Avant de commencer
Ce que tu sais déjà, en trois cases
| Chapitre du cours | Ce qu'il apporte à l'IWE |
|---|---|
| 1 La carte des dangers | équivalents en chrome et en nickel, diagramme de Schaeffler et ses successeurs, dangers de Bystram, assemblages hétérogènes et dilution |
| 2 Ferrite ou austénite d'abord ? | modes de solidification, rôle de la ferrite δ, mesure de la ferrite (FN) |
| 3 Le film liquide qui se déchire | mécanisme de la fissuration à chaud de solidification, ségrégation, plage de fragilité |
| 4 Prévenir la fissuration à chaud | composition, vitesse, forme du cordon, bridage |
| 5 La liquation en zone affectée | fissuration par liquation, nuances stabilisées, soudage multipasse |
| 6 La fissuration à froid des martensitiques | hydrogène, trempabilité, préchauffage, postchauffage, traitement après soudage |
| 7 Le grossissement de grain des ferritiques | croissance de grain en zone affectée, conséquences, nuances stabilisées, énergie de soudage |
- ZF : zone fondue (le métal fondu) ; ZAT : zone affectée thermiquement, la bande du métal de base chauffée sans fondre ; MB : métal de base ; MA : métal d'apport (fil, baguette ou électrode).
- Creq, Nieq : chrome et nickel équivalents, deux sommes pondérées des teneurs en % massique, définies au chapitre 1 ; D : dilution, part du métal de base dans la zone fondue.
- γ (gamma) : l'austénite, cubique à faces centrées ; δ (delta) : la ferrite qui se forme à haute température, cubique centrée ; α : la ferrite des ferritiques, de même structure ; M : la martensite. Sur les cartes, on écrit simplement A, F et M.
- FN (Ferrite Number) : indice de ferrite mesuré à l'aimant (chapitre 2) ; HV : dureté Vickers ; TTDF : température de transition ductile-fragile.
- Les apports sont désignés comme dans l'ISO 14343 (fils) et l'ISO 3581 (électrodes) : 19 9 L veut dire 19 % de chrome, 9 % de nickel, L pour bas carbone. Leurs équivalents américains (308L, 309L…) sont donnés entre parenthèses. Les nuances de tôles sont désignées par leur numéro EN (1.4404) et leur équivalent AISI (316L).
Les inox se soudent bien… à condition de savoir quelle famille on a devant soi. Un austénitique se fissure à chaud si son métal fondu ne contient pas un peu de ferrite ; un martensitique se fissure à froid si on oublie le préchauffage ; un ferritique devient cassant si l'on soude trop chaud. Et quand on assemble un inox à un acier au carbone, le métal fondu est un mélange dont il faut prévoir la structure avant de souder. Le coordinateur en soudage choisit l'apport, l'énergie, le préchauffage et la séquence : tout ce cours sert à justifier ces choix.
Les familles d'inox en un coup d'œil
Rappel du cours 2. Un acier est dit inoxydable s'il contient au moins 10,5 % de chrome (et au plus 1,2 % de carbone, selon l'EN 10088-1) : le chrome forme en surface une couche d'oxyde de quelques nanomètres, la couche passive, qui se reforme seule si on la raye. Les autres éléments fixent la structure, donc la famille :
| Famille | Structure | Exemples (EN, AISI) | Atout | Danger principal au soudage |
|---|---|---|---|---|
| Austénitiques | γ, cubique à faces centrées | 1.4307 (304L), 1.4404 (316L), 1.4845 (310S) | ductiles et tenaces jusqu'aux très basses températures | fissuration à chaud (chapitres 2 à 5) ; phase σ et corrosion intergranulaire (cours 4) |
| Ferritiques | α, cubique centrée | 1.4016 (430), 1.4510 (439) | sans nickel, peu sensibles à la corrosion sous tension | grossissement de grain et fragilité (chapitre 7) |
| Martensitiques | M après trempe | 1.4006 (410), 1.4021 (420), 1.4313 (13-4) | durs et résistants | fissuration à froid (chapitre 6) |
| Austéno-ferritiques (duplex) | γ + α, environ moitié-moitié | 1.4462 (2205), 1.4410 (2507) | très résistants, mécaniquement et à la corrosion | équilibre des phases (chapitres 1 et 2) ; phase σ (cours 4) |
| Durcis par précipitation | martensite et fins précipités | 1.4542 (17-4PH), 1.4545 (15-5PH) | très haute résistance | fragilisation vers 475 °C (cours 4) |
La série en quatre cours
Déjà vu : fer-carbone, éléments d'addition, martensite et préchauffage (Métallurgie, cours 1 à 3). Voir aussi : la macrographie d'une soudure (Essais, cours 3) ; la transition ductile-fragile (Rupture, cours 2).
Le plan du cours
- 1La carte des dangers
Deux nombres, un point, quatre dangers : Schaeffler, Bystram et la dilution.
- 2Ferrite ou austénite d'abord ?
Le premier solide qui apparaît décide de tout : les quatre modes de solidification.
- 3Le film liquide qui se déchire
Le mécanisme de la fissuration à chaud, au cœur de la zone pâteuse.
- 4Prévenir la fissuration à chaud
Composition, vitesse, forme du cordon, bridage : les quatre leviers.
- 5La liquation en zone affectée
Quand les joints de grains fondent avant les grains, à côté du bain.
- 6La fissuration à froid des martensitiques
Hydrogène, martensite, contraintes : retirer un pied du tabouret.
- 7Le grossissement de grain des ferritiques
Des grains qui se mangent et ne reviennent jamais en arrière.
La carte des dangers
Deux nombres, un point, quatre dangers : Schaeffler, Bystram et la dilution
Un inox contient une dizaine d'éléments. Impossible de prévoir sa structure élément par élément : on les range en deux équipes.
- L'équipe de la ferrite (les éléments dits alphagènes) : le chrome, le molybdène, le silicium, le niobium. On additionne leurs teneurs, chacune pesée selon sa force comparée à celle du chrome : c'est le chrome équivalent Creq.
- L'équipe de l'austénite (les éléments gammagènes) : le nickel, le carbone, le manganèse, l'azote. Même principe, pesés par rapport au nickel : c'est le nickel équivalent Nieq.
Ces deux nombres sont les coordonnées d'un point sur une carte, comme la longitude et la latitude sur un GPS. En 1949, Anton Schaeffler a dessiné cette carte pour le métal fondu des soudures : à droite, le pays de la ferrite (F) ; en haut, celui de l'austénite (A) ; en bas à gauche, celui de la martensite (M) ; entre les trois, des zones frontières où deux ou trois structures cohabitent. Des lignes obliques donnent le pourcentage de ferrite, de 0 à 100 %.
Plus tard, Bystram a colorié sur la même carte les quartiers dangereux, chacun lié à une plage de températures :
- 🔥 fissuration à chaud, au-dessus d'environ 1 250 °C, dans l'austénite pure (en haut) ;
- ❄️ fissuration à froid par la martensite, au-dessous d'environ 400 °C (en bas à gauche) ;
- σ fragilisation par la phase sigma, lors de séjours entre environ 500 et 900 °C, quand il y a beaucoup de chrome (à droite) ;
- 🔍 grossissement de grain, au-dessus d'environ 1 150 °C, dans la ferrite (en bas à droite).
Au milieu reste un petit triangle sûr : de l'austénite avec un peu de ferrite. C'est là que visent les métaux d'apport des inox austénitiques, comme le 19 9 L ou le 19 12 3 L.
