Avant de commencer
Le cours 1 en trois cases
| Chapitre du cours | Ce qu'il apporte à l'IWE |
|---|---|
| 1 Lire une désignation | désignations symbolique et numérique de l'EN 1560 ; autres notations courantes |
| 2 GL, GV, GS | nuances normalisées, propriétés, influence de l'épaisseur |
| 3 Traiter une fonte | recuits, normalisation, trempe et revenu, trempe étagée et fontes ausferritiques (ADI) |
| 4 Les malléables | fontes à cœur blanc et à cœur noir, recuits de décarburation et de graphitisation |
| 5 Blanches et alliées | fontes résistantes à l'abrasion, austénitiques, au silicium, au silicium-molybdène |
| 6 Corrosion et choix | corrosion graphitique, choix d'une nuance d'après un cahier des charges, aperçu de la soudabilité |
- EN 1560 : désignation des fontes ; EN 1561 : fontes à graphite lamellaire ; EN 16079 : fontes à graphite vermiculaire ; EN 1563 : fontes à graphite sphéroïdal ; EN 1564 : fontes ausferritiques à graphite sphéroïdal ; EN 1562 : fontes malléables ; EN 12513 : fontes résistantes à l'abrasion ; EN 13835 : fontes austénitiques ; EN 16124 : fontes à graphite sphéroïdal ferritiques faiblement alliées, pour la tenue à chaud ; EN 545 : tuyaux en fonte ductile pour l'eau.
- Normes internationales voisines : ISO 185 (GL), ISO 1083 (GS), ISO 16112 (GV), ISO 5922 (malléables), ISO 17804 (ADI), ISO 2892 (austénitiques), ISO 21988 (résistantes à l'abrasion). Américaines : ASTM A48 (GL), ASTM A536 (GS).
- GL, GV, GS : fonte à graphite lamellaire, vermiculaire, sphéroïdal ; ADI : fonte GS ausferritique (austempered ductile iron) ; Rm, Rp0,2, A : résistance à la traction, limite d'élasticité conventionnelle à 0,2 %, allongement après rupture ; HB, HV, HRC : duretés Brinell, Vickers, Rockwell C ; KV : énergie de rupture Charpy ; RT, LT : résilience garantie à température ambiante (room temperature) ou basse (low temperature) ; γ, α : austénite, ferrite.
Une réparation sur fonte commence par une identification. La désignation dit presque tout ce dont le soudeur a besoin : la forme du graphite (une GL fissure plus volontiers qu'une GS), la matrice, la résistance à atteindre, un éventuel traitement thermique qu'une soudure détruirait (une fonte ausferritique ne se répare pas comme une GS ordinaire), un alliage au nickel qui change le choix du métal d'apport, ou une fonte blanche qu'il vaut mieux ne pas souder du tout. La norme prévoit même une lettre pour les nuances destinées au soudage.
La série en quatre cours
Le plan du cours
- 1Lire une désignation
La plaque d'immatriculation d'une fonte, case par case.
- 2GL, GV, GS : les fontes à graphite
Les nuances normalisées, et pourquoi l'épaisseur change la résistance.
- 3Traiter une fonte
Recuits, normalisation, trempe et revenu, et la fenêtre de l'ausferrite.
- 4Les fontes malléables
Une fonte blanche adoucie : en lui retirant son carbone, ou en le transformant en graphite.
- 5Les fontes blanches et alliées
Contre l'usure, la corrosion et la chaleur : carbures, nickel, silicium.
- 6Corrosion et choix d'une fonte
Le tuyau fantôme, et la carte des nuances pour choisir.
Lire une désignation
La plaque d'immatriculation d'une fonte, case par case
Une plaque d'immatriculation se lit toujours dans le même ordre, et chaque case dit quelque chose. La désignation européenne des fontes, fixée par l'EN 1560, fonctionne pareil, avec au plus six cases :
- EN- : c'est une désignation européenne ;
- GJ : G pour pièce moulée, J pour fonte (de l'anglais iron) ;
- une lettre pour la forme du graphite : L lamellaire, S sphéroïdal, V vermiculaire, M graphite de recuit des malléables, N sans graphite (fonte blanche) ;
- parfois une lettre pour la structure : A austénite, W cœur blanc, B cœur noir… ;
- les propriétés garanties, le plus souvent la résistance minimale Rm en MPa et l'allongement minimal A en %, ou bien la composition pour les fontes fortement alliées ;
- parfois des exigences supplémentaires, comme la lettre W qui signale une nuance destinée au soudage.
Ainsi EN-GJS-400-15 se lit : fonte à graphite sphéroïdal, au moins 400 MPa et 15 % d'allongement. EN-GJL-250 : fonte à graphite lamellaire d'au moins 250 MPa. EN-GJSA-XNiCr20-2 : fonte à graphite sphéroïdal, à matrice austénitique, fortement alliée à 20 % de nickel et 2 % de chrome.
Chaque nuance normalisée a aussi un numéro, plus court, utile dans les bases de données : EN-GJL-250 s'écrit EN-JL1040, EN-GJS-400-15 s'écrit EN-JS1030.
Tu croiseras encore d'anciennes désignations nationales, toujours coulées sur des pièces en service : en France FGL 250 et FGS 400-15, en Allemagne GG-25 et GGG-40, aux États-Unis ASTM A48 classe 35 et ASTM A536 60-40-18.
Manipulation 1 : le décodeur de désignations
Choisis une désignation : elle se découpe en cases, chacune expliquée dessous (noir : préfixe et matériau ; bleu-vert : graphite et structure ; bleu : propriétés ; vert : composition ; bronze : exigences supplémentaires). Le curseur met une case en avant ; ▶ Lire pas à pas parcourt la désignation case par case. La désignation numérique est donnée quand elle est connue.
| Case | Contenu | Symboles |
|---|---|---|
| 1 | préfixe (obligatoire) | EN- |
| 2 | matériau (obligatoire) | GJ : G pièce moulée, J fonte |
| 3 | structure du graphite (obligatoire) | L lamellaire ; S sphéroïdal ; M graphite de recuit (malléables) ; V vermiculaire ; N sans graphite ; Y structure spéciale |
| 4 | microstructure ou macrostructure (facultative) | A austénite ; F ferrite ; P perlite ; M martensite ; L lédéburite ; R ausferrite ; Q trempé ; T trempé et revenu ; B cœur noir ; W cœur blanc |
| 5 a | propriétés mécaniques | Rm minimale en MPa ; puis « - » et l'allongement minimal A en % ; éventuellement la lettre de l'échantillon (S coulé à part, U attenant à la pièce, C prélevé dans la pièce) ; « -RT » ou « -LT » pour une résilience garantie à l'ambiante ou à basse température ; ou une dureté : HB, HV ou HR suivi de la valeur |
| 5 b | composition chimique | X pour une fonte fortement alliée ; la teneur en carbone × 100 si elle est significative ; les symboles des éléments d'alliage, puis leurs teneurs séparées par des tirets |
| 6 | exigences supplémentaires (facultative) | D brut de fonderie ; H traité thermiquement ; W soudabilité pour assemblages ; Z exigence complémentaire de la commande |
La désignation numérique suit le principe des numéros d'aciers : EN-J, la lettre du graphite, puis quatre chiffres. Le premier dit la caractéristique principale (1 traction, 2 dureté, 3 composition chimique), les deux suivants numérotent la nuance dans la norme, le dernier code une exigence particulière (0 aucune, 4 résilience à l'ambiante, 5 résilience à basse température ; d'autres chiffres codent par exemple le type d'échantillon).
