Avant de commencer
Le cours 3 en trois cases
| Chapitre du cours | Ce qu'il apporte à l'IWE |
|---|---|
| 1 Choisir un procédé | procédés applicables aux fontes, leurs avantages et leurs limites |
| 2 Le chalumeau | soudage homogène en régime chaud, baguettes en fonte, chalumeau à poudre |
| 3 Électrode enrobée, fil fourré, beurrage | produits d'apport de l'ISO 1071, choix selon la fonte, beurrage |
| 4 Soudobraser | principe, préparation de la surface, laitons d'apport, limites |
| 5 Préparer et réparer | préparations, conception, gougeage, réparation d'une fissure |
| 6 Goujonner, ancrer, couler | goujonnage, renforts, agrafage, aluminothermie, autres procédés |
| 7 Qualifier, aciers moulés | qualification des modes opératoires, contrôles, soudage des aciers moulés |
- ISO 1071 : classification des produits d'apport pour le soudage par fusion des fontes ; ISO 4063 : numéros des procédés (111 électrode enrobée, 311 chalumeau oxyacétylénique, 131 MIG, 114 fil fourré autoprotégé, 71 aluminothermie…) ; EN 1011-8 : recommandations pour le soudage des fontes ; ISO 15614-3 : qualification des modes opératoires de soudage des fontes ; ISO 11970 : qualification des modes opératoires de soudage de production des pièces moulées en acier ; EN 10213 : aciers moulés pour service sous pression ; EN 10027-1 : désignation symbolique des aciers.
- Autres notations courantes : les désignations américaines de l'AWS (American Welding Society) pour les apports (ENi-CI, ENiFe-CI, RCI-B, RBCuZn-A…) et la spécification ASTM A216 pour un exemple de règles de réparation des aciers moulés.
- MB, MA : métal de base, métal d'apport ; ZF, ZPF, ZAT : zone fondue, partiellement fondue, affectée thermiquement ; D : dilution ; T0 : préchauffage ; Mg : magnésium ; Kt : coefficient de concentration de contrainte ; σj : résistance du joint ; θ : angle de mouillage ; Rm : résistance à la traction ; DMOS : descriptif de mode opératoire de soudage ; DMOS-P : DMOS préliminaire ; QMOS : qualification de mode opératoire de soudage ; VT, PT, MT, RT, UT : contrôles visuel, par ressuage, par magnétoscopie, par radiographie, par ultrasons ; TTAS : traitement thermique après soudage.
Devant un carter fissuré, un bâti cassé ou un défaut de fonderie, le coordinateur en soudage doit décider vite et bien : réparer ou remplacer, souder ou soudobraser, chauffer toute la pièce ou travailler à froid, goujonner, contrôler, qualifier. Une réparation mal choisie fissure à nouveau, parfois en service. Ce cours donne les outils de cette décision, procédé par procédé, puis les règles qui la rendent opposable : le mode opératoire qualifié.
La série en quatre cours
Le plan du cours
- 1Choisir un procédé
Chaque réparation a son outil : la carte des procédés.
- 2Le chalumeau : baguette en fonte et poudre
Souder fonte sur fonte en régime chaud, et recharger sans fondre.
- 3Électrode enrobée, fil fourré et beurrage
Les apports de l'ISO 1071 et les couches tampons.
- 4Soudobraser
Un laiton qui mouille la fonte sans la fondre.
- 5Préparer et réparer
Chanfreins, conception, gougeage, et la fissure qu'on arrête avant de la souder.
- 6Goujonner, ancrer, couler
Les grosses réparations : goujons, renforts, agrafes, aluminothermie.
- 7Qualifier, contrôler, et les aciers moulés
Le mode opératoire qualifié, les contrôles, et les pièces moulées en acier.
Choisir un procédé
Chaque réparation a son outil : la carte des procédés
Un bon artisan ne prend pas le même outil pour une vis et pour un clou. Pour une fonte, la boîte à outils se range en deux tiroirs :
- les procédés qui fondent la fonte : le chalumeau avec une baguette en fonte, l'électrode enrobée, le MIG et le fil fourré, l'aluminothermie. Ils créent une zone fondue, une zone partiellement fondue et une zone affectée (cours 3) ;
- les procédés qui ne la fondent pas : le soudobrasage au laiton, le chalumeau à poudre de nickel, la projection thermique. L'apport fond, la fonte non : pas de fonte blanche, pas de martensite de trempe à la ligne de fusion.
Le choix dépend de cinq questions : quelle fonte (famille, état, propre ou imprégnée) ? quel travail (réparation, assemblage, rechargement, liaison avec un acier) ? quelle pièce (taille, épaisseur, démontable ou non, peut-elle entrer dans un four) ? quelles exigences (résistance, étanchéité, couleur, usinabilité) ? quel coût et quel délai ?
Quelques réflexes : si la pièce entre dans un four et doit garder sa couleur et son usinabilité, on soude fonte sur fonte en régime chaud ; si elle reste en place, on soude à froid au nickel ou au nickel-fer ; si elle est ancienne, fragile ou riche en phosphore, on la soudobrase ; si la brèche est énorme, on coule du métal neuf par aluminothermie.
Manipulation 1 : la carte des procédés
Choisis une situation, puis règle l'épaisseur de la pièce. Sur la carte, chaque procédé est placé selon la chaleur qu'il apporte à la pièce et la part de fonte qu'il fait fondre ; sa couleur dit s'il convient : vert recommandé, bleu possible, gris peu adapté, violet barré à exclure. Les barres classent les procédés. ▶ Épaissir fait passer la pièce de 5 à 150 mm. Aide à la décision pédagogique, pas une règle de norme.
| Procédé (ISO 4063) | Régime, apport | Points forts | Limites |
|---|---|---|---|
| Chalumeau oxyacétylénique (311), baguette en fonte | chaud, préchauffage ≈ 425 à 675 °C ; baguette en fonte et flux | joint homogène : même couleur, même usinabilité ; température facile à maîtriser | pièce entière chaude ; lent ; à plat |
| Chalumeau à poudre | froid ; poudre à base de nickel | la fonte ne fond pas (elle reste sous ≈ 750 °C) ; dépôt dense | lent, coûteux ; dépôt peu ductile ; surtout en rechargement |
| Électrode enrobée (111) | froid au nickel ou au nickel-fer ; chaud avec électrode en fonte | plus rapide que le chalumeau ; zone affectée réduite ; sur place | matériel et soudeurs qualifiés ; dilution à surveiller |
| MIG (131) et fil fourré (114 autoprotégé, 136 sous gaz) | froid ; fil au nickel ou au nickel-fer | productivité ; propriétés proches de la fonte | pénétration à limiter (court-circuit ou grosses gouttes) |
| Soudobrasage (flamme ; arc, 972) | pas de fusion de la fonte ; laiton ; préchauffage ≥ ≈ 400 °C | faibles contraintes ; joint souvent plus résistant que la fonte | couleur différente ; ni chaleur en service ni ammoniaque ; corrosion galvanique |
| Aluminothermie (71) | coulée de métal neuf dans un moule | très grosses brèches, sur place, pièces épaisses | lente et coûteuse ; moule à construire |
| Résistance (2), sous laitier (72) | fusion locale | possibles avec précautions | résistance : chasser le métal liquide, sinon fonte blanche ; courant de post-chauffage pour ralentir le refroidissement |
| Faisceau d'électrons (51), plasma (15) | énergie concentrée | plasma : comparable au MIG en court-circuit, sans avantage | faisceau d'électrons : refroidissement si rapide que la zone fondue devient trop dure |
| Friction (42), diffusion (45) | à l'état solide | friction : GS, malléables, et surtout fontes austénitiques ; diffusion possible | friction inadaptée aux GL : le graphite lubrifie l'interface ; martensite possible en ZAT |
La première décision n'est pas technique : une pièce de série bon marché se remplace. Une pièce unique, ancienne, longue à refaire ou immobilisant une installation se répare. Le coordinateur pèse délai, coût, risque de nouvelle fissure et conséquences d'une rupture en service, puis choisit le procédé et fait qualifier le mode opératoire si l'enjeu le justifie.