Manipulation 1 : le GPS de l'inox
La carte de Schaeffler redessinée, avec les dangers de Bystram en surimpression. Choisis un métal : son point s'affiche avec ses équivalents, sa structure et ses dangers ; touche la carte pour placer un point où tu veux. En mode « Assemblage », une tôle S355 et une tôle 304L sont soudées avec l'apport choisi : fais varier la dilution et regarde le métal fondu glisser sur le segment. En mode « Point mystère », devine le danger avant la réponse. Carte simplifiée d'après Schaeffler (1949) et Bystram. « ▶ Diluer » fait monter la dilution de 0 à 60 % en mode « Assemblage ».
Les équivalents de Schaeffler
Teneurs en % massique. Exemple, 316L (C 0,02 ; Mn 1,5 ; Si 0,4 ; Cr 17,2 ; Ni 10,2 ; Mo 2,1) : Creq = 17,2 + 2,1 + 0,6 = 19,9 et Nieq = 10,2 + 0,6 + 0,75 = 11,55
Le coefficient 30 du carbone saute aux yeux : 0,1 % de carbone pèse autant que 3 % de nickel. C'est pourquoi l'acier au carbone S355, presque sans nickel, a un Nieq d'environ 6 et tombe dans la martensite. Les coefficients sont des moyennes tirées d'essais ; ils ne valent que pour le diagramme avec lequel ils ont été établis.
| Diagramme ou critère | Creq | Nieq | Usage |
|---|---|---|---|
| Schaeffler (1949) | Cr + Mo + 1,5·Si + 0,5·Nb | Ni + 30·C + 0,5·Mn | structure du métal fondu (A, F, M) ; base de la carte de Bystram |
| DeLong | comme Schaeffler | + 30·N | ferrite des austénitiques, en tenant compte de l'azote |
| WRC-1992 (Welding Research Council) | Cr + Mo + 0,7·Nb | Ni + 35·C + 20·N + 0,25·Cu | ferrite en FN des austénitiques et des duplex, modes de solidification |
| Hammar et Svensson | Cr + 1,37·Mo + 1,5·Si + 2·Nb + 3·Ti | Ni + 0,31·Mn + 22·C + 14,2·N + Cu | rapport Creq/Nieq et mode de solidification (chapitre 2) |
L'azote compte beaucoup. Le duplex 2205 contient environ 0,17 % d'azote. Sans l'azote, Schaeffler le place à 83 % de ferrite ; en ajoutant 30·N (DeLong), le point monte de 5 unités et la ferrite tombe à 30 %. Un duplex réel soudé en compte entre ces deux valeurs. Vérifie-le avec le bouton « Compter l'azote ».
Assemblage hétérogène : la dilution est un levier
Dans la zone fondue, le métal d'apport se mélange au métal de base fondu. La dilution D est la part du métal de base dans ce mélange (mesurée sur une macrographie : aire de métal de base fondu divisée par l'aire totale de la zone fondue). Pour chaque élément :
Si deux métaux de base différents fondent à parts égales, XMB est leur moyenne
Comme Creq et Nieq sont des sommes pondérées, ils suivent la même loi : le point de la zone fondue est sur le segment qui relie le point de l'apport au point du métal de base, à la distance D de l'apport. C'est la règle du levier, sur la carte. Exemple, S355 et 304L à parts égales (point moyen Creq ≈ 9,7 ; Nieq ≈ 8,2), D = 30 % :
- avec un apport 23 12 L (309L) : zone fondue à Creq = 19,85, Nieq = 12,6, austénite avec environ 3 % de ferrite : zone sûre ;
- avec un apport 19 9 L (308L) : Creq = 17,4, Nieq = 10,5 : le point passe sous la frontière de la martensite, zone A + M + F : risque de fissuration à froid.
C'est la raison d'être des apports « surchargés » en chrome et en nickel comme le 23 12 L : ils gardent de la marge quand la dilution par l'acier au carbone tire le point vers la martensite.
Pour souder un inox austénitique sur un acier au carbone, on vise un métal fondu austénitique avec quelques % de ferrite, malgré une dilution de 20 à 40 %. Les apports 23 12 L (309L) ou 23 12 2 L (309LMo) y parviennent ; un 19 9 L risque la martensite. La position compte aussi : une passe de racine dilue plus qu'une passe de remplissage. Pour un service à haute température, où la différence de dilatation devient le premier problème, on choisit souvent un apport base nickel.
Ferrite ou austénite d'abord ?
Le premier solide qui apparaît décide de tout : les quatre modes de solidification
Quand de l'eau salée gèle, les premiers glaçons sont presque purs : ils repoussent le sel dans l'eau restante, de plus en plus salée. Un métal qui se solidifie fait pareil. Les premiers cristaux, en forme d'arbre (les dendrites), repoussent dans le liquide les éléments qu'ils n'aiment pas. Le dernier liquide, coincé entre les dendrites, concentre les impuretés comme le soufre et le phosphore.
Dans un inox austénitique, le premier solide peut être de l'austénite γ ou de la ferrite δ. C'est le rapport Creq/Nieq qui décide. On distingue quatre modes de solidification, du moins au plus chromé :
- A : tout se solidifie en austénite. Le dernier liquide, très chargé en impuretés, mouille les joints : c'est le mode le plus fragile à chaud.
- AF : l'austénite d'abord, puis un peu de ferrite tout à la fin, entre les dendrites.
- FA : la ferrite d'abord, puis l'austénite se forme autour d'elle à la fin de la solidification. En refroidissant, l'austénite dévore la plus grande partie de la ferrite ; il n'en reste qu'un squelette au cœur des anciennes dendrites, quelques %.
- F : tout se solidifie en ferrite ; l'austénite apparaît ensuite, à l'état solide, en lattes le long des joints.
Pour les austénitiques, le mode FA est l'objectif : la ferrite qui pousse en premier accepte mieux le soufre et le phosphore, et le peu qui en reste à froid protège le métal fondu. Le seuil se situe vers Creq/Nieq ≈ 1,5 à 1,55 avec les équivalents de Hammar et Svensson : au-dessus, la ferrite pousse en premier.
Manipulation 2 : le duel des dendrites
Premier schéma : une coupe du diagramme fer-chrome-nickel, en fonction du rapport Creq/Nieq (équivalents WRC-1992) ; la verticale est le métal choisi, le point sa température. Second schéma : quelques dendrites de la zone pâteuse vues au microscope : liquide (sable), austénite γ (bleu-vert), ferrite δ (bleu). Lance le refroidissement, ou fais glisser la température. La vitesse de refroidissement fixe la température où la transformation de la ferrite se fige. Modèle pédagogique.
La coupe du diagramme ternaire
Les inox austénitiques sont proches d'un ternaire fer-chrome-nickel à environ 70 % de fer. Sur une coupe verticale de ce ternaire (le chrome augmente vers la droite pendant que le nickel diminue), le liquidus a deux branches : à gauche l'austénite se forme en premier, à droite la ferrite. Entre les deux, un petit domaine triangulaire à trois phases, liquide + γ + δ, où la solidification se termine pour les modes AF et FA. Sous le solidus, un domaine γ + δ s'élargit en descendant : la ferrite devient instable et se transforme en austénite à l'état solide.
| Mode | Creq/Nieq (WRC-1992) | Suite des réactions | Ferrite à l'ambiante |
|---|---|---|---|
| A | < 1,25 | L → L + γ → γ | 0 |
| AF | 1,25 à 1,48 | L → L + γ → L + γ + δ → γ + δ | traces, entre les dendrites |
| FA | 1,48 à 1,95 | L → L + δ → L + δ + γ → δ + γ → γ + δ résiduelle | quelques %, squelette vermiculaire |
| F | > 1,95 | L → L + δ → δ → δ + γ (lattes) | de 20 % à presque 100 % |
Avec les équivalents de Hammar et Svensson, la frontière entre solidification primaire austénitique (A, AF) et ferritique (FA, F) se situe vers Creq/Nieq ≈ 1,5 à 1,55. Exemple, l'apport 19 9 L (C 0,02 ; Mn 1,7 ; Si 0,4 ; Cr 20,0 ; Ni 10,0 ; Mo 0,1 ; N 0,05 ; Cu 0,1) : Creq = 20,74, Nieq = 11,78, rapport 1,76 : ferrite primaire. Ce seuil varie un peu avec la somme Creq + Nieq et avec la vitesse : un refroidissement très rapide, comme en soudage laser, peut faire basculer un métal FA en mode A.
