Avant de commencer
Le cours 1 en trois cases
Sujets du planning de la formation. Ce cours relève du sujet 2.7 « Ruptures et différents types de rupture » : la rupture par fluage, lente et intergranulaire, y figure à côté des ruptures ductile, fragile et par fatigue. Il sert aussi le sujet 2.12 « Acier résistant au fluage », dont les règles de dimensionnement reposent sur la résistance à la rupture par fluage extrapolée (chapitres 4 à 7).
1. log ou ln ? ln est le logarithme népérien (réciproque de l'exponentielle), log le logarithme décimal (log 10ⁿ = n). On passe de l'un à l'autre par ln x = ln 10 × log x ≈ 2,303 log x. Le paramètre de Larson-Miller s'écrit le plus souvent avec log : le facteur 2,303 apparaît alors dans le lien avec l'énergie d'activation (chapitre 5).
2. Constante de Monkman-Grant et ductilité. Le produit ε̇min·tr est la déformation qu'aurait accumulée la pièce si elle avait flué toute sa vie à la vitesse minimale. Il est plus petit que la ductilité εr, souvent d'un facteur 1,5 à 5, car les stades primaire et tertiaire ajoutent leur part (chapitre 4).
3. Le nom de la constante de Larson-Miller. On la note C (notation la plus courante, valeur voisine de 20 pour les aciers), parfois B dans d'autres ouvrages. Même rôle, même valeur.
4. Unités de temps. Larson-Miller s'utilise avec tr en heures ; les lois d'activation (Norton, Wilshire) avec le temps en secondes. Chaque formule de ce cours précise son unité.
(Formation IWE : International Welding Engineer, ingénieur international en soudage.) Les contraintes admissibles des chaudières, tuyauteries et réacteurs chauds découlent de la résistance à la rupture par fluage à 100 000 h ou 200 000 h, toujours extrapolée à partir d'essais plus courts : comprendre ces extrapolations, c'est comprendre d'où viennent les chiffres des normes. Les ruptures de fluage des installations soudées sont très souvent intergranulaires et logées dans la zone affectée thermiquement (ZAT), là où la microstructure est la plus faible. Pour décider si une tuyauterie ancienne peut encore servir, on observe les cavités par répliques métallographiques et l'on estime la durée de vie restante : c'est le cœur de ce cours.
La série en deux cours
Le plan du cours
- 1Les cavités
Rondes ou en coin : où et comment la matière se troue, dès le début de la vie.
- 2De la cavité à la rupture
Trois chemins vers une cassure intergranulaire.
- 3La microstructure qui vieillit
Précipités qui grossissent, cubes qui deviennent radeaux.
- 4Le pari du temps et Monkman-Grant
Prévoir des décennies avec des essais de quelques mois.
- 5Le paramètre de Larson-Miller
Une seule courbe pour toutes les températures.
- 6Les modèles de la courbe entière
Projection θ et endommagement de Rabotnov-Kachanov.
- 7Wilshire et le pari de l'extrapolation
Comparer les méthodes à la réalité, et compter la vie restante.
Les cavités
Rondes ou en coin : où et comment la matière se troue
Pendant toute sa vie, une pièce qui flue s'abîme de l'intérieur. Cet endommagement se loge surtout sur les joints de grains, les frontières entre les cristaux du métal, mais il est réparti dans tout le volume : imagine un emmental dont les trous ne pousseraient que sur les cloisons entre les grains.
Rappelle-toi ce qui se passe à chaud (cours 1) : les lacunes diffusent, les dislocations glissent et montent, et les grains glissent les uns contre les autres le long de leurs joints, comme des pavés mal jointoyés. Ces mouvements creusent deux familles de trous :
- les cavités rondes, dites « r » (de l'anglais round) : des lacunes se rassemblent sur les joints que la traction écarte, ceux qui sont perpendiculaires à la contrainte, et forment de petites sphères qui grossissent avec le temps ;
- les cavités en coin, dites « w » (de l'anglais wedge, le coin) : quand les grains glissent, ils butent aux points triples, là où trois grains se rencontrent ; la contrainte s'y concentre et ouvre une microfissure en forme de coin.
Le glissement des joints ouvre aussi des cavités derrière les obstacles qu'il rencontre : une marche du joint, une inclusion, un précipité. Toutes ces cavités peuvent coexister dans un même matériau.
Et surtout : l'endommagement ne commence pas au stade tertiaire. Les premières cavités germent dès le stade secondaire, et même dès le stade primaire ; elles sont simplement trop petites pour être vues. L'idée qu'il n'y a « pas d'endommagement avant le tertiaire » vient de là : on ne voit rien, mais tout a commencé.
Manipulation 1 : le joint qui se troue
À gauche, une coupe polie dans un métal en fluage, la traction est verticale ; les joints transverses (presque horizontaux) sont ceux que la traction écarte. À droite, la courbe de fluage et la part de ces joints déjà occupée par des cavités, en fonction de la fraction de vie consommée t/tr. Choisis le mécanisme, puis avance dans la vie de la pièce, pas à pas ou en lecture.
Trois étapes : germer, croître, s'aligner
Germer. Un joint parfait ne se troue pas tout seul : il faut une concentration de contrainte. Les cavités naissent donc sur les précipités et inclusions des joints, sur leurs marches, et aux points triples, là où le glissement des joints est bloqué. Leur nombre augmente pendant presque toute la vie.
Croître. Une cavité r grossit quand des atomes quittent sa surface et vont se déposer le long du joint voisin, par diffusion intergranulaire (le chemin de Coble, cours 1). Sa vitesse de croissance augmente avec la contrainte normale au joint, avec le coefficient de diffusion aux joints, donc avec la température, et avec la proximité des autres cavités. Une cavité w grandit par glissement des joints qui l'ouvrent.
S'aligner. Comme la croissance dépend de la contrainte normale, les cavités se concentrent sur les joints perpendiculaires à la contrainte principale maximale. Sur une coupe, on les voit former des chapelets alignés sur ces joints : c'est le signe d'un endommagement avancé.
la fraction cavitée A mesure l'avancement de l'endommagement : dans la manipulation 1, de 7 à 10 % à mi-vie, et plus de 80 % à la rupture ; la pièce cède avant que tous les joints soient entièrement percés (chapitre 2)
Qui domine, r ou w ?
| Conditions | Cavités dominantes | Pourquoi |
|---|---|---|
| Haute température, faible contrainte, longues durées | rondes (r) | la diffusion a le temps d'agir ; le glissement des joints reste lent |
| Température plus basse, contrainte plus forte | en coin (w) | le glissement des joints est rapide et la diffusion ne suffit pas à relâcher les points triples |
| Joints chargés de précipités ou d'inclusions | cavités sur particules | chaque particule est un obstacle au glissement et un site de germination |
Dans un assemblage soudé en acier résistant au fluage, les cavités se concentrent là où la microstructure est la plus faible : la zone de la ZAT à grains fins ou chauffée entre Ac1 et Ac3 (températures de début et de fin de transformation en austénite au chauffage). Pour les détecter sans découper la pièce, on polit et on attaque une petite zone de la tuyauterie, puis on y applique un film plastique qui en prend l'empreinte : c'est une réplique métallographique, observée ensuite au microscope à fort grossissement. Les cavités y apparaissent comme des points noirs d'environ un micromètre, isolés d'abord, puis alignés en chapelets sur les joints.