Le chalumeau : baguette en fonte et poudre
Souder fonte sur fonte en régime chaud, et recharger sans fondre
Le chalumeau oxyacétylénique est la méthode historique pour souder les fontes grises. Sa flamme fond une partie de la pièce et une baguette en fonte : le joint est en fonte, de même couleur et de même usinabilité que la pièce. La chaleur, plus douce que celle d'un arc, se règle facilement.
- On soude en régime chaud : toute la pièce est préchauffée, entre 425 et 675 °C selon la fonte, et maintenue chaude pendant le soudage, puis refroidie lentement.
- La flamme est franchement réductrice (excès d'acétylène) : elle protège le carbone, le silicium et le magnésium de l'oxydation. Un flux dissout les oxydes et facilite l'élimination du laitier.
- La baguette contient un excès de carbone et de silicium, qui s'évaporent ou s'oxydent en partie, et, pour une GS, du magnésium et du cérium pour sphéroïdiser le graphite de la zone fondue.
Le magnésium est volatil, comme le parfum d'un flacon débouché : plus le bain reste liquide longtemps, plus il s'en va. Sous un certain seuil, le graphite de la zone fondue redevient vermiculaire, puis lamellaire (cours 1) : la soudure d'une GS n'est plus une GS.
Le chalumeau à poudre travaille autrement, en régime froid : une poudre à base de nickel, additionnée d'éléments qui abaissent sa température de fusion et la rendent fluide, est projetée dans la flamme et fond à la surface sans fondre la fonte, qui reste sous environ 750 °C. Le dépôt est dense, sans oxydes ni porosités. C'est un procédé lent et coûteux, réservé au rechargement, au bouchage de petits défauts et aux fontes fortement alliées.
Manipulation 2 : garder le magnésium
Choisis la flamme et la baguette, puis règle le préchauffage T0 et la durée pendant laquelle le bain reste liquide. À gauche, la teneur en magnésium du bain au fil du temps, avec les seuils de forme du graphite ; à droite, la structure de la zone fondue. ▶ Laisser le bain liquide fait défiler 2 minutes. Baguette GS à 0,06 % de magnésium ; modèle pédagogique.
L'évanouissement du magnésium. Le modèle de la manipulation fait décroître le magnésium du bain avec une demi-vie t½ qui dépend de la flamme :
Mg0 : teneur apportée par la baguette (0,06 % dans le modèle) ; t : durée pendant laquelle le bain reste liquide (s) ; t½ : demi-vie, 60 s en flamme réductrice, 30 s en flamme neutre, 12 s en flamme oxydante (valeurs du modèle). Seuils du cours 1 : graphite lamellaire sous 0,009 %, vermiculaire entre 0,009 et 0,014 %, sphéroïdal complet au-dessus de 0,028 %.
En flamme neutre, le bain passe sous 0,028 % au bout de t = 30 × log₂(0,06/0,028) ≈ 33 s, sous 0,014 % au bout d'environ 63 s. En flamme réductrice, ces durées doublent. D'où des bains petits, menés sans traîner, et des baguettes surdosées en magnésium.
| Fonte de base | Préchauffage au chalumeau, régime chaud |
|---|---|
| Fontes non alliées | 425 à 650 °C : au-delà de 650 °C, la fonte de base risque de perdre de la dureté |
| Fontes alliées | jusqu'à 675 °C |
| Fontes ferritiques recuites, de faible dureté | jusqu'à 760 °C |
Les guides donnent souvent 550 à 650 °C pour le soudage homogène des fontes ; sous environ 425 °C, la zone fondue et la zone partiellement fondue refroidissent trop vite et blanchissent.
Les baguettes. Dans l'ISO 1071, les apports « semblables » à la fonte portent un symbole commençant par FeC. Autre notation courante, chez l'AWS : RCI (fonte grise), RCI-A (fonte grise alliée), RCI-B (fonte GS, avec magnésium ou cérium). Le silicium et le nickel de la baguette s'ajustent à la dureté voulue dans la zone fondue.
La préparation. Chanfreins en V ou en X, ouverts à 90° pour les fontes grises et à 75° pour les GS, sans angles vifs ; le X est préférable, soudé alternativement d'un côté puis de l'autre. Pour une pleine pénétration, un support envers en graphite retient le bain très fluide. On soude à plat, en cordons courts et décalés, en couches épaisses décalées ou en couches fines « en cascade ».
En régime chaud, le soudeur travaille au-dessus d'une pièce à 600 °C : écrans réfléchissants, vêtements adaptés, pauses, et souvent une fenêtre découpée dans la couverture isolante qui garde la pièce chaude. Le soudage au chalumeau d'une grosse pièce peut durer des heures, et le refroidissement au four toute une nuit.
Électrode enrobée, fil fourré et beurrage
Les apports de l'ISO 1071 et les couches tampons
L'électrode enrobée est l'outil de réparation le plus courant : plus rapide que le chalumeau, elle chauffe moins la pièce et donne une zone affectée plus étroite. Il faut un poste, des électrodes adaptées et un soudeur qualifié. Le choix de l'électrode suit la fonte :
- fontes GS et malléables : électrodes au nickel-fer, de préférence ;
- fontes grises : électrodes au nickel ou au nickel-cuivre, les plus utilisées, tendres et usinables mais moins résistantes ; au nickel-fer pour plus de résistance ; en fonte, avec un préchauffage de 480 à 590 °C, de petit diamètre, en coupant l'arc par allongement ;
- malléables décarburées en surface : électrodes en acier doux, en limitant la pénétration ;
- fontes austénitiques à graphite lamellaire : électrode enrobée déconseillée, la zone affectée fissure ; les austénitiques GS se soudent mieux avec des apports à base de nickel (cours 2).