Une ferrite résiduelle hors d'équilibre
À l'équilibre, un métal FA devrait finir presque entièrement austénitique. Mais la transformation δ → γ demande de la diffusion, et le refroidissement d'un cordon est rapide : elle se fige en route. Plus on refroidit vite, plus elle se fige tôt, et plus il reste de ferrite. Dans le métal déposé des apports austénitiques, on vise en général 3 à 8 % de ferrite.
- Trop peu (moins de 3 % environ) : la protection contre la fissuration à chaud disparaît.
- Trop (au-delà d'environ 8 %) : les îlots de ferrite se touchent et forment un réseau continu. Or la ferrite, cubique centrée, devient fragile à basse température : la ténacité du métal fondu chute pour les services cryogéniques (sa TTDF, température de transition ductile-fragile, remonte). Et la ferrite, où le chrome diffuse beaucoup plus vite que dans l'austénite, se transforme plus vite en phase σ ou se démixte vers 475 °C (cours 4).
Mesurer la ferrite : le FN
La ferrite est magnétique, l'austénite ne l'est pas : on mesure donc la ferrite avec un appareil magnétique, étalonné selon l'ISO 8249. Le résultat est un indice, le FN (Ferrite Number), proche du pourcentage de ferrite jusqu'à environ 15, puis plus élevé que lui. Les diagrammes récents (DeLong, WRC-1992) sont gradués en FN ; Schaeffler l'était en %.
Les fabricants règlent la composition des apports 19 9 L, 19 12 3 L ou 23 12 L pour qu'ils se solidifient en ferrite primaire et gardent quelques FN, souvent garantis sur le certificat. Pour les services cryogéniques, on choisit des apports à ferrite basse et contrôlée ; pour les inox entièrement austénitiques (310, 904L), où le mode A est inévitable, on compense par une composition très pure et riche en manganèse (chapitre 4).
Le film liquide qui se déchire
Le mécanisme de la fissuration à chaud, au cœur de la zone pâteuse
À la fin de la solidification, le bain n'est plus liquide mais pas encore solide : des dendrites presque jointives, séparées par de minces films de liquide. Pendant ce temps, le métal se contracte en refroidissant et la pièce, bridée, tire sur le cordon. Les dendrites, collées par du liquide, ne résistent pas plus que deux tartines collées au miel : elles se séparent. Le film se déchire, et la fissure suit les joints entre dendrites.
Trois ingrédients sont réunis dans une fissuration à chaud de solidification :
- des films liquides qui mouillent les joints entre dendrites, d'autant plus que le liquide est riche en soufre et en phosphore, qui forment des composés fondant bas ;
- un large intervalle de solidification : plus la plage de températures où ces films subsistent est large, plus longtemps le métal reste vulnérable ;
- des contraintes d'ouverture : le retrait du métal, empêché par le bridage.
Les fissures apparaissent à haute température, juste derrière le bain ; elles sont souvent visibles au milieu du cordon, dans son axe, ou dans le cratère de fin de cordon. Leurs faces, oxydées à chaud, ont souvent des teintes de recuit.
Manipulation 3 : la fenêtre de fragilité
Premier schéma : la zone pâteuse vue en coupe : des dendrites et, entre elles, des films de liquide d'autant plus violets qu'ils sont chargés en soufre et en phosphore ; les flèches orange sont le retrait bridé. Second schéma : la plage de fragilité : la courbe bleue est la ductilité que le métal peut encaisser, la droite rouge la déformation que lui impose le retrait. Si la droite coupe la courbe, une fissure s'ouvre. Modèle pédagogique.
La ségrégation : la loi de Scheil
Le coefficient de partage k d'un élément est le rapport de sa teneur dans le solide qui se forme à sa teneur dans le liquide voisin. Si k est petit, le solide refuse l'élément, qui s'accumule dans le liquide restant. Si la diffusion dans le solide est négligeable, la teneur du liquide suit la loi de Scheil :
C₀ : teneur initiale ; fL : fraction de liquide restante (de 1 à 0). Exemple : soufre à 0,010 %, k = 0,04 ; quand il ne reste que 2 % de liquide, CL = 0,010 × 0,02−0,96 ≈ 0,43 %, soit 43 fois plus
Le soufre et le phosphore ont des coefficients de partage très faibles, plus faibles dans l'austénite que dans la ferrite, où ils sont plus solubles. Le dernier liquide d'un métal à solidification austénitique s'enrichit donc énormément, jusqu'à former des composés qui fondent très bas : l'eutectique fer-sulfure de fer fond à 988 °C, l'eutectique fer-phosphure de fer à 1 048 °C, l'eutectique nickel-sulfure de nickel à 637 °C seulement. Les films liquides subsistent ainsi des centaines de degrés sous le solidus nominal de l'alliage.
La plage de fragilité (BTR)
La plage de fragilité (BTR, brittleness temperature range) est l'intervalle de températures, à la fin de la solidification, où le métal a déjà une certaine résistance mais presque pas de ductilité, à cause des films. Le métal fissure si la déformation imposée par le retrait, qui croît pendant qu'il refroidit dans cette plage, dépasse la ductilité disponible. C'est l'idée du modèle de la manipulation 3. On en tire les trois leviers : réduire la plage (moins d'impuretés, solidification ferritique), augmenter la ductilité minimale (films moins continus), réduire la déformation imposée (bridage, forme du cordon, vitesse).
Pourquoi la ferrite primaire protège
- Le soufre et le phosphore se dissolvent mieux dans la ferrite : moins de ségrégation, des films moins nombreux et moins riches.
- En mode FA, la fin de la solidification se fait par une réaction à trois phases : les joints δ/γ sont tortueux, mal mouillés par le liquide, et une fissure ne peut pas les suivre sur une longue distance.
- La plage de fragilité est plus étroite.
Ce schéma résume des cartes publiées par Suutala et ses collègues à partir d'essais de fissuration (les deux points sont des exemples à P + S = 0,025 %) : en solidification austénitique primaire (rapport de Hammar et Svensson inférieur à 1,5 environ), quelques centièmes de % de phosphore et de soufre suffisent à fissurer ; en solidification ferritique primaire, le métal tolère bien davantage.
Pour classer des métaux ou qualifier un apport, on impose une déformation pendant la solidification et l'on mesure les fissures obtenues. L'essai le plus connu, le Varestraint, plie brusquement une éprouvette au passage de l'arc ; d'autres essais, dits autobridés, utilisent la forme de l'éprouvette pour créer le bridage. Ils donnent des longueurs de fissures, des seuils de déformation et des plages de fragilité, qui permettent de comparer des nuances entre elles.
Prévenir la fissuration à chaud
Composition, vitesse, forme du cordon, bridage : les quatre leviers
Les grains du métal fondu poussent depuis les bords du bain vers son centre, toujours perpendiculairement au front de solidification, comme les rangs d'une foule qui avance vers une porte. La forme du bain décide donc du dessin des grains.
- À vitesse modérée, le bain est une ellipse : les grains se courbent en route et finissent par pousser dans le sens de la soudure. Le dernier liquide, chargé d'impuretés, se répartit le long de nombreux joints.
- À grande vitesse, le bain s'étire en goutte d'eau : ses bords deviennent presque droits, les grains poussent tout droit vers l'axe et s'y heurtent de face. Tout le dernier liquide se retrouve dans un seul plan, l'axe du cordon : c'est là que la fissure s'ouvre, sur toute la longueur.