S : graphite sphéroïdal ; 1 : nuance définie par la traction ; 02 : numéro d'ordre ; 5 : résilience garantie à basse température (−20 °C pour cette nuance). De même EN-GJL-250 = EN-JL1040, EN-GJS-400-15 = EN-JS1030, EN-GJS-500-7 = EN-JS1050, EN-GJMW-360-12 = EN-JM1020.
| EN 1560 | Ancienne française | Ancienne allemande | Américaine voisine |
|---|---|---|---|
| EN-GJL-250 | FGL 250 | GG-25 | ASTM A48 classe 35 (241 MPa) |
| EN-GJS-400-15 | FGS 400-15 | GGG-40 | ASTM A536 60-40-18 (414 MPa, 276 MPa, 18 %) |
| EN-GJS-700-2 | FGS 700-2 | GGG-70 | ASTM A536 100-70-03 |
| EN-GJMB-350-10 | — | GTS-35-10 | — |
Les classes ASTM sont en ksi (kilolivres par pouce carré) : 1 ksi ≈ 6,895 MPa. Les correspondances sont approximatives : les essais et les éprouvettes diffèrent d'une norme à l'autre. Les normes ISO utilisent leur propre écriture, par exemple ISO 1083/JS/400-15.
Sur une pièce à réparer, cherche la désignation coulée en relief, la référence du plan ou le certificat de contrôle du fondeur. À défaut, identifie la famille par la cassure, la dureté, une micrographie sur une petite zone polie ou une analyse chimique. Une désignation avec W en case 6 désigne une nuance dont le fondeur garantit l'aptitude au soudage d'assemblage.
GL, GV, GS : les fontes à graphite
Les nuances normalisées, et pourquoi l'épaisseur change la résistance
Un gâteau cuit vite sur les bords et lentement au cœur. Une pièce en fonte se solidifie de même : vite dans les parois minces, lentement dans les parties massives. Or la vitesse de refroidissement fixe la finesse du graphite et de la matrice (cours 1). Conséquence : la résistance d'une même fonte dépend de l'épaisseur de la paroi. Plus mince, elle résiste davantage, jusqu'au risque de trempe ; plus épaisse, elle résiste moins.
- Les fontes GL (EN 1561) se commandent par leur résistance, de EN-GJL-100 à EN-GJL-350, ou par leur dureté. Bon marché, faciles à couler et à usiner, amortissantes : bâtis, carters, blocs moteurs, disques de frein, corps de pompe. Elles sont très sensibles à l'épaisseur.
- Les fontes GS (EN 1563) vont de nuances ferritiques ductiles (EN-GJS-350-22, 400-15) à des nuances perlitiques résistantes (700-2, 800-2). Certaines garantissent une résilience à basse température (suffixe LT), d'autres sont durcies par du silicium en solution dans la ferrite (450-18, 500-14, 600-10). Elles sont moins sensibles à l'épaisseur, mais leurs garanties baissent dans les fortes épaisseurs.
- Les fontes GV (EN 16079), de EN-GJV-300 à 450 environ, se placent entre les deux : la conductivité thermique d'une GL et une résistance proche d'une GS. Elles servent pour les blocs et culasses de moteurs diesel très chargés.
Manipulation 2 : l'épaisseur qui change tout
Choisis la famille, puis règle l'épaisseur de paroi e (échelle logarithmique). Pour les GL : la résistance attendue dans une pièce simple d'épaisseur uniforme, valeurs indicatives de l'EN 1561 pour les nuances 200 et 250. Pour les GS : les minimums garantis de l'EN 1563 par classe d'épaisseur, pour trois nuances (lectures : Rm/Rp0,2 en MPa, puis A). ▶ Parcourir fait varier l'épaisseur de 2,5 à 200 mm.
Les fontes GL (EN 1561). Six nuances par la résistance, EN-GJL-100, 150, 200, 250, 300 et 350, mesurée sur une éprouvette coulée à part de 30 mm de diamètre, représentative d'une paroi d'environ 15 mm ; la valeur doit se situer entre n et n + 100 MPa. Six nuances par la dureté Brinell, de EN-GJL-HB155 à EN-GJL-HB255, utiles quand l'usinabilité ou l'usure comptent plus que la résistance. L'allongement n'est pas garanti : il reste inférieur à 1 %.
| Épaisseur de paroi (mm) | EN-GJL-200 : Rm attendue (MPa) | EN-GJL-250 : Rm attendue (MPa) |
|---|---|---|
| 2,5 à 5 | 230 | — |
| 5 à 10 | 205 | 250 |
| 10 à 20 | 180 | 225 |
| 20 à 40 | 155 | 195 |
| 40 à 80 | 130 | 170 |
| 80 à 150 | 115 | 155 |
Valeurs indicatives de l'EN 1561 pour une pièce de forme simple et d'épaisseur uniforme : elles ne sont pas des exigences. Entre 5 et 80 mm, la résistance d'une GL perd environ 35 % ; une paroi de 50 mm en EN-GJL-250 n'offre qu'environ 170 MPa.
Les fontes GS (EN 1563), minimums sur éprouvettes coulées à part, pour une épaisseur relevante jusqu'à 30 mm :
| Nuance | Rm min (MPa) | Rp0,2 min (MPa) | A min (%) | Matrice dominante |
|---|---|---|---|---|
| EN-GJS-350-22-LT | 350 | 220 | 22 | ferrite ; résilience garantie à −40 °C |
| EN-GJS-400-18-LT | 400 | 240 | 18 | ferrite ; résilience garantie à −20 °C |
| EN-GJS-400-15 | 400 | 250 | 15 | ferrite |
| EN-GJS-450-10 | 450 | 310 | 10 | ferrite |
| EN-GJS-500-7 | 500 | 320 | 7 | ferrite et perlite |
| EN-GJS-600-3 | 600 | 370 | 3 | perlite et ferrite |
| EN-GJS-700-2 | 700 | 420 | 2 | perlite |
| EN-GJS-800-2, 900-2 | 800, 900 | 480, 600 | 2 | perlite ou structure trempée et revenue |
| EN-GJS-450-18, 500-14, 600-10 | 450, 500, 600 | 350, 400, 470 | 18, 14, 10 | ferrite durcie par le silicium en solution |
Au-delà de 30 mm, les minimums baissent : pour EN-GJS-500-7, Rm ≥ 450 MPa entre 30 et 60 mm, et 420 MPa avec A ≥ 5 % entre 60 et 200 mm. Les nuances au silicium (3 à 4,3 % environ) ont une ferrite plus dure et plus homogène : à résistance égale, plus d'allongement et une dureté régulière, appréciée à l'usinage.
Les fontes GV (EN 16079) : par exemple EN-GJV-400, Rm ≥ 400 MPa, Rp0,2 ≥ 280 MPa, A ≥ 1 % ; EN-GJV-450 : 450, 315 et 1 %.
L'épaisseur pèse deux fois en réparation : une paroi massive de GL est moins résistante, mais elle pompe la chaleur et refroidit vite la soudure ; une paroi mince chauffe vite et peut tremper en zone fondue partielle. Le préchauffage et l'énergie de soudage se choisissent donc aussi d'après l'épaisseur (cours 3).