Le MIG et le fil fourré au nickel ou au nickel-fer apportent la productivité : on limite la pénétration avec un transfert en court-circuit ou en grosses gouttes, et l'on obtient des propriétés proches de celles de la fonte, comme pour la réparation d'un tambour de treuil en fonte grise au fil fourré.
Le beurrage ressemble au beurre étalé sur une tartine : on dépose d'abord, à faible énergie, une ou plusieurs couches d'un métal facile à souder (souvent du nickel) sur les bords du chanfrein. Ces couches tampons absorbent la dilution avec la fonte. On remplit ensuite le joint sur le beurre, avec plus d'énergie, voire avec un apport moins cher : il ne voit presque plus la fonte.
Manipulation 3 : les couches tampons
Règle le nombre de couches de beurrage au nickel (≈ 95 % Ni) et leur dilution, puis la dilution des passes de remplissage et leur apport : nickel-fer (≈ 55 % Ni) ou acier doux (0,08 % C). Chaque couche dilue la précédente : la part de fonte f est divisée à chaque couche. À gauche, la coupe du chanfrein colorée par la part de fonte ; à droite, f couche par couche. ▶ Souder couche par couche dépose les couches. Modèle pédagogique.
Désigner un apport. L'ISO 1071 classe les électrodes enrobées, fils, baguettes et fils fourrés pour le soudage par fusion des fontes non alliées, d'après la composition des fils et baguettes ou celle du métal déposé pour les électrodes et fils fourrés. Elle distingue les apports semblables à la fonte, qui demandent un préchauffage élevé (typiquement 550 à 650 °C), et les apports différents, qui en demandent peu ou pas. Une électrode au nickel-fer se désigne par exemple E C NiFe-CI : E pour électrode enrobée, C pour fonte, puis le symbole de composition ; les fiches de produits ajoutent un chiffre défini par la norme.
| Symbole ISO 1071 | Métal déposé | Équivalent AWS courant | Usage |
|---|---|---|---|
| FeC-… | fonte (semblable) | RCI, RCI-A, RCI-B (baguettes) | soudage homogène en régime chaud |
| Ni-CI | nickel (≥ ≈ 85 % Ni) | ENi-CI | GL, réparations à froid usinables |
| NiFe-CI | nickel-fer (≈ 45 à 60 % Ni) | ENiFe-CI ; fil fourré ENiFeT3-CI | GS, malléables, fonte-acier, pièces épaisses |
| NiCu | nickel-cuivre | ENiCu-A, ENiCu-B | GL, réparations à froid |
| St | acier | ESt | malléables décarburées, réparations sans exigence |
Le coefficient de joint. Avec des électrodes au nickel-fer, un joint atteint environ 91 % de la résistance Rm du métal de base sur fonte grise, 88 % sur malléable ferritique et 76 % sur GS : une GS est la fonte qu'on soude le mieux, mais c'est aussi celle qui perd le plus en proportion, car sa propre résistance est élevée. Sur EN-GJS-400-15 : σj ≈ 0,76 × 400 ≈ 304 MPa.
La dilution en cascade. Chaque couche fond une partie D de la couche précédente. La part f de métal venu de la fonte et la teneur X d'un élément suivent :
f0 = 1 (la fonte) ; i : numéro de la couche ; Di : sa dilution ; XMA : teneur de l'apport. Dans le modèle, le carbone des couches d'acier vient de la fonte : C ≈ 0,08 + 3,32·f (%).
Deux couches de nickel à 25 % de dilution laissent f = 0,25 × 0,25 ≈ 6 % de fonte ; une passe d'acier diluée à 35 % n'en contient plus que 2 %, soit environ 0,15 % de carbone : un acier doux. Posée directement sur la fonte, la même passe aurait 1,24 % de carbone et tremperait.
Une fiche d'électrode au nickel-fer donne la désignation ISO 1071 et AWS, le courant (souvent continu, électrode au pôle positif), les intensités par diamètre et une consigne fréquente : cordons courts, martelés à petits coups. Le DMOS reprend ces éléments, avec le préchauffage, la température entre passes et l'ordre des passes.
Soudobraser
Un laiton qui mouille la fonte sans la fondre
Une goutte d'eau perle sur une vitre grasse et s'étale sur une vitre propre. Le soudobrasage repose sur le même phénomène, le mouillage. Un laiton (alliage cuivre-zinc), qui fond vers 890 à 935 °C, bien en dessous de la fonte (vers 1 150 °C), est déposé dans un joint ouvert comme une soudure. Il s'étale sur la surface chaude et propre et s'y lie par diffusion, sans fondre la fonte.
Les conséquences sont précieuses pour une fonte : pas de zone fondue en fonte, pas de fonte blanche à la ligne de fusion, une zone affectée mince. Et comme le laiton est ductile, il se déforme plastiquement pendant son retrait au lieu de tirer sur la fonte : les contraintes résiduelles restent faibles. Le joint est souvent plus résistant que la fonte elle-même.
Trois conditions :
- enlever le graphite de surface, que le laiton ne mouille pas : chauffer au rouge sous flamme oxydante pour le brûler, grenailler, ou utiliser des flux ou des bains spéciaux ;
- préchauffer au-dessus d'environ 400 °C, éventuellement localement, puis porter la surface à la température de mouillage, juste au-dessus du liquidus du laiton ;
- protéger par un flux pour laitons et une flamme légèrement oxydante, dont la fine pellicule d'oxyde de zinc freine l'évaporation du zinc.
Ses limites : une couleur jaune différente de la pièce, un risque de corrosion galvanique entre cuivreux et fonte, et pas de service à chaud ni en milieu ammoniacal, qui fissure les laitons.
Manipulation 4 : mouiller sans fondre
Choisis le laiton, puis règle la température de la surface et la part de graphite éliminée. À gauche, la goutte de laiton sur la fonte : son angle de mouillage θ, et les lamelles de graphite qui la font perler ; à droite, la résistance du joint σj selon la température, comparée à une EN-GJL-250. ▶ Chauffer fait monter la surface de 800 à 1 000 °C. Modèle pédagogique.
| Laiton (désignation AWS) | Composition | Particularité | Rm min. | Liquidus |
|---|---|---|---|---|
| RBCuZn-A | Cu ≈ 57 à 61 %, Zn, Sn ≈ 0,25 à 1 % | peu de fumées | 275 MPa | ≈ 900 °C |
| RBCuZn-B | Cu ≈ 56 à 60 %, Zn, Sn, Fe, Mn, Ni ≈ 0,2 à 0,8 % | meilleure résistance | 344 MPa | ≈ 890 °C |
| RBCuZn-C | Cu ≈ 56 à 60 %, Zn, Sn, Fe, Mn | résistance de B, peu de fumées, couleur plus proche de la fonte | 344 MPa | ≈ 890 °C |
| RBCuZn-D | Cu ≈ 46 à 50 %, Ni ≈ 9 à 11 %, Zn | maillechort (« nickel-argent ») : plus résistant, couleur très proche de la fonte | 413 MPa | ≈ 935 °C |
En Europe, l'ISO 17672 range ces apports parmi les cuivreux ; le laiton CuZn40 du brasage en est un proche parent. Le flux est de classe FH21 (ISO 18496).