De la cavité à la rupture
Trois chemins vers une cassure intergranulaire
Une pièce tient tant que la matière entre les cavités, les ligaments, porte la charge. Plus les cavités occupent de place sur les joints, moins il reste de section pour travailler : chaque ligament porte une part de plus en plus lourde. Quand les cavités occupent une fraction assez grande de la section, la pièce rompt, par l'un de trois chemins :
- Les cavités rondes envahissent les joints. Elles grossissent jusqu'à couvrir toute la surface des joints transverses : les grains se détachent comme les pièces d'un puzzle. C'est le scénario des faibles contraintes et des très longues durées.
- Les ligaments cèdent. Quand la section restante devient trop faible, les ligaments entre cavités rondes se déforment plastiquement de plus en plus vite et se rompent. C'est le scénario des contraintes plus élevées.
- Une fissure court de coin en coin. Les cavités en coin se rejoignent de proche en proche et forment une fissure macroscopique qui traverse la pièce.
Dans les trois cas, la cassure suit les joints de grains : la rupture par fluage est essentiellement intergranulaire. Sa surface montre des facettes de grains, criblées de petites alvéoles là où se trouvaient les cavités. Et la pièce a souvent très peu gonflé avant de casser.
Manipulation 2 : la section qui fond
À gauche, un joint transverse vu en coupe : les cavités (en noir) l'envahissent, les ligaments restants rougissent quand ils sont surchargés. À droite, la contrainte sur les ligaments rapportée à la résistance à la traction à chaud Rm, selon la fraction cavitée A. Règle σ, puis fais grandir les cavités jusqu'à la rupture.
Rm : résistance à la traction mesurée à la température de service ; Af : fraction cavitée à la rupture, quand les ligaments cèdent
Exemple. Acier à 550 °C, Rm = 410 MPa. Sous σ = 80 MPa (service), Af = 1 − 80/410 ≈ 0,80 : les joints sont aux quatre cinquièmes envahis quand la pièce rompt. Sous σ = 200 MPa (essai accéléré), Af = 1 − 200/410 ≈ 0,51 : les ligaments cèdent quand la moitié seulement des joints est cavitée.
Pourquoi la ductilité baisse aux longues durées
Sous forte contrainte, les ligaments cèdent tôt, par une déformation plastique importante : l'éprouvette s'allonge, peut même former une striction, et la cassure garde des zones ductiles. Sous faible contrainte, il faut que les cavités envahissent presque tout le joint : la rupture survient après peu de déformation. La ductilité de fluage εr diminue donc quand la durée de vie augmente, passant souvent de plusieurs dizaines de pour cent dans les essais courts à quelques pour cent après des dizaines de milliers d'heures.
| Essai court, forte contrainte | Service, faible contrainte | |
|---|---|---|
| Fraction cavitée à la rupture | moyenne (les ligaments cèdent) | élevée (les joints sont envahis) |
| Ductilité εr | élevée, striction possible | faible, peu de gonflement |
| Aspect de la cassure | mixte : facettes intergranulaires et zones à cupules | intergranulaire : facettes de grains criblées d'alvéoles |
L'effet d'entaille
Au fond d'une entaille, la matière est bridée : la contrainte devient triaxiale (série Rupture), et la contrainte normale aux joints augmente, ce qui accélère la croissance des cavités. Certains aciers fragilisés par un long service rompent plus vite entaillés que lisses : on dit qu'ils sont sensibles à l'entaille en fluage. On le vérifie par des essais de fluage sur éprouvettes entaillées.
Une tuyauterie de vapeur qui flue dans son métal de base gonfle de façon mesurable avant de rompre : on peut suivre son diamètre. Mais si l'endommagement se concentre dans une zone étroite de la soudure, la ZAT par exemple, la déformation globale reste faible jusqu'au bout, et la fissure apparaît sans prévenir. C'est pourquoi les soudures des installations chaudes se surveillent directement, par répliques métallographiques et par ultrasons, et non par la seule mesure du gonflement.
La microstructure qui vieillit
Précipités qui grossissent, cubes qui deviennent radeaux
Les alliages résistant au fluage doivent leur force à des précipités fins et nombreux qui barrent la route aux dislocations (cours 1, chapitre 6). Mais à chaud, pendant des années, cette microstructure n'est pas figée : elle vieillit, et ce vieillissement est lui aussi une forme d'endommagement, puisqu'il dégrade les propriétés mécaniques.
Premier phénomène, la coalescence : les petits précipités se dissolvent et nourrissent les gros, par diffusion des atomes à travers la matrice. Il y a toujours autant de matière précipitée, mais en particules moins nombreuses, plus grosses et plus espacées. Comme dans un étang où les gros poissons mangent les petits, les obstacles s'écartent et les dislocations passent plus facilement entre eux : le fluage accélère.
Second phénomène, spectaculaire, la mise en radeaux (en anglais rafting) des superalliages à base de nickel des aubes de turbine. Leur microstructure ressemble à un pavage de petits cubes, la phase γ′ (« gamma prime ») de formule Ni3(Al,Ti), noyés dans une matrice γ de nickel. Sous contrainte et à haute température, ces cubes se soudent et s'alignent en plaques : couchées perpendiculairement à une traction, dressées parallèlement à une compression, pour la plupart de ces alliages.
Manipulation 3 : les cubes qui deviennent radeaux
À gauche, une micrographie simulée d'un superalliage de nickel : cubes de γ′ (bleu-vert) dans la matrice γ. À droite, l'évolution de la taille des précipités au cours du temps, en échelle logarithmique : chaque graduation multiplie le temps par 10. Choisis la sollicitation et la température, puis fais vieillir l'alliage.
La théorie de Lifshitz, Slyozov et Wagner (dite LSW) prévoit que le rayon moyen r des précipités suit :
r0 : rayon initial ; k : constante de coalescence, thermiquement activée comme la diffusion, k ∝ exp(−Q/RT) ; la loi s'applique aussi à l'arête a des cubes de γ′
Pourquoi cela affaiblit-il l'alliage ? Une dislocation qui ne peut ni couper ni contourner par montée un précipité s'arque entre deux obstacles et passe en les entourant : c'est le mécanisme d'Orowan. La contrainte nécessaire varie comme μb/λ (μ module de cisaillement, b vecteur de Burgers, λ distance entre précipités). À fraction précipitée constante, λ est proportionnelle à la taille r : doubler la taille des précipités divise par deux leur effet durcissant.
Exemple. Des cubes de γ′ de 400 nm d'arête, avec k = 4,0 × 10⁴ nm³/h à 1 000 °C : après 1 000 h, a = (400³ + 4,0 × 10⁴ × 1 000)1/3 ≈ 470 nm ; après 10 000 h, a = (6,4 × 10⁷ + 4,0 × 10⁸)1/3 ≈ 774 nm. La taille a presque doublé : le durcissement d'Orowan est divisé par 1,9.
