Soudage à l'électrode enrobée, série 1.9 : du poste de soudage au cordon contrôlé

Le procédé 111 et son poste de soudage : de la baguette qui fond à la prise de masse

Cours1 sur 5 : le procédé, le générateur, l'amorçage, le facteur de marche et les câbles
Durée conseillée≈ 2 h 30 à 3 h avec les exercices
Prérequisaucun cours du wiki : tension, intensité, puissance P = U·I, loi d'Ohm et fusion d'un métal (rappelées plus bas)
À la fin tu saisdécrire le procédé 111 et ses usages, lire la caractéristique d'un générateur, amorcer en sécurité, lire une plaque signalétique et un facteur de marche, choisir la section des câbles et placer la prise de masse

Une baguette de métal enrobée d'une pâte minérale, une pince, deux câbles et une boîte qui transforme le courant du réseau : c'est tout le matériel du soudage à l'électrode enrobée. Ce procédé, numéroté 111 par la norme internationale, soude des ponts, des navires, des pipelines et des engins de chantier depuis plus d'un siècle. Sa simplicité cache pourtant de vraies questions d'ingénieur : pourquoi le générateur doit-il « tenir » le courant quand la main du soudeur bouge ? Quelle tension peut-on laisser à vide sans danger ? Combien de temps un poste peut-il souder avant de surchauffer ? Et pourquoi un câble trop fin ou une prise de masse mal placée gâchent-ils une soudure ? Ce premier cours de la série répond à ces questions : le procédé, puis son poste, de la prise de courant jusqu'à la prise de masse.

Le code couleur de la série

Orange : les actions et les forces (geste du soudeur, courant dessiné en flux, efforts).
Noir : la géométrie dessinée (pièces, électrode, câbles, schémas).
Bronze : les encadrés « métier » 🔥, tournés vers l'atelier et le chantier.

Avant de commencer

Les bases à avoir en tête, en trois cases

Ce premier cours de la série ne demande aucun autre cours du wiki : ces trois rappels suffisent.

P = U·I
La puissance électrique P (en watts, W) est le produit de la tension U (en volts, V) et de l'intensité I (en ampères, A). Un arc de 24 V parcouru par 110 A dégage P = 24 × 110 ≈ 2 600 W, la puissance de deux radiateurs. L'énergie est la puissance multipliée par la durée : E = P·t, en joules (J).
U = R·I ; R = ρ·L/S
La loi d'Ohm relie la tension U aux bornes d'un conducteur, sa résistance R (en ohms, Ω) et le courant I. Un fil de longueur L et de section S résiste d'autant plus qu'il est long et fin ; ρ (« rhô ») est la résistivité du métal. Le courant chauffe la résistance qu'il traverse : c'est l'effet Joule, de puissance P = R·I².
solide ⇄ liquide
Un métal fond quand on lui apporte assez de chaleur : vers 1 500 °C pour un acier. En soudage, le métal de la pièce et celui de l'électrode fondent ensemble dans un bain de fusion, qui se solidifie derrière la source de chaleur et forme le cordon.
📘 Correspondance avec le polycopié, le planning et le référentiel. Ce cours ouvre le sujet 1.9 « Soudage à l'électrode enrobée » du planning de la formation. Il suit le polycopié de référence du module 1.9 (« Soudage manuel à l'électrode enrobée »), dont il reformule et illustre les premiers paragraphes. Les § 0 à 6 occupent environ les pages 4 à 23 du polycopié ; les autres renvois donnent la page.
Chapitre du coursPolycopiéCe qu'il apporte à l'IWE
1 Le procédé 111§ 0 désignation, § 1 historique, § 2 principenommer le procédé, expliquer le rôle de l'âme et de l'enrobage
2 Usages, atouts et limites§ 3 applications, § 4 avantages et inconvénientschoisir le 111 à bon escient, chiffrer un temps de soudage
3 Le générateur et sa caractéristique§ 5 installations (5.1 choix, 5.2 diagrammes de sélection, 5.3 caractéristiques statiques)comprendre le point de fonctionnement, choisir un générateur
4 Tension à vide, amorçage et aides§ 6.5 tension à vide, § 6.10 aides à l'amorçage et à la stabilitéamorcer en sécurité, régler les aides à l'arc
5 Facteur de marche et plaque§ 6.8 facteur de marche, § 6.15 plaque signalétiquevérifier qu'un poste tient le régime demandé
6 Accessoires, câbles, masse, maintenance§ 7 gestion et maintenance (p. 24), § 8 accessoires (p. 28 à 30)dimensionner les câbles, placer la masse, entretenir le parc
Dans le référentiel de l'IIW (International Institute of Welding, l'Institut international de la soudure) pour la formation IWE (International Welding Engineer, ingénieur international en soudage), la partie « soudage à l'arc avec électrode enrobée » attend notamment : le principe du procédé et les méthodes d'amorçage, ses applications, avantages et inconvénients, l'équipement, le rôle et le principe de ses composants et accessoires, et les réglages du générateur. Les chapitres 3 à 5 touchent aussi le sujet 1.5 « Source de courant », vu ici du seul point de vue de l'électrode enrobée, et le chapitre 4 le sujet 4.5 « Hygiène & sécurité », que le cours 5 de la série complétera.
📖 Les normes et les sigles de ce cours. ISO : Organisation internationale de normalisation ; IEC : Commission électrotechnique internationale (CEI en français) ; EN : norme européenne, qui reprend souvent une norme ISO ou IEC (« EN IEC 60974-1 »).
  • ISO 4063 : la nomenclature et les numéros des procédés de soudage (111 pour le nôtre).
  • IEC 60974 : le matériel de soudage à l'arc, en plusieurs parties. Partie 1 : les sources de courant (caractéristiques, tension à vide, facteur de marche, plaque signalétique) ; partie 4 : l'inspection et les essais périodiques ; partie 11 : les porte-électrodes ; partie 12 : les dispositifs de connexion des câbles ; partie 13 : les pinces de retour du courant (prises de masse) ; partie 14 : l'étalonnage et la validation du matériel.
  • HD 22.6 : le document d'harmonisation européen des câbles de soudage souples (type H01N2-D).
  • IEC 60529 : les codes IP (International Protection), indices de protection contre les corps solides et l'eau.
  • Sigles du procédé : MMA (manual metal arc, soudage manuel à l'arc), SMAW (shielded metal arc welding, le nom américain) ; CC et CA : courant continu et courant alternatif (en anglais DC et AC) ; VRD (voltage reducing device) : réducteur de tension à vide.
Les modèles des manipulations (fusion de l'électrode, chronomètre de chantier, caractéristiques, oscillogramme, échauffement du poste) sont pédagogiques : ils reproduisent les tendances et les ordres de grandeur, pas les valeurs d'un matériel donné. Pour un cas réel, les fiches des fabricants, les normes et le polycopié de référence font foi.
🔥 Pourquoi ce cours compte en soudage

Le coordinateur en soudage choisit les postes, vérifie qu'ils conviennent au chantier (courant, facteur de marche, tension à vide, environnement), organise leur entretien et répond de la sécurité électrique. Beaucoup de défauts « mystérieux » naissent au poste avant de naître dans le joint : un câble trop fin qui fait chuter la tension, une prise de masse posée trop loin qui dévie l'arc, un générateur en surchauffe qui coupe en pleine passe, une tension à vide trop faible pour une électrode exigeante. Ce cours donne les outils pour les reconnaître.

La série en cinq cours

1 Le procédé et son postePrincipe, usages, générateur, tension à vide, facteur de marche, câbles.
2 L'arc et ses réglagesCourant, polarité, intensité, tension, vitesse, énergie, soufflage magnétique.
3 L'électrodeFabrication, enrobages, hydrogène, étuvage, rendement, désignation.
4 Préparer et souderPréparation des bords, préchauffage, geste, positions, bout à bout et angle.
5 Qualité et sécuritéDéfauts, cas particuliers, gougeage arc-air, hygiène et sécurité.

Le plan du cours

  1. 1Le procédé 111

    Son nom normalisé, son histoire, son principe : une âme qui fond, un enrobage qui protège.

  2. 2Usages, atouts et limites

    Partout et dans toutes les positions, mais lentement : chiffrer un chantier.

  3. 3Le générateur et sa caractéristique

    Quatre familles de générateurs et une caractéristique tombante qui tient le courant.

  4. 4Tension à vide, amorçage et aides

    Allumer l'arc, éviter le collage, et ne pas s'électrocuter.

  5. 5Facteur de marche et plaque signalétique

    Combien de minutes sur dix le poste peut souder, et ce que dit sa plaque.

  6. 6Accessoires, câbles, masse et maintenance

    Le courant fait l'aller et le retour : sections, chutes de tension, prise de masse, entretien.

1

Le procédé 111

Une baguette qui fond en fabriquant sa propre protection

✏️Image à retenirLe crayon qui écrit en métal : la mine se dépose sur la tôle, le bois part en fumée protectrice et en croûte de laitier
👁 Niveau 1 : voir le crayon qui écrit en métal

L'électrode enrobée est une baguette de 25 à 45 cm de long. Son cœur, l'âme, est une tige métallique de 2 à 6 mm de diamètre ; autour d'elle, l'enrobage est une pâte minérale séchée, épaisse de un à quelques millimètres. Le soudeur la serre dans une pince porte-électrode, reliée au générateur (le poste de soudage) par un câble. Un second câble, fixé à la pièce par une prise de masse, ramène le courant au générateur.

Le soudeur touche la pièce du bout de l'électrode puis la relève de quelques millimètres : un arc électrique jaillit. C'est un pont de gaz devenu conducteur, porté à plusieurs milliers de degrés, que traverse le courant. Sa chaleur fait fondre en même temps le bout de l'électrode et la surface de la pièce, qui se mélangent dans le bain de fusion.

Chaque partie de l'électrode a son rôle, comme dans un crayon qui écrirait en métal :

  • L'âme, c'est la mine : elle conduit le courant, puis fond goutte à goutte et nourrit le bain. Le métal qu'elle apporte s'appelle le métal déposé.
  • L'enrobage, c'est le bois, mais un bois très utile : il fond un peu moins vite que l'âme et forme au bout une petite collerette, le cratère d'enrobage, qui guide l'arc. Il se décompose en gaz qui chassent l'air de l'arc, et il fond en un laitier, une sorte de verre minéral léger qui flotte sur le bain, le couvre pendant qu'il se solidifie, puis se retire au marteau à piquer.
  • Le trait de crayon, c'est le cordon : derrière l'arc, le bain se solidifie en un cordon couvert de laitier. Le crayon raccourcit à mesure qu'il écrit : une électrode de 3,2 mm dure environ une minute.