La fenêtre de température. Trop froid, le laiton n'est pas liquide et ne mouille pas ; trop chaud, le zinc, qui bout à 907 °C, s'évapore en fumées et laisse des porosités. Le modèle de la manipulation écrit :
m(T) : degré de mouillage, qui passe de 0 à 1 entre TL − 10 °C et TL + 30 °C (TL : liquidus du laiton) ; c : part du graphite de surface éliminée (le graphite non éliminé masque 30 % de la surface) ; p : porosité due à la surchauffe, qui passe de 0 à 1 entre TL + 60 et TL + 120 °C.
Avec un RBCuZn-B, une surface propre à 920 °C : σj ≈ 344 MPa, plus que les 250 MPa d'une EN-GJL-250 : la rupture se produira dans la fonte. Sans décapage, σj tombe à 0,7 × 344 ≈ 241 MPa.
La conception. Le chanfrein de soudobrasage est arrondi, en forme de tulipe, sans arête vive : une arête concentre la chaleur, surchauffe et le laiton s'y décolle. Comme le joint ne dissout pas la fonte, le soudobrasage convient aussi pour assembler une fonte à un acier ou à un cuivreux.
Grilles, colonnes, mobilier urbain et pièces de machines anciennes sont souvent en fonte grise riche en phosphore, fragile et parfois corrodée. Le soudobrasage, qui ne fond pas la fonte et met peu de contraintes, y est souvent la réparation la plus sûre. Les fumées de zinc imposent une aspiration efficace.
Préparer et réparer
Chanfreins, conception, gougeage, et la fissure qu'on arrête avant de la souder
Une réparation réussie se joue avant l'arc. Les étapes :
- identifier la fonte (cours 2), nettoyer : dégraisser, chauffer pour brûler l'huile absorbée, enlever la peau de fonderie et la calamine ;
- éliminer le défaut jusqu'au métal sain, par meulage ou gougeage, et le vérifier au ressuage ;
- ouvrir large et arrondir : une excavation ouverte à au moins 90°, à fond arrondi, sans arête vive ; pour un défaut profond, une forme en U ;
- pour une fissure : repérer ses vraies extrémités au ressuage, car la pointe visible n'est pas la pointe réelle ; percer un petit trou à chaque extrémité ; gouger le long de la fissure ; souder en cordons courts, en partant d'un trou d'arrêt, en pas de pèlerin (cours 3), avec une pause entre deux cordons ;
- pour reconstituer une partie manquante, retenir le bain très fluide par des plaques de graphite ou un moule en sable.
Pourquoi le trou ? La pointe d'une fissure est infiniment aiguë : elle concentre la contrainte des dizaines de fois. Le retrait de la soudure suffirait à la faire avancer. Un trou remplace cette pointe par un arrondi de quelques millimètres de rayon : la concentration de contrainte chute, la fissure s'arrête.
Manipulation 5 : arrêter la fissure
Une fissure traverse une plaque en fonte ; ses vraies pointes sont à 3 mm au-delà des pointes visibles. Règle le diamètre d des trous d'arrêt, leur position x par rapport à la pointe visible, et la contrainte σ due au retrait et au service. Le bouton Ressuage révèle les vraies pointes. La fissure repart si Kt·σ dépasse Rm. ▶ Mettre en charge fait monter σ. Modèle de matériau fragile, pédagogique.
La concentration de contrainte. Pour une entaille elliptique de demi-longueur a et de rayon en fond ρ, dans une plaque tendue par σ, la formule d'Inglis donne :
Kt : coefficient de concentration de contrainte (cours 1) ; a : demi-longueur de l'entaille (mm) ; ρ : rayon en fond d'entaille (mm). Pointe de fissure : ρ ≈ 0,05 mm dans le modèle ; avec un trou d'arrêt de rayon r qui contient la vraie pointe : ρ = r et a = demi-longueur visible + x + r.
Fissure visible de 60 mm, vraies pointes à 3 mm plus loin : sans trou, Kt = 1 + 2√(33/0,05) ≈ 52 ; sous 30 MPa, la pointe voit plus de 1 500 MPa. Avec un trou de 6 mm centré sur la vraie pointe (x = 3 mm) : a = 30 + 3 + 3 = 36 mm, Kt = 1 + 2√(36/3) ≈ 7,9, σmax ≈ 238 MPa, sous les 250 MPa d'une EN-GJL-250. Un trou qui manque la vraie pointe ne sert à rien.
Excavations ouvertes à 90° au moins et arrondies ; chanfrein en tulipe pour le soudobrasage ; soudure déplacée hors de l'angle, là où la contrainte se concentre.
| Situation | Préparation |
|---|---|
| Soudage à l'arc | comme pour les aciers, mais talons réduits et écartements augmentés pour limiter la dilution |
| Soudage au chalumeau | V ou X à 90° (fontes grises), 75° (GS) |
| Soudobrasage | chanfrein arrondi en tulipe, sans arête |
| Défaut sous la peau (refus, sable, laitier) | excavation peu profonde ouverte à 90° au moins |
| Défaut profond | excavation en U, ouverte à 90° au moins, fond arrondi |
| Conception d'un assemblage | éloigner la soudure des angles et des changements de section ; ajouter un cordon d'angle pour éviter la flexion |
Couper et gouger une fonte. L'oxycoupage ordinaire marche mal : le carbone et le silicium s'oxydent en premier, et les oxydes de fer et de silicium forment un laitier pâteux qui fait écran. On s'en sert surtout pour démolir de grosses pièces, avec un préchauffage de 425 à 565 °C, des mouvements oscillants, ou un ajout de poudre ou de fil d'acier doux dans la flamme. Pour préparer une réparation, on préfère le gougeage à l'arc-air (électrode de carbone et air comprimé, qui chasse le métal fondu), le coupage à l'électrode creuse sous oxygène, ou le coupage plasma.
Après gougeage, la rainure est meulée pour enlever la couche carburée et durcie par l'arc-air, puis contrôlée au ressuage : on ne soude que quand plus aucune indication n'apparaît. Sur une pièce imprégnée d'huile, on chauffe et on recommence le contrôle : l'huile qui ressort fausse le ressuage.
Goujonner, ancrer, couler
Les grosses réparations : goujons, renforts, agrafes, aluminothermie
Sur une grosse cassure, la liaison entre la soudure et la fonte passe par la zone partiellement fondue et la zone affectée, les plus fragiles (cours 3). Pour ne pas tout confier à cette mince couche, on ancre la soudure plus loin, dans la fonte saine :
- le goujonnage : on perce et taraude les faces du chanfrein, on y visse des goujons en acier, en quinconce, qui dépassent de quelques millimètres ; on les enrobe d'abord de soudure, puis on remplit le joint. Les goujons portent une partie de l'effort au-delà de la zone fragile ;
- les renforts : une tôle d'acier soudée sur le joint, éventuellement sur des goujons ;
- les ancrages : des fers ronds coudés logés dans des rainures, ou des pièces découpées en forme d'os ou de double queue d'aronde ;
- l'agrafage à froid, sans soudure : des clés métalliques et des pions vissés traversent la fissure, sans aucune chaleur ;
- le rechargement préalable des bords, en cordons parallèles qui créent une rugosité.