La forme de la section joue de la même façon. Un cordon étroit et profond se solidifie depuis ses deux flancs, qui se rejoignent dans un plan vertical au milieu : un piège à films liquides. On préfère des cordons assez larges, avec un rapport profondeur sur largeur h/c d'environ 1 au plus, et une surface bombée plutôt que creuse : un cordon concave, plus mince au centre, concentre le retrait sur son axe.
Restent la composition (peu de carbone, de soufre, de phosphore et de cuivre, assez de manganèse, une dilution limitée) et le bridage : ne brider que ce qui est nécessaire.
Manipulation 4 : la goutte d'eau et le cordon
Premier schéma : le bain vu de dessus (liquide sable) et les grains du métal solidifié, tracés perpendiculairement au front ; le soudage avance vers la droite. Second schéma : la section du cordon et la zone où se rassemble le dernier liquide. Règle la vitesse, le rapport h/c, la forme de la surface et le bridage, et lis l'indice de risque. Modèle pédagogique. « ▶ Accélérer » fait passer la vitesse de 1 à 12 mm/s : le bain s'étire en goutte d'eau.
La croissance des grains suit le front
Les grains du métal fondu naissent sur les grains du métal de base, à la ligne de fusion, sans germination nouvelle : c'est la croissance épitaxiale. Ils poussent ensuite le long du gradient de température, perpendiculairement au front. En régime établi, la vitesse de croissance en un point du front vaut
v : vitesse de soudage ; θ : angle entre la direction de soudage et la normale au front. R est nul sur les bords du bain (θ = 90°) et maximal, égal à v, sur l'axe en queue de bain
Dans une goutte d'eau, θ reste grand jusqu'à l'axe : les grains y arrivent presque perpendiculairement et forment un joint axial continu. Dans une ellipse, θ diminue en approchant de l'axe : les grains s'y couchent dans le sens de la soudure.
Vitesse et énergie
Réduire la vitesse augmente l'énergie de soudage. On la calcule comme d'habitude :
E : énergie de l'arc (J/mm) ; Q : énergie de soudage ; k, rendement thermique du procédé (EN 1011-1) : 0,6 en TIG (141), 0,8 en électrode enrobée (111) et en MIG-MAG (131, 135), 1,0 en arc submergé (121). Exemple TIG : 12 V, 180 A, 4 mm/s → E = 540 J/mm, Q ≈ 0,32 kJ/mm
Pour un austénitique, on garde une énergie modérée : assez lente pour éviter la goutte d'eau, pas trop forte pour ne pas élargir la zone affectée ni chauffer la pièce (températures entre passes basses, souvent 150 °C au plus).
La composition du métal fondu
- Carbone bas : il élargit l'intervalle de solidification.
- Soufre et phosphore minimaux, dans les tôles comme dans les apports. Attention aux nuances de décolletage comme le 1.4305 (303), volontairement resoufrées : elles sont pratiquement insoudables par fusion.
- Manganèse : il forme des sulfures de manganèse, qui fondent vers 1 600 °C, au lieu des sulfures de fer, qui donnent un liquide dès 988 °C. Les apports riches en manganèse, comme le 18 8 Mn (307), sont réputés pour leur résistance à la fissuration.
- Cuivre limité : il forme lui aussi des films à bas point de fusion.
- Silicium : les apports dits LSi en contiennent un peu plus, pour mieux mouiller ; c'est sans risque en mode FA, mais dans un métal entièrement austénitique, le silicium, comme le niobium, le titane et le bore, aggrave la fissuration.
- Dilution minimale quand le métal de base est riche en carbone ou en soufre : chanfreins ouverts, passes sur beurrage.
Pour un austénitique sensible (mode A, 310 ou 904L), le mode opératoire fixe une intensité modérée, une vitesse qui évite la goutte d'eau, des passes larges et bombées, un remplissage des cratères, un apport pur et riche en manganèse, et des températures entre passes basses. Pour un austénitique courant en mode FA, il suffit en général de respecter la ferrite de l'apport et une dilution raisonnable.
La liquation en zone affectée
Quand les joints de grains fondent avant les grains, à côté du bain
Le métal de base situé juste au bord du bain chauffe presque jusqu'à sa température de fusion, sans fondre. Presque… car ses joints de grains ne sont pas faits du même métal que ses grains : ils concentrent le soufre, le phosphore, le bore, et parfois de petites particules (carbures de niobium ou de titane, phases de Laves Fe₂Nb ou Fe₂Ti) qui, chauffées très vite, réagissent avec le métal voisin et forment un liquide bien avant la fusion du grain.
Résultat : une mince bande le long de la ligne de fusion, la zone partiellement fondue, où les joints de grains sont liquides alors que les grains sont solides. Comme un mur dont le mortier aurait fondu, elle tient tant qu'on ne la tire pas ; mais le retrait du cordon tire justement dessus en refroidissant. Les films s'ouvrent : ce sont les fissures de liquation, courtes, intergranulaires, en zone affectée, souvent invisibles en surface.
En soudage multipasse, chaque passe réchauffe la précédente. Le métal fondu de la passe d'avant, déjà ségrégé entre ses dendrites, joue alors le rôle du métal de base : ses anciens joints refondent et peuvent fissurer à leur tour.
Manipulation 5 : le joint qui fond avant le grain
Premier schéma : la température maximale atteinte en fonction de la distance au centre du cordon : la bande où elle se situe entre la température de liquation des joints et le solidus du grain est la zone partiellement fondue. Second schéma : un joint de grain de cette zone : sa particule fond, s'étale en film, et le film s'ouvre sous le retrait si le risque est trop fort. Modèle pédagogique.
Deux origines du liquide aux joints
- La ségrégation aux joints : soufre, phosphore et bore abaissent localement la température de début de fusion.
- La liquation constitutionnelle : une particule (NbC, TiC, Fe₂Nb…) chauffée trop vite pour se dissoudre réagit avec la matrice et forme un liquide eutectique à son contact, à une température inférieure au solidus de l'alliage. Les austénitiques stabilisés au niobium (347) ou au titane (321) y sont particulièrement exposés.
La largeur de la zone partiellement fondue
La température maximale atteinte décroît avec la distance r au centre de la source. Dans une tôle épaisse, la solution de Rosenthal (le calcul classique de la température autour d'une source de chaleur ponctuelle qui se déplace) donne
Q : énergie de soudage (J/m) ; ρc : capacité thermique volumique (≈ 3,95 × 10⁶ J/(m³·K) pour un austénitique) ; e ≈ 2,718. La zone partiellement fondue s'étend entre le rayon où Tmax atteint le solidus du grain et celui où elle atteint la température de liquation des joints
Plus l'écart entre ces deux températures est grand et plus l'énergie est forte, plus la bande est large. Dans le modèle de la manipulation, à 1,5 kJ/mm, elle mesure environ 40 µm pour un 304L propre et 330 µm pour un 347, dont les joints liquéfient 110 °C sous le solidus.
Les remèdes
- Une énergie de soudage limitée, en passes étroites : la bande est plus mince et les contraintes plus faibles.
- Des métaux de base propres en soufre, phosphore et bore, à grain fin : les films se répartissent sur plus de joints, plus courts.
- Un apport qui se solidifie avec de la ferrite : le métal fondu réchauffé par la passe suivante tolère alors la liquation.
- Un bridage modéré, une séquence de passes réfléchie.
Sur un 321 ou un 347 épais, les fissures de liquation se cachent dans la zone affectée et dans les passes réchauffées. Le mode opératoire limite l'énergie par passe, impose des températures entre passes basses et un apport à ferrite contrôlée, souvent un 19 9 Nb pour garder la stabilisation. Les contrôles volumiques (ultrasons, radiographie) complètent le ressuage, qui ne voit que ce qui débouche.