Traiter une fonte
Recuits, normalisation, trempe et revenu, et la fenêtre de l'ausferrite
Un traitement thermique change la matrice d'une fonte, presque jamais la forme de son graphite. Le graphite sert même de réservoir : quand on chauffe dans le domaine de l'austénite, du carbone en sort et s'y dissout ; quand on refroidit lentement, il y retourne. Les grands traitements :
- le détensionnement, vers 500 à 600 °C : il relâche les contraintes de fonderie ou de soudage sans changer la structure ;
- le recuit de graphitisation, vers 900 à 950 °C : il décompose la cémentite des zones trempées ;
- le recuit de ferritisation : la perlite se décompose en ferrite et graphite ; la fonte devient douce et ductile ;
- la normalisation, chauffage vers 870 à 950 °C puis refroidissement à l'air : une perlite fine, plus résistante ;
- la trempe et le revenu, ou une trempe superficielle par induction ou au chalumeau, pour les pièces d'usure ;
- la trempe étagée d'une fonte GS, qui donne les fontes ADI (EN 1564), deux fois plus résistantes qu'une GS ordinaire à allongement égal.
La trempe étagée est un œuf mollet. On chauffe la pièce vers 850 à 950 °C, on la plonge dans un bain de sels vers 230 à 400 °C, et on l'y laisse le temps juste. De fines aiguilles de ferrite poussent dans l'austénite, qui se charge du carbone qu'elles rejettent et devient stable : c'est l'ausferrite. Trop court, l'austénite pas encore stabilisée devient martensite au refroidissement : dur et fragile. Trop long, des carbures précipitent : la ductilité s'effondre. Entre les deux, une fenêtre, d'autant plus étroite que le bain est chaud.
Manipulation 3 : la fenêtre de l'ausferrite
Une fonte GS austénitisée à 900 °C est plongée dans un bain de sels. Règle la température du bain TA et la durée de maintien t (échelle logarithmique). À gauche, la carte temps-température : la fenêtre (bleu-vert) entre la fin de la première réaction et le début de la précipitation des carbures ; à droite, la structure obtenue. Les boutons rejouent des cas types ; ▶ Maintenir fait défiler le temps. Modèle pédagogique.
| Traitement | Cycle typique | Résultat |
|---|---|---|
| Détensionnement | ≈ 500 à 600 °C, quelques heures, refroidissement lent au four | contraintes relâchées, structure inchangée |
| Recuit de graphitisation | ≈ 900 à 950 °C, puis refroidissement lent | cémentite décomposée : plus de zones trempées |
| Recuit de ferritisation | maintien sous-critique vers 700 à 740 °C, ou austénitisation puis refroidissement très lent dans le domaine critique | matrice ferritique : GS-400-15 ou 400-18 |
| Normalisation | ≈ 870 à 950 °C, refroidissement à l'air (ou à l'air soufflé) | perlite fine : GS-600-3, 700-2 |
| Trempe et revenu | ≈ 850 à 900 °C, trempe à l'huile, revenu ≈ 500 à 650 °C | martensite revenue : GS-800-2, 900-2 |
| Trempe superficielle | chauffage rapide de la surface par induction ou au chalumeau, puis trempe | peau martensitique dure, cœur inchangé |
| Trempe étagée (austempering) | ≈ 850 à 950 °C, puis bain ≈ 230 à 400 °C pendant ≈ 0,5 à 4 h, puis air | ausferrite : fontes ADI de l'EN 1564 |
Les deux réactions de la trempe étagée. À la température d'austénitisation, l'austénite contient environ 0,7 à 1 % de carbone, fourni par le graphite. Dans le bain :
- réaction I : γ → α (aiguilles) + γ enrichie, à environ 1,8 à 2,2 % de carbone. Si chargée en carbone, cette austénite reste stable jusqu'à l'ambiante : c'est l'ausferrite ;
- réaction II : γ enrichie → α + carbures. C'est la bainite classique, plus fragile : à éviter.
La fenêtre de traitement s'étend de la fin de la réaction I (t₁) au début de la réaction II (t₂). Le modèle de la manipulation 3 la décrit par :
t₁, t₂ en minutes, TA en °C ; e : base des exponentielles (≈ 2,718). À 370 °C : fenêtre de 30 min à 4 h ; à 400 °C : de 21 min à 1,9 h seulement ; à 250 °C : de 2,1 h à 80 h.
Dans la fenêtre, la température du bain fixe la finesse de l'ausferrite et donc la nuance : chaud (350 à 400 °C), une ausferrite grossière riche en austénite, ductile ; froid (230 à 300 °C), une ausferrite fine, résistante et dure. Le modèle prend Rm ≈ 1 450 − 4·(TA − 250) MPa, et un allongement qui décroît avec la résistance, d'environ 11 % à 850 MPa jusqu'à 2 % à 1 450 MPa, en passant au-dessus des minimums de chaque nuance.
| Nuance EN 1564 | Rm min (MPa) | A min (%) | Bain dans le modèle |
|---|---|---|---|
| EN-GJS-800-10 | 800 | 10 | ≈ 390 à 400 °C |
| EN-GJS-900-8 | 900 | 8 | ≈ 355 à 385 °C |
| EN-GJS-1050-6 | 1 050 | 6 | ≈ 315 à 350 °C |
| EN-GJS-1200-3 | 1 200 | 3 | ≈ 265 à 310 °C |
| EN-GJS-1400-1 | 1 400 | 1 | ≈ 230 à 260 °C |
Pour les pièces épaisses, la trempe dans le bain doit éviter la perlite au cœur : on ajoute du nickel, du molybdène ou du cuivre pour augmenter la trempabilité. Sous charge, l'austénite enrichie peut se transformer localement en martensite : la surface d'une ADI durcit en service, ce qui lui donne une bonne tenue à l'usure, mais complique l'usinage après traitement.
Les traitements après soudage des fontes sont ceux de ce chapitre : un détensionnement pour relâcher les contraintes de retrait, un recuit de ferritisation ou de graphitisation pour adoucir une zone affectée trempée ou une zone fondue blanchie. Leur choix dépend de la nuance et du métal d'apport, et ils se font souvent directement après le soudage, avant que la pièce refroidisse (cours 3).
Les fontes malléables
Une fonte blanche adoucie : en lui retirant son carbone, ou en le transformant en graphite
Une fonte malléable commence sa vie en fonte blanche : des pièces minces, coulées avec peu de silicium pour que tout le carbone soit en cémentite. Dure et cassante, la pièce brute passe ensuite des jours au four. Deux recettes, deux résultats :
- à cœur blanc (EN-GJMW, la tradition européenne) : on chauffe vers 950 à 1 050 °C dans une atmosphère qui oxyde le carbone. Le carbone diffuse vers la surface et s'en va en gaz : la pièce se décarbure de l'extérieur vers l'intérieur. Une paroi mince devient presque entièrement ferritique, ductile et même soudable ; une paroi épaisse garde un cœur plus riche en carbone. Le nom vient de la cassure, claire ;
- à cœur noir (EN-GJMB, la tradition américaine) : on chauffe vers 900 à 960 °C en atmosphère neutre. Le carbone reste dans la pièce, mais la cémentite se décompose en amas de graphite de recuit (forme IV), répartis dans toute l'épaisseur. Un refroidissement lent donne une matrice ferritique, un refroidissement plus rapide une matrice perlitique. Le graphite rend la cassure sombre.
