Aller au menu du wiki

Aciers inoxydables, série 2.15 : les connaître pour bien les souder

Les familles d'inox

Cours2 sur 4 : ferritiques, martensitiques, durcis par précipitation, austénitiques, duplex, et comment choisir
Durée conseillée≈ 3 h avec les exercices
Prérequisboucle γ, éléments d'alliage, équivalents et désignations (Inox, cours 1) ; martensite et revenu (Métallurgie, cours 3) ; transition ductile-fragile (Rupture, cours 2)
À la fin tu saisreconnaître chaque famille, ses propriétés et ses nuances courantes ; prévoir Ms et la ferrite d'un martensitique ; régler le vieillissement d'un 17-4PH ; expliquer l'effet TRIP ; doser un duplex ; choisir une famille pour une application

Ferritique, martensitique, durci par précipitation, austénitique, austéno-ferritique : cinq familles, cinq structures, cinq façons d'être inoxydable. La même couche passive les protège, mais tout le reste change : la résistance, la ténacité à froid, le magnétisme, la dilatation, le prix, et la manière de les souder. Ce cours les passe en revue une par une, avec leurs nuances courantes et leurs applications, puis apprend à choisir la bonne famille pour un cahier des charges.

Le code couleur de la série

Orange : les actions de l'atelier (trempe, revenu, écrouissage) et les efforts.
Noir : la géométrie dessinée (grains, éprouvettes).
Bronze : les encadrés « métier » 🔥, tournés vers l'atelier.

Avant de commencer

Ce que tu sais déjà, en trois cases

γ ≤ 12 % Cr
Le chrome referme la boucle γ ; le nickel, le carbone et l'azote la font gonfler. Dans l'île : trempe possible ; hors de l'île : ferrite à toute température (Inox, cours 1).
Creq · Nieq
Deux sommes pondérées placent un acier sur la carte de Schaeffler ; les familles s'y rangent en zones (Inox, cours 1).
PREN = Cr + 3,3Mo + 16N
L'indice de piqûre compare les nuances face aux chlorures ; plus de 40 environ pour l'eau de mer (Inox, cours 1).
📘 Correspondance avec le planning et le référentiel. Ce cours poursuit le sujet 2.15 « Aciers inoxydables » du planning de la formation. Il sert aussi au sujet 2.13 « Acier cryogénique » (chapitre 4) et au sujet 2.8 « Traitements thermiques des matériaux » (chapitres 2 et 3).
Chapitre du coursCe qu'il apporte à l'IWE
1 Les ferritiquesstructure, austénitisation partielle, stabilisation, propriétés, nuances, applications
2 Les martensitiquestrempe, Ms, ferrite δ, austénite résiduelle, revenu, nuances
3 Les durcis par précipitationmise en solution et vieillissement, classes, nuances, aciers ODS
4 Les austénitiquespropriétés, écrouissage et effet TRIP, ténacité à froid, nuances
5 Les austéno-ferritiqueséquilibre des phases, résistance aux piqûres, nuances duplex et super duplex
6 Choisir sa famillecomparaison des propriétés, critères de choix, conséquences pour le soudage
Dans le référentiel de l'IIW (International Institute of Welding) pour la formation IWE (International Welding Engineer), ce cours répond aux attendus sur les aciers inoxydables : décrire les familles, leurs propriétés et leurs applications, et relier chaque famille à ses précautions de soudage.
📖 Les sigles et notations de ce cours.
  • α, δ : ferrite ; γ : austénite ; α' : martensite de trempe ou de déformation (cubique centrée ou quadratique) ; ε : martensite hexagonale ; PH (precipitation hardening) : durci par précipitation ; ODS (oxide dispersion strengthened) : renforcé par dispersion d'oxydes.
  • Rp0,2 : limite d'élasticité conventionnelle à 0,2 % de déformation plastique ; Rm : résistance à la traction ; A : allongement à rupture ; KV : énergie Charpy, en joules ; HV : dureté Vickers ; TTDF : température de transition ductile-fragile.
  • Ms, Mf : températures de début et de fin de transformation martensitique ; Md30 : température où 30 % de déformation vraie transforment la moitié de l'austénite en martensite ; TRIP (transformation induced plasticity) : plasticité induite par transformation.
  • λ : conductivité thermique, en W·m⁻¹·K⁻¹ ; αth : coefficient de dilatation thermique, en °C⁻¹ (10⁻⁶ °C⁻¹ = 1 µm par mètre et par degré).
Teneurs en % massique ; les propriétés citées sont des ordres de grandeur, la norme de produit (EN 10088) fait foi. Les modèles des manipulations sont pédagogiques.
🔥 Pourquoi ce cours compte en soudage

Chaque famille se soude à sa façon. Le ferritique craint les gros grains et la martensite aux joints ; le martensitique, la fissuration à froid ; le durci par précipitation, la perte de ses précipités ; l'austénitique, la fissuration à chaud et la déformation ; le duplex, le déséquilibre des phases. Avant de rédiger un mode opératoire, le coordinateur identifie la famille, ses propriétés d'emploi et ce que la soudure doit préserver. Les cours 3 et 4 détaillent ensuite chaque danger.

Les cinq familles en un coup d'œil

FamilleStructureNuances types (AISI)ISO/TR 15608En une phrase
Ferritiquesα de la fusion à l'ambiante409, 430, 439, 444, 4467.1sans nickel, bon marché, magnétiques, faible dilatation
Martensitiquesmartensite après trempe403, 410, 420, 431, 440C7.2durs et résistants, tenue à la corrosion modérée
Durcis par précipitationmartensite ou austénite + précipités17-4PH, 15-5PH, 17-7PH, A2867.3très haute résistance, pièces de précision
Austénitiquesγ (+ un peu de δ)304L, 316L, 321, 347, 310S8.1 ou 8.2ductiles, tenaces à froid, amagnétiques, très écrouissables
Austéno-ferritiquesγ + δ, environ moitié-moitié2304, 2205, 250710.1 ou 10.2deux fois plus résistants que les austénitiques, très bons face aux chlorures

La série en quatre cours

1 Ce qui fait un inoxPassivité, réseaux du fer, boucle γ, éléments d'alliage, équivalents, désignations.
2 Les familles d'inoxFerritiques, martensitiques, durcis par précipitation, austénitiques, duplex : propriétés et applications.
3 La carte des dangers et les fissurationsSchaeffler et Bystram, modes de solidification, fissuration à chaud, liquation, fissuration à froid, gros grains.
4 Ce qui précipite quand l'inox s'attarde au chaudDiagramme fer-chrome, phase σ, courbes TTP, fragilisation à 475 °C, sensibilisation, rochage.

Déjà vu : martensite, trempe et revenu (Métallurgie, cours 3) ; essai Charpy et transition ductile-fragile (Rupture, cours 2). Voir aussi : l'essai de traction (Essais, cours 1).

Le plan du cours

  1. 1Les ferritiques

    Ferrite du liquide à l'ambiante : pas de régénération possible.

  2. 2Les martensitiques

    Des aciers qui trempent à l'air, et un dosage au dixième de % de carbone.

  3. 3Les durcis par précipitation

    Des milliards de précipités nanométriques, et la bonne taille au bon moment.

  4. 4Les austénitiques

    Ductiles, tenaces à froid, et une austénite qui peut se transformer sous la déformation.

  5. 5Les austéno-ferritiques

    Moitié ferrite, moitié austénite : le meilleur des deux.

  6. 6Choisir sa famille

    Un cahier des charges, cinq familles : comment trancher.