Les radeaux des superalliages
Les mailles cristallines de γ et de γ′ ont presque la même taille ; leur petite différence relative s'appelle le désaccord paramétrique δ (« delta »), souvent négatif dans les superalliages actuels (γ′ a la maille un peu plus petite). Cet écart crée des contraintes internes qui, ajoutées à la contrainte appliquée, rendent certaines interfaces plus favorables que d'autres : les cubes s'allongent et se soudent dans une direction.
| Désaccord δ | Traction | Compression |
|---|---|---|
| négatif (cas courant) | radeaux perpendiculaires à σ | radeaux parallèles à σ |
| positif | radeaux parallèles à σ | radeaux perpendiculaires à σ |
Des radeaux perpendiculaires à la traction peuvent d'abord ralentir le fluage, car les dislocations doivent alors traverser les plaques de γ′. Mais avec le temps les radeaux s'épaississent et la matrice γ devient minoritaire et discontinue : la microstructure ne protège plus, et le fluage tertiaire s'installe.
Et dans les aciers ?
Les aciers résistant au fluage vieillissent eux aussi : les carbures grossissent, les sous-grains s'élargissent, de nouvelles phases apparaissent. Dans les vieux aciers au molybdène, la perlite se globulise : ses lamelles de cémentite se fragmentent en globules. Dans les aciers à 9 à 12 % de chrome, une phase dite Z, un nitrure de chrome, de vanadium et de niobium, peut se former en dissolvant les fins carbonitrures qui faisaient la résistance : la résistance à long terme chute plus que ne le prévoyaient les essais courts.
Le revenu après soudage d'un acier chrome-molybdène est nécessaire pour adoucir la ZAT, mais il fait déjà grossir les carbures. Un revenu trop chaud ou trop long (un sur-revenu) consomme d'avance une partie de la résistance au fluage. C'est pourquoi les codes encadrent la température et la durée du traitement, souvent à l'aide d'un paramètre de la forme T(20 + log t), le paramètre de Hollomon-Jaffe, cousin du paramètre de Larson-Miller (chapitre 5). En service, l'état de la microstructure observé sur réplique (carbures, globulisation de la perlite) sert d'indicateur de vieillissement.
Le pari du temps et Monkman-Grant
Prévoir des décennies avec des essais de quelques mois
Une pièce de centrale doit vivre des dizaines d'années, sous une contrainte « faible » et à une température « basse » pour le fluage. Personne ne peut attendre aussi longtemps pour connaître sa durée de vie. On réalise donc des essais plus chargés ou plus chauds, qui cassent en quelques centaines ou milliers d'heures, puis on extrapole vers le service. Plus la contrainte et la température augmentent, plus la durée de vie diminue : les résultats forment un faisceau de courbes qui descendent. Toute la question est de prolonger ces courbes sans se tromper, alors que les mécanismes de déformation et d'endommagement changent avec la contrainte et la température.
La méthode la plus simple s'appuie sur une observation faite par F. C. Monkman et N. J. Grant en 1956 : pour un matériau donné, le produit de la vitesse minimale par la durée de vie reste à peu près constant. C'est la logique d'un trajet en voiture : la distance est fixée, donc qui roule deux fois plus vite arrive deux fois plus tôt. Ici, la « distance » est un budget de déformation, et la « vitesse » est la vitesse de fluage secondaire, qui occupe la plus grande partie de la vie.
la constante de Monkman-Grant CMG est sans dimension, de l'ordre de quelques centièmes pour les aciers
Mode d'emploi : on mesure CMG sur des essais sévères et courts ; on lance ensuite un essai dans les conditions de service, jusqu'à atteindre la vitesse minimale ; on en déduit tr = CMG/ε̇min. Simple, mais il faut tenir l'essai jusqu'au minimum de vitesse, et la « constante » ne l'est qu'à peu près.
Manipulation 4 : prédire en regardant passer le minimum
À gauche, les 45 essais de rupture d'un acier 2,25Cr-1Mo modèle : vitesse minimale en fonction de la durée de vie, en échelles logarithmiques, de 550 °C (violet) à 650 °C (rouge), et la droite de Monkman-Grant ajustée. À droite, un essai lancé dans les conditions de service : fais-le avancer et regarde la prévision tr = f(ε̇min) se construire, puis compare-la à la rupture réelle.
En coordonnées logarithmiques, elle s'écrit log tr = log CMG − log ε̇min : une droite de pente −1. Les données réelles donnent souvent une pente un peu différente, d'où la forme généralisée, autre écriture courante :
m, souvent entre 0,8 et 1, s'obtient par régression sur les essais ; avec m = 1, on retrouve la forme classique
Constante de Monkman-Grant et ductilité
Le produit ε̇min·tr est la déformation qu'aurait accumulée la pièce si elle avait flué toute sa vie à la vitesse minimale. La ductilité réelle εr est plus grande, car les stades primaire et tertiaire ajoutent leur part. Leur rapport λ = εr/(ε̇min·tr) vaut souvent 1,5 à 5 : plus il est grand, plus le tertiaire est développé. Et comme la ductilité baisse aux longues durées (chapitre 2), le produit ε̇min·tr baisse lui aussi : la « constante » dérive.
Exemple (manipulation 4). Les 45 essais donnent CMG ≈ 0,051 en forme classique, et m ≈ 0,93 en forme généralisée. Un essai à 70 MPa et 550 °C atteint sa vitesse minimale, 1,50 × 10⁻¹⁰ s⁻¹, au bout d'environ 17 000 h. Forme classique : tr = 0,051/1,50 × 10⁻¹⁰ ≈ 3,4 × 10⁸ s ≈ 94 000 h. Forme généralisée : environ 68 000 h. La pièce rompt en réalité vers 66 000 h : la forme classique, calée sur des essais courts plus ductiles, surestime la vie de plus de 40 %.
Sur les tuyauteries de vapeur, on suit la déformation de fluage par des mesures de diamètre ou par des plots soudés sur la paroi, relevés à chaque arrêt. La vitesse de déformation ainsi mesurée, reportée sur la relation de Monkman-Grant de la nuance, donne une estimation de la durée de vie, à recouper avec l'examen des cavités sur répliques (chapitres 1 et 7). Attention : une soudure qui s'endommage localement peut ne presque rien changer au diamètre (chapitre 2).
Le paramètre de Larson-Miller
Une seule courbe pour toutes les températures
Un essai court et chaud ressemble, pour la matière, à un service long et plus froid : les mêmes sauts d'atomes se produisent, simplement plus vite. Le temps et la température sont donc, dans une certaine mesure, échangeables. F. R. Larson et J. Miller ont proposé en 1952 de réunir les deux dans un seul nombre, le paramètre de Larson-Miller :
T en kelvins, tr en heures, C ≈ 20 pour les aciers ; on divise souvent P par 1 000 pour l'écrire avec des nombres plus maniables
Pour un matériau donné, ce paramètre ne dépend que de la contrainte. Si l'on trace la contrainte de rupture en fonction de PLM, les essais de toutes les températures se rangent sur une seule courbe maîtresse, comme des cartes rassemblées en un paquet. L'utilisation est alors simple : pour une contrainte et une température de service, on lit PLM sur la courbe, et l'on en déduit la durée de vie.
Un exemple pour sentir l'échange : avec C = 20, 100 000 h à 550 °C « valent » environ 3 700 h à 600 °C, et 200 h à 650 °C. Cinquante degrés de plus divisent le temps par 27, cent degrés par 500.