Pas de bouteille de gaz, pas de dévidoir de fil : l'électrode apporte tout, le métal et sa protection. C'est ce qui rend le procédé si simple et si mobile.

Manipulation 1 : une électrode qui brûle

Choisis le diamètre d de l'électrode (diamètre de l'âme), règle l'intensité I et la vitesse d'avance v du soudeur, puis fais avancer le temps d'arc t, ou appuie sur ▶. À gauche, un zoom sur l'arc (schéma, pas à l'échelle) ; à droite, l'électrode et le cordon à l'échelle. Modèle pédagogique : l'âme fond à raison de cf ≈ 9,5 g par ampère et par heure, 95 % du métal fondu se retrouve dans le cordon, et l'on jette un bout de 40 mm.

🎓 Niveau 2 : maîtriser désignation, histoire, principe et bilan matière

La désignation normalisée (polycopié, § 0)

L'ISO 4063 numérote les procédés de soudage par familles emboîtées : le premier chiffre donne la famille, le deuxième le groupe, le troisième le sous-groupe. Dans son édition de 2023 :

NuméroIntitulé (ISO 4063:2023)Ce qu'il dit
1Soudage à l'arcla chaleur vient d'un arc électrique
11Soudage à l'arc avec électrode fusible sans protection gazeusel'électrode fond et devient du métal déposé ; aucune bouteille de gaz : la protection vient de l'électrode elle-même
111Soudage manuel à l'arc (en anglais manual metal arc welding, MMA ; aux États-Unis shielded metal arc welding, SMAW)l'électrode enrobée, tenue et guidée à la main

On dit couramment « soudage à l'électrode enrobée », ou « à la baguette ». Le numéro 111 figure dans la fourche du symbole de soudure sur les plans, dans le descriptif de mode opératoire de soudage (DMOS) et sur les certificats de qualification des soudeurs. Dans le même groupe 11, le 112 désigne le soudage à l'arc avec électrode enrobée par gravité, où l'électrode descend seule le long d'un support, et le 114 le fil fourré autoprotecteur.

Un siècle d'électrodes (polycopié, § 1)

1800–1802
Humphry Davy observe l'arc électrique en Angleterre ; Vassili Petrov produit un arc continu en Russie.
1885
Nikolaï Benardos et Stanisław Olszewski brevètent le soudage à l'arc avec une électrode de carbone ; le métal d'apport est une baguette qu'on fond dans l'arc.
1888–1890
Nikolaï Slavianov soude avec une électrode métallique qui fond et devient métal d'apport ; aux États-Unis, Charles Coffin brevète l'électrode métallique en 1890. L'arc nu est instable et le métal, exposé à l'air, est fragile.
1907
Le Suédois Oscar Kjellberg, fondateur de l'entreprise ESAB en 1904, brevète l'électrode enrobée : un fil de fer trempé dans une pâte de carbonates et de silicates. Il cherchait à réparer les chaudières des navires.
1927
L'enrobage déposé par filage (extrusion) autour de l'âme fait chuter le coût des électrodes : le procédé se répand dans l'industrie.
1950
Les années 1950 ajoutent de la poudre de fer dans l'enrobage, qui augmente la quantité de métal déposé par électrode.

Le principe et le bilan matière (polycopié, § 2)

Le circuit est une boucle : générateur → câble de pince → pince → âme de l'électrode → arc → pièce → prise de masse → câble de retour → générateur. L'arc dégage une puissance P = U·I de 1 à 8 kW environ, concentrée sur quelques millimètres. L'électrode est fusible (elle fond) : elle sert à la fois de conducteur et de métal d'apport. La masse d'âme fondue par seconde est, en première approximation, proportionnelle à l'intensité :

ṁ = cf·Ite = mucf·ILc = v·te

ṁ (« m point ») : masse d'âme fondue par unité de temps (g/s) ; cf : coefficient de fusion, de l'ordre d'une dizaine de grammes par ampère et par heure (9,5 g/(A·h) dans nos modèles) ; I : intensité (A) ; te : durée de vie d'une électrode (s) ; mu : masse d'âme utile, sans le bout jeté (g) ; Lc : longueur de cordon déposée par une électrode (mm) ; v : vitesse d'avance du soudeur (mm/s)

Exemple : électrode de 3,2 × 350 mm à 110 A. L'âme pèse m = ρ·π·d²/4·L = 7,85 × 10⁻³ × π × 3,2²/4 × 350 ≈ 22,1 g (ρ = 7,85 g/cm³ = 7,85 × 10⁻³ g/mm³, masse volumique de l'acier ; π ≈ 3,14). On en brûle 310 mm, soit mu ≈ 19,6 g. Elle fond à 9,5 × 110/3 600 ≈ 0,29 g/s et dure donc te ≈ 19,6/0,29 ≈ 67 s. À 3 mm/s, elle dépose Lc ≈ 3 × 67 ≈ 200 mm de cordon : il faut environ cinq électrodes par mètre.

Le métal déposé ne vient pas que de l'âme fondue : une partie se perd en projections et en fumées, tandis que certains enrobages apportent de la poudre de fer. Le rapport entre la masse déposée et la masse d'âme fondue s'appelle le rendement de l'électrode (95 % dans nos modèles, au-delà de 100 % pour les électrodes à poudre de fer : cours 3).

📖 Le laitier : couche minérale vitreuse issue de la fusion de l'enrobage. Plus léger que le métal, il remonte à la surface du bain, le protège de l'air, lui donne sa forme, ralentit son refroidissement et capte une partie des impuretés. Il doit être retiré entre deux passes, faute de quoi il reste emprisonné dans la soudure (inclusion de laitier).
📖 Le gaz de protection : les composants de l'enrobage (carbonates, cellulose, matières organiques) se décomposent dans l'arc en gaz (dioxyde et monoxyde de carbone, vapeur d'eau, hydrogène selon l'enrobage) qui repoussent l'air. Sans eux, l'oxygène et l'azote de l'air fragiliseraient le métal fondu, comme au temps de l'électrode nue. Les rôles détaillés de l'enrobage, électriques, physiques et métallurgiques, sont l'objet du cours 3.
💡 Une électrode de 3,2 mm dure environ une minute et dépose 15 à 25 cm de cordon selon la vitesse. Ce repère suffit pour estimer de tête un nombre d'électrodes (chapitre 2).
⚠️ Piège : le diamètre d'une électrode est celui de son âme, pas celui de l'enrobage. Une électrode « de 3,2 » mesure 5 à 6 mm d'épaisseur hors tout.
⚠️ Piège : croire que l'arc « colle » le métal. Souder, c'est faire fondre ensemble l'apport et la surface de la pièce. Un cordon posé sur une tôle restée froide n'est pas lié : c'est un manque de fusion, invisible en surface.
🧠 Mnémotechnique : « 1, 11, 111 » : un arc (1), une électrode qui fond sans bouteille de gaz (11), une main qui la guide (111).
🔥 Tout est dans la main

En 111, le générateur fournit le courant, mais c'est la main du soudeur qui tient la hauteur d'arc, l'angle de l'électrode et la vitesse d'avance, et qui doit approcher l'électrode de la pièce à mesure qu'elle raccourcit. La qualité dépend donc beaucoup du soudeur, d'où l'importance de sa qualification selon l'ISO 9606-1. Le chapitre 3 montre comment le générateur l'aide à rester régulier.

2

Usages, atouts et limites

Le procédé qui va partout, mais pas le plus rapide

🧰Image à retenirLe couteau suisse : il sert partout et pour tout, mais aucune de ses lames n'est la plus rapide
👁 Niveau 1 : voir le couteau suisse

Un générateur portatif, deux câbles et une boîte d'électrodes : on peut souder au sommet d'un pylône, au fond d'une fouille, sur le pont d'un navire ou dans une ferme isolée, avec un groupe électrogène s'il le faut. Voilà pourquoi le 111 reste partout présent (polycopié, § 3) :

  • sur les chantiers : charpente métallique, ponts, réservoirs, canalisations (les pipelines se soudent souvent avec des électrodes cellulosiques, en descendant) ;
  • en réparation et maintenance : engins de travaux publics, matériel agricole, navires, rechargement des pièces usées ;
  • en chaudronnerie et en tuyauterie, pour les racines et les positions difficiles ;
  • sur de nombreux matériaux, en changeant d'électrode : aciers non alliés et faiblement alliés, aciers inoxydables, fontes, alliages de nickel, plus rarement cuivreux et aluminium.

Mais le couteau suisse a ses limites (polycopié, § 4). L'électrode est courte : toutes les minutes, le soudeur s'arrête pour la changer, jette un bout, pique le laitier du cratère, puis reprend le cordon. Le métal se dépose lentement, de l'ordre de 1 à 2 kg par heure d'arc. Et l'arc n'est allumé qu'une petite partie du temps de travail : c'est le taux d'arc, souvent 20 à 40 % en 111. Sur un long cordon en atelier, un procédé à fil continu va plusieurs fois plus vite.

Manipulation 2 : le chronomètre du chantier

Choisis un joint (sa section A), la longueur à souder L, le diamètre des électrodes (l'intensité suit la règle d'atelier I ≈ 50·(d − 1)) et le taux d'arc K du soudeur. Le compteur donne la masse à déposer, le nombre d'électrodes, le temps d'arc et le temps total, comparés à un procédé MAG (fil plein sous gaz actif, numéro 135). Modèle pédagogique : section théorique sans surépaisseur ; dépôt de 0,95 × 9,5 g/(A·h) en 111 ; MAG pris à 3,5 kg/h avec un taux d'arc de 40 % (ordres de grandeur).

🎓 Niveau 2 : maîtriser chiffrer un temps de soudage

Du volume du joint au temps de travail

Pour estimer un chantier, on part de la section du joint A (en mm²), c'est-à-dire l'aire du métal à déposer vue en coupe, et l'on enchaîne quatre calculs :

m = ρ·A·LN = mmetarc = mDttot = tarcK

m : masse à déposer (g) ; ρ : masse volumique de l'acier (7,85 × 10⁻³ g/mm³) ; A : section du joint (mm²) ; L : longueur du joint (mm) ; N : nombre d'électrodes ; me : masse déposée par une électrode (g) ; tarc : temps d'arc ; D : taux de dépôt, masse déposée par heure d'arc (kg/h) ; ttot : temps de travail total ; K : taux d'arc, part du temps où l'arc est allumé (sans unité, ou en %)

📖 Taux de dépôt et taux d'arc : le taux de dépôt D est la masse de métal déposée par heure d'arc allumé (kg/h) ; il dépend surtout de l'intensité et du type d'électrode. Le taux d'arc K est la part du temps de travail pendant laquelle l'arc est réellement allumé ; le reste part en changements d'électrode, piquage du laitier, meulage, déplacements et préparation.