1

Les ferritiques

Ferrite du liquide à l'ambiante : pas de régénération possible

🧊Image à retenirLe bloc de glace qui ne fond jamais : sa structure ne change pas, ses grains ne peuvent que grossir
👁 Niveau 1 : voir une ferrite qui ne se transforme pas

Un ferritique, c'est un acier à 11 à 30 % de chrome, presque sans nickel et avec très peu de carbone. Sa verticale passe à côté de l'île d'austénite (cours 1) : il reste ferritique de la solidification à l'ambiante. Conséquences :

  • pas de normalisation : impossible d'affiner un grain grossi par une surchauffe, en zone affectée notamment (cours 3, chapitre 7) ;
  • pas de trempe : on ne le durcit pas par traitement thermique ;
  • il est ferromagnétique, conduit assez bien la chaleur et se dilate peu, comme un acier ordinaire.

Un piège, pourtant : avec un peu de carbone et d'azote, la bande α + γ s'élargit, et un 430 forme de l'austénite aux joints de grains quand on le chauffe vers 1 000 à 1 200 °C. Au refroidissement, ces îlots, riches en carbone, deviennent :

  • de la martensite si le refroidissement est rapide, comme en soudage : dure et fragile ;
  • de la ferrite et des carbures si le refroidissement est plus lent : les carbures de chrome appauvrissent les joints.

Dans les deux cas, un traitement thermique (recuit vers 750 à 850 °C) est nécessaire pour retrouver la ductilité et la tenue à la corrosion. La parade moderne : stabiliser au titane ou au niobium (439, 441, 444). Ces éléments, alphagènes, fixent le carbone et l'azote : plus d'austénite, moins de carbures de chrome, et des particules qui freinent la croissance des grains.

Manipulation 1 : le ferritique qui ne se régénère pas

La zone affectée d'une soudure sur un ferritique, vue au microscope. Choisis la nuance, la température de pic et le temps de refroidissement t8/5 (entre 800 et 500 °C) : en traversant la bande α + γ, de l'austénite apparaît aux joints d'un 430 et les grains grossissent ; au refroidissement, elle devient martensite ou ferrite et carbures. Modèle pédagogique (boucle γ du cours 1, croissance de grain thermiquement activée).

🎓 Niveau 2 : maîtriser propriétés, nuances, applications

Propriétés

  • Mécaniques : Rm de 400 à 800 MPa environ, allongement de 10 à 30 %, bonne ductilité et bonne résilience à l'ambiante… tant que le grain reste fin. Comme tout cubique centré, un ferritique a une transition ductile-fragile, qui remonte avec la taille de grain et la teneur en chrome.
  • Physiques : ferromagnétiques sous leur température de Curie ; conductivité thermique de 20 à 30 W·m⁻¹·K⁻¹ (elle baisse quand le chrome augmente) ; dilatation faible, 10 à 13 × 10⁻⁶ °C⁻¹ entre 20 et 300 °C, proche de celle d'un acier au carbone.

Nuances courantes

EN symboliqueNuméroAISIParticularité
X2CrTi121.451240911 à 12 % Cr, stabilisé Ti : lignes d'échappement
X6Cr171.4016430le ferritique classique, non stabilisé
X2CrTi17 / X3CrTi171.4520 / 1.4510439stabilisé Ti : soudable sans martensite aux joints
X6CrMoNb17-11.4526436molybdène et niobium : meilleure tenue à la corrosion
X2CrMoTi18-21.45214442 % Mo, stabilisé : alternative au 316L en eau chaude
X10CrAlSi251.4762446réfractaire, 25 % Cr, aluminium et silicium

Applications

  • Vers 11 à 12,5 % de chrome : milieux peu agressifs, coût bas ; remplacement d'aciers de construction, transport (lignes d'échappement), électroménager.
  • Vers 17 % : moins chers que les austénitiques, bonnes propriétés en traction ; électroménager, décoration, cuisine.
  • Super-ferritiques (environ 25 % de chrome avec du molybdène) : chimie, papeterie, échangeurs en eau chlorée. Les ferritiques résistent bien à la corrosion sous tension, contrairement aux austénitiques au nickel.
📖 Austénitisation partielle : formation d'austénite dans une partie seulement du métal, quand sa verticale traverse la bande α + γ. t8/5 : temps passé entre 800 et 500 °C au refroidissement ; plus il est court, plus le refroidissement est rapide. Recuit : maintien à température modérée qui adoucit et restaure la structure.
💡 Le bon réflexe : pour une pièce soudée en ferritique, choisis une nuance stabilisée (439, 441, 444) et une énergie de soudage faible ; le cours 3 (chapitre 7) donne les chiffres de la croissance de grain.
⚠️ Piège : préchauffer un ferritique « pour éviter les fissures ». Le préchauffage allonge le séjour à chaud et fait grossir les grains, sans aucun bénéfice : on ne préchauffe un ferritique que pour sécher la pièce, ou s'il est épais et contient beaucoup de carbone.
🧠 Mnémotechnique : « Ferritique : Fixe le grain, ou Fragile » : sans stabilisant ni énergie faible, ses grains grossissent et il devient fragile.
🔥 À l'atelier

Un 430 soudé présente souvent une zone affectée dure et fragile : martensite aux joints et gros grains. On limite l'énergie, on évite le préchauffage, on soude parfois avec un apport austénitique (19 9 L ou 23 12 L) pour obtenir un métal fondu ductile, et l'on peut recuire l'assemblage vers 750 à 850 °C. Avec un 439 ou un 441, la plupart de ces précautions tombent.

2

Les martensitiques

Des aciers qui trempent à l'air, et un dosage au dixième de % de carbone

🔪Image à retenirLa lame de couteau : le carbone fait sa dureté, le chrome sa tenue à la rouille, et un gramme de trop la rend cassante
👁 Niveau 1 : voir l'île, la trempe et le dosage

Un martensitique contient environ 12 à 18 % de chrome et assez de carbone (ou de nickel) pour passer dans l'île d'austénite vers 950 à 1 050 °C. Trempé, il devient martensite : dur et résistant. Son chrome élevé lui donne une trempabilité énorme : il prend la trempe même refroidi à l'air. On dit qu'il est autotrempant. Le soudeur s'en souvient : sa zone affectée devient martensite à tous les coups (cours 3, chapitre 6).

Tout est affaire de dosage :

  • le carbone fait la dureté de la martensite (de 0,05 % pour un 403 à plus de 1 % pour un 440C) ; il distord la maille cubique centrée, qui devient quadratique au-delà d'environ 0,2 % (cours 1, chapitre 2) ;
  • tous les éléments d'alliage (sauf le cobalt) abaissent Ms : trop d'alliage, et une partie de l'austénite ne se transforme pas à l'ambiante. C'est l'austénite résiduelle, plus molle et instable ;
  • trop d'alphagènes pour l'île, et de la ferrite δ subsiste à la température de trempe : elle reste dans la structure et dégrade les propriétés.

Après la trempe vient le revenu, qui adoucit la martensite et lui rend de la ténacité. Les martensitiques sont ferromagnétiques, se dilatent peu, résistent bien à l'oxydation à chaud, même en présence de soufre, et coûtent peu (peu ou pas de nickel). Leur soudabilité dépend surtout de leur carbone.

Manipulation 2 : le dosage d'un 13 % Cr

Choisis une nuance ou règle sa composition et sa température d'austénitisation, puis trempe-la : la microstructure montre la martensite, la ferrite δ, les carbures non dissous et l'austénite résiduelle ; le thermomètre place Ms par rapport à l'ambiante. Ms par la formule d'Andrews, ferrite δ avec les coefficients d'Irvine, carbone en solution limité par la température. Modèle pédagogique. « ▶ Chauffer plus haut » monte la température d'austénitisation de 950 à 1 100 °C : essaie-le sur le 440C.