La fissuration à froid des martensitiques
Hydrogène, martensite, contraintes : retirer un pied du tabouret
Les inox martensitiques, à 12-13 % de chrome et un peu de carbone, prennent la trempe à l'air : quelle que soit la vitesse de refroidissement, leur zone affectée, et leur métal fondu s'il est de même nature, deviennent de la martensite, dure et peu ductile. C'est le premier pied du tabouret.
Le deuxième pied, c'est l'hydrogène : il vient de l'humidité des enrobages et des flux, des graisses, de la peinture, de la calamine humide, de l'air. Dissous dans le bain, il reste piégé dans la martensite, puis migre lentement vers les zones les plus tendues. Le troisième pied, ce sont les contraintes : retrait, dilatations, changement de volume de la transformation martensitique, bridage.
Quand les trois sont réunis, une fissure apparaît… plus tard : sous environ 200 °C, parfois plusieurs jours après le soudage, le temps que l'hydrogène diffuse. Fine, souvent dans la zone affectée, parfois sous le cordon où on ne la voit pas, ou transversale dans le métal fondu.
Les remèdes scient un pied : moins d'hydrogène (pièces propres, électrodes étuvées, apports bas hydrogène), moins de contraintes (bridage limité, séquence adaptée), et surtout le préchauffage vers 200 °C, maintenu pendant le soudage et prolongé par un postchauffage au-dessus de 200 °C, qui laisse à l'hydrogène le temps de partir.
Manipulation 6 : le triangle hydrogène, martensite, contraintes
Premier graphique : le cycle thermique de la soudure : préchauffage, soudage, maintien en postchauffage, puis refroidissement ; les bandes Ms et Mf encadrent la transformation en martensite. Deuxième : l'hydrogène diffusible qui reste dans la zone soudée. Troisième : les trois pieds du tabouret : la fissure apparaît si l'hydrogène restant dépasse la teneur critique fixée par la dureté et les contraintes. Modèle pédagogique.
Quand et combien de martensite
La martensite commence à se former à la température Ms (martensite start) et se termine vers Mf (martensite finish). Une formule empirique classique, due à Andrews, donne Ms (°C) à partir des teneurs en % massique :
410 (C 0,10 ; Mn 0,6 ; Ni 0,3 ; Cr 12,5) : Ms ≈ 322 °C ; X20Cr13 (C 0,20 ; Cr 13) : ≈ 274 °C ; 13-4 (C 0,03 ; Ni 4 ; Cr 12,8 ; Mo 0,5) : ≈ 276 °C
Sous Ms, la fraction transformée suit la loi de Koistinen et Marburger, f = 1 − exp[−0,011·(Ms − T)] : pour le 410, 74 % à 200 °C, 91 % à 100 °C, 96 % à 20 °C. La dureté de la martensite dépend surtout du carbone ; une formule empirique donne HV ≈ 884·C·(1 − 0,3·C²) + 294, soit environ 470 HV à 0,20 % C, 380 HV à 0,10 % C et 320 HV à 0,03 % C. Plus elle est dure, moins elle tolère d'hydrogène.
Le temps de départ de l'hydrogène
L'hydrogène s'échappe par diffusion. Pour une pièce d'épaisseur e, l'ordre de grandeur du temps de dégazage est
D : coefficient de diffusion effectif de l'hydrogène, très sensible à la température. Avec les valeurs du modèle (D ≈ 2 × 10⁻¹¹ m²/s à 20 °C, 2,4 × 10⁻⁹ m²/s à 200 °C), pour 20 mm : τ ≈ 23 jours à 20 °C, 4,7 h à 200 °C
D'où les deux règles : un postchauffage de quelques heures à 200-300 °C évacue l'essentiel de l'hydrogène ; à l'ambiante, il faut des jours, et la fissure a le temps d'apparaître. C'est aussi pourquoi, sur les aciers sensibles, on attend un délai avant le contrôle final.
La suite du cycle : refroidir, puis revenir
Après le postchauffage, on refroidit la pièce sous environ 100 °C pour transformer l'austénite restante en martensite, puis on fait un traitement thermique après soudage (revenu, souvent vers 650-750 °C pendant une à quatre heures) qui adoucit la martensite et lui rend de la ténacité. Revenir sans avoir refroidi laisserait de l'austénite qui deviendrait une martensite fraîche, non revenue, au refroidissement final.
Les martensitiques à bas carbone et au nickel, comme le 13-4, sont bien plus tolérants : martensite moins dure, un peu d'austénite résiduelle, préchauffage plus modéré. Quand le traitement après soudage est impossible, on soude parfois avec un apport austénitique (23 12 L, par exemple) : l'austénite dissout l'hydrogène et reste ductile, au prix d'un cordon moins résistant que le métal de base.
Pièces dégraissées et sèches ; électrodes basiques étuvées, ou fils et flux bas hydrogène ; préchauffage vers 200-300 °C, mesuré selon l'ISO 13916 (mesure des températures de préchauffage et entre passes) ; températures entre passes dans la même plage ; postchauffage ; refroidissement sous 100 °C ; revenu après soudage ; contrôle après un délai. Pour les fortes épaisseurs et les cordons tirés, qui refroidissent vite, on ne transige sur aucun de ces points.
Le grossissement de grain des ferritiques
Des grains qui se mangent et ne reviennent jamais en arrière
Regarde la mousse d'un verre de bière : en quelques minutes, les petites bulles disparaissent au profit des grosses. Chaque paroi coûte de l'énergie ; en réduisant la surface totale des parois, la mousse s'en débarrasse. Les grains d'un métal font pareil : leurs joints sont des parois qui coûtent de l'énergie, et dès que la température est assez haute pour que les atomes bougent, les gros grains mangent les petits. C'est la coalescence, ou grossissement de grain.
Les inox ferritiques y sont très sensibles : leur structure cubique centrée laisse les atomes diffuser vite, et surtout ils ne changent pas de phase en chauffant. Un acier au carbone se régénère en repassant par l'austénite : ses grains repartent à zéro. Un ferritique, non : une fois grossis, ses grains le restent, aucun traitement thermique ne les affine.
Près de la ligne de fusion, la zone affectée d'un ferritique peut ainsi passer de 25 µm à plusieurs centaines de micromètres. Conséquences : une fragilité accrue (température de transition ductile-fragile qui remonte, impuretés concentrées sur des joints moins nombreux) et un adoucissement.
Les remèdes : limiter l'énergie de soudage, la température et le temps de séjour, et donc ne pas préchauffer, au contraire des martensitiques. Et choisir des nuances stabilisées au titane ou au niobium, dont les fines particules épinglent les joints.
Manipulation 7 : les grains qui se mangent
Une tôle ferritique de 3 mm soudée bord à bord. Premier schéma : les grains de la zone affectée à la distance choisie de la ligne de fusion (les points violets sont des particules de nitrure de titane, présentes dans le 439). Second schéma : la taille de grain en fonction de la distance, sans préchauffage (tirets) et avec le préchauffage choisi. Le défi se rejoue ici. Modèle pédagogique. « ▶ Augmenter l'énergie » fait monter l'énergie de soudage de 0,15 à 0,75 kJ/mm.
La cinétique de croissance
La force motrice est l'énergie des joints, proportionnelle à leur surface, donc à 1/d. La taille de grain moyenne d croît selon une loi parabolique, activée thermiquement :
d₀ : taille initiale ; K₀ : constante du métal ; Qa : énergie d'activation de la mobilité des joints ; R = 8,314 J/(mol·K) ; T(t) : cycle thermique en kelvins. L'intégrale cumule les temps passés à haute température, pondérés par une exponentielle qui privilégie énormément les pics
Dans la manipulation (Qa = 250 kJ/mol, d₀ = 25 µm), à 0,30 kJ/mm et 1 mm de la ligne de fusion, le pic atteint 1 236 °C et le grain passe à 80 µm. Avec un préchauffage de 200 °C, le pic monte à 1 292 °C, le refroidissement s'allonge, et le grain atteint 131 µm.