Sections théoriques usuelles, sans surépaisseur : une soudure d'angle de gorge a (la hauteur du triangle inscrit dans le cordon, mesurée depuis la racine) a une section A = a² ; un chanfrein en V d'angle α (« alpha »), d'épaisseur t et d'écartement g a une section A = t²·tan(α/2) + g·t, où tan est la tangente. Pour t = 10 mm, α = 60° et g = 2 mm : A = 100 × 0,577 + 20 ≈ 78 mm².

Exemple : 6 m de soudure d'angle a = 5 mm (A = 25 mm²) avec des électrodes de 3,2 mm à 110 A, taux d'arc 30 %. m = 7,85 × 10⁻³ × 25 × 6 000 ≈ 1 178 g. Une électrode dépose me ≈ 0,95 × 19,6 ≈ 18,6 g, donc N ≈ 1 178/18,6 ≈ 63,3 : 64 électrodes. Le taux de dépôt vaut D ≈ 0,95 × 9,5 × 110 ≈ 0,99 kg/h, d'où tarc ≈ 1,178/0,99 ≈ 1,19 h ≈ 71 min, et ttot ≈ 71/0,30 ≈ 237 min, près de quatre heures. En MAG, à 3,5 kg/h et 40 % de taux d'arc, le même joint demanderait environ 50 min.

Atouts du 111Limites du 111
matériel simple, léger, robuste et bon marchétaux de dépôt faible (≈ 1 à 2 kg/h) et taux d'arc faible (≈ 20 à 40 %)
pas de gaz ni de dévidoir : chantier, extérieur, lieux d'accès difficilechangements d'électrode, bouts perdus, décrassage à chaque passe
toutes les positions de soudagereprises à chaque électrode : autant de risques de défauts
câbles longs : on soude loin du postequalité très dépendante du savoir-faire du soudeur
grand choix d'électrodes, donc de matériauxhydrogène apporté par l'humidité de l'enrobage : étuvage (cours 3)
tolère mieux le vent qu'un procédé sous gazfumées abondantes ; peu adapté aux tôles très minces (moins de 1,5 à 2 mm) et aux métaux très réactifs comme le titane
💡 Compte les électrodes avant le chantier : environ cinq électrodes de 3,2 mm par mètre de passe, et une boîte de 5 kg en contient de l'ordre de 150 à 200. Une passe de 50 m consomme donc une boîte et demie : de quoi prévoir le stock et l'étuve (cours 3).
⚠️ Piège : confondre le taux d'arc K et le facteur de marche X. Le taux d'arc mesure le travail du soudeur (part du temps où l'arc est allumé) ; le facteur de marche, au chapitre 5, mesure ce que le générateur peut tenir sans surchauffer. Certains documents appellent le premier « facteur de marche du soudeur » : vérifie toujours de quoi l'on parle.
⚠️ Piège : oublier les temps morts du multipasse. Un chanfrein épais demande plusieurs passes, et chaque passe ajoute piquage du laitier, brossage et parfois meulage. C'est pourquoi K baisse sur les joints épais.
🧠 Mnémotechnique : « SIMPLE, mais lent » : Sans gaz, Indépendant du réseau avec un groupe, Mobile, toutes Positions, Large choix de métaux, Économique ; mais lent.
🔥 Le bon procédé au bon endroit

Le 111 s'impose quand le matériel doit se déplacer, quand les joints sont courts, dispersés ou en position, quand il faut réparer, ou sur un chantier sans gaz ni abri. Pour de longs cordons répétitifs en atelier, le coordinateur choisit plutôt le MAG, le fil fourré ou l'arc submergé. Le chiffrage du chapitre permet d'argumenter ce choix devant un chef de chantier.

3

Le générateur et sa caractéristique

Une source qui tient le courant quand la main bouge

🚰Image à retenirLe robinet à débit constant : que le tuyau s'allonge ou raccourcisse, il débite presque la même quantité d'eau
👁 Niveau 1 : voir le robinet à débit constant

Le réseau électrique fournit 230 V ou 400 V avec quelques dizaines d'ampères. L'arc demande l'inverse : une tension basse, de 20 à 30 V environ, et un fort courant, de 50 à 300 A. Le générateur de soudage fait cette conversion, isole le circuit de soudage du réseau, et permet de régler le courant. Il en existe quatre familles (polycopié, § 5.1) :

  • le transformateur, qui délivre du courant alternatif : simple, robuste, lourd ;
  • le transformateur-redresseur, qui transforme puis redresse en courant continu ;
  • l'onduleur (en anglais inverter) : il redresse le réseau, découpe le courant à très haute fréquence, le transforme dans un petit transformateur, puis le redresse ; léger et réglé électroniquement, c'est aujourd'hui le plus répandu ;
  • le groupe moto-soudeur : un moteur thermique entraîne une machine tournante qui produit le courant ; c'est le poste des chantiers sans réseau.

La question clé est ailleurs. La main du soudeur n'est pas une machine : la hauteur d'arc varie sans cesse d'un millimètre ou deux. Or la tension de l'arc augmente avec sa longueur. Si le courant variait avec elle, la fusion de l'électrode, la chaleur apportée et la pénétration changeraient à chaque tremblement. Le générateur du 111 a donc une caractéristique tombante : sa tension s'effondre dès que le courant voudrait augmenter. Il se comporte comme un robinet à débit constant : que le tuyau (l'arc) soit plus long ou plus court, il débite presque le même courant.

Manipulation 3 : le point de fonctionnement

La courbe verte est la caractéristique du générateur : la tension qu'il délivre selon le courant. Règle l'intensité affichée Ir, la pente s de la caractéristique et la tension à vide U0. La droite rouge est la caractéristique de l'arc, qui monte avec sa hauteur l. Leur croisement est le point de fonctionnement : le courant et la tension réels pendant le soudage. Le bouton ▶ fait trembler la main (l varie de ± 1 mm) et trace le courant obtenu. Modèle pédagogique : arc U = 20 + 0,04·I + 2·(l − 3), avec U en V, I en A et l en mm ; l'arc de 3 mm suit la droite conventionnelle de la norme.

🎓 Niveau 2 : maîtriser caractéristique statique, stabilité, familles de générateurs

Caractéristique statique et droite de charge conventionnelle (polycopié, § 5.3)

📖 Caractéristique statique (IEC 60974-1) : relation entre la tension et le courant aux bornes de sortie du générateur, branché sur une charge conventionnelle (une résistance). Elle est dite tombante quand, dans la plage de soudage, sa pente descendante atteint au moins 7 V pour 100 A, et plate quand la tension baisse de moins de 7 V/100 A, ou monte de moins de 10 V/100 A. Une caractéristique presque verticale est dite « à courant constant ».

Pour comparer les générateurs, la norme associe à chaque courant de soudage une tension conventionnelle, celle d'un arc « moyen ». Pour l'électrode enrobée :

U2 = 20 + 0,04·I2

U2 : tension conventionnelle en charge (V) ; I2 : courant conventionnel de soudage (A). Exemple : à 110 A, U2 = 20 + 4,4 = 24,4 V ; à 200 A, U2 = 28 V. Les autres procédés ont leur propre droite.

Pendant le soudage, l'arc a sa propre caractéristique : sa tension croît avec sa hauteur l et, un peu, avec le courant. Le point de fonctionnement est le croisement des deux courbes : c'est le seul couple (courant, tension) que le générateur et l'arc acceptent à la fois. Si la hauteur d'arc change de Δl (« delta l », un petit écart), la droite de l'arc se décale de b·Δl, et le courant varie de :

ΔI ≈ − b·Δls + c

ΔI : variation du courant (A) ; b : augmentation de la tension d'arc par millimètre d'arc (de l'ordre de 1 à 2 V/mm ; 2 V/mm dans le modèle) ; Δl : variation de la hauteur d'arc (mm) ; s : pente descendante du générateur (en V/A ; 41,5 V/100 A = 0,415 V/A) ; c : pente de l'arc avec le courant (0,04 V/A dans le modèle)

Exemple : générateur réglé sur 110 A, avec U0 = 70 V. Une caractéristique droite de 70 V à vide jusqu'au point (110 A ; 24,4 V) a une pente s = (70 − 24,4)/110 ≈ 0,415 V/A, soit 41,5 V/100 A : elle est tombante. Si l'arc s'allonge de 1 mm, ΔI ≈ −2/(0,415 + 0,04) ≈ −4,4 A, soit 4 % du courant. Avec une source plate de 2 V/100 A (0,02 V/A), le même millimètre coûte ΔI ≈ −2/(0,02 + 0,04) ≈ −33 A, soit 30 % : l'arc devient ingouvernable. Avec un onduleur à courant constant (pente de l'ordre de 5 V/A), ΔI ≈ −0,4 A.

Le point de fonctionnement est stable quand, au croisement, la caractéristique du générateur descend plus vite que celle de l'arc : si le courant augmente un instant, le générateur fournit alors moins de tension que l'arc n'en demande, et le courant redescend. Une caractéristique tombante croisant un arc dont la tension monte est toujours stable.

Les quatre familles de générateurs

Un transformateur abaisse la tension grâce à deux enroulements sur un circuit magnétique en fer. Pour une tension donnée, la taille de ce circuit diminue quand la fréquence augmente :

U = 4,44·f·N·B·Sfer

U : tension efficace aux bornes d'un enroulement (V) ; f : fréquence (Hz) ; N : nombre de spires ; B : induction magnétique maximale dans le fer (T, tesla) ; Sfer : section du circuit magnétique (m²). Passer de 50 Hz à 50 kHz divise par 1 000 le produit N·Sfer nécessaire : c'est le secret de la légèreté des onduleurs.