🎓 Niveau 2 : maîtriser Ms, ferrite δ, nuances

La transformation martensitique

Elle est displacive : un cisaillement coordonné des atomes, sans diffusion. Elle ne dépend donc pas du temps, seulement de la température atteinte : elle commence à Ms et progresse en refroidissant (loi de Koistinen et Marburger, cours 3). Pour les aciers à 12 % de chrome, des mesures publiées (Irvine, Crowe et Pickering, 1960) donnent l'abaissement de Ms par % d'élément :

ÉlémentCMnNiCrMoWSi
ΔMs (°C par %)≈ −475≈ −33≈ −17≈ −17≈ −21≈ −11≈ −11

0,1 % de carbone abaisse donc Ms d'environ 47 °C. La manipulation utilise la formule d'Andrews, la même que pour le calcul du préchauffage (cours 3) :

Ms (°C) ≈ 539 − 423·C − 30,4·Mn − 17,7·Ni − 12,1·Cr − 7,5·Mo

Teneurs en % de l'austénite au moment de la trempe : le carbone et le chrome piégés dans des carbures non dissous ne comptent pas

Pour les nuances très chargées en carbone (440C), la température d'austénitisation ne dissout qu'une partie des carbures : l'austénite ne contient qu'environ 0,5 % de carbone, et son Ms reste vers 150 °C. Une partie de l'austénite résiste à la trempe (plus de 20 %) : on la transforme par un traitement par le froid, puis on revient.

La ferrite δ résiduelle

Les mêmes travaux donnent l'effet de chaque élément sur la ferrite δ d'un acier à 12 % de chrome, en % de ferrite par % d'élément :

ÉlémentNCNiCoCuMnSiMoCrVAl
Δδ (% par %)−220−210−20−7−7−6+6+5+14+18+54

Le titane et le niobium sont alphagènes, mais leur effet est complexe : ils consomment le carbone et l'azote, deux gammagènes puissants. La manipulation additionne ces contributions, avec une constante choisie pour qu'un 410 standard, austénitisé à 1 000 °C, n'ait pas de ferrite. Pour les nuances moulées ou très alliées, on utilise aussi le diagramme de Schneider (cours 1, chapitre 5).

Nuances et applications

EN symboliqueNuméroAISIOrdre de grandeur, trempé et revenuEmplois
X6Cr131.4000403peu de carbone : martensite peu dure, souvent un peu de ferritepièces peu sollicitées, aubes
X12Cr131.4006410Rm ≈ 650-950 MPaboulonnerie, turbines, soupapes
X30Cr131.4028420dureté élevéecoutellerie, outils
X17CrNi16-21.4057431Rm ≈ 800-1 050 MPaarbres, pièces de pompes
X105CrMo171.4125440Ctrès dur (58 à 60 HRC)roulements, couteaux haut de gamme
X3CrNiMo13-41.4313(13-4)Rm ≈ 780-980 MPa, très tenaceturbines hydrauliques ; « super-martensitiques » des pipelines offshore
📖 Autotrempant : qui prend la trempe par simple refroidissement à l'air. Austénite résiduelle : austénite non transformée à l'ambiante, parce que Mf est plus bas. Traitement par le froid : refroidissement sous l'ambiante (−70 à −196 °C) qui transforme l'austénite résiduelle. Revenu : réchauffage de la martensite sous la température de transformation, qui l'adoucit et la rend plus tenace.
💡 Le bon réflexe : face à un martensitique, regarde d'abord son carbone. Moins de 0,1 % : soudable avec préchauffage ; 0,2 à 0,3 % : soudage délicat ; au-delà, on évite le soudage par fusion ou on prend des précautions lourdes.
⚠️ Piège : croire qu'un martensitique « trempé à l'eau » est plus dur. Il trempe déjà à l'air ; une trempe brutale n'ajoute rien à la dureté, mais augmente les contraintes et le risque de tapure.
🧠 Mnémotechnique : « Carbone = Coupe, Chrome = Couverture, Cobalt = Contre-courant » : le carbone fait la dureté, le chrome la protection, et le cobalt est le seul à remonter Ms.
🔥 Soudage

Préchauffage vers 200 à 300 °C, maintien en température, refroidissement sous 100 °C puis revenu : c'est le cycle du cours 3, chapitre 6. Les nuances 13-4 et super-martensitiques, à très bas carbone, se soudent bien plus facilement : leur martensite est peu dure et tenace.

3

Les durcis par précipitation

Des milliards de précipités nanométriques, et la bonne taille au bon moment

🎯Image à retenirLe champ de bornes : trop petites, on les enjambe ; trop grosses et espacées, on les contourne ; à la bonne taille, elles bloquent tout
👁 Niveau 1 : voir bloquer les dislocations

Un métal se déforme par le glissement de défauts linéaires, les dislocations. Pour le rendre très résistant, on sème sur leur chemin des milliards de petits obstacles : des précipités de quelques nanomètres, riches en cuivre, en nickel et aluminium, en nickel et titane, ou des carbures. Ce sont les inox durcis par précipitation (PH).

Leur traitement se fait en trois temps :

  1. mise en solution vers 1 040 °C : les éléments se dissolvent ;
  2. trempe : on les piège en solution sursaturée (et la matrice devient martensite pour les nuances martensitiques) ;
  3. vieillissement vers 480 à 620 °C : les précipités naissent et grossissent. Pour les nuances martensitiques, ce chauffage revient aussi la martensite et réduit les contraintes internes.

Tout se joue sur la taille des précipités. Trop petits, les dislocations les cisaillent sans grand effort ; trop gros et trop espacés, elles les contournent. Entre les deux, au pic de durcissement, ils gênent le plus. Un vieillissement plus chaud ou plus long fait grossir les précipités : on perd de la résistance, mais on gagne de la ténacité. On parle de survieillissement.

Trois classes : les martensitiques à transformation directe (17-4PH, 15-5PH, PH13-8Mo), martensite dès la trempe ; les martensitiques à transformation indirecte ou semi-austénitiques (17-7PH, PH15-7Mo, AM355), encore austénitiques après la trempe et transformées par un traitement complémentaire ; et les austénitiques (A286), qui restent tenaces à très basse température.

Manipulation 3 : le vieillissement du 17-4PH

Après mise en solution et trempe, on vieillit un 17-4PH. Règle la température et la durée, ou choisis un état normalisé (H900 = 482 °C, 1 h ; H1025 = 552 °C, 4 h…) : premier schéma, les précipités de cuivre vus au microscope électronique, avec une dislocation qui les cisaille ou les contourne ; second schéma, la limite d'élasticité en fonction d'un paramètre qui combine température et temps. Modèle pédagogique calé sur des valeurs publiées.

🎓 Niveau 2 : maîtriser paramètre de revenu, classes, nuances

Combiner température et temps

Un vieillissement court et chaud peut produire le même effet qu'un vieillissement long et tiède. Le paramètre de Hollomon et Jaffe les combine :

P = T·(20 + log10 t)/1 000

T en kelvins, t en heures. H900 : 755 × 20/1 000 ≈ 15,1 ; H1025 : 825 × 20,6/1 000 ≈ 17,0 ; H1150 : 894 × 20,6/1 000 ≈ 18,4

Dans la manipulation, Rp0,2 est une fonction de P : un pic vers P ≈ 15,4, puis une décroissance (survieillissement, revenu de la martensite et, au-delà de P ≈ 17,5, retour d'un peu d'austénite).