Manipulation 5 : rassembler les nuages
À gauche, les 45 essais de l'acier modèle : contrainte en fonction de la durée de vie, en échelles logarithmiques, de 550 °C (violet) à 650 °C (rouge). À droite, les mêmes essais en fonction de P = T(C + log tr)/1 000, avec la courbe maîtresse ajustée. Fais varier C : quand il est bien choisi, les cinq nuages se fondent en un seul.
D'où vient le paramètre
On admet que la vitesse minimale suit une loi d'activation dont l'énergie Q dépend de la contrainte, sans qu'on ait besoin de connaître cette fonction : ε̇min = A·exp(−Q(σ)/RT), A étant une constante. On y ajoute la relation de Monkman-Grant ε̇min·tr = CMG (chapitre 4). Il vient tr = (CMG/A)·exp(Q(σ)/RT), puis, en prenant le logarithme népérien et en multipliant par T :
avec C = log(A/CMG), en logarithmes décimaux : le facteur ln 10 ≈ 2,303 vient du passage de ln à log
Le membre de gauche ne dépend que de la contrainte : voilà pourquoi tous les essais se rangent sur une courbe unique PLM(σ). Au passage, on obtient l'énergie d'activation apparente : Q(σ) = R·ln 10·PLM(σ). Pour l'acier modèle, la rupture en 100 000 h à 550 °C, sous environ 71 MPa, correspond à PLM ≈ 20 580 K, d'où Q ≈ 8,314 × 2,303 × 20 580 ≈ 394 kJ/mol.
Trouver C
Deux méthodes, qui donnent la même chose. Par la dispersion : on choisit la valeur de C qui rassemble le mieux les essais sur une courbe unique (manipulation 5). Par le dessin : à contrainte fixée, PLM est constant, donc log tr = PLM/T − C ; en traçant log tr en fonction de 1/T pour plusieurs contraintes, on obtient des droites qui convergent toutes, pour 1/T = 0, vers le point log tr = −C.
S'en servir
Exemple 1, équivalence temps-température (C = 20). 100 000 h à 550 °C (823,15 K) donnent P = 823,15 × (20 + 5) = 20 579 K. À 600 °C (873,15 K), le même P correspond à log tr = 20 579/873,15 − 20 = 3,569, soit 3 700 h : un essai de cinq mois renseigne sur onze ans de service, si les mécanismes sont les mêmes.
Exemple 2, durée de vie. La courbe maîtresse de l'acier modèle, issue des valeurs normalisées d'un acier 2,25Cr-1Mo, s'écrit log σ = 0,348313 + 0,393169 P − 0,015554 P² (σ en MPa, P en milliers). Sous 80 MPa, on résout cette équation du second degré : P ≈ 20,37. À 575 °C (848,15 K) : log tr = 20 370/848,15 − 20 ≈ 4,02, soit environ 10 400 h.
Les normes de produits des aciers pour appareils à pression donnent, pour chaque nuance, la résistance à la rupture par fluage à 10 000, 100 000 et parfois 200 000 h, température par température. Ces valeurs sont des extrapolations établies par des comités d'experts à partir de milliers d'essais, à l'aide de paramètres de ce type et d'autres modèles. Le code de construction en tire la contrainte admissible en les divisant par un coefficient de sécurité. Pour un assemblage soudé, on applique en plus un coefficient de réduction de la soudure, car le joint flue souvent moins bien que le métal de base.
Les modèles de la courbe entière
Projection θ et endommagement de Rabotnov-Kachanov
Monkman-Grant et Larson-Miller ne retiennent de chaque essai qu'un ou deux nombres. Pourtant la courbe de fluage entière contient bien plus d'information : la façon dont la vitesse ralentit, puis s'emballe. Deux familles de modèles cherchent à l'exploiter.
La projection θ (« thêta ») décompose la courbe en deux termes : un terme primaire, qui démarre vite puis sature, et un terme tertiaire, qui reste discret puis explose. Quatre paramètres suffisent à les décrire. On mesure comment ils varient avec la contrainte sur des essais chargés, puis on les « projette » vers la contrainte de service : on y prévoit toute la courbe, et la rupture là où la déformation atteint la ductilité.
L'approche de Rabotnov et Kachanov introduit une grandeur nouvelle, l'endommagement ω (« oméga »), qui vaut 0 sur la matière saine et 1 à la rupture : c'est la charge consommée d'une batterie. Plus ω augmente, moins il reste de matière pour porter la contrainte (chapitre 2), donc plus la déformation et l'endommagement accélèrent. Ce modèle donne la forme de toute la fin de vie : en mesurant le début de la courbe d'une pièce en service, on peut en déduire sa fin.
Manipulation 6 : lire la fin dans le début
Mode θ : à gauche, la durée de vie en fonction de la contrainte à 550 °C, prévue par la projection θ (bleu) et réelle (pointillé noir) ; à droite, la courbe prévue, ses deux termes et la ductilité. Mode Rabotnov-Kachanov : à droite, une pièce en service mesurée tous les 1 650 h environ, et la courbe ajustée qui prévoit sa rupture ; à gauche, l'endommagement ω vu sur un joint.
La projection θ
θ1, θ3 : amplitudes (sans dimension) des termes primaire et tertiaire ; θ2, θ4 : leurs constantes de vitesse (s⁻¹) ; ex = exp(x)
Les θi sont ajustés numériquement sur chaque courbe mesurée, à une température donnée et sous des contraintes plus fortes qu'en service. On décrit ensuite leur variation avec la contrainte, ainsi que celle de la ductilité :
pour toute contrainte, on obtient la forme de la courbe ε(t) et la ductilité εr : la durée de vie est l'instant où ε(t) atteint εr
Les résultats sont globalement corrects dans le domaine des essais, mais l'approche reste empirique : la forme « ln θ linéaire en σ » n'a pas de raison physique de rester valable loin des contraintes d'essai. Dans la manipulation 6, calée entre 125 et 230 MPa, elle prévoit 4 300 h à 125 MPa (réalité : 4 700 h), mais 30 000 h à 70 MPa, pour 66 000 h en réalité.
Rabotnov-Kachanov
À une température donnée, la vitesse de déformation et la vitesse d'endommagement accélèrent toutes deux avec ω :
A, B, n, q, k, r : constantes du matériau ; ω̇ = dω/dt, vitesse d'endommagement
On intègre ces deux équations avec les conditions ε = 0 et ω = 0 à t = 0, ε = εr et ω = 1 à t = tr. L'équation d'endommagement donne tr = 1/((r + 1)Bσk) et ω = 1 − (1 − t/tr)1/(r+1). En combinant les deux :
m, caractéristique du matériau, s'ajuste sur des essais sous forte contrainte ; m < 1 donne une courbe qui s'emballe en fin de vie
Exemple (m = 1/3). À mi-vie, ε/εr = 1 − 0,51/3 = 0,21 : la pièce n'a consommé que 21 % de sa ductilité. À 90 % de la vie, 1 − 0,11/3 = 0,54 : à peine la moitié. Presque toute la déformation se concentre à la toute fin : une déformation encore modeste ne prouve pas que la vie restante est longue.