Quand la brèche est énorme, on peut couler du métal neuf : c'est l'aluminothermie. Un moule réfractaire est construit autour de la cavité ; un mélange de poudre d'aluminium et d'oxyde de fer, allumé dans un creuset, réagit violemment et produit de la fonte ou de l'acier liquide, qui coule dans le moule, fond les bords préchauffés et se lie à la pièce. C'est lent et coûteux, mais irremplaçable pour les grandes réparations sur place, sur des pièces épaisses ou inaccessibles à d'autres procédés.
Manipulation 6 : remplir la brèche par aluminothermie
Règle l'écartement de la brèche, l'épaisseur et la largeur de la pièce, et le coefficient k qui ajoute les masselottes et les pertes. La manipulation calcule le métal à couler, la masse de mélange Fe₂O₃ + 2 Al et la chaleur dégagée. Le type de mélange change le métal obtenu. ▶ Allumer déclenche la coulée. Mélange supposé stœchiométrique, sans additions.
La réaction. L'aluminium, plus avide d'oxygène que le fer, lui prend son oxyde :
Masses molaires : Fe₂O₃ 159,7 g/mol ; Al 27,0 g/mol ; Fe 55,8 g/mol. 213,7 g de mélange donnent 111,7 g de fer, soit 52 %, et dégagent 851,5 kJ, soit ≈ 3,99 kJ par gramme de mélange. Les produits peuvent atteindre environ 2 500 °C. L'alumine, plus légère, surnage en laitier.
Pour une brèche de 30 × 80 × 120 mm : V = 3 × 8 × 12 = 288 cm³, soit environ 2,0 kg de métal (7 g/cm³) ; avec k = 1,5 pour les masselottes et les pertes : 3,0 kg de métal, donc 3,0/0,523 ≈ 5,8 kg de mélange, qui dégagent 5,8 × 3,99 ≈ 23 MJ.
| Mélange | Métal obtenu | Comportement |
|---|---|---|
| pour fonte grise | fonte grise : le graphite précipite selon la vitesse de refroidissement | faible retrait, usinage facile |
| aluminium, additions et ≈ 3 % de ferrosilicium | acier au silicium | retrait plus important que la fonte ; traitement de détente possible |
Goujons vissés en quinconce sur les faces du chanfrein ; renfort par tôle soudée sur goujons ; agrafe en os logée dans une empreinte usinée à travers la fissure.
Le goujonnage en pratique. Les guides proposent des goujons d'acier de quelques millimètres à une douzaine de millimètres de diamètre, vissés en quinconce, sur une ou plusieurs rangées selon l'épaisseur, et dépassant de 3 à 6 mm. On soude d'abord autour de chaque goujon, en couvrant les faces du chanfrein, puis on remplit. Trop de goujons, trop gros, affaiblissent la section de fonte : ils se dosent.
Le même principe soude les rails des voies ferrées, dans des moules préfabriqués. Pour une pièce de fonte, le moule est fait sur mesure, les bords sont préchauffés, et une équipe spécialisée prépare la coulée. Projections, fumées et métal à près de 2 500 °C imposent un périmètre de sécurité et des équipements de protection.
Qualifier, contrôler, et les aciers moulés
Le mode opératoire qualifié, les contrôles, et les pièces moulées en acier
Une réparation de fonte qui doit tenir sous pression, porter une charge ou passer une inspection ne se fait pas « au savoir-faire » seulement. On la qualifie : on écrit un DMOS préliminaire, on soude un assemblage d'essai dans les conditions prévues, on le contrôle et on l'essaie ; si tout est conforme, un procès-verbal de qualification valide le mode opératoire, dans un domaine défini. Pour les fontes non alliées et faiblement alliées, c'est l'ISO 15614-3, qui couvre le soudage de production et de réparation des pièces selon l'EN 1561 à l'EN 1564, et dont les principes s'appliquent au soudage fonte-acier. Les recommandations de l'EN 1011-8 aident à écrire le DMOS.
Après la réparation, on contrôle : examen visuel, ressuage ou magnétoscopie pour chercher les fissures le long de la ligne de fusion, dureté si l'usinage compte, parfois radiographie, ultrasons ou épreuve d'étanchéité.
Les aciers moulés sont les cousins des fontes : des pièces coulées, mais en acier. Ils se désignent comme les aciers, précédés de la lettre G : G20Mn5, ou GP240GH (P pour appareils à pression, 240 MPa de limite d'élasticité, GH pour les températures élevées). Ils se soudent comme les aciers laminés, avec les mêmes règles de carbone équivalent, de préchauffage et de traitement après soudage, et les mêmes défauts, à une exception près : sans laminage, pas d'arrachement lamellaire. Mais ils ont leurs défauts de fonderie : hétérogénéités de composition, microretassures, porosités. Les zones à souder ou à usiner doivent être saines.
En fonderie d'acier, souder pour réparer les défauts de coulée est une étape normale de la fabrication : c'est le soudage de production, avant livraison, qualifié selon l'ISO 11970. Le soudage effectué après livraison est une réparation. Les spécifications de produits fixent quand une réparation devient importante et ce qu'elle impose.
Manipulation 7 : réparer un acier moulé
Une pièce en acier moulé présente un défaut. Règle l'épaisseur de paroi e, la profondeur h de l'excavation et sa surface A, et indique si la pièce a fui à l'épreuve hydraulique. Exemple de règle, celle de la spécification américaine ASTM A216 : une réparation plus profonde que 20 % de la paroi ou que 25 mm (la plus petite des deux limites), ou plus étendue qu'environ 65 cm², ou qui corrige une fuite, impose un traitement thermique après soudage. ▶ Creuser approfondit l'excavation.
Le parcours de qualification. DMOS-P (le mode opératoire proposé) → assemblage d'essai soudé devant un examinateur → contrôles non destructifs et essais destructifs prévus par la norme → procès-verbal de QMOS → DMOS de production, appliqué dans le domaine de validité de la qualification (matériaux, épaisseurs, procédé, apports, préchauffage, traitement thermique…). Les essais déjà faits selon d'anciennes normes nationales restent valables.
| Pièces | Qualification des modes opératoires | Recommandations |
|---|---|---|
| Fontes EN 1561 à EN 1564 (GL, malléables, GS, ADI), production et réparation | ISO 15614-3 | EN 1011-8 |
| Aciers moulés, soudage de production | ISO 11970 | EN 1011-2 (aciers ferritiques) |
Les aciers moulés. Normes de produits : EN 10213 (service sous pression), EN 10293 (usage général), EN 10340 (construction). Leur soudabilité s'évalue comme celle des aciers, par le carbone équivalent de l'IIW :
Teneurs en % massique. GP240GH (C ≤ 0,23 %, Mn ≤ 1,20 %) : CEV ≤ 0,43 ; G20Mn5 (C ≤ 0,23 %, Mn ≤ 1,60 %, Ni ≤ 0,80 %) : CEV ≤ ≈ 0,55. Plus le CEV est élevé, plus il faut préchauffer (méthodes de l'EN 1011-2).