L'ancrage de Zener
Des particules fines et stables (TiN, Ti(C,N), NbC) épinglent les joints : pour avancer, un joint doit s'en arracher. La croissance s'arrête vers une taille limite, donnée par la relation de Zener :
r : rayon des particules ; f : leur fraction volumique. Avec r = 0,1 µm et f = 0,2 % : dlim ≈ 67 µm. Il faut des particules fines, nombreuses, et qui ne se dissolvent pas à haute température : le nitrure de titane remplit ce rôle
Ce que coûtent les gros grains
La limite d'élasticité suit la loi de Hall-Petch, Re = R0 + kHP/√d. Avec R0 = 200 MPa et kHP = 0,6 MPa·√m (ordres de grandeur d'un ferritique), Re passe de 320 MPa à 25 µm à 245 MPa à 177 µm. À cet adoucissement s'ajoute, après un séjour à haute température, la disparition des dislocations de l'écrouissage (la restauration). La température de transition ductile-fragile remonte quand le grain grossit, d'environ 11,5 °C par unité de d−1/2 (d en mm) dans les aciers ferritiques : +45 °C de 25 à 177 µm. Un 430, déjà proche de la transition à l'ambiante, devient cassant.
Les ferritiques non stabilisés comme le 430 cumulent un autre défaut : leur carbone et leur azote font apparaître un peu d'austénite à haute température, qui devient de la martensite aux joints en refroidissant. Les nuances stabilisées et à bas interstitiels (439, 444) sont faites pour le soudage.
Procédés à faible énergie (TIG pulsé, MIG pulsé, laser), passes étroites et rapides, pas de préchauffage sauf exception pour des 430 épais, températures entre passes basses, apports adaptés (ferritiques stabilisés, ou austénitiques pour gagner en ténacité dans le cordon). Les tôles ferritiques étant souvent minces, c'est l'énergie par millimètre qui se règle au plus juste.
Exercices corrigés
Six exercices et un défi, de la carte au mode opératoire
Cherche chaque question sur papier avant d'ouvrir la correction. Les compositions sont en % massique. Les exercices 1 et 2 se vérifient dans la manipulation 1, l'exercice 4 dans la manipulation 3, l'exercice 5 dans la manipulation 4, l'exercice 6 dans la manipulation 6, et le défi se rejoue dans la manipulation 7.
Exercice 1 : deux points sur la carte N1 · chapitre 1
Tôle 316L : C 0,02 ; Mn 1,5 ; Si 0,4 ; Cr 17,2 ; Ni 10,2 ; Mo 2,1 ; N 0,05. Apport 19 12 3 L : C 0,02 ; Mn 1,7 ; Si 0,4 ; Cr 18,5 ; Ni 12,0 ; Mo 2,7 ; N 0,05.
a) Calcule Creq et Nieq de Schaeffler pour la tôle.
b) Même calcul pour l'apport.
c) Avec la manipulation 1, donne la structure, la ferrite et la zone de Bystram de chacun.
d) Ajoute l'azote (+ 30·N). Que devient la ferrite ? Qu'en conclus-tu ?
Voir la correction
a) Creq = Cr + Mo + 1,5·Si + 0,5·Nb = 17,2 + 2,1 + 1,5 × 0,4 = 19,9 ; Nieq = Ni + 30·C + 0,5·Mn = 10,2 + 0,6 + 0,75 = 11,55.
b) Creq = 18,5 + 2,7 + 0,6 = 21,8 ; Nieq = 12,0 + 0,6 + 0,85 = 13,45.
c) Les deux sont en A + F avec environ 6 à 7 % de ferrite, dans le triangle sûr de Bystram.
d) 30 × 0,05 = 1,5 : Nieq passe à 13,05 et 14,95 ; la ferrite tombe à environ 2 % pour chacun. L'azote, très gammagène, réduit nettement la ferrite : pour les nuances azotées, on utilise les équivalents qui le comptent (DeLong, WRC-1992).
Exercice 2 : un inox sur un acier au carbone N2 · chapitre 1
On soude une tôle S355 (C 0,17 ; Mn 1,45 ; Si 0,3 ; Cr 0,05 ; Ni 0,05 ; Mo 0,01) sur une tôle 304L (C 0,02 ; Mn 1,5 ; Si 0,4 ; Cr 18,2 ; Ni 9,2 ; Mo 0,1). Les deux fondent à parts égales ; dilution D = 30 %. Apports : 23 12 L (Creq = 24,2 ; Nieq = 14,45) ou 19 9 L (Creq = 20,7 ; Nieq = 11,45).
a) Calcule les points de Schaeffler des deux tôles, puis du métal de base moyen.
b) Calcule le point de la zone fondue avec le 23 12 L. Où tombe-t-il ?
c) Même question avec le 19 9 L.
d) Dans la manipulation 1 (mode « Assemblage »), jusqu'à quelle dilution chaque apport reste-t-il dans le triangle sûr ?
Voir la correction
a) S355 : Creq = 0,05 + 0,01 + 0,45 = 0,51 ; Nieq = 0,05 + 5,1 + 0,725 ≈ 5,88. 304L : Creq = 18,2 + 0,1 + 0,6 = 18,9 ; Nieq = 9,2 + 0,6 + 0,75 = 10,55. Moyenne : (9,70 ; 8,21).
b) XZF = D·XMB + (1 − D)·XMA : Creq = 0,3 × 9,70 + 0,7 × 24,2 = 19,85 ; Nieq = 0,3 × 8,21 + 0,7 × 14,45 = 12,58. A + F avec environ 3 % de ferrite : zone sûre.
c) Creq = 0,3 × 9,70 + 0,7 × 20,7 = 17,40 ; Nieq = 0,3 × 8,21 + 0,7 × 11,45 = 10,48. Le point passe sous la frontière de la martensite (zone A + M + F) : risque de fissuration à froid.
d) Environ 40 % pour le 23 12 L, seulement 22 % pour le 19 9 L. Le 23 12 L garde la marge que réclame la dilution par l'acier au carbone, surtout en passe de racine.
Exercice 3 : qui gèle en premier ? N1 · chapitre 2
Utilise les équivalents de Hammar et Svensson et le seuil Creq/Nieq ≈ 1,55.
a) Apport 19 9 L : C 0,02 ; Mn 1,7 ; Si 0,4 ; Cr 20,0 ; Ni 10,0 ; Mo 0,1 ; N 0,05 ; Cu 0,1.
b) Apport 25 20 (310) : C 0,10 ; Mn 1,8 ; Si 0,4 ; Cr 25,5 ; Ni 20,5 ; N 0,03 ; Cu 0,1.
c) Apport 18 8 Mn (307) : C 0,08 ; Mn 6,5 ; Si 0,8 ; Cr 18,5 ; Ni 8,5 ; N 0,05 ; Cu 0,1.
d) Classe-les du plus au moins sensible à la fissuration à chaud, et explique la réputation du 18 8 Mn.