Durée de vie restante. Si l'on mesure la déformation ε d'une pièce au temps t et que l'on connaît εr et m, on inverse : t/tr = 1 − (1 − ε/εr)1/m. Plus généralement, connaissant le début d'une courbe de fluage en service, on retrouve εr et tr par simple régression : ce n'est qu'une estimation, d'autant plus fragile que la mesure est précoce.
Les lois de type Rabotnov-Kachanov sont implantées dans des logiciels de calcul par éléments finis. Pour un assemblage soudé, on attribue à chaque zone (métal fondu, ZAT à gros grains, ZAT à grains fins, métal de base) ses propres paramètres de fluage et d'endommagement : le calcul montre alors où ω atteint 1 en premier, souvent dans la ZAT à grains fins, et comment la fissure s'y propage. C'est l'un des outils des études de durée de vie des tuyauteries soudées.
Wilshire et le pari de l'extrapolation
Comparer les méthodes à la réalité, et compter la vie restante
La méthode la plus récente, celle de B. Wilshire, part d'un constat : la résistance au fluage évolue avec la température comme les propriétés de traction (limite d'élasticité, résistance à la traction). Elle mesure donc la contrainte par rapport à la résistance à la traction Rm à la même température. Le rapport σ/Rm a deux bornes naturelles : à σ = Rm, la pièce casse tout de suite ; quand σ tend vers zéro, sa durée de vie devient infinie. Une loi qui respecte ces deux bornes a de bonnes chances de rester raisonnable quand on l'extrapole.
Reste le pari. Toutes les méthodes de ce cours sont calées sur des essais plus courts que le service, puis prolongées. Si un mécanisme lent n'apparaît qu'aux longues durées (une phase qui précipite, des cavités qui s'accumulent à la température de service), aucun essai court ne le voit, et toutes les méthodes risquent de se tromper. Dans la manipulation 7, la « réalité » contient justement un tel mécanisme. Souviens-toi du cours 1 : sa loi de Norton (n = 5, Q = 300 kJ/mol), calée sur des essais courts, promettait 90 000 h à la tuyauterie sous 70 MPa et 550 °C ; la « réalité » de ce cours, avec son mécanisme lent, ne lui en accorde que 66 000. À toi de voir quelle méthode s'en sort, et à partir de quelle durée d'essais.
Enfin, pour une pièce déjà en service, la question devient : combien de vie lui reste-t-il ? On additionne les fractions de vie consommées dans chaque condition de fonctionnement, et l'on recoupe avec les mesures faites sur la pièce.
Manipulation 7 : le pari de l'extrapolation
Une campagne d'essais de rupture sur l'acier modèle, de 550 à 650 °C, s'allonge avec le temps : avance la durée de la campagne et regarde les essais se terminer. À gauche, à 550 °C, les essais terminés et les courbes extrapolées par trois méthodes. À droite, leur prévision de la résistance à 100 000 h à 550 °C. Révèle la réalité quand tu as fait ton pari.
Les équations de Wilshire
Il faut d'abord mesurer la résistance à la traction Rm à la température T qui nous intéresse. Wilshire trouve alors trois corrélations de même forme :
k1, k2, k3, u, v, w et Q* : caractéristiques du matériau ; tε : durée pour atteindre une déformation ε donnée ; temps en secondes ; le signe change dans la deuxième, car une vitesse varie à l'inverse d'un temps
En prenant deux fois le logarithme de la première : ln[−ln(σ/Rm)] = ln k1 + u·ln[tr·exp(−Q*/RT)]. Dans ce diagramme, on cherche la valeur de Q* qui aligne tous les essais, quelles que soient la contrainte et la température, sur une seule droite. Pour prévoir une durée de vie, on reporte σ/Rm, on lit l'abscisse et l'on en déduit tr.
Exemple (constantes ajustées sur la campagne complète de la manipulation 7 : Q* = 300 kJ/mol, k1 = 96, u = 0,162 ; Rm = 410 MPa à 550 °C). Pour tr = 100 000 h = 3,6 × 10⁸ s : ln[tr·exp(−Q*/RT)] = 19,70 − 43,84 = −24,13 ; ln[−ln(σ/Rm)] = ln 96 + 0,162 × (−24,13) = 0,655 ; donc σ/Rm = exp(−e0,655) = 0,146, et σ ≈ 60 MPa.
Cinq méthodes, cinq paris
| Méthode | Ce qu'elle suppose | Ce qu'il faut | Son point faible |
|---|---|---|---|
| Monkman-Grant | ε̇min·tr constant | un essai dans les conditions de service jusqu'au minimum de vitesse | long ; la constante dérive avec la ductilité |
| Larson-Miller | temps et température échangeables, C constant | des essais à plusieurs températures | les grands P viennent des essais chauds |
| Projection θ | ln θi linéaires en σ | des courbes complètes à une température | loi empirique, fragile hors du domaine |
| Rabotnov-Kachanov | endommagement ω de 0 à 1, exposant m connu | le début de la courbe en service | régression mal conditionnée au début |
| Wilshire | σ/Rm gouverne, bornes physiques | Rm à chaud et des essais variés | plusieurs régimes possibles, Q* à choisir |
Prudence : la règle du facteur 3
Une règle de prudence répandue limite l'extrapolation à environ trois fois la durée des plus longs essais : pour annoncer une résistance à 100 000 h, il faut des essais d'au moins 30 000 h environ, soit près de trois ans et demi. Les valeurs des normes sont régulièrement réévaluées quand des essais plus longs se terminent, et elles ont parfois été revues à la baisse.
Compter la vie consommée : la règle de Robinson
ti : durée passée dans la condition i (contrainte et température) ; tr,i : durée de vie dans cette condition ; Σ : somme sur toutes les conditions ; même idée que la règle de Miner en fatigue
Exemple (« réalité » de la manipulation 7). Une tuyauterie a passé 40 000 h à 550 °C sous 70 MPa (tr = 66 100 h), plus 3 000 h à 575 °C à la suite d'un défaut de régulation (tr = 14 800 h) : D = 40 000/66 100 + 3 000/14 800 = 0,605 + 0,203 = 0,81. Il reste 19 % de la vie, soit environ 12 700 h à 550 °C. Les 3 000 h de surchauffe ont consommé autant de vie que 13 400 h de service normal.
Pour décider de prolonger l'exploitation d'une installation ancienne, on croise plusieurs indices : l'historique de fonctionnement (températures, pressions, incidents) traité par la règle de Robinson ; les mesures de déformation ; et surtout l'état des zones critiques, les soudures en premier, observé sur répliques. Les cavités y sont classées de « isolées » à « alignées », puis « microfissures » et « macrofissure » : plus la classe est avancée, plus l'intervalle avant le prochain contrôle est court, jusqu'à la réparation ou au remplacement. Les données de fluage des métaux d'apport et des joints soudés, plus rares que celles des métaux de base, rendent ces estimations encore plus prudentes.
Exercices corrigés
Six exercices et un défi, de la cavité à la vie restante
Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Écris la formule littérale, puis les valeurs avec leurs unités. Données utiles : R = 8,314 J/(mol·K) ; 1 h = 3 600 s ; T(K) = T(°C) + 273,15. Les manipulations 2 à 7 permettent de vérifier tes résultats ; le défi se rejoue entièrement dans la manipulation 7.