Les réparations importantes. Les spécifications d'aciers moulés distinguent les réparations courantes des réparations importantes, qui demandent souvent l'accord de l'acheteur, une cartographie des soudures, des contrôles volumiques et un traitement thermique. Dans l'ASTM A216, par exemple, une réparation dont la profondeur dépasse 20 % de la paroi ou 25 mm, la plus petite des deux, ou dont la surface dépasse environ 65 cm², ou qui corrige une fuite à l'épreuve hydraulique, impose un détensionnement ou un traitement thermique après soudage ; ces mêmes réparations sont radiographiées si l'acheteur a demandé l'exigence supplémentaire correspondante.
Pour une réparation de fonte ou d'acier moulé, le coordinateur en soudage vérifie que la nuance est identifiée, que le DMOS est qualifié et couvre le cas, que le soudeur est qualifié, que les préchauffages et les températures entre passes sont mesurés, que les contrôles sont faits et enregistrés, et, pour les aciers moulés, que la cartographie et les traitements thermiques sont tenus à jour.
Exercices corrigés
Six exercices et un défi, du choix du procédé à l'acier moulé
Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Les valeurs viennent des formules du cours et des modèles des manipulations ; le défi se rejoue dans la manipulation 5.
Exercice 1 : le bon outil N1 · chapitres 1 et 3
a) Un corps de pompe en EN-GJL-250, fissuré, doit être réparé sur place. Procédé, apport, régime ?
b) Un défaut de fonderie doit être rebouché sur un bâti neuf en GS, qui sera usiné et doit garder sa couleur. Que proposes-tu ?
c) Une bride en GS doit être soudée à un tube en acier. Quel apport, et quelle précaution côté fonte ?
d) Quelle résistance attendre d'un joint au nickel-fer sur EN-GJL-250, sur EN-GJMB-350-10 et sur EN-GJS-400-15 ?
e) Pourquoi le faisceau d'électrons ne convient-il pas ?
Voir la correction
a) Électrode enrobée au nickel (E C Ni-CI, usinable) ou au nickel-fer (plus résistante), en régime froid : petit diamètre, faible intensité, cordons courts martelés, zone à peine tiède entre deux cordons. Trous d'arrêt aux extrémités de la fissure (chapitre 5).
b) Soudage homogène en régime chaud : pièce entière vers 550 à 650 °C, chalumeau avec une baguette pour GS (magnésium, cérium) ou électrode en fonte, flamme réductrice, refroidissement lent au four. Le joint aura la couleur et l'usinabilité de la pièce.
c) Nickel-fer (E C NiFe-CI), avec un beurrage de la face en fonte à faible énergie, puis un remplissage qui ne voit plus que le beurre et l'acier.
d) σj ≈ 0,91 × 250 ≈ 228 MPa ; 0,88 × 350 ≈ 308 MPa ; 0,76 × 400 ≈ 304 MPa.
e) Son refroidissement est extrêmement rapide : la zone fondue fige le carbone en constituants durs et fragiles.
Exercice 2 : le magnésium du bain N2 · chapitre 2
Baguette GS à Mg0 = 0,06 % ; demi-vies du modèle : 60 s (flamme réductrice), 30 s (neutre), 12 s (oxydante).
a) En flamme neutre, au bout de combien de temps le bain passe-t-il sous 0,028 % ? sous 0,014 % ?
b) Même question en flamme réductrice.
c) En flamme oxydante, quelle teneur après 20 s de bain liquide ? Quelle forme de graphite ?
d) Le soudeur préchauffe à 380 °C ; un autre, à 700 °C, une GS perlitique. Commente.
Voir la correction
a) t = t½·log₂(Mg0/Mg) : 30 × log₂(0,06/0,028) ≈ 30 × 1,10 ≈ 33 s ; 30 × log₂(0,06/0,014) ≈ 30 × 2,10 ≈ 63 s.
b) Deux fois plus : 66 s et 126 s.
c) 0,06 × 2−20/12 ≈ 0,06 × 0,315 ≈ 0,019 % : entre 0,014 et 0,028 %, le graphite n'est plus qu'en partie sphéroïdal (environ 28 % dans le modèle), le reste vermiculaire.
d) À 380 °C, sous 425 °C, la zone fondue et la zone partiellement fondue refroidissent trop vite et blanchissent. À 700 °C, au-dessus de 650 °C, la GS perlitique risque de perdre sa dureté ; seules les fontes ferritiques recuites tolèrent jusqu'à 760 °C.
Exercice 3 : les couches tampons N2 · chapitre 3
Fonte à 3,4 % de carbone ; nickel à 95 % Ni ; nickel-fer à 55 % Ni ; acier doux à 0,08 % C ; dans le modèle, C ≈ 0,08 + 3,32·f.
a) Une passe d'acier doux diluée à 35 % est déposée directement sur la fonte. Part de fonte et carbone ?
b) Même passe sur deux couches de beurrage au nickel diluées à 25 % ?
c) Et sur une seule couche de beurrage ?
d) Un nickel-fer dilué à 45 % est-il stable directement sur la fonte ? Et sur les deux couches de nickel ?
Voir la correction
a) f = 0,35 ; C ≈ 0,08 + 3,32 × 0,35 ≈ 1,24 % : trempe, fissures.
b) f₁ = 0,25, f₂ = 0,25 × 0,25 = 0,0625, passe d'acier : f = 0,35 × 0,0625 ≈ 0,022 ; C ≈ 0,08 + 3,32 × 0,022 ≈ 0,15 % : un acier doux.
c) f = 0,35 × 0,25 ≈ 0,088 ; C ≈ 0,37 % : un acier mi-dur, qui peut tremper. Deux couches valent mieux qu'une.
d) Directement : Ni = 0,55 × 55 ≈ 30 %, sous 32 % : instable. Sur le beurrage : Ni₁ = 0,75 × 95 ≈ 71 %, Ni₂ = 0,25 × 71,25 + 0,75 × 95 ≈ 89 %, puis 0,45 × 89 + 0,55 × 55 ≈ 70 % : stable. Le beurrage autorise une dilution, donc une énergie, plus fortes.
Exercice 4 : mouiller sans fondre N1 et N2 · chapitre 4
Modèle de la manipulation 4 ; fonte EN-GJL-250 (Rm = 250 MPa).
a) RBCuZn-B, surface décapée, 920 °C : angle de mouillage et résistance du joint ? Où cassera l'assemblage ?
b) Même cas sans décapage du graphite.
c) Même laiton à 870 °C ?
d) Même laiton à 980 °C ?
e) À partir de quelle température un RBCuZn-D mouille-t-il complètement ?