Voir la correction
a) Creq = Cr + 1,37·Mo + 1,5·Si + 2·Nb + 3·Ti = 20,0 + 0,137 + 0,6 = 20,74 ; Nieq = Ni + 0,31·Mn + 22·C + 14,2·N + Cu = 10,0 + 0,527 + 0,44 + 0,71 + 0,1 = 11,78 ; rapport 1,76 : ferrite primaire, mode FA.
b) Creq = 25,5 + 0,6 = 26,1 ; Nieq = 20,5 + 0,558 + 2,2 + 0,426 + 0,1 = 23,78 ; rapport 1,10 : austénite primaire, mode A.
c) Creq = 18,5 + 1,2 = 19,7 ; Nieq = 8,5 + 2,015 + 1,76 + 0,71 + 0,1 = 13,09 ; rapport 1,51 : juste sous le seuil, austénite primaire.
d) Le 25 20 est le plus sensible (mode A franc), puis le 18 8 Mn, puis le 19 9 L (mode FA). Le 18 8 Mn compense sa solidification austénitique par son manganèse : le soufre forme des sulfures de manganèse, solides jusque vers 1 600 °C, au lieu de films de sulfure de fer qui restent liquides jusqu'à 988 °C.
Exercice 4 : le dernier liquide N2 · chapitre 3
Métal à 0,010 % de soufre. Coefficients de partage indicatifs : k = 0,04 si le solide est de l'austénite, k = 0,10 si c'est de la ferrite.
a) Avec la loi de Scheil, calcule la teneur en soufre du liquide quand il en reste 10 %, 5 %, puis 2 %, dans les deux cas.
b) Que montrent ces chiffres ?
c) Dans la manipulation 3, mode A, bridage moyen : quelle teneur maximale en P + S évite la fissure (pas de 0,001 %) ?
d) Même question en bridage faible, puis en mode FA avec un bridage fort.
Voir la correction
a) CL = C0·fLk − 1. Austénite (k = 0,04) : 0,091 % ; 0,177 % ; 0,43 %. Ferrite (k = 0,10) : 0,079 % ; 0,148 % ; 0,34 %.
b) Dans les deux cas, le dernier liquide est 30 à 40 fois plus soufré que l'alliage : même un métal « propre » forme des films riches en soufre. L'avantage de la ferrite ne tient pas qu'à k : elle dissout davantage de soufre et de phosphore, sa plage de fragilité est plus étroite et ses joints avec l'austénite sont tortueux.
c) Jusqu'à 0,019 % la marge reste positive ; à 0,020 %, la déformation dépasse la ductilité de 0,005 % : la fissure s'ouvre.
d) En bridage faible, environ 0,058 %. En mode FA, aucune fissure jusqu'à 0,060 %, même en bridage fort : la plage de fragilité ne dépasse pas 78 °C et la ductilité minimale est plus grande.
Exercice 5 : régler un cordon N1 · chapitre 4
Soudage TIG (k = 0,6) d'un austénitique : U = 12 V, I = 180 A.
a) Calcule l'énergie de l'arc E et l'énergie de soudage Q à 4 mm/s, puis à 8 mm/s.
b) Dans la manipulation 4, relève l'angle des grains sur l'axe à 4, 8 et 10 mm/s.
c) Une macrographie montre un cordon de profondeur h = 6 mm pour une largeur c = 4,5 mm. Commente.
d) Relève l'indice de risque pour : 8 mm/s, h/c = 1,35, cordon creux, bridage fort ; puis 4 mm/s, h/c = 0,8, cordon bombé, bridage moyen.
Voir la correction
a) E = U·I/v = 12 × 180/4 = 540 J/mm, Q = k·E = 0,6 × 540 ≈ 0,32 kJ/mm ; à 8 mm/s : E = 270 J/mm, Q ≈ 0,16 kJ/mm.
b) Environ 5° à 4 mm/s (bain en ellipse, grains couchés), 43° à 8 mm/s, 74° à 10 mm/s (goutte d'eau, grains de face).
c) h/c = 6/4,5 ≈ 1,33 : cordon trop étroit et profond, le dernier liquide se rassemble dans le plan médian. Il faut une largeur d'au moins 6 mm (h/c ≤ 1), par exemple avec une vitesse plus faible ou un léger balayage, ou plusieurs passes.
d) Premier cas : indice ≈ 3,6, risque fort (tous les facteurs défavorables réunis). Second cas : indice ≈ 0,7, risque faible.
Exercice 6 : le mode opératoire d'un 410 N2 · chapitre 6
Tôles 410 de 20 mm : C 0,10 ; Mn 0,6 ; Ni 0,3 ; Cr 12,5. Électrodes de classe H10.
a) Calcule Ms (formule d'Andrews) et la dureté de la martensite.
b) Quelle fraction de martensite à 200 °C, 100 °C et 20 °C (Koistinen et Marburger) ?
c) Avec D = 2 × 10⁻¹¹ m²/s à 20 °C et 2,4 × 10⁻⁹ m²/s à 200 °C, calcule le temps de dégazage τ dans les deux cas.
d) Dans la manipulation 6 (410, H10, 20 mm, préchauffage 200 °C), quelle durée minimale de postchauffage évite la fissure (pas de 0,5 h) ? Et avec des électrodes H5 ?
e) Pourquoi refroidir sous 100 °C avant le revenu ?
Voir la correction
a) Ms = 539 − 423 × 0,10 − 30,4 × 0,6 − 17,7 × 0,3 − 12,1 × 12,5 ≈ 322 °C ; HV ≈ 884 × 0,10 × (1 − 0,3 × 0,01) + 294 ≈ 382 HV.
b) f = 1 − exp[−0,011·(322 − T)] : 74 % à 200 °C, 91 % à 100 °C, 96 % à 20 °C.
c) τ = e²/(π²·D) avec e = 0,020 m : à 20 °C, 4 × 10⁻⁴/(9,87 × 2 × 10⁻¹¹) ≈ 2,0 × 10⁶ s, soit environ 23 jours ; à 200 °C, ≈ 1,7 × 10⁴ s, soit 4,7 h.
d) Avec H10 : il faut 1,5 h (il reste 7,3 ml/100 g pour une teneur critique de 7,6) ; à 1 h il en reste 8,1, trop. Avec H5, l'hydrogène initial est déjà sous la teneur critique : le préchauffage suffit, le maintien ajoute de la marge.
e) Pour transformer l'austénite restante (environ 9 % à 100 °C selon b) en martensite avant le revenu ; sinon elle se transformerait après, en martensite fraîche non revenue, dure et fragile.
🏆 Défi : un ferritique sans gros grains N2 · chapitre 7, à rejouer dans la manipulation 7
Une tôle de 430 de 3 mm est soudée bord à bord. On regarde la zone affectée à 1 mm de la ligne de fusion.
a) À 0,45 kJ/mm sans préchauffage, relève le pic de température, la taille de grain, Re et la remontée de la TTDF.
b) Par pas de 0,05 kJ/mm, quelle énergie maximale garde un grain d'au plus 100 µm ?
c) À cette énergie, un collègue propose un préchauffage à 200 °C « pour éviter les fissures ». Que se passe-t-il ?
d) Passe au 439 à 0,45 kJ/mm sans préchauffage : taille de grain ? Pourquoi ?
Voir la correction
a) Pic ≈ 1 313 °C, d ≈ 177 µm, Re = 200 + 0,6/√(177 × 10⁻⁶) ≈ 245 MPa (75 MPa de moins qu'à 25 µm), TTDF remontée d'environ 45 °C.
b) 0,30 kJ/mm : d ≈ 80 µm ; à 0,35 kJ/mm, d ≈ 109 µm, déjà trop.
c) Le pic monte à 1 292 °C et le refroidissement s'allonge : d ≈ 131 µm. Le préchauffage, utile pour un martensitique, aggrave ici le défaut à éviter. On soude le ferritique sans préchauffage, à énergie faible.
d) d ≈ 66 µm : les nitrures de titane épinglent les joints (limite de Zener ≈ 4r/3f ≈ 67 µm). C'est la raison d'être des ferritiques stabilisés pour le soudage.