FamilleCourantRéglagePoints fortsPoints faibles
TransformateurCA, 50 Hzshunt magnétique mobile, noyau plongeur ou prisessimple, robuste, bon marché, peu de soufflage magnétiquelourd, CA seulement (électrodes compatibles), charge mal le réseau
Transformateur-redresseurCC (et parfois CA)mécanique ou électronique (thyristors)robuste, toutes les électrodes en CClourd, encombrant
OnduleurCC (CA sur certains)électronique, découpage à 20 à 100 kHzléger (5 à 20 kg pour 200 A), bon rendement, caractéristique programmable, aides à l'arcélectronique sensible à la poussière conductrice et aux chocs ; réparation spécialisée
Groupe moto-soudeurCC ou CAélectronique ou mécaniqueautonome, souvent avec une prise de courant auxiliaire pour l'outillagebruit, carburant, gaz d'échappement, entretien du moteur
📖 Le vocabulaire des générateurs : un redresseur est fait de diodes, composants qui ne laissent passer le courant que dans un sens ; un thyristor est une diode commandée, qui permet de régler le courant ; une self (ou inductance) de lissage est une bobine qui s'oppose aux variations rapides du courant ; le shunt magnétique et le noyau plongeur sont des pièces de fer mobiles qui modifient le passage du flux magnétique entre les enroulements du transformateur, donc le courant ; le découpage consiste à hacher le courant en impulsions très rapides avec des transistors ; les condensateurs stockent l'énergie et lissent la tension redressée.

Choisir un générateur (polycopié, § 5.1 et 5.2, qui présente aussi des diagrammes de sélection) : le courant maximal d'emploi, fixé par le plus gros diamètre d'électrode, et le facteur de marche à ce courant (chapitre 5) ; le type de courant demandé par les électrodes (les basiques et les cellulosiques préfèrent le continu ; beaucoup de rutiles acceptent l'alternatif) ; une tension à vide suffisante (chapitre 4) ; l'alimentation disponible (monophasée 230 V, triphasée 400 V, ou aucune : groupe) ; le poids et l'environnement (symbole S, indice IP) ; les fonctions utiles (aides à l'arc, réducteur de tension à vide, autres procédés).

💡 Un onduleur moderne est à courant constant : le courant affiché est, à quelques ampères près, celui que tu obtiens, quelle que soit ta hauteur d'arc. C'est la tension qui suit l'arc. Sur un vieux transformateur, l'intensité réelle dépend davantage de la hauteur d'arc et de la longueur des câbles.
⚠️ Piège : souder à l'électrode sur un poste MIG/MAG à tension constante. Sa caractéristique plate laisse le courant s'emballer quand l'arc raccourcit (l'électrode colle) et l'arc s'éteindre quand il s'allonge. Seuls les postes multiprocédés, qui changent de caractéristique selon le mode choisi, le permettent.
⚠️ Piège : prendre U2 = 20 + 0,04·I2 pour la vraie tension de l'arc. C'est une convention qui sert aux essais et aux plaques signalétiques ; la tension réelle dépend de la hauteur d'arc, de l'enrobage et de la polarité (cours 2).
🧠 Mnémotechnique : « tombante, tranquille » : la tension tombe, le courant reste tranquille. Et « plate, ça s'emballe ».
🔥 Le groupe moto-soudeur du chantier

Sur un pipeline ou un pylône, le groupe moto-soudeur fournit le courant de soudage et, souvent, une prise 230 V pour la meuleuse et l'éclairage. On le place à l'écart, sous le vent, loin des fouilles où ses gaz d'échappement s'accumuleraient, et on contrôle son plein avant la passe de racine : un arrêt en pleine racine laisse une reprise de plus.

4

Tension à vide, amorçage et aides à l'arc

Allumer l'arc sans coller et sans danger

🔥Image à retenirL'allumette : on la frotte, elle s'enflamme ; un coup de pouce au départ, et elle ne s'éteint pas
👁 Niveau 1 : voir l'allumette

Poste allumé, électrode en l'air : aucun courant ne passe, mais une tension est présente entre la pince et la pièce. C'est la tension à vide U0, de 50 à 100 V environ selon les postes. C'est la plus haute tension du circuit de soudage : dès que l'arc brûle, elle retombe vers 20 à 30 V.

Pour amorcer, on fait comme avec une allumette (polycopié, § 6.10, et cours 4 pour le geste) :

  • par grattage : on frotte le bout de l'électrode sur la pièce, dans le joint, d'un geste court ;
  • par toucher-relever : on pique la pièce et l'on relève aussitôt.

Au contact, l'électrode et la pièce forment un court-circuit : un fort courant traverse la petite surface de contact, la chauffe et la vaporise. En relevant de quelques millimètres, on étire ce pont de vapeur chaude en arc. La tension à vide aide à « percer » l'air au premier instant, et surtout à réallumer l'arc à chaque fois qu'il faiblit.

Les générateurs électroniques ajoutent trois aides à l'arc :

  • le démarrage à chaud (hot start) : un supplément de courant pendant une fraction de seconde, le coup de pouce qui chauffe l'électrode et la pièce encore froides ;
  • l'arc force (ou « dynamique d'arc ») : quand l'arc devient trop court, le générateur augmente le courant pour faire fondre plus vite le bout de l'électrode et éviter qu'elle se soude à la pièce ;
  • l'anti-collage (anti-stick) : si l'électrode reste collée, le courant tombe presque à zéro au bout d'une fraction de seconde ; on la décolle sans qu'elle rougisse.

Reste le danger : 50 à 100 V suffisent pour électrocuter un soudeur en sueur, à genoux dans un réservoir métallique. D'où des limites de tension à vide fixées par la norme, et un quatrième dispositif, le réducteur de tension à vide (VRD), qui abaisse la tension tant que l'électrode ne touche pas la pièce.

Manipulation 4 : l'oscillogramme de l'amorçage

Un oscilloscope enregistre la tension U entre la pince et la pièce (en haut) et le courant I (en bas) pendant trois secondes : électrode en l'air, contact, arc établi, puis le soudeur plonge l'électrode vers la pièce et la retire. Active ou coupe les aides, règle la tension à vide U0 et l'intensité Ir, choisis le lieu de travail et le type de courant pour le contrôle de sécurité, puis appuie sur ▶. Modèle pédagogique d'un onduleur à courant constant : démarrage à chaud de + 50 % pendant 0,3 s, arc force de + 40 % en arc court, anti-collage à 20 A après 0,5 s de court-circuit, réducteur à 15 V ; les réglages réels dépendent du fabricant.

🎓 Niveau 2 : maîtriser tension à vide, limites de sécurité, aides et réamorçage

La tension à vide (polycopié, § 6.5)

📖 Tension à vide assignée U0 (IEC 60974-1) : tension entre les bornes de sortie du générateur quand le circuit de soudage est ouvert, mesurée à la tension d'alimentation assignée, hors impulsions d'amorçage ou de stabilisation. Si le générateur a un réducteur de tension, c'est la tension mesurée avant qu'il n'agisse ; la tension réduite est notée Ur.

Une tension à vide élevée facilite l'amorçage et le réamorçage, surtout en courant alternatif et avec les électrodes basiques ou cellulosiques. Mais elle augmente le risque de choc électrique. La norme IEC 60974-1 plafonne donc U0 :

Lieu de travailCourant continuCourant alternatif
environnement sans risque accru de choc électrique113 V crête113 V crête et 80 V efficaces
environnement à risque accru de choc électrique (générateur marqué S)113 V crête68 V crête et 48 V efficaces

La valeur crête est le maximum instantané de la tension ; la valeur efficace est celle qui produirait le même échauffement en continu. Pour une tension sinusoïdale, crête = efficace × √2 (√2 ≈ 1,41) : 48 V efficaces font 68 V crête. Le courant alternatif est plus sévèrement limité parce qu'à 50 Hz il provoque plus facilement que le courant continu une fibrillation ventriculaire : le cœur se contracte de façon désordonnée et cesse de pomper le sang. Pour comparaison, la tension limite conventionnelle de contact retenue par les règles de sécurité électrique en local sec est de 50 V en alternatif et de 120 V en continu : un poste de soudage à vide la dépasse souvent en alternatif.

📖 Environnement à risque accru de choc électrique : lieu où le soudeur est en contact étendu avec des parties conductrices (réservoir, double-fond, tuyauterie où il travaille assis, couché ou à genoux), lieu exigu et conducteur, lieu mouillé, humide ou chaud où la sueur abaisse la résistance de la peau. Le générateur doit y porter le symbole S, et on le laisse à l'extérieur de l'espace confiné. L'hygiène et la sécurité complètes sont traitées au cours 5.

Le réducteur de tension à vide (VRD) détecte que le circuit est ouvert (forte résistance entre pince et pièce) et ramène la tension à une valeur réduite, de l'ordre de quelques dizaines de volts au plus ; il rétablit la pleine tension dès que l'électrode touche la pièce. On le recommande dans les environnements à risque accru ; certains chantiers l'imposent.

L'amorçage, les aides et le réamorçage (polycopié, § 6.10)

AideCe que fait le générateurPourquoiRéglage
Démarrage à chaud (hot start)courant augmenté au début de l'arc, pendant une fraction de secondechauffer l'électrode et la pièce froides ; éviter le collage et le manque de fusion au départ du cordonplus fort pour les électrodes basiques et les pièces épaisses
Arc forcecourant augmenté quand la tension d'arc baisse (arc court)fondre plus vite le bout de l'électrode, empêcher qu'elle colle, garder un arc « dur » et pénétrantplus fort pour les cellulosiques et les positions difficiles ; plus faible pour un arc doux sur tôle mince
Anti-collage (anti-stick)courant coupé ou fortement réduit après un court-circuit prolongédécoller l'électrode sans qu'elle rougisse ni abîme son enrobagesouvent automatique

Un transformateur à caractéristique tombante possède une « arc force » naturelle : quand l'arc raccourcit, son courant monte un peu (manipulation 3). L'onduleur la règle à volonté.

En courant alternatif, le courant change de sens et passe par zéro deux fois par période, soit cent fois par seconde à 50 Hz. À chaque passage, l'arc s'éteint presque et doit se réamorcer dans un gaz qui se refroidit. Il y faut une tension à vide suffisante et un enrobage riche en éléments qui s'ionisent facilement (ils perdent aisément un électron et rendent le gaz conducteur), comme le potassium et le sodium. C'est pourquoi toutes les électrodes ne s'emploient pas en alternatif, et pourquoi leur fiche indique le courant et la tension à vide minimale qu'elles demandent. Le cours 2 détaille le courant alternatif et la polarité.