Voir la correction
a) TL = 890 °C ; 920 °C ≥ TL + 30 : mouillage complet, θ = 90 − 70 = 20°, σj = 344 MPa > 250 MPa : la rupture se produira dans la fonte.
b) σj = (1 − 0,3) × 344 ≈ 241 MPa : le joint devient le maillon faible.
c) Sous le liquidus : le laiton n'est pas liquide, θ = 90°, aucune liaison.
d) 980 °C = TL + 90 : surchauffe, p = 0,5 ; σj ≈ 344 × (1 − 0,25) = 258 MPa, et des fumées de zinc.
e) TL + 30 = 935 + 30 = 965 °C : σj ≈ 413 MPa. À 920 °C, il ne mouille pas du tout.
Exercice 5 : la coulée aluminothermique N2 · chapitre 6
Mélange Fe₂O₃ + 2 Al : 52,3 % de fer, 3,99 kJ/g ; métal coulé : 7,0 g/cm³.
a) Brèche de 25 × 60 × 100 mm, k = 1,5 : volume, masse de métal, masse de mélange, chaleur dégagée ?
b) Brèche de 40 × 150 × 300 mm, k = 1,8 ?
c) Quel mélange choisir pour une pièce en fonte grise à usiner après réparation ?
Voir la correction
a) V = 2,5 × 6 × 10 = 150 cm³ ; métal : 150 × 7,0 × 1,5 ≈ 1 575 g ≈ 1,6 kg ; mélange : 1,575/0,523 ≈ 3,0 kg ; chaleur : 3,0 × 3,99 ≈ 12 MJ.
b) V = 4 × 15 × 30 = 1 800 cm³ ; métal ≈ 22,7 kg ; mélange ≈ 43,4 kg ; chaleur ≈ 173 MJ.
c) Le mélange pour fonte grise : faible retrait, graphite qui précipite au refroidissement, usinage facile. Le mélange pour acier au silicium se rétracte davantage.
Exercice 6 : l'acier moulé N1 et N2 · chapitre 7
a) Décode GP240GH et G20Mn5.
b) Calcule le CEV d'un G20Mn5 à C 0,20 %, Mn 1,30 %, Ni 0,30 %.
c) Selon la règle de l'ASTM A216, ces réparations sont-elles importantes ? Paroi 60 mm, excavation de 15 mm sur 40 cm² ; paroi 200 mm, 20 mm sur 80 cm² ; paroi 200 mm, 20 mm sur 40 cm².
d) Quelle norme qualifie le mode opératoire pour la réparation d'un carter en GS ? pour le soudage de production d'un corps de vanne en acier moulé ?
Voir la correction
a) G : pièce moulée ; GP240GH : acier pour appareils à pression (P), limite d'élasticité minimale 240 MPa, pour températures élevées (GH) ; G20Mn5 : environ 0,20 % de carbone et 5/4 = 1,25 % de manganèse.
b) CEV = 0,20 + 1,30/6 + 0,30/15 ≈ 0,20 + 0,217 + 0,020 ≈ 0,44.
c) 60 mm : limite = min(0,2 × 60 ; 25) = 12 mm ; 15 > 12 : importante, traitement thermique après soudage. 200 mm, 80 cm² : la surface dépasse 65 cm² : importante. 200 mm, 20 mm sur 40 cm² : limite 25 mm, courante.
d) ISO 15614-3 pour la fonte GS ; ISO 11970 pour le soudage de production d'un acier moulé.
🏆 Défi : le plus petit trou qui arrête la fissure N2 · chapitre 5 · manipulation 5
Fissure visible de 60 mm, vraies pointes à 3 mm au-delà. Règle le diamètre par pas de 1 mm.
a) EN-GJL-250, σ = 30 MPa, trous centrés sur les vraies pointes (x = 3 mm) : diamètre minimal ?
b) Sans ressuage, on perce à la pointe visible (x = 0) un trou de 4 mm. Puis de 10 mm. Que se passe-t-il ?
c) EN-GJS-400-15, σ = 60 MPa, x = 3 mm : diamètre minimal ?
d) Pourquoi ce modèle est-il prudent pour une GS ?
Voir la correction
a) d = 6 mm : a = 30 + 3 + 3 = 36 mm, Kt = 1 + 2√12 ≈ 7,9, σmax ≈ 238 MPa ≤ 250 MPa. À 5 mm : Kt ≈ 8,5 et 256 MPa, la fissure repart.
b) 4 mm à x = 0 : le trou (rayon 2 mm) manque la vraie pointe, 3 mm plus loin ; la pointe reste aiguë, Kt ≈ 52, la fissure repart. 10 mm : le trou englobe la pointe, a = 30 + 0 + 5 = 35 mm, Kt ≈ 6,3, σmax ≈ 189 MPa : arrêtée, mais au prix d'un gros trou à reboucher. Mieux vaut chercher la pointe au ressuage.
c) d = 10 mm : Kt ≈ 6,5, σmax ≈ 391 MPa ≤ 400 MPa. À 9 mm : ≈ 406 MPa.
d) Le modèle compare un pic élastique à Rm, comme pour un matériau fragile. Une GS ferritique se plastifie en fond d'entaille, ce qui émousse le pic : elle résiste mieux que le modèle ne le dit.
Quiz : 12 questions éclair
Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste
Fiche mémoire du cours 4
Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête
La boîte à outils
Pièce démontable : régime chaud ; sur place : nickel à froid ; fonte fragile : soudobrasage ; brèche énorme : aluminothermie.
Le flacon débouché
Flamme réductrice, bain court, baguette au Mg-Ce ; préchauffage 425 à 650 °C, V ou X à 90° (GL) ou 75° (GS).
L'étiquette
Ni pour les GL usinables, NiFe pour GS, malléables et fonte-acier ; joint ≈ 91 % (GL), 88 % (malléable), 76 % (GS) de Rm.
Le beurre
Une couche à 25 % divise la part de fonte par quatre : deux couches de nickel, puis remplissage plus énergique ou moins cher.
La goutte
Laiton sur fonte propre, sans graphite, au-dessus de son liquidus, sous la surchauffe ; flux FH21 ; pas d'ammoniaque.
Le point final
Voir (ressuage), percer au-delà de la vraie pointe, gouger, souder en cordons courts depuis les trous.
L'ancre
Ancrer la soudure dans la fonte saine ; renforts, ancrages, agrafage à froid pour les fontes qu'on ne peut pas chauffer.
La coulée
52 % de fer, ≈ 4 kJ/g, ≈ 2 500 °C : un moule, une coulée, pour les très grosses brèches.
Le passeport
Fontes et aciers moulés ; acier moulé : G20Mn5, CEV ; réparation importante si > 20 % ou 25 mm, > 65 cm² (ASTM A216).
Glossaire
Les mots, symboles et sigles de ce cours
- a, ρ, r
- Demi-longueur d'une entaille ou d'une fissure (mm) ; rayon en fond d'entaille (mm) ; rayon d'un trou d'arrêt (mm).