Ces fontes ont fait des millions de raccords de tuyauterie galvanisés, de maillons, de pièces de machines agricoles et d'automobiles. La fonte GS, obtenue directement à la coulée, les a remplacées dans beaucoup d'emplois, mais elles restent imbattables pour les petites pièces minces.
Voir le graphite d’une fonte malléable
Observe les amas sombres aux contours irréguliers : ils donnent un repère visuel du graphite de recuit d’une fonte malléable. Leur silhouette est différente des longues lamelles d’une fonte grise et des nodules plus arrondis d’une fonte GS.
La notice ne précise ni la nuance, ni le cycle de recuit, ni l’échelle. Cette photographie ne permet pas, à elle seule, de reconstruire le traitement subi.
Perlit86 (2018-09-30), Cast iron malleable.jpg · CC BY 4.0. Réduction et conversion WebP par Révisions IWE, sans recadrage ni retouche.
À toi d’observer. Pourquoi la forme du graphite ne suffit-elle pas à reconstituer tout le traitement ?
Voir les repères
Elle donne un indice sur l’organisation du matériau, mais les températures, durées et conditions de refroidissement viennent du dossier de fabrication et des examens complémentaires.
Manipulation 4 : cœur blanc, cœur noir
Une même paroi de fonte blanche, d'épaisseur e, recuite à la température T pendant la durée t. À gauche, le recuit décarburant (cœur blanc) : le front de décarburation avance depuis les deux faces. À droite, le recuit de graphitisation (cœur noir) : la cémentite se décompose en amas de graphite dans toute l'épaisseur. ▶ Recuire fait défiler 120 heures. Modèle pédagogique.
Le cœur blanc : une décarburation. L'atmosphère du four (gaz riche en CO₂ et en vapeur d'eau, ou minerai oxydant dans les procédés anciens) brûle le carbone en surface : C + CO₂ → 2 CO, C + H₂O → CO + H₂. Le carbone de l'intérieur diffuse dans l'austénite vers la surface, et la cémentite se dissout derrière lui. Un front de décarburation avance comme la racine du temps :
xf : profondeur du front depuis chaque face (mm) ; t : durée du recuit (h) ; k : constante du modèle, ≈ 0,39 mm/√h à 1 000 °C, ≈ 0,29 à 950 °C (elle suit la diffusion du carbone dans l'austénite). En 80 h à 1 000 °C, xf ≈ 3,5 mm : une paroi de 7 mm est décarburée à cœur.
C'est pourquoi le procédé à cœur blanc est réservé aux pièces minces, et pourquoi l'EN 1562 fixe les propriétés des nuances à cœur blanc selon le diamètre de l'éprouvette : la même fonte n'a pas les mêmes propriétés à 6 mm et à 15 mm.
Le cœur noir : une graphitisation. Premier stade, vers 900 à 960 °C pendant quelques dizaines d'heures : la cémentite eutectique se dissout dans l'austénite et le carbone précipite en amas de graphite de recuit, compacts, sans arêtes. Le modèle décrit la part graphitisée par f = 1 − exp[−(t/τ)1,5], avec τ ≈ 15 h à 950 °C et environ deux fois moins à 1 000 °C. Second stade : soit un refroidissement très lent dans le domaine critique (environ 760 à 690 °C, quelques degrés par heure) pour une matrice ferritique, soit un refroidissement à l'air, éventuellement suivi de trempe et revenu, pour une matrice perlitique. L'épaisseur ne limite pas le procédé.
| Famille (EN 1562) | Nuances | Matrice |
|---|---|---|
| Cœur blanc, EN-GJMW | 350-4, 360-12, 400-5, 450-7, 550-4 | ferrite en surface, perlite et graphite de recuit au cœur des parois épaisses |
| Cœur noir ferritique, EN-GJMB | 300-6, 350-10 | ferrite et graphite de recuit |
| Cœur noir perlitique, EN-GJMB | 450-6, 500-5, 550-4, 600-3, 650-2, 700-2, 800-1 | perlite (ou martensite revenue) et graphite de recuit |
La nuance EN-GJMW-360-12 (numéro EN-JM1020), décarburée presque à cœur dans les faibles épaisseurs, est la plus soudable des malléables : elle sert notamment à des pièces soudées sur des tubes d'acier.
Le cycle de soudage redissout le graphite de recuit dans la zone affectée et peut y reformer cémentite et martensite : une malléable à cœur noir ou une pièce à cœur blanc épaisse se soude mal, avec des apports au nickel et des précautions de fonte. Une nuance à cœur blanc mince et décarburée se comporte presque comme un acier doux. Attention aussi aux raccords galvanisés : le zinc doit être enlevé avant soudage, ses fumées sont toxiques.
Les fontes blanches et alliées
Contre l'usure, la corrosion et la chaleur : carbures, nickel, silicium
Fais glisser un caillou sur une lame : si le caillou est plus dur, il la raye ; s'il est plus tendre, il s'use lui-même. L'usure par abrasion obéit à cette règle. Le sable, la roche, le minerai sont faits surtout de quartz, très dur (environ 1 000 à 1 200 HV). Pour lui résister, il faut une surface qui contienne des grains encore plus durs.
- Les fontes blanches résistantes à l'abrasion (EN 12513) en sont pleines : des carbures en réseau ou en bâtonnets, tenus par une matrice. Non alliée, la cémentite est à peine plus dure que le quartz. Avec 3,5 à 5 % de nickel et 1,5 à 2,5 % de chrome, les fontes Ni-Hard gardent la cémentite mais ont une matrice martensitique. Avec 12 à 28 % de chrome, les fontes au chrome forment des carbures M₇C₃ plus durs que le quartz. Concasseurs, broyeurs, blindages, pompes à boue : on les désigne souvent par leur dureté, EN-GJN-HV350 à EN-GJN-HV600.
- Les fontes austénitiques (EN 13835, souvent appelées Ni-Resist) contiennent 13 à 36 % de nickel : matrice austénitique, résistante à la corrosion (pompes d'eau de mer), à la chaleur (carters de turbocompresseurs), amagnétique, tenace jusqu'aux très basses températures selon la nuance. Elles existent à graphite lamellaire (EN-GJLA) ou sphéroïdal (EN-GJSA).
- Les fontes au silicium : vers 14 à 18 % de silicium, elles résistent aux acides comme l'acide sulfurique, mais sont dures et très fragiles. Vers 4 à 5 % de silicium avec un peu de molybdène, des fontes GS ferritiques (EN 16124) résistent à l'oxydation et à la chaleur : collecteurs d'échappement, carters de turbocompresseurs.
Observer l’organisation d’une fonte blanche
Dans cette fonte blanche, repère l’organisation en réseau et les plages de contraste différent. Compare l’aspect général à celui de la fonte grise : les longues lamelles noires de graphite n’organisent plus le champ.
La composition et la préparation ne sont pas détaillées par l’auteur. N’attribue donc pas cette image à une fonte au chrome ou à une nuance Ni-Hard précise.
Perlit86 (2018-09-30), Cast iron white.jpg · CC BY 4.0. Version réduite de Commons ; fichier JPEG conservé, sans recadrage ni retouche.