Quiz : 12 questions éclair
Chaque réponse est expliquée, même quand tu as juste
Fiche mémoire du cours 3
Neuf cases, neuf images : à photographier, puis à redessiner de tête
La carte
Deux nombres, un point : A en haut, F à droite, M en bas à gauche (Schaeffler, 1949).
Les quatre dangers
À chaud dans A, à froid dans M, σ côté chrome, gros grains dans F ; le triangle sûr au milieu.
La dilution
Le point de la zone fondue glisse sur le segment apport-base ; 23 12 L pour souder un inox sur un acier au carbone.
Les modes
Ferrite primaire (FA) : la cible ; 3 à 8 % de ferrite résiduelle, mesurée en FN.
Le film liquide
Film, fourchette de températures, force du retrait : la fissure à chaud demande les trois.
La goutte d'eau
Vitesse modérée, cordon large et bombé, cratères remplis, bridage limité.
Le mortier qui fond
Zone partiellement fondue au bord du bain ; énergie faible, métal propre, apport ferritique.
Le tabouret
Préchauffage vers 200 °C, maintien, refroidir sous 100 °C, revenu, contrôle différé.
La mousse
Ferritique : énergie faible, pas de préchauffage, nuances stabilisées.
Glossaire
Les mots, symboles et sigles de ce cours
- A, F, M ; A + F, A + M, M + F, A + M + F
- Sur la carte de Schaeffler : austénite, ferrite, martensite, et les domaines où deux ou trois structures coexistent.
- Alphagène, gammagène
- Élément qui stabilise la ferrite (Cr, Mo, Si, Nb, Ti), l'austénite (Ni, C, N, Mn, Cu).
- Ancrage de Zener, dlim
- Blocage des joints de grains par de fines particules ; taille de grain limite dlim ≈ 4r/(3f), r rayon et f fraction volumique des particules.
- BTR (plage de fragilité)
- Brittleness temperature range : intervalle de températures, en fin de solidification, où le métal n'a presque aucune ductilité à cause des films liquides.
- Bystram (zones de)
- Zones de danger dessinées sur la carte de Schaeffler : fissuration à chaud, fissuration à froid, phase σ, grossissement de grain, et triangle sûr.
- Calamine
- Couche d'oxydes formée à chaud à la surface de l'acier ; humide, elle apporte de l'hydrogène au bain.
- Coalescence (des grains)
- Croissance des gros grains aux dépens des petits, qui réduit la surface totale des joints.
- Coefficient de partage k
- Rapport de la teneur d'un élément dans le solide à sa teneur dans le liquide en équilibre ; petit, il signifie un fort rejet dans le liquide.
- Creq, Nieq
- Chrome et nickel équivalents : sommes pondérées des éléments alphagènes et gammagènes, en % massique ; leurs coefficients dépendent du diagramme (Schaeffler, DeLong, WRC-1992, Hammar et Svensson).
- Croissance épitaxiale
- Croissance des grains du métal fondu dans le prolongement des grains du métal de base, à la ligne de fusion.
- D (dilution)
- Part du métal de base dans la zone fondue (aire de métal de base fondu sur aire totale fondue).
- Dendrite
- Cristal en forme d'arbre (tronc et bras) qui croît dans un liquide en solidification.
- Diagramme de constitution
- Carte qui donne la structure d'un métal fondu, brut de soudage, en fonction de deux équivalents ; ce n'est pas un diagramme d'équilibre.
- E, Q, k (rendement)
- Énergie de l'arc U·I/v ; énergie de soudage k·E ; rendement thermique du procédé (EN 1011-1 : 0,6 en TIG, 0,8 en 111 et 13x, 1,0 en 121).
- exp, ∫, √
- Fonction exponentielle ; intégrale, ici somme continue d'une grandeur au cours du temps ; racine carrée.
- Ferrite δ, austénite γ, martensite
- Ferrite de haute température (cubique centrée) ; austénite (cubique à faces centrées) ; structure de trempe, dure, formée sans diffusion.
- Ferrite vermiculaire, en lattes
- Ferrite résiduelle en filaments au cœur des anciennes dendrites (mode FA) ; ferrite découpée en plaquettes parallèles par l'austénite.
- Fissuration à chaud de solidification
- Rupture des films liquides interdendritiques du métal fondu en fin de solidification, sous l'effet du retrait.
- Fissuration à froid
- Fissuration différée, sous environ 200 °C, due à l'hydrogène dans une structure dure soumise à des contraintes.
- Fissure de cratère
- Petite fissure, souvent en étoile, dans le creux de fin de cordon.
- FN
- Ferrite Number : indice de ferrite mesuré magnétiquement selon l'ISO 8249, proche du % jusqu'à environ 15.
- fL, C0, CL
- Fraction de liquide restante ; teneur initiale de l'alliage ; teneur du liquide (loi de Scheil).
- Hall-Petch (loi de)
- Re = R0 + kHP/√d : la limite d'élasticité augmente quand le grain s'affine.
- H5, H10, H15 ; ml/100 g
- Classes d'hydrogène diffusible d'un produit d'apport : au plus 5, 10 ou 15 ml d'hydrogène pour 100 g de métal déposé.
- HV
- Dureté Vickers.
- IIW, IWE
- International Institute of Welding ; International Welding Engineer, le diplôme d'ingénieur en soudage qu'il définit.
- Liquation, liquation constitutionnelle
- Fusion localisée des joints de grains sous le solidus de l'alliage ; liquide formé par la réaction d'une particule (NbC, TiC, Fe₂Nb) avec la matrice lors d'un chauffage rapide.
- Loi de Scheil
- CL = C0·fLk − 1 : enrichissement du liquide restant pendant la solidification, sans diffusion dans le solide.
- MB, MA, ZF, ZAT
- Métal de base ; métal d'apport ; zone fondue ; zone affectée thermiquement.
- Modes A, AF, FA, F
- Modes de solidification : austénite seule ; austénite puis ferrite ; ferrite puis austénite ; ferrite seule.
- Ms, Mf
- Températures de début et de fin de transformation martensitique.
- Phase σ
- Composé intermétallique fer-chrome (et molybdène), dur et fragile, qui se forme entre environ 500 et 900 °C (cours 4).
- Phase de Laves
- Composé intermétallique de type AB₂, comme Fe₂Nb ou Fe₂Ti.
- Postchauffage
- Maintien en température juste après le soudage, pour faire partir l'hydrogène.
- R = v·cos θ
- Vitesse de croissance du front de solidification ; θ angle entre la direction de soudage et la normale au front.
- Revenu (traitement après soudage)
- Chauffage sous la température de transformation, qui adoucit la martensite et la rend plus tenace.
- Ségrégation
- Écart local de composition créé par la solidification.
- TTDF
- Température de transition ductile-fragile.
- WRC-1992
- Diagramme de constitution du Welding Research Council (1992), gradué en FN, avec ses propres équivalents.
- Zone partiellement fondue
- Bande de la zone affectée, contre la ligne de fusion, où des liquides de joints coexistent avec des grains solides.
- τ, D
- Temps caractéristique de dégazage de l'hydrogène ; coefficient de diffusion (m²/s).
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| Famille | Danger principal | Chapitre | Le réflexe |
|---|---|---|---|
| Austénitique | fissuration à chaud, liquation | 2 à 5 | apport en mode FA, 3 à 8 % de ferrite, énergie modérée, cordons larges et bombés |
| Hétérogène inox sur acier | martensite ou austénite pure selon la dilution | 1 | calculer le point de la zone fondue ; apport surchargé (23 12 L) |
| Martensitique | fissuration à froid | 6 | bas hydrogène, préchauffage et maintien, refroidir sous 100 °C, revenu |
| Ferritique | gros grains, fragilité | 7 | énergie faible, pas de préchauffage, nuance stabilisée |
| Riches en chrome et en ferrite | phase σ | cours 4 | limiter les séjours entre 500 et 900 °C |