- Agrafage
- Réparation à froid d'une fissure par des clés et des pions métalliques insérés à travers elle (metal stitching).
- Aluminothermie
- Procédé 71 de l'ISO 4063 : un mélange d'oxyde de fer et d'aluminium réagit, produit du métal liquide qui coule dans un moule et soude les bords.
- Arc-air (gougeage)
- Gougeage par un arc entre une électrode de carbone et la pièce, le métal fondu étant chassé par un jet d'air comprimé.
- AWS, ASTM
- American Welding Society, qui publie notamment les classifications américaines des produits d'apport ; ASTM International, qui publie des spécifications de matériaux, dont l'ASTM A216 des aciers moulés pour service sous pression.
- Beurrage
- Dépôt préalable, à faible énergie, de couches d'un métal facile à souder sur les faces à assembler.
- c
- Part du graphite de surface éliminée avant soudobrasage, dans le modèle de la manipulation 4.
- CEV
- Carbone équivalent de l'IIW pour les aciers : C + Mn/6 + (Cr + Mo + V)/5 + (Ni + Cu)/15.
- Chalumeau à poudre
- Procédé où une poudre métallique, souvent à base de nickel, est fondue dans une flamme et déposée sans fondre le métal de base.
- Coefficient de joint
- Rapport entre la résistance d'un joint soudé et celle du métal de base.
- Corrosion galvanique
- Corrosion du métal le moins noble de deux métaux en contact dans un électrolyte.
- D, Db, Dr, f
- Dilution ; dilution des couches de beurrage ; dilution des passes de remplissage ; part de métal venu de la fonte dans une couche.
- DMOS, DMOS-P, QMOS
- Descriptif de mode opératoire de soudage (WPS) ; DMOS préliminaire (pWPS) ; qualification de mode opératoire de soudage, attestée par un procès-verbal (WPQR).
- E C Ni-CI, E C NiFe-CI
- Électrodes enrobées pour fontes de l'ISO 1071, au nickel et au nickel-fer ; en notation AWS : ENi-CI, ENiFe-CI.
- EN 1011-2, EN 1011-8
- Recommandations pour le soudage à l'arc des aciers ferritiques ; pour le soudage des fontes.
- EN 10027-1, EN 10213, EN 10293, EN 10340
- Désignation symbolique des aciers ; aciers moulés pour service sous pression ; pour usage général ; pour la construction.
- Fil fourré
- Fil-électrode tubulaire rempli d'une poudre ; autoprotégé (procédé 114) ou sous gaz (136).
- Flamme réductrice, neutre, oxydante
- Flamme oxyacétylénique avec excès d'acétylène, mélange équilibré, ou excès d'oxygène.
- Flux, FH21
- Produit qui dissout les oxydes et protège le bain ; FH21 : classe de flux de l'ISO 18496 pour le brasage et le soudobrasage aux laitons.
- Gougeage
- Creusement d'une rainure par fusion et expulsion du métal.
- Goujonnage
- Insertion de goujons d'acier dans les faces à souder d'une fonte pour ancrer la soudure dans le métal sain.
- GP240GH, G20Mn5
- Aciers moulés de l'EN 10213 : G pièce moulée, P appareils à pression, 240 MPa de limite d'élasticité minimale, GH températures élevées ; G20Mn5 : ≈ 0,20 % C et ≈ 1,25 % Mn.
- IIW, IWE
- International Institute of Welding ; International Welding Engineer, ingénieur international en soudage.
- Inglis (formule d')
- Kt = 1 + 2√(a/ρ) : concentration de contrainte au fond d'une entaille elliptique.
- ISO 1071, ISO 4063
- Classification des produits d'apport pour le soudage des fontes ; numérotation des procédés de soudage.
- ISO 11970, ISO 15614-3
- Qualification des modes opératoires de soudage de production des pièces moulées en acier ; des fontes non alliées et faiblement alliées.
- ISO 17672, ISO 18496
- Métaux d'apport de brasage ; flux de brasage.
- k
- Coefficient qui ajoute au métal de la brèche les masselottes et les pertes, dans le modèle de la manipulation 6.
- Kt, σ, σmax
- Coefficient de concentration de contrainte ; contrainte nominale (MPa) ; contrainte maximale en fond d'entaille (MPa).
- Laiton, maillechort
- Alliage de cuivre et de zinc ; laiton au nickel, de couleur argentée (« nickel-argent »).
- Liquidus TL
- Température au-dessus de laquelle un alliage est entièrement liquide.
- Masselotte
- Réserve de métal liquide qui alimente une pièce coulée pendant son retrait.
- MB, MA, ZF, ZPF, ZAT
- Métal de base, métal d'apport ; zone fondue, partiellement fondue, affectée thermiquement.
- Mg, Mg0, t½
- Teneur en magnésium du bain ; teneur apportée par la baguette ; demi-vie de cette teneur (s), dans le modèle de la manipulation 2.
- MIG
- Soudage à l'arc sous gaz inerte avec fil-électrode fusible (procédé 131).
- Mouillage, θ
- Étalement d'un liquide sur un solide ; angle entre la surface et le bord de la goutte.
- Oxycoupage
- Coupage par combustion du fer dans un jet d'oxygène ; difficile sur fonte.
- p
- Porosité due à la surchauffe du laiton, dans le modèle de la manipulation 4.
- Projection thermique
- Dépôt d'un revêtement par projection de particules fondues (flamme, arc, plasma), lié mécaniquement à une surface rugueuse.
- Quinconce
- Disposition en rangées décalées, comme les points d'un dé à cinq.
- RBCuZn-A à -D
- Laitons d'apport de soudobrasage selon l'AWS.
- RCI, RCI-A, RCI-B
- Baguettes en fonte grise, grise alliée, et pour GS (avec magnésium ou cérium), selon l'AWS.
- Rechargement
- Dépôt d'une couche de métal sur une surface pour reconstituer une cote ou résister à l'usure.
- Rm, σj
- Résistance à la traction (MPa) ; résistance du joint (MPa).
- Soudage de production, de réparation
- Soudage réalisé par le fondeur pendant la fabrication, avant livraison ; soudage effectué après livraison.
- Soudobrasage
- Assemblage par un apport de plus bas point de fusion déposé comme une soudure dans un joint ouvert, sans fusion du métal de base.
- Support envers
- Pièce placée sous la racine pour retenir le bain ; en graphite pour les fontes.
- T, T0
- Température de la surface ; température de préchauffage.
- TTAS
- Traitement thermique après soudage.
- Trou d'arrêt
- Trou percé à l'extrémité d'une fissure pour en arrondir la pointe.
- VT, PT, MT, RT, UT
- Contrôles visuel, par ressuage, par magnétoscopie, par radiographie, par ultrasons.
- e, h, A, g, w
- Épaisseur de paroi ; profondeur d'une excavation ; surface d'une excavation ; écartement d'une brèche ; largeur de la pièce.
Suis-je prêt pour la suite ?
Dix points à cocher de tête, pour clore la série
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