État du 17-4PHVieillissementRp0,2 minimal (ASTM A564)Usage
H900482 °C, 1 h≈ 1 170 MParésistance maximale, ténacité faible
H1025552 °C, 4 h≈ 1 000 MPacompromis
H1075579 °C, 4 h≈ 860 MPameilleure ténacité
H1150621 °C, 4 h≈ 725 MPaténacité maximale, meilleure tenue à la corrosion sous tension

Les familles de nuances

StructureEN symboliqueNom courantPrécipités
martensite directeX5CrNiCuNb16-4 (1.4542)17-4PHriches en cuivre
martensite directeX5CrNiCu15-5 (1.4545)15-5PHriches en cuivre
martensite directeX3CrNiMoAl13-8-2 (1.4534)PH13-8MoNiAl
martensite indirecteX7CrNiAl17-7 (1.4568)17-7PHNiAl, M₂₃C₆
austéniteX6NiCrTiMoVB25-15-2 (1.4980)A286Ni₃Ti

Atouts : Rp0,2 de l'ordre de 1 à 1,5 GPa pour les martensitiques, tenue à la corrosion souvent meilleure que celle des martensitiques classiques (plus de chrome, souvent du molybdène), bonne usinabilité avant vieillissement et très faibles variations dimensionnelles au vieillissement : on usine la pièce à l'état A, puis on la vieillit. Applications : nucléaire, aéronautique, chimie et pétrochimie, défense, ressorts, lames d'escrime, turbines, appareils sous pression, et pour les austénitiques, cryogénie et hautes températures.

Mention spéciale : les ferritiques ODS

Les aciers ODS (chrome, titane, tungstène ou molybdène, sans nickel) sont renforcés par une dispersion très fine d'oxydes d'yttrium et de titane, introduits par cobroyage de poudres puis consolidés par métallurgie des poudres. Très résistants, y compris en fluage, et peu sensibles au gonflement sous irradiation, ils visent surtout les gaines de combustible nucléaire. Mais le soudage par fusion fait remonter et grossir les oxydes : il n'existe pas encore de solution satisfaisante pour les souder.

📖 Dislocation : défaut linéaire dont le glissement permet la déformation plastique. Précipité cohérent : précipité dont le réseau prolonge celui de la matrice ; très petit, il est cisaillé. Mécanisme d'Orowan : contournement des précipités trop gros par les dislocations. Survieillissement : vieillissement au-delà du pic, qui fait grossir les précipités et baisser la résistance.
💡 Le bon réflexe : choisis l'état de vieillissement d'après la ténacité et la tenue à la corrosion sous tension demandées, pas seulement d'après la résistance : H1150 est souvent préféré pour les pièces critiques en milieu humide.
⚠️ Piège : souder un PH à l'état vieilli. Le cycle thermique dissout ou fait grossir les précipités de la zone affectée : sa résistance chute. On soude de préférence à l'état mis en solution (ou survieilli), avec un apport adapté, puis on refait le traitement complet (mise en solution et vieillissement) ou au moins le vieillissement.
🧠 Mnémotechnique : « Solution, Saisie, Semis » : mise en solution, trempe qui saisit les éléments, vieillissement qui sème les précipités.
🔥 En pratique

Les 17-4PH et 15-5PH se soudent avec un apport de composition voisine (ou austénitique si l'on accepte un métal fondu moins résistant), sans préchauffage important car leur martensite est à bas carbone, puis on revieillit l'assemblage. Le mode opératoire précise l'état avant soudage et le traitement après soudage.

4

Les austénitiques

Ductiles, tenaces à froid, et une austénite qui peut se transformer sous la déformation

🧲Image à retenirL'évier qui devient magnétique : là où le 304 a été embouti, l'aimant colle, parce que l'austénite s'est changée en martensite
👁 Niveau 1 : voir l'austénite métastable

Les austénitiques (304L, 316L, 321, 347, 310S…) contiennent 16 à 25 % de chrome et 8 à 20 % de nickel : l'île d'austénite a tellement gonflé qu'ils restent cubiques à faces centrées jusqu'à l'ambiante. C'est la famille la plus utilisée. Leurs atouts :

  • ductiles et faciles à mettre en forme (emboutissage profond) ;
  • fortement écrouissables : leur limite d'élasticité, faible à l'état hypertrempé (environ 200 à 250 MPa), grimpe jusqu'à 1,5 à 2 GPa après un fort écrouissage, au prix d'une ductilité réduite et d'une usinabilité plus difficile ;
  • pas de transition ductile-fragile : le cfc reste tenace jusqu'aux températures de l'azote ou de l'hélium liquides ;
  • amagnétiques, très résistants à la corrosion, faciles à nettoyer.

Mais leur austénite est souvent métastable. Refroidie très bas, ou fortement déformée, elle peut se transformer en martensite α', dure et magnétique. Sous la déformation, la martensite qui apparaît là où le métal se déforme le plus durcit précisément ces zones : la déformation se reporte ailleurs, ce qui retarde la striction. C'est l'effet TRIP : le 301 ou le 304 peuvent ainsi atteindre de très hautes résistances par écrouissage. Plus on déforme froid, plus la transformation est forte ; au-dessus d'une température notée Md, la déformation ne transforme plus rien.

Côté physique, ils se distinguent par une faible conductivité thermique (12 à 15 W·m⁻¹·K⁻¹) et une forte dilatation (16 à 18 × 10⁻⁶ °C⁻¹ entre 20 et 300 °C) : la chaleur du soudage reste concentrée et le métal se dilate beaucoup, d'où des déformations de soudage nettement plus fortes que sur un acier au carbone.

Manipulation 4 : le 304 qui devient magnétique

On étire une éprouvette d'austénitique à une température donnée. Premier schéma : les grains, où la martensite α' apparaît (bleu nuit), et l'aimant. Second schéma : la courbe de traction (en pointillé, la même austénite si elle était stable) et la fraction de martensite. Md30 par la formule de Nohara, Ms par celle de Pickering, écrouissage par la loi de Ludwik. Modèle pédagogique.

🎓 Niveau 2 : maîtriser Ms, Md30, écrouissage, nuances

Deux températures pour une austénite métastable

Ms (°C) ≈ 502 − 810·C − 1 230·N − 13·Mn − 30·Ni − 12·Cr − 54·Cu − 46·Mo

Formule de Pickering : début de transformation au simple refroidissement ; pour un 304, Ms est très en dessous de l'ambiante

Md30 (°C) ≈ 551 − 462·(C + N) − 9,2·Si − 8,1·Mn − 13,7·Cr − 29·(Ni + Cu) − 18,5·Mo − 68·Nb

Formule de Nohara (grain ASTM 8) : à Md30, une déformation vraie de 0,30 transforme la moitié de l'austénite en martensite. D'autres versions existent (Angel, 1954, constante 413)

Toujours Md > Ms : la déformation fournit l'énergie qui manque à la transformation. La quantité de martensite dépend de la température, du mode (traction, laminage, pliage), du taux et de la vitesse de déformation, et de la composition. Ordres de grandeur (Nohara) : 301 vers +24 °C, 304 vers 0 °C, 304L vers −25 °C, 316L vers −70 °C, 310S très en dessous : le 310S reste austénitique même déformé dans l'azote liquide.

L'écrouissage

σ = σe + K·εn

Loi de Ludwik : σe limite d'élasticité, K coefficient de résistance, n coefficient d'écrouissage ; n ≈ 0,4 à 0,5 pour une austénite stable, contre 0,15 à 0,25 pour un inox ferritique

L'effet TRIP s'ajoute à cet écrouissage : avec une austénite peu stable (17 % Cr, 7 % Ni), la contrainte dépasse 1 200 MPa vers 25 % de déformation ; avec une austénite stable (17 % Cr, 13 % Ni et plus), elle reste sous 900 MPa à 50 %.