Exercice 1 : un joint percé N1 · chapitres 1 et 2
Sur une coupe d'un acier qui flue à 550 °C sous σ = 80 MPa, un joint transverse de 50 µm de long porte 10 cavités de 2 µm de diamètre. À 550 °C, la résistance à la traction vaut Rm = 410 MPa.
a) Quelle est la fraction cavitée A de ce joint ?
b) Quelle contrainte nette portent les ligaments ?
c) À quelle fraction cavitée Af les ligaments céderont-ils ?
d) Même question pour un essai accéléré sous 200 MPa à la même température. Lequel des deux rompra avec les joints les plus envahis, et lequel sera le plus ductile ?
e) Pourquoi les cavités rondes se concentrent-elles sur les joints perpendiculaires à la contrainte ?
Voir la correction
a) A = (10 × 2 µm)/50 µm = 0,40 : 40 % du joint est occupé par des cavités.
b) σnet = σ/(1 − A) = 80/(1 − 0,40) ≈ 133 MPa.
c) Les ligaments cèdent quand σnet = Rm : Af = 1 − σ/Rm = 1 − 80/410 ≈ 0,80.
d) Af = 1 − 200/410 ≈ 0,51. Le service rompra avec des joints envahis à 80 %, presque sans déformation : rupture intergranulaire peu ductile. L'essai accéléré rompra quand la moitié seulement du joint sera cavitée, par plasticité des ligaments : il sera plus ductile, et sa ductilité surestime celle du service.
e) La croissance des cavités rondes est poussée par la contrainte normale au joint ; elle est maximale sur les joints perpendiculaires à la contrainte, et nulle sur les joints qui lui sont parallèles.
Exercice 2 : des précipités qui vieillissent N1 · chapitre 3
Un superalliage contient des cubes de γ′ de 400 nm d'arête. À 1 000 °C, leur coalescence suit a³ − a0³ = K·t avec K = 4,0 × 10⁴ nm³/h, et l'énergie d'activation vaut Q = 270 kJ/mol.
a) Calcule l'arête après 1 000 h, puis après 10 000 h.
b) De combien le durcissement d'Orowan a-t-il baissé après 10 000 h ?
c) Par combien K est-il multiplié à 1 050 °C ? Combien de temps faut-il alors pour atteindre la taille obtenue en a) après 10 000 h à 1 000 °C ?
d) L'alliage a un désaccord paramétrique négatif. Comment s'orientent les radeaux sous traction ? sous compression ?
Voir la correction
a) a = (a0³ + K·t)1/3. Après 1 000 h : (6,4 × 10⁷ + 4,0 × 10⁷)1/3 = (1,04 × 10⁸)1/3 ≈ 470 nm. Après 10 000 h : (6,4 × 10⁷ + 4,0 × 10⁸)1/3 = (4,64 × 10⁸)1/3 ≈ 774 nm.
b) À fraction précipitée constante, la distance entre précipités est proportionnelle à leur taille, et la contrainte d'Orowan varie comme 1/λ : 400/774 ≈ 0,52. Le durcissement a perdu environ 48 %.
c) K(1 323 K)/K(1 273 K) = exp[(270 000/8,314) × (1/1 273,15 − 1/1 323,15)] = exp(32 475 × 2,97 × 10⁻⁵) = exp(0,964) ≈ 2,6. La même taille est atteinte en 10 000/2,62 ≈ 3 800 h : cinquante degrés de plus font vieillir l'alliage 2,6 fois plus vite.
d) Avec un désaccord négatif, les radeaux se couchent perpendiculairement à une traction, et se dressent parallèlement à une compression (manipulation 3).
Exercice 3 : la constante de Monkman-Grant N1-N2 · chapitre 4
Sur 45 essais de rupture, on trouve en moyenne ε̇min·tr = 0,051 (ε̇min en s⁻¹, tr en s). La régression libre donne log tr = −4,288 − 0,929·log ε̇min (tr en h, ε̇min en s⁻¹). Un essai à 70 MPa et 550 °C atteint sa vitesse minimale, 1,50 × 10⁻¹⁰ s⁻¹, au bout d'environ 17 000 h.
a) Quelle durée de vie prévoit la forme classique ?
b) Et la forme généralisée ?
c) L'éprouvette rompt à 66 100 h. Calcule l'écart de chaque prévision. Laquelle est dangereuse ?
d) Quelle fraction de la vie a-t-il fallu attendre pour mesurer ε̇min ?
e) La ductilité mesurée vaut 10,7 %. Calcule le rapport λ = εr/(ε̇min·tr) et interprète-le.
Voir la correction
a) tr = CMG/ε̇min = 0,051/1,50 × 10⁻¹⁰ = 3,4 × 10⁸ s, soit 3,4 × 10⁸/3 600 ≈ 94 400 h.
b) log ε̇min = log(1,50 × 10⁻¹⁰) = −9,824. log tr = −4,288 + 0,929 × 9,824 = 4,838, soit tr ≈ 69 000 h.
c) Forme classique : 94 400/66 100 − 1 ≈ +43 % ; forme généralisée : 69 000/66 100 − 1 ≈ +4 %. La forme classique est dangereuse : elle surestime la vie, parce que le produit ε̇min·tr, calé sur des essais courts, baisse aux longues durées.
d) 17 000/66 100 ≈ 0,26 : un quart de la vie, environ deux ans d'essai.
e) ε̇min·tr = 1,50 × 10⁻¹⁰ × 66 100 × 3 600 ≈ 0,036, d'où λ = 0,107/0,036 ≈ 3,0. La ductilité vaut trois fois la déformation « secondaire » : les stades primaire et surtout tertiaire en fournissent les deux tiers.
Exercice 4 : Larson-Miller au travail N2 · chapitre 5
On prend C = 20 (tr en h) et la courbe maîtresse log σ = 0,348313 + 0,393169 P − 0,015554 P² (σ en MPa, P en milliers).
a) Calcule P pour 100 000 h à 550 °C.
b) Quelles durées d'essai à 600 °C, puis à 650 °C, correspondent à ce même P ?
c) Quelle contrainte de rupture la courbe maîtresse donne-t-elle pour 100 000 h à 550 °C ?
d) Quelle durée de vie prévoit-elle à 575 °C sous 80 MPa ?
e) Quelle énergie d'activation apparente Q correspond au P de la question a) ?
f) Que vaudrait la constante si l'on comptait tr en secondes ?
Voir la correction
a) P = T(C + log tr) = 823,15 × (20 + 5) ≈ 20 579 K, soit 20,58 en milliers.
b) log tr = P/T − C. À 600 °C : 20 579/873,15 − 20 = 3,569, soit 3 700 h. À 650 °C : 20 579/923,15 − 20 = 2,292, soit 196 h.
c) log σ = 0,348313 + 0,393169 × 20,579 − 0,015554 × 20,579² = 0,3483 + 8,0911 − 6,5871 = 1,852, soit σ ≈ 71 MPa.
d) On résout 0,015554 P² − 0,393169 P + (log 80 − 0,348313) = 0, avec log 80 = 1,90309 (le résultat est sensible aux arrondis : garde tous les chiffres) : la racine du côté décroissant de la courbe vaut P ≈ 20,37. Puis log tr = 20 370/848,15 − 20 ≈ 4,02, soit tr ≈ 10 400 h.
e) Q = R·ln 10·P = 8,314 × 2,303 × 20 579 ≈ 394 kJ/mol.
f) En secondes, log tr augmente de log 3 600 = 3,56 ; pour garder le même P, C' = 20 − 3,56 ≈ 16,4.