À toi d’observer. La seule couleur du réseau permet-elle d’identifier chimiquement les carbures ?
Voir les repères
Non. Le contraste dépend notamment de la préparation et de l’observation. La composition du matériau et une caractérisation adaptée sont nécessaires pour identifier précisément les phases.
Manipulation 5 : l'abrasif et la surface
Choisis une fonte et un abrasif, puis règle la fraction de carbures fc. En haut, l'échelle des duretés (logarithmique) : matrice, carbures et abrasif ; la bande bleu-vert marque les duretés qui résistent à cet abrasif (plus de 0,83 fois sa dureté). En bas, une coupe de la surface ; ▶ Frotter fait passer l'abrasif et creuse un sillon proportionnel à l'usure. Indice d'usure : 100 pour une fonte GL perlitique dans le sable siliceux. Modèle pédagogique.
| Phase ou abrasif | Dureté (HV, ordre de grandeur) |
|---|---|
| Ferrite | 100 à 200 |
| Perlite | 250 à 350 |
| Austénite (durcit sous les chocs) | 200 à 300 |
| Martensite | 500 à 900 |
| Cémentite M₃C (fontes blanches, Ni-Hard) | 800 à 1 100 |
| Carbure de chrome M₇C₃ | 1 200 à 1 800 |
| Carbures MC (vanadium, niobium, titane) | 2 000 à 3 000 |
| Calcaire ; quartz ; corindon (alumine) | ≈ 200 ; 1 000 à 1 200 ; ≈ 2 000 |
La règle du rapport de dureté. Une phase est rayée efficacement quand l'abrasif est nettement plus dur qu'elle ; l'usure chute fortement quand la phase dépasse environ 0,8 fois la dureté de l'abrasif. Dans le modèle :
Ha : dureté de l'abrasif ; Hphase : dureté de la matrice ou des carbures. Le modèle combine la rayure de la matrice, freinée par sa dureté et protégée par les carbures qui résistent, et celle des carbures, pondérées par la fraction de carbures fc.
Résultat du modèle dans le sable siliceux : fonte GL perlitique 100, fonte blanche perlitique ≈ 45, Ni-Hard ≈ 21, fonte au chrome ≈ 11. Contre le corindon, plus dur que tous les carbures, l'avantage se réduit (≈ 63, 36, 32). Contre un calcaire tendre, toutes s'usent peu.
Le compromis usure-ténacité. Plus de carbures, c'est moins d'usure mais plus de fragilité. Les carbures doivent être assez gros pour ne pas partir avec un copeau, et bien répartis. Dans les fontes au chrome, les M₇C₃ forment des bâtonnets discontinus, alors que la cémentite des fontes non alliées et des Ni-Hard forme un réseau continu, une « éponge » de carbure où une fissure court facilement : à usure égale, les fontes au chrome sont plus tenaces.
| Famille | Composition repère | Structure | Emplois |
|---|---|---|---|
| Fonte blanche non alliée ou trempée | C 2,5 à 3,5 %, Si bas | perlite + M₃C | rouleaux, roues, pièces d'usure peu sollicitées |
| Ni-Hard 1 et 2 | Ni 3,5 à 5 %, Cr 1,5 à 2,5 %, Si et Mn < 0,8 % | martensite (+ austénite résiduelle) + M₃C | broyage, pompes à boue ; revenu vers 250 à 275 °C |
| Ni-Hard 4 | Cr ≈ 9 %, Ni ≈ 5 %, Si ≈ 2 % | martensite + M₇C₃ | outils de broyage, corps de pompes |
| Fontes au chrome | Cr 12 à 28 %, C 2 à 3,5 %, souvent Mo | martensite + M₇C₃ (après traitement) | blindages de broyeurs, battoirs, pièces de concassage |
| Austénitiques (Ni-Resist) | Ni 13 à 36 %, avec Cu, Cr, Mn ou Si selon la nuance | austénite + graphite (L ou S) | eau de mer, chaleur, cryogénie, faible dilatation |
| SiMo ferritiques | Si ≈ 4 à 5 %, Mo ≈ 0,5 à 1 % | ferrite + graphite sphéroïdal | échappements, turbocompresseurs |
Exemples de désignations de l'EN 13835 : EN-GJLA-XNiCuCr15-6-2 (graphite lamellaire, nickel, cuivre, chrome), EN-GJSA-XNiCr20-2 (pompes, vannes), EN-GJSA-XNiMn23-4 (tenace à très basse température), EN-GJSA-XNiSiCr35-5-2 (tenue à chaud), EN-GJSA-XNi35 (très faible dilatation).
On ne soude pas d'assemblage sur une fonte blanche ou au chrome : elle fissure. En revanche, le rechargement dur, qui dépose une couche anti-usure sur une pièce en acier, reproduit leur métallurgie : des apports riches en chrome et en carbone forment des M₇C₃ dans le dépôt, et les fines fissures de retrait en surface y sont normales. Les fontes austénitiques à graphite sphéroïdal se soudent avec des apports à base de nickel ; leurs versions à graphite lamellaire sont plus sensibles à la fissuration.
Corrosion et choix d'une fonte
Le tuyau fantôme, et la carte des nuances pour choisir
La matrice d'une fonte ordinaire ne résiste pas mieux à la corrosion que celle d'un acier : c'est du fer. Mais le graphite change la façon dont elle se corrode. Plus noble que le fer, il forme avec lui une multitude de petites piles : dans l'eau ou dans un sol humide, le fer se dissout autour du graphite. Il reste un squelette de graphite cimenté par des oxydes, qui garde exactement la forme de la pièce. C'est la corrosion graphitique.
Une conduite en fonte GL ainsi attaquée paraît intacte : même diamètre, même épaisseur. Mais la couche graphitisée se raye au couteau, sonne mat sous le marteau, et n'a presque plus de résistance. Le paradoxe, c'est que cette couche adhérente freine ensuite la corrosion : après un démarrage plus rapide que celui de l'acier, l'attaque ralentit, et des conduites en fonte posées il y a plusieurs siècles sont encore en service. Dans une GS, le graphite n'est pas interconnecté : la corrosion graphitique pénètre moins. Les tuyaux modernes en fonte ductile sont en plus protégés par un revêtement de zinc à l'extérieur et un mortier de ciment à l'intérieur (EN 545).
Schéma qualitatif : l'acier s'amincit, la fonte GL se graphitise en gardant sa forme, la fonte GS se graphitise moins profondément.
Pour choisir une fonte, on part de la fonction : amortir et conduire la chaleur (GL), résister et se déformer avant de rompre (GS), supporter la fatigue thermique d'un moteur (GV), porter de fortes charges (ADI), faire de petites pièces minces ductiles (malléables), résister à l'usure (blanches), à la corrosion ou à la chaleur (austénitiques, au silicium). Puis on vérifie les propriétés minimales, l'épaisseur, et, si la pièce doit être soudée ou risque d'être réparée, la soudabilité.
Manipulation 6 : la carte des nuances
Chaque point est une nuance normalisée, placée selon sa résistance minimale Rm et son allongement minimal A (échelle logarithmique ; les GL, sans allongement garanti, sont placées à titre indicatif). Règle tes exigences : les nuances qui conviennent s'allument en bleu. Les boutons d'usage chargent un cahier des charges ; « soudage requis » écarte les nuances qui ne se soudent pas. ▶ Durcir le cahier des charges fait monter la résistance exigée.