Nuances courantes

EN symboliqueNuméroAISIParticularité
X5CrNi18-101.4301304la nuance de base, 18 % Cr, 8 à 10 % Ni
X2CrNi18-91.4307304Lbas carbone, pour le soudage
X2CrNiMo17-12-21.4404316L2 % Mo : tenue aux chlorures
X6CrNiTi18-101.4541321stabilisé au titane
X6CrNiNb18-101.4550347stabilisé au niobium
X8CrNi25-211.4845310Sréfractaire, austénite très stable

À l'état hypertrempé, la norme de produit garantit typiquement Rp0,2 ≥ 200 à 240 MPa et Rm ≥ 500 à 650 MPa, avec un allongement de 40 % et plus. Ils peuvent contenir un peu de ferrite δ, sauf les super-austénitiques (6 % Mo, 20 à 25 % Ni), entièrement austénitiques.

Applications : partout où l'on ne veut pas de magnétisme ; agroalimentaire (bon état de surface, nettoyage facile) ; chimie et pétrochimie ; cryogénie (réservoirs de gaz liquéfiés).

📖 Hypertrempé : état d'un austénitique après remise en solution vers 1 050 °C et refroidissement rapide, le plus doux et le plus résistant à la corrosion. Écrouissage : durcissement par déformation plastique. Effet TRIP : surcroît d'écrouissage et de ductilité dû à la transformation martensitique sous la déformation. Déformation vraie : ε = ln(ℓ/ℓ0), où ℓ0 et ℓ sont les longueurs initiale et finale.
💡 Le bon réflexe : pour une pièce emboutie qui doit rester amagnétique, ou pour un formage à froid très poussé, choisis une austénite stable (316L, 310S, nuances riches en nickel) plutôt qu'un 301 ou un 304.
⚠️ Piège : « austénitique » ne veut pas dire « aucune ferrite ». Les tôles et surtout le métal fondu en contiennent souvent quelques %, volontairement : elle protège de la fissuration à chaud (cours 3). Pour une application amagnétique stricte, on spécifie une ferrite maximale.
🧠 Mnémotechnique : « Md au-dessus, Ms en dessous » : la déformation transforme l'austénite entre Ms et Md ; au-dessus de Md, plus rien ; en dessous de Ms, le froid seul suffit.
🔥 Déformations de soudage

Faible conductivité et forte dilatation : à énergie égale, un austénitique se déforme environ une fois et demie à deux fois plus qu'un acier au carbone. On pointe serré, on soude symétriquement, on limite l'énergie et l'on prévoit des gabarits. Le cours 3 traite la fissuration à chaud, son autre point faible.

5

Les austéno-ferritiques

Moitié ferrite, moitié austénite : le meilleur des deux

🧱Image à retenirLe béton armé : la ferrite apporte la résistance et la tenue aux chlorures, l'austénite la ténacité
👁 Niveau 1 : voir une structure en deux phases

Un duplex (nom anglais devenu générique), ou austéno-ferritique, contient environ 22 à 25 % de chrome, 4 à 7 % de nickel, souvent du molybdène et de l'azote. Sa verticale tombe dans la bande α + γ du cours 1 : sa structure mélange ferrite δ et austénite, entre 30 et 60 % de ferrite, avec un objectif de moitié-moitié. Au microscope, des îlots d'austénite allongés par le laminage dans une matrice de ferrite.

Ce mélange réunit plusieurs qualités :

  • une limite d'élasticité environ deux fois celle d'un 304L, avec une bonne ductilité ;
  • une excellente tenue aux piqûres et aux milieux chlorés (beaucoup de chrome, de molybdène et d'azote) et à la corrosion sous tension ;
  • moins de nickel, donc un coût souvent plus bas qu'un austénitique de tenue équivalente ;
  • une dilatation (13 à 14 × 10⁻⁶ °C⁻¹) proche de celle d'un acier au carbone, et une conductivité d'environ 15 W·m⁻¹·K⁻¹.

Leurs limites : ils sont ferromagnétiques (la ferrite), leur tenue au fluage est faible, et on les emploie en dessous d'environ 300 °C, à cause de la fragilisation de leur ferrite vers 475 °C et de la phase σ (cours 4).

Manipulation 5 : doser un duplex

Choisis une nuance ou règle sa composition, et la température de recuit (mise en solution). Premier schéma : la boucle γ du cours 1, déformée par le nickel, l'azote et le molybdène, avec le point de l'alliage. Second schéma : la microstructure laminée qui en résulte (ferrite bleue, austénite bleu-vert) et les jauges de PREN et de coût. Modèle pédagogique ; l'indice de coût pondère les éléments d'alliage par des prix relatifs indicatifs. « ▶ Recuire plus chaud » monte la température de recuit de 1 000 à 1 250 °C.

🎓 Niveau 2 : maîtriser équilibre des phases, nuances, piqûres

Pourquoi la température compte

Les coupes du diagramme fer-chrome-nickel (par exemple à 8 % de nickel, ou à 18 % de chrome) montrent qu'à haute température la ferrite domine : un duplex se solidifie en ferrite, puis l'austénite se forme en refroidissant. La proportion finale dépend de la température de recuit et de la vitesse de refroidissement : plus le recuit est chaud, plus il reste de ferrite. En soudage, un refroidissement trop rapide laisse une zone affectée trop ferritique (cours 4). L'azote, très gammagène et qui diffuse vite, aide l'austénite à se reformer.

Nuances courantes

EN symboliqueNuméroNom courantPREN (ordre de grandeur)Famille
X2CrNiN23-41.43622304≈ 25duplex « lean », peu allié
X2CrNiMoN22-5-31.44622205≈ 35duplex standard
X3CrNiMoN27-5-21.4460329≈ 33duplex à 27 % Cr
X2CrNiMoN25-7-41.44102507≈ 42super duplex
X2CrNiMoCuN25-6-31.4507(S32520)≈ 40super duplex au cuivre

Limite d'élasticité typique : environ 400 MPa pour un 2304, 450 à 500 MPa pour un 2205, 530 MPa et plus pour un super duplex, avec Rm de 600 à 800 MPa. Applications : chimie et pétrochimie, papeterie, pompage d'eau de mer, stations de dessalement, hélices de bateaux, installations de désulfuration des fumées, ponts et structures (pour les nuances « lean »).

Le PREN des duplex

Rappel (cours 1) : PREN = %Cr + 3,3·%Mo + 16·%N. Au-dessous d'environ 35, une nuance ne convient pas à l'eau de mer ; au-dessus de 40 (super duplex, super austénitiques), elle devient une candidate. Attention : le PREN se calcule sur l'analyse globale, mais chaque phase a le sien ; un duplex mal équilibré (trop de ferrite, ou une austénite pauvre en azote) perd de sa tenue. D'autres critères complètent le PREN : le potentiel de piqûration Epit et la température critique de piqûration (CPT, essai ASTM G48).