Exercice 5 : la batterie de Rabotnov-Kachanov N2 · chapitre 6
Pour un acier, ε = εr[1 − (1 − t/tr)m] avec m = 1/3 et εr = 10,7 % ; l'endommagement suit ω = 1 − (1 − t/tr)1/(r+1) avec r = 5.
a) Quelle part de sa ductilité la pièce a-t-elle consommée à mi-vie ? à 90 % de sa vie ?
b) Une tuyauterie a atteint ε = 2,5 % après 40 000 h. Estime sa durée de vie et sa vie restante.
c) Même calcul si la mesure donne 3,0 %. Conclus sur la précision nécessaire.
d) Que vaut ω dans le cas b) ?
e) Dans la projection θ, que représentent θ1, θ2, θ3 et θ4 ? Pourquoi est-il risqué d'extrapoler les lois ln θi = bi1 + bi2σ ?
Voir la correction
a) À mi-vie : 1 − 0,51/3 = 1 − 0,794 = 0,21. À 90 % : 1 − 0,11/3 = 1 − 0,464 = 0,54. L'essentiel de la déformation arrive à la toute fin.
b) ε/εr = 2,5/10,7 = 0,234. On inverse : t/tr = 1 − (1 − 0,234)³ = 1 − 0,449 = 0,550. D'où tr = 40 000/0,550 ≈ 72 700 h, et une vie restante d'environ 32 700 h.
c) ε/εr = 0,280 ; t/tr = 1 − 0,720³ = 0,627 ; tr ≈ 63 800 h : vie restante ≈ 23 800 h. Un demi-point de déformation change la vie restante de 9 000 h : il faut mesurer la déformation avec une grande précision, et ne jamais s'en contenter.
d) ω = 1 − (1 − 0,550)1/6 = 1 − 0,875 ≈ 0,12 : la batterie est encore aux sept huitièmes pleine, alors que plus de la moitié de la vie est écoulée.
e) θ1 et θ3 sont les amplitudes des termes primaire (qui sature) et tertiaire (qui croît exponentiellement) ; θ2 et θ4 sont leurs constantes de vitesse, en s⁻¹. Les lois linéaires en σ sont empiriques : rien ne garantit qu'elles restent valables loin des contraintes d'essai (manipulation 6 : −54 % sur la durée de vie à 70 MPa).
Exercice 6 : Wilshire et Robinson N2 · chapitre 7
Pour l'acier modèle : Q* = 300 kJ/mol, k1 = 96, u = 0,162 (temps en s) ; Rm = 410 MPa à 550 °C.
a) Quelle contrainte provoque la rupture en 100 000 h à 550 °C selon Wilshire ?
b) Quelle durée de vie prévoit Wilshire sous 70 MPa à 550 °C ?
c) Une tuyauterie a passé 40 000 h sous 70 MPa à 550 °C (tr = 66 100 h), puis 3 000 h à 575 °C après un incident (tr = 14 800 h). Quelle fraction de vie a-t-elle consommée, et combien d'heures à 550 °C lui reste-t-il ?
d) À combien d'heures de service normal équivalent les 3 000 h d'incident ?
Voir la correction
a) tr = 3,6 × 10⁸ s ; Q*/RT = 300 000/(8,314 × 823,15) = 43,84 ; x = ln(3,6 × 10⁸) − 43,84 = 19,70 − 43,84 = −24,13. Puis ln[−ln(σ/Rm)] = ln 96 + 0,162 × (−24,13) = 4,564 − 3,909 = 0,655, donc σ/Rm = exp(−e0,655) = exp(−1,925) = 0,146 et σ ≈ 60 MPa.
b) ln[−ln(70/410)] = ln(1,768) = 0,570 ; x = (0,570 − 4,564)/0,162 = −24,66 ; tr = exp(−24,66 + 43,84) = exp(19,18) ≈ 2,1 × 10⁸ s, soit environ 59 000 h (réalité : 66 100 h).
c) D = 40 000/66 100 + 3 000/14 800 = 0,605 + 0,203 = 0,81. Il reste 0,19 × 66 100 ≈ 12 700 h à 550 °C.
d) 0,203 × 66 100 ≈ 13 400 h : 25 °C de trop pendant 3 000 h ont coûté plus de quatre fois leur durée.
🏆 Défi : le comité d'experts N2 · chapitres 5 et 7 · rejouable dans la manipulation 7
Un comité doit publier la résistance à la rupture à 100 000 h à 550 °C de l'acier modèle. Ouvre la manipulation 7.
a) Règle la campagne à environ 3 000 h. Combien d'essais sont terminés, combien dure le plus long, et jusqu'où la règle du facteur 3 permet-elle d'extrapoler ?
b) Relève les trois prévisions. Si l'on dimensionne une tuyauterie pour 100 000 h avec la prévision de Larson-Miller, quelle sera sa vraie durée de vie ? (Révèle la réalité : 62,4 MPa ; la durée de vie réelle sous 69,9 MPa vaut environ 66 500 h.)
c) Même question avec la prévision de Wilshire (la durée de vie réelle sous 58,5 MPa vaut environ 124 800 h).
d) Allonge la campagne jusqu'à ce que le facteur 3 soit respecté. Vers quelle durée de campagne est-ce le cas, et que valent alors les prévisions ? Que conclus-tu ?
Voir la correction
a) À 3 000 h : 32 essais terminés sur 45, le plus long dure 2 646 h. Le facteur 3 autorise à extrapoler jusqu'à environ 7 900 h : annoncer 100 000 h, c'est extrapoler 38 fois au-delà.
b) Larson-Miller (C = 20) : 69,9 MPa ; Wilshire : 58,5 MPa ; Norton à 550 °C : 79,2 MPa ; réalité : 62,4 MPa. Dimensionnée sous 69,9 MPa, la tuyauterie ne vivrait que 66 500 h environ au lieu des 100 000 h prévues : un tiers de vie en moins, sans le savoir.
c) Sous 58,5 MPa, elle vivrait environ 124 800 h : la prévision de Wilshire est prudente ici, avec 25 % de marge sur la durée de vie.
d) Le plus long essai dépasse 33 000 h quand l'essai à 80 MPa et 550 °C se termine, vers 49 000 h de campagne. Les prévisions deviennent : Larson-Miller 69,1 MPa, Wilshire 60,6 MPa, Norton 70,8 MPa. Larson-Miller et Norton restent optimistes de plus de 10 % : avec seulement deux essais longs à 550 °C parmi 44, l'ajustement est dominé par les essais courts. Respecter le facteur 3 est nécessaire, mais pas suffisant : il faut aussi des essais longs en nombre, à la température de service, et une méthode dont la forme reste physique quand on extrapole.