Le mécanisme. Dans un électrolyte (eau, sol humide, eau de mer), le graphite joue le rôle de cathode, où l'oxygène dissous est réduit ; la matrice ferreuse voisine joue le rôle d'anode et se dissout : Fe → Fe²⁺ + 2 e⁻. Les produits de corrosion, volumineux, restent pris dans le réseau de graphite. La vitesse d'attaque est d'abord plus forte que sur un acier, puis diminue à mesure que la couche graphitisée s'épaissit et gêne le transport des espèces : sur la durée, une fonte peut donc perdre moins qu'un acier, mais la couche perdue ne porte plus rien.
Les parades. Revêtements (zinc, peinture, bitume, mortier de ciment), manchons de polyéthylène, protection cathodique ; ou des fontes résistantes : austénitiques au nickel pour l'eau de mer, au silicium pour les acides, SiMo et austénitiques pour l'oxydation à chaud.
| Famille | Atout principal | Soudabilité (aperçu, détaillé aux cours 3 et 4) |
|---|---|---|
| GL | prix, coulabilité, amortissement, conductivité | délicate : fragile, sensible aux contraintes ; préchauffage ou apport au nickel |
| GS ferritiques | ductilité, résilience | la meilleure des fontes, avec apports nickel-fer ou fonte appropriée |
| GS perlitiques, GV | résistance, fatigue thermique (GV) | délicate : zone affectée plus dure |
| ADI | très haute résistance et ténacité | à éviter : la soudure détruit l'ausferrite |
| Malléables | petites pièces minces ductiles | EN-GJMW-360-12 soudable ; les autres délicates |
| Blanches, au chrome, au silicium | usure, acides | non soudables pour l'assemblage |
| Austénitiques | corrosion, chaleur, froid | possible avec apports base nickel, surtout les EN-GJSA |
Pour le soudage, les fontes forment le groupe 7 de l'ISO/TR 15608, subdivisé selon la famille ; la qualification des modes opératoires de soudage des fontes relève de l'ISO 15614-3 et les produits d'apport de l'ISO 1071 (cours 3 et 4).
Pièces anciennes, conduites, éléments d'ouvrages d'art : elles sont souvent en GL, parfois riches en phosphore, et ont pu se corroder ou s'imprégner d'huile. Avant tout soudage : identifier la nuance, dégraisser, chauffer pour brûler les hydrocarbures, enlever la couche graphitisée jusqu'au métal sain, et choisir un procédé à faible apport de chaleur ou un soudobrasage (cours 4).
Exercices corrigés
Six exercices et un défi, de la désignation au choix de la nuance
Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Les valeurs viennent des normes citées et des modèles des manipulations ; le défi se rejoue dans la manipulation 3.
Exercice 1 : lire et écrire des désignations N1 · chapitre 1
a) Décode EN-GJS-400-18-LT.
b) Décode EN-GJMB-350-10.
c) Décode EN-GJL-HB195.
d) Décode EN-GJSA-XNiMn23-4.
e) Écris la désignation symbolique de EN-JL1040.
f) Écris la désignation d'une fonte GS d'au moins 500 MPa et 7 % d'allongement, vérifiée sur un échantillon attenant à la pièce.
g) Un plan américain demande ASTM A536 60-40-18. Convertis en MPa et propose une nuance EN voisine.
Voir la correction
a) Fonte (GJ) à graphite sphéroïdal (S), Rm ≥ 400 MPa, A ≥ 18 %, résilience garantie à basse température (LT, −20 °C pour cette nuance). Numéro : EN-JS1025.
b) Fonte malléable (graphite de recuit M) à cœur noir (B), Rm ≥ 350 MPa, A ≥ 10 % : nuance ferritique de l'EN 1562.
c) Fonte à graphite lamellaire désignée par sa dureté Brinell (repère 195) plutôt que par sa résistance.
d) Fonte à graphite sphéroïdal (S) à matrice austénitique (A), fortement alliée (X), à environ 23 % de nickel et 4 % de manganèse : la nuance de l'EN 13835 tenace aux très basses températures.
e) EN-GJL-250 (J, L : fonte à graphite lamellaire ; 1 : nuance par la traction ; 04 : numéro d'ordre ; 0 : pas d'exigence particulière).
f) EN-GJS-500-7U.
g) 60 ksi × 6,895 ≈ 414 MPa, 40 ksi × 6,895 ≈ 276 MPa, 18 % : voisine de EN-GJS-400-18 (400 MPa, 18 %), avec une résistance un peu plus élevée ; on vérifie la limite d'élasticité exigée avant de conclure.
Exercice 2 : l'épaisseur N1 et N2 · chapitre 2
Utilise les tableaux du chapitre 2 ou la manipulation 2.
a) Quelle résistance attendre d'une pièce en EN-GJL-250 dans une paroi de 8 mm ? de 50 mm ?
b) Une paroi de 30 mm doit offrir au moins 190 MPa. EN-GJL-200 ou EN-GJL-250 ?
c) Pourquoi l'EN 1561 ne donne-t-elle pas de valeur pour l'EN-GJL-250 sous 5 mm ?
d) Quels minimums garantit l'EN-GJS-500-7 dans une paroi de 45 mm ? de 100 mm ?
e) Compare la perte relative de résistance d'une EN-GJL-250 entre 8 et 50 mm, et d'une EN-GJS-500-7 entre 20 et 100 mm.
Voir la correction
a) 8 mm (classe 5 à 10 mm) : ≈ 250 MPa ; 50 mm (classe 40 à 80 mm) : ≈ 170 MPa.
b) Classe 20 à 40 mm : EN-GJL-200 ≈ 155 MPa, insuffisant ; EN-GJL-250 ≈ 195 MPa : on choisit l'EN-GJL-250.
c) Une paroi si mince refroidit vite et risque la trempe (fonte blanche ou truitée) : la résistance n'y a plus de sens, la pièce devient dure et fragile.
d) 45 mm (30 à 60 mm) : Rm ≥ 450 MPa, Rp0,2 ≥ 300 MPa, A ≥ 7 %. 100 mm (60 à 200 mm) : 420 MPa, 290 MPa, 5 %.
e) GL : (250 − 170)/250 = 32 % de perte. GS : (500 − 420)/500 = 16 %. La GS est environ deux fois moins sensible à l'épaisseur.
Exercice 3 : le bon traitement N1 et N2 · chapitre 3
a) Une GS brute de coulée est ferrito-perlitique. Quel traitement pour obtenir une EN-GJS-400-18 ? et une EN-GJS-700-2 ?
b) Une bride mince est sortie truitée. Quel traitement la rend usinable ?
c) Avec le modèle de la manipulation 3, calcule la fenêtre de traitement à 370 °C et à 400 °C. Conclus.
d) Dans quelle plage de bain le modèle donne-t-il une EN-GJS-1200-3 ?
e) Pourquoi faut-il usiner une pièce ADI le plus possible avant la trempe étagée ?