📖 Duplex : acier à deux phases, ici ferrite et austénite. Lean duplex : duplex peu allié en nickel et molybdène, moins cher. Super duplex : duplex à 25 % de chrome, 3,5 à 4 % de molybdène et 0,25 % d'azote environ, PREN supérieur à 40. Corrosion sous tension : fissuration sous l'action combinée d'une contrainte et d'un milieu corrosif, typique des austénitiques en milieu chloruré chaud.
💡 Le bon réflexe : pour une application en milieu chloré tiède avec des contraintes, compare un 316L et un 2205 : le duplex est plus résistant mécaniquement, résiste mieux aux piqûres et à la corrosion sous tension, et coûte souvent moins cher à poids égal, avec des épaisseurs plus faibles.
⚠️ Piège : traiter un duplex comme un austénitique. Pas de détente, pas de service au-dessus de 300 °C environ, et un mode opératoire qui tient l'équilibre des phases (ni trop vite, ni trop chaud) : voir le cours 4 pour σ et 475 °C.
🧠 Mnémotechnique : « 22-5-3 et 25-7-4 » : chrome, nickel, molybdène des deux duplex les plus courants, le standard et le super.
🔥 Soudage

On soude les duplex avec un apport surallié en nickel (22 9 3 N L pour un 2205) pour retrouver l'équilibre ferrite-austénite dans le métal fondu, une énergie dans une fenêtre (ni trop faible, ni trop forte), une température entre passes limitée et une protection gazeuse soignée, parfois avec un peu d'azote. On contrôle la ferrite du métal fondu et de la zone affectée.

6

Choisir sa famille

Un cahier des charges, cinq familles : comment trancher

🧰Image à retenirLa boîte à outils : chaque famille est un outil, on prend celui qui fait le travail, pas le plus cher
👁 Niveau 1 : voir les familles côte à côte

Choisir un inox, c'est d'abord écarter les familles qui ne conviennent pas : un critère éliminatoire (amagnétique, eau de mer, cryogénie) suffit souvent à trancher. Ensuite, on compare résistance, ténacité, mise en œuvre et coût. Quelques réflexes :

  • amagnétique ou cryogénie : austénitiques ;
  • eau de mer, milieux très chlorés : super duplex ou super austénitiques ;
  • corrosion sous tension en milieu chloré chaud : duplex ou ferritiques, pas les austénitiques ordinaires ;
  • haute résistance : martensitiques ou durcis par précipitation, puis duplex ;
  • prix bas en milieu peu agressif : ferritiques ;
  • facile à souder sans traitement thermique : austénitiques, puis duplex et ferritiques stabilisés.

La ténacité à froid fait souvent la différence : l'austénite (cfc) ne connaît pas de transition ductile-fragile ; la ferrite (cc) en a une, d'autant plus haute que le grain est gros ; un mélange austénite-ferrite se situe entre les deux.

Manipulation 6 : le sélecteur de famille

Coche les exigences du cahier des charges : chaque famille reçoit une note, et une famille qui ne peut pas satisfaire une exigence est écartée. Le second schéma montre l'allure de la résilience en fonction de la température pour chaque famille ; règle la température de service. Notes et courbes : ordres de grandeur pédagogiques. « ▶ Refroidir » descend la température de service de 100 à −196 °C.

🎓 Niveau 2 : maîtriser le tableau comparatif
PropriétéFerritiquesMartensitiquesDurcis par précipitationAusténitiquesDuplex
Structureαα' revenueα' ou γ + précipitésγ (+ δ)γ + δ
Rp0,2 typique250-400 MPa450-1 500 MPa700-1 500 MPa200-300 MPa400-550 MPa
Ténacité à froidtransition vers 0 °C et au-dessus selon le graintransition selon revenumoyenne à faible (martensitiques)excellente jusqu'à −196 °Cbonne jusqu'à −50 °C environ
Magnétismeouiouioui (martensitiques)nonoui
λ (W·m⁻¹·K⁻¹)20-3020-30≈ 1812-15≈ 15
αth (10⁻⁶ °C⁻¹)10-1310-13≈ 1116-1813-14
Danger principal au soudagegros grains, martensite aux jointsfissuration à froidperte du durcissementfissuration à chaud, déformationséquilibre des phases, σ
ISO/TR 156087.17.27.38.1, 8.2, 8.310.1, 10.2

Un indicateur simple de la tendance aux déformations de soudage est le rapport αth/λ : la dilatation pousse à se déformer, la conductivité étale la chaleur. Il vaut environ 0,4 × 10⁻⁶ m·W⁻¹ pour un ferritique, 1,1 × 10⁻⁶ pour un austénitique : à énergie égale, l'austénitique se déforme nettement plus.

📖 Critère éliminatoire : exigence qu'une famille ne peut pas satisfaire, quelles que soient ses autres qualités. Résilience : énergie absorbée par une éprouvette entaillée qui se rompt sous un choc (essai Charpy).
💡 Le bon réflexe : commence par les critères éliminatoires, puis regarde le coût total (matière, épaisseur, soudage, contrôle, maintenance), pas seulement le prix au kilo.
⚠️ Piège : choisir l'austénitique « par défaut ». Un 304L en eau de mer pique, un 316L sous contrainte en eau chlorée chaude fissure par corrosion sous tension. Le bon choix part du milieu et des sollicitations réelles.
🧠 Mnémotechnique : « F comme Frugal, M comme Mordant, PH comme Puissant, A comme Accommodant, D comme Double ».
🔥 Le choix pèse sur le mode opératoire

Le choix de la famille entraîne le groupe ISO/TR 15608, donc les qualifications nécessaires, l'apport, le préchauffage éventuel, l'énergie, la température entre passes et les contrôles. Un changement de famille en cours de projet oblige à requalifier : mieux vaut trancher tôt, avec le coordinateur en soudage autour de la table.

✎

Exercices corrigés

Six exercices et un défi, une famille à la fois, puis le choix

🏋️Image à retenirLa salle de musculation : on ne progresse qu'en soulevant soi-même
👁 Mode d'emploi formule littérale, puis valeurs, puis unités

Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Les teneurs sont en % massique. Chaque exercice se vérifie dans la manipulation du même numéro, et le défi se rejoue dans la manipulation 6.

Exercice 1 : la zone affectée d'un 430 N1 · chapitre 1

On soude un 430 (C 0,05 ; N 0,04 ; Cr 16,5). Un point de la zone affectée monte à 1 150 °C.

a) Dans la manipulation 1, quelle part d'austénite se forme pendant le cycle ?

b) Avec t8/5 = 6 s, que devient-elle ? Relève la dureté.

c) Même question avec t8/5 = 200 s.

d) Passe au 439. Explique la différence.

Voir la correction

a) Environ 26 % d'austénite aux joints de grains : en chauffant puis en refroidissant, la verticale du 430 traverse la bande α + γ.

b) Refroidissement rapide : les îlots, riches en carbone (environ 0,34 %), deviennent martensite ; dureté moyenne ≈ 272 HV, avec des joints très durs et fragiles.

c) Refroidissement lent : ferrite et carbures de chrome aux joints (dureté ≈ 176 HV) ; les joints sont appauvris en chrome. Dans les deux cas, un recuit vers 750-850 °C rétablit ductilité et tenue à la corrosion.

d) Le titane fixe le carbone et l'azote : sans ces gammagènes, la verticale du 439 n'atteint plus la bande α + γ. Il ne se forme pas d'austénite, donc pas de martensite (≈ 160 HV). Ses nitrures de titane ancrent aussi les joints : avec t8/5 = 200 s, le grain plafonne vers 67 µm, contre 155 µm pour le 430. La zone affectée reste ferritique et ductile.

Exercice 2 : doser un martensitique N2 · chapitre 2

Formule d'Andrews : Ms ≈ 539 − 423·C − 30,4·Mn − 17,7·Ni − 12,1·Cr − 7,5·Mo. Austénite non transformée à 20 °C : exp[−0,011·(Ms − 20)].

a) Calcule Ms du 410 (C 0,11 ; Mn 0,6 ; Ni 0,3 ; Cr 12,5) et la part d'austénite résiduelle à 20 °C.

b) Même calcul pour le 431 (C 0,17 ; Mn 0,6 ; Ni 2,0 ; Cr 16,0).

c) Avec les coefficients d'Irvine, de combien baisse Ms d'un 12 % Cr si l'on ajoute 0,1 % de carbone ?

d) Dans la manipulation 2, compare la ferrite δ du 403 et du 410. Pourquoi cette différence ?