💡 Amorce dans le joint, jamais à côté. Un amorçage sur la tôle hors du joint laisse un « coup d'arc » : une petite zone fondue puis refroidie très vite, dure et parfois fissurée, interdite sur beaucoup d'ouvrages. Amorce au début du joint, ou sur une plaquette d'amorçage, et reprends le cratère en fusion.
⚠️ Piège : « 70 volts, ce n'est pas dangereux ». Si, quand la peau est mouillée, que le contact est large et que le corps touche la pièce. On change d'électrode avec des gants secs et en bon état, sans toucher la pièce de l'autre main, et l'on ne pose jamais la pince sous tension sur la pièce ou sur soi.
⚠️ Piège : tirer comme un sourd sur une électrode collée. Sans anti-collage, elle rougit, son enrobage se fissure et elle devient inutilisable. On la libère d'un mouvement de torsion, ou l'on ouvre la pince ; puis on jette l'électrode abîmée.
🧠 Mnémotechnique : « Chaud au départ, Force quand c'est court, Anti-colle quand c'est collé », et pour la sécurité : « en milieu S, 48 volts en alternatif ».
🔥 Souder dans un réservoir

Avant d'envoyer un soudeur dans une capacité métallique : générateur marqué S, de préférence en courant continu et avec réducteur de tension, laissé à l'extérieur ; câbles et pince en parfait état ; gants et vêtements secs, tapis isolant ; un surveillant à l'extérieur, capable de couper le courant. Ces règles s'ajoutent à la ventilation et au contrôle de l'atmosphère, traités au cours 5.

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Facteur de marche et plaque signalétique

Ce que le poste peut tenir, écrit sur sa carte d'identité

🏃Image à retenirLe sprinteur et le marathonien : on court très vite peu de temps, ou longtemps moins vite
👁 Niveau 1 : voir le sprinteur et le marathonien

Un générateur n'est pas parfait : une partie de l'énergie qu'il transforme se perd en chaleur dans ses enroulements, ses semi-conducteurs et ses câbles internes. Ces pertes croissent comme le carré du courant. Un ventilateur les évacue, mais seulement à un certain rythme. Si l'on soude trop fort trop longtemps, les composants dépassent leur température admissible : une protection thermique coupe alors le courant, un voyant s'allume, et il faut attendre que le poste refroidisse.

Le facteur de marche X dit combien de temps on peut souder à un courant donné, sur un cycle normalisé de 10 minutes, à une température ambiante de 40 °C. « 200 A à 35 % » signifie : 3,5 minutes de soudage à 200 A, puis 6,5 minutes de repos, et ainsi de suite indéfiniment, sans déclenchement. À courant plus faible, on peut souder plus longtemps : c'est le sprinteur qui ralentit pour devenir marathonien.

Toutes ces informations sont écrites sur la plaque signalétique du poste, sa carte d'identité (polycopié, § 6.15) : la norme, le type de générateur, le procédé, la tension à vide, la plage de réglage, les couples courant, tension et facteur de marche, et ce que le poste demande au réseau.

Manipulation 5 : la plaque et la surchauffe

La plaque d'un poste onduleur de 200 A (exemple fictif). Touche une case de la plaque, ou un bouton de lecture, pour savoir ce qu'elle dit. Règle ensuite le courant I, le facteur de marche prévu X (minutes de soudage sur 10) et la température ambiante θa, puis appuie sur ▶ : le graphique suit la température du point le plus chaud du poste pendant deux heures de cycles. Modèle pédagogique : échauffement du premier ordre de constante de temps 20 min, proportionnel à I², protection à 100 °C qui réarme 10 °C plus bas, calé pour que 200 A à 35 % atteigne juste le seuil à 40 °C.

🎓 Niveau 2 : maîtriser facteur de marche, règle I²·X, lecture de la plaque

Le facteur de marche (polycopié, § 6.8)

📖 Facteur de marche X (IEC 60974-1) : rapport, sur un intervalle de temps donné, entre la durée en charge et la durée totale ; il est compris entre 0 et 1 et s'exprime souvent en %. La norme fixe la durée d'un cycle complet à 10 min : à 60 %, la charge dure 6 min et le repos 4 min. Les valeurs de la plaque sont établies à l'équilibre thermique, à une température ambiante de 40 °C.

L'échauffement vient des pertes, proportionnelles à I², et de leur durée, proportionnelle à X. À chaleur évacuée égale, on obtient une règle approchée :

I²·X ≈ constanteIX = Iref·√(Xref/X)XI = Xref·(Iref/I)²

Iref, Xref : un couple lu sur la plaque ; IX : courant admissible au facteur de marche X ; XI : facteur de marche admissible au courant I ; √ : racine carrée

Exemple : plaque « 200 A à 35 % ». À 100 %, la règle donne I = 200 × √(0,35/1) ≈ 118 A ; à 60 %, 200 × √(0,35/0,60) ≈ 153 A. À 180 A, X = 35 × (200/180)² ≈ 43 %, soit 4 min 20 s par cycle de 10 min. La plaque de la manipulation annonce 155 A à 60 % et 125 A à 100 %, un peu plus que la règle : le poste a de l'inertie thermique et refroidit aussi pendant qu'il soude. La règle est une estimation prudente ; la plaque fait foi.

Le facteur de marche concerne tous les éléments parcourus par le courant : générateur, câbles, pince, prise de masse et connecteurs ont chacun le leur (chapitre 6).

La plaque signalétique (polycopié, § 6.15)

InscriptionSignificationSur la plaque de la manipulation
Normela norme de construction du générateurEN IEC 60974-1
Symbole du générateurtype de source (transformateur, redresseur, onduleur…) et type de courant de sortie : ⎓ continu, ~ alternatifonduleur monophasé, sortie en continu
Symbole du procédéle ou les procédés prévus (ici l'électrode enrobée)MMA
Sutilisable en environnement à risque accru de choc électrique (chapitre 4)présent
U0tension à vide assignée80 V
Plagecourant minimal et maximal, avec leurs tensions conventionnelles U2 = 20 + 0,04·I210 A / 20,4 V – 200 A / 28,0 V
X, I2, U2facteurs de marche et courants conventionnels correspondants, avec leurs tensions35 % : 200 A, 28,0 V ; 60 % : 155 A, 26,2 V ; 100 % : 125 A, 25,0 V
1~ 50/60 Hz, U1alimentation : nombre de phases, fréquence, tension assignée du réseaumonophasé, 230 V
I1maxcourant maximal absorbé sur le réseau40 A
I1effcourant efficace maximal absorbé, compte tenu du facteur de marche ; c'est lui qui dimensionne la ligne et sa protection24 A
IP23Sindice de protection (IEC 60529) : 2 = protégé contre les corps solides de plus de 12,5 mm (les doigts) ; 3 = protégé contre la pluie jusqu'à 60° de la verticale ; S = essai à l'eau fait ventilateur à l'arrêtIP23S
Classe d'isolationtempérature maximale des isolants des enroulements : F (155 °C), H (180 °C)H

Le courant efficace absorbé se déduit du courant maximal : I1eff ≈ I1max·√X (on néglige le petit courant absorbé à vide). Ici 40 × √0,35 ≈ 23,7 A : une ligne protégée à 16 A ne suffit pas pour souder à 200 A, il faut une ligne de 32 A ou réduire le courant.

💡 Un soudeur au 111 dépasse rarement 30 à 40 % de taux d'arc : il s'arrête pour changer d'électrode et piquer le laitier. Un générateur choisi pour tenir le courant d'emploi à 35 % suffit souvent en soudage manuel ; un robot, lui, demande 60 à 100 %.
⚠️ Piège : comparer deux postes sur leur seul courant maximal. « 200 A à 20 % » et « 200 A à 60 % » ne désignent pas la même machine : compare-les au même facteur de marche, par exemple à 60 %.
⚠️ Piège : oublier que la plaque est donnée à 40 °C. Au soleil ou dans un local surchauffé, le poste déclenche plus tôt ; à 20 °C il tient plus longtemps (manipulation 5), mais on ne choisit pas un poste en comptant sur la fraîcheur.
🧠 Mnémotechnique : « 10 minutes, 40 degrés, I² fois X » : le cycle, l'ambiante, et la chaleur à évacuer qui reste à peu près la même.
🔥 Choisir le poste d'un atelier de tuyauterie

Électrodes de 4 mm à 150 A, soudeurs qui enchaînent les passes : on cherche un poste qui tienne au moins 150 A à 60 %, avec une tension à vide suffisante pour les électrodes prévues, le symbole S si l'on soude dans des capacités, et une alimentation compatible avec le réseau de l'atelier (I1eff et calibre des prises). Le prix d'un poste plus puissant est vite rattrapé par les arrêts évités.

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Accessoires, câbles, masse et maintenance

Le courant fait l'aller et le retour

🚿Image à retenirLe tuyau d'arrosage : trop long ou trop fin, il n'apporte plus au bout qu'un filet d'eau
👁 Niveau 1 : voir le tuyau d'arrosage

Le courant de soudage parcourt une boucle : il part du générateur, traverse le câble de pince, la pince, l'électrode et l'arc, entre dans la pièce, rejoint la prise de masse et revient par le câble de retour. Chaque maillon compte (polycopié, § 8) :

  • la pince porte-électrode serre l'électrode, lui amène le courant et protège la main par une poignée isolante. Elle est désignée par le courant qu'elle tient à 60 % de facteur de marche ;
  • la prise de masse, ou pince de retour du courant, se fixe sur la pièce, sur un métal propre, et au plus près du joint ;
  • les câbles sont faits de très nombreux fils de cuivre fins, pour rester souples, dans une gaine de caoutchouc ; leur section dépend du courant et de leur longueur ;
  • les connecteurs (raccords rapides du poste et des rallonges) doivent être enfoncés et verrouillés à fond.

Comme un tuyau d'arrosage trop long ou trop fin, un câble résiste au passage du courant : une partie de la tension se perd en route, et le câble chauffe. Un mauvais contact (prise de masse sur de la peinture ou de la rouille, connecteur mal serré, pince usée) fait pareil en un seul point : il chauffe, parfois jusqu'à brûler, et l'arc devient capricieux.

Et le retour compte autant que l'aller. Si la prise de masse est posée loin du joint, le courant cherche son chemin à travers la structure : roulements, charnières, chaînes, charpente, et même les conducteurs de protection de l'installation électrique, qui peuvent chauffer dangereusement. On parle de courants vagabonds.

Manipulation 6 : la chute de tension dans les câbles

Choisis la section S des câbles, la longueur totale du circuit L (câble de pince + câble de masse), le courant I et le facteur de marche X. Le schéma colore les câbles selon leur échauffement ; la barre du bas montre ce que le générateur doit fournir : la tension de l'arc plus la chute de tension dans les câbles. Données : résistivité ρ = 0,025 Ω·mm²/m (câble souple chaud, valeur des tableaux de chute de tension) ; intensités admissibles des câbles harmonisés H01N2-D à 25 °C, sur un cycle de 10 min ; repère de chute de tension de 4 V environ, utilisé par des fabricants de postes.