Voir la correction
a) 400-18 : un recuit de ferritisation (maintien sous-critique vers 700 à 740 °C, ou austénitisation puis refroidissement très lent dans le domaine critique). 700-2 : une normalisation (austénitisation vers 900 °C, refroidissement à l'air) pour une perlite fine.
b) Un recuit de graphitisation vers 900 à 950 °C, qui décompose la cémentite, suivi d'un refroidissement lent.
c) 370 °C : t₁ = 30 min, t₂ = 240·e⁰ = 240 min : fenêtre de 30 min à 4 h. 400 °C : t₁ = 30·e−0,36 ≈ 21 min, t₂ = 240·e−0,75 ≈ 113 min. La fenêtre rétrécit quand le bain est chaud : la durée y demande plus de rigueur.
d) Rm ≥ 1 200 MPa et inférieure à 1 400 MPa (sinon c'est une 1400-1) : 1 450 − 4·(TA − 250) ≥ 1 200 donne TA ≤ 312,5 °C, et Rm < 1 400 donne TA > 262,5 °C : bain d'environ 265 à 310 °C.
e) L'ausferrite est très résistante et son austénite durcit sous l'outil : l'usinage après traitement est lent et coûteux. On usine avant, en ne laissant qu'une finition.
Exercice 4 : cœur blanc, cœur noir N2 · chapitre 4
Modèle de la manipulation 4 : xf ≈ k·√t avec k ≈ 0,39 mm/√h à 1 000 °C ; graphitisation f = 1 − exp[−(t/τ)1,5] avec τ ≈ 15 h à 950 °C et ≈ 35 h à 900 °C.
a) Après 80 h à 1 000 °C, une paroi de 6 mm est-elle décarburée à cœur ? et une paroi de 12 mm ?
b) Combien de temps faut-il à 1 000 °C pour décarburer à cœur une paroi de 8 mm ?
c) Quelle part de cémentite est graphitisée après 20 h à 950 °C ? Combien faut-il pour 99 % ?
d) Même question à 900 °C après 50 h. Que conclure sur la température ?
e) Laquelle de ces fontes choisirais-tu pour un petit raccord soudé sur un tube en acier ?
Voir la correction
a) xf = 0,39 × √80 ≈ 3,5 mm par face, soit 7 mm décarburés en tout : la paroi de 6 mm l'est à cœur ; celle de 12 mm garde un noyau d'environ 5 mm riche en carbone.
b) Il faut xf = 4 mm : t = (4/0,391)² ≈ 105 h, plus de quatre jours.
c) f = 1 − exp[−(20/15)1,5] = 1 − exp(−1,54) ≈ 0,79. Pour 99 % : (t/τ)1,5 = ln 100 ≈ 4,6, soit t ≈ 2,77·τ ≈ 42 h.
d) f = 1 − exp[−(50/35)1,5] ≈ 0,82 : à 900 °C, même 50 h ne suffisent pas. La graphitisation est très sensible à la température.
e) Une fonte malléable à cœur blanc mince, décarburée à cœur, comme l'EN-GJMW-360-12 : ferritique, ductile, la plus soudable des malléables.
Exercice 5 : contre l'usure N1 et N2 · chapitre 5
Duretés : perlite 300 HV, martensite 750 HV, M₃C 1 000 HV, M₇C₃ 1 500 HV ; quartz 1 100 HV, corindon 2 000 HV.
a) Calcule le rapport r = Ha/Hphase du quartz sur chaque phase. Lesquelles sont fortement rayées ?
b) Classe les fontes de la manipulation 5 dans le sable siliceux, puis contre le corindon. Explique le changement.
c) Pourquoi une fonte au chrome est-elle plus tenace qu'une Ni-Hard à usure comparable ?
d) Une pompe brasse une eau de mer chargée de sable fin peu abrasif. Quelle famille regarder en premier ?
Voir la correction
a) Perlite 1 100/300 ≈ 3,7 ; martensite ≈ 1,47 ; M₃C 1,10 ; M₇C₃ ≈ 0,73. Perlite et martensite sont fortement rayées (r > 1,25), la cémentite l'est en partie, le M₇C₃ résiste (r < 0,83).
b) Quartz : GL 100, blanche perlitique ≈ 45, Ni-Hard ≈ 21, fonte au chrome ≈ 11. Corindon : 100, ≈ 63, ≈ 36, ≈ 32. Le corindon raye même le M₇C₃ : l'avantage des carbures se réduit, il ne reste que celui d'une matrice plus dure.
c) Ses carbures M₇C₃ forment des bâtonnets discontinus dans la matrice, alors que la cémentite des Ni-Hard forme un réseau continu où une fissure court d'un carbure à l'autre.
d) La corrosion domine : une fonte austénitique au nickel (par exemple EN-GJSA-XNiCr20-2), qui résiste à l'eau de mer et tolère une abrasion modérée.
Exercice 6 : choisir une nuance N2 · chapitre 6
Utilise la manipulation 6.
a) Corps de vanne : Rm ≥ 400 MPa et A ≥ 15 %. Quelles nuances conviennent ?
b) Vilebrequin : Rm ≥ 700 MPa et A ≥ 2 %. Combien de nuances, de quelles familles ?
c) Couronne dentée : Rm ≥ 1 000 MPa et A ≥ 5 %. Que reste-t-il ? Peut-on la réparer par soudage ?
d) Raccord soudé sur un tube : Rm ≥ 350 MPa, A ≥ 10 %, soudage requis. Quelles nuances sont soudables sans réserve ?
e) Une vieille conduite en GL doit recevoir un piquage soudé. Que vérifies-tu d'abord ?
Voir la correction
a) Trois nuances GS ferritiques : EN-GJS-400-18 (et ses variantes LT et RT), EN-GJS-400-15 et EN-GJS-450-18.
b) Huit : EN-GJS-700-2, 800-2 et 900-2 ; les ADI 800-10, 900-8, 1050-6 et 1200-3 ; la malléable EN-GJMB-700-2. La GS perlitique est le choix courant.
c) Seule l'EN-GJS-1050-6 (ADI). Pas de réparation par soudage : la soudure détruirait l'ausferrite.
d) Sept GS ferritiques (350-22, 400-18, 400-15, 450-10, 450-18, 500-14, 600-10) et la malléable EN-GJMW-360-12 ; l'EN-GJMB-350-10 convient en propriétés mais sa soudabilité est délicate.
e) La corrosion graphitique : gratter, sonder au marteau, mesurer l'épaisseur saine. On ne soude que sur du métal sain, après dégraissage.
🏆 Défi : la couronne en ADI N2 · chapitre 3, à rejouer dans la manipulation 3
Une couronne dentée doit être en EN-GJS-1050-6. Le traiteur thermique te demande les réglages du bain.
a) Avec le modèle, dans quelle plage de température de bain, par pas de 5 °C, obtiens-tu Rm ≥ 1 050 MPa sans passer en nuance 1200-3 ?
b) À 335 °C, quelle est la fenêtre de maintien ? Quelles propriétés à 2 h ?
c) Le four n'est libre que 30 minutes. Que se passe-t-il ?
d) Un oubli prolonge le maintien à 20 h. Que se passe-t-il ?
e) La couronne arrive avec une dent ébréchée. Soudage de réparation ?