Voir la correction

a) Ms ≈ 539 − 46,5 − 18,2 − 5,3 − 151,3 ≈ 318 °C ; austénite résiduelle ≈ exp(−0,011 × 298) ≈ 4 %.

b) Ms ≈ 539 − 71,9 − 18,2 − 35,4 − 193,6 ≈ 220 °C ; austénite résiduelle ≈ exp(−0,011 × 200) ≈ 11 %. Le nickel et le chrome du 431 abaissent Ms.

c) Environ 47 °C (−475 °C par % de carbone).

d) 403 : environ 13 % de ferrite δ ; 410 : environ 0 %. Avec moins de carbone, puissant gammagène (−210 % de ferrite par %), le 403 sort en partie de l'île : de la ferrite subsiste à la température de trempe.

Exercice 3 : le 440C trop chauffé N2 · chapitre 2

440C : C 1,05 ; Cr 17 ; Mo 0,5 ; Mn 0,5 ; Ni 0,3. Modèle : carbone en solution Cs ≈ 0,45·exp[(Ta − 1 000)/280] ; chaque % de carbone non dissous retient environ 10 % de chrome dans les carbures.

a) Calcule Cs et le chrome de l'austénite à 1 050 °C, puis Ms.

b) Même calcul à 1 100 °C.

c) Relève l'austénite résiduelle dans la manipulation 2 dans les deux cas. Que conseilles-tu ?

Voir la correction

a) Cs ≈ 0,45 × exp(50/280) ≈ 0,54 % ; carbone non dissous 0,51 % → chrome en solution ≈ 17 − 5,1 ≈ 11,9 % ; Ms ≈ 539 − 227,6 − 15,2 − 5,3 − 143,7 − 3,8 ≈ 143 °C.

b) Cs ≈ 0,45 × exp(100/280) ≈ 0,64 % ; chrome ≈ 17 − 4,1 ≈ 12,9 % ; Ms ≈ 539 − 272,0 − 15,2 − 5,3 − 156,5 − 3,8 ≈ 86 °C.

c) Environ 24 % d'austénite résiduelle à 1 050 °C, 46 % à 1 100 °C. Une austénitisation trop chaude dissout plus de carbures et abaisse Ms : l'acier trempé est moins dur. On austénitise à la température prescrite, puis on fait un traitement par le froid avant le revenu.

Exercice 4 : choisir l'état d'un 17-4PH N1 · chapitre 3

Paramètre de revenu : P = T·(20 + log10 t)/1 000, T en K, t en h.

a) Calcule P pour H900 (482 °C, 1 h), H1025 (552 °C, 4 h) et H1150 (621 °C, 4 h).

b) Relève Rp0,2 dans la manipulation 3 et compare aux minimums de l'ASTM A564 (1 170, 1 000 et 725 MPa).

c) Quel état choisir pour une tige filetée en milieu humide, soumise à des chocs ?

Voir la correction

a) H900 : 755,15 × 20/1 000 ≈ 15,10 ; H1025 : 825,15 × 20,60/1 000 ≈ 17,00 ; H1150 : 894,15 × 20,60/1 000 ≈ 18,42.

b) Environ 1 277, 1 138 et 862 MPa : les trois dépassent leur minimum. Plus P est grand, plus les précipités ont grossi : la résistance baisse.

c) Un état survieilli, H1150 (ou H1075) : moins résistant, mais beaucoup plus tenace et moins sensible à la corrosion sous tension que H900.

Exercice 5 : l'austénite qui se transforme N2 · chapitre 4

Formule de Nohara : Md30 ≈ 551 − 462·(C + N) − 9,2·Si − 8,1·Mn − 13,7·Cr − 29·(Ni + Cu) − 18,5·Mo.

a) Calcule Md30 du 301 (C 0,10 ; N 0,05 ; Si 0,5 ; Mn 1,2 ; Cr 17 ; Ni 7 ; Cu 0,2 ; Mo 0,1), du 304 (C 0,04 ; N 0,05 ; Si 0,4 ; Mn 1,5 ; Cr 18,2 ; Ni 8,1 ; Cu 0,2 ; Mo 0,1) et du 316L (C 0,02 ; N 0,05 ; Si 0,4 ; Mn 1,5 ; Cr 17,2 ; Ni 10,2 ; Cu 0,2 ; Mo 2,1).

b) Dans la manipulation 4, à 20 °C et ε = 0,30, relève la martensite formée dans chacun.

c) Même question pour le 304 à −196 °C. Conclusion pour un réservoir cryogénique embouti ?

Voir la correction

a) 301 : 551 − 69,3 − 4,6 − 9,7 − 232,9 − 208,8 − 1,9 ≈ 24 °C ; 304 : 551 − 41,6 − 3,7 − 12,2 − 249,3 − 240,7 − 1,9 ≈ 2 °C ; 316L : 551 − 32,3 − 3,7 − 12,2 − 235,6 − 301,6 − 38,9 ≈ −73 °C.

b) Environ 63 % (301), 11 % (304) et 0 % (316L) : plus Md30 est haut, plus l'austénite se transforme à l'ambiante.

c) Le 304 à −196 °C se transforme presque entièrement (≈ 92 %) : il devient magnétique et plus dur. Pour une pièce fortement formée qui doit rester stable, on préfère une nuance plus riche en nickel (316L, 304LN, 310S) ; et l'on conçoit en tenant compte de cette transformation.

Exercice 6 : quel duplex ? N1 · chapitre 5

Analyses : 2304 (Cr 23 ; Ni 4,5 ; Mo 0,3 ; N 0,12), 2205 (Cr 22,5 ; Ni 5,7 ; Mo 3,1 ; N 0,17), 2507 (Cr 25 ; Ni 7 ; Mo 3,8 ; N 0,27), 316L (Cr 17,2 ; Ni 10,2 ; Mo 2,1 ; N 0,05).

a) Calcule le PREN de chacun.

b) Calcule l'indice de coût (Cr + 6·Ni + 12·Mo), ramené à 100 pour le 304L (Cr 18,2 ; Ni 9,2 ; Mo 0,1).

c) Dans la manipulation 5, relève la ferrite du 2205 recuit à 1 050 °C puis à 1 200 °C.

d) Lequel pour une pompe d'eau de mer ? Pour une structure en atmosphère urbaine ?

Voir la correction

a) 2304 : 23 + 0,99 + 1,92 ≈ 25,9 ; 2205 ≈ 35,5 ; 2507 ≈ 41,9 ; 316L ≈ 24,9.

b) Référence 304L : 18,2 + 55,2 + 1,2 = 74,6. 2304 : (23 + 27 + 3,6)/74,6 ≈ 72 ; 2205 : (22,5 + 34,2 + 37,2)/74,6 ≈ 126 ; 2507 : (25 + 42 + 45,6)/74,6 ≈ 151 ; 316L : (17,2 + 61,2 + 25,2)/74,6 ≈ 139.

c) Environ 50 % de ferrite à 1 050 °C et 73 % à 1 200 °C : plus le recuit est chaud, plus la ferrite domine.

d) Eau de mer : le 2507 (PREN > 40). Atmosphère urbaine : le 2304, aussi résistant à la corrosion qu'un 316L en atmosphère, deux fois plus résistant mécaniquement et nettement moins cher.