🎓 Niveau 2 : maîtriser section des câbles, accessoires normalisés, maintenance

Résistance, chute de tension et échauffement (polycopié, § 8.4)

R = ρ·LSΔU = R·IP = R·I²

R : résistance de l'ensemble des câbles (Ω) ; ρ : résistivité du cuivre (Ω·mm²/m) ; L : longueur totale, aller et retour (m) ; S : section d'un câble (mm²) ; ΔU : chute de tension (V) ; P : puissance perdue en chaleur dans les câbles (W)

La résistivité du cuivre pur vaut 0,0172 Ω·mm²/m à 20 °C. Un câble souple, fait de fils très fins, résiste un peu plus, et sa résistance augmente d'environ 0,4 % par degré : les tableaux de chute de tension des câbles de soudage, établis pour un câble chaud, correspondent à ρ ≈ 0,025 Ω·mm²/m (par exemple 0,709 V pour 100 A et 10 m en 35 mm²).

Exemple : pièce à 15 m du poste, soit L = 30 m ; 160 A. En 25 mm² : R = 0,025 × 30/25 = 0,030 Ω, ΔU = 0,030 × 160 = 4,8 V, P = 0,030 × 160² ≈ 770 W. En 35 mm² : R ≈ 0,0214 Ω, ΔU ≈ 3,4 V, P ≈ 550 W. Le générateur doit fournir la tension de l'arc plus ΔU : 20 + 0,04 × 160 + 3,4 ≈ 29,8 V.

On choisit la section avec deux critères : l'échauffement (le courant ne doit pas dépasser l'intensité admissible du câble au facteur de marche d'emploi) et la chute de tension (de l'ordre de 4 V au plus, repère de fabricants). Sur les câbles courts, c'est l'échauffement qui décide ; sur les câbles longs, c'est la chute de tension.

SectionAdmissible à 100 %à 60 %à 35 %Chute pour 100 A et 10 m
16 mm²135 A139 A150 A1,56 V
25 mm²180 A190 A213 A1,00 V
35 mm²225 A243 A279 A0,71 V
50 mm²285 A316 A371 A0,49 V
70 mm²355 A403 A482 A0,35 V

Câbles de soudage harmonisés H01N2-D (HD 22.6), ambiante 25 °C, cycle de 10 min. À 40 °C, on multiplie les intensités admissibles par 0,87 environ.

Pince, prise de masse et connecteurs (polycopié, § 8.1 à 8.3)

L'IEC 60974-11 désigne une pince porte-électrode par le courant qu'elle tient à 60 % de facteur de marche, et lui associe une plage de diamètres d'électrodes et de sections de câble :

Pince (A à 60 %)125150200250300400500
Électrodes (mm)1,6–2,52–3,22,5–43,2–54–6,35–86,3–10
Câble (mm²)10–1616–2525–3535–5050–7070–9595–120
📖 Pince porte-électrode et pince de retour (IEC 60974-11 et IEC 60974-13) : la pince porte-électrode est un outil isolé qui serre et guide l'électrode et assure sa connexion électrique ; la pince de retour du courant de soudage, appelée couramment prise de masse, se fixe sur la pièce ou à son contact pour y raccorder le câble de retour. Le terme « masse » est trompeur : cette pince ne relie pas la pièce à la terre, elle referme le circuit de soudage.

La pince de retour du courant (IEC 60974-13) est elle aussi désignée par son courant à 60 % et par les sections de câble qu'elle accepte. On la fixe sur un métal propre (meulé si besoin), serrée, sur la pièce elle-même ou sur le support qui la porte, et au plus près du joint : le courant ne doit traverser ni roulement, ni charnière, ni chaîne, ni câble de levage, ni charpente du bâtiment. Les connecteurs de câbles de soudage (IEC 60974-12) sont dimensionnés pour la section ; un connecteur desserré chauffe et se détruit.

Gestion et maintenance du parc (polycopié, § 7)

  • Identifier chaque poste, pince et câble, et tenir son historique (contrôles, réparations).
  • Avant chaque poste de travail, le soudeur vérifie ses câbles (gaine intacte, pas de fils apparents), sa pince (isolants complets, mâchoires propres), sa prise de masse et ses connecteurs (serrés).
  • Périodiquement et après chaque réparation, un contrôle selon l'IEC 60974-4 : examen visuel, continuité du conducteur de protection, résistance d'isolement, tension à vide, essai de fonctionnement. On dépoussière l'intérieur des onduleurs, car la poussière métallique conduit le courant.
  • Valider les appareils de mesure (ampèremètre et voltmètre du poste) selon l'IEC 60974-14, surtout quand les paramètres d'un mode opératoire qualifié doivent être respectés ; les ateliers certifiés selon l'ISO 3834 (exigences de qualité en soudage) s'appuient pour cela sur l'ISO 17662, consacrée à l'étalonnage, à la vérification et à la validation du matériel de soudage.

Le polycopié illustre ce paragraphe par un retour d'expérience industriel (§ 7.1, p. 24).

💡 Mesure la tension au plus près de l'arc. Le voltmètre du poste affiche la tension à ses bornes, chute dans les câbles comprise : avec 50 m de câble trop fin, il peut annoncer 5 V de plus que la tension réelle de l'arc.
⚠️ Piège : la prise de masse « sur ce qui est conducteur ». Sur une rambarde, une canalisation de gaz, le rail d'un pont roulant ou la charpente, le courant passe par des chemins imprévus : roulements piqués, câbles de levage abîmés, conducteurs de protection surchauffés. La masse va sur la pièce, près du joint.
⚠️ Piège : laisser le câble enroulé en bobine serrée sur le poste. Il refroidit mal et chauffe ; en courant alternatif, la bobine ajoute en plus une inductance (un effet de bobine qui freine les variations du courant) qui perturbe l'arc. On déroule le câble utile.
🧠 Mnémotechnique : la masse « près, propre, serrée », et le câble « court et gros » : chaque mètre de trop et chaque mm² en moins coûtent de la tension.
🔥 Les courants vagabonds

Dans un atelier, la pièce posée sur un vireur et la prise de masse fixée sur le marbre : le courant traverse les galets et les roulements du vireur, où de petits arcs piquent les pistes, et peut emprunter la charpente et les conducteurs de protection du bâtiment. Une prise de masse sur la pièce, éventuellement tournante, règle le problème.

✎

Exercices corrigés

Six exercices et un défi, de la baguette à la prise de masse

🏋️Image à retenirLa salle de musculation : on ne progresse qu'en soulevant soi-même
👁 Mode d'emploi courants en A, tensions en V, longueurs en mm ou en m, masses en g

Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Écris la formule littérale, puis les valeurs avec leurs unités. Les manipulations 1 à 6 permettent de vérifier tes résultats ; le défi se rejoue dans les manipulations 5 et 6.

Exercice 1 : une électrode, une minute N1 · chapitre 1

Une électrode rutile de 3,2 × 350 mm (diamètre de l'âme × longueur) brûle à 110 A. On prend ρ = 7,85 g/cm³ pour l'acier, un coefficient de fusion de l'âme cf ≈ 9,5 g/(A·h) et un bout jeté de 40 mm.

a) Que signifient les chiffres 1, 11 et 111 de l'ISO 4063 ?

b) Calcule la masse de l'âme.

c) Combien de temps dure l'électrode ?

d) À 3 mm/s, quelle longueur de cordon dépose-t-elle ? Combien d'électrodes faut-il par mètre ?

Voir la correction

a) 1 : soudage à l'arc ; 11 : soudage à l'arc avec électrode fusible sans protection gazeuse ; 111 : soudage manuel à l'arc, c'est-à-dire à l'électrode enrobée (MMA, ou SMAW aux États-Unis).

b) m = ρ·π·d²/4·L = 7,85 × 10⁻³ × π × 3,2²/4 × 350 ≈ 22,1 g.

c) On brûle 310 mm : mu = 22,1 × 310/350 ≈ 19,6 g. Vitesse de fusion : cf·I = 9,5 × 110/3 600 ≈ 0,290 g/s. Durée : te = 19,6/0,290 ≈ 67 s, un peu plus d'une minute.

d) Lc = v·te = 3 × 67,4 ≈ 202 mm ; 1 000/202 ≈ 4,9 : 5 électrodes par mètre. Manipulation 1 : ⌀ 3,2, 110 A, 3 mm/s, temps poussé jusqu'à la fin de l'électrode.

Exercice 2 : chiffrer un chantier N1 · chapitre 2

On doit souder 6 m d'angle de gorge a = 5 mm avec des électrodes de 3,2 mm à 110 A. Une électrode dépose 18,6 g ; le taux de dépôt vaut 0,99 kg/h ; le soudeur a un taux d'arc de 30 %.

a) Calcule la section du joint et la masse à déposer.

b) Combien d'électrodes faut-il ?

c) Calcule le temps d'arc, puis le temps total.

d) En MAG, à 3,5 kg/h et 40 % de taux d'arc, combien de temps faudrait-il ? Conclus.

Voir la correction

a) A = a² = 25 mm² ; m = ρ·A·L = 7,85 × 10⁻³ × 25 × 6 000 ≈ 1 178 g.

b) N = 1 178/18,6 ≈ 63,3 : il faut 64 électrodes (on arrondit au-dessus, et l'on en prévoit quelques-unes de plus).

c) tarc = m/D = 1,178/0,99 ≈ 1,19 h ≈ 71 min ; ttot = tarc/K = 71/0,30 ≈ 237 min, soit près de 4 h.

d) tarc = 1,178/3,5 ≈ 0,34 h ≈ 20 min ; ttot ≈ 20/0,40 ≈ 50 min : le MAG irait environ 4,7 fois plus vite. Le 111 se justifie s'il faut se déplacer, souder en position ou sans gaz ; pour 6 m d'angle en atelier, le MAG l'emporte (manipulation 2, préréglages « Angle a = 5 mm » et « ⌀ 3,2 »).

Exercice 3 : la main qui tremble N2 · chapitre 3

Un transformateur a une tension à vide U0 = 70 V ; on le règle sur 110 A. On assimile sa caractéristique à une droite qui part de U0 et passe par le point conventionnel (110 A ; U2). L'arc suit U = 20 + 0,04·I + 2·(l − 3), avec l en mm.

a) Calcule U2 et la pente s du générateur en V/100 A. Est-il tombant au sens de l'IEC 60974-1 ?

b) L'arc passe de 3 à 4 mm. Calcule le nouveau point de fonctionnement et la variation de courant.

c) Même question avec une source plate de pente 2 V/100 A passant par le même point (110 A ; U2).

d) Pourquoi le 111 exige-t-il une caractéristique tombante, et pourquoi un onduleur à courant constant fait-il encore mieux ?

