sens (50 fois par seconde dans chaque sens à 50 Hz).
- Caractéristique statique
- Relation entre la tension et le courant de sortie d'un générateur sur charge conventionnelle (IEC 60974-1).
- Caractéristique tombante, plate
- Tombante : pente descendante d'au moins 7 V/100 A ; plate : moins de 7 V/100 A. La tombante (ou à courant constant) convient au 111.
- Coup d'arc
- Trace d'un amorçage hors du joint : petite zone fondue et trempée, dure, parfois fissurée.
- Cordon
- Métal solidifié déposé par une passe de soudage.
- Courant vagabond
- Courant de soudage qui revient au générateur par un chemin imprévu (charpente, roulements, conducteurs de protection).
- Court-circuit
- Contact direct entre l'électrode et la pièce : la tension tombe à presque zéro et le courant est limité par le seul générateur.
- Cratère d'enrobage
- Collerette formée au bout de l'électrode par l'enrobage, qui fond moins vite que l'âme ; elle guide l'arc.
- D
- Taux de dépôt : masse de métal déposée par heure d'arc (kg/h).
- d
- Diamètre de l'électrode, c'est-à-dire de son âme (mm).
- Démarrage à chaud (hot start)
- Supplément de courant pendant une fraction de seconde au début de l'arc.
- DMOS
- Descriptif de mode opératoire de soudage : le document qui fixe les paramètres d'une soudure.
- Δ (delta)
- Variation d'une grandeur : ΔI variation de courant, Δl variation de hauteur d'arc, ΔU chute de tension.
- Électrode enrobée
- Baguette formée d'une âme métallique et d'un enrobage ; électrode fusible du procédé 111.
- Enrobage
- Revêtement minéral de l'électrode, qui produit gaz de protection et laitier, stabilise l'arc et ajuste la composition du métal.
- Environnement à risque accru de choc électrique
- Lieu conducteur, exigu, mouillé, humide ou chaud ; le générateur doit y porter le symbole S.
- Fibrillation ventriculaire
- Contraction désordonnée du cœur, qui cesse de pomper ; principal danger mortel d'un choc électrique.
- f
- Fréquence (Hz) : 50 Hz pour le réseau, 20 à 100 kHz pour le découpage d'un onduleur.
- Équilibre thermique
- État où les températures du générateur ne montent plus : la chaleur produite est entièrement évacuée.
- Facteur de marche X
- Part d'un cycle de 10 min pendant laquelle le générateur peut débiter un courant donné, à 40 °C, sans surchauffer.
- Groupe moto-soudeur
- Générateur entraîné par un moteur thermique, pour les chantiers sans réseau.
- H01N2-D, HD 22.6
- Câble de soudage souple harmonisé ; le document européen qui le définit.
- I, Ir, If
- Intensité du courant (A) ; intensité réglée sur le générateur ; intensité au point de fonctionnement.
- I2, U2
- Courant conventionnel de soudage et tension conventionnelle en charge, liés par U2 = 20 + 0,04·I2 pour l'électrode enrobée.
- I1max, I1eff, U1
- Courant maximal absorbé sur le réseau ; courant efficace maximal absorbé (≈ I1max·√X) ; tension d'alimentation assignée.
- IEC 60974
- Normes du matériel de soudage à l'arc : partie 1 sources de courant, 4 inspection périodique, 11 porte-électrodes, 12 connecteurs, 13 pinces de retour, 14 étalonnage et validation.
- IP23S
- Code de protection (IEC 60529) : protégé contre les corps de plus de 12,5 mm et contre la pluie jusqu'à 60° de la verticale, essai fait ventilateur à l'arrêt.
- ISO 3834, ISO 9606-1, ISO 17662
- Exigences de qualité en soudage ; qualification des soudeurs ; étalonnage, vérification et validation du matériel de soudage.
- ISO 4063
- Nomenclature et numéros des procédés de soudage, brasage et coupage.
- K (taux d'arc)
- Part du temps de travail pendant laquelle l'arc est allumé ; 20 à 40 % en 111.
- L, Lc
- Longueur (du joint, de l'électrode ou des câbles) ; longueur de cordon déposée par une électrode.
- l (hauteur d'arc)
- Distance entre le bout de l'électrode et le bain (mm).
- Laitier
- Couche minérale vitreuse issue de l'enrobage, qui protège et façonne le cordon ; on la retire entre les passes.
- m, mu, me, ṁ
- Masse à déposer ; masse d'âme utile d'une électrode ; masse déposée par une électrode ; masse d'âme fondue par seconde (g ou g/s).
- MAG
- Soudage à l'arc sous gaz actif avec fil-électrode plein (procédé 135).
- MMA, SMAW
- Manual metal arc : soudage manuel à l'arc ; shielded metal arc welding : son nom aux États-Unis.
- Onduleur
- Générateur qui redresse le réseau puis découpe le courant à haute fréquence avant de le transformer ; léger, réglé électroniquement.
- P
- Puissance (W) : P = U·I pour l'arc, P = R·I² pour l'échauffement d'un câble.
- Pince porte-électrode
- Outil isolé qui serre et guide l'électrode et lui amène le courant (IEC 60974-11).
- Pince de retour du courant (prise de masse)
- Pince fixée sur la pièce, qui ramène le courant au générateur (IEC 60974-13).
- Point de fonctionnement
- Croisement des caractéristiques du générateur et de l'arc : courant et tension réels du soudage.
- Redresseur, thyristor
- Montage de diodes qui ne laisse passer le courant que dans un sens ; diode commandée qui permet de régler le courant.
- R, ρ
- Résistance électrique (Ω) ; résistivité (Ω·mm²/m) : 0,0172 pour le cuivre pur à 20 °C, ≈ 0,025 pour un câble souple chaud.
- Rendement de l'électrode
- Rapport entre la masse de métal déposé et la masse d'âme fondue.
- Self (inductance)
- Bobine qui s'oppose aux variations rapides du courant et le lisse.
- Shunt magnétique
- Pièce de fer mobile d'un transformateur de soudage, qui dévie une partie du flux magnétique et règle ainsi le courant.
- S (section)
- Section d'un câble (mm²).
- S (symbole)
- Marque d'un générateur utilisable en environnement à risque accru de choc électrique.
- s (pente)
- Pente descendante de la caractéristique du générateur, en V/A ou en V/100 A.
- t, te, tarc, ttot
- Temps ; durée de vie d'une électrode ; temps d'arc ; temps de travail total.
- Tension crête, efficace
- Valeur maximale instantanée d'une tension ; valeur qui chaufferait autant en continu. En sinusoïdal, crête = efficace × √2.
- Tension à vide U0
- Tension de sortie du générateur quand aucun courant ne passe (V).
- θ, θa
- Température (θ, « thêta ») ; température ambiante (°C).
- U
- Tension électrique (V).
- v
- Vitesse d'avance du soudeur (mm/s).
- VRD
- Voltage reducing device : réducteur de tension à vide.
- Xref, Iref
- Couple facteur de marche et courant lu sur la plaque, qui sert de référence à la règle I²·X ≈ constante.
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