🏆 Défi : quatre cahiers des charges N2 · chapitre 6, à rejouer dans la manipulation 6

Pour chaque cas, coche les exigences dans la manipulation 6, relève la famille recommandée, propose une nuance et son groupe ISO/TR 15608.

a) Un réservoir de gaz naturel liquéfié (−163 °C), soudé, sans traitement thermique.

b) Un échangeur en eau chlorée tiède, sous contrainte (corrosion sous tension à craindre).

c) Une lame de couteau de cuisine, bon marché.

d) Un arbre de pompe d'eau de mer, très sollicité.

Voir la correction

a) Cryogénie + soudage sans traitement : austénitiques (ferritiques et martensitiques écartés) ; par exemple un 304L, groupe 8.1. KV reste élevé à −163 °C.

b) Chlorures modérés + corrosion sous tension : duplex (les austénitiques sont écartés par la corrosion sous tension, les martensitiques par les chlorures) ; un 2205, groupe 10.1.

c) Haute résistance + prix bas : martensitiques ; un 420 (X30Cr13), groupe 7.2.

d) Eau de mer + haute résistance : duplex, en fait un super duplex 2507 (PREN ≈ 42), groupe 10.2.

?

Quiz : 12 questions éclair

Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste

🎯Image à retenirLa cible : vise 10 sur 12 avant de passer au cours 3
Score : 0 / 12
★

Fiche mémoire du cours 2

Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête

🏙️Image à retenirLa flèche qui brille depuis 1930
🧊

Ferritiques

α de la fusion à l'ambiante · 7.1

Pas de normalisation ; 430 : martensite aux joints ; 439 stabilisé Ti : non.

🔪

Martensitiques

Ms ≈ 539 − 423C − 30Mn − 18Ni − 12Cr

Autotrempants ; C fait la dureté ; trop d'alliage : austénite résiduelle. 7.2.

🌫️

Ferrite δ

+14 par % Cr · −210 par % C

Trop d'alphagènes pour l'île : de la ferrite subsiste après trempe.

🎯

Durcis par précipitation

solution → trempe → vieillissement

H900 = pic ; H1150 = survieilli, tenace. 7.3.

⏱️

Le revenu

P = T·(20 + log t)/1 000

T et t se compensent : un vieillissement court et chaud vaut un long et tiède.

🧲

Austénitiques

Md30 ≈ 551 − 462(C+N) − 13,7Cr − 29(Ni+Cu)…

Tenaces à −196 °C ; TRIP sous Md ; 8.1, 8.2.

🔥

Dilatation

γ : λ 12-15 · αth 16-18 × 10⁻⁶

Austénitiques : chaleur concentrée, forte dilatation, déformations de soudage.

🧱

Duplex

≈ 50 % δ + 50 % γ · 10.1, 10.2

Deux fois plus résistants que les austénitiques, PREN élevé, < 300 °C.

🧰

Choisir

éliminatoires d'abord, coût total ensuite

Amagnétique, cryo : γ ; eau de mer : super duplex ; dureté : M ou PH.

🏙️ Fun fact : la flèche qui brille depuis 1930À New York, en 1929, la course au plus haut gratte-ciel fait rage. Les bâtisseurs du Chrysler Building assemblent en secret, à l'intérieur de la tour, une flèche d'acier inoxydable longue d'environ 38 mètres, puis la hissent le 23 octobre 1929, en une heure et demie environ : le bâtiment devient, pour quelques mois, le plus haut du monde. Le métal de la couronne et de la flèche est le « Nirosta » de l'aciériste allemand Krupp (de nichtrostender Stahl, acier qui ne rouille pas), un austénitique à 18 % de chrome et 8 % de nickel : c'est l'un des premiers grands emplois architecturaux du 18-8, l'ancêtre de notre 304. Le comité de l'ASTM consacré aux aciers inoxydables a même choisi le bâtiment pour suivre la durabilité du matériau en conditions réelles : ses tôles ont été inspectées tous les cinq ans jusqu'en 1960, date à laquelle on a cessé, faute de dégradation notable. Près d'un siècle plus tard, la couronne brille toujours au-dessus de Manhattan. L'austénitique est au chapitre 4.
A–Z

Glossaire

Les mots, symboles et sigles de ce cours

📖Image à retenirLe dictionnaire : un mot flou, un clic
α, δ, γ, α', ε
Ferrite ; ferrite de haute température ; austénite ; martensite de trempe ou de déformation ; martensite hexagonale.
A, KV, HV
Allongement à rupture ; énergie de rupture Charpy (J) ; dureté Vickers.
Austénite résiduelle
Austénite non transformée après trempe, parce que Mf est sous l'ambiante.
Austénitisation partielle
Formation d'austénite dans une partie du métal seulement (bande α + γ).
Autotrempant
Qui prend la trempe par refroidissement à l'air.
Corrosion sous tension
Fissuration sous l'action combinée d'une contrainte et d'un milieu corrosif (chlorures chauds pour les austénitiques).
Dislocation
Défaut linéaire dont le glissement permet la déformation plastique.
Duplex, lean, super duplex
Inox austéno-ferritique ; duplex peu allié ; duplex à 25 % Cr et PREN > 40.
Écrouissage, loi de Ludwik
Durcissement par déformation ; σ = σe + K·εn, n coefficient d'écrouissage.
Effet TRIP
Plasticité induite par la transformation martensitique sous déformation.
H900, H1025, H1150
États de vieillissement du 17-4PH, repérés par la température en °F (482, 552, 621 °C).
Hypertrempé
État d'un austénitique après remise en solution et refroidissement rapide.
λ, αth
Conductivité thermique (W·m⁻¹·K⁻¹) ; coefficient de dilatation thermique (°C⁻¹).
Ms, Mf, Md30
Début et fin de transformation martensitique au refroidissement ; température où 30 % de déformation vraie transforment la moitié de l'austénite.
Mécanisme d'Orowan
Contournement de précipités trop gros par les dislocations.
ODS
Oxide dispersion strengthened : renforcé par une dispersion de nano-oxydes (yttrium, titane), élaboré par métallurgie des poudres.
P (Hollomon et Jaffe)
Paramètre de revenu T·(20 + log t)/1 000, T en K, t en h.
PH
Precipitation hardening : durci par précipitation.
PREN
%Cr + 3,3·%Mo + 16·%N : indice de résistance aux piqûres.
Rp0,2, Rm
Limite d'élasticité conventionnelle à 0,2 % ; résistance à la traction.
Recuit
Maintien à température modérée qui adoucit et restaure la structure.
Revenu
Réchauffage d'une martensite sous la température de transformation.
Stabilisé
Nuance dont le carbone et l'azote sont fixés par Ti ou Nb.
Survieillissement
Vieillissement au-delà du pic : précipités plus gros, moins de résistance, plus de ténacité.
t8/5
Temps de refroidissement entre 800 et 500 °C.
Traitement par le froid
Refroidissement sous l'ambiante qui transforme l'austénite résiduelle.
TTDF
Température de transition ductile-fragile.
Vieillissement
Maintien à température modérée qui fait précipiter les phases durcissantes.
✓

Suis-je prêt pour la suite ?

Dix points à cocher de tête

🚦Image à retenirLe feu vert : on passe au cours 3 quand tout est coché

Coche seulement ce que tu sais faire sans regarder. Tes coches restent enregistrées dans ce navigateur.

➡️ La suite : cours 3, la carte des dangers et les fissurations. Ce cours a présenté les familles telles qu'elles sortent de l'aciérie. Le suivant les soude : il place le métal fondu sur la carte de Schaeffler et de Bystram, puis ouvre chaque danger : fissuration à chaud des austénitiques, liquation, fissuration à froid des martensitiques, gros grains des ferritiques.