Voir la correction

a) U2 = 20 + 0,04 × 110 = 24,4 V ; s = (70 − 24,4)/110 ≈ 0,415 V/A = 41,5 V/100 A ≥ 7 V/100 A : tombante.

b) Générateur : U = 70 − 0,415·I ; arc à 4 mm : U = 22 + 0,04·I. Égalité : I = 48/0,455 ≈ 105,6 A, U ≈ 26,2 V. ΔI ≈ −4,4 A, soit −4 %, conforme à ΔI ≈ −b·Δl/(s + c) = −2/0,455.

c) Source plate : U = 24,4 − 0,02·(I − 110) = 26,6 − 0,02·I. Égalité avec 22 + 0,04·I : I = 4,6/0,06 ≈ 76,7 A. ΔI ≈ −33 A, soit −30 % pour un seul millimètre. Et à 2 mm, le courant monterait à 143 A (manipulation 3, préréglage « Source plate »).

d) La main fait varier sans cesse la hauteur d'arc. Avec une caractéristique tombante, le courant, donc la fusion de l'électrode et la chaleur, reste presque constant. L'onduleur à courant constant (pente de l'ordre de 5 V/A) réduit l'écart à environ 0,4 A par millimètre, et ajoute des aides programmées (chapitre 4).

Exercice 4 : tension à vide et aides à l'arc N1 · chapitre 4

a) Un onduleur marqué S affiche U0 = 85 V en courant continu. Peut-on l'utiliser pour souder dans un réservoir ?

b) Un ancien transformateur affiche U0 = 75 V efficaces en courant alternatif. Peut-il servir dans le réservoir ? Dans un atelier sec ?

c) Que fait un réducteur de tension à vide, et pourquoi le recommander ici ?

d) Une électrode basique colle à chaque amorçage et en arc court. Quelles aides régler, et dans quel sens ?

e) Pourquoi faut-il amorcer dans le joint ?

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a) En continu, la limite est de 113 V crête, quel que soit l'environnement : 85 V convient, et le symbole S confirme que le poste est prévu pour un environnement à risque accru. On le laisse hors du réservoir et l'on applique les autres précautions (gants secs, tapis isolant, surveillant).

b) En alternatif et en environnement à risque accru, la limite est de 48 V efficaces (68 V crête) : 75 V est interdit dans le réservoir. En atelier sec, la limite est de 80 V efficaces et 113 V crête ; or 75 × √2 ≈ 106 V crête : il est admis.

c) Il abaisse la tension présente entre la pince et la pièce tant que l'électrode ne touche pas la pièce, et rétablit la pleine tension au contact. Il réduit le risque de choc pendant les changements d'électrode et les déplacements, quand le soudeur est le plus exposé.

d) Augmenter le démarrage à chaud (l'électrode basique, peu ionisante, s'amorce mal à froid), augmenter l'arc force (le courant monte quand l'arc raccourcit) et garder l'anti-collage actif. Vérifier aussi que les électrodes sont bien étuvées et que la tension à vide convient (manipulation 4 : coupe les aides, puis remets-les).

e) Un amorçage hors du joint laisse un coup d'arc : une petite zone fondue et trempée, dure et parfois fissurée. Dans le joint, cette zone est refondue par le cordon.

Exercice 5 : lire une plaque signalétique N2 · chapitre 5

La plaque d'un onduleur indique : U0 = 80 V ; 10 A / 20,4 V – 200 A / 28,0 V ; X = 35 %, 60 %, 100 % pour I2 = 200 A, 155 A, 125 A ; 1~ 50/60 Hz, U1 = 230 V, I1max = 40 A, I1eff = 24 A ; IP23S.

a) Vérifie les tensions U2 correspondant aux trois courants.

b) À partir du couple 200 A à 35 %, applique la règle I²·X à 60 % et à 100 %. Compare à la plaque.

c) Quel facteur de marche peut-on espérer à 180 A ? Combien de minutes de soudage par cycle ?

d) Le poste est branché sur une prise protégée à 16 A. Qu'en dis-tu ?

e) Que signifie IP23S ?

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a) U2 = 20 + 0,04·I2 : 28,0 V à 200 A, 26,2 V à 155 A, 25,0 V à 125 A ; et 20,4 V à 10 A, comme la plage.

b) I60 = 200 × √(0,35/0,60) ≈ 153 A ; I100 = 200 × √0,35 ≈ 118 A. La plaque annonce 155 A et 125 A : un peu plus, car le poste a de l'inertie thermique. La règle est prudente ; la plaque fait foi.

c) X = 35 × (200/180)² ≈ 43 %, soit environ 4 min 20 s de soudage par cycle de 10 min.

d) I1eff ≈ I1max·√X = 40 × √0,35 ≈ 24 A > 16 A : à pleine puissance, la protection de la ligne risque de déclencher. Il faut une ligne de 32 A, ou se limiter à un courant de soudage plus faible.

e) Protégé contre les corps solides de plus de 12,5 mm (2) et contre la pluie tombant jusqu'à 60° de la verticale (3), essai à l'eau fait ventilateur à l'arrêt (S). On l'abrite tout de même des fortes intempéries.

Exercice 6 : câbles et prise de masse N2 · chapitre 6

On soude à 200 A, avec un facteur de marche de 35 %, une pièce située à 20 m du poste : L = 40 m de câble au total. On prend ρ = 0,025 Ω·mm²/m.

a) Calcule R, ΔU et la puissance perdue pour 25, 35 et 50 mm².

b) Les trois sections tiennent-elles l'échauffement (tableau du chapitre 6) ? Laquelle choisir ?

c) Quelle pince porte-électrode convient à 200 A et 35 % avec ce câble ?

d) La pièce tourne sur un vireur ; le soudeur fixe la masse sur le bâti du vireur. Quel risque ? Que faire ?

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a) 25 mm² : R = 0,025 × 40/25 = 0,040 Ω, ΔU = 8,0 V, P = 1 600 W. 35 mm² : R ≈ 0,0286 Ω, ΔU ≈ 5,7 V, P ≈ 1 140 W. 50 mm² : R = 0,020 Ω, ΔU = 4,0 V, P = 800 W.

b) À 35 %, les intensités admissibles sont 213 A, 279 A et 371 A : les trois tiennent l'échauffement. C'est la chute de tension qui décide : 50 mm² (4 V, à la limite du repère), ou rapprocher le poste. Manipulation 6 : 50 mm², 40 m, 200 A, 35 %.

c) Une pince est désignée par son courant à 60 %. Équivalent à 60 % : 200 × √(0,35/0,60) ≈ 153 A ; la pince de 150 A est trop juste et n'accepte que 16 à 25 mm². La pince de 250 A accepte les câbles de 35 à 50 mm² et les électrodes de 3,2 à 5 mm : elle convient.

d) Le courant traverse les galets et les roulements du vireur : de petits arcs piquent les pistes et les roulements s'usent vite ; une partie du courant peut aussi s'égarer dans la structure. Il faut une prise de masse sur la pièce elle-même, tournante si nécessaire, près du joint.

🏆 Défi : le poste et les câbles du chantier N2 · chapitres 5 et 6, à rejouer dans les manipulations 5 et 6

Un chantier de tuyauterie demande 160 A (électrodes de 4 mm) avec un facteur de marche de 60 %. La pièce est à 15 m du poste : 15 m de câble de pince et 15 m de câble de masse. Le poste disponible est celui de la manipulation 5 : 200 A à 35 %, 155 A à 60 %, 125 A à 100 %.

a) Le générateur convient-il ? Réponds avec la règle I²·X, puis avec la plaque.

b) Quel facteur de marche la règle autorise-t-elle à 160 A ?

c) Câbles de 25 mm² ou de 35 mm² ? Justifie par l'échauffement et par la chute de tension.

d) Quelle pince porte-électrode faut-il ?

e) Quelle tension le générateur doit-il fournir à ses bornes ?

Voir la correction

a) Règle : I60 = 200 × √(0,35/0,60) ≈ 153 A < 160 A ; plaque : 155 A < 160 A. Non, le poste est trop juste. Manipulation 5, bouton « Défi : 160 A à 60 % » : à 40 °C, la protection finit par déclencher au bout d'une heure environ, puis à chaque cycle ou presque. Il faut un poste plus puissant, par exemple 250 A à 35 % (≈ 191 A à 60 %).

b) X = 35 × (200/160)² ≈ 55 %, soit 5 min 30 s de soudage par cycle de 10 min, au lieu des 6 min demandées.

c) L = 30 m. 25 mm² : admissible 190 A à 60 % (échauffement correct), mais ΔU = 0,025 × 30/25 × 160 = 4,8 V > 4 V. 35 mm² : 243 A admissibles et ΔU = 0,025 × 30/35 × 160 ≈ 3,4 V : on choisit 35 mm². Manipulation 6, bouton « Défi », puis 25 et 35 mm².

d) 160 A à 60 % : il faut une pince d'au moins 160 A à 60 %, donc la classe 200 A, qui accepte les électrodes de 2,5 à 4 mm et les câbles de 25 à 35 mm².

e) U = U2 + ΔU = 20 + 0,04 × 160 + 3,4 ≈ 29,8 V.

?

Quiz : 12 questions éclair

Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste

🎯Image à retenirLa cible : vise 10 sur 12 avant le cours 2
Score : 0 / 12
★

Fiche mémoire du cours 1

Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête

📸Image à retenirLe musée de l'électrode enrobée, salle 1
✏️

Le crayon

111 = âme + enrobage

Soudage manuel à l'arc (ISO 4063). L'âme se dépose ; l'enrobage donne gaz, laitier et cratère qui guide l'arc.

📜

Le parchemin

1802 · 1885 · 1888 · 1907

L'arc, l'électrode de carbone, l'électrode métallique nue, puis l'électrode enrobée de Kjellberg.

🧰

Le couteau suisse

ttot = tarc/K

Partout, toutes positions, sans gaz ; mais 1 à 2 kg/h et un taux d'arc de 20 à 40 %. Une électrode de 3,2 mm : une minute.

🚰

Le robinet

ΔI ≈ −b·Δl/(s + c)

Caractéristique tombante (≥ 7 V/100 A) : le courant tient quand l'arc bouge. U2 = 20 + 0,04·I2.

🪶

La plume

U = 4,44·f·N·B·S

Transformateur, redresseur, onduleur, moto-soudeur. À 20 à 100 kHz, le transformateur de l'onduleur maigrit.

🔥

L'allumette

U0 → contact → arc

Grattage ou toucher-relever, dans le joint. Démarrage à chaud, arc force, anti-collage.