Voir la correction
a) 1 450 − 4·(TA − 250) ≥ 1 050 donne TA ≤ 350 °C, et < 1 200 MPa donne TA > 312,5 °C : de 315 à 350 °C. L'allongement y reste au-dessus de 6 %.
b) t₁ = 30·e0,012×35 ≈ 46 min, t₂ = 240·e0,025×35 ≈ 576 min ≈ 9,6 h. À 2 h : Rm ≈ 1 110 MPa, A ≈ 7,4 %, ≈ 336 HB : EN-GJS-1050-6.
c) 30 min < t₁ : la réaction I n'a transformé qu'environ la moitié de l'austénite ((30/46)1,5 ≈ 0,53) ; le reste devient martensite au refroidissement (≈ 46 %). Dureté ≈ 475 HB, allongement ≈ 2 % : la pièce n'atteint aucune nuance et risque de casser.
d) 20 h > t₂ : la réaction II précipite des carbures. L'allongement tombe à ≈ 5,7 % : la nuance 1050-6 n'est plus atteinte.
e) Non : la soudure détruirait l'ausferrite et créerait martensite et carbures dans la zone affectée. On remplace la pièce, ou on la refait traiter entièrement si une réparation est malgré tout validée.
Quiz : 12 questions éclair
Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste
Fiche mémoire du cours 2
Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête
La plaque
Graphite, structure, propriétés ou composition (X), exigences : W soudabilité, LT/RT résilience.
Le numéro
1 traction, 2 dureté, 3 composition ; dernier chiffre : 0 rien, 4 RT, 5 LT.
Le gâteau
De 8 à 50 mm de paroi ; la GS perd environ deux fois moins ; sous 5 mm, risque de trempe.
Les recuits
Détensionnement, ferritisation, graphitisation ou normalisation : on change la matrice, pas le graphite.
L'œuf mollet
Ausferrite dans la fenêtre ; bain chaud : 800-10 ductile ; bain froid : 1400-1 dure. Ne se soude pas.
Cœur blanc, cœur noir
Blanc : le carbone s'en va (parois minces, GJMW-360-12 soudable) ; noir : il reste en graphite de recuit.
Le caillou
Une phase à 0,8 fois la dureté de l'abrasif résiste ; M₇C₃ bat le quartz, pas le corindon.
Le nickel
Austénitiques contre corrosion, chaleur, froid ; Ni-Hard (3,5 à 5 % Ni) contre l'usure.
Le fantôme
Corrosion graphitique des GL ; on choisit d'abord la fonction, puis la nuance, puis on vérifie la soudabilité.
Glossaire
Les mots, symboles et sigles de ce cours
- A, Rm, Rp0,2
- Allongement après rupture (%) ; résistance à la traction (MPa) ; limite d'élasticité conventionnelle à 0,2 % de déformation plastique (MPa).
- Abrasion
- Usure par des particules dures qui rayent ou arrachent la surface.
- ADI, ausferrite
- Fonte GS ausferritique (austempered ductile iron, EN 1564), obtenue par trempe étagée ; sa structure mêle ferrite aciculaire et austénite stabilisée par le carbone, sans carbures.
- ASTM A48, A536
- Normes américaines des fontes à graphite lamellaire et sphéroïdal ; leurs classes s'expriment en ksi (1 ksi ≈ 6,895 MPa).
- Austénite γ, ferrite α, perlite, martensite
- Phases et constituants de la matrice : solution solide cubique à faces centrées ; cubique centrée ; lamelles de ferrite et de cémentite ; structure de trempe dure.
- Carbures M₃C, M₇C₃, MC
- Cémentite (M = fer, éventuellement chrome) ; carbure de chrome des fontes au chrome ; carbures de vanadium, niobium ou titane. Leur dureté croît dans cet ordre.
- Cœur blanc, cœur noir
- Fontes malléables obtenues par recuit décarburant (EN-GJMW) ou par recuit de graphitisation en atmosphère neutre (EN-GJMB).
- Corrosion graphitique
- Dissolution sélective de la matrice d'une fonte grise, qui laisse un squelette de graphite et d'oxydes ayant la forme de la pièce.
- Décarburation
- Appauvrissement en carbone d'un métal chauffé dans une atmosphère oxydante.
- Désignation numérique
- Écriture courte d'une nuance normalisée : EN-J, lettre du graphite, quatre chiffres (EN-JL1040 = EN-GJL-250).
- Détensionnement
- Maintien vers 500 à 600 °C qui relâche les contraintes résiduelles sans changer la structure.
- e, épaisseur relevante
- Épaisseur de paroi qui fixe la vitesse de refroidissement d'une zone, et donc ses propriétés.
- Échantillon S, U, C
- Coulé à part ; attenant à la pièce ; prélevé dans la pièce.
- EN 1560, EN 1561, EN 1562, EN 1563, EN 1564, EN 16079
- Désignation des fontes ; fontes GL ; malléables ; GS ; ausferritiques ; GV.
- EN 12513, EN 13835, EN 16124, EN 545
- Fontes résistantes à l'abrasion ; austénitiques ; GS ferritiques faiblement alliées pour la tenue à chaud ; tuyaux en fonte ductile pour l'eau.
- f, τ
- Fraction de cémentite graphitisée au recuit à cœur noir ; constante de temps de cette graphitisation (h).
- fc
- Fraction de carbures, part du volume occupée par les carbures.
- GL, GV, GS, GJ
- Fonte à graphite lamellaire, vermiculaire, sphéroïdal ; dans une désignation, G pièce moulée et J fonte.
- Graphite de recuit
- Amas de graphite formés à l'état solide par décomposition de la cémentite (forme IV de l'ISO 945-1).
- Ha, Hphase, r
- Dureté de l'abrasif ; dureté d'une phase ; rapport Ha/Hphase : la phase est fortement rayée au-dessus d'environ 1,25.
- HB, HV, HRC
- Duretés Brinell, Vickers, Rockwell C.
- IIW, IWE
- International Institute of Welding ; International Welding Engineer, ingénieur international en soudage.
- ISO/TR 15608, ISO 15614-3, ISO 1071
- Groupes de matériaux pour le soudage (les fontes forment le groupe 7) ; qualification des modes opératoires de soudage des fontes ; produits d'apport pour le soudage des fontes.
- k, xf
- Constante de décarburation du modèle (mm/√h) ; profondeur du front de décarburation depuis chaque face (mm).
- KV, RT, LT
- Énergie de rupture Charpy ; résilience garantie à température ambiante (room temperature) ; à basse température (low temperature).
- Ni-Hard, Ni-Resist
- Noms historiques des fontes blanches martensitiques au nickel-chrome et des fontes austénitiques au nickel.
- Normalisation
- Austénitisation puis refroidissement à l'air, qui donne une perlite fine.
- Nuance
- Variété normalisée d'un matériau, définie par ses exigences.
- Recuit de ferritisation, de graphitisation
- Recuit qui transforme la perlite en ferrite et graphite ; recuit qui décompose la cémentite en graphite.
- Réactions I et II
- Dans la trempe étagée : formation de ferrite aciculaire et d'austénite enrichie ; puis décomposition de cette austénite en ferrite et carbures, à éviter.
- TA, t, t₁, t₂
- Température du bain de trempe étagée ; durée du maintien ; fin de la réaction I ; début de la réaction II.
- Trempe étagée
- Trempe interrompue dans un bain chaud (sels fondus), suivie d'un maintien isotherme (austempering).
- Trempe superficielle
- Chauffage rapide de la surface (induction, chalumeau) puis trempe : peau martensitique sur cœur inchangé.
- W, X (désignation)
- Exigence supplémentaire de soudabilité pour assemblages ; fonte fortement alliée, désignée par sa composition.
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