Quiz : 12 questions éclair
Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste
Fiche mémoire du cours 2
Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête
L'emmental
Les cavités germent tôt, invisibles, puis grossissent et s'alignent sur les joints transverses.
Le puzzle qui se démonte
Trois chemins, une seule cassure : intergranulaire, peu ductile aux longues durées.
Les radeaux
Les gros mangent les petits ; Orowan ∝ 1/λ ; en traction, les cubes de γ′ se couchent.
Le trajet en voiture
Vitesse × durée = distance ; mais il faut attendre le minimum, et la « constante » dérive.
Le paquet de cartes
T en K, tr en h. 10⁵ h à 550 °C ≈ 3 700 h à 600 °C. Q = R·ln 10·P.
La lunette θ
Un terme primaire qui sature, un tertiaire qui explose ; ln θi linéaire en σ.
La batterie
ω va de 0 à 1 ; à mi-vie, 21 % de la ductilité seulement (m = 1/3).
La boule de cristal
Wilshire borne la loi entre σ = Rm et σ → 0. Extrapoler : trois fois au plus.
Le ticket de caisse
Robinson additionne les fractions de vie, comme Miner en fatigue ; une surchauffe coûte cher.
Glossaire
Les mots, symboles et sigles de ce cours
- A
- Fraction cavitée : part de la longueur (ou de la surface) des joints transverses occupée par des cavités, de 0 à 1.
- Af
- Fraction cavitée à la rupture, quand les ligaments cèdent : Af = 1 − σ/Rm.
- Ac1, Ac3
- Températures de début et de fin de transformation en austénite au chauffage d'un acier.
- Cavité r, cavité w
- Cavité arrondie (round) grossissant par diffusion sur un joint tendu ; microfissure en coin (wedge) ouverte à un point triple par glissement des joints.
- C (Larson-Miller)
- Constante du paramètre de Larson-Miller, voisine de 20 pour les aciers avec tr en heures ; parfois notée B.
- CMG, C'MG
- Constante de Monkman-Grant (ε̇min·tr) ; constante de la forme généralisée ε̇minm·tr.
- Coalescence (mûrissement d'Ostwald)
- Croissance des gros précipités aux dépens des petits, à fraction précipitée constante.
- Contrainte nette, contrainte effective
- Contrainte portée par la matière restante : σ/(1 − A) pour une fraction cavitée A, σ/(1 − ω) dans le modèle de Rabotnov-Kachanov.
- D (Robinson)
- Fraction de vie consommée Σ ti/tr,i ; la rupture survient quand D = 1.
- δ (désaccord paramétrique)
- Écart relatif entre les paramètres de maille des phases γ′ et γ d'un superalliage.
- Ductilité de fluage εr
- Déformation totale à la rupture ; elle diminue aux longues durées.
- ε̇min
- Vitesse de déformation minimale, au stade secondaire (s⁻¹).
- Endommagement ω
- Grandeur de 0 (état sain) à 1 (rupture) qui mesure la part de section perdue ; ω̇ est sa vitesse.
- exp, ln, log
- Fonction exponentielle ; logarithme népérien ; logarithme décimal ; ln x = 2,303 log x.
- γ, γ′
- Matrice de nickel d'un superalliage ; précipités cubiques Ni3(Al,Ti) qui la durcissent.
- Glissement aux joints de grains
- Déplacement relatif de deux grains le long de leur joint, à haute température.
- Globulisation de la perlite
- Fragmentation des lamelles de cémentite en globules au cours d'un long maintien à chaud.
- Hollomon-Jaffe (paramètre de)
- Paramètre de revenu de la forme T(20 + log t), cousin du paramètre de Larson-Miller.
- IWE
- International Welding Engineer : ingénieur international en soudage.
- k1, u, Q*
- Constantes de la loi de Wilshire : préfacteur, exposant, énergie d'activation (J/mol).
- λ (Orowan)
- Distance entre précipités ; la contrainte d'Orowan varie comme μb/λ.
- λ (ductilité)
- Rapport εr/(ε̇min·tr), souvent entre 1,5 et 5.
- Ligament
- Matière saine restant entre deux cavités d'un joint.
- LSW (loi)
- Loi de coalescence de Lifshitz, Slyozov et Wagner : r³ − r0³ = k·t.
- m (Monkman-Grant, Rabotnov-Kachanov)
- Exposant de la forme généralisée de Monkman-Grant (0,8 à 1) ; exposant de la courbe de Rabotnov-Kachanov, (r + 1 − q)/(r + 1).
- Mise en radeaux (rafting)
- Coalescence orientée des cubes de γ′ en plaques sous contrainte et haute température.
- Monkman-Grant (relation de)
- ε̇min·tr ≈ constante, pour un matériau et un domaine de mécanismes donnés.
- Orowan (mécanisme d')
- Contournement des précipités par une dislocation qui s'arque entre eux.
- PLM
- Paramètre de Larson-Miller T(C + log tr), fonction de la seule contrainte ; souvent divisé par 1 000.
- Phase Z
- Nitrure de chrome, de vanadium et de niobium qui peut se former dans les aciers à 9-12 % Cr et dissoudre les fins carbonitrures.
- Point triple
- Ligne où se rencontrent trois grains.
- Projection θ
- Description de la courbe de fluage par un terme primaire et un terme tertiaire à quatre paramètres θ1 à θ4.
- Rm
- Résistance à la traction, mesurée ici à la température de service.
- Rabotnov-Kachanov (modèle de)
- Lois de déformation et d'endommagement accélérées par ω, qui donnent ε = εr[1 − (1 − t/tr)m].
- Réplique métallographique
- Empreinte d'une surface polie et attaquée, prise sur place avec un film plastique pour observer la microstructure sans découper la pièce.
- Robinson (règle de)
- Sommation linéaire des fractions de vie consommées en fluage, D = Σ ti/tr,i.
- Sensibilité à l'entaille
- Tendance d'un matériau à rompre plus vite en fluage quand il est entaillé.
- tr, tε
- Durée de vie, ou temps à rupture ; durée pour atteindre une déformation ε donnée.
- Type IV (fissuration de)
- Rupture par fluage dans la zone à grains fins ou intercritique de la ZAT des aciers résistant au fluage.
- Wilshire (équations de)
- Lois de la forme σ/Rm = exp{−k[t·exp(−Q*/RT)]u}, bornées par σ = Rm et σ → 0.
- ZAT
- Zone affectée thermiquement par le soudage.
- Σ
- « Sigma » majuscule : somme de tous les termes indiqués.
Ai-je bouclé la série ?
Dix points à cocher de tête
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| Question | L'outil | Cours | Le réflexe du soudeur |
|---|---|---|---|
| Ce métal flue-t-il ici ? | T/Tf ≳ 0,4, carte des mécanismes | 1 | raisonner en kelvins, penser au détensionnement |
| À quelle vitesse ? | courbe à trois stades, loi de Norton | 1 | quelques degrés de plus coûtent cher |
| Comment s'abîme-t-il ? | cavités r et w, coalescence, radeaux | 2 | surveiller les ZAT par répliques |
| Combien de temps tiendra-t-il ? | Monkman-Grant, Larson-Miller, Rabotnov-Kachanov, Wilshire, Robinson | 2 | se méfier des extrapolations, compter la vie consommée |