⚠️

Le panneau danger

CC 113 V crête · CA 48 V eff. (S)

Limites de l'IEC 60974-1 ; symbole S en milieu à risque accru ; réducteur de tension à vide (VRD).

🏃

Le sprinteur

I²·X ≈ constante

Cycle de 10 min, ambiante 40 °C. 200 A à 35 % ≈ 153 A à 60 %. La plaque fait foi ; I1eff dimensionne la ligne.

🚿

Le tuyau d'arrosage

ΔU = ρ·L·I/S

ρ ≈ 0,025 Ω·mm²/m ; chute ≲ 4 V ; pince désignée à 60 % ; masse près, propre, serrée.

🏛 La visite du musée, salle 1 (2 minutes, les yeux fermés) : à l'entrée, un géant écrit sur une tôle avec un crayon ✏️ dont la mine fond en métal et dont le bois part en fumée. Il recopie un vieux parchemin 📜 couvert de dates : 1802, 1885, 1888, 1907. Le parchemin est roulé autour d'un couteau suisse 🧰 dont toutes les lames s'ouvrent, mais lentement. Une lame est un petit robinet 🚰 qui coule toujours au même débit, même quand on agite le tuyau. Sur le robinet est posée une plume 🪶 : un transformateur si léger qu'il s'envole. La plume tombe sur une allumette 🔥 qu'on frotte dans le joint ; elle éclaire un panneau danger ⚠️ marqué S. Derrière le panneau, un sprinteur 🏃 court 3 minutes et demie, puis se repose, encore et encore. Il finit sa course en arrosant le musée avec un tuyau d'arrosage 🚿 trop long, dont il ne sort qu'un filet d'eau.
A–Z

Glossaire

Les mots, symboles et sigles de ce cours

📖Image à retenirLe dictionnaire : un mot flou, un clic
A
Section d'un joint, aire du métal à déposer vue en coupe (mm²).
a (gorge)
Hauteur du triangle inscrit dans une soudure d'angle, mesurée depuis la racine (mm). Section théorique d'un angle : a².
Âme
Tige métallique au cœur de l'électrode, qui conduit le courant et fond pour former le métal déposé. Son diamètre est le diamètre de l'électrode.
Amorçage
Allumage de l'arc, par grattage ou par toucher-relever.
Anti-collage (anti-stick)
Fonction qui coupe ou réduit fortement le courant quand l'électrode reste collée à la pièce.
Arc électrique
Passage du courant dans un gaz rendu conducteur, porté à plusieurs milliers de degrés.
Arc force
Fonction qui augmente le courant quand l'arc devient trop court, pour éviter le collage.
b, c
Dans le modèle d'arc : augmentation de la tension d'arc par millimètre d'arc (V/mm) ; augmentation avec le courant (V/A).
Bain de fusion
Métal liquide formé par la fusion de l'électrode et de la pièce, qui se solidifie en cordon.
cf
Coefficient de fusion de l'âme : masse fondue par ampère et par heure (de l'ordre de 10 g/(A·h)).
CC, CA (DC, AC)
Courant continu, de sens constant ; courant alternatif, qui change de sens (50 fois par seconde dans chaque sens à 50 Hz).
Caractéristique statique
Relation entre la tension et le courant de sortie d'un générateur sur charge conventionnelle (IEC 60974-1).
Caractéristique tombante, plate
Tombante : pente descendante d'au moins 7 V/100 A ; plate : moins de 7 V/100 A. La tombante (ou à courant constant) convient au 111.
Coup d'arc
Trace d'un amorçage hors du joint : petite zone fondue et trempée, dure, parfois fissurée.
Cordon
Métal solidifié déposé par une passe de soudage.
Courant vagabond
Courant de soudage qui revient au générateur par un chemin imprévu (charpente, roulements, conducteurs de protection).
Court-circuit
Contact direct entre l'électrode et la pièce : la tension tombe à presque zéro et le courant est limité par le seul générateur.
Cratère d'enrobage
Collerette formée au bout de l'électrode par l'enrobage, qui fond moins vite que l'âme ; elle guide l'arc.
D
Taux de dépôt : masse de métal déposée par heure d'arc (kg/h).
d
Diamètre de l'électrode, c'est-à-dire de son âme (mm).
Démarrage à chaud (hot start)
Supplément de courant pendant une fraction de seconde au début de l'arc.
DMOS
Descriptif de mode opératoire de soudage : le document qui fixe les paramètres d'une soudure.
Δ (delta)
Variation d'une grandeur : ΔI variation de courant, Δl variation de hauteur d'arc, ΔU chute de tension.
Électrode enrobée
Baguette formée d'une âme métallique et d'un enrobage ; électrode fusible du procédé 111.
Enrobage
Revêtement minéral de l'électrode, qui produit gaz de protection et laitier, stabilise l'arc et ajuste la composition du métal.
Environnement à risque accru de choc électrique
Lieu conducteur, exigu, mouillé, humide ou chaud ; le générateur doit y porter le symbole S.
Fibrillation ventriculaire
Contraction désordonnée du cœur, qui cesse de pomper ; principal danger mortel d'un choc électrique.
f
Fréquence (Hz) : 50 Hz pour le réseau, 20 à 100 kHz pour le découpage d'un onduleur.
Équilibre thermique
État où les températures du générateur ne montent plus : la chaleur produite est entièrement évacuée.
Facteur de marche X
Part d'un cycle de 10 min pendant laquelle le générateur peut débiter un courant donné, à 40 °C, sans surchauffer.
Groupe moto-soudeur
Générateur entraîné par un moteur thermique, pour les chantiers sans réseau.
H01N2-D, HD 22.6
Câble de soudage souple harmonisé ; le document européen qui le définit.
I, Ir, If
Intensité du courant (A) ; intensité réglée sur le générateur ; intensité au point de fonctionnement.
I2, U2
Courant conventionnel de soudage et tension conventionnelle en charge, liés par U2 = 20 + 0,04·I2 pour l'électrode enrobée.
I1max, I1eff, U1
Courant maximal absorbé sur le réseau ; courant efficace maximal absorbé (≈ I1max·√X) ; tension d'alimentation assignée.
IEC 60974
Normes du matériel de soudage à l'arc : partie 1 sources de courant, 4 inspection périodique, 11 porte-électrodes, 12 connecteurs, 13 pinces de retour, 14 étalonnage et validation.
IP23S
Code de protection (IEC 60529) : protégé contre les corps de plus de 12,5 mm et contre la pluie jusqu'à 60° de la verticale, essai fait ventilateur à l'arrêt.
ISO 3834, ISO 9606-1, ISO 17662
Exigences de qualité en soudage ; qualification des soudeurs ; étalonnage, vérification et validation du matériel de soudage.
ISO 4063
Nomenclature et numéros des procédés de soudage, brasage et coupage.
K (taux d'arc)
Part du temps de travail pendant laquelle l'arc est allumé ; 20 à 40 % en 111.
L, Lc
Longueur (du joint, de l'électrode ou des câbles) ; longueur de cordon déposée par une électrode.
l (hauteur d'arc)
Distance entre le bout de l'électrode et le bain (mm).
Laitier
Couche minérale vitreuse issue de l'enrobage, qui protège et façonne le cordon ; on la retire entre les passes.
m, mu, me, ṁ
Masse à déposer ; masse d'âme utile d'une électrode ; masse déposée par une électrode ; masse d'âme fondue par seconde (g ou g/s).
MAG
Soudage à l'arc sous gaz actif avec fil-électrode plein (procédé 135).
MMA, SMAW
Manual metal arc : soudage manuel à l'arc ; shielded metal arc welding : son nom aux États-Unis.
Onduleur
Générateur qui redresse le réseau puis découpe le courant à haute fréquence avant de le transformer ; léger, réglé électroniquement.
P
Puissance (W) : P = U·I pour l'arc, P = R·I² pour l'échauffement d'un câble.
Pince porte-électrode
Outil isolé qui serre et guide l'électrode et lui amène le courant (IEC 60974-11).
Pince de retour du courant (prise de masse)
Pince fixée sur la pièce, qui ramène le courant au générateur (IEC 60974-13).
Point de fonctionnement
Croisement des caractéristiques du générateur et de l'arc : courant et tension réels du soudage.
Redresseur, thyristor
Montage de diodes qui ne laisse passer le courant que dans un sens ; diode commandée qui permet de régler le courant.
R, ρ
Résistance électrique (Ω) ; résistivité (Ω·mm²/m) : 0,0172 pour le cuivre pur à 20 °C, ≈ 0,025 pour un câble souple chaud.
Rendement de l'électrode
Rapport entre la masse de métal déposé et la masse d'âme fondue.
Self (inductance)
Bobine qui s'oppose aux variations rapides du courant et le lisse.
Shunt magnétique
Pièce de fer mobile d'un transformateur de soudage, qui dévie une partie du flux magnétique et règle ainsi le courant.
S (section)
Section d'un câble (mm²).
S (symbole)
Marque d'un générateur utilisable en environnement à risque accru de choc électrique.
s (pente)
Pente descendante de la caractéristique du générateur, en V/A ou en V/100 A.
t, te, tarc, ttot
Temps ; durée de vie d'une électrode ; temps d'arc ; temps de travail total.
Tension crête, efficace
Valeur maximale instantanée d'une tension ; valeur qui chaufferait autant en continu. En sinusoïdal, crête = efficace × √2.
Tension à vide U0
Tension de sortie du générateur quand aucun courant ne passe (V).
θ, θa
Température (θ, « thêta ») ; température ambiante (°C).
U
Tension électrique (V).
v
Vitesse d'avance du soudeur (mm/s).
VRD
Voltage reducing device : réducteur de tension à vide.
Xref, Iref
Couple facteur de marche et courant lu sur la plaque, qui sert de référence à la règle I²·X ≈ constante.
✓

Suis-je prêt pour la suite ?

Dix points à cocher de tête

🚦Image à retenirLe feu passe au vert quand tout est coché

Coche seulement ce que tu sais faire sans regarder. Tes coches restent enregistrées dans ce navigateur.

🔭 Au prochain épisode, cours 2 : l'arc et ses réglages. Le poste est installé et branché ; reste à régler l'arc. On comparera le courant continu et le courant alternatif, et l'on verra ce que change la polarité, électrode au pôle positif ou au pôle négatif. On suivra l'effet de l'intensité, de la tension et de la hauteur d'arc, de la vitesse d'avance et de l'orientation de l'électrode sur la forme du cordon, jusqu'au calcul de l'énergie de soudage. Le cours se terminera par le soufflage magnétique, cet arc qui dévie sans prévenir, et ses remèdes, dont la bonne place de la